Sur les chemins du Selemecci...
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Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/05/181205041654463539.png[/img][/center]
[right]Sanctuaire de Teutelma, sur le Lac de Sciaghiste...[/right]
[CENTER][IMG]https://nsa39.casimages.com/img/2018/09/02/18090211233380844.png[/img]
Bannière de l'Empire d'Épibatie[/center]
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/05/181205041658624032.png[/img] [img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/05/18120504170323347.png[/img][/center]
Sur les rives du Lac de Sciaghiste, de l'autre côté d'où est établie la ville du même nom, le Sanctuaire de Teutelma abrite une petite communauté monacale épibate. L'Église d'Épibatie appartient aux Églises non-chalcédoniennes orientales, c'est l'Église majoritaire (et de loin) au sein de la population ethnique épibate, et elle se trouve en situation de schisme par rapport à l'Église latine. Comme les Églises monophysites, elle considère que Jésus-Christ ne possède essentiellement qu'une seule nature et que celle-ci est divine - au contraire des Catholiques (Latins), qui pensent que le Christ possède deux natures, l'une humaine et l'autre divine. Depuis sa soumission et son rattachement à l'Église latine, l'Église copte d'Illythie a définitivement tranché en faveur du diphysisme... au grand dam des Épibates.
Le Lac de Sciaghiste (fr : Chiaguisté, br : Shaguisteh) se situe en Épibatie médiane ; c'est un prolongement naturel du cours du Naos, fleuve qui lui donne naissance et s'en échappe quelques 40km plus loin. Le climat y est largement tempéré, notamment grâce à l'altitude, tournant autour de 1800m. La communauté monacale qui y est établi est déjà ancienne, les premières traces d'érémitisme puis de monachisme autour des rives du Lac remontant aux alentours du cinquième siècle, soient dès les débuts du Christianisme dans ces régions. Aujourd'hui encore, le monastère n'est que la face bâtie d'un phénomène s'étendant plus largement dans toute la région, dont le climat et le caractère non-forestier favorise l'activité méditative en dehors des principaux dangers de la vie sauvage.
La plupart des ermites de la région rejoignent, en dehors de leurs sorties pouvant durer parfois plusieurs mois, voire années, quand il ne s'agit pas d'un érémitisme permanent, le sanctuaire où il trouve du repos physique auprès de la communauté monacale. Les moines se limitent à une Règle de frugalité, de méditation et de travail physique - quand les ermites se partagent entre dentrites, brouteurs d'herbe, stationnaires ou encore sidérophores...
Ce jour-là, le Patriarche de l'Église d'Épibatie s'était déplacé jusqu'au Sanctuaire, pour y tenir un discours alarmant appelant la communauté monastique à sortir de sa Règle, devant les périls qui ne diminuaient pas aux frontières...
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/05/18120504170556930.png[/img]
Patriarche Basile, Abuna Basilios, chef spirituel de l'Église d'Épibatie[/center]
Patriarche Basile : [...]Mes frères !
Nous ne pouvons que douter de l'inspiration divine de notre Empereur, lorsque celui-là continue d'autoriser le déplacement de populations chrétiennes, épibates chassés de leurs vallées sous la pression de la vénalité des étrangers en quête de métaux... Charbon, coltan, diamant et autres ressources font que l'on vend aujourd'hui des pays entiers, en chassant la population épibate au profit de l'exploitation des sols... Nos églises s'en retrouvent détruites, les communautés éclatées, accueillies comme des chiens en d'autres lieux, pourtant par leurs frères et sœurs en Christ, frères et sœurs de sang...
Vous qui aimez Dieu chaque jour, ne tombez pas en la perversité des Montanistes et autres gnostiques qui méprisent la Création et la matière. Plutôt qu'embrasser nos icônes, tout en continuant à les aimer et à aimer notre Vierge Marie, vous devez être prêts à partir dans le monde et quitter votre Règle, et votre monastère, pour regagner le peuple de Dieu et vivre parmi celui-là afin de lui faire passer le message de l’innommable, de le rapprocher encore une fois du Christ et de notre Église.
En Illythie, la trahison hérétique poursuivie par Teodoros III a mené le pays jusqu'à la fusion politique avec Cartagina, immonde hérétique dont le mépris de Jésus a laissé place à l'indifférence à l'égard de Dieu le Père même. L'Illythie était hérétique - elle est aujourd'hui au service de Lucifer lui-même ; c'est la réalité de notre Temps. Dieu a puni les Ptolémides de Nefrot pour leur compromission - n'oublions pas que c'est l'ancêtre du Roi copte, qui a épousé la compromission avec l'Église latine. Ceci nous rappelle que Dieu punit les monarques qui abandonnent son message et la fonction qu'il leur avait attribuée.
Ce peuple de marchands ignares et apostats entend s'étendre toujours davantage, et répandre sa fausse Foi, le long du fleuve Naos. Il chasse aujourd'hui les nomades, demain il chassera les Épibates. Pendant que l'on rétrécie la Chrétienté copte, orthodoxe et fidèle, on assaille l'Empire politique, censé défendre notre Foi.
C'est pourquoi, mes Frères, tenez-vous près à rejoindre le Monde pour ramener le peuple de Dieu au message de son Fils. Trouvez en Christ la force de conserver vos convictions et de les faire valoir, auprès des vôtres, et auprès de nos ennemis qui veulent nous détruire...[...].
[right]Sanctuaire de Teutelma, sur le Lac de Sciaghiste...[/right]
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Bannière de l'Empire d'Épibatie[/center]
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Sur les rives du Lac de Sciaghiste, de l'autre côté d'où est établie la ville du même nom, le Sanctuaire de Teutelma abrite une petite communauté monacale épibate. L'Église d'Épibatie appartient aux Églises non-chalcédoniennes orientales, c'est l'Église majoritaire (et de loin) au sein de la population ethnique épibate, et elle se trouve en situation de schisme par rapport à l'Église latine. Comme les Églises monophysites, elle considère que Jésus-Christ ne possède essentiellement qu'une seule nature et que celle-ci est divine - au contraire des Catholiques (Latins), qui pensent que le Christ possède deux natures, l'une humaine et l'autre divine. Depuis sa soumission et son rattachement à l'Église latine, l'Église copte d'Illythie a définitivement tranché en faveur du diphysisme... au grand dam des Épibates.
Le Lac de Sciaghiste (fr : Chiaguisté, br : Shaguisteh) se situe en Épibatie médiane ; c'est un prolongement naturel du cours du Naos, fleuve qui lui donne naissance et s'en échappe quelques 40km plus loin. Le climat y est largement tempéré, notamment grâce à l'altitude, tournant autour de 1800m. La communauté monacale qui y est établi est déjà ancienne, les premières traces d'érémitisme puis de monachisme autour des rives du Lac remontant aux alentours du cinquième siècle, soient dès les débuts du Christianisme dans ces régions. Aujourd'hui encore, le monastère n'est que la face bâtie d'un phénomène s'étendant plus largement dans toute la région, dont le climat et le caractère non-forestier favorise l'activité méditative en dehors des principaux dangers de la vie sauvage.
La plupart des ermites de la région rejoignent, en dehors de leurs sorties pouvant durer parfois plusieurs mois, voire années, quand il ne s'agit pas d'un érémitisme permanent, le sanctuaire où il trouve du repos physique auprès de la communauté monacale. Les moines se limitent à une Règle de frugalité, de méditation et de travail physique - quand les ermites se partagent entre dentrites, brouteurs d'herbe, stationnaires ou encore sidérophores...
Ce jour-là, le Patriarche de l'Église d'Épibatie s'était déplacé jusqu'au Sanctuaire, pour y tenir un discours alarmant appelant la communauté monastique à sortir de sa Règle, devant les périls qui ne diminuaient pas aux frontières...
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Patriarche Basile, Abuna Basilios, chef spirituel de l'Église d'Épibatie[/center]
Patriarche Basile : [...]Mes frères !
Nous ne pouvons que douter de l'inspiration divine de notre Empereur, lorsque celui-là continue d'autoriser le déplacement de populations chrétiennes, épibates chassés de leurs vallées sous la pression de la vénalité des étrangers en quête de métaux... Charbon, coltan, diamant et autres ressources font que l'on vend aujourd'hui des pays entiers, en chassant la population épibate au profit de l'exploitation des sols... Nos églises s'en retrouvent détruites, les communautés éclatées, accueillies comme des chiens en d'autres lieux, pourtant par leurs frères et sœurs en Christ, frères et sœurs de sang...
Vous qui aimez Dieu chaque jour, ne tombez pas en la perversité des Montanistes et autres gnostiques qui méprisent la Création et la matière. Plutôt qu'embrasser nos icônes, tout en continuant à les aimer et à aimer notre Vierge Marie, vous devez être prêts à partir dans le monde et quitter votre Règle, et votre monastère, pour regagner le peuple de Dieu et vivre parmi celui-là afin de lui faire passer le message de l’innommable, de le rapprocher encore une fois du Christ et de notre Église.
En Illythie, la trahison hérétique poursuivie par Teodoros III a mené le pays jusqu'à la fusion politique avec Cartagina, immonde hérétique dont le mépris de Jésus a laissé place à l'indifférence à l'égard de Dieu le Père même. L'Illythie était hérétique - elle est aujourd'hui au service de Lucifer lui-même ; c'est la réalité de notre Temps. Dieu a puni les Ptolémides de Nefrot pour leur compromission - n'oublions pas que c'est l'ancêtre du Roi copte, qui a épousé la compromission avec l'Église latine. Ceci nous rappelle que Dieu punit les monarques qui abandonnent son message et la fonction qu'il leur avait attribuée.
Ce peuple de marchands ignares et apostats entend s'étendre toujours davantage, et répandre sa fausse Foi, le long du fleuve Naos. Il chasse aujourd'hui les nomades, demain il chassera les Épibates. Pendant que l'on rétrécie la Chrétienté copte, orthodoxe et fidèle, on assaille l'Empire politique, censé défendre notre Foi.
C'est pourquoi, mes Frères, tenez-vous près à rejoindre le Monde pour ramener le peuple de Dieu au message de son Fils. Trouvez en Christ la force de conserver vos convictions et de les faire valoir, auprès des vôtres, et auprès de nos ennemis qui veulent nous détruire...[...].
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Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/24/181224042517297520.png[/img][/center]
[right]Reliefs de la vallée d'Asciet.[/right]
[center][img]https://www.intrepidtravel.com/adventures/wp-content/uploads/2014/02/Ethiopia-Simien-Mountains.jpg[/img][/center]
Les Illythes sont des hommes du fleuve. Dès lors qu'ils quittent leurs villes, qu'ils s'éloignent de leur embarcation, qu'ils s'approchent des reliefs amorçant la montée vers les Épibates, ils perdent leur fierté - d'aucuns, beaucoup, disent leur arrogance.
L'Épibatie doit davantage se comprendre dans la verticalité, que dans l'horizontalité. Ce pays ne se pense pas en terme de surface, mais de paliers - comme les niveaux d'un immeuble, dans lequel à chaque étage connu, et en ignorant les combles, les pièces cachées et les couloirs parallèles, se trouveraient des gens différents, pas forcément rivaux, mais étrangers.
La rencontre des communautés différentes est spatialement brève à l'échelle du pays. Mais elle existe. Lorsqu'on remonte le fleuve d'Amosciderenat vers Aghgia, le "niveau du fleuve" devient peu supportable : enserré dans la forêt épaisse, il se transforme en un méandre oppressant, et il vaut mieux, si l'on a peur de l'ombre et des gorges, partir à pieds vers les hauteurs pour gagner en altitude et retrouver un paysage ouvert. Celui-là n'en est pas moins escarpé, paré de milles montagnes découpées sur l'horizon. Ces massifs abritent et protègent les vallées épibates, peuplées d'Épibates, dont la société agro-pastorale s'est habituée à composer avec les "hommes du fleuve".
Ceux-ci, les Illythes, sont encore nombreux à Aghgia, mais la ville reste, par la sociologie, étrangère à cette communauté qui n'y possède ni le sol, ni les immeubles, sinon quelques entrepôts. Demeurée rurale et agricole, Aghgia marque la "fin du Naos" et l'entrée sur l'Ibbabi : c'est ici que le fleuve change de nom, pour son appellation amharique.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/24/181224044259715069.png[/img]
Aghgia, fluviale, et ses pâtures gagnées sur la forêt[/center]
Les "villes" épibates sont rares, car le peuple épibate est un peuple de bergers et de montagnards. Ils ont toujours, dans l'histoire, bien volontiers laisser les côtes, les plaines et les grands fleuves aux autres. Les villes comme Aghgia, ou Segda plus au sud, sont comme des anomalies dues à la modernité. Souvent d'inspiration étatique, ces villes fluviales épibates ont été créées au XXème siècle, voulues, imaginées et financées par le pouvoir central, impérial, dans sa quête de puissance économique contre-offensive devant l’expansionnisme colonial des Céruléens, Dytoliens.
À l'Aghgia moderne précédait un petit port probablement né au XVIIIème sous l'impulsion d'acheteurs illythes entrant à cet endroit en contact avec les vallées épibates - pour la période précédente, des fouilles ont permis d'établir que le site était un territoire de chasse parcouru par des tribus bantoues, dont la présence était liée aux événements de l'ère des Mukatanga (Mocatanghe). Le site de Segda, lui, correspondait à une ancienne carrière de sable, utilisée par plusieurs vallées convergentes vers ce lieu : il a été choisi en 1920 par l'Empereur pour servir de lieu de défense, puis s'est mué en cité à mesure que le siècle s'est déroulé.
La faiblesse de l'urbanisme historique des Épibates a longtemps été attribué au manque de capitalisation du fait d'une société, essentiellement pastorale, dégageant peu de profits, et d'une religiosité ayant influencé culturellement ces communautés villageoises à privilégier le don, les célébrations, voire la fête, à la thésaurisation, l'argent ayant été assimilé dès le Moyen-âge aux Juifs épibates, qui eux pouvaient se permettre, vivant du commerce, d'accumuler.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/24/18122404565812651.png[/img]
Un garçon berger de Maturone. Ce village de 2000 habitants doit son nom aux Martyrs chrétiens, persécutés lors des invasions animistes à la fin de l'Antiquité[/center]
Alliant altitude, exposition et pluviométrie selon les vallées, le pays offre en certains endroit des pâturages qui n'ont rien à envier aux îles Lorthon, ou aux montagnes dorimariennes comme dytoliennes. Les meilleurs se trouvent néanmoins au-delà de 2200m, et jusqu'à 4 voire 5000m. Le pastoralisme régimente la vie de la plupart des villages, et des villes, d'Épibatie. Les troupeaux sont possédés le plus souvent à plusieurs familles, la plupart de leurs membres s'y consacrent. Le travail des éleveurs est complémentaire de celui des cultivateurs ; ceux-là, souvent plus aisés, mettent à disposition bâtiments et pâturages, paille, des fois bêtes, aux éleveurs, en échange de la fumure et de l'entretien des terres. Cette symbiose, quasi universelle, perdure en Épibatie encore aujourd'hui. Maturone, Raggia, Asciet, sont des exemples de ces petites villes de vallées, entièrement vouées à l'exploitation de l'herbe.
[right]Reliefs de la vallée d'Asciet.[/right]
[center][img]https://www.intrepidtravel.com/adventures/wp-content/uploads/2014/02/Ethiopia-Simien-Mountains.jpg[/img][/center]
Les Illythes sont des hommes du fleuve. Dès lors qu'ils quittent leurs villes, qu'ils s'éloignent de leur embarcation, qu'ils s'approchent des reliefs amorçant la montée vers les Épibates, ils perdent leur fierté - d'aucuns, beaucoup, disent leur arrogance.
L'Épibatie doit davantage se comprendre dans la verticalité, que dans l'horizontalité. Ce pays ne se pense pas en terme de surface, mais de paliers - comme les niveaux d'un immeuble, dans lequel à chaque étage connu, et en ignorant les combles, les pièces cachées et les couloirs parallèles, se trouveraient des gens différents, pas forcément rivaux, mais étrangers.
La rencontre des communautés différentes est spatialement brève à l'échelle du pays. Mais elle existe. Lorsqu'on remonte le fleuve d'Amosciderenat vers Aghgia, le "niveau du fleuve" devient peu supportable : enserré dans la forêt épaisse, il se transforme en un méandre oppressant, et il vaut mieux, si l'on a peur de l'ombre et des gorges, partir à pieds vers les hauteurs pour gagner en altitude et retrouver un paysage ouvert. Celui-là n'en est pas moins escarpé, paré de milles montagnes découpées sur l'horizon. Ces massifs abritent et protègent les vallées épibates, peuplées d'Épibates, dont la société agro-pastorale s'est habituée à composer avec les "hommes du fleuve".
Ceux-ci, les Illythes, sont encore nombreux à Aghgia, mais la ville reste, par la sociologie, étrangère à cette communauté qui n'y possède ni le sol, ni les immeubles, sinon quelques entrepôts. Demeurée rurale et agricole, Aghgia marque la "fin du Naos" et l'entrée sur l'Ibbabi : c'est ici que le fleuve change de nom, pour son appellation amharique.
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Aghgia, fluviale, et ses pâtures gagnées sur la forêt[/center]
Les "villes" épibates sont rares, car le peuple épibate est un peuple de bergers et de montagnards. Ils ont toujours, dans l'histoire, bien volontiers laisser les côtes, les plaines et les grands fleuves aux autres. Les villes comme Aghgia, ou Segda plus au sud, sont comme des anomalies dues à la modernité. Souvent d'inspiration étatique, ces villes fluviales épibates ont été créées au XXème siècle, voulues, imaginées et financées par le pouvoir central, impérial, dans sa quête de puissance économique contre-offensive devant l’expansionnisme colonial des Céruléens, Dytoliens.
À l'Aghgia moderne précédait un petit port probablement né au XVIIIème sous l'impulsion d'acheteurs illythes entrant à cet endroit en contact avec les vallées épibates - pour la période précédente, des fouilles ont permis d'établir que le site était un territoire de chasse parcouru par des tribus bantoues, dont la présence était liée aux événements de l'ère des Mukatanga (Mocatanghe). Le site de Segda, lui, correspondait à une ancienne carrière de sable, utilisée par plusieurs vallées convergentes vers ce lieu : il a été choisi en 1920 par l'Empereur pour servir de lieu de défense, puis s'est mué en cité à mesure que le siècle s'est déroulé.
La faiblesse de l'urbanisme historique des Épibates a longtemps été attribué au manque de capitalisation du fait d'une société, essentiellement pastorale, dégageant peu de profits, et d'une religiosité ayant influencé culturellement ces communautés villageoises à privilégier le don, les célébrations, voire la fête, à la thésaurisation, l'argent ayant été assimilé dès le Moyen-âge aux Juifs épibates, qui eux pouvaient se permettre, vivant du commerce, d'accumuler.
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Un garçon berger de Maturone. Ce village de 2000 habitants doit son nom aux Martyrs chrétiens, persécutés lors des invasions animistes à la fin de l'Antiquité[/center]
Alliant altitude, exposition et pluviométrie selon les vallées, le pays offre en certains endroit des pâturages qui n'ont rien à envier aux îles Lorthon, ou aux montagnes dorimariennes comme dytoliennes. Les meilleurs se trouvent néanmoins au-delà de 2200m, et jusqu'à 4 voire 5000m. Le pastoralisme régimente la vie de la plupart des villages, et des villes, d'Épibatie. Les troupeaux sont possédés le plus souvent à plusieurs familles, la plupart de leurs membres s'y consacrent. Le travail des éleveurs est complémentaire de celui des cultivateurs ; ceux-là, souvent plus aisés, mettent à disposition bâtiments et pâturages, paille, des fois bêtes, aux éleveurs, en échange de la fumure et de l'entretien des terres. Cette symbiose, quasi universelle, perdure en Épibatie encore aujourd'hui. Maturone, Raggia, Asciet, sont des exemples de ces petites villes de vallées, entièrement vouées à l'exploitation de l'herbe.
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Arios
[right]Dans l'aire épibate, Empire d'Épibatie...[/right]
Le temps de l'Avent a commencé. Dans l'Empire chrétien d'Épibatie, la population des villes comme des villages est entré dans une période de prière et de recueillement, en attendant Noël... fête de la naissance de Jésus, qui aura lieu le 7 janvier 2038 à la date du calendrier grégorien. Le rite copte épibate s'appuie sur le calendrier julien, d'où ce décalage, cher aux Épibates, avec les Latins et les Illythes, ces derniers ayant été rattachés au catholicisme il y a deux siècles.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/25/181225125042345725.png[/img][/center]
Durant toute leur Histoire, depuis l'Antiquité et la conversion des Épibates au christianisme, ce peuple a produit une littérature, une théologie, un art chrétiens. Art inspiré des influences helléniques et latines, puis byzantines, conservées et sauvegardées quand l'Occident oubliait sa culture sous les assauts barbares, puis en d'autres lieux islamiques. La tradition de la mosaïque et de la peinture religieuses perdure aujourd'hui encore avec autant de vigueur qu'auparavant, inspirant des artistes s'essayant à un art moderne tout en conservant un lien technique avec les racines de leur savoir-faire.
Les enfants épibates sont bercés par cette culture chrétienne ; images, chansons, histoires - le catéchisme se trouve indissociable de l'Éducation, délivrée le plus souvent par les Prêtres coptes de campagne comme de villes, et les laïcs consacrés et formés à l'Église. Connaître Jésus, être familiarisé aux textes sacrés (dont certains sont prohibés par l'Église latine !), est vu comme le meilleur chemin vers la vie d'adulte responsable, travailleur et généreux. Les enfants participent activement aux célébrations de l'Avent, à la fête de Noël (Gena), à la fin de laquelle ils reçoivent de plus en plus un ou plusieurs cadeaux, sous l'influence de la Cérulée et de la Dytolie.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/25/181225125049819309.png[/img][/center]
Alors que les églises d'Occident ont depuis longtemps perdu leurs peintures sous l'action du temps, du climat puis du désintérêt de leurs fidèles, les églises épibates conservent leurs boiseries colorées, leurs peintures vives, leur éclat. Elles sont entretenues par les bénévoles, par les moines, par le personnel ecclésiastique, par les communautés ou les communes elles-mêmes - qu'il soit désintéressé ou non, cet investissement continue d'être réalisé - facilité par la taille de l'aire copte, plus réduite que l'aire latine - l'Église de Gighida a davantage de facilités à redistribuer les fonds... et surtout, elle continue de prélever la dîme sur les fidèles, avec l'appui du personnel impérial.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/25/181225125040650834.png[/img][/center]
Quand les Dytoliens se prépareront à fêter les Rois, à quelques jours du début des soldes, les Épibates se souhaiteront melkam Gena, un joyeux Noël, qui inaugure par ailleurs le début d'une nouvelle année. Au temps le plus sec de l'année, Gena annonce aussi le retour progressif vers la saison des pluies, qui a lieu entre juin et août du calendrier grégorien. L'absence d'une grande variabilité des saisons permet au temps de l'Avent de freiner quelque peu le travail, qui pourra toujours être fait plus tard - afin de profiter d'un temps familial, d'un temps de prière et de charité. Les Prêtres, par leurs prêches, profitent de ce temps pour inciter à cette générosité chrétienne, appeler à la fin des conflits entre familles, villages, ou membres d'une même famille.
Ces dernières années, néanmoins, l'Église copte s'est montrée pour solidaire du pouvoir civil - de nombreux clercs n'hésitent plus à remettre en cause ce qu'ils jugent comme une inaction coupable du pouvoir politique, devant la montée en puissance des intérêts privés, et notamment des acteurs étrangers. Les nombreuses Missions, conduites par les Céruléens, ont pour but afficher de rapprocher les Coptes épibates des Latins... voire de les "convertir". Le grand rêve du Patriarche de Cartagina, Sa Béatitude Agostino Comuzzi, serait de pouvoir rajouter l'Épibatie au nombre des territoires d'Algarbe placés sous sa bienveillance - ce qui constituerait un argument de poids supplémentaire face aux Cardinaux, une réserve potentielle de voix lors d'un prochain Concile... sans oublier bien sûr qu'il rapprocherait les brebis égarées de la seule Église valable, la catholique, l'universelle, latine Église.
Le temps de l'Avent a commencé. Dans l'Empire chrétien d'Épibatie, la population des villes comme des villages est entré dans une période de prière et de recueillement, en attendant Noël... fête de la naissance de Jésus, qui aura lieu le 7 janvier 2038 à la date du calendrier grégorien. Le rite copte épibate s'appuie sur le calendrier julien, d'où ce décalage, cher aux Épibates, avec les Latins et les Illythes, ces derniers ayant été rattachés au catholicisme il y a deux siècles.
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Durant toute leur Histoire, depuis l'Antiquité et la conversion des Épibates au christianisme, ce peuple a produit une littérature, une théologie, un art chrétiens. Art inspiré des influences helléniques et latines, puis byzantines, conservées et sauvegardées quand l'Occident oubliait sa culture sous les assauts barbares, puis en d'autres lieux islamiques. La tradition de la mosaïque et de la peinture religieuses perdure aujourd'hui encore avec autant de vigueur qu'auparavant, inspirant des artistes s'essayant à un art moderne tout en conservant un lien technique avec les racines de leur savoir-faire.
Les enfants épibates sont bercés par cette culture chrétienne ; images, chansons, histoires - le catéchisme se trouve indissociable de l'Éducation, délivrée le plus souvent par les Prêtres coptes de campagne comme de villes, et les laïcs consacrés et formés à l'Église. Connaître Jésus, être familiarisé aux textes sacrés (dont certains sont prohibés par l'Église latine !), est vu comme le meilleur chemin vers la vie d'adulte responsable, travailleur et généreux. Les enfants participent activement aux célébrations de l'Avent, à la fête de Noël (Gena), à la fin de laquelle ils reçoivent de plus en plus un ou plusieurs cadeaux, sous l'influence de la Cérulée et de la Dytolie.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/25/181225125049819309.png[/img][/center]
Alors que les églises d'Occident ont depuis longtemps perdu leurs peintures sous l'action du temps, du climat puis du désintérêt de leurs fidèles, les églises épibates conservent leurs boiseries colorées, leurs peintures vives, leur éclat. Elles sont entretenues par les bénévoles, par les moines, par le personnel ecclésiastique, par les communautés ou les communes elles-mêmes - qu'il soit désintéressé ou non, cet investissement continue d'être réalisé - facilité par la taille de l'aire copte, plus réduite que l'aire latine - l'Église de Gighida a davantage de facilités à redistribuer les fonds... et surtout, elle continue de prélever la dîme sur les fidèles, avec l'appui du personnel impérial.
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Quand les Dytoliens se prépareront à fêter les Rois, à quelques jours du début des soldes, les Épibates se souhaiteront melkam Gena, un joyeux Noël, qui inaugure par ailleurs le début d'une nouvelle année. Au temps le plus sec de l'année, Gena annonce aussi le retour progressif vers la saison des pluies, qui a lieu entre juin et août du calendrier grégorien. L'absence d'une grande variabilité des saisons permet au temps de l'Avent de freiner quelque peu le travail, qui pourra toujours être fait plus tard - afin de profiter d'un temps familial, d'un temps de prière et de charité. Les Prêtres, par leurs prêches, profitent de ce temps pour inciter à cette générosité chrétienne, appeler à la fin des conflits entre familles, villages, ou membres d'une même famille.
Ces dernières années, néanmoins, l'Église copte s'est montrée pour solidaire du pouvoir civil - de nombreux clercs n'hésitent plus à remettre en cause ce qu'ils jugent comme une inaction coupable du pouvoir politique, devant la montée en puissance des intérêts privés, et notamment des acteurs étrangers. Les nombreuses Missions, conduites par les Céruléens, ont pour but afficher de rapprocher les Coptes épibates des Latins... voire de les "convertir". Le grand rêve du Patriarche de Cartagina, Sa Béatitude Agostino Comuzzi, serait de pouvoir rajouter l'Épibatie au nombre des territoires d'Algarbe placés sous sa bienveillance - ce qui constituerait un argument de poids supplémentaire face aux Cardinaux, une réserve potentielle de voix lors d'un prochain Concile... sans oublier bien sûr qu'il rapprocherait les brebis égarées de la seule Église valable, la catholique, l'universelle, latine Église.
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Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/28/181228105012871955.png[/img][/center]
[right]Acoracci, peut-être la seule ville industrielle du pays...[/right]
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/28/181228105013191196.png[/img]
Tesfaye Petrosi
Présidente de la Woreda d'Acoracci-Deghgi[/center]
La politicienne avait réuni le conseil d'administration d'Acoracci. Dans la plupart des villes épibates, on parlait de conseil d'administration pour la gestion des affaires courantes, car le milieu municipal était indissociable du milieu économique - comme au XIXème siècle dans les pays dytoliens les plus avancés, la bourgeoisie avait complètement pénétré et assimilé le cadre de la démocratie locale.
Acoracci n'était pas n'importe-quelle ville gribouillée sur la carte de l'Empire. Elle était une des rares à disposer d'une liaison routière en dur avec un autre pôle urbain. Cent cinquante kilomètres de voie plus au sud, et plus en altitude, se trouvait Deghdi, sorte d'avant-port à la capitale Gighida, elle-même située 150km en amont. C'était pour éviter une énième boucle de l'Ibabbi que la route avait été construite, cinquante ans auparavant, par les autorités impériales. À l'époque, il s'agissait également de se prémunir contre les attaques des tribus mukatangaises qui peuplaient encore certaines vallées affluentes dans la boucle. Aujourd'hui, ce bel héritage était un atout économique de poids pour la woreda.
Les Worede étaient les subdivisions régionales de l'Empire d'Épibatie. En ces heures de déliquescence de l'autorité impériale, certaines s'étaient remplacées par les autorités tribales locales, certaines avaient succombé aux velléités de domination de l'Église Copte Épibate, d'autres avaient été désertées par leurs quelques fonctionnaires abandonnant le vide de la jungle faute d'être payés, d'autres enfin continuaient d'exercer une réalité administrative, sur fond d'intérêts économiques détenus par quelques puissants locaux désireux de maintenir l'ordre.
La Woreda d'Acoracci-Deghdi était de ce dernier type. Son rôle était de maintenir un lien économique entre la capitale épibate, où résidait les restes de l'aristocratie épibate, et l'artère commerciale unique du pays : l'Ibbabi, ou Naos pour les Illythes.
Tesfaye Petrosi : Nous avons reçu les chiffres de fréquentation du port de Tecoggli pour le transit de fret... ils sont encourageant, on constate une légère croissance au troisième trimestre. M. Kebede, où en sont les négociations pour l'intégration du port à la Woreda ?
Dimitros Kebede : La majorité municipale à Tecoggli y demeure favorable, mais le gouvernement impérial tarde à répondre à notre troisième appel. Pour les deux précédents, ils avaient prétexté que ce n'était pas nécessaire.
Tesfaye Petrosi : Pas nécessaire... mais la Woreda de Tecoggli ne constitue qu'un réservoir de rente pour son directeur, le petit dernier des Assefa Zeodi...
Dimitros Kebede : Il y a donc peu d'espoir que l'Empire puisse reconnaitre une modification de la carte des worede dans cette région. Néanmoins, nous travaillons avec Tecoggli afin d'organiser dès le mois prochain des réunions conjointes plus récurrentes, et pour tout dire systématiques. Une fois par mois, en alternance, des gens de notre woreda se rendront à Tecoggli en bateau, et inversement le mois suivant. Du moins jusqu'à ce que la voie terrestre soit terminée - d'ici trois mois, espérons.
Tesfaye Petrosi : Au moins pourrons nous emprunter les deux premiers tronçons... M. Mesne, pouvez-vous nous dire un mot sur les chantiers en cours dans la région ?
Ioannes Mesne : Et bien vous avez évoqué, Madame la Présidente, la route en fin de construction entre Acoracci et Tecoggli. Nos équipes estiment qu'elle sera terminée d'ici mai 2038. Les Tecoggliens parlent de décembre 2038 pour la liaison entre Tecoggli et Dinibbit'. Les chantiers de sécurisation de la route avec Deghdi sont toujours en cours...
Tesfaye Petrosi : Cela fait deux ans, tout de même... ça commence à tarder.
Ioannes Mesne : Nos opérateurs disent que le refus de Deghdi pour que soient employés des Illythes est responsable de ces retards...
Tesfaye Petrosi : Non, je ne crois pas, ils ont raison de refuser que davantage d'Illythes travaillent dans la région. La Woreda les soutient sur ce point. Lorsque les Épibates auront compris que le développement économique que nous soutenons est une nécessité vitale pour eux, alors ils seront plus nombreux à venir travailler sur l'Ibabbi. Si nous ne faisons rien nous-mêmes, nous seront demain remplacés par les Illythes et les Céruléens, et ce n'est ni l'Empire, ni l'Église qui nous en préserveront.
[right]Acoracci, peut-être la seule ville industrielle du pays...[/right]
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Tesfaye Petrosi
Présidente de la Woreda d'Acoracci-Deghgi[/center]
La politicienne avait réuni le conseil d'administration d'Acoracci. Dans la plupart des villes épibates, on parlait de conseil d'administration pour la gestion des affaires courantes, car le milieu municipal était indissociable du milieu économique - comme au XIXème siècle dans les pays dytoliens les plus avancés, la bourgeoisie avait complètement pénétré et assimilé le cadre de la démocratie locale.
Acoracci n'était pas n'importe-quelle ville gribouillée sur la carte de l'Empire. Elle était une des rares à disposer d'une liaison routière en dur avec un autre pôle urbain. Cent cinquante kilomètres de voie plus au sud, et plus en altitude, se trouvait Deghdi, sorte d'avant-port à la capitale Gighida, elle-même située 150km en amont. C'était pour éviter une énième boucle de l'Ibabbi que la route avait été construite, cinquante ans auparavant, par les autorités impériales. À l'époque, il s'agissait également de se prémunir contre les attaques des tribus mukatangaises qui peuplaient encore certaines vallées affluentes dans la boucle. Aujourd'hui, ce bel héritage était un atout économique de poids pour la woreda.
Les Worede étaient les subdivisions régionales de l'Empire d'Épibatie. En ces heures de déliquescence de l'autorité impériale, certaines s'étaient remplacées par les autorités tribales locales, certaines avaient succombé aux velléités de domination de l'Église Copte Épibate, d'autres avaient été désertées par leurs quelques fonctionnaires abandonnant le vide de la jungle faute d'être payés, d'autres enfin continuaient d'exercer une réalité administrative, sur fond d'intérêts économiques détenus par quelques puissants locaux désireux de maintenir l'ordre.
La Woreda d'Acoracci-Deghdi était de ce dernier type. Son rôle était de maintenir un lien économique entre la capitale épibate, où résidait les restes de l'aristocratie épibate, et l'artère commerciale unique du pays : l'Ibbabi, ou Naos pour les Illythes.
Tesfaye Petrosi : Nous avons reçu les chiffres de fréquentation du port de Tecoggli pour le transit de fret... ils sont encourageant, on constate une légère croissance au troisième trimestre. M. Kebede, où en sont les négociations pour l'intégration du port à la Woreda ?
Dimitros Kebede : La majorité municipale à Tecoggli y demeure favorable, mais le gouvernement impérial tarde à répondre à notre troisième appel. Pour les deux précédents, ils avaient prétexté que ce n'était pas nécessaire.
Tesfaye Petrosi : Pas nécessaire... mais la Woreda de Tecoggli ne constitue qu'un réservoir de rente pour son directeur, le petit dernier des Assefa Zeodi...
Dimitros Kebede : Il y a donc peu d'espoir que l'Empire puisse reconnaitre une modification de la carte des worede dans cette région. Néanmoins, nous travaillons avec Tecoggli afin d'organiser dès le mois prochain des réunions conjointes plus récurrentes, et pour tout dire systématiques. Une fois par mois, en alternance, des gens de notre woreda se rendront à Tecoggli en bateau, et inversement le mois suivant. Du moins jusqu'à ce que la voie terrestre soit terminée - d'ici trois mois, espérons.
Tesfaye Petrosi : Au moins pourrons nous emprunter les deux premiers tronçons... M. Mesne, pouvez-vous nous dire un mot sur les chantiers en cours dans la région ?
Ioannes Mesne : Et bien vous avez évoqué, Madame la Présidente, la route en fin de construction entre Acoracci et Tecoggli. Nos équipes estiment qu'elle sera terminée d'ici mai 2038. Les Tecoggliens parlent de décembre 2038 pour la liaison entre Tecoggli et Dinibbit'. Les chantiers de sécurisation de la route avec Deghdi sont toujours en cours...
Tesfaye Petrosi : Cela fait deux ans, tout de même... ça commence à tarder.
Ioannes Mesne : Nos opérateurs disent que le refus de Deghdi pour que soient employés des Illythes est responsable de ces retards...
Tesfaye Petrosi : Non, je ne crois pas, ils ont raison de refuser que davantage d'Illythes travaillent dans la région. La Woreda les soutient sur ce point. Lorsque les Épibates auront compris que le développement économique que nous soutenons est une nécessité vitale pour eux, alors ils seront plus nombreux à venir travailler sur l'Ibabbi. Si nous ne faisons rien nous-mêmes, nous seront demain remplacés par les Illythes et les Céruléens, et ce n'est ni l'Empire, ni l'Église qui nous en préserveront.
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Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/06/19010604403185918.png[/img][/center]
[right]Haute-Vallée de Vauvert.[/right]
C'est quand les chasseurs de Sagaspe commencèrent à l'apercevoir depuis la cime du Mont Arotz que les autorités municipales furent obligées de réagir, ou du moins de se mettre en mouvement en donnant l'illusion que quelque chose était possible.
Depuis plusieurs années, au fléau social qui avait frappé Sagaspe et ses hameaux, s'était ajouté ce qu'on devait se résoudre à être un fléau sanitaire, que beaucoup d'habitant (surtout d'habitantes) interprétaient plutôt comme un fléau d'ordre maléfique.
Les Sagaspiens, depuis que Sagaspe était Sagaspe, avaient formé une race consciente de ses forces : une race de bâtisseurs et de pasteurs, une race de solides montagnards trapus, qui avaient su graver dans leur patrimoine génétique, au côté de leurs qualités physiques, les qualités morales qui avaient permis aux pionniers de partir s'aventurer, sans peur, au cœur d'un continent étranger, pour rebâtir une vie semblable à celle qu'ils avaient quitté en Dytolie, mais meilleure.
Voilà où était le fléau social affligeant la ville et ses très grandes campagnes depuis une décennie : la fuite de ses meilleurs éléments, les plus jeunes, vers l'aval... pour les villes romanes de Cerneau, Picq, Ramuel... pour les usines immenses de Vauvert, son port en pleine renaissance... et bien sûr pour Lumière, cette cité nouvelle désormais plus modeste en surface que les gisements dont elle avait permis l'exploitation.
Voilà où était le fléau maléfique : estive après estive, hiver après hiver, les bergers et les braconniers de l'Arotz, ceux qui y fauchaient les herbes les plus hautes et y cueillaient les fruits les mieux cachés aux creux de ses hautes pentes, s'en étaient bien rendu compte... l'horizon avait changé. A mesure que les collines qui le dessinaient autrefois s'aplatissaient, les nuages par beau-temps se faisaient plus sombres, plus poussiéreux. Les plus se faisaient plus acides, elles asséchaient les talus de rivières, brulaient l'herbe en bien des endroits, raréfiaient la nourriture des animaux domestique et les rendaient malades.
Le danger avait au départ paru si loin... puis les quelques érudits du village avaient fini par lier les premières calamités recensées, à ces poussières, toujours plus importantes, que les nuages s'écrasant sur les reliefs de l'Arotz libéraient sans retenue.
Et puis il y avait eu cette rencontre avec les Meggi. Ces êtres à la peau presque noire, aux yeux verts ou bleus, à la haute stature et à la musculation prononcée, qui formaient un peuple de paysans et de pasteurs, eux-aussi, de l'autre côté du massif de l'Arotz. Malgré les querelles séculaires avec ces protégés des Amarantins, les vols de pâturages et bois auxquels ils se livraient pour leurs troupeaux, les ennemis héréditaires avaient pris l'initiative d'une sorte de sommet avec les autorités urbaines de Sagaspe. Ils étaient venus car eux aussi souffraient, et avait eu vent que les Sagaspiens périssaient également de maladies terribles, de déformations, d’essoufflement. Ce qu'ils vivaient chez eux s'était révélé moindre que ce que subissaient les Sagaspiens.
Avec le temps, il ne faisait plus de doute que l'eau était responsable. C'était la disparition des 34 habitants, sur 58, du hameau d'Artzamendi, dont la rivière était devenue jaune, qui avait fini de convaincre les habitants. Car Artzamendi était le hameau le plus proche de Lumière, et avait été établi, plusieurs siècles auparavant, le long d'une vallée descendant vers l'Est, à la faveur du relief, avant de libérer ses eaux dans le fleuve. Quand les Artzamendiens survivants abandonnèrent leur village pour rejoindre Sagaspe, emportant avec eux leur récit, on associa définitivement l'activité minière à la situation dramatique dans laquelle plongeait de jour en jour la communauté.
Les Sagaspiens émigrés dans les industries de la vallée et revenant parfois dans leur ville tenaient un discours similaire. Beaucoup de leurs camarades ouvriers, eux-mêmes parfois, trainaient des maladies qu'il devenait difficile de supporter dans le travail. Et même une fois qu'on avait cessé de travailler. Certains devenaient aveugles, tous ou presque voyaient leurs cheveux se griser bien avant l'âge, d'autre avaient les doigts qui se tordaient, et une douleur aux articulations ne les quittait plus.
Ils racontaient le travail des machines venant à bout de la montagne.
Les pelles et les écraseurs qui réduisaient les morceaux de roche en sable.
Les grands et longs bains que l'on faisait subir aux minerais, noyés dans les cocktails chimiques aux émanations les plus insupportables.
Les grands déversement des eaux sales dans les vallons se chargeant en théorie de les envoyer à la mer.
Et les augmentations de salaire qui ne cessaient pas de se répéter. Si bien que malgré les maux, la maladie et la critique, beaucoup retournaient retrouver leur place sur les chantiers une fois leur repos terminé.
Alors quand la grande mine d'uranium de Lumière fut désormais visible depuis la cime du Mont Arotz, quand le lissage de l'horizon laissa place à l'image distincte du sol gris segmenté en monceaux de terrasses, quand on prit conscience que le désastre n'était pas si loin et peur qu'ils viennent un jour découper Arotz lui-même, la municipalité fut obligée de chercher une solution diplomatique.
Mais elle n'en trouvait désespéramment pas.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/06/190106044032968470.png[/img]
Mine d'uranium de la Haute-vallée de Vauvert. Propriété d'une entreprise vauvertoise.[/center]
[right]Haute-Vallée de Vauvert.[/right]
C'est quand les chasseurs de Sagaspe commencèrent à l'apercevoir depuis la cime du Mont Arotz que les autorités municipales furent obligées de réagir, ou du moins de se mettre en mouvement en donnant l'illusion que quelque chose était possible.
Depuis plusieurs années, au fléau social qui avait frappé Sagaspe et ses hameaux, s'était ajouté ce qu'on devait se résoudre à être un fléau sanitaire, que beaucoup d'habitant (surtout d'habitantes) interprétaient plutôt comme un fléau d'ordre maléfique.
Les Sagaspiens, depuis que Sagaspe était Sagaspe, avaient formé une race consciente de ses forces : une race de bâtisseurs et de pasteurs, une race de solides montagnards trapus, qui avaient su graver dans leur patrimoine génétique, au côté de leurs qualités physiques, les qualités morales qui avaient permis aux pionniers de partir s'aventurer, sans peur, au cœur d'un continent étranger, pour rebâtir une vie semblable à celle qu'ils avaient quitté en Dytolie, mais meilleure.
Voilà où était le fléau social affligeant la ville et ses très grandes campagnes depuis une décennie : la fuite de ses meilleurs éléments, les plus jeunes, vers l'aval... pour les villes romanes de Cerneau, Picq, Ramuel... pour les usines immenses de Vauvert, son port en pleine renaissance... et bien sûr pour Lumière, cette cité nouvelle désormais plus modeste en surface que les gisements dont elle avait permis l'exploitation.
Voilà où était le fléau maléfique : estive après estive, hiver après hiver, les bergers et les braconniers de l'Arotz, ceux qui y fauchaient les herbes les plus hautes et y cueillaient les fruits les mieux cachés aux creux de ses hautes pentes, s'en étaient bien rendu compte... l'horizon avait changé. A mesure que les collines qui le dessinaient autrefois s'aplatissaient, les nuages par beau-temps se faisaient plus sombres, plus poussiéreux. Les plus se faisaient plus acides, elles asséchaient les talus de rivières, brulaient l'herbe en bien des endroits, raréfiaient la nourriture des animaux domestique et les rendaient malades.
Le danger avait au départ paru si loin... puis les quelques érudits du village avaient fini par lier les premières calamités recensées, à ces poussières, toujours plus importantes, que les nuages s'écrasant sur les reliefs de l'Arotz libéraient sans retenue.
Et puis il y avait eu cette rencontre avec les Meggi. Ces êtres à la peau presque noire, aux yeux verts ou bleus, à la haute stature et à la musculation prononcée, qui formaient un peuple de paysans et de pasteurs, eux-aussi, de l'autre côté du massif de l'Arotz. Malgré les querelles séculaires avec ces protégés des Amarantins, les vols de pâturages et bois auxquels ils se livraient pour leurs troupeaux, les ennemis héréditaires avaient pris l'initiative d'une sorte de sommet avec les autorités urbaines de Sagaspe. Ils étaient venus car eux aussi souffraient, et avait eu vent que les Sagaspiens périssaient également de maladies terribles, de déformations, d’essoufflement. Ce qu'ils vivaient chez eux s'était révélé moindre que ce que subissaient les Sagaspiens.
Avec le temps, il ne faisait plus de doute que l'eau était responsable. C'était la disparition des 34 habitants, sur 58, du hameau d'Artzamendi, dont la rivière était devenue jaune, qui avait fini de convaincre les habitants. Car Artzamendi était le hameau le plus proche de Lumière, et avait été établi, plusieurs siècles auparavant, le long d'une vallée descendant vers l'Est, à la faveur du relief, avant de libérer ses eaux dans le fleuve. Quand les Artzamendiens survivants abandonnèrent leur village pour rejoindre Sagaspe, emportant avec eux leur récit, on associa définitivement l'activité minière à la situation dramatique dans laquelle plongeait de jour en jour la communauté.
Les Sagaspiens émigrés dans les industries de la vallée et revenant parfois dans leur ville tenaient un discours similaire. Beaucoup de leurs camarades ouvriers, eux-mêmes parfois, trainaient des maladies qu'il devenait difficile de supporter dans le travail. Et même une fois qu'on avait cessé de travailler. Certains devenaient aveugles, tous ou presque voyaient leurs cheveux se griser bien avant l'âge, d'autre avaient les doigts qui se tordaient, et une douleur aux articulations ne les quittait plus.
Ils racontaient le travail des machines venant à bout de la montagne.
Les pelles et les écraseurs qui réduisaient les morceaux de roche en sable.
Les grands et longs bains que l'on faisait subir aux minerais, noyés dans les cocktails chimiques aux émanations les plus insupportables.
Les grands déversement des eaux sales dans les vallons se chargeant en théorie de les envoyer à la mer.
Et les augmentations de salaire qui ne cessaient pas de se répéter. Si bien que malgré les maux, la maladie et la critique, beaucoup retournaient retrouver leur place sur les chantiers une fois leur repos terminé.
Alors quand la grande mine d'uranium de Lumière fut désormais visible depuis la cime du Mont Arotz, quand le lissage de l'horizon laissa place à l'image distincte du sol gris segmenté en monceaux de terrasses, quand on prit conscience que le désastre n'était pas si loin et peur qu'ils viennent un jour découper Arotz lui-même, la municipalité fut obligée de chercher une solution diplomatique.
Mais elle n'en trouvait désespéramment pas.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/06/190106044032968470.png[/img]
Mine d'uranium de la Haute-vallée de Vauvert. Propriété d'une entreprise vauvertoise.[/center]
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Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/15/190115010208771947.png[/img][/center]
[right]Orej, petite ville caskar sur la source de la rivière Zabir,[/right]
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/15/190115010209310404.png[/img] [img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/15/190115010209379681.png[/img]
Ibis rouges d'Algarbe sur la mangrove - bannière des Caskars d'Épibatie[/center]
Ils avaient attendu, durant des semaines, un soutien de la part de l'île mère de leur peuple. Depuis que les Néo-Caducéens avaient pris, par la force, les postes de Sojpan et Rarlan, les Caskars d'Épibatie voyaient s'échapper à nouveau la possibilité de compter commercialement dans la région. Les Néo-Caducéens avaient su organiser, en s'appuyant sur la corruption des militaires et des relais impériaux locaux, pour éliminer la concurrence à Parjsporgue qu'aurait pu constituer le repeuplement, par les Caskars, des vallées de l'Oszar et de l'Anis, dans le cadre d'un assouplissement de la zone exclusive militaire décidée par l'autorité impériale suite à l'éclatement de l'Empire luciférien.
Et la terrible nouvelle de l'assassinat de la Grande-Duchesse Alexandra avait définitivement mis un terme aux espoirs des plus optimistes. Selon toutes vraisemblances, alors que le Caskar était douillet sur les questions d'intervention extérieure en temps normal, en plus du traumatisme de la Guerre d'Aminavie l'île devait maintenant assumer la disparition de celle qui savait la maintenir unie. Plus aucun Caskar d'Épibatie n'attendait de soutien de la part de la Cérulée - et cette résignation avait joué en faveur des tenants de la manière forte.
La manière forte, elle consisterait à reprendre par la force ce dont la force les avait privés. Les émissaires de Berri-Metan, la "capitale" caskare, avaient trouvé les relais de cette vision dans la plupart des villes et villages parcourus. Orej avait réuni son peuple, on y avait décidé de mettre en commun plusieurs troupeaux, de partager le travail entre les familles, de freiner le travail des bûcherons qui de toute façon ne rapportait plus guère, on avait ainsi libérer des hommes qui s'en allaient vers l'aval avec la conviction solide de l'intention de vengeance. De Zardan, également, s'étaient mis à converger de nombreux muletiers, des jeunes comme des vieux, des chasseurs et des cultivateurs. Zjan avait envoyé un nombre considérable de marins-pêcheurs, les meilleurs connaisseurs du fleuve Sargaij, et souvent des polyglottes accomplis. Berri-Metan, dans le même temps, avait su ouvrir vers le nord une voie, chaotique mais efficace, pour approvisionner en vivres et en armes la troupe qu'elle s'apprêtait à réunir.
Évidemment, dans le même temps la "capitale" néo-caducéenne, tout le monde pressentait le retour de flamme de l'initiative de Novaj-Palumbo. Certes, les positions commerciales du territoire étaient renforcées, mais on craignait que les Caskars compensent le manque probable d'efficacité de leur action "militaire" par une très grande violence, et personne ne pouvait définir précisément à l'avance où celle-là se déchainerait. Alors Novaj-Palumbo était obligée de réduire ses effectifs miliciens dans les vallées récemment conquises, pour les répartir partout où les villages néo-caducéens réclamaient une défense. Il fallait donc dépêcher des hommes dans des endroits où ne vivaient parfois que quelques familles, raccrochées à un ponton sur le limon marron, et vivant dans trois à quatre baraques en planches, de la pêche au filet et de la chasse aux singes. Dans l'Enoj, particulièrement, on craignait que les Caskars n'attaquent par voie de jungle. En amont de Novaj-Palumbo, on redoutait le nombre de d'aucuns préparaient déjà leur départ vers Parjsporgue.
Les Amarantins avaient conscience de leur supériorité technique sur les Caskars. Mais ce en quoi ils n'avaient pas confiance, c'était l'efficacité organisationnelle et relationnelle des différentes autorités urbaines qui avaient tenté d'unir leur politique. Dans leur fanatisme ethnique échaudé, les Caskars eux ne souffriraient pas de la division.
[right]Orej, petite ville caskar sur la source de la rivière Zabir,[/right]
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/15/190115010209310404.png[/img] [img]https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/15/190115010209379681.png[/img]
Ibis rouges d'Algarbe sur la mangrove - bannière des Caskars d'Épibatie[/center]
Ils avaient attendu, durant des semaines, un soutien de la part de l'île mère de leur peuple. Depuis que les Néo-Caducéens avaient pris, par la force, les postes de Sojpan et Rarlan, les Caskars d'Épibatie voyaient s'échapper à nouveau la possibilité de compter commercialement dans la région. Les Néo-Caducéens avaient su organiser, en s'appuyant sur la corruption des militaires et des relais impériaux locaux, pour éliminer la concurrence à Parjsporgue qu'aurait pu constituer le repeuplement, par les Caskars, des vallées de l'Oszar et de l'Anis, dans le cadre d'un assouplissement de la zone exclusive militaire décidée par l'autorité impériale suite à l'éclatement de l'Empire luciférien.
Et la terrible nouvelle de l'assassinat de la Grande-Duchesse Alexandra avait définitivement mis un terme aux espoirs des plus optimistes. Selon toutes vraisemblances, alors que le Caskar était douillet sur les questions d'intervention extérieure en temps normal, en plus du traumatisme de la Guerre d'Aminavie l'île devait maintenant assumer la disparition de celle qui savait la maintenir unie. Plus aucun Caskar d'Épibatie n'attendait de soutien de la part de la Cérulée - et cette résignation avait joué en faveur des tenants de la manière forte.
La manière forte, elle consisterait à reprendre par la force ce dont la force les avait privés. Les émissaires de Berri-Metan, la "capitale" caskare, avaient trouvé les relais de cette vision dans la plupart des villes et villages parcourus. Orej avait réuni son peuple, on y avait décidé de mettre en commun plusieurs troupeaux, de partager le travail entre les familles, de freiner le travail des bûcherons qui de toute façon ne rapportait plus guère, on avait ainsi libérer des hommes qui s'en allaient vers l'aval avec la conviction solide de l'intention de vengeance. De Zardan, également, s'étaient mis à converger de nombreux muletiers, des jeunes comme des vieux, des chasseurs et des cultivateurs. Zjan avait envoyé un nombre considérable de marins-pêcheurs, les meilleurs connaisseurs du fleuve Sargaij, et souvent des polyglottes accomplis. Berri-Metan, dans le même temps, avait su ouvrir vers le nord une voie, chaotique mais efficace, pour approvisionner en vivres et en armes la troupe qu'elle s'apprêtait à réunir.
Évidemment, dans le même temps la "capitale" néo-caducéenne, tout le monde pressentait le retour de flamme de l'initiative de Novaj-Palumbo. Certes, les positions commerciales du territoire étaient renforcées, mais on craignait que les Caskars compensent le manque probable d'efficacité de leur action "militaire" par une très grande violence, et personne ne pouvait définir précisément à l'avance où celle-là se déchainerait. Alors Novaj-Palumbo était obligée de réduire ses effectifs miliciens dans les vallées récemment conquises, pour les répartir partout où les villages néo-caducéens réclamaient une défense. Il fallait donc dépêcher des hommes dans des endroits où ne vivaient parfois que quelques familles, raccrochées à un ponton sur le limon marron, et vivant dans trois à quatre baraques en planches, de la pêche au filet et de la chasse aux singes. Dans l'Enoj, particulièrement, on craignait que les Caskars n'attaquent par voie de jungle. En amont de Novaj-Palumbo, on redoutait le nombre de d'aucuns préparaient déjà leur départ vers Parjsporgue.
Les Amarantins avaient conscience de leur supériorité technique sur les Caskars. Mais ce en quoi ils n'avaient pas confiance, c'était l'efficacité organisationnelle et relationnelle des différentes autorités urbaines qui avaient tenté d'unir leur politique. Dans leur fanatisme ethnique échaudé, les Caskars eux ne souffriraient pas de la division.
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Arios
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[right]Mine de coltan de Darra, Grand Rift épibate[/right]
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/06/190206110735808259.png[/img][/center]
À vrai dire, les Vauvertois étaient déjà au courant depuis quelques heures, grâce à leurs espions infiltrés du côté épibate et leur très bon maniement des technologies numériques, mais lorsque les camions chargés de soldats arrivèrent à l'horizon, sur la piste et dans l'épaisse fumée de poussière semblant dégringoler du flanc de montagne, le choc n'en était pas moins puissant.
Cela faisait 8 ans que les Luciféristes de Vauvert et sa vallée avaient pris pied à Darra. Dès lors que la mine n'avait plus été rentable pour les Épibates, les Vauvertois avaient su acheter ce qu'ils pouvaient acheter, et investir dans des moyens plus contemporains afin de renforcer le potentiel d'extraction de la mine. La production se faisait néanmoins dans des conditions très compliquées, les liaisons aériennes avec le littoral étant très compliquées une bonne partie de l'année, faute de pouvoir survoler facilement certains massifs continuellement chargés des nuages se formant à partir de l'humidité de la jungle, agglutinée au contact des hautes cimes.
La situation depuis un an avait quelque peu changé. La fin de l'Empire luciférien avait condamné six des meilleurs gisements de l'Algarbe. Les cours du coltan s'étaient redressés. Dans le même temps, à la cour, et devant les faiblesses de son frère, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=342839#p342839]la Princesse Mazaa Malacchi[/url] tentait de continuer à faire fonctionner l'État en favorisant les initiatives qui rapporteraient un peu en pouvoir et en moyens à l'Empire d'Épibatie.
Hier les Épibates avaient toutes les raisons de laisser faire les Vauvertois dans les mines du sud du pays, l'alliance entre l'Amarantie et l'Empire luciférien rendait ces communautés intouchables. Aujourd'hui, l'Empire chrétien, dirigé par un fils de Salomon, n'avait plus d'adversaire direct en Algarbe centrale et pouvait envisager de faire reculer l'influence de ces communautés étrangères.
On libéra ce jour des centaines d'esclaves. Beaucoup furent exécutés par les soldats de l'Empire, pour des raisons de rivalités ethniques, dont de nombreux Pygmées, employés par les Vauvertois pour se glisser dans les galeries les plus fines. On saisit les moyens des Blancs, et on les laissa libres de repartir à pieds pour le littoral - espérant que sur la quarantaine d'individus, quelques-uns réussiraient à passer le massif aux pointes glacées, et à redescendre jusqu'à une quelconque localité - en espérant qu'elle soit humaine - sans se faire dévorer par les fauves de la jungle.
[right]Mine de coltan de Darra, Grand Rift épibate[/right]
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/06/190206110735808259.png[/img][/center]
À vrai dire, les Vauvertois étaient déjà au courant depuis quelques heures, grâce à leurs espions infiltrés du côté épibate et leur très bon maniement des technologies numériques, mais lorsque les camions chargés de soldats arrivèrent à l'horizon, sur la piste et dans l'épaisse fumée de poussière semblant dégringoler du flanc de montagne, le choc n'en était pas moins puissant.
Cela faisait 8 ans que les Luciféristes de Vauvert et sa vallée avaient pris pied à Darra. Dès lors que la mine n'avait plus été rentable pour les Épibates, les Vauvertois avaient su acheter ce qu'ils pouvaient acheter, et investir dans des moyens plus contemporains afin de renforcer le potentiel d'extraction de la mine. La production se faisait néanmoins dans des conditions très compliquées, les liaisons aériennes avec le littoral étant très compliquées une bonne partie de l'année, faute de pouvoir survoler facilement certains massifs continuellement chargés des nuages se formant à partir de l'humidité de la jungle, agglutinée au contact des hautes cimes.
La situation depuis un an avait quelque peu changé. La fin de l'Empire luciférien avait condamné six des meilleurs gisements de l'Algarbe. Les cours du coltan s'étaient redressés. Dans le même temps, à la cour, et devant les faiblesses de son frère, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=342839#p342839]la Princesse Mazaa Malacchi[/url] tentait de continuer à faire fonctionner l'État en favorisant les initiatives qui rapporteraient un peu en pouvoir et en moyens à l'Empire d'Épibatie.
Hier les Épibates avaient toutes les raisons de laisser faire les Vauvertois dans les mines du sud du pays, l'alliance entre l'Amarantie et l'Empire luciférien rendait ces communautés intouchables. Aujourd'hui, l'Empire chrétien, dirigé par un fils de Salomon, n'avait plus d'adversaire direct en Algarbe centrale et pouvait envisager de faire reculer l'influence de ces communautés étrangères.
On libéra ce jour des centaines d'esclaves. Beaucoup furent exécutés par les soldats de l'Empire, pour des raisons de rivalités ethniques, dont de nombreux Pygmées, employés par les Vauvertois pour se glisser dans les galeries les plus fines. On saisit les moyens des Blancs, et on les laissa libres de repartir à pieds pour le littoral - espérant que sur la quarantaine d'individus, quelques-uns réussiraient à passer le massif aux pointes glacées, et à redescendre jusqu'à une quelconque localité - en espérant qu'elle soit humaine - sans se faire dévorer par les fauves de la jungle.
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Arios
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[right]Malacchi Launch Pad, 15 avril 2038, extrême sud-ouest de l'Empire d'Épibatie[/right]
Il avait fallu trouver un nom qui soit un hommage digne à la famille impériale. La Princesse Mazaa, sœur de l'Empereur, était le principal soutien du projet. La base scientifique prendrait donc le nom de la dynastie impériale.
Il avait fallu trouver les arguments pour convaincre le Commonwealth de son soutien entier, intégral, aux transferts technologiques en faveur de Cartagina et Gighida. Il y aurait donc 125 hectares, et ils feraient partie des sols du Commonwealth.
Il avait fallu mettre autour de la table ceux qui fourniraient ce point, non loin de l'équateur, et ceux qui fourniraient tous les dossiers et l'expérience nécessaires à ce partage technologique - la Ligue de Lébira portait l'initiative, promettait aux Épibates le partage technologique, et aux Britons la sécurité de la zone, dans une Mer dominée par Cartagina.
L'Empire chrétien avait deux ennemis principaux : les Illythes, établis au nord de son territoire et jamais avides de gains territoriaux pour doter leurs enfants et agrandir leurs réseaux marchands, et les Amarantins d'Épibatie, dont la puissance n'était pas négligeable, et qui étaient [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=342676#p342676]habitués au rapts de villages contre les peuples voisins moins habiles[/url]. Dans le contexte de perte de maitrise sur les régiments les plus excentrés, l'Empire se cherchait des soutiens étrangers - et surtout, préférait collaborer avec Cartagina plutôt que de la pousser dans les bras des Illythes d'Épibatie. En devenant le partenaire technologique de la Ligue et du Commonwealth, l'Empire chrétien se trouvait deux alliés de poids, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=343199#p343199]en dépit du passé d'occupation partielle[/url].
À Malacchi, la Ligue soutiendrait donc, notamment financièrement, l'aménagement d'une base scientifique de recherche spatiale... en d'autres termes, la mise en place d'un pas de tir, que Cartagina pourrait librement utiliser à l'avenir [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=329836#p329836]notamment au service de son industrie satellitaire[/url]. Alors que des signes d'effondrement menaçaient au Mahajanubia, l'aménagement d'un nouveau pas de tir en Épibatie aurait le double mérite d'assurer les arrières du Commonwealth, et de le rendre moins dépendant de l'Union Pan-Océanique et de ses membres les plus contestés à l'internationale.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/06/190206100208116655.png[/img]
Drapeau du Malacchi Launch Pad territory[/Center]
[right]Malacchi Launch Pad, 15 avril 2038, extrême sud-ouest de l'Empire d'Épibatie[/right]
Il avait fallu trouver un nom qui soit un hommage digne à la famille impériale. La Princesse Mazaa, sœur de l'Empereur, était le principal soutien du projet. La base scientifique prendrait donc le nom de la dynastie impériale.
Il avait fallu trouver les arguments pour convaincre le Commonwealth de son soutien entier, intégral, aux transferts technologiques en faveur de Cartagina et Gighida. Il y aurait donc 125 hectares, et ils feraient partie des sols du Commonwealth.
Il avait fallu mettre autour de la table ceux qui fourniraient ce point, non loin de l'équateur, et ceux qui fourniraient tous les dossiers et l'expérience nécessaires à ce partage technologique - la Ligue de Lébira portait l'initiative, promettait aux Épibates le partage technologique, et aux Britons la sécurité de la zone, dans une Mer dominée par Cartagina.
L'Empire chrétien avait deux ennemis principaux : les Illythes, établis au nord de son territoire et jamais avides de gains territoriaux pour doter leurs enfants et agrandir leurs réseaux marchands, et les Amarantins d'Épibatie, dont la puissance n'était pas négligeable, et qui étaient [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=342676#p342676]habitués au rapts de villages contre les peuples voisins moins habiles[/url]. Dans le contexte de perte de maitrise sur les régiments les plus excentrés, l'Empire se cherchait des soutiens étrangers - et surtout, préférait collaborer avec Cartagina plutôt que de la pousser dans les bras des Illythes d'Épibatie. En devenant le partenaire technologique de la Ligue et du Commonwealth, l'Empire chrétien se trouvait deux alliés de poids, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=343199#p343199]en dépit du passé d'occupation partielle[/url].
À Malacchi, la Ligue soutiendrait donc, notamment financièrement, l'aménagement d'une base scientifique de recherche spatiale... en d'autres termes, la mise en place d'un pas de tir, que Cartagina pourrait librement utiliser à l'avenir [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=329836#p329836]notamment au service de son industrie satellitaire[/url]. Alors que des signes d'effondrement menaçaient au Mahajanubia, l'aménagement d'un nouveau pas de tir en Épibatie aurait le double mérite d'assurer les arrières du Commonwealth, et de le rendre moins dépendant de l'Union Pan-Océanique et de ses membres les plus contestés à l'internationale.
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Drapeau du Malacchi Launch Pad territory[/Center]
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Arios
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[right]Vallée de la Sargaij, 18 avril 2038[/right]
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/07/190207034457680907.png[/img]
Caskars d'Épibatie au repos après leur avancée en Nouvelle-Caducée.[/center]
Contre toute attente, les Caskars d'Épibatie avaient pu recevoir l'aide logistique du Caskar [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=346635#p346635]dans leur entreprise d'invasion de la Nouvelle-Caducée[/url]. Contre toute attente, le Caskar que l'on croyait mort après l'assassinat de sa Grande-Duchesse, était à l'initiative... auprès de l'Empire d'Épibatie. Il avait jugé nécessaire de mettre un frein aux velléités de la Nouvelle-Caducée, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=342676#p342676]qui occupait les anciens comptoirs caskars de Sojpan et Rarlan depuis février 2037[/url].
En quinze mois, la Nouvelle-Caducée avait aménagé la zone, qui auparavant été dépeuplées. Ses habitants, caskars, avaient été contraints de rentrer dans les terres, il y a déjà de nombreuses décennies, dès lors que l'Empire d'Épibatie avait pris la décision de militariser l'entièreté de son littoral face à la menace luciférienne. Le pari de Novaj-Palumbo était de s'assurer une position dans l'essor naissant du commerce sur la côte épibate, dans le cadre de son autonomie au sein de l'Empire luciférien ; mais elle avait voulu se l'assurer par la force - et ne s'attendait pas à ce que les Caskars d'Épibatie, d'habitude si indépendants, trouveraient le soutien de leur île d'origine.
Setan avait contacté Cartagina pour la prévenir de son opération, et lui demander si elle la soutenait. Cartagina lui avait répondu qu'elle la soutiendrait... plusieurs bâtiments de guerre caskars avaient passé sans crainte le Détroit de Degirba, mouillaient au large de la mangrove de la Soaj - d'autres mouillaient en Illythie, au large de Paremhat. Par des hors-bords d'approche, elle avait envoyé plusieurs commandos prendre le contrôle des comptoirs capturés par la Nouvelle-Caducée. Quelques échanges de coups de feu avaient eu lieu, mais le professionnalisme caskar face aux miliciens néo-caducéens avait permis d'éviter, des deux côtés, des pertes inutiles. De l'autre côté de la région amarantine, par le fleuve autant que par la jungle, guidés par des conseillers, les Caskars avaient rempli les objectifs qui leur avaient été imposés : prendre plusieurs villages, les occuper, affirmer leur présence sur le fleuve et engager des barrages fluviaux. Setan et Gighida avaient imposé à Berri-Metan une revue à la baisse de ses projets : il ne serait pas question d'une guerre contre les Amarantins de Nouvelle-Caducée, simplement d'une opération de reprise des comptoirs, tout en maintenant la pression sur Novaj-Palumbo.
On n'avait pas pu épargner quelques pertes, au moins une vingtaine de morts, répartis des deux côtés. Novaj-Palumbo n'avait pas tardé à protester, criant à l'invasion, annonçant vouloir rencontrer les autorités épibates et dénigrant l'illégitimité de cette prise de force, arguant que les territoires sur lesquels elle avait envoyé ses miliciens, et ses travailleurs, n'avaient aucune appartenance innée à l'aire caskar et n'étaient plus habités depuis quarante ans.
Dans la soirée, l'État-Major caskar évoquait déjà l'aménagement, aux frais de l'Armée caskare, d'une voie terrestre entre Berri-Metan et Rarlan. Mais Gighida voulait éviter une présence trop longue des commandos caskars sur le sol épibate...
[right]Vallée de la Sargaij, 18 avril 2038[/right]
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Caskars d'Épibatie au repos après leur avancée en Nouvelle-Caducée.[/center]
Contre toute attente, les Caskars d'Épibatie avaient pu recevoir l'aide logistique du Caskar [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=346635#p346635]dans leur entreprise d'invasion de la Nouvelle-Caducée[/url]. Contre toute attente, le Caskar que l'on croyait mort après l'assassinat de sa Grande-Duchesse, était à l'initiative... auprès de l'Empire d'Épibatie. Il avait jugé nécessaire de mettre un frein aux velléités de la Nouvelle-Caducée, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=342676#p342676]qui occupait les anciens comptoirs caskars de Sojpan et Rarlan depuis février 2037[/url].
En quinze mois, la Nouvelle-Caducée avait aménagé la zone, qui auparavant été dépeuplées. Ses habitants, caskars, avaient été contraints de rentrer dans les terres, il y a déjà de nombreuses décennies, dès lors que l'Empire d'Épibatie avait pris la décision de militariser l'entièreté de son littoral face à la menace luciférienne. Le pari de Novaj-Palumbo était de s'assurer une position dans l'essor naissant du commerce sur la côte épibate, dans le cadre de son autonomie au sein de l'Empire luciférien ; mais elle avait voulu se l'assurer par la force - et ne s'attendait pas à ce que les Caskars d'Épibatie, d'habitude si indépendants, trouveraient le soutien de leur île d'origine.
Setan avait contacté Cartagina pour la prévenir de son opération, et lui demander si elle la soutenait. Cartagina lui avait répondu qu'elle la soutiendrait... plusieurs bâtiments de guerre caskars avaient passé sans crainte le Détroit de Degirba, mouillaient au large de la mangrove de la Soaj - d'autres mouillaient en Illythie, au large de Paremhat. Par des hors-bords d'approche, elle avait envoyé plusieurs commandos prendre le contrôle des comptoirs capturés par la Nouvelle-Caducée. Quelques échanges de coups de feu avaient eu lieu, mais le professionnalisme caskar face aux miliciens néo-caducéens avait permis d'éviter, des deux côtés, des pertes inutiles. De l'autre côté de la région amarantine, par le fleuve autant que par la jungle, guidés par des conseillers, les Caskars avaient rempli les objectifs qui leur avaient été imposés : prendre plusieurs villages, les occuper, affirmer leur présence sur le fleuve et engager des barrages fluviaux. Setan et Gighida avaient imposé à Berri-Metan une revue à la baisse de ses projets : il ne serait pas question d'une guerre contre les Amarantins de Nouvelle-Caducée, simplement d'une opération de reprise des comptoirs, tout en maintenant la pression sur Novaj-Palumbo.
On n'avait pas pu épargner quelques pertes, au moins une vingtaine de morts, répartis des deux côtés. Novaj-Palumbo n'avait pas tardé à protester, criant à l'invasion, annonçant vouloir rencontrer les autorités épibates et dénigrant l'illégitimité de cette prise de force, arguant que les territoires sur lesquels elle avait envoyé ses miliciens, et ses travailleurs, n'avaient aucune appartenance innée à l'aire caskar et n'étaient plus habités depuis quarante ans.
Dans la soirée, l'État-Major caskar évoquait déjà l'aménagement, aux frais de l'Armée caskare, d'une voie terrestre entre Berri-Metan et Rarlan. Mais Gighida voulait éviter une présence trop longue des commandos caskars sur le sol épibate...
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Arios
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[right]Région de l'Ordano, cours de l'Ibbabi[/right]
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/09/190209112813674382.png[/img][/center]
Jésus-Christ, toi qui es Dieu, protège-nous, délivre-nous... !
Les processions se répétaient depuis des semaines en Épibatie centrale, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=345229#p345229]sous l'impulsion du Pape épibate Abuna Basile[/url]. Ses relais, au sein du clergé copte, répandaient les exigences de l'Église : elles étaient au soulèvement des âmes contre la menace que représentait l'affaissement de l'autorité impériale, aussi bien matériellement qu'éthiquement. Il n'avait pas échappé à la très importante Église d'Épibatie, orthodoxe, que le pouvoir de Gighida avait su se ré-armer lorsqu'il s'était agi de récupérer la maitrise de gisements miniers importants, et qu'il lui restait donc bien plus d'énergie qu'il ne le laissait entrevoir à une population laissée à elle-même. Pourquoi ne mettait-il pas cette énergie au nord, contre les "Catholiques" illythes ?
Les Épibates de ces régions ne connaissaient guère d'autres confessions, en dehors de la leur, que l'animisme, dont ils avaient pu vaguement entendre parlé concernant les sauvages habitant la forêt - mais qu'ils assimilaient pour beaucoup à de la magie noire et le fait de pouvoir communiquer entre bêtes -, et le catholicisme - qui leur paraissait, du moins après un bon sermon, n'être rien d'autre que l'hérésie la plus vile qui rabaissait Jésus, leur Dieu, au rang d'humain.
Déformées par la distance et les intentions, les récents accords entre les "Catholiques" illythes et "nazaliens" et le pouvoir de Gighida, qu'on accusait être tombé entre des mains différentes, donc illégitimes, de celles de l'Empereur fils de Salomon, étaient perçu comme une honte - c'est ce qu'enseignaient les Prêtres. Les plus instruits d'entre eux, les plus fins, voyaient surtout une autre menace : qu'à l'image de ce qui s'était passé il y a longtemps en Illythie, quand la monarchie avait changé de Foi, Gighida et ses nouveaux chefs ne finissent par saisir l'opportunité d'une conversion au catholicisme. L'Église d'Épibatie, dans ses hautes-sphères, dont Basile, le Patriarche, en était le chef spirituel, ne supportait pas cette menace, sinon la simple croissance de l'influence des Catholiques.
L'Église d'Épibatie était la colonne vertébrale culturelle du pays ; elle était sa bibliothèque, sa mémoire. Elle se souvenait du sort que les Latins avaient réservé aux Coptes, malgré leur aide dans la reconquête de la Nazalie contre les Musulmans. Une fois les positions commerciales tenues par les Croisés le long de la côte d'Algarbe-du-Nord, on avait brisé la promesse d'un soutien plus profond, et les Épibates et Illythes n'avaient plus reçu aucune aide dans leur lutte d'alors contre l'Islam, Cartagina prétextant à cette époque ne pas avoir les moyens de réunir assez de Cités chrétiennes d'Algarbe du Nord pour repousser plus avant les tribus berbères islamiques, ou s'opposer aux flottes des différentes dynasties arabes dans le Détroit de Degirba et la Mer d'Algarbe intérieure.
L'Église d'Épibatie n'avait donc plus confiance en le pouvoir de Gighida. Elle ne voulait pas des Catholiques et des Lébiriens en Épibatie, comme elle ne voulait pas des Illythes, des Amarantins, des autres peuples étrangers ni encore des sauvages de la forêt, contre lesquels elle encourageait la colonisation intérieure de la jungle. Elle était prête à galvaniser les âmes pour se défendre, et à aller très loin pour cela.
[right]Région de l'Ordano, cours de l'Ibbabi[/right]
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Jésus-Christ, toi qui es Dieu, protège-nous, délivre-nous... !
Les processions se répétaient depuis des semaines en Épibatie centrale, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=345229#p345229]sous l'impulsion du Pape épibate Abuna Basile[/url]. Ses relais, au sein du clergé copte, répandaient les exigences de l'Église : elles étaient au soulèvement des âmes contre la menace que représentait l'affaissement de l'autorité impériale, aussi bien matériellement qu'éthiquement. Il n'avait pas échappé à la très importante Église d'Épibatie, orthodoxe, que le pouvoir de Gighida avait su se ré-armer lorsqu'il s'était agi de récupérer la maitrise de gisements miniers importants, et qu'il lui restait donc bien plus d'énergie qu'il ne le laissait entrevoir à une population laissée à elle-même. Pourquoi ne mettait-il pas cette énergie au nord, contre les "Catholiques" illythes ?
Les Épibates de ces régions ne connaissaient guère d'autres confessions, en dehors de la leur, que l'animisme, dont ils avaient pu vaguement entendre parlé concernant les sauvages habitant la forêt - mais qu'ils assimilaient pour beaucoup à de la magie noire et le fait de pouvoir communiquer entre bêtes -, et le catholicisme - qui leur paraissait, du moins après un bon sermon, n'être rien d'autre que l'hérésie la plus vile qui rabaissait Jésus, leur Dieu, au rang d'humain.
Déformées par la distance et les intentions, les récents accords entre les "Catholiques" illythes et "nazaliens" et le pouvoir de Gighida, qu'on accusait être tombé entre des mains différentes, donc illégitimes, de celles de l'Empereur fils de Salomon, étaient perçu comme une honte - c'est ce qu'enseignaient les Prêtres. Les plus instruits d'entre eux, les plus fins, voyaient surtout une autre menace : qu'à l'image de ce qui s'était passé il y a longtemps en Illythie, quand la monarchie avait changé de Foi, Gighida et ses nouveaux chefs ne finissent par saisir l'opportunité d'une conversion au catholicisme. L'Église d'Épibatie, dans ses hautes-sphères, dont Basile, le Patriarche, en était le chef spirituel, ne supportait pas cette menace, sinon la simple croissance de l'influence des Catholiques.
L'Église d'Épibatie était la colonne vertébrale culturelle du pays ; elle était sa bibliothèque, sa mémoire. Elle se souvenait du sort que les Latins avaient réservé aux Coptes, malgré leur aide dans la reconquête de la Nazalie contre les Musulmans. Une fois les positions commerciales tenues par les Croisés le long de la côte d'Algarbe-du-Nord, on avait brisé la promesse d'un soutien plus profond, et les Épibates et Illythes n'avaient plus reçu aucune aide dans leur lutte d'alors contre l'Islam, Cartagina prétextant à cette époque ne pas avoir les moyens de réunir assez de Cités chrétiennes d'Algarbe du Nord pour repousser plus avant les tribus berbères islamiques, ou s'opposer aux flottes des différentes dynasties arabes dans le Détroit de Degirba et la Mer d'Algarbe intérieure.
L'Église d'Épibatie n'avait donc plus confiance en le pouvoir de Gighida. Elle ne voulait pas des Catholiques et des Lébiriens en Épibatie, comme elle ne voulait pas des Illythes, des Amarantins, des autres peuples étrangers ni encore des sauvages de la forêt, contre lesquels elle encourageait la colonisation intérieure de la jungle. Elle était prête à galvaniser les âmes pour se défendre, et à aller très loin pour cela.