Kroonika ja legendid
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/09//18090902562421391215884204.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/cscXSx-H6bQ]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Relations glaciales (1)
[justify]Astrid, mu kallis,
Voilà plus d'un mois que nous avons pris la mer en direction du grand nord, et comme tu le sais, nous avons après plusieurs jours de navigations enfin atteint les côtes du continent polaire septentrional. Le bateau a su faire son travail sans trop de problème, et nous n'avons à ce jour pas constaté de défaillance technique, ni dans ses moteurs, ni dans sa coque blindée; nous pouvons donc sereinement continuer notre voyage.
Nous longeons désormais les côtes vers l'est, en direction des confins de la mer des Crabes et du passage Arctique qui devrait nous mener jusqu'au Valge Poolsaar, le point le plus oriental de notre expédition. De là, comme tu le sais, je dois partir pour une longue expédition qui devrait me mener moi et mes compagnons jusqu'au Pôle Nord, avant de repartir ensuite plein sud, dans l'axe des Bouches de l'Estuaire. Si Dieu le veut, je devrais pouvoir te revoir d'ici quelques semaines, trois ou quatre mois tout au plus.
La vie à bord est dure. Depuis que nous avons quitté les Valvatides, nous n'avons plus vu le soleil puisque nous nous sommes enfoncés dans la nuit polaire. Le bateau fait souvent des escales afin que les scientifiques, géologues, biologistes et ornithologues en particulier puissent se rendre à terre afin de faire leurs analyses. Je les y accompagne parfois afin de les aider à transporter leur matériel, mais reste le plus souvent à bord, trompant le temps en jouant aux cartes avec des camarades, ou en t'écrivant. Nous n'avons pas toujours internet ici, tout dépend du positionnement des satellites là haut, dans le ciel; alors je ne sais pas quand tu recevras mon e-mail. Mais à propos de ciel, je dois te dire que le spectacle ici est particulièrement splendide. J'ai la chance de pouvoir admirer des aurores boréales de toute beauté, même si je regrette de ne pouvoir les contempler en ta compagnie, et en compagnie de nos enfants. Lorsque je serai rentré, il faudra impérativement que nous partions tous ensemble en expédition dans le nord du Külmutatud, je sais que tu as très envie d'y aller.
Je t'embrasse, le temps que l'on peut passer sur un ordinateur ici est compté. Je t'embrasse très fort. Embrasse les enfants pour moi, dis leur que je pense très fort à eux. Je pense à vous, tout le temps.
Ton Ahto qui t'aime.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/09//18090902563221391215884205.jpg[/img][/center]
[url=https://youtu.be/cscXSx-H6bQ]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Relations glaciales (1)
[justify]Astrid, mu kallis,
Voilà plus d'un mois que nous avons pris la mer en direction du grand nord, et comme tu le sais, nous avons après plusieurs jours de navigations enfin atteint les côtes du continent polaire septentrional. Le bateau a su faire son travail sans trop de problème, et nous n'avons à ce jour pas constaté de défaillance technique, ni dans ses moteurs, ni dans sa coque blindée; nous pouvons donc sereinement continuer notre voyage.
Nous longeons désormais les côtes vers l'est, en direction des confins de la mer des Crabes et du passage Arctique qui devrait nous mener jusqu'au Valge Poolsaar, le point le plus oriental de notre expédition. De là, comme tu le sais, je dois partir pour une longue expédition qui devrait me mener moi et mes compagnons jusqu'au Pôle Nord, avant de repartir ensuite plein sud, dans l'axe des Bouches de l'Estuaire. Si Dieu le veut, je devrais pouvoir te revoir d'ici quelques semaines, trois ou quatre mois tout au plus.
La vie à bord est dure. Depuis que nous avons quitté les Valvatides, nous n'avons plus vu le soleil puisque nous nous sommes enfoncés dans la nuit polaire. Le bateau fait souvent des escales afin que les scientifiques, géologues, biologistes et ornithologues en particulier puissent se rendre à terre afin de faire leurs analyses. Je les y accompagne parfois afin de les aider à transporter leur matériel, mais reste le plus souvent à bord, trompant le temps en jouant aux cartes avec des camarades, ou en t'écrivant. Nous n'avons pas toujours internet ici, tout dépend du positionnement des satellites là haut, dans le ciel; alors je ne sais pas quand tu recevras mon e-mail. Mais à propos de ciel, je dois te dire que le spectacle ici est particulièrement splendide. J'ai la chance de pouvoir admirer des aurores boréales de toute beauté, même si je regrette de ne pouvoir les contempler en ta compagnie, et en compagnie de nos enfants. Lorsque je serai rentré, il faudra impérativement que nous partions tous ensemble en expédition dans le nord du Külmutatud, je sais que tu as très envie d'y aller.
Je t'embrasse, le temps que l'on peut passer sur un ordinateur ici est compté. Je t'embrasse très fort. Embrasse les enfants pour moi, dis leur que je pense très fort à eux. Je pense à vous, tout le temps.
Ton Ahto qui t'aime.[/justify]
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Yul
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[url=https://youtu.be/HOmzFUYez3I]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Relations glaciales (2)
[justify]Astrid, mu kallis,
Aujourd'hui, on a enfin vu le soleil! Ce sont des sensations extraordinaires, lorsque l'on a plus vu la lumière du jour depuis plusieurs semaines, on profite du moindre rayon qui vient caresser son visage. Au début il était timide, l'aube polaire, c'est une chose vraiment très particulière, les lumière dans laquelle on baigne est d'un genre de bleu glacial, c'est en même temps magnifique, et en même temps assez angoissant. Je plains celles et ceux qui vivent sur le continent polaire, ou même au Kulmutatud! Le soleil n'est pas resté très longtemps, mais suffisamment pour que, lorsqu'il était à son zénith, nous puissions repérer une chose très étrange en pleine mer. Car oui! Nous avons du faire route vers le sud-est et quitter les côtes du continent car des icebergs flottaient dans la région, et nous avons préféré ne pas prendre le moindre risque. Pour tout te dire, je lis les journaux, et je vois bien que l'opinion s'inquiète des quantités de plastique présentent dans la mer. Mais ce n'est pas la seule menace qui rôde ici, loin de là. Le réchauffement climatique a des effets désastreux en zone polaire, et des pans entiers des glaciers qui bordent la côte s'effritent puis s'effondrent, provocant des vagues très dangereuses, et des icebergs. Mais il n'y a pas que ça! Aujourd'hui donc, en mer, nous avons eu la surprise de voir un ours! Un ours blanc, perdu, au beau milieu des eaux!
Le réchauffement de l'air et de l'eau réchauffe la glace et la fait s'effriter. Lorsque elle est verticale, ça cause les effondrements dont je t'ai parlé, mais lorsque la glace est présente sous forme de banquise, des animaux la parcourent, c'est un véritable écosystème! Des phoques nagent sous les glaces et remontent dans des trous pour respirer, des ours polaires viennent parfois les y attendre afin de les attraper. C'est sans doute ce que cette pauvre bête tentait de faire. Sauf qu'il arrive que la banquise craque, et que des plaques partent à la dérive, comme des icebergs. Tu devineras alors ce qu'il s'est passé, l'ours s'est retrouvé coincé, incapable de retourner vers la terre ferme ou une partie de la banquise plus solide. La bête que l'on a trouvée était épuisée, elle se tenait en équilibre sur ce qu'il lui restait de glace. Heureusement pour elle que nous passions par là, et que le soleil nous a permis de la voir!
On a donc lancé une opération de sauvetage. C'était très compliqué, si nous l'endormions, l'ours risquait de tomber à l'eau et de se noyer. Si nous tentions de l'attraper, il risquait de se défendre. Nous avons tout de même choisi la seconde solution. Nous avons mis des canots à l'eau et nous sommes approchés, de sorte à l'entourer. Puis, nous avons tâché de lui passer un collet autour du cou, la pauvre bête a cherché à résister un peu, mais trop épuisée, a fini par se laisser faire. Une fois que nous l'avions harnachée, nous l'avons endormie à l'aide d'un sédatif. Comme nous le craignions, l'ours est tombé à la renverse, mais nous avons pu le rattraper et le hisser dans un canot. Sacré bestiole, elle pèse son poids!
Nous l'avons ramenée sur le bateau, et avons profité de son sommeil pour prélever un peu de son sang à des fins d'analyses, et l'avons pucée; nous pourrons ainsi suivre ses déplacements grâce aux GPS, nous espérons apprendre beaucoup de chose sur son mode de vie ainsi. Et puis nous avons ramené l'ours jusqu'à la côte, et l'avons relâché. Nous avons veillé de loin à ce qu'il ne lui arrive rien pendant qu'il était endormi; il a fini par se réveiller et est parti.
Voilà, je vais bien, ne t'en fais pas. Nous sommes retournés vers le nord, il fait à nouveau nuit. J'ai tout de même hâte de revoir le soleil un peu plus longtemps, mais je sais que ce sera bientôt le cas.
Vous me manquez toi et les enfants, j'ai tout autant hâte de vous revoir!
Ton Ahto qui t'aime.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/12//18091209472421391215889946.jpg[/img][/center]
[url=https://youtu.be/HOmzFUYez3I]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Relations glaciales (2)
[justify]Astrid, mu kallis,
Aujourd'hui, on a enfin vu le soleil! Ce sont des sensations extraordinaires, lorsque l'on a plus vu la lumière du jour depuis plusieurs semaines, on profite du moindre rayon qui vient caresser son visage. Au début il était timide, l'aube polaire, c'est une chose vraiment très particulière, les lumière dans laquelle on baigne est d'un genre de bleu glacial, c'est en même temps magnifique, et en même temps assez angoissant. Je plains celles et ceux qui vivent sur le continent polaire, ou même au Kulmutatud! Le soleil n'est pas resté très longtemps, mais suffisamment pour que, lorsqu'il était à son zénith, nous puissions repérer une chose très étrange en pleine mer. Car oui! Nous avons du faire route vers le sud-est et quitter les côtes du continent car des icebergs flottaient dans la région, et nous avons préféré ne pas prendre le moindre risque. Pour tout te dire, je lis les journaux, et je vois bien que l'opinion s'inquiète des quantités de plastique présentent dans la mer. Mais ce n'est pas la seule menace qui rôde ici, loin de là. Le réchauffement climatique a des effets désastreux en zone polaire, et des pans entiers des glaciers qui bordent la côte s'effritent puis s'effondrent, provocant des vagues très dangereuses, et des icebergs. Mais il n'y a pas que ça! Aujourd'hui donc, en mer, nous avons eu la surprise de voir un ours! Un ours blanc, perdu, au beau milieu des eaux!
Le réchauffement de l'air et de l'eau réchauffe la glace et la fait s'effriter. Lorsque elle est verticale, ça cause les effondrements dont je t'ai parlé, mais lorsque la glace est présente sous forme de banquise, des animaux la parcourent, c'est un véritable écosystème! Des phoques nagent sous les glaces et remontent dans des trous pour respirer, des ours polaires viennent parfois les y attendre afin de les attraper. C'est sans doute ce que cette pauvre bête tentait de faire. Sauf qu'il arrive que la banquise craque, et que des plaques partent à la dérive, comme des icebergs. Tu devineras alors ce qu'il s'est passé, l'ours s'est retrouvé coincé, incapable de retourner vers la terre ferme ou une partie de la banquise plus solide. La bête que l'on a trouvée était épuisée, elle se tenait en équilibre sur ce qu'il lui restait de glace. Heureusement pour elle que nous passions par là, et que le soleil nous a permis de la voir!
On a donc lancé une opération de sauvetage. C'était très compliqué, si nous l'endormions, l'ours risquait de tomber à l'eau et de se noyer. Si nous tentions de l'attraper, il risquait de se défendre. Nous avons tout de même choisi la seconde solution. Nous avons mis des canots à l'eau et nous sommes approchés, de sorte à l'entourer. Puis, nous avons tâché de lui passer un collet autour du cou, la pauvre bête a cherché à résister un peu, mais trop épuisée, a fini par se laisser faire. Une fois que nous l'avions harnachée, nous l'avons endormie à l'aide d'un sédatif. Comme nous le craignions, l'ours est tombé à la renverse, mais nous avons pu le rattraper et le hisser dans un canot. Sacré bestiole, elle pèse son poids!
Nous l'avons ramenée sur le bateau, et avons profité de son sommeil pour prélever un peu de son sang à des fins d'analyses, et l'avons pucée; nous pourrons ainsi suivre ses déplacements grâce aux GPS, nous espérons apprendre beaucoup de chose sur son mode de vie ainsi. Et puis nous avons ramené l'ours jusqu'à la côte, et l'avons relâché. Nous avons veillé de loin à ce qu'il ne lui arrive rien pendant qu'il était endormi; il a fini par se réveiller et est parti.
Voilà, je vais bien, ne t'en fais pas. Nous sommes retournés vers le nord, il fait à nouveau nuit. J'ai tout de même hâte de revoir le soleil un peu plus longtemps, mais je sais que ce sera bientôt le cas.
Vous me manquez toi et les enfants, j'ai tout autant hâte de vous revoir!
Ton Ahto qui t'aime.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/12//18091209472421391215889946.jpg[/img][/center]
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/12//18091210345521391215889963.gif[/img]
[url=https://youtu.be/Bgg8r5AA920]Ambiance musicale[/url][/right]
~ La passe
[justify]Vingt-deux heures, un soir d'hiver. Le ciel était sombre, la lune pourtant pleine, était cachée par des nuages qui plongeaient les bords du lac Sengien dans les ténèbres. Branislaŭ et sa famille, ses deux filles, son fils, sa femme et sa belle-mère attendaient sur les berges obscures du lac le signal convenu. Ils avaient décidé de fuir leur pays et de rejoindre les rivages qui se tenaient en face d'eux, au nord-ouest, le Royaume des Valvatides. Les Valvatides... rien qu'en repensant à ce nom, une douce chaleur embrassait Branislaŭ. Les Valvatides, c'était l'espoir, l'espoir d'une vie nouvelle, l'espoir d'une vie merveilleuse; l'espoir de la vie tout court, en opposition à la mort qui régnait un peu partout dans le Votyakskiy.
Vingt-deux heures, l'heure du rendez-vous. Un marin et son mousse devaient venir chercher Branislaŭ et sa famille en ce lie précis et les embarquer pour la traversée. "Il faut voyager de nuit" avait-il dit, "dans le noir", afin d'éviter les gardes côtes. "Car les gardes côtes, ils pardonnent pas" avait ajouté le marin. Alors Branislaŭ avait convenu avec lui d'un rendez-vous pour ce soir, le père de famille avait payé fort chère le passeur, et y avait mis quasiment toutes ses économies. Mais il s'en fichait. Il s'en fichait car il savait que les Valvatides lui tendraient les bras, que les Valvates sont accueillants, ne l'ont-ils pas prouvé en laissant entrer des juifs et des Aminiens ces derniers mois? La nouvelle avait fait grand bruit au Votyakskiy, et de plus en plus de pères de famille réfléchissaient à tenter la traversée. C'était, au fond, une question de vie ou de mort.
De vie, de mort, là aussi était la question ce soir là. Branislaŭ avait été bien prévenu. Les candidats à la traversée et les passeurs sont hors la loi, on ne fuit pas le pays, on ne peut pas. Les militaires soumis à la Princesse tiraient sans somation.
Puis, vers 22h45, une pâle lueur apparu non loin de Branislaŭ et des siens. Un canot venait droit vers eux au bord duquel l'homme finit par reconnaître le passeur.[/justify]
[quote]- Plus tard les présentations. Au fond, je ne préfère pas savoir. Nous devons agir vite, embarquez, nous partons tout de suite.[/quote]
[justify]Branislaŭ n'eût pas à se faire prier. Tout de suite, il demanda aux membres de sa famille d'embarquer sur le canot. Il ne fallut pas beaucoup de temps à celui-ci pour se rendre jusqu'à la bisquine qui mouillait non loin de là, cachée dans l'obscurité.
Le temps était calme, le vent, bon, pas trop fort, des conditions finalement idéale pour une telle traversée. Le navigateur donna l'ordre à son matelot de border les voiles tandis qu'il se plaçait à la barre, et, en silence, le petit voilier commença à fendre les flots.[/justify]
[quote]- Les femmes et les enfants en cabine. Vous, dzhentl'men, vous restez sur le pont pour aider aux manœuvres. Faites ce que je vous dis quand je vous le dis, et tout se passera bien.[/quote]
[justify]Très vite, les rivages du lac disparurent dans les ténèbres, tandis que le bateau partait nord-nord-ouest, bénéficiant d'un vent de travers. La bisquine voguait bien sur les eaux calmes du lac, et le passeur affichait un sourire satisfait.
Tout se passait pour le mieux, le bateau avalait les miles nautiques depuis une bonne demi-heure, affichant une bonne moyenne. Soudain, le passeur fit remonter le bateau contre le vent, l'arrêtant net.[/justify]
[quote]- Que se passe-t-il?[/quote]
[quote]- On affale les voiles, vite![/quote]
[justify]A l'horizon, une lumière apparu. Elle semblait se rapprocher du petit voilier. Dans le même temps, vers le sud, le ciel semblait se dégager, laissant apparaître la lune dont les rayons commençaient à se refléter sur la mer.[/justify]
[quote]- Sans les voiles, nous avons une chance de passer inaperçus. Espérons qu'ils ne nous remarquent pas. Silence, tous, et restez baissés à bâbord.[/quote]
[justify]Le passeur entra dans la cabine afin de donner de demander aux autres passagers d'aller du côté bâbord du bateau. Puis il remonta avec les deux femmes et ordonna le plus silencieusement possible à tout le monde de se pencher au dessus de l'eau. Petit à petit, celui-ci commença à gîter. La manœuvre était simple, il fallait pencher au maximum les mats pour que le bateau soit le plus possible au raz des eaux du lac. Branislaŭ resta ainsi, penché de tout son poids à bâbord au dessus de l'eau. Au loin, il vit la lumière passer, puis commencer à s'éloigner.[/justify]
[quote]- Ils sont passés sans nous voir. Hissons les voiles et repartons d'ici au plus vite.[/quote]
[justify]La lumière s'éloignait de plus en plus en direction de l'horizon. Les hommes bordèrent les voiles, lorsque tout à coup, l'une des filles de Branislaŭ sortit de la cabine, une chandelle à la main.[/justify]
[quote]- Éteint cette bougie malheureuse![/quote]
[justify]Au loin, la lumière s'était arrêtée. Elle ne bougeait plus. Puis, elle repartit, rapidement, fonçant même, vers le bateau.[/justify]
[quote]- Der'mo! Ils nous ont vu! Fuyons![/quote]
[justify]Le passeur empanna puis plaça son bateau de sorte qu'il prenne le vent en poupe. Dans le ciel, les nuages s'écartaient de plus en plus, laissant apparaître la lune qui éclairait maintenant presque pleinement les eaux du lac. La bisquine fendait désormais l'eau, allant aussi vite que le vent le lui permettait. Mais derrière elle, la lumière se rapprochait toujours plus, irrésistiblement attirée par le petit voilier.
On entendit soudain une détonation, puis une seconde. Des gerbes d'eau éclaboussèrent Branislaŭ. Puis, une troisième détonation avant que tout ne devienne néant. La bisquine sombrait corps et biens, déchiquetée par un obus avec ses passagers.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/12//18091210350421391215889966.jpg[/img][/center]
[url=https://youtu.be/Bgg8r5AA920]Ambiance musicale[/url][/right]
~ La passe
[justify]Vingt-deux heures, un soir d'hiver. Le ciel était sombre, la lune pourtant pleine, était cachée par des nuages qui plongeaient les bords du lac Sengien dans les ténèbres. Branislaŭ et sa famille, ses deux filles, son fils, sa femme et sa belle-mère attendaient sur les berges obscures du lac le signal convenu. Ils avaient décidé de fuir leur pays et de rejoindre les rivages qui se tenaient en face d'eux, au nord-ouest, le Royaume des Valvatides. Les Valvatides... rien qu'en repensant à ce nom, une douce chaleur embrassait Branislaŭ. Les Valvatides, c'était l'espoir, l'espoir d'une vie nouvelle, l'espoir d'une vie merveilleuse; l'espoir de la vie tout court, en opposition à la mort qui régnait un peu partout dans le Votyakskiy.
Vingt-deux heures, l'heure du rendez-vous. Un marin et son mousse devaient venir chercher Branislaŭ et sa famille en ce lie précis et les embarquer pour la traversée. "Il faut voyager de nuit" avait-il dit, "dans le noir", afin d'éviter les gardes côtes. "Car les gardes côtes, ils pardonnent pas" avait ajouté le marin. Alors Branislaŭ avait convenu avec lui d'un rendez-vous pour ce soir, le père de famille avait payé fort chère le passeur, et y avait mis quasiment toutes ses économies. Mais il s'en fichait. Il s'en fichait car il savait que les Valvatides lui tendraient les bras, que les Valvates sont accueillants, ne l'ont-ils pas prouvé en laissant entrer des juifs et des Aminiens ces derniers mois? La nouvelle avait fait grand bruit au Votyakskiy, et de plus en plus de pères de famille réfléchissaient à tenter la traversée. C'était, au fond, une question de vie ou de mort.
De vie, de mort, là aussi était la question ce soir là. Branislaŭ avait été bien prévenu. Les candidats à la traversée et les passeurs sont hors la loi, on ne fuit pas le pays, on ne peut pas. Les militaires soumis à la Princesse tiraient sans somation.
Puis, vers 22h45, une pâle lueur apparu non loin de Branislaŭ et des siens. Un canot venait droit vers eux au bord duquel l'homme finit par reconnaître le passeur.[/justify]
[quote]- Plus tard les présentations. Au fond, je ne préfère pas savoir. Nous devons agir vite, embarquez, nous partons tout de suite.[/quote]
[justify]Branislaŭ n'eût pas à se faire prier. Tout de suite, il demanda aux membres de sa famille d'embarquer sur le canot. Il ne fallut pas beaucoup de temps à celui-ci pour se rendre jusqu'à la bisquine qui mouillait non loin de là, cachée dans l'obscurité.
Le temps était calme, le vent, bon, pas trop fort, des conditions finalement idéale pour une telle traversée. Le navigateur donna l'ordre à son matelot de border les voiles tandis qu'il se plaçait à la barre, et, en silence, le petit voilier commença à fendre les flots.[/justify]
[quote]- Les femmes et les enfants en cabine. Vous, dzhentl'men, vous restez sur le pont pour aider aux manœuvres. Faites ce que je vous dis quand je vous le dis, et tout se passera bien.[/quote]
[justify]Très vite, les rivages du lac disparurent dans les ténèbres, tandis que le bateau partait nord-nord-ouest, bénéficiant d'un vent de travers. La bisquine voguait bien sur les eaux calmes du lac, et le passeur affichait un sourire satisfait.
Tout se passait pour le mieux, le bateau avalait les miles nautiques depuis une bonne demi-heure, affichant une bonne moyenne. Soudain, le passeur fit remonter le bateau contre le vent, l'arrêtant net.[/justify]
[quote]- Que se passe-t-il?[/quote]
[quote]- On affale les voiles, vite![/quote]
[justify]A l'horizon, une lumière apparu. Elle semblait se rapprocher du petit voilier. Dans le même temps, vers le sud, le ciel semblait se dégager, laissant apparaître la lune dont les rayons commençaient à se refléter sur la mer.[/justify]
[quote]- Sans les voiles, nous avons une chance de passer inaperçus. Espérons qu'ils ne nous remarquent pas. Silence, tous, et restez baissés à bâbord.[/quote]
[justify]Le passeur entra dans la cabine afin de donner de demander aux autres passagers d'aller du côté bâbord du bateau. Puis il remonta avec les deux femmes et ordonna le plus silencieusement possible à tout le monde de se pencher au dessus de l'eau. Petit à petit, celui-ci commença à gîter. La manœuvre était simple, il fallait pencher au maximum les mats pour que le bateau soit le plus possible au raz des eaux du lac. Branislaŭ resta ainsi, penché de tout son poids à bâbord au dessus de l'eau. Au loin, il vit la lumière passer, puis commencer à s'éloigner.[/justify]
[quote]- Ils sont passés sans nous voir. Hissons les voiles et repartons d'ici au plus vite.[/quote]
[justify]La lumière s'éloignait de plus en plus en direction de l'horizon. Les hommes bordèrent les voiles, lorsque tout à coup, l'une des filles de Branislaŭ sortit de la cabine, une chandelle à la main.[/justify]
[quote]- Éteint cette bougie malheureuse![/quote]
[justify]Au loin, la lumière s'était arrêtée. Elle ne bougeait plus. Puis, elle repartit, rapidement, fonçant même, vers le bateau.[/justify]
[quote]- Der'mo! Ils nous ont vu! Fuyons![/quote]
[justify]Le passeur empanna puis plaça son bateau de sorte qu'il prenne le vent en poupe. Dans le ciel, les nuages s'écartaient de plus en plus, laissant apparaître la lune qui éclairait maintenant presque pleinement les eaux du lac. La bisquine fendait désormais l'eau, allant aussi vite que le vent le lui permettait. Mais derrière elle, la lumière se rapprochait toujours plus, irrésistiblement attirée par le petit voilier.
On entendit soudain une détonation, puis une seconde. Des gerbes d'eau éclaboussèrent Branislaŭ. Puis, une troisième détonation avant que tout ne devienne néant. La bisquine sombrait corps et biens, déchiquetée par un obus avec ses passagers.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/12//18091210350421391215889966.jpg[/img][/center]
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/28//18092803195121391215914407.png[/img]
[url=https://youtu.be/6qEbFFZnsCU]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Courtisanes (2)
[spoiler="Contenu sexuel et sadique explicite"][justify]Encore une pénible nuit pour Sofia. Elle en était certaine. Les cloches du tserkov' svyatogo Charl'za sonnaient les 20h à tout rompre ce soir, et Sofia devait se hâter pour se rendre au palais de sa maîtresse. Bien qu'elle appréhendait sa soirée, elle était heureuse. Ce soir, on fêtait l'équinoxe, le renouveau printanier allait enfin arriver, et après lui, les beaux jours. L'hiver avait été rude, bon nombre des habitants d'Ostrov-Sengir avait soit périt de froid et de faim, soit traversé la partie du lac pour aller se réfugier sur les terres à Kluj, tant la situation était pénible dans la capitale Votyake. Pas Sofia. Elle était restée, bien que le reste de sa famille ait fait la traversée. Prisonnière de sa maîtresse, elle n'avait pu, et surtout voulu, s'en aller, de peur que la Princesse s'en prenne à elle et surtout à sa famille. Alors Sofia continuait à se soumettre, soir après soir, préférant gagner un peu d'argent en profitant des vices et de la folie de la Sengienne plutôt que de risquer de tout perdre, dont la vie. Sofia se rendait donc comme chaque soir vers le palais de sa maîtresse, et bien qu'elle appréhendait la soirée, elle était heureuse. Car elle le savait, lorsque le printemps revenait, sa maîtresse était plus joyeuse, et surtout, moins cruelle.
Traverser Ostrov-Sengir n'est pas chose facile à la fin de l'hiver, même à la fin mars. La neige est encore bien présente, quoi qu'avec le léger redoux, la neige commence à fondre, légèrement, lentement. Il faut donc patauger dans une sorte de mélange d'eau et de glace granuleuse, ce qui rend difficile la marche. Sofia avait donc prévu de partir tôt pour se rendre au palais, afin de ne surtout pas être en retard. Après une bonne demie-heure de marche dans la mélasse blanche et brunâtre, elle atteint enfin les grilles du Dvoretsŭt Sengir. Comme à son habitude, elle entra, traversa le parc, puis attendit qu'on vienne lui ouvrir au lieu de rendrez-vous habituel, après avoir fait teinté son carillon. Ce fut comme chaque soir le vieux bossu qui vint lui ouvrir. Il lui souriait.[/justify]
[quote]- Bonsoir Sofia. Elle t'attend, et elle semble heureuse. Elle te prépare une surprise ce soir.[/quote]
[justify]Le bossu était un brave homme, son sourire mit Sofia en confiance. Elle pénétra dans le château et se rendit à un petit escalier discret qu'elle monta, jusqu'au deuxième étage. Elle se tint ainsi sur le palier devant une petite porte, et fit tinter une petite cloche. Il fallut à peine deux minutes pour qu'on lui ouvrit. La Princesse se tenait là, souriante, vêtue d'une simple robe blanche en lin. Elle accueillit sa courtisane en l'embrassant.[/justify]
[quote]- Ma chérie. Ce soir, tu seras accompagnée. J'ai trouvé un nouveau jeu pour toi, et une nouvelle compagne![/quote]
[justify]Sofia n'était pas surprise. Elle avait l'habitude des jeux lesbiens de sa maîtresse, parfois brutaux, parfois tendre. Et souvent, des jeunes femmes, parfois trop pour la norme, participaient à de véritables orgies qui contentaient la Sengienne. Sofia s'avança à l'invitation de la Princesse jusque dans sa chambre, où attendait une jeune femme blonde dévêtue. Elle était maquillée à la mode Valvate, ce qui était inhabituel. Surtout, elle portait sur elle des bijoux de la princesse.[/justify]
[quote]- Ma chérie, je te présente Liisa. Liisa est une Valvate, elle est douée, très douée, et a un esprit brillant. Sais-tu qu'elle peux communiquer avec les morts? C'est une nécromancienne![/quote]
[justify]Sofia eut un instant d'hésitation. La jeune femme qui se tenait devant elle la regardait fixement, droit dans les yeux, son visage restait impassible, complètement neutre. Comment cette Valvate pouvait-elle une nécromancienne? La magie n'existait pas, et encore moins la nécromancie! Sofia se demandait ce que tout cela cachait.[/justify]
[quote]- Enchantée Liisa. Je m'appelle Sofia.[/quote]
[quote]- Vous serez toutes deux mes compagnes ce soir. Mais avant que nous ne passions au bain, je veux vous faire jouer à un jeu d'abord.[/quote]
[justify]La princesse tira sur une petite corde. Très vite, un valet se présenta à la porte de sa chambre.[/justify]
[quote]- Veuillez faire entrer![/quote]
[justify]Six jeunes filles entrèrent dans la chambre de la princesse. Elles semblaient perdues et apeurées et n'étaient vêtues que d'un simple voile blanc.[/justify]
[quote]- Mesdemoiselles, voici vos vierges. Vous savez ce que vous avez à faire. Prenez, et soyez créatives![/quote]
[justify]Sofia était horrifiée. La Sengienne montrait du doigt un lot de cordes, de lames et de bougies. Elle leur demandait de faire des jeux sado-masochistes sur les petites filles. Elle eut un instant de répulsion, puis se rendit compte que la Princesse montrait un léger signe d'agacement. La mort dans l'âme, elle se saisit de cordes et se dirigea vers trois jeunes vierges.
Liisa quant à elle ne broncha pas. Au contraire, on pouvait même distinguer un rictus de contentement, léger, se dessiner sur son visage. Elle n'hésita pas une seule seconde, et commença de son côté ses activités. Très vites, les jeunes victimes se mirent à pleurer. Il fallait les brûler à la cire, et les taillader. Les jeux durèrent près de deux heures. La Sengienne, allongée sur son lit, dirigeait les exercices. Sofia et Liisa n'avaient qu'à suivre ses directives. Il fallut à un moment installer les demoiselles dans le grand bain. Puis, la Sengienne donna une directive qui glaça Sofia.[/justify]
[quote]- Égorgez![/quote]
[justify]Cet ordre dépassait l'entendement. Jusque là, jamais la Sengienne n'avait organisé ce genre de séance, et encore moins demandé à ce que l'on ne tue qui que ce soit. Sofia la regarda, paralysée d'effroi. De son côté, Liisa n'hésita pas. Consciencieusement, elle égorgea les trois vierges dont elle s'occupait, et les laissa se vider de leur sang dans le large bain princier.[/justify]
[quote]- Sofia, égorge![/quote]
[quote]- N... non![/quote]
[quote]- Comment? Tu oses?[/quote]
[quote]- Je ne peux pas. C'est au dessus de mes forces, c'est trop cruel.[/quote]
[quote]- Liisa, occupe t'en.[/quote]
[justify]A nouveau, la Valvate fit sa besogne sans hésiter. Elle semblait maîtriser particulièrement bien l'exercice. L'eau de la baignoire était teintée de rouge, un rouge vif, un rouge sang.[/justify]
[quote]- Sofia, sort les corps de l'eau. Maintenant.[/quote]
[justify]Sofia était toujours horrifiée, paralysée par la scène à laquelle elle venait d'assister. La Princesse eut à répéter son ordre trois fois, hurlant de rage. Puis Sofia, en larme, s'occupa de sortir les corps du bain. La Princesse quant à elle se leva de son lit et se dévêtit. Elle ordonna à Sofia et Liisa de faire de même.[/justify]
[quote]- Sofia, donne moi ta lame.[/quote]
[justify]La courtisane, tremblante, s'exécuta. Elle tendit sa lame à la princesse.[/justify]
[quote]- Tu m'as déçue Sofia, vraiment.[/quote]
[justify]Sofia n'eut pas le temps d'émettre le moindre souffle. La Princesse venait d'enfoncer la lame dans sa poitrine, droit dans son cœur. La courtisane s'écroula morte.[/justify]
[quote]- Liisa, prenons ce bain. Viens avec moi.[/quote]
[justify]Les deux femmes entrèrent dans le grand bain. L'eau était chaude, le sang couvrir peu à peu leurs corps.[/justify]
[quote]- Ma chérie, tu es de bon conseil. Cette cure de jouvence va me faire le plus grand bien. Je sens déjà ma peau s’adoucir. Quelle bonne idée d'utiliser du sang de vierge comme cure. Donne moi le savon au lait d'ânesse, je vais te laver...[/quote][/spoiler]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/28//18092803200021391215914410.jpg[/img][/center]
[url=https://youtu.be/6qEbFFZnsCU]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Courtisanes (2)
[spoiler="Contenu sexuel et sadique explicite"][justify]Encore une pénible nuit pour Sofia. Elle en était certaine. Les cloches du tserkov' svyatogo Charl'za sonnaient les 20h à tout rompre ce soir, et Sofia devait se hâter pour se rendre au palais de sa maîtresse. Bien qu'elle appréhendait sa soirée, elle était heureuse. Ce soir, on fêtait l'équinoxe, le renouveau printanier allait enfin arriver, et après lui, les beaux jours. L'hiver avait été rude, bon nombre des habitants d'Ostrov-Sengir avait soit périt de froid et de faim, soit traversé la partie du lac pour aller se réfugier sur les terres à Kluj, tant la situation était pénible dans la capitale Votyake. Pas Sofia. Elle était restée, bien que le reste de sa famille ait fait la traversée. Prisonnière de sa maîtresse, elle n'avait pu, et surtout voulu, s'en aller, de peur que la Princesse s'en prenne à elle et surtout à sa famille. Alors Sofia continuait à se soumettre, soir après soir, préférant gagner un peu d'argent en profitant des vices et de la folie de la Sengienne plutôt que de risquer de tout perdre, dont la vie. Sofia se rendait donc comme chaque soir vers le palais de sa maîtresse, et bien qu'elle appréhendait la soirée, elle était heureuse. Car elle le savait, lorsque le printemps revenait, sa maîtresse était plus joyeuse, et surtout, moins cruelle.
Traverser Ostrov-Sengir n'est pas chose facile à la fin de l'hiver, même à la fin mars. La neige est encore bien présente, quoi qu'avec le léger redoux, la neige commence à fondre, légèrement, lentement. Il faut donc patauger dans une sorte de mélange d'eau et de glace granuleuse, ce qui rend difficile la marche. Sofia avait donc prévu de partir tôt pour se rendre au palais, afin de ne surtout pas être en retard. Après une bonne demie-heure de marche dans la mélasse blanche et brunâtre, elle atteint enfin les grilles du Dvoretsŭt Sengir. Comme à son habitude, elle entra, traversa le parc, puis attendit qu'on vienne lui ouvrir au lieu de rendrez-vous habituel, après avoir fait teinté son carillon. Ce fut comme chaque soir le vieux bossu qui vint lui ouvrir. Il lui souriait.[/justify]
[quote]- Bonsoir Sofia. Elle t'attend, et elle semble heureuse. Elle te prépare une surprise ce soir.[/quote]
[justify]Le bossu était un brave homme, son sourire mit Sofia en confiance. Elle pénétra dans le château et se rendit à un petit escalier discret qu'elle monta, jusqu'au deuxième étage. Elle se tint ainsi sur le palier devant une petite porte, et fit tinter une petite cloche. Il fallut à peine deux minutes pour qu'on lui ouvrit. La Princesse se tenait là, souriante, vêtue d'une simple robe blanche en lin. Elle accueillit sa courtisane en l'embrassant.[/justify]
[quote]- Ma chérie. Ce soir, tu seras accompagnée. J'ai trouvé un nouveau jeu pour toi, et une nouvelle compagne![/quote]
[justify]Sofia n'était pas surprise. Elle avait l'habitude des jeux lesbiens de sa maîtresse, parfois brutaux, parfois tendre. Et souvent, des jeunes femmes, parfois trop pour la norme, participaient à de véritables orgies qui contentaient la Sengienne. Sofia s'avança à l'invitation de la Princesse jusque dans sa chambre, où attendait une jeune femme blonde dévêtue. Elle était maquillée à la mode Valvate, ce qui était inhabituel. Surtout, elle portait sur elle des bijoux de la princesse.[/justify]
[quote]- Ma chérie, je te présente Liisa. Liisa est une Valvate, elle est douée, très douée, et a un esprit brillant. Sais-tu qu'elle peux communiquer avec les morts? C'est une nécromancienne![/quote]
[justify]Sofia eut un instant d'hésitation. La jeune femme qui se tenait devant elle la regardait fixement, droit dans les yeux, son visage restait impassible, complètement neutre. Comment cette Valvate pouvait-elle une nécromancienne? La magie n'existait pas, et encore moins la nécromancie! Sofia se demandait ce que tout cela cachait.[/justify]
[quote]- Enchantée Liisa. Je m'appelle Sofia.[/quote]
[quote]- Vous serez toutes deux mes compagnes ce soir. Mais avant que nous ne passions au bain, je veux vous faire jouer à un jeu d'abord.[/quote]
[justify]La princesse tira sur une petite corde. Très vite, un valet se présenta à la porte de sa chambre.[/justify]
[quote]- Veuillez faire entrer![/quote]
[justify]Six jeunes filles entrèrent dans la chambre de la princesse. Elles semblaient perdues et apeurées et n'étaient vêtues que d'un simple voile blanc.[/justify]
[quote]- Mesdemoiselles, voici vos vierges. Vous savez ce que vous avez à faire. Prenez, et soyez créatives![/quote]
[justify]Sofia était horrifiée. La Sengienne montrait du doigt un lot de cordes, de lames et de bougies. Elle leur demandait de faire des jeux sado-masochistes sur les petites filles. Elle eut un instant de répulsion, puis se rendit compte que la Princesse montrait un léger signe d'agacement. La mort dans l'âme, elle se saisit de cordes et se dirigea vers trois jeunes vierges.
Liisa quant à elle ne broncha pas. Au contraire, on pouvait même distinguer un rictus de contentement, léger, se dessiner sur son visage. Elle n'hésita pas une seule seconde, et commença de son côté ses activités. Très vites, les jeunes victimes se mirent à pleurer. Il fallait les brûler à la cire, et les taillader. Les jeux durèrent près de deux heures. La Sengienne, allongée sur son lit, dirigeait les exercices. Sofia et Liisa n'avaient qu'à suivre ses directives. Il fallut à un moment installer les demoiselles dans le grand bain. Puis, la Sengienne donna une directive qui glaça Sofia.[/justify]
[quote]- Égorgez![/quote]
[justify]Cet ordre dépassait l'entendement. Jusque là, jamais la Sengienne n'avait organisé ce genre de séance, et encore moins demandé à ce que l'on ne tue qui que ce soit. Sofia la regarda, paralysée d'effroi. De son côté, Liisa n'hésita pas. Consciencieusement, elle égorgea les trois vierges dont elle s'occupait, et les laissa se vider de leur sang dans le large bain princier.[/justify]
[quote]- Sofia, égorge![/quote]
[quote]- N... non![/quote]
[quote]- Comment? Tu oses?[/quote]
[quote]- Je ne peux pas. C'est au dessus de mes forces, c'est trop cruel.[/quote]
[quote]- Liisa, occupe t'en.[/quote]
[justify]A nouveau, la Valvate fit sa besogne sans hésiter. Elle semblait maîtriser particulièrement bien l'exercice. L'eau de la baignoire était teintée de rouge, un rouge vif, un rouge sang.[/justify]
[quote]- Sofia, sort les corps de l'eau. Maintenant.[/quote]
[justify]Sofia était toujours horrifiée, paralysée par la scène à laquelle elle venait d'assister. La Princesse eut à répéter son ordre trois fois, hurlant de rage. Puis Sofia, en larme, s'occupa de sortir les corps du bain. La Princesse quant à elle se leva de son lit et se dévêtit. Elle ordonna à Sofia et Liisa de faire de même.[/justify]
[quote]- Sofia, donne moi ta lame.[/quote]
[justify]La courtisane, tremblante, s'exécuta. Elle tendit sa lame à la princesse.[/justify]
[quote]- Tu m'as déçue Sofia, vraiment.[/quote]
[justify]Sofia n'eut pas le temps d'émettre le moindre souffle. La Princesse venait d'enfoncer la lame dans sa poitrine, droit dans son cœur. La courtisane s'écroula morte.[/justify]
[quote]- Liisa, prenons ce bain. Viens avec moi.[/quote]
[justify]Les deux femmes entrèrent dans le grand bain. L'eau était chaude, le sang couvrir peu à peu leurs corps.[/justify]
[quote]- Ma chérie, tu es de bon conseil. Cette cure de jouvence va me faire le plus grand bien. Je sens déjà ma peau s’adoucir. Quelle bonne idée d'utiliser du sang de vierge comme cure. Donne moi le savon au lait d'ânesse, je vais te laver...[/quote][/spoiler]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/28//18092803200021391215914410.jpg[/img][/center]
-
Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/29//18092902521521391215915730.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/RIuhEm5jdkw]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Germinal (1)
[justify]L'hiver a particulièrement été meurtrier au Votyakskiy. Le froid, la faim et la brutalité sauvage des sbires de la princesse Irina Lyobomirova Sengiryakova font parti des causes, pour beaucoup, de la tragédie permanente que connaissent les Votyaks chaque hiver. A Kluj en particulier, plus grande ville du pays qui fait face à l'Ostrov Sengir, la situation est désespérée. La population est affamée, ça et là dans les ruelles des faubourgs de la ville, on peut croiser, à moitié ensevelis sous la neige des cadavres côtoyant des sans-abris, pas loin eux aussi de rendre l'âme. Dans les rues, les corps mutilés de ceux qui ont été exécutés par la Militsiya pendent à des cordes accrochées aux murs fissurés des vieilles maisons délabrées. C'est dans ce contexte que des opposants au régime se sont donnés rendez-vous dans une cave, un rendez-vous clandestin qui les mèneraient tous, si ils étaient découverts, directement à la potence, ou pire, à la torture.
A l'initiative de cette rencontre, un jeune chef d'une faction communiste, Zlatan Danailov Gavrilov, attend ses convives. L'homme a décidé de réunir ce soir là les communistes et les socialistes, ainsi que les principaux chefs de factions ou d'associations de la ville. Il a, dit-il, un plan à proposer qui permettrait, il l'espère, de changer radicalement la face de la Principauté. Alors tous sont venus, un par un, au compte goutte. Zlatan en attendant ses invités prend le temps de les saluer, de s'informer de la situation des uns et des autres, dans Kluj, comme au dehors. Et lorsque enfin tout le monde est réuni, après avoir partagé quelques miches de pains bouillis dans du fromage, un peu de vin et du lapin, le révolutionnaire se décide à prendre la parole.[/justify]
[center]La liberté du peuple, par le peuple.[/center]
[justify]On entend alors des grognements, quelques gémissements même. Tous ne sont pas partant pour lancer une nouvelle manifestation. On le sait bien, la Milisiya tire dans les foules réunies sans se poser de questions. Et Zlatan le sait. Il l'admet. Il y aura des morts, c'est certain. Mais Il leur expose quand même son plan.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/29//18092902522321391215915731.jpg[/img][/center]
[url=https://youtu.be/RIuhEm5jdkw]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Germinal (1)
[justify]L'hiver a particulièrement été meurtrier au Votyakskiy. Le froid, la faim et la brutalité sauvage des sbires de la princesse Irina Lyobomirova Sengiryakova font parti des causes, pour beaucoup, de la tragédie permanente que connaissent les Votyaks chaque hiver. A Kluj en particulier, plus grande ville du pays qui fait face à l'Ostrov Sengir, la situation est désespérée. La population est affamée, ça et là dans les ruelles des faubourgs de la ville, on peut croiser, à moitié ensevelis sous la neige des cadavres côtoyant des sans-abris, pas loin eux aussi de rendre l'âme. Dans les rues, les corps mutilés de ceux qui ont été exécutés par la Militsiya pendent à des cordes accrochées aux murs fissurés des vieilles maisons délabrées. C'est dans ce contexte que des opposants au régime se sont donnés rendez-vous dans une cave, un rendez-vous clandestin qui les mèneraient tous, si ils étaient découverts, directement à la potence, ou pire, à la torture.
A l'initiative de cette rencontre, un jeune chef d'une faction communiste, Zlatan Danailov Gavrilov, attend ses convives. L'homme a décidé de réunir ce soir là les communistes et les socialistes, ainsi que les principaux chefs de factions ou d'associations de la ville. Il a, dit-il, un plan à proposer qui permettrait, il l'espère, de changer radicalement la face de la Principauté. Alors tous sont venus, un par un, au compte goutte. Zlatan en attendant ses invités prend le temps de les saluer, de s'informer de la situation des uns et des autres, dans Kluj, comme au dehors. Et lorsque enfin tout le monde est réuni, après avoir partagé quelques miches de pains bouillis dans du fromage, un peu de vin et du lapin, le révolutionnaire se décide à prendre la parole.[/justify]
[center]La liberté du peuple, par le peuple.[/center]
[justify]On entend alors des grognements, quelques gémissements même. Tous ne sont pas partant pour lancer une nouvelle manifestation. On le sait bien, la Milisiya tire dans les foules réunies sans se poser de questions. Et Zlatan le sait. Il l'admet. Il y aura des morts, c'est certain. Mais Il leur expose quand même son plan.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/29//18092902522321391215915731.jpg[/img][/center]
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/29//18092911151821391215917055.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/-euwknf4F3s]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Germinal (2)
[justify]Un jour de la fin mars 2037. Alors que la neige a laissé place à des flaques d'eaux boueuses à moitié glacées, que les arbres noircis par le froid hivernal laissent apparaître ça et là des bourgeons encore timides et que le ciel est d'un gris lourd de nuages, une rumeur, d'abord diffuse mais persistante se transforme peu à peu en clameur. Aux abords de Kluj, nombreux sont celles et ceux qui se sont rassemblés pour une grande manifestation. On demande finalement peu de choses, mais tant. Les uns veulent de quoi se nourrir, les autres de quoi se chauffer, certains demandent que les exécutions sommaires cessent quand d'autres, plus radicaux encore, exigent un changement de régime pour gouverner le Votyakskiy. Une foule immense, pour les références de cette petite principauté du Natolique, une foule porteuse d'une nuée de drapeaux rouges et roses fait son entrée dans les faubourgs de la plus grande ville du pays. Marqué par le bruit des tambours et des cris véhéments de la foule, l'ambiance dans les rues de Kluj semble peu à peu réchauffer le froid glacial qui règne encore dans la ville. La foule marche, sûre d'elle, en direction du centre, là où les nobles et les maîtres du pays tiennent leurs locaux. Une file qu'on pourrait croire sans fin s'étire ainsi le long des boulevards menant en centre ville, avant de s'arrêter, nette, face à un autre groupe qui l'attend déjà, les armes à la main. Les milices Sengiennes sont elles aussi là, bien présentes, prêtes à faire leur devoir, à suivre les ordres d'une noblesse bien trop dérangée par la grogne populaire. L'ambiance qui quelques instants avant était si chaude se refroidit tout à coup. Les clameurs et les instruments ont tirés leurs révérences, et laissé place au silence. Un silence pognant, de mort, annonciateur du drame qui va bientôt se jouer.
Un homme à cheval, trottant de long en large à l'arrière des troupes princières harangue ses hommes. Les femmes et les hommes qui sont dans les premiers groupes de manifestants n'ont aucun mal à comprendre ce qu'il ordonne. Bientôt, les milices vont se positionner, prêts à tirer. Bientôt, les partisans vont tomber. Et comme chacun s'y attendait, sans sommation, l'ordre de tirer est donnée. Une symphonie de détonations se fait alors entendre, un nuage de fumée s'élève dans l'avenue depuis les soldats. De l'autre côté, les manifestants commencent à tomber, un à uns, en grappes, en groupes. Le sang déjà s'écoule depuis les rangs des grognards et vient rougir les caniveaux et les espaces laissés vides entre les pavés. Il y a des morts déjà, beaucoup, mais la foule, décidée, continue à présent d'avancer.
Une seconde salve se fait entendre, puis une troisième, une quatrième. Les femmes et les hommes, des enfants même, tombent comme des mouches. La foule reste tout de même solidaire, et cesse tout à coup d'avancer. On se regarde, droit dans les yeux. Seuls quelques mètres séparent les manifestants en colère des troupes régulières. Le silence est de nouveau revenu. On se jauge, on se juge. Quand soudain, une voix, celle d'une femme, déchire cet assourdissant silence.[/justify]
[quote]- Vladimir, mon fils! Tirerais-tu sur ta mère? Obéirais-tu à ce noble et m'assassinerais-tu?[/quote]
[justify]Une femme apparaît alors au devant de la foule, avançant vers celui qu'elle désigne. D'autres voix féminines se font elles aussi entendre.[/justify]
[quote]- Kryshtop mon frère, c'est moi, ta sœur, Laŭrela. Je t'en supplie, ne me tues pas![/quote]
[quote]- Budzimir, mon chéri, c'est moi Aleksandra. Je suis avec nos fils. S'il te plaît, ne nous tue pas![/quote]
[justify]Peu à peu, on voit de plus en plus de femmes et d'enfants sortir de la foule, aller au devant des soldats. Des femmes qui cherchent leurs fils, leurs frères et leurs maris. Des enfants qui cherchent leurs pères. A l'arrière, le chef de bataillon, ce noble juché sur son cheval, encourage ses troupes et leur ordonne à nouveau de faire feu. Mais les soldats hésitent. Eux doivent protéger le pays de ses ennemis. Ses ennemis sont-ils leurs propres mères, leurs propres sœurs, femmes et enfants? L'indécision règne dans les troupes, puis un premier soldat sort des rangs, et vient embrasser sa mère. Un second ensuite rejoint sa soeur, puis un troisième, sa femme et ses enfants. Les rangs des soldats se désagrègent, se désorganisent, tandis que peu à peu la clameur reprend : les soldats viennent de se joindre aux manifestants.
La suite se passe finalement très vite! Soldats et manifestants marchent désormais dans le même sens, vers le centre de Kluj. On entoure bien vite les bâtiments les plus importants, et bien vite encore, on voit des soldats y pénétrer. En à peine quelques heures, des drapeaux rouges flottent dans tout le centre ville. Kluj vient de tomber ce jour, et ses habitants de lancer ce qui deviendra certainement la plus grande révolution de leur histoire.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/29//18092911152821391215917056.jpg[/img][/center]
[url=https://youtu.be/-euwknf4F3s]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Germinal (2)
[justify]Un jour de la fin mars 2037. Alors que la neige a laissé place à des flaques d'eaux boueuses à moitié glacées, que les arbres noircis par le froid hivernal laissent apparaître ça et là des bourgeons encore timides et que le ciel est d'un gris lourd de nuages, une rumeur, d'abord diffuse mais persistante se transforme peu à peu en clameur. Aux abords de Kluj, nombreux sont celles et ceux qui se sont rassemblés pour une grande manifestation. On demande finalement peu de choses, mais tant. Les uns veulent de quoi se nourrir, les autres de quoi se chauffer, certains demandent que les exécutions sommaires cessent quand d'autres, plus radicaux encore, exigent un changement de régime pour gouverner le Votyakskiy. Une foule immense, pour les références de cette petite principauté du Natolique, une foule porteuse d'une nuée de drapeaux rouges et roses fait son entrée dans les faubourgs de la plus grande ville du pays. Marqué par le bruit des tambours et des cris véhéments de la foule, l'ambiance dans les rues de Kluj semble peu à peu réchauffer le froid glacial qui règne encore dans la ville. La foule marche, sûre d'elle, en direction du centre, là où les nobles et les maîtres du pays tiennent leurs locaux. Une file qu'on pourrait croire sans fin s'étire ainsi le long des boulevards menant en centre ville, avant de s'arrêter, nette, face à un autre groupe qui l'attend déjà, les armes à la main. Les milices Sengiennes sont elles aussi là, bien présentes, prêtes à faire leur devoir, à suivre les ordres d'une noblesse bien trop dérangée par la grogne populaire. L'ambiance qui quelques instants avant était si chaude se refroidit tout à coup. Les clameurs et les instruments ont tirés leurs révérences, et laissé place au silence. Un silence pognant, de mort, annonciateur du drame qui va bientôt se jouer.
Un homme à cheval, trottant de long en large à l'arrière des troupes princières harangue ses hommes. Les femmes et les hommes qui sont dans les premiers groupes de manifestants n'ont aucun mal à comprendre ce qu'il ordonne. Bientôt, les milices vont se positionner, prêts à tirer. Bientôt, les partisans vont tomber. Et comme chacun s'y attendait, sans sommation, l'ordre de tirer est donnée. Une symphonie de détonations se fait alors entendre, un nuage de fumée s'élève dans l'avenue depuis les soldats. De l'autre côté, les manifestants commencent à tomber, un à uns, en grappes, en groupes. Le sang déjà s'écoule depuis les rangs des grognards et vient rougir les caniveaux et les espaces laissés vides entre les pavés. Il y a des morts déjà, beaucoup, mais la foule, décidée, continue à présent d'avancer.
Une seconde salve se fait entendre, puis une troisième, une quatrième. Les femmes et les hommes, des enfants même, tombent comme des mouches. La foule reste tout de même solidaire, et cesse tout à coup d'avancer. On se regarde, droit dans les yeux. Seuls quelques mètres séparent les manifestants en colère des troupes régulières. Le silence est de nouveau revenu. On se jauge, on se juge. Quand soudain, une voix, celle d'une femme, déchire cet assourdissant silence.[/justify]
[quote]- Vladimir, mon fils! Tirerais-tu sur ta mère? Obéirais-tu à ce noble et m'assassinerais-tu?[/quote]
[justify]Une femme apparaît alors au devant de la foule, avançant vers celui qu'elle désigne. D'autres voix féminines se font elles aussi entendre.[/justify]
[quote]- Kryshtop mon frère, c'est moi, ta sœur, Laŭrela. Je t'en supplie, ne me tues pas![/quote]
[quote]- Budzimir, mon chéri, c'est moi Aleksandra. Je suis avec nos fils. S'il te plaît, ne nous tue pas![/quote]
[justify]Peu à peu, on voit de plus en plus de femmes et d'enfants sortir de la foule, aller au devant des soldats. Des femmes qui cherchent leurs fils, leurs frères et leurs maris. Des enfants qui cherchent leurs pères. A l'arrière, le chef de bataillon, ce noble juché sur son cheval, encourage ses troupes et leur ordonne à nouveau de faire feu. Mais les soldats hésitent. Eux doivent protéger le pays de ses ennemis. Ses ennemis sont-ils leurs propres mères, leurs propres sœurs, femmes et enfants? L'indécision règne dans les troupes, puis un premier soldat sort des rangs, et vient embrasser sa mère. Un second ensuite rejoint sa soeur, puis un troisième, sa femme et ses enfants. Les rangs des soldats se désagrègent, se désorganisent, tandis que peu à peu la clameur reprend : les soldats viennent de se joindre aux manifestants.
La suite se passe finalement très vite! Soldats et manifestants marchent désormais dans le même sens, vers le centre de Kluj. On entoure bien vite les bâtiments les plus importants, et bien vite encore, on voit des soldats y pénétrer. En à peine quelques heures, des drapeaux rouges flottent dans tout le centre ville. Kluj vient de tomber ce jour, et ses habitants de lancer ce qui deviendra certainement la plus grande révolution de leur histoire.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/09/29//18092911152821391215917056.jpg[/img][/center]
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/07//18100702304321391215929012.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/RKvd4tMkFHc]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Danses macabres
[justify]Voilà maintenant trois semaines que Kluj s'est soulevée. Depuis, les autres grandes villes du continent, Liiv et Korvik ont vu elles aussi des manifestations et des tentatives de révoltes, toutes mâtées par le pouvoir princier. Car on a retenu les leçons du soulèvement de Kluj, et la noblesse a su mettre en place des stratégies pour mettre au pas le peuple de ces villes. Kluj restait toutefois hors de contrôle du pouvoir, seule ville résistante, encerclée, où les socialistes et les communistes siégeaient.
Irina Lyobomirova Sengiryakova était furieuse de cette situation. Mais en trois semaines, son elle avait eu le temps de retrouver son sang froid, et avait décidé de contre-attaquer. Il lui fallait dans un premier temps s'assurer de la loyauté de la noblesse du pays et prévenir toute tentative de traîtrise. Car dans les rangs mêmes des grandes familles du pays se cachaient des humanistes, des traîtres épris de progressisme et de modernisme. La princesse avait dans un premier temps redonné des garanties aux principales familles de la noblesse Votyake, distribuant ça et là de nouveaux titres. Sa base était solide, la noblesse savait ce qu'elle devait au pouvoir et ne voulait pas d'un changement de régime. Le clergé non plus; ses membres les plus éminents s'étaient depuis bien longtemps laissés corrompre et profiter d'avantages financiers, ou en nature.
Trois semaines après les événements de Kluj, la princesse Sengienne avait décidé d'organiser au Dvoretsŭt Sengir un véritable bal où une large partie de la noblesse et du haut clergé était conviée. A cette occasion, la Princesse avait vu les choses en grand, tout en luxe, et avait même invité des photographes de la propagande. Il fallait montrer que malgré les événements, le pouvoir princier restait solide, déterminé et surtout serein. Il fallait donc mettre toutes les apparences de son côté, activité où la Princesse Votyake s'était depuis longtemps rendue experte.
Depuis deux bonnes heures la fête avait commencé au Palais, les convives étaient arrivés au compte goutte, les uns après les autres. Enfin, les invités étaient tous présents, et pendant que l'on dansait et que l'on se servait au buffet, la Princesse allait et venait, rencontrant tel ou tel noble, le saluant poliment, s'inquiétant de son état de forme ou de la bonne marche de ses affaires. Puis, vint le moment où la Princesse eût à prononcer un discours fédérateur devant ses convives.[/justify]
[quote]- Mes chers amis, je vous remercie pour votre venue. Je vous remercie d'avoir bravé le froid et la houle du Lac pour venir jusqu'au Dvoretsŭt Sengir pour venir assister à cette soirée. Comme vous le savez, les événements ont depuis trois semaines fragilisé quelque peu notre position dans la principauté, des événements que je condamne, ouvertement. Nombre d'entre vous ont eu à prendre part à des actions contre les Socialistes et les Communistes qui tentent en vain de renverser notre pouvoir et de mettre en place leur propre institution. Je remercie ceux qui parmi vous ont agis, et agiront pour contrer cette tentative de coup d'état.[/quote]
[justify]Tout en parlant, la Princesse marchait entre ses invités, ne manquant pas de les saluer.[/justify]
[quote]- Je sais que certain d'entre vous sont inquiets, mais je tiens à vous rassurer ce soir. Le pouvoir princier est solide et ancien, l'armée est restée dans son ensemble sous notre commandement, et l'efficacité de notre état major n'est plus à démontrer. On me questionnait tout à l'heure au sujet de Kluj. Pourquoi donc n'avons-nous pas mené l'assaut contre la cité? Par ce que je veux prendre mon temps. Kluj cache en son sein les principaux rebelles, mais ceux-ci sont épaulés par des gens venus de l'extérieur, certaines tribus nomades, nous le savons, mais aussi des gens du peuple qui n'attendent qu'une seule chose, pouvoir se battre à leurs côtés contre nous. Permettre aux rebelles de garder l'illusion qu'une victoire est pour eux possible les fait s'activer, et ils s'exposent plus que jamais. Nous épions leurs mouvements, nous apprenons qui sont leurs contacts, nous déterminons quels sont leurs réseaux. Ainsi, au fur et à mesure, nous pourrons démanteler les réseaux rebelles avant de reprendre la ville, fatiguée et éreintée suite au siège que nous menons. Tout cela n'est qu'une question de temps; et du temps, nous en avons. Pas eux.[/quote]
[justify]On entendit quelques ricanements dans le public. La Princesse sourit, puis continua de discourir, se promenant entre les invités.[/justify]
[quote]- Cette rébellion sera bien vite mâtée, je puis vous l'assurer. Mais en attendant, vous comprendrez que nous devons avant tout nous garantir de notre unité et de notre solidarité. Car c'est en restant tous unis, nobles et membres du clergés, que nous pourrons assurer la stabilité de notre pays, et notre souveraineté.[/quote]
[justify]A ces mots, la Princesse tira un poignard de sa manche, et le planta dans le ventre d'un de ses convives. Celui-ci, blessé, s’agenouillât, tentant de résister à la douleur. La Princesse le regarda droit dans les yeux.[/justify]
[quote]- Yatzo, cher ami. Vous m'avez l'air si surpris! C'est pourtant moi qui devrait vous dire ô combien je fût surpris, lorsqu'on m'apprit que vous, mon cher Yatzo Kirilov Vranchev, faisiez parti de ces journalistes clandestins du Znanie Vestnik. Puisque vous semblez si épris de liberté mon cher, voici mon cadeau ce soir. Je vous libère![/quote]
[justify]La Princesse tourna son poignard dans le corps du noble qui, après quelques brefs instants, laissa sa femme veuve et ses enfants orphelins. Irina Lyobomirova Sengiryakova avait voulu être clair ce soir, et elle sut que tous ici présent l'avaient bien comprise; car lorsqu'elle prit congé de ses convives pour un instant, elle sortit de la salle de réception sous les applaudissements.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/07//18100702305321391215929013.jpg[/img][/center][/spoiler]
[url=https://youtu.be/RKvd4tMkFHc]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Danses macabres
[justify]Voilà maintenant trois semaines que Kluj s'est soulevée. Depuis, les autres grandes villes du continent, Liiv et Korvik ont vu elles aussi des manifestations et des tentatives de révoltes, toutes mâtées par le pouvoir princier. Car on a retenu les leçons du soulèvement de Kluj, et la noblesse a su mettre en place des stratégies pour mettre au pas le peuple de ces villes. Kluj restait toutefois hors de contrôle du pouvoir, seule ville résistante, encerclée, où les socialistes et les communistes siégeaient.
Irina Lyobomirova Sengiryakova était furieuse de cette situation. Mais en trois semaines, son elle avait eu le temps de retrouver son sang froid, et avait décidé de contre-attaquer. Il lui fallait dans un premier temps s'assurer de la loyauté de la noblesse du pays et prévenir toute tentative de traîtrise. Car dans les rangs mêmes des grandes familles du pays se cachaient des humanistes, des traîtres épris de progressisme et de modernisme. La princesse avait dans un premier temps redonné des garanties aux principales familles de la noblesse Votyake, distribuant ça et là de nouveaux titres. Sa base était solide, la noblesse savait ce qu'elle devait au pouvoir et ne voulait pas d'un changement de régime. Le clergé non plus; ses membres les plus éminents s'étaient depuis bien longtemps laissés corrompre et profiter d'avantages financiers, ou en nature.
Trois semaines après les événements de Kluj, la princesse Sengienne avait décidé d'organiser au Dvoretsŭt Sengir un véritable bal où une large partie de la noblesse et du haut clergé était conviée. A cette occasion, la Princesse avait vu les choses en grand, tout en luxe, et avait même invité des photographes de la propagande. Il fallait montrer que malgré les événements, le pouvoir princier restait solide, déterminé et surtout serein. Il fallait donc mettre toutes les apparences de son côté, activité où la Princesse Votyake s'était depuis longtemps rendue experte.
Depuis deux bonnes heures la fête avait commencé au Palais, les convives étaient arrivés au compte goutte, les uns après les autres. Enfin, les invités étaient tous présents, et pendant que l'on dansait et que l'on se servait au buffet, la Princesse allait et venait, rencontrant tel ou tel noble, le saluant poliment, s'inquiétant de son état de forme ou de la bonne marche de ses affaires. Puis, vint le moment où la Princesse eût à prononcer un discours fédérateur devant ses convives.[/justify]
[quote]- Mes chers amis, je vous remercie pour votre venue. Je vous remercie d'avoir bravé le froid et la houle du Lac pour venir jusqu'au Dvoretsŭt Sengir pour venir assister à cette soirée. Comme vous le savez, les événements ont depuis trois semaines fragilisé quelque peu notre position dans la principauté, des événements que je condamne, ouvertement. Nombre d'entre vous ont eu à prendre part à des actions contre les Socialistes et les Communistes qui tentent en vain de renverser notre pouvoir et de mettre en place leur propre institution. Je remercie ceux qui parmi vous ont agis, et agiront pour contrer cette tentative de coup d'état.[/quote]
[justify]Tout en parlant, la Princesse marchait entre ses invités, ne manquant pas de les saluer.[/justify]
[quote]- Je sais que certain d'entre vous sont inquiets, mais je tiens à vous rassurer ce soir. Le pouvoir princier est solide et ancien, l'armée est restée dans son ensemble sous notre commandement, et l'efficacité de notre état major n'est plus à démontrer. On me questionnait tout à l'heure au sujet de Kluj. Pourquoi donc n'avons-nous pas mené l'assaut contre la cité? Par ce que je veux prendre mon temps. Kluj cache en son sein les principaux rebelles, mais ceux-ci sont épaulés par des gens venus de l'extérieur, certaines tribus nomades, nous le savons, mais aussi des gens du peuple qui n'attendent qu'une seule chose, pouvoir se battre à leurs côtés contre nous. Permettre aux rebelles de garder l'illusion qu'une victoire est pour eux possible les fait s'activer, et ils s'exposent plus que jamais. Nous épions leurs mouvements, nous apprenons qui sont leurs contacts, nous déterminons quels sont leurs réseaux. Ainsi, au fur et à mesure, nous pourrons démanteler les réseaux rebelles avant de reprendre la ville, fatiguée et éreintée suite au siège que nous menons. Tout cela n'est qu'une question de temps; et du temps, nous en avons. Pas eux.[/quote]
[justify]On entendit quelques ricanements dans le public. La Princesse sourit, puis continua de discourir, se promenant entre les invités.[/justify]
[quote]- Cette rébellion sera bien vite mâtée, je puis vous l'assurer. Mais en attendant, vous comprendrez que nous devons avant tout nous garantir de notre unité et de notre solidarité. Car c'est en restant tous unis, nobles et membres du clergés, que nous pourrons assurer la stabilité de notre pays, et notre souveraineté.[/quote]
[justify]A ces mots, la Princesse tira un poignard de sa manche, et le planta dans le ventre d'un de ses convives. Celui-ci, blessé, s’agenouillât, tentant de résister à la douleur. La Princesse le regarda droit dans les yeux.[/justify]
[quote]- Yatzo, cher ami. Vous m'avez l'air si surpris! C'est pourtant moi qui devrait vous dire ô combien je fût surpris, lorsqu'on m'apprit que vous, mon cher Yatzo Kirilov Vranchev, faisiez parti de ces journalistes clandestins du Znanie Vestnik. Puisque vous semblez si épris de liberté mon cher, voici mon cadeau ce soir. Je vous libère![/quote]
[justify]La Princesse tourna son poignard dans le corps du noble qui, après quelques brefs instants, laissa sa femme veuve et ses enfants orphelins. Irina Lyobomirova Sengiryakova avait voulu être clair ce soir, et elle sut que tous ici présent l'avaient bien comprise; car lorsqu'elle prit congé de ses convives pour un instant, elle sortit de la salle de réception sous les applaudissements.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/07//18100702305321391215929013.jpg[/img][/center][/spoiler]
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/09//18100907521721391215934137.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/Bmwkx0tSvKc]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Germinal (3)
[justify]En cette fin de mois d'avril, le temps est impitoyablement froid à Kluj. La neige est encore tombé dans la nuit, suivie par un froid glacial au petit matin. La ville est affamée, frigorifiée; les forces de la Princesse Irina Lyobomirova Sengiryakova ont encerclé depuis un peu plus de trois semaines la ville déjà, et plus personne ne peut y entrer ou en sortir sous peine d'être aussitôt tué par l'une des deux parties. Les forces révolutionnaires socialistes et communistes tiennent leurs villes grâce à des barricades, quand les troupes régulières, elles, se contentent de rester là à observer, sans chercher à bouger. La stratégie princière est simple, tenir le siège jusqu'à ce que la population, affamée, ne finisse par céder. Et inutile de chercher à fuir par la mer, car de ce côté là aussi l'armée veille.
Dans la ville, la situation est précaire. Les habitants de la ville, déjà affamés pendant l'hiver tombent peu à peu, les uns après les autres, et chaque jour voit son cortège macabre de charrettes quitter les faubourgs chargés de cadavres pour aller les déposer dans les cimetières sauvages qui parsèment de plus en plus la ville. Côté révolutionnaire, on veut tenir bon, on veut espérer. Mais espérer quoi? Des nouvelles, parvenues par pigeons voyageurs font état de l'échec des soulèvements de Liiv et de Korvik. Dans le sud du pays, les troupes ont traqué les tribus nomades qui ont dû se réfugier dans les pays voisins, sans pouvoir rétablir le réseau d'approvisionnement de la ville. Et quand bien même, qu'auraient-ils pu faire? Alors à Kluj, on désespère, tout en s'efforçant de garder espoir. Peut-être que des informations ont pu sortir du pays, et permis de lancer l'alerte dans les Valvatides ou au Bykova non loin? Peut-être que les rouges du monde entier agiront pour venir les aider, et les libérer? A Kluj, depuis longtemps, tout le monde a compris qu'on se berçait d'illusions. Mais cette illusion enchantée de lendemains chantant est tout ce qu'il reste aux combattants et aux habitants de la ville, condamnés malgré eux à un destin funeste.
En haut lieu, parmi les dirigeants du mouvement, on oeuvre pour que la ville ne sombre pas dans le chaos. Les appels au calme se sont depuis plusieurs jours multipliés, et les chefs des différentes factions ont mis en place un système de plus en plus autoritaires. Au slogan "Libération du peuple par le peuple" tant crié il y a encore quelques semaines s'est depuis quelques jours substitué un nouveau slogan, autrement plus terrible : "La victoire par la discipline". Chaque jour, des heures durant, partout près des barricades qui protègent la ville depuis l'extérieure, partout dans les faubourgs et dans les hôpitaux de fortune, les chefs de la révolution Votyake interpellent les femmes, les hommes et les enfants, et par leurs discours, cherchent à les rassurer, à les ragaillardir, mais aussi à les contenir.
Parmi ces chefs de guerre, Zlatan Danailov Gavrilov se trouve désormais tout en haut de la hiérarchie. A l'initiative du grand mouvement qui a permis les révolutionnaire de libérer Kluj, l'homme, admiré de tous depuis qu'il a eu l'idée de faire agir les femmes des soldats pour les rallier à leur cause, doit désormais diriger une véritable cité indépendante qui sous ses yeux dépérit. Or, ce jour là, on vient prévenir Zlatan d'une bien triste nouvelle. Un membre de la noblesse partisan des révolutionnaires, le journaliste clandestin Yatzo Kirilov Vranchev, son ami, vient de se faire assassiner par la Princesse elle même au beau milieu d'une soirée mondaine au Dvoretsŭt Sengir. Pire que tout, celui-ci avait été dénoncé par un traître de Kluj qui semble-t-il avait monnayé sa carte de sortie avec les autorités. Il avait tout de même été appréhendé par les révolutionnaires avant de réussir à s'enfuir de la ville.
Zlatan en entendant cela entre dans une rage démente. Lui qui jusque là avait prôné sagement le calme et les actions pacifistes, lui qui avait su se montrer clément avec les nobles de Kluj qu'il avait laissé repartir quelques semaines plus tôt, lui, le nouveau maître de Kluj, fatigué et affamé, portant en lui le deuil de centaines de victimes, lui entre dans une fureur que bien peu lui connaissent. Il se lève aussitôt de son siège et part en ville, sans mot dire. Les chefs des factions le suivent, tentant de le calmer, sans réussite. Zlatan ést en larmes, défiguré de colère, au hasard d'une ruelle, il prend une pioche et continue son chemin jusqu'à la prison de Kluj où sont retenus les ennemis de la révolution. Le traître est là, en dehors, sous bonne garde, prêt à être transféré vers le tribunal révolutionnaire pour son jugement. Furieux, Zlatan se rue sur lui avec sa pioche, prêt à le tuer. On tente de le retenir, de le raisonner, en vain. Une femme en particulier s'interpose, il la repousse violemment, continuant à se diriger droit vers le traître. Il ne faut en fait qu'un instant, un bref instant, pour que son visage soit couvert du sang de celui qui avait échangé sa vie contre celle de son ami.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/09//18100907522821391215934142.png[/img][/center]
[url=https://youtu.be/Bmwkx0tSvKc]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Germinal (3)
[justify]En cette fin de mois d'avril, le temps est impitoyablement froid à Kluj. La neige est encore tombé dans la nuit, suivie par un froid glacial au petit matin. La ville est affamée, frigorifiée; les forces de la Princesse Irina Lyobomirova Sengiryakova ont encerclé depuis un peu plus de trois semaines la ville déjà, et plus personne ne peut y entrer ou en sortir sous peine d'être aussitôt tué par l'une des deux parties. Les forces révolutionnaires socialistes et communistes tiennent leurs villes grâce à des barricades, quand les troupes régulières, elles, se contentent de rester là à observer, sans chercher à bouger. La stratégie princière est simple, tenir le siège jusqu'à ce que la population, affamée, ne finisse par céder. Et inutile de chercher à fuir par la mer, car de ce côté là aussi l'armée veille.
Dans la ville, la situation est précaire. Les habitants de la ville, déjà affamés pendant l'hiver tombent peu à peu, les uns après les autres, et chaque jour voit son cortège macabre de charrettes quitter les faubourgs chargés de cadavres pour aller les déposer dans les cimetières sauvages qui parsèment de plus en plus la ville. Côté révolutionnaire, on veut tenir bon, on veut espérer. Mais espérer quoi? Des nouvelles, parvenues par pigeons voyageurs font état de l'échec des soulèvements de Liiv et de Korvik. Dans le sud du pays, les troupes ont traqué les tribus nomades qui ont dû se réfugier dans les pays voisins, sans pouvoir rétablir le réseau d'approvisionnement de la ville. Et quand bien même, qu'auraient-ils pu faire? Alors à Kluj, on désespère, tout en s'efforçant de garder espoir. Peut-être que des informations ont pu sortir du pays, et permis de lancer l'alerte dans les Valvatides ou au Bykova non loin? Peut-être que les rouges du monde entier agiront pour venir les aider, et les libérer? A Kluj, depuis longtemps, tout le monde a compris qu'on se berçait d'illusions. Mais cette illusion enchantée de lendemains chantant est tout ce qu'il reste aux combattants et aux habitants de la ville, condamnés malgré eux à un destin funeste.
En haut lieu, parmi les dirigeants du mouvement, on oeuvre pour que la ville ne sombre pas dans le chaos. Les appels au calme se sont depuis plusieurs jours multipliés, et les chefs des différentes factions ont mis en place un système de plus en plus autoritaires. Au slogan "Libération du peuple par le peuple" tant crié il y a encore quelques semaines s'est depuis quelques jours substitué un nouveau slogan, autrement plus terrible : "La victoire par la discipline". Chaque jour, des heures durant, partout près des barricades qui protègent la ville depuis l'extérieure, partout dans les faubourgs et dans les hôpitaux de fortune, les chefs de la révolution Votyake interpellent les femmes, les hommes et les enfants, et par leurs discours, cherchent à les rassurer, à les ragaillardir, mais aussi à les contenir.
Parmi ces chefs de guerre, Zlatan Danailov Gavrilov se trouve désormais tout en haut de la hiérarchie. A l'initiative du grand mouvement qui a permis les révolutionnaire de libérer Kluj, l'homme, admiré de tous depuis qu'il a eu l'idée de faire agir les femmes des soldats pour les rallier à leur cause, doit désormais diriger une véritable cité indépendante qui sous ses yeux dépérit. Or, ce jour là, on vient prévenir Zlatan d'une bien triste nouvelle. Un membre de la noblesse partisan des révolutionnaires, le journaliste clandestin Yatzo Kirilov Vranchev, son ami, vient de se faire assassiner par la Princesse elle même au beau milieu d'une soirée mondaine au Dvoretsŭt Sengir. Pire que tout, celui-ci avait été dénoncé par un traître de Kluj qui semble-t-il avait monnayé sa carte de sortie avec les autorités. Il avait tout de même été appréhendé par les révolutionnaires avant de réussir à s'enfuir de la ville.
Zlatan en entendant cela entre dans une rage démente. Lui qui jusque là avait prôné sagement le calme et les actions pacifistes, lui qui avait su se montrer clément avec les nobles de Kluj qu'il avait laissé repartir quelques semaines plus tôt, lui, le nouveau maître de Kluj, fatigué et affamé, portant en lui le deuil de centaines de victimes, lui entre dans une fureur que bien peu lui connaissent. Il se lève aussitôt de son siège et part en ville, sans mot dire. Les chefs des factions le suivent, tentant de le calmer, sans réussite. Zlatan ést en larmes, défiguré de colère, au hasard d'une ruelle, il prend une pioche et continue son chemin jusqu'à la prison de Kluj où sont retenus les ennemis de la révolution. Le traître est là, en dehors, sous bonne garde, prêt à être transféré vers le tribunal révolutionnaire pour son jugement. Furieux, Zlatan se rue sur lui avec sa pioche, prêt à le tuer. On tente de le retenir, de le raisonner, en vain. Une femme en particulier s'interpose, il la repousse violemment, continuant à se diriger droit vers le traître. Il ne faut en fait qu'un instant, un bref instant, pour que son visage soit couvert du sang de celui qui avait échangé sa vie contre celle de son ami.[/justify]
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/12//18101203380621391215938088.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/-JX8DKV1ctc]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Relations glaciales (3)
[justify]Astrid, mu kallis,
Voilà plus de cinq mois que nous avons quitté les Valvatides pour explorer les mers et territoires polaires du Nord-Est. Le soleil a manqué pendant une bonne partie de l'expédition, mais maintenant que le printemps est revenu, le soleil a commencé à faire des apparitions, d'abord timide, comme je te le racontais lors d'une de mes dernières lettres, puis de plus en plus assuré. Aujourd'hui, il est resplendissant, et il nous apporte, je dois le dire, beaucoup de réconfort!
Nous avons longtemps écumé la mer et visité les innombrables criques et fjords de la côte nord natolicaine et des rivages du continent polaire. Cela n'a pas été facile, d'autant plus qu'il nous est arrivé par moment de se retrouver complètement immobilisés dans les glaces qui se refermaient autour du bateau. Un simple souvenir dorénavant, puisque les passages menant vers l'extrême orient natolicain et le Bykova sont désormais complètement dégagés; dans la partie sud de la mer tout du moins.
Il y a dix jours, nous sommes enfin arrivés au point le plus oriental de notre expédition, nous avons décidé de retourner vers le nord-ouest en direction du continent polaire. Si nous avions continué plus à l'est, nous serions arrivé dans les territoires polaires du Bykova, au Novaja Ziamlia. Ce n'était pas notre objectif, d'autant plus que nous n'avons pas les autorisations de notre gouvernement pour nous y rendre; alors nous avons décidé d'aller explorer les terres polaires désertiques un peu plus à l'ouest, là où personne ne semble habiter. Imagine! Il existe encore des zones sur terre inexplorées, on parle beaucoup des régions inconnues de l'hémisphère sud, mais de grands pans du continent polaire nous sont encore peu familiers, comme toute la partie qui ferme l'Océan Néchinésien au nord, mais aussi des territoires aux confins de la Mer des crabes Orientales!
Lorsque nous sommes approchés de ces côtes, nous avons pu observer des colonies de phoques à perte de vue! Puisque l'homme n'a jamais vraiment été dans cette partie du monde et que personne n'y habite, la faune et la flore y vit encore, étonnamment préservée! Les phoques n'ont pas de prédateurs, hormis bien sûr les ours polaires, et on en compte un très grand nombre! Cela fait plaisir, quant on sait qu'ils sont victimes de la chasse dans d'autres régions du monde. On en a vu tellement qu'on a décidé d'appeler cette terre le Tihendi Maja, je trouve que ce nom correspond très bien!
Le gouvernement nous a demandé d'installer des postes d'observations sur la zone, nous avons donc formé plusieurs équipes et sommes parti chacun de notre côté pour monter les campements. Ces travaux servent de préparatifs pour des études plus poussées, on s'attend à ce que d'autres scientifiques viennent étudier la faune, la flore, la géologie et le climat de la région. Puisque ces territoires n'appartiennent à personne et que personne n'y vit, nous ne risquons pas de déranger. Et puis, cela devrait nous permettre aussi de voir si il y a du braconnage, la zone est une réserve écologique tellement exceptionnelle qu'il nous paraît essentiel de la préserver. Bref, tu risques d'en entendre bientôt parler.
Nous resterons encore un mois dans la zone afin de prendre des mesures, d'installer plusieurs postes d'observation temporaires et de localiser des sites pour installer des campements de plus longue durée. Dans le même temps, mon équipe s'entraîne en prévision de notre périple vers le pôle nord lui même. Comme tu le sais, nous prévoyons d'y aller à cinq et d'atteindre le pôle avant l'été.
Tu me manques, vraiment. J'espère que toi et les enfants allez bien. Embrasse les de ma part.
Ton Ahto qui t'aime.[/justify]
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/12//18101203381421391215938089.png[/img][/center]
[url=https://youtu.be/-JX8DKV1ctc]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Relations glaciales (3)
[justify]Astrid, mu kallis,
Voilà plus de cinq mois que nous avons quitté les Valvatides pour explorer les mers et territoires polaires du Nord-Est. Le soleil a manqué pendant une bonne partie de l'expédition, mais maintenant que le printemps est revenu, le soleil a commencé à faire des apparitions, d'abord timide, comme je te le racontais lors d'une de mes dernières lettres, puis de plus en plus assuré. Aujourd'hui, il est resplendissant, et il nous apporte, je dois le dire, beaucoup de réconfort!
Nous avons longtemps écumé la mer et visité les innombrables criques et fjords de la côte nord natolicaine et des rivages du continent polaire. Cela n'a pas été facile, d'autant plus qu'il nous est arrivé par moment de se retrouver complètement immobilisés dans les glaces qui se refermaient autour du bateau. Un simple souvenir dorénavant, puisque les passages menant vers l'extrême orient natolicain et le Bykova sont désormais complètement dégagés; dans la partie sud de la mer tout du moins.
Il y a dix jours, nous sommes enfin arrivés au point le plus oriental de notre expédition, nous avons décidé de retourner vers le nord-ouest en direction du continent polaire. Si nous avions continué plus à l'est, nous serions arrivé dans les territoires polaires du Bykova, au Novaja Ziamlia. Ce n'était pas notre objectif, d'autant plus que nous n'avons pas les autorisations de notre gouvernement pour nous y rendre; alors nous avons décidé d'aller explorer les terres polaires désertiques un peu plus à l'ouest, là où personne ne semble habiter. Imagine! Il existe encore des zones sur terre inexplorées, on parle beaucoup des régions inconnues de l'hémisphère sud, mais de grands pans du continent polaire nous sont encore peu familiers, comme toute la partie qui ferme l'Océan Néchinésien au nord, mais aussi des territoires aux confins de la Mer des crabes Orientales!
Lorsque nous sommes approchés de ces côtes, nous avons pu observer des colonies de phoques à perte de vue! Puisque l'homme n'a jamais vraiment été dans cette partie du monde et que personne n'y habite, la faune et la flore y vit encore, étonnamment préservée! Les phoques n'ont pas de prédateurs, hormis bien sûr les ours polaires, et on en compte un très grand nombre! Cela fait plaisir, quant on sait qu'ils sont victimes de la chasse dans d'autres régions du monde. On en a vu tellement qu'on a décidé d'appeler cette terre le Tihendi Maja, je trouve que ce nom correspond très bien!
Le gouvernement nous a demandé d'installer des postes d'observations sur la zone, nous avons donc formé plusieurs équipes et sommes parti chacun de notre côté pour monter les campements. Ces travaux servent de préparatifs pour des études plus poussées, on s'attend à ce que d'autres scientifiques viennent étudier la faune, la flore, la géologie et le climat de la région. Puisque ces territoires n'appartiennent à personne et que personne n'y vit, nous ne risquons pas de déranger. Et puis, cela devrait nous permettre aussi de voir si il y a du braconnage, la zone est une réserve écologique tellement exceptionnelle qu'il nous paraît essentiel de la préserver. Bref, tu risques d'en entendre bientôt parler.
Nous resterons encore un mois dans la zone afin de prendre des mesures, d'installer plusieurs postes d'observation temporaires et de localiser des sites pour installer des campements de plus longue durée. Dans le même temps, mon équipe s'entraîne en prévision de notre périple vers le pôle nord lui même. Comme tu le sais, nous prévoyons d'y aller à cinq et d'atteindre le pôle avant l'été.
Tu me manques, vraiment. J'espère que toi et les enfants allez bien. Embrasse les de ma part.
Ton Ahto qui t'aime.[/justify]
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Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2018/10/30//18103006340521391215971169.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/4r2lpNRyy5I]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Nuits Caeturiennes
[justify]Ce premier jour du mois de mai 2037 fera certainement date dans les livres d'histoires aux Valvatides comme au Caeturia. Le Conglomérat Olgarien a en effet organisé une compétition internationale d'Ultimate Fight, un tournoi réunissant certains des meilleurs combattants du monde. Parmi ceux-là, les Valvates retiendront certainement la présence de la jeune Luudia Korjus, experte en savate, et de l'imposant Raivo Klavan, pratiquant le Krav-Maga. Mais les rencontres sportives ne sont pas les seuls face à face qui ont lieu ce soir là; dans les tribunes, et avant cela dans les halls d'accueils VIP, un face à face d'un autre type, bien plus important pour le nord-ouest de la Dytolie, est en train de se jouer. Les roi Verner II des Valvatides l'avait bien compris, si il lui fallait une occasion pour rencontrer la Princesse Votyake Irina Lyobomirova Sengiryakova, il ne pouvait l'approcher qu'en terrain neutre lors d'un grand événement international. Ainsi, au fait de son goût pour les sports de combats, il avait décidé de faire le voyage afin de se rendre à la cérémonie d'ouverture de la compétition, ce qui lui permettrait au passage de supporter ses propres combattants dont l'un d’eux combattrait le soir même.
On aurait eu tort de croire que ce soir là le spectacle n'allait se jouer que sur le ring. Dans les espaces VIP, là où les personnalités du monde entier se regroupaient, les souverains Valvates et Votyakes faisaient certainement partie des invités les plus en vues, et parmi les plus photographiées. La situation au Votyakskiy commençait à être scrutée par la communauté internationale, et déjà certains pays se demandaient comment soutenir les révolutionnaires pris au piège dans Kluj. On attendait bien sûr de savoir quelle serait la réaction des Valvates face à un drame qui se jouait à quelques centaines de kilomètres de leur territoire; puissance régionale moyenne, les Valvatides semblaient être appelée à jouer un rôle majeur dans la révolution Votyake; tel était en tous cas les conclusions tirées par bon nombre d'observateurs internationaux. Dans ce contexte, les relations entre le Roi et la Princesse étaient particulièrement scrutée, et lorsque ceux-ci se présentèrent aux journalistes côte à côte, on entendit dès lors les rumeurs les plus folles. Les uns pensaient aux vues du sourire de la gracieuse princesse Votyake qu'un mariage était dans l'air, tandis que les autres, observant la gravité marquée sur le visage du souverain Valvate envisageaient une action armée menée par les Valvatides au Votyakskiy. Finalement, les gazettes people serviraient à peu près les mêmes informations à leurs lecteurs avides de potins et de sensations fortes, l'un n'empêchant de toutes façons pas l'autre. La rumeur enfla lorsque les deux souverains furent vus assis côte à côte dans la tribune VIP, discutant l'un avec l'autre. On ne su néanmoins ce qu'il avait pu être dit exactement, tant le bruit de la foule couvrait les voix des deux chefs d'état natolicains, et que la noirceur de la salle, destinée à mettre en lumière un tout autre combat, empêchait de lire sur les lèvres.
Après la cérémonie d'ouverture, deux combats s'enchaînèrent. Le premier vit le Lagaran Raphaël Bensoussa remporter la victoire face au Teiko Kazenichi en cinq rounds. Le second, bien plus intéressant aux yeux des deux souverains, opposait un autre Teiko, le sumotori Fujimori au combattant Valvate. Ce dernier remporta le match sous les bravos enthousiastes de la Princesse Votyake. Nul ne sut réellement ce que les deux natolicains ont pu se dire durant cette soirée, si ce n'est eux. En secret, ils avaient tout deux convenus d'un rendez-vous, à l'abris des regards indiscrets.[/justify]
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[url=https://youtu.be/4r2lpNRyy5I]Ambiance musicale[/url][/right]
~ Nuits Caeturiennes
[justify]Ce premier jour du mois de mai 2037 fera certainement date dans les livres d'histoires aux Valvatides comme au Caeturia. Le Conglomérat Olgarien a en effet organisé une compétition internationale d'Ultimate Fight, un tournoi réunissant certains des meilleurs combattants du monde. Parmi ceux-là, les Valvates retiendront certainement la présence de la jeune Luudia Korjus, experte en savate, et de l'imposant Raivo Klavan, pratiquant le Krav-Maga. Mais les rencontres sportives ne sont pas les seuls face à face qui ont lieu ce soir là; dans les tribunes, et avant cela dans les halls d'accueils VIP, un face à face d'un autre type, bien plus important pour le nord-ouest de la Dytolie, est en train de se jouer. Les roi Verner II des Valvatides l'avait bien compris, si il lui fallait une occasion pour rencontrer la Princesse Votyake Irina Lyobomirova Sengiryakova, il ne pouvait l'approcher qu'en terrain neutre lors d'un grand événement international. Ainsi, au fait de son goût pour les sports de combats, il avait décidé de faire le voyage afin de se rendre à la cérémonie d'ouverture de la compétition, ce qui lui permettrait au passage de supporter ses propres combattants dont l'un d’eux combattrait le soir même.
On aurait eu tort de croire que ce soir là le spectacle n'allait se jouer que sur le ring. Dans les espaces VIP, là où les personnalités du monde entier se regroupaient, les souverains Valvates et Votyakes faisaient certainement partie des invités les plus en vues, et parmi les plus photographiées. La situation au Votyakskiy commençait à être scrutée par la communauté internationale, et déjà certains pays se demandaient comment soutenir les révolutionnaires pris au piège dans Kluj. On attendait bien sûr de savoir quelle serait la réaction des Valvates face à un drame qui se jouait à quelques centaines de kilomètres de leur territoire; puissance régionale moyenne, les Valvatides semblaient être appelée à jouer un rôle majeur dans la révolution Votyake; tel était en tous cas les conclusions tirées par bon nombre d'observateurs internationaux. Dans ce contexte, les relations entre le Roi et la Princesse étaient particulièrement scrutée, et lorsque ceux-ci se présentèrent aux journalistes côte à côte, on entendit dès lors les rumeurs les plus folles. Les uns pensaient aux vues du sourire de la gracieuse princesse Votyake qu'un mariage était dans l'air, tandis que les autres, observant la gravité marquée sur le visage du souverain Valvate envisageaient une action armée menée par les Valvatides au Votyakskiy. Finalement, les gazettes people serviraient à peu près les mêmes informations à leurs lecteurs avides de potins et de sensations fortes, l'un n'empêchant de toutes façons pas l'autre. La rumeur enfla lorsque les deux souverains furent vus assis côte à côte dans la tribune VIP, discutant l'un avec l'autre. On ne su néanmoins ce qu'il avait pu être dit exactement, tant le bruit de la foule couvrait les voix des deux chefs d'état natolicains, et que la noirceur de la salle, destinée à mettre en lumière un tout autre combat, empêchait de lire sur les lèvres.
Après la cérémonie d'ouverture, deux combats s'enchaînèrent. Le premier vit le Lagaran Raphaël Bensoussa remporter la victoire face au Teiko Kazenichi en cinq rounds. Le second, bien plus intéressant aux yeux des deux souverains, opposait un autre Teiko, le sumotori Fujimori au combattant Valvate. Ce dernier remporta le match sous les bravos enthousiastes de la Princesse Votyake. Nul ne sut réellement ce que les deux natolicains ont pu se dire durant cette soirée, si ce n'est eux. En secret, ils avaient tout deux convenus d'un rendez-vous, à l'abris des regards indiscrets.[/justify]
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