Posté : mer. oct. 02, 2019 3:08 pm
[justify] Périple nordique (suite)
04 avril 2038
[center][img]https://zupimages.net/up/19/40/c997.jpg[/img][/center]
Après deux jours, « Boka » n'avait toujours pas reparu. Pourtant, dans son entourage, personne ne semblait s'inquiéter plus que de raison de son absence. Immédiatement après son arrestation et son rapt, le Sikkerhetsjeneste avait construit autour de sa disparition impromptue une histoire. Officiellement, pour l'ensemble de ses proches et de sa famille, il était en déplacement pour une importante conférence au Gänsernberg sur les enjeux de l'énergie nucléaire et des matériaux fissibles. D'ailleurs, sur les réseaux sociaux, quelques photos apparemment prises dans la localité où il était supposé se trouver venait étayer cette couverture. Pour son épouse, il ne communiquait que par messages électroniques, qui en vérité étaient envoyés directement par l'un des agents de la cellule qui le retenait captif.
Cela faisait à présent deux jours entiers qu'il n'avait pas vu la lumière du jour et petit à petit il en venait même à perdre toute notion du temps. Il faut avouer que les hommes du Sikkerhetsjeneste prenaient d'ailleurs grand soin de le maintenir dans une cellule éclairée en permanence, ne lui laissant que peu de temps de repos, et de le réveiller au milieu de la nuit et du jour pour casser son rythme biologique. A présent, « Boka » se trouvait dans un état de grande fatigue et sa volonté de résister à ses interrogateurs diminuait d'heure en heure ; son seul souhait était de pouvoir passer une nuit complète à se reposer. Mais à ces tortures psychologiques s'ajoutaient aussi régulièrement des traitements plus physiques, comme le fait d'être tiré de sa cellule pour être mis en salle d'interrogatoire pendant de longue heure, sans que jamais personne ne vienne essayer de lui soutirer des informations. En réalité, depuis deux jours, il n'avait pu adresser la parole à personne, puisque personne ne répondait aux nombreuses questions qu'il se posait. La seule pour laquelle il avait une idée de réponse c'était qui avait pu organiser cet enlèvement...
Alors qu'il se trouvait dans une salle, assis à une table en face de deux chaises vides, sûrement depuis bientôt une heure, avec l'impossibilité de s'endormir - quelqu'un cognait violemment à la porte à chaque fois qu'il commençait à s'assoupir - un homme entra, suivi immédiatement d'une femme qui vint se mettre debout derrière « Boka ». Alors qu'il s'apprêtait à tourner la tête pour la scruter, l'homme qui s'était installé face à lui l'interrompit.
Inconnu | C'est moi qu'il faut regarder mon vieux. Elle, elle n'est là que pour regarder.
Boka | Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ? Je n'ai rien fait de mal !
Inconnu | Tu es sûr de ça ?
Boka | Qu'est-ce que vous me voulez ? Ayez pitié, je n'ai rien fait du tout, essaya de convaincre « Boka », visiblement sans succès
Inconnu | Réponds à mes questions et tu seras vite dehors. Tout ça peut se finir bien, ou alors particulièrement douloureusement si tu refuses de coopérer, lui répondit l'interrogateur sans laisser paraître la moindre expression d'émotion
Derrière le dos de « Boka », la jeune femme d'une bonne trentaine d'années acquiesça à son homologue, l'encourageant à poursuivre dans cette voie.
Inconnu | Allez, pour qui travailles-tu et qu'est ce que tu leur as filé comme information ? On a reçu des consignes. Si tu nous aides on te ramènera chez toi et tout se passera bien.
Boka | Qu'est ce qui me garantit qu'ils ne voudrons pas s'en prendre à moi s'ils découvrent que je les ai trahi ? tenta-t-il en engageant un début de négociation.
Inconnu | Rien. Mais ce qui est certain c'est que si tu ne coopères pas, nous on s'en prendra à toi, et puis ensuite on ira se renseigner un peu sur ton épouse. Pas sûr que tes enfants aient un brillant avenir. C'est assez mal vu d'être le fils d'un traître, tu sais ?
A nouveau, celle qui était en vérité le responsable hiérarchique dans la salle cligna de manière appuyée des yeux, comme pour enjoindre son collègue à poursuivre dans cette stratégie de la pression maximale. Elle savait que le corps et l'esprit ont leurs limites, et que chez leur suspect, elles étaient atteintes.
« Boka » supplia l'agent du Sikkerhetsjeneste de ne pas s'en prendre à sa famille, de laisser ses enfants tranquilles. Pas du tout rassuré pour autant, il finit par littéralement perdre tout espoir de s'en sortir à bon compte. Il se savait pris au piège d'un système qui le broierait, mais qui en plus écraserait tout sur son passage s'il ne se montrait pas coopératif. Après avoir essayé de tenir bon pendant quarante-huit heures, il était sur le point de céder et de se mettre à table ; de devenir un agent pour le renseignement jernlander, de trahir ce en quoi il avait cru et pour quoi il se battait auparavant. S'il n'était pas particulièrement entraîné à résister à la torture, il avait longtemps cru que la force de ses convictions lui suffirait pour ne pas s'effondrer en cas d'arrestation. Après tout, n'avait-il pas déjà été inquiété une ou deux fois par la Militærpoliti sans avoir été ensuite véritablement inquiété ?
Peu de temps après, on donnait à « Boka » le temps de se reposer, se remettre de ses émotions avant de le ramener chez lui, en ayant pris le soin auparavant de lui entraver les yeux, une partie du trajet, pour maintenir malgré tout une forme de contrôle et de domination sur lui. Il avait reçu ses consignes et était à présent « prêt à l'emploi ». Pendant ce temps, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356602#p356602]Glenda Pennington, mieux connue comme Ellinor Nystuen[/url], se retrouva sur une ligne sécurisée avec le directeur du Sikkerhetsjeneste au téléphone.
Ellinor Nystuen | General, c'est bon. Nous avons ce que nous voulions.
Marius Lunde | Il s'est mis à table et accepte nos conditions ?
Ellinor Nystuen | Ça nous a pris un petit peu plus de temps que prévu, mais il a fini par céder. Et comme vous l'aviez demandé, il ne lui a pas été fait plus de mal que nécessaire.
Marius Lunde | Excellente nouvelle ; comme ça il est immédiatement opérationnel. Je vais en référer. C'est du beau travail Major.
04 avril 2038
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Après deux jours, « Boka » n'avait toujours pas reparu. Pourtant, dans son entourage, personne ne semblait s'inquiéter plus que de raison de son absence. Immédiatement après son arrestation et son rapt, le Sikkerhetsjeneste avait construit autour de sa disparition impromptue une histoire. Officiellement, pour l'ensemble de ses proches et de sa famille, il était en déplacement pour une importante conférence au Gänsernberg sur les enjeux de l'énergie nucléaire et des matériaux fissibles. D'ailleurs, sur les réseaux sociaux, quelques photos apparemment prises dans la localité où il était supposé se trouver venait étayer cette couverture. Pour son épouse, il ne communiquait que par messages électroniques, qui en vérité étaient envoyés directement par l'un des agents de la cellule qui le retenait captif.
Cela faisait à présent deux jours entiers qu'il n'avait pas vu la lumière du jour et petit à petit il en venait même à perdre toute notion du temps. Il faut avouer que les hommes du Sikkerhetsjeneste prenaient d'ailleurs grand soin de le maintenir dans une cellule éclairée en permanence, ne lui laissant que peu de temps de repos, et de le réveiller au milieu de la nuit et du jour pour casser son rythme biologique. A présent, « Boka » se trouvait dans un état de grande fatigue et sa volonté de résister à ses interrogateurs diminuait d'heure en heure ; son seul souhait était de pouvoir passer une nuit complète à se reposer. Mais à ces tortures psychologiques s'ajoutaient aussi régulièrement des traitements plus physiques, comme le fait d'être tiré de sa cellule pour être mis en salle d'interrogatoire pendant de longue heure, sans que jamais personne ne vienne essayer de lui soutirer des informations. En réalité, depuis deux jours, il n'avait pu adresser la parole à personne, puisque personne ne répondait aux nombreuses questions qu'il se posait. La seule pour laquelle il avait une idée de réponse c'était qui avait pu organiser cet enlèvement...
Alors qu'il se trouvait dans une salle, assis à une table en face de deux chaises vides, sûrement depuis bientôt une heure, avec l'impossibilité de s'endormir - quelqu'un cognait violemment à la porte à chaque fois qu'il commençait à s'assoupir - un homme entra, suivi immédiatement d'une femme qui vint se mettre debout derrière « Boka ». Alors qu'il s'apprêtait à tourner la tête pour la scruter, l'homme qui s'était installé face à lui l'interrompit.
Inconnu | C'est moi qu'il faut regarder mon vieux. Elle, elle n'est là que pour regarder.
Boka | Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ? Je n'ai rien fait de mal !
Inconnu | Tu es sûr de ça ?
Boka | Qu'est-ce que vous me voulez ? Ayez pitié, je n'ai rien fait du tout, essaya de convaincre « Boka », visiblement sans succès
Inconnu | Réponds à mes questions et tu seras vite dehors. Tout ça peut se finir bien, ou alors particulièrement douloureusement si tu refuses de coopérer, lui répondit l'interrogateur sans laisser paraître la moindre expression d'émotion
Derrière le dos de « Boka », la jeune femme d'une bonne trentaine d'années acquiesça à son homologue, l'encourageant à poursuivre dans cette voie.
Inconnu | Allez, pour qui travailles-tu et qu'est ce que tu leur as filé comme information ? On a reçu des consignes. Si tu nous aides on te ramènera chez toi et tout se passera bien.
Boka | Qu'est ce qui me garantit qu'ils ne voudrons pas s'en prendre à moi s'ils découvrent que je les ai trahi ? tenta-t-il en engageant un début de négociation.
Inconnu | Rien. Mais ce qui est certain c'est que si tu ne coopères pas, nous on s'en prendra à toi, et puis ensuite on ira se renseigner un peu sur ton épouse. Pas sûr que tes enfants aient un brillant avenir. C'est assez mal vu d'être le fils d'un traître, tu sais ?
A nouveau, celle qui était en vérité le responsable hiérarchique dans la salle cligna de manière appuyée des yeux, comme pour enjoindre son collègue à poursuivre dans cette stratégie de la pression maximale. Elle savait que le corps et l'esprit ont leurs limites, et que chez leur suspect, elles étaient atteintes.
« Boka » supplia l'agent du Sikkerhetsjeneste de ne pas s'en prendre à sa famille, de laisser ses enfants tranquilles. Pas du tout rassuré pour autant, il finit par littéralement perdre tout espoir de s'en sortir à bon compte. Il se savait pris au piège d'un système qui le broierait, mais qui en plus écraserait tout sur son passage s'il ne se montrait pas coopératif. Après avoir essayé de tenir bon pendant quarante-huit heures, il était sur le point de céder et de se mettre à table ; de devenir un agent pour le renseignement jernlander, de trahir ce en quoi il avait cru et pour quoi il se battait auparavant. S'il n'était pas particulièrement entraîné à résister à la torture, il avait longtemps cru que la force de ses convictions lui suffirait pour ne pas s'effondrer en cas d'arrestation. Après tout, n'avait-il pas déjà été inquiété une ou deux fois par la Militærpoliti sans avoir été ensuite véritablement inquiété ?
Peu de temps après, on donnait à « Boka » le temps de se reposer, se remettre de ses émotions avant de le ramener chez lui, en ayant pris le soin auparavant de lui entraver les yeux, une partie du trajet, pour maintenir malgré tout une forme de contrôle et de domination sur lui. Il avait reçu ses consignes et était à présent « prêt à l'emploi ». Pendant ce temps, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356602#p356602]Glenda Pennington, mieux connue comme Ellinor Nystuen[/url], se retrouva sur une ligne sécurisée avec le directeur du Sikkerhetsjeneste au téléphone.
Ellinor Nystuen | General, c'est bon. Nous avons ce que nous voulions.
Marius Lunde | Il s'est mis à table et accepte nos conditions ?
Ellinor Nystuen | Ça nous a pris un petit peu plus de temps que prévu, mais il a fini par céder. Et comme vous l'aviez demandé, il ne lui a pas été fait plus de mal que nécessaire.
Marius Lunde | Excellente nouvelle ; comme ça il est immédiatement opérationnel. Je vais en référer. C'est du beau travail Major.