Page 3 sur 4
Posté : jeu. janv. 24, 2019 9:08 pm
par Sébaldie
HISTOIRE | Les esclaves, bâtisseurs de cathédrales
[center][img]https://i.imgur.com/3BDmQWx.png[/img]
La cathédrale de Roubinac, construite entre 1241 et 1463, a mobilisé
plusieurs dizaines de milliers d’aliénés amarantins[/center]
[justify]Le Moyen Âge a vu se construire en Santogne plusieurs dizaines de cathédrales, dont la majorité tient encore debout grâce à l’ingéniosité des architectes. D’une part, les innovations technologiques – moulins à vent et à eau, collier d’épaule, engrenages, horloge mécanique, papier… - ont amélioré aussi bien l’administration que les finances du royaume. D’autre part, nettoyée de ses reliquats païens et incarnée par des clercs mieux formés, l’Eglise catholique étend sa mainmise sur la vie de tous les Santognais. C’est dans ce contexte que les cathédrales ont pu s’épanouir, sous l’impulsion à la fois de l’Eglise elle-même ou de nobles fortunés souhaitant s’acheter à la fois de l’influence politique et une place de choix au Paradis.
À l’inverse, ces conditions ne se prêtent plus au système esclavagiste. Les innovations technologiques dépossèdent l’esclave de son caractère indispensable au tissu productif. L’économie florissante fait exiger du peuple une rétribution correcte, proportionnelle à l’effort fourni. Et la mainmise de l’Eglise comme la progression de l’humanisme chrétien insufflent une philosophie hostile à l’esclavagisme. Or, les cathédrales mobilisent une main-d’œuvre sans précédent dans le monde occidental et les commanditaires attachés à leurs finances se montrent peu enclins à devoir rémunérer chacun des ouvriers sur plusieurs siècles et tout au long de l’année.
Nombre de clercs et de nobles ont ainsi fait appel à des esclaves, en provenance aussi bien de l’Empire Luciférien que d’Amarantie. Nourris et logés pour accomplir leurs tâches, ils n’étaient en revanche pas rémunérés ; seuls leurs propriétaires recevaient un loyer, qui était toujours moins onéreux qu’une rémunération individuelle. Restait à faire accepter moralement l’idée de faire appel des esclaves. Pour ce faire, les autorités n’ont jamais usé de ce vocable, préférant les présenter comme des prisonniers de droit commun ou des pécheurs en pénitence. Le Santognais du XIIIe siècle n’avait sans doute aucune autre idée de l’Amarantin que celui d’un sodomite s’adonnant aux pires pratiques. Ils restaient par ailleurs sous la responsabilité de leurs propriétaires, préconfigurant ainsi le « travail détaché » contemporain.
Plusieurs centaines de milliers d’aliénés amarantins et autres esclaves du monde ont ainsi bâti les cathédrales, ces merveilles architecturales qui ont contribué à l’émancipation d’une Eglise qui condamnait pourtant officiellement la pratique. Elle ne trouvera d’opposition que chez des cercles d’intellectuels et de notables éclairés – qui ont permis d’en laisser une trace écrite - ce qui amorcera par la suite un mouvement d’hostilité à l’égard de l’Eglise, incarné par l’essor du protestantisme ou la survivance de l’hérésie cathare.[/justify]
Posté : sam. févr. 23, 2019 9:43 pm
par Sébaldie
VILLES CIRCULAIRES | Des curiosités urbanistiques autrefois qualifiées d'hérétiques
[center][img]https://i.imgur.com/flcj9Ic.png[/img]
Cluttard, la ville circulaire la plus grande et emblématique[/center]
[justify]Notre époque actuelle, assistée par des vues aériennes et des projections GPS, permet de les repérer tout de suite, plusieurs villes circulaires émaillent la Santogne. Construites autour d’un édifice central – souvent l’église – elles se reconnaissent par les anneaux successifs de maisons mitoyennes qui leur donnent une rotondité qui contraste avec les « bastides », ces autres villes de fondées sur un schéma rectangulaire. Difficile d’en estimer le nombre tant la rotondité de certaines n’est pas forcément évidente ou trop spontanée, mais on en dénombre une dizaine ou quinzaine, essentiellement dans la région centrale du pays, assez peu densément peuplée.
Les villes circulaires tirent leurs origines du Moyen-Âge et seraient antérieures en bastides, construites vers l’An Mil et la chute de l’Empire Dyton. Alors que l’époque se prête difficilement à une étude urbanistique aérienne, les historiens estiment que la plupart des habitants ignoraient la rotondité de leur village. Pour les uns, leur aspect servait juste à donner de la cohésion à la cité, de telle sorte à ce que chaque villageois ne soit pas trop éloigné de la place centrale, notamment lorsqu’un départ de feu se déclarait et que chacun devait y aller de son seau d’eau pour l’éteindre le plus rapidement possible. Pour d’autres, les villes circulaires répondent à des projets politiques, à l’instar des bastides fondées au XIIe siècle et des [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=341011#p341011]villes libres[/url] partiellement affranchies de l’autorité royale. Construites ex nihilo et non par « agglomération », les bastides répondaient en effet aux motivations des villageois aspirant à l’égalité et à l’autonomie.
[center][img]https://i.imgur.com/sUAsdvi.png[/img][img]https://i.imgur.com/ulGSvxg.png[/img]
Les villes de Place-de-Nomdieu et de Goudresset[/center]
Les villes circulaires étaient à vrai dire bien plus nombreuses qu’aujourd’hui puisque celles dont la rotondité est devenue manifeste ont été attribuées aux hérétiques cathares, sans qu’aucune preuve ne soit formulée et cela dans le but de calmer les foules ou d’attirer, pour le seigneur local qui ordonnait sa mise à sac, les faveurs de l’Eglise. À la fin de la Renaissance, on les attribuera à des franc-maçons, et seront également pour plusieurs d’entre elles brûlées à cette fin. À l’heure où le caractère sphérique de la Terre est plus que jamais remis en question par de prétendus savants et hommes lettrés en vogue, ces villes circulaires sont ciblées pour l’hérésie qui prétendument les caractériserait. Les plus anciennes sont celles qui ont donc échappé à ces hostilités, soit grâce à un seigneur conciliant, soit parce qu’on ignorait leur rotondité.
Le terme de ville circulaire ne peut toutefois s’attribuer aux villes dont la topographie force une urbanisation autour d’un noyau, à l’instar de Valadières construite autour d’un monticule sur le littoral. Cependant, pour les besoins du marketing territorial et à partir du XXe siècle, dans un contexte d’essor du tourisme, nombreuses villes se doteront de cette étiquette pour les besoins de l’économie locale, profitant de la curiosité de touristes crédules, souvent étrangers.
[center][img]https://i.imgur.com/o6Fq5NK.png[/img]
Valadières, une fausse ville circulaire[/center][/justify]
Posté : mer. févr. 27, 2019 8:28 pm
par Sébaldie
FORCASTEL | Les Pébrinettes, le quartier kaiyuanais de la capitale
[center][img]https://i.imgur.com/pGXrpR1.png[/img]
Homme d’affaires kaiyuanais sur la grande place de Forcastel[/center]
[justify]À mi-chemin entre le centre-ville et les quartiers populaires de Forcastel, les Pébrinettes sont le quartier privilégié de la communauté kaiyuanaise locale. Tirant son nom du patois santognais « pebrineta » ou « pebrina » qui signifie « piment » ou « nigelle », il a été assez tôt monopolisé par des vendeurs d’épices, majoritairement eashes, installés dès le XIXe siècle. Les Kaiyuanais leur ont emboîté le pas mais ne sont sédentarisés qu’à partir du XXe siècle. Jusqu’alors, il s’agissait de marchands ambulants proposant en particulier des textiles exotiques. L’établissement d’un comptoir santognais à Tranchéry, rétrocédé à la même période à l’empire ventélien, consolide la diaspora des Pébrinettes. Malfamé jusque dans les années 1910 et refuge de clandestins, le quartier ne connaîtra son âge d’or qu’après la guerre lagarano-santognaise et l’avènement de la République. Les travaux entrepris par la Municipalité aboliront les bidonvilles qui se sont installés et un permis de séjour définitif est accordé aux Kaiyuanais présents.
[center][img]https://i.imgur.com/yMg3Yq2.png[/img][img]https://i.imgur.com/PQrwbcD.png[/img][/center]
Aujourd’hui, les Kaiyuanais dominent le quartier, qui est toutefois encore perçu davantage comme un « quartier ventélien » que comme un « quartier kaiyuanais ». L’importance communauté eashe en Santogne trouve également un écho dans cette partie de Forcastel. Les Kaiyuanais gardent un lien très fort avec leur pays d’origine, comme en témoignent la présence de plusieurs petits bureaux de voyage qui proposent des trajets en avion à tarifs très avantageux vers Tranchéry et Shengfen. Des services de téléopérateurs scrutent en effet, pour le compte de ces agences de voyage, le moindre désistement et la moindre opportunité pour obtenir des places auprès des compagnies aériennes, à quelques jours du départ. Quartier bohème par excellence qui ne dort jamais, son activité culturelle reste riche et la diaspora affiche fièrement ses couleurs lors du carnaval annuel qui investit le centre-ville. Des bazars ne se contentent plus de vendre des kyrielles de soies sous toutes formes et de toutes les couleurs mais également des objets du quotidien ou des gadgets plus ou moins étonnants, qui parfois impropres à la vente. Le quartier a aussi une face sombre que les services de l’hygiène et de la répression des fraudes connaissent bien. Plusieurs sex-shops, qui sont légions dans les Pébrinettes, ont été fermés pour proxénétisme clandestin, impliquant souvent des mineurs. Fortement unis, les Kaiyuanais savent tout de même imposer, avec toute la bienséance qui les caractérise, leurs vues à la municipalité, qui compte parmi ses élus au conseil plusieurs membres.[/justify]
Posté : ven. mars 01, 2019 4:40 pm
par Sébaldie
CAP SANTOGNE 2.000 | Le plan de relance du XXIe siècle qui aurait fait entrer le pays dans la crise
[center][img]https://i.imgur.com/M6y0O0b.png[/img]
La Santogne est entrée dans la modernité dès 1996 avec son premier site Internet.[/center]
[justify]Les années 1990 sont plutôt heureuses pour la Santogne, tant au niveau politique, économique que sécuritaire et démocratique. Avec un taux de participation aux élections générales de plus de 85 %, contre 39 % en 2035, la politique suscite encore beaucoup d’espoirs auprès des Santognais. Même si elle est moindre qu’aujourd’hui, le pays reste malgré tout marqué par une présence forte de réseaux mafieux et de corruption. Pour « entrer dans le XXIe siècle » et répondre aux défis technologiques et sociaux qui attendent la Santogne, mais aussi pour permettre à l’Etat de reprendre la main sur des activités et des régions sur lesquelles la mafia garde une influence certain, la Santogne annonce dès 1996 une politique de relance ou plus précisément, un grand emprunt de 30 milliards de pistoles qui vise à soutenir des projets d’intérêt public dans le cadre du « Cap Santogne 2.000 ». Le consensus politique est large : conservateurs et sociaux-démocrates, qui gouvernent alors le pays, se mettent d’accord sur la nécessité de préparer l’avenir. L’emprunt est également soutenu par les nationalistes, et même par une partie des députés libéraux-démocrates. Problème : le prêt est à taux variable et est contracté notamment auprès d’organismes peu scrupuleux de la « Grande Hégémonie ».
Les destinataires de cette politique sont très nombreux. Au niveau des transports, l’emprunt permet de parachever la carte ferroviaire, notamment en reliant des villes peu voire non-desservies. L’axe autoroutier entre le littoral et Oradour-sur-Méguès est prolongé jusqu’à Pénasque et les pays de l’Ouest. Pénasque se dote par ailleurs d’un aéroport international pour répondre à ses nouvelles ambitions. Au niveau économique, les secteurs innovants sont ciblés : la téléphonie mobile – avec [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342519#p342519]Filgram[/url] en tête – l’informatique – Cyloluce – et l’électronique – Parsent Multimédia – sont particulièrement chouchoutés, au dam des industries traditionnelles. À l’aube des années 2000, la Santogne fait partie des pays les mieux connectés au réseau numérique et Internet. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1013&p=347915#p347915]Orbis Communications[/url] avale une grande partie de l’enveloppe à lui seul, ce qui lui permettra d’être le fabricant de satellites le plus innovant au niveau mondial. Pour renforcer le soft power de la Santogne, d’importants moyens sont débloqués dans la culture, par une promotion très active de la gallophonie à l’international mais aussi en inondant le box-office cinématographique… [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344390#p344390]par des réalisations de piètre qualité[/url]. L’autre objectif du plan est donc d’assainir l’économie en investissant là où la mafia est présente, notamment dans le sud du pays. Pour ce faire, l’Etat santognais dote la justice de moyens bien plus conséquents, notamment par le recrutement de juges d’instruction spécialisés dans la lutte contre la corruption.
Cette idylle entre le peuple et la politique commence à se scléroser à partir des années 2010. Alors qu’il n’était que de 2.6 % en 1996, le taux d’intérêt moyen de l’emprunt approche les 10 % à la fin des années 2010, en raison des évolutions du panier de devises et de cours mondiaux sur lequel il est indexé. Les investissements dans l’économie innovante ont des résultats mitigés : Orbis Communications s’avère la seule réussite, Cycloluce et Filgram essuient un échec commercial cuisant qui leur font risquer le dépôt de bilan. Des recettes moins importantes que prévu et un taux d’intérêt en flèche conduisent à asphyxier le Trésor public. Dans ce contexte, les conservateurs arrivés au pouvoir à la fin des années 2020 entament un projet drastique de réduction de la dette. Les mesures d’austérité pénalisent d’autant plus l’économie et les Santognais les plus fortunés et mieux qualifiés préfèrent s’expatrier. La Santogne enregistre des taux de croissance démographique négatifs entre 2027 et 2033, perdant près de 10 % de sa population.
Accusé de tous les maux, le « Cap Santogne 2.000 » est devenu une arme de campagne électorale pour discréditer ceux qui ont participé de près ou de loin à cette politique même si, 40 ans après, l’argument commence à être obsolète. C’est dans ce contexte que les formations populistes, qui promettent d’allouer le denier à de véritables projets d’intérêt public, conquièrent le pouvoir en octobre 2035. Les économistes sont partagés sur la pertinence de ce plan : si la plupart le jugent catastrophique, les économistes néokeynésiens affirment que dans ses grandes lignes, l’emprunt était tout à fait justifié et qu’il aurait réellement relancé l’économie si les fonds n’avaient pas été gérés par des hommes politiques eux-mêmes sujets à la corruption. Une grande partie du fonds aurait en effet été déviée de son but principal et certains secteurs économiques et institutionnels qui devaient recevoir une enveloppe disent n’avoir reçu qu’une dotation partielle. Toujours est-il que dans la conscience collective et électorale des Santognais, la « dépense publique » a été de plus en plus vue comme un épouvantail, avec pour conséquences un moindre consentement à l’impôt et à l’autorité publique, se traduisant par un dégoût profond de la politique. Certains vont plus loin en affirmant que le « Cap Santogne 2.000 » a été volontairement torpillé par les néolibéraux pour faire adhérer la population santognaise aux principes de la politique d’austérité et de réduction de la dépense publique et ainsi combattre les idées « socialisantes ».[/justify]
Posté : lun. mars 18, 2019 7:26 pm
par Sébaldie
SPORTS | Atlas de la Santogne sportive
[center][img]https://i.imgur.com/pGSk9e7.png[/img][/center]
[justify]La pratique sportive est diversifiée en Santogne et une carte basée sur à la fois sur le nombre de licenciés et de l’intérêt médiatique porté à ces sports témoigne des différences culturelles, sociologiques voire topographiques du pays.
• Prédominance du football. À l’image du reste du monde pris dans sa globalité, le football reste le sport le plus populaire en Santogne. Ses règles faciles à comprendre, un équipement relativement peu onéreux, et les retournements de situation que peuvent procurer un match ont participé à sa démocratisation. Les provinces les plus urbanisées – telles que Forcastel, Varaunes, la Cafrie, le Caminoux et la province de Madrague – le plébiscitent largement. La Santogne du football est calquée sur la Vallée de la Méguès, qui concentre la plupart des industries et des densités de populations. Plus récemment, à la faveur des bons résultats de l’US Cazals, le ballon rond a percé dans les Champeix-d’Oèst, détrônant le rugby à XV qui y était jusqu’ici majoritaire.
• La Santogne de l’ovalie, éparpillée. Le principal fief du rugby à XV se situe au sud du pays, dans le Rascassin. Le club de Saurelles (province de Saurans) domine actuellement la compétition nationale. Globalement cependant, le rugby est l’affaire de ruraux, périurbains, de classe moyenne voire supérieure, comme en témoigne sa présence secondaire à Saint-Géraud, et sur le littoral central. Dans les montagnes du nord, connues pour ses hommes de meilleure condition physique qu’ailleurs, le rugby a également acquis ses lettres de noblesse. Il reste enfin assez puissant dans la conurbation Forcastel-Varaunes, dans les provinces du même nom.
• Le tennis, l’exclusivité des provinces riches. Ce sont dans les provinces les plus riches qu’on trouve les clubs les plus réputés et que les compétitions sont les plus suivies. La ville de Garignan (Petit-Farot) est le principal pourvoyeur de champions nationaux, voire internationaux. On retrouve le même schéma, dans une moindre mesure, dans les provinces bourgeoises de Saint-Géraud et de Garde-Lagremuse. Ailleurs, le tennis ne semble pas passionner les foules.
• Le handball, concentré dans le nord-est. Si la sélection santognaise de handball excelle dans les compétitions internationales, c’est sans doute grâce aux clubs du Sarioux, du Subriosc et de Counfrontes. Cette passion tend à gagner les côtes de Sainte-Madrague où l’on apprécie par ailleurs le volley. Les autres provinces restent cependant hermétiques.
• L’évidence du ski dans les provinces montagneuses. La pratique du ski reste limitée aux provinces où la topographie le permet, c’est-à-dire dans les monts les plus abrupts du Massif de l’Argentône : les Charancs, les Adrechs et le Mont-Saint-Emilie. Ces provinces peu peuplées et plutôt aisées vivent d’ailleurs du tourisme montagnard et du ski. Les autres provinces montagnardes, situées plus à l’ouest, ne le pratiquent que secondairement.[/justify]
Posté : lun. mars 25, 2019 3:21 pm
par Sébaldie
CODE DE LA ROUTE | Sens de la circulation automobile par province
[center][img]https://i.imgur.com/JTFdlHM.png[/img][/center]
[justify]À l’instar de la plupart des pays au monde, la Santogne a adopté une circulation automobile à droite mais il n’en a pas toujours été ainsi. Ce n’est qu’à l’aube du XXe siècle, alors que l’automobile fait son apparition dans les villes que les pouvoirs publics ont saisi la nécessité de codifier la circulation de manière uniforme sur le territoire santognais. Avant ça, la circulation à gauche fut longtemps privilégiée : au Moyen Âge, les chevaliers se déplaçaient sur la moitié gauche de la voie pour pouvoir dégainer rapidement leur épée en cas d’ennemi arrivant à contre-sens. La plupart des chevaliers étant droitiers, à l’image des humains du monde entier. Pour les mêmes raisons, les paysans se déplaçaient avec leurs chariots sur le flanc gauche, prêts à dégainer leur faucille.
Cette domination des droitiers influencera également la conception des automobiles. Le constructeur Despine fut ainsi le précurseur de la circulation à droite en disposant le frein à main à droite du conducteur. Actionner le frein à main au début du XXe siècle exigeait bien plus de force qu’aujourd’hui, d’où la nécessité de l’avoir sur sa droite. Par conséquent, le conducteur était placé sur le siège de gauche et, assez logiquement, les routes se sont adaptées aux automobiles (à plus forte raison que Despine a longtemps exercé un monopole sur le marché automobile santognais). Harmonisé au niveau national, le sens de circulation n’a cependant pas été accepté par tous les Santognais. En fonction des villes, une boutique était mieux achalandée selon qu’elle se situait à gauche ou à droite de la chaussée. C’est pourquoi, localement, des villes ont décrété le maintien de la circulation à gauche, pour répondre à la pression de ces bourgeois.
En raison d’un trafic automobile encore faible, la jeune République de Santogne n’a pas jugé nécessaire de réprimer les villes contrevenantes. Le « code de la route » n’était alors qu’une succession de recommandations. L’intensification du trafic mais aussi l’amélioration des performances techniques des automobiles, nettement plus rapides, ont bien sûr changé la donne et le pouvoir exécutif a dû mettre au pas les villes et provinces réfractaires, au nom de la sécurité publique. Aujourd’hui, quasiment tout le pays roule à droite… à quelques exceptions près. La compétence « transports » étant dévolue aux conseils provinciaux, institués à la fin du XXe siècle, certaines provinces maintiennent une circulation à gauche. Mais pour des raisons essentiellement pratiques : il s’agit des provinces les plus montagneuses et escarpées de l’Argentône, où certaines voies sinueuses peuvent se montrer très dangereuses si le véhicule ascendant ou descendant roule à droite. Par simplicité, la mesure a été étendue à toutes les voies des provinces concernées, mais elles concernent un nombre très réduit d’automobilistes. Cette mesure n'est qu'à titre dérogatoire, pour quelques voies, les provinces n'ont pas le pouvoir de faire adopter une circulation à gauche.[/justify]
Posté : ven. mars 29, 2019 9:53 pm
par Sébaldie
LANGUES | Compréhension et apprentissage des langues étrangères.
[center][img]https://i.imgur.com/j3ucXUZ.png[/img][/center]
[justify]Le tableau ci-dessus attribue pour chaque langue un score qui illustre la facilité d’apprentissage pour un Santognais de langue gallique. Plus le score est faible, plus la langue est facile à apprendre pour lui et inversement. Ce score est plus ou moins élevé, selon la famille linguistique et sa proximité avec le gallique ; l’alphabet utilisé ; et son usage en Santogne. Des déclinaisons linguistiques et autres patois sont également évalués selon la même échelle, avec un score pouvant être sensiblement différent.
On distingue sept niveaux de difficulté, selon les scores :
Niveau 0 - Inférieur à 15 : Langue maternelle et patois assimilés.
Niveau I - 15 à 30 : Langues proches du gallique et/ou très faciles à apprendre pour un Santognais.
Niveau II - 30 à 45 : Langues présentant des similarités avec le gallique, accessibles pour un Santognais.
Niveau III - 45 à 60 : Langues accessibles mais présentant de sensibles différences avec le gallique santognais.
Niveau IV – 60 à 75 : Langues avec des différences significatives, exigeant un apprentissage important pour un Santognais.
Niveau V – 75 à 90 : Langues difficiles à apprendre pour un Santognais, exigeant un apprentissage très important.
Niveau VI – Plus de 90 : Langues exceptionnellement difficiles à apprendre pour un Santognais.
On remarque ainsi que le patois santognais tend au fil du temps à se perdre au prix de l’harmonisation du gallique, à un vocabulaire et à une grammaire qui lui empruntent moins qu’auparavant. L’italique libérien est moins accessible que sous sa forme standardisée, en raison des influences slaves (Arovaquie) et algarbiennes (Nazalie) qu’il subit. Il reste toutefois aussi compréhensible que l’hispanique parlé dans le sud de la Santogne.
L’anglais westrait, d’harmonisation plus récente, reste plus à la portée des Santognais que celui parlé au Lorthon et en Ennis, où des archaïsmes médiévaux subsistent, au détriment d’une intelligibilité auprès des peuples étrangers. Ce phénomène se retrouve également à travers le töttern, mieux compris sous sa forme standardisée. Autre langue régionale parlée en Santogne, l’euskal est appréhendé plus difficilement par les Santognais.
Aux niveaux IV et supérieurs, on retrouve des langues qui n’utilisent pas l’alphabet latin, à l’exception du tlaloctlictec, que l’on retrouve de plus en plus sous forme romanisée. Malgré la proximité de la Santogne avec les Ménechmes, l’hellène reste d’approche plutôt difficile pour un Santognais, plus encore que le russe bykovien. L’arabe est quant à lui plus ou moins intelligibles, selon la région dont il est issu : l’arabe d’Aminavie, où le gallique jouit d’une reconnaissance officielle, a emprunté de nombreux vocables aux Santognais, rendant sa compréhension plus aisée. Ce qui n’est pas le cas avec l’arabe parlé en Hachémanie. Mais ce sont les langues ventéliennes qui sont de loin les plus difficiles à apprendre pour le Santognais.[/justify]
Posté : dim. avr. 07, 2019 8:40 pm
par Sébaldie
RACISME | Des attaques surtout orientées contre les « profiteurs »
[center][img]https://i.imgur.com/GEZSR00.png[/img]
Illustration : Fresque anti-gitans à Fos-sur-Méguès[/center]
[justify] La Santogne, fille rebelle de l’Eglise historiquement peu séduite par la chimère d’une Dytolie blanche catholique
La Santogne est-elle raciste ? Cette question suppose déjà de dissocier les positions du gouvernement de celles de la population. L’élection en 2035 d’un gouvernement populiste, mêlant à des anti-système de gauche des identitaires très emprunts par la rhétorique anti-migrants, peuvent a priori donner l’impression que les Santognais seraient xénophobes mais ce serait omettre que le gouvernement qui a été élu l’est avec une très faible légitimité démocratique, avec une abstention électorale supérieure à 60 %. Quand bien même, au-delà du discours de campagne, la Ligue du Renouveau ne mène pas une politique foncièrement raciste et tente plutôt de conjuguer les différents courants internes, des simples adversaires à la finance aux identitaires purs et durs qui prônent le retour de la langue d’oc comme langue officielle, un courant somme toute minoritaire, quoiqu’en expansion devant la perte de valeurs que le pays connaît depuis des années. Le racisme, ensuite, partirait du postulat que la « race santognaise » serait supérieure aux autres ethnies, une affirmation difficile à justifier au regard de la composition socioculturelle du pays et de son histoire. Liaison terrestre entre la Dytolie et l’Algarbe, et influencée par des courants celtiques venus de l’ouest, la Santogne n’est pas une nation uniforme qui pourrait consolider une identité.
Fille rebelle de l’Eglise, la Santogne est également empreinte des préceptes catholiques qui, comme l’étymologie le rappelle (en hellène « katholikós ») se veulent universels indépendamment de la couleur de peau ou de l’ethnie. Des principes de non-discrimination également partagés par d’autres formes de confession chrétienne. À défaut d’être raciste, la Santogne serait-elle le fer de lance d’une Dytolie blanche chrétienne, boutant païens et infidèles hors de son territoire ? Rien n’est moins sûr, ses rapports souvent tendus avec l’Eglise l’ont amenée à s’interroger sur ses pseudo-frères chrétiens voisins, qui l’ont davantage combattue que soutenue dans une alliance. Au XVIIIe siècle, la Santogne fait partie des rares chrétiens à avoir mené une guerre ouverte contre les Etats pontificaux, qu’elle a gagnée grâce à des alliances opportunes avec le protestant Lorthon ou l’hindou empire eashate, tout en se faisant conseiller par des diplomates juifs, dont l’ingéniosité a empêché la Santogne de sombrer définitivement. Déjà à cette époque, les Santognais ont appris que leurs coreligionnaires pouvaient être leurs ennemis, une méfiance qui a divisé le pays entre soutiens du pape et partisans d’une Eglise de Santogne plutôt hétérodoxe. Les brassages ethnico-culturels, qui ont été facilités par la multiplication des échanges du pays avec ses alliés non chrétiens, ont d’autant plus mis à mal l’idée d’une « race santognaise » fondée sur des critères ethniques et religieux. Peu de Santognais peuvent s’enorgueillir de n’avoir que du sang de Dytolien blanc depuis deux siècles, et encore moins les nobles qui constituaient la classe dominante.
[center][img]https://i.imgur.com/wfwMjMW.png[/img][img]https://i.imgur.com/JS9TQdC.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/9XJjL4l.png[/img][img]https://i.imgur.com/uOtsc9I.png[/img]
Un « racisme » protéiforme
Illustration : Conflit de voisinage entre Santognais et gitans – Action militante de traditionalistes
Tag anti-musulmans sur le mur d’une salle de boxe – Caricature au vitriol d’hindous eashates[/center]
Un racisme dirigé contre les « profiteurs », au premier rang desquels les gitans
Cela ne suffit cependant pas à conclure que le racisme n’existe pas en Santogne, mais simplement qu’il n’est pas un phénomène massif et que lorsque la race présumée d’une personne est prise pour cible, c’est simplement pour appuyer un autre grief. C’est-à-dire que les Santognais doivent être en conflit avec un interlocuteur pour qu’il lui rappelle ses origines ethniques pour appuyer son propos, et que l’origine ethnique n’est pas l’élément déclencheur. La crise économique a surtout mis en exergue l’hostilité des Santognais à l’égard de « ceux qui se gavent », des profiteurs du système, en plus du Système lui-même. Le « racisme anti-gitans » est de loin le plus manifeste en Santogne. Que ce soit leur mode de vie nomade qui leur permet de ne pas être assujetti à des taxes foncières ; les nuisances sonores inhérentes à cette vie en communauté ; le métier qu’ils exercent ou le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348523#p348523]faste[/url] dont ils peuvent faire preuve jusqu’à la mort, les gitans sont régulièrement vus comme des « parasites », qui profitent de la Santogne sans jamais lui verser quoi que ce soit. Un réquisitoire en partie vrai puisque les gitans sont parmi les mieux lotis du pays, contrairement à leurs [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=349941#p349941]cousins valdaques[/url], tout aussi honnis, mais nettement plus miséreux. La présence gitane en Santogne est ancienne et l’hostilité l’est tout autant, mais elle a atteint des niveaux jamais égalés au plus fort de la crise, avec de régulières rixes, qui sont autant à l’initiative d’un camp que de l’autre. C’est en outre un autre exemple que les Santognais ne voient pas forcément dans leurs coreligionnaires nomades des « frères ».
Des formes de « racisme » ont vu le jour par des vagues d’immigration plus récentes. Ainsi, des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341972#p341972]faits divers[/url] assez marginaux, de mariages blancs entre jeunes hommes eashates et femmes quadragénaires santognaises, ont participé à des épisodes d’hostilité des Santognais à l’égard de ces profiteurs venus de Janubie. S’y sont agrégées des critiques sur leur couleur de peau et leur religion, sans toutefois que ce soit les raisons principales. Les opposants les plus radicaux s’amusent, de temps à autre, à déposer une tête de veau devant un temple hindou ou des lieux de sociabilité fréquentés par des Eashates mais ces événements restent très rares et globalement, la cohabitation entre Santognais et Eashates se fait sans encombre, et ce d’autant plus qu’ils contribuent à l’économie et à [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349795#p349795]sauver des entreprises[/url] condamnées à la fermeture. On observe les mêmes phénomènes à l’égard de la communauté musulmane, où la tête de veau devant le temple hindou est remplacé par la tête de porc devant la mosquée. Plus prosélyte, l’islam y est bien moins accueilli et les musulmans peuvent à cet égard être victimes de frictions plus importantes qu’avec les Eashates hindous. Mais quelles que soient les cibles, les Santognais s’accordent à dire que l’on n’arrive pas chez quelqu’un les mains vides, même s’ils ne respectent pas toujours eux-mêmes ce principe quand ils partent s’expatrier.[/justify]
Posté : mer. juil. 10, 2019 9:07 pm
par Sébaldie
CAMPING | « Jamais sans ma caravane » : de la simple pratique vacancière à la philosophie de vie
[justify] Scout ou simple baroudeur : du succès du camping chez les Santognais
[center][img]https://i.imgur.com/gADMmXn.png[/img][img]https://i.imgur.com/s8DkPK6.png[/img]
Illustration : Camping dans le Sud de la Santogne / Santognais campeurs dans les années 1970[/center]
Il existe deux Santogne de démographies équivalentes : l’une circonscrite au territoire national et l’autre, constituée de membres de la diaspora circulant sur les routes du monde à la recherche de la simple aventure ou d’une herbe plus verte. L’intérêt du Santognais pour la pratique du camping, chez lui comme à l’étranger, trouve sans doute une explication historique dans l’importance du scoutisme, introduit au début du XXe siècle, et qui a pu se développer à la fois avec la bienveillance de l’Eglise catholique mais en gardant une grande autonomie vis-à-vis d’elle. Les organisations scoutes sont encore très actives dans l’ouest du pays, mais surtout dans le Massif de l’Argentône, qui se prête parfaitement aux activités pratiques dans la nature. Aujourd’hui, les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343867#p343867]stages de survie[/url] permettent aux moins jeunes de se reconnecter à la nature. Laïques mais radicaux et bien plus politisés, ces stages sont l’illustration contemporaines du camping au sens initial.
Le développement du salariat dans la première moitié du XXe siècle et les progrès techniques qui permettent à tout un chacun de voyager dans le pays dans des délais et prix raisonnables ont contribué à l’essor du camping tel qu’on le connaît aujourd’hui, c’est-à-dire sous très organisée et réglementée. Les campings sauvages mais inoffensifs sur la plage ont cédé leur place à des complexes de vacances qui privatisent un bout de la plage. Le littoral restreint de la Santogne fait assurément l’objet de nombreuses convoitises. Au niveau technique, mobil-homes, caravanes et camping-cars ont remplacé le sac à dos de vingt kilos et les tentes construites au prix d’une longue persévérance. Les Santognais ont été très vite très friands de ce modèle : on compte près de 4 000 campings à travers le pays.
Le camping communautaire, une réponse au délitement au lien social
[center][img]https://i.imgur.com/TE4aVrg.png[/img][img]https://i.imgur.com/6b3htDM.png[/img]
Illustration : Yoga dans un camping naturiste / Camping-kibboutz près d’Aubinergues[/center]
Le succès du camping n’est pas synonyme de sa démocratisation. La crise économique des années 2020, qui a mis de nombreux Santognais sur le carreau, les ont pour beaucoup incité à repenser leur propre mode de vie et leurs aspirations ; et la vie en camping communautaire leur est apparu comme un palliatif à une société dans laquelle ils ne trouvaient plus leur place. Les campings de cet acabit se sont multipliés de manière exponentielle durant cette période, avec chacun leur propre promesse et leur propre fondement. Le camping est ainsi devenu un lieu d’habitation permanente pour beaucoup de Santognais qui en ont fait le choix, alliant le contact direct avec la nature sans les inconvénients de l’isolement social rural, mais sans également les avantages des constructions en dur.
Un exemple notable est celui des « campings kibboutz » fondés à l’initiative de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341456#p341456]Juifs[/url] socialistes et qui fonctionnent sur la mise en commun aussi bien des moyens de production assurant l’autosuffisance et une rétribution égalitaire, que des moments de la journée avec la prise en commun des repas dans le réfectoire. Loin d’être des lieux de villégiature, ces communautés ont pourtant adopté légalement le statut de campings pour faciliter leur démarche, notamment parce qu’il permet de garder le choix d’accueillir ou non certains « clients », sans que cela ne soit anticonstitutionnel, mais aussi parce qu’un tel statut permet de garder la mainmise sur le foncier. Il en existe très peu en Santogne, compte tenu entre autres de la faible démographie juive, mais leur expérience politique en a inspiré bien d’autres, sur d’autres fondements. Outre les campings naturistes reposant sur l’idéal de la vie sans parure, chaque communauté motivée par des raisons politiques tente d’avoir elle aussi son propre « Etat dans l’Etat ».
Ces Santognais « campeurs par obligation »
[center][img]https://i.imgur.com/rTFzFYI.png[/img][img]https://i.imgur.com/npFT7WO.png[/img][/center]
De nombreux Santognais continuent cependant de vivre dans de vieux mobil-homes ou trouver leur place dans de vieilles caravanes parce que ce mode de vie leur est moins onéreux, un phénomène qui s’est par ailleurs accentué dans les années 2020. Leur sort, toutefois, est loin de susciter l’émoi puisque d’aucuns considèrent la vie dans un lieu officiellement destiné pour les vacances comme une contrainte. Surtout dès lors où ils sont amalgamés à des gitans, et donc [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349998#p349998]à des « profiteurs »[/url]. Pour autant, ils ont des revenus bien inférieurs à ceux des gitans santognais, et restent socialement isolés, ne sont pas intégrés à un groupe soudé comme peuvent l’être certains nomades. Expulsés de leur propriété ou hommes et femmes rincés par un coûteux divorce, les profils sont suffisamment variés mais une majorité vise un retour à une vie sédentaire. C’est que la vie en camping a ses inconvénients tels que des coupures saisonnières de l’eau voire de l’électricité, mauvaise isolation, manque de place… Peu protégés par la loi, ces campeurs par obligation restent ainsi à la merci des autorités même si pour l’heure – devant la difficulté de loger tout le monde et les garanties importantes exigées par un propriétaire à son locataire – l’Etat santognais s’est résigné à tolérer ces habitats de baroudeurs devenus permanents. [/justify]
Posté : sam. août 17, 2019 3:57 pm
par Sébaldie
TÉLÉVISION | « Palabres », une institution télévisuelle entre l’espace de liberté totale et le talkshow poubelle
[center][img]https://i.imgur.com/hNsRqPI.png[/img]
Deux invités s’échangeant des noms d’oiseau au sujet d’une actualité de violences policières[/center]
[justify] Plus de vingt ans d’antenne
L’émission Palabres est connue de tous les Santognais. Depuis 2017, elle est diffusée une fois par semaine sur la chaîne publique Cadena 1, ordinairement le lundi soir à partir de 22 heures et peut se prolonger jusqu’à très tard dans la nuit, vers 3 heures du matin le lendemain. Née de la crise économique et la désertion du public des formats traditionnels, la chaîne a voulu innover en proposant une émission avec un décor et un principe simplistes, celui de faire intervenir des personnalités de toutes origines pour commenter l’actualité sans tabou, sans limite de temps, et sous l’arbitrage d’un animateur plutôt effacé. Si le succès de l’émission est au rendez-vous depuis plus de vingt ans, celui-ci est contrasté par les nombreuses polémiques qui l’entourent. Ses détracteurs lui reprochent d’être une « dictature éditocratique » ou une « inquisition » dont le seul but serait de détruire des carrières, des personnes.
Si l’émission est diffusée sur une chaîne publique, et donc subventionnée par les deniers publics, son indépendance vis-à-vis du pouvoir, qu’elle critique allègrement, est néanmoins garantie. Les rentrées publicitaires, qui ont permis au gouvernement santognais d’éviter de vendre ses canaux télévisuels, suffisent à épargner Palabres de mesures de rétorsion. Les critiques, paradoxalement, viennent plutôt des téléspectateurs eux-mêmes et les pétitions pour réclamer la déprogrammation de l’émission, sont légions, avec l’argument du refus de « payer des impôts pour de la télé-poubelle ».
Le seul moyen de réconcilier les Santognais avec le débat public ?
Chaque émission s’articule autour de plusieurs sujets d’actualité ou d’invités qui s’installent dans un fauteuil au centre du plateau, cuisinés par l’ensemble des chroniqueurs et des autres invités, ce qui renforce d’autant plus l’impression d’un « procès médiatique ». Pour garantir une certaine neutralité, les chroniqueurs – qui interrogent les invités - sont présumés appartenir à différentes sensibilités politiques. L’émission s’attarde ainsi à sélectionner trois ou quatre chroniqueurs en fonction. À titre d’exemple, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351484#p351484]Cassian Larrieu[/url] du journal Sentinelles intervient régulièrement comme chroniqueur comme incarnation de la « droite populaire » voire de l’extrême droite. Ce dernier a d’ailleurs reçu en 2037 un verre d’eau de la part d’une actrice engagée à gauche, excédée par ses propos.
Les controverses qui entachent l’émission sont liées essentiellement à la violence verbale des échanges. L’émission est passée à côté de la déprogrammation lorsque, en 2035, une jeune chanteuse pré-adolescente en vogue, du nom de Faneta, a fondu en larmes et a quitté le plateau après une salve de critiques acerbes des chroniqueurs déplorant la médiocrité de son registre musical. Le caractère brutal de leur intervention a d’autant plus heurté la sensibilité du public qu’elle a touché une « enfant ».
Pour des raisons différentes, de nombreuses personnalités politiques boycottent l’émission qui selon elles discréditent le service et le débat public. Pour autant, passer sur Palabres est un mal nécessaire, qui permet d’atteindre, malgré son heure tardive de diffusion, une large audience de Santognais initialement désengagés de tout ce qui touche de près et de loin à la politique. Un homme politique peut ainsi aussi bien se faire interroger par un journaliste que par une personnalité du showbiz et c’est ce mélange des genres, de l’information et du divertissement qui permet aux politiciens de redorer leur parole, largement discréditée scrutin après scrutin. Mais c’est évidemment une opération risquée, tant le verbiage et les sujets diffèrent des émissions politiques classiques, bien plus convenues. [/justify]