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Posté : ven. mai 06, 2016 8:40 pm
par Vladimir Ivanov
La Confrérie Tian-Guó et les grandes philosophies austro-orientales (5)
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LE BOUDDHISME
Le Bouddhisme est plus qu'une philosophie, c'est une religion. Elle viendrait de Siddhartha Gautama, son chef spirituel et fondateur qui a vécu au Ve ou VIe siècle avant J-C.
Nous irons vite sur ce sujet, parce qu'il s'agit d'une religion, donc touchant davantage à la sensibilité des gens qu'à leur raison déductive. Toutefois, comme chaque religion, elle fut maintes fois interprétée, parfois jusqu'à la vie politique, et il convient donc d'y trier les mauvais et les bons fruits d'une vision du monde qui, rappelons tout de même, se réclame à la fois philosophie et religion.
Nous distinguerons d'avance le bouddhisme makaran originel, du bouddhisme "de show-biz" pratiqué par quelques célébrités multi-millionnaires des pays riches, qui salissent avec leur argent, leur gloriole superficielle et leur sexualité débridée, la beauté de cette croyance.
Le premier constat qui vient à l'esprit lorsque l'on étudie cette religion, extérieurement, c'est que par bien des aspects, le bouddhisme ressemble au christianisme.
D'abord par le rigorisme et la beauté de la pratique, et donc des actions concrètes qu'il demande. La générosité, qui va jusqu'à se défaire de ce que l'on a pour le donner à ceux qui en ont plus besoin, est ainsi un acte de vertu bouddhiste. A l'instar du christianisme (charité chrétienne) et de l'islam (aumône). L'islam étant rappelons-le une religion merveilleuse par bien des aspects, malgré bien-sûr de profondes divergences sur plusieurs questions fondamentales. Le bouddhisme défend ensuite 5 grands préceptes dans le comportement humain de la vie quotidienne : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas se droguer -alcool et tabac y compris !- et bien-sûr, la fidélité et l'honnêteté en amour. Si les circonstances nous poussent souvent à y contrevenir (psychologies fragiles dues aux difficultés d'une vie injuste), autant de justificatifs parfois tout à fait crédibles voir sains, l'axiome de base est approuvé totalement par notre Confrérie autant que par le christianisme. Par exemple, pour un misérable, voler une personne qui accumule les richesses en surplus pour son égo et ses caprices, n'est pas seulement une "petite faute", c'est aussi un droit, et même je dirai, un devoir si la cause de ces actes est purement politique. Fumer du tabac ou boire de l'alcool ne sont pas mauvaises choses s'ils sont consommés avec modération et si le contexte y pousse. Mais, tous ces comportements, placés hors de leur contexte, sont négatifs et néfastes. L'alcool et le tabac nuisent à la santé, et peuvent nuire à celle des autres. Le vol, même à un riche, peut entrainer des conséquences dramatiques, et parfois pires que les maux initiaux qui ont poussé à cet acte. Le mensonge, même à un enfant pour "le faire rêver" (idioties du père Noël...) est, pire encore, une faute gravissime. Il faut dire la vérité, et cela en toutes circonstances si l'on excepte les cas de nécessité absolue. Il est important, très important de comprendre tout cela. Ainsi la confrérie adhère complètement à ces cinq préceptes, et s'ils doivent être interprétés avec souplesse, ils ne doivent jamais être oubliés ou laissés de côté. L'objectif à terme est de les faire respecter de manière absolue, une fois le capitalisme vaincu.
Si l'honnêteté en amour va de soi, la fidélité aussi : une famille idéale se compose d'un père, d'une mère (amour conjugal stable) et de leurs enfants, et il ne peut en être autrement. Du moins dans l'idéal de la famille... parce que l'Amour en l'Humanité et en chacun est plus fort que la famille elle-même, et si celle-ci doit périr pour que règne l'amour de tous pour tous, alors qu'il en soit ainsi. Les familles doivent rester soudées entre-elles et ne surtout pas entrer en concurrence. Les couples ne doivent surtout pas tomber dans un inepte "conjugalisme", qui serait au final, indiscutablement plus égoïste encore que l'individu solitaire, puisque ce dernier ne peut pas, techniquement, manipuler un tiers à son profit, comme cela se passe souvent dans les couples qui dégénèrent alors en rupture ou en femme battue.
Pour conclure juste sur la fidélité en amour, elle ne se résume pas au couple. La fidélité concerne aussi les personnes extra-familiales dans les limites de nos possibilités psycho-physiques et de la vie locale.
Autre point commun entre christianisme et bouddhisme : la méditation. La prière chrétienne se distingue toutefois comme étant une relation particulière et personnelle avec Dieu. Absolument gratuite, parfois collective, mais jamais seule : Dieu est présent.
Là où le bouddhisme le fait parfois dériver vers une autosatisfaction égocentrique qui plait tant aux milieux du show-biz et au système économique capitaliste en général, qui récupère à son compte cet élément commun du bouddhisme et du taoïsme, à savoir le yoga (payant et commercialisé...), pour compléter la dureté sociale de ses travailleurs en quête de décompression (en plus de la prostitution, des casinos, des drogues...).
Heureusement, le bouddhisme authentique, l'initial, le makaran, se fonde avant-tout sur une méditation fondée sur l'humilité personnelle, et souvent même la communion collective dans les monastères.
Le bouddhisme authentique, à distinguer, nous nous permettons d'insister, des interprétations occidentales capitalistes pour célébrités ou télévisions divertissantes de grands-mères, condamne avec force les excès du ritualisme : elle se veut une pratique concrète, réelle, en acte utile. Le culte de la chance et ses superstitions, les porte-bonheurs et gri-gris doivent être bannis. Inutiles et même néfastes à l'esprit, ce genre de pratiques n'a finalement rien à voir avec le bouddhisme contrairement à ce que certains pensent souvent. Le christianisme, malgré sa liturgie parfois poussée, condamne également les superstitions.
Il y a trois "riens" essentiels dans le Boudhisme : le temps (impermanence : tout s'achève inévitablement), la perfection (insatisfaction : rien est jamais parfait) et l'unicité (rien n'existe par lui-même : tout n'est qu'assemblage).
Des questions techniques que les bouddhistes eux-même pourront nous expliquer.
Mais par-dessus tout, le fondement du bouddhisme, c'est le dhamma. Le dhamma n'est rien d'autre que l'essence même de tout l'enseignement de Bouddha, qui consiste à comprendre la réalité avec raison et sagesse, faire la part des choses, trier l'utile de l'inutile, le mauvais du bon, se critiquer soi-même, se purger même, afin de nous libérer. Nous libérer de la souffrance, très exactement.
Cette souffrance provenant de notre attachement aux choses, des choses que l'on perd inévitablement, des choses que l'on risque de perdre même bien avant la mort, alors le bouddhisme nous dit : "ne nous y attachons pas". "Libérons-nous en".
Curieusement, sans émettre la moindre critique, c'est ce que Terienkov essayait de faire en URKR et dans les pays contrôlés par la Main Noire : [url=http://www.simpolitique.com/post219977.html#p219977]libérer totalement l'homme de ses attachements matériels, sentimentaux et égoïstes (à soi-même).[/url] Mais bien-sûr, cela fut appliqué d'une manière telle, et dans un objectif si particulier, qu'il n'avait strictement rien à voir avec une quelconque forme de bouddhisme. Bien heureusement.
Cependant, nous pensons que cette aspiration bouddhiste au détachement des choses n'est pas exactement la même que celle prônée par le christianisme ou le communisme. Les chrétiens prônent l'abandon de soi-même à Dieu et l'amour par tous et pour tous. Le communisme prône l'abandon de soi-même à la collectivité (laquelle rétrocède ensuite à chacun le fruit sublimé de ce sacrifice initial, rendu meilleur par une Justice réelle). Mais tout cela n'empêche pas de s'attacher à ses proches, à la Vertu et à l'Humanité ! Oui, cela fait souffrir... mais voilà une souffrance saine qui nous rappelle notre Humanité et l'amour que l'on se doit d'avoir et d'entretenir pour chacun. Le bouddhisme lui, semble prôner l'abandon de toute forme d'attachement, et donc de l'amour lui-même.
Mais je préfère donner la parole à un bouddhiste authentique plutôt que de critiquer "extérieurement" à cette religion. Il aura certainement une explication claire pour nous rassurer à ce sujet.
Ce qu'il y a de sûr, c'est que la déduction finale de la philosophie bouddhiste, à savoir que, pour vivre heureux, il faut se contenter du minimum, démontre toute la beauté de cette croyance et de sa logique. Un bon chrétien comme un bon communiste y souscrit totalement. Mais en définitive, il y a une chose qui ne peut pas avoir d'excès, et dont il ne faut jamais se contenter du minimum : c'est l'amour que l'on a pour autrui.
Liang Xiuquan, guide-fondateur de la Confrérie Tian Guo.
[quote]RÉSUMÉ DE LA RELIGION BOUDDHISTE
===> tout est dans la compréhension du détachement
_ comprendre la réalité pour se libérer de toutes souffrances, comprendre le bien, observer et s'entrainer (bonnes habitudes)
_ on prône le détachement (car attachement = souffrance)
Il y a trois façons de pratiquer le bouddhisme :
_ générosité (aider les autres, se défaire de ce qu'on a pour le donner à ceux qui en ont plus besoin)
_ vertu (bon comportement, respect, 5 préceptes : ne pas tuer, ne pas voler, fidélité et honnêteté en amour, ne pas mentir, ne pas se droguer -alcool, tabac...-)
_ méditation (développer la concentration et l'attention, être conscient de ce que l'on fait dans la vie quotidienne, partout et toujours)
_ contre les excès du ritualisme (prier les esprits, culte de la chance, superstition ===> inutile ! ==> il faut une pratique concrète)
_ dhamma : l'enseignement de Bouddha, qui consiste à comprendre la réalité pour se libérer de nos attachements (et donc de nos souffrances)
_ impermanence (tout a un début et une fin), insatisfaction (rien est jamais parfait), rien n'existe par lui-même (tout n'est qu'assemblage)
_ pour être heureux, il faut se contenter du minimum[/quote]
Posté : dim. mai 08, 2016 1:49 am
par Vladimir Ivanov
Liang Xiuquan : le Kirov éranéen
[url]https://www.youtube.com/watch?v=9BAiead7Zh4[/url]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483435-328966liangxiuquan2.png[/img]
La première vertu de Liang Xiuquan est son humilité matérielle et sa légendaire discrétion : vêtu d'un simple col mao unicolore noir, il vit et travaille à la campagne aux côtés de ses apôtres sans se distinguer d'eux au premier abord. Sa maison de bois et de pailles est petite et le confort général laisse à désirer. Il n'y a ni électricité, ni eau potable en accès direct. Une quantité importante de travaux manuels sont donc indispensables au bon fonctionnement du village dans lequel il réside, et Liang participe lui-même à ces travaux auxquels il voue une partie non-négligeable de son temps. Ses conseillers le critiquent parfois : "vous ne devriez pas faire ce genre de travail, vous devriez déléguer, vous avez plus important à faire pour le bien de toute la communauté à l'échelle de toute l'Eran !" Mais Liang est obstiné.
Grâce à un certain charisme passif et à une inflexible détermination, aguerrie par ses souffrances passées, il jouit d'une aura particulière et bien-sûr d'une autorité naturelle incontestable sur son entourage et l'ensemble des disciples de la Confrérie.
A la fois admiré et respecté, il est aussi craint pour sa dureté : des peines de travaux forcés particulièrement pénibles sont infligés régulièrement à ceux qui manquent de discipline et contreviennent aux règles strictes de la Confrérie.
Il est vrai que Tian Guo est réputé pour sa dureté moralisatrice, son intransigeance puritaine : les excès tels que l'ivresse et la fornication sont passibles ni-plus ni-moins que de la peine de mort. Heureusement, cette sentence (justifiée qu'en cas de circonstances exceptionnelles) est systématiquement commuée en peines de travaux forcés, souvent pour plusieurs années : c'est-à-dire que le malheureux sera condamné aux tâches les plus pénibles de la vie de la communauté et sera banni de toutes les fêtes. La Confrérie prévoit même dans les prochains mois la mise en place d'un vaste réseau de camps de rééducation au centre de l'Eran pour toutes ces personnes condamnées. Le système totalitaire et son dispositif régénérateur est en marche.
Mais Liang voue également beaucoup de son énergie à la lutte contre les excès dans les sentences et les décisions arbitraires. Par exemple, dans son propre village, des petits "bourreaux" qui profitaient de la peine de condamnés pour se moquer d'eux et les battre à coup de bambous furent arrêtés par Liang lui-même, qui les força à s'agenouiller et à s'humilier devant leurs victimes, visages contre terre. A leur tour, ils furent condamnés à subir la même peine. Cette histoire en fit réfléchir plus d'un, et désormais, les camarades-soldats chargés de surveiller le travail des sanctionnés se font durs, mais toujours respectueux, sous l'exemple de leur modèle, Liang.
S'acharnant à combattre la "violence inutile", le guide-fondateur de la Confrérie prône comme valeur suprême, au-dessus de lui-même et de toutes les règles de la Confrérie : l'égal respect de la dignité humaine de tous et pour tous.
A l'instar de Kirov en Rostovie, Liang Xiuquan refuse les aisances de la vie facile que peut offrir le pouvoir : il méprise l'argent, les repas trop consistants et les excès dans la vie quotidienne par rapport aux fêtes, à l'alcool et bien-sûr au sexe. Comme Kirov, c'est un puritain intransigeant.
Sa relation avec les femmes est d'ailleurs étrange : adepte de l'égalitarisme absolu entre les sexes jusqu'à condamner explicitement le "masculinisme", son "féminisme" militant ne l'empêche pas... de refuser régulièrement aux femmes de l'approcher, en particulier lorsqu'elles sont belles... au point d'être très froid voire légèrement agressif lorsque le hasard des circonstances le pousse à en croiser. Ce "mépris" apparent pour les femmes dissimule justement tout le contraire. Mais Liang hiérarchise férocement ses propres désirs : la volonté rationnelle est prioritaire (travail pour la Confrérie et la Révolution communiste en Eran), l'envie passionnelle est secondaire voire sacrifiable.
Liang est un humble serviteur de la cause féminine en vertu de l'égalité homme-femme. Il n'est pas un conquérant coureur de jupon. Il ne doit surtout pas profiter de son grand pouvoir, lequel risque de le corrompre. Quant aux femmes qui chercheraient à tourner autour de lui justement pour son statut de chef... elles manquent à leur tour d'humilité par leur gout malsain envers les hommes de pouvoir. Ainsi, une femme qui oserait le séduire serait doublement suspectée d'ambition sociale et d'espionnage... et risquerait jusqu'à la peine de mort.
L’Égalité communiste est à double tranchants. Elle dépasse toutes les individualités.
Pendant les fêtes traditionnelles, que la Confrérie organise régulièrement par respect pour l'Histoire culturelle et les coutumes des régions concernées, il se tient à part, souvent seul, regardant avec un sourire naturel ses disciples s'amuser... tel un peintre contemplant son œuvre. Rien ne le rend plus heureux que de voir ses disciples s'épanouir dans une fête saine et vertueuse.
Certains l'incitent à y participer, des jeunes et belles filles osent parfois l'inviter à danser, mais il refuse poliment, toujours.
Refusant les éloges et le culte de la personnalité, ceux-ci se font tout de même, "derrière son dos"... malgré sa volonté. Il n'existe aucune statue en son honneur, aucun portrait officiel ni chez lui, ni dans son village. Ailleurs, des images le représentant circulent, mais elles sont rares et ne viennent pas de lui.
Bourreau de travail, humble et ascète, il n'est pas dépourvu de défauts [c'est le moins qu'on puisse dire : voir dernière phrase de ce sujet] et, parfois imprévisible, peut avoir de surprenantes réactions.
Un jour qu'il travaillait sur des dossiers relevant de la nouvelle influence de Tian Guo sur la capitale éranéenne (qu'il fallait surveiller), il vit de sa fenêtre un enfant jouer dans un bac à sable, et moqué par quelques uns de ses camarades, tous du même âge. D'un coup, Liang se leva, et, comme s'il voulait donner une bonne leçon aux harceleurs, il se rendit hâtivement vers les enfants. C'est alors, plutôt que de disputer les voyous (impressionnés de voir le chef de la plus puissante organisation communiste du Makara leur faire face), il s'accroupit à côté du jeune garçon moqué, et joua avec lui pendant au moins 20 minutes dans le bac à sable ! Au grand bonheur de l'enfant consolé, et à la stupeur de ses assaillants, complètement désarçonnés !
La mère du garçon était gênée lorsqu'elle devait le récupérer... et les conseillers aussi. L'enfant ne voulait plus quitter son deuxième père ! Bien-sûr, Liang le "rendit" à sa mère, avec respect, le visage souriant. Intimidée et impressionnée, elle le lui rendit bien. Les conseillers eux, le pressèrent de régler la crise qui se déroulait actuellement à In Tao.
Liang Xiuquan s'était fait un seul et unique véritable ami depuis la fondation de la Confrérie : cet enfant de 8 ans !
De retour dans sa maison de vie et de travail, Liang devait planifier l'attaque de plusieurs casinos à In Tao par ses disciples armés. La sentence pour tous les gérants de la mafia locale et de leurs complices : la mort, une balle dans la nuque, dans une fosse commune.
Posté : lun. mai 09, 2016 3:30 pm
par Johel3007
[center]Dynastie et nostalgie[/center]
[url=http://www.simpolitique.com/post283314.html#p283314]Selon les journalistes de Kollektiva Rabota[/url], la Sébaldie fait rêvé communistes comme capitalistes. Brillant joyaux à l’éclat corrupteur, elle attire à elle les immigrés de toutes les nations tel un phare dans la nuit leurrant les insectes vers un monde meilleur.
Dans ce merveilleux pays, tout est permis mais beaucoup est encadré. Cela a ses avantages et ses désavantages, en ce sens où chacun peut assouvir ses désirs… mais à un prix souvent jugé démesuré par beaucoup : la Sébaldie est un pays développé et le salaire horaire le reflète, avec l’effet indirect qui s’en suit sur chaque produit où une part de cette charge salariale est amortie. C’est le cas des services de proximité directe et, notamment, des prestations sexuelles.
En Sébaldie, la prostitution est légale mais encadrée. De sorte que le salaire minimum, la couverture sociale, les règles d’hygiène et milles autres petits détails ajoutent aux coûts d’une activité qui, ailleurs, est très lucrative mais qui, dans ce pays, est surtout très coûteuse pour le client final.
Mais cela pourrait changer, notamment avec la [url=http://www.simpolitique.com/post283448.html#p283448]nouvelle initiative légale[/url] :
Dans les faits, un individu peut volontairement renoncer à sa condition d’humain et devenir le bien meuble d’un autre individu. L’initiative ferait, de manière prévisible saliver de bonheur bien des esclavagistes modernes : là où l’esclavage illégal restait la province des déviants les plus riches et les plus puissants, protéger par leur portefeuille et leurs contacts politiques pour « vivre caché », chaque Sébalde disposant de revenus corrects pouvait désormais littéralement s’acheter un « animal de compagnie humain » pour le prix de la nourriture et d’une paillasse.
Il est certain que, pour l’heure, la demande dépasse pourtant clairement l’offre car le prix où elles se rejoignent reste élevé : sauf quelques déviants, nul ne souhaite devenir un vulgaire chien enchainé dans une cave dans des conditions inhumaines et utilisé pour la seule distraction de son propriétaire. Mais comme relevé par Kollektiva Rabota, la perception de la misère et de l’inhumanité est toute relative :
Pour le paysan Roumalien moyen, un pauvre Hokkai vendeur ambulant vit comme un Roi, sa seule maison représentant des générations de travail pour la famille Roumalienne moyenne. Et que dire de son ordinateur, de son lave-vaisselle, de son lave-linge, de son four à micro-ondes, de son aspirateur, de son réfrigérateur,… autant de merveilles qui font économiser du temps utilisable à tant d’autres choses !! La vie cesse d’être une longue liste de corvées lorsque l’essentiel est si vite et si facilement accompli !! Mais entre la Roumalie et l’Hokkaido, il y a mille et une nuances.
Pour une paysanne Eranéenne enlevée dans sa commune du Viek Kiong, la notion de misère est bien réelle. Déjà enfermée la plupart du temps, elle ne voit pas comme une délivrance le moment où ses poignets et chevilles sont déliés… car ce n’est que pour mieux lui écarter les cuisses. Entre le bon plaisir de ses ravisseurs et ceux de leurs clients, leurs seules plaisirs à elles se limitent à des repas fades, une toilette rapide mais minutieuse et enfin le maquillage et vêtements fournis gracieusement pour améliorer le « packaging ». Il va de soi que quoi que ce soit au-dessus est une amélioration très nette des conditions de vie et donc n’est plus inhumains. L’appartement meublé d’un Sébalde grisonnant devient même un luxe, même s’il faut supporté la libido du vieux dégoutant et qu’on ne comprend pas un mot de ce qu’il raconte… et encore moins lire son alphabet étrange.
Pour le membre moyen des Triades Dorées établi dans les vallées du Viek Kiong, la vie reste rude et les plaisirs sont tout aussi rares : une bière entre collègues (peut-on parlé d’amis ?), un match capté sur un vieux téléviseur, un combat de coqs ou de rats, un repas chaud cuisiné par les poupées Eranéennes suivi d’une visite à l’une de ces dernières. Pas très agréable mais ça paie « bien » : 5.000 à 6.000 $RAK par an. Trois à quatre fois ce qu’il peut espérer se faire au Raksasa en travaillant comme un animal. Quelques années à jouer les porte-flingues et il rentrera au pays un homme riche. Alors fatalement, la perspective de VENDRE l’une de ces poupées pour 10.000 $RAK au Cabral ou 30.000 $RAK en Sébaldie, ça fait rêver…
Pour le Sébalde moyen, la vie est facile sur tant d’aspect… et pourtant, comparé à ses semblables, il se sent tellement minable. Et voilà qu’on lui offre de prendre soin d’autres personnes, fondamentalement inférieures à lui puisque, de leur propre aveux, elles ne se considèrent pas comme apte à être de vrais citoyens Sébaldes et veulent faire de lui leur tuteur. La plupart l’offrent gratuitement mais imposent des limites et exigences tacites si drastiques, sous peine de rompre le contrat, que tant qu’à faire, autant se marier !! Et pour ça, y’a déjà le site « Varlovian Brides »… et tout le monde sait que c’est de l’arnaque.
Et puis, il y a celles qui n’ont AUCUNE limite ou exigence. Elles veulent juste de l’argent. Et une aide administrative pour devenir Sébalde. Fort tentant mais sans doute un piège… si ce n’était que la belle aux yeux bridés ne parle pas Sébalde, ne lit pas le Sébalde et que c’est bien avec son oncle que la négociation a lieu, l’homme acceptant de confier sa fille à un Sébalde « s’il peut lui offrir un avenir meilleur » et « compenser la famille pour la perte d’une paire de bras aux champs ». Si 30.000 $RAK semble beaucoup pour une paire de bras dans les champs, cela reste bon marché pour un animal de compagnie d’une durée de vie de plus de quarante ans qui, en Sébaldie, pourra faire des services dont le coût horaire aurait bien excéder cela à terme.
Le succès est rapide et les premiers navires sont en route, les cales chargées de « poupées humaines » pour les clients du Jeekim. Vu le trafic naval chaotique autour de ce continent, ce n’est pas comme si la douane serait difficile… surtout une fois les douaniers payés. Une réfugiée au fond d’un bateau ? Sans doute une Varlovienne. Elle est bridée ? Sans doute une Varlovienne, enfin, qu’on vous dit !! Pauvre créature… La guerre, c’est horrible. Foutus communistes… Le notaire le confirme et le contrat se signe sans qu’elle ne dise un mot. Sans doute la joie. Qui peut dire à quelles horreurs son tuteur lui permet d’échapper ? La pudeur impose de ne pas demander…
La main guidée par son oncle, elle signe. De bête traquée par les hussards impériaux, elle devient ménagère dans l’appartement de banlieue de son tuteur. Elle n’en sortira sans doute jamais, désireuse qu’elle sera d’ignorer ce monde de fous.
Posté : lun. mai 09, 2016 6:07 pm
par Vladimir Ivanov
Quand l'Amour et la Dignité transcendent la gloire et l'honneur
[url]https://www.youtube.com/watch?v=9BAiead7Zh4[/url]
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La nuit tombée, dans un village tenu par Tian Guo en plein centre de l'Eran, près de là où travaillait le leader de la secte... une camionnette sombre traversait la place de l’Église, à l'excès de vitesse, renversant quelques habitants qui revinrent chez eux après une dure journée de labeur pour le bien de la communauté.
Le lendemain matin, une mère en pleur cria le prénom de sa fille, Shu, 21 ans (encore considérée comme "mineure" à cet âge là). Le père prévînt les autorités : elle avait disparu. La nouvelle parvînt jusqu'aux oreilles de Liang en personne, qui fut prévenu qu'un raid d'une organisation proxénète venait d'enlever une jeune fille du nom de Hong Shu tout près de son bastion, du QG de la Confrérie. Ceci était d'autant plus inquiétant que cet évènement faisait office de message implicite : la vie du guide-fondateur était en danger.
D'abord battue puis droguée, la jeune fille devait rejoindre des centaines, des milliers d'autres de son âge, dans les bordels ou les rues malfamées de quelques villes du Sud-Ouest, dans la province du Bodo (au Viek Koing), tenues par les séparatistes bokchows et les mafias affiliées au PPRRB.
Imperturbable, Liang, toujours aussi froid, ne semblait pas inquiet, ni même en colère. Aucune émotion ne s'échappait de son regard. Ses proches collaborateurs le conseillèrent de renforcer la sécurité de sa demeure : il refusa, "la meilleure défense, c'est l'attaque", disait-il.
Il ordonna à ses fidèles de lui faire part des renseignements acquis sur le lieu où avait pu être déplacée la jeune captive. Il s'agissait d'une plate-forme de transfert pour marchandises humaines kidnappées et droguées, découverte quelques jours avant par des éclaireurs de la Confrérie.
-"C'est là qu'il faut attaquer, et à ce moment précis." affirma-t-il doucement sur un ton monocorde, en montrant une carte très précise de la localité.
Son plan provoqua le mécontentement de nombreux de ses collègues, tous l'accusaient d'être suicidaire, mais il y tenait. Et le temps des délibérations devait être aussi court que possible dans l'espoir de... se venger assez vite ?
Dans le centre de distribution de la filiale mafieuse du PPRRB, des hommes armés patrouillaient un peu partout, on s'organisait pour le prochain voyage de revente du dernier lot de "vagins bipèdes". Pour Hong Shu, la jeune fille, enfermée dans une cage, la situation était d'autant plus terrible que l'effet de l'héroïne s'était estompée. Elle souffrait physiquement des violents coups qu'on lui avait infligé, elle tremblait, frigorifiée par l'hiver continental éranéen, et paniquait pour son avenir, inévitablement perdu dans une souffrance aussi sale moralement que violente physiquement. Horrifiée, elle n'en pleurait même plus, son visage blanc aux cernes violacées représentait bien la fatalité de son triste sort.
Le patron du site s'appelait Run Zemin. La quarantaine. Un businessmen bien constitué, grand et fort. Sans scrupule, il savait toutefois gérer sa brutalité autant que son image : célèbre jusqu'à In Tao, le trafiquant d'êtres humains était par ailleurs un petit chef d'entreprise réputé, qui faisait vivre un quartier modeste de la capitale. Un homme toujours courtois et poli, qui s'occupait bien de ses salariés, lesquels, malgré de bien basses rémunérations au nom de la compétitivité, avaient tous une bonne opinion de leur patron. Avec l'aide de la corruption ambiante en Eran, cette activité professionnelle à In Tao lui permettait de blanchir sa fortune, certes importante, mais suffisamment vulnérable aux conjonctures du marché qu'elle rendait nécessaire sa "deuxième vie" avec le trafic d'esclaves. Dans celle-ci, il changeait de personnalité. Prenant plaisir à battre et violer certaines de ses marchandises humaines, il kidnappait et revendait sans remord de milliers de jeunes filles dans son secteur. Cependant, Run ne tuait jamais : "la mort, c'est de l'argent jeté par les fenêtres" disait-il. Concernant la jeune fille de la Confrérie, il s'était contenté de la gifler et de lui cracher au visage : "une jolie vierge, ça vaut un paquet de blés ! on en prend soin !"
Soudain, Liang Xiuquan en personne, visiblement seul, sans aucun garde du corps, se présenta devant les grilles qui encadraient le site.
- Patron, il y a un type qui prétend être Liang Xiuquan, le chef de la Confrérie Tian Guo. Il est seul et réclame la petite qu'on a enlevé hier soir.
[silence, réponse radio inaudible pour Liang]
- Physiquement... à notre avis unanime... il semble que c'est bien lui !
[silence...]
- Vous pouvez entrer. C'est pas dans son habitude, mais notre patron va vous recevoir. Suivez-nous.
C'est alors que, suicidaire, Liang se fit escorter par les hommes de main du patron de la filière régionale du vaste réseau de proxénétisme qui tourmentait la population d'une bonne moitié du Sud de l'Eran.
Plutôt que de l'assassiner directement, ce qui suffirait à provoquer l'ire de toute la Confrérie et à élever Liang au rang de martyr héroïsé, le trafiquant d'êtres humains avait une autre idée en tête... Surélevé en haut d'une charpente métallique, Run Zemin donnait une impression de toute-puissance dans cette scène qui semblait surréaliste. Liang se tenait droit devant lui... du moins en bas.
Run Zemin : Mais que vois-je ? Pincez-moi ! Liang en personne ! Que me vaut un tel honneur ?
Liang Xiuquan : Je viens récupérer la personne que vous avez enlevé hier dans l'un de nos villages. Vous savez de qui je parle. Entre dirigeants mutuellement respectueux, je vous conseille vivement de nous la rendre.
-hilarité de l'ensemble de l'auditoire-
Run Zemin : Ohoh ! Serait-ce une menace ? Et pourquoi ferais-je une telle chose ? Hum ?
Liang Xiuquan : Vous n'en avez pas besoin pour votre commerce. L'un comme l'autre, nous n'avons pas les moyens d'un conflit généralisé. Une guerre civile serait pire que le statu quo actuel. Vous devriez le savoir, vous qui avez le sens des affaires. Laissez-nous donc reprendre cette jeune fille et nous vous laisserons tranquille.
Run Zemin : Faites-là sortir !
-Les gardes la sortent de sa cage et l'amènent jusqu'au patron. Il la gifle, puis la prend par les cheveux, et la menace à la gorge avec un couteau. A cet instant, la fille n'avait jamais été aussi croyante aux idéaux de la secte : elle venait de retrouver espoir, émue d'être l'objet d'une préoccupation du guide de la Confrérie en personne ! Mais la mort rôdait, et l'espoir la faisait souffrir, pour le meilleur et pour le pire.-
Run Zemin : Tu sais... d'habitude je ne gâche pas une marchandise de cette valeur. Une vierge vaut dix autres filles. Tu savais ça ? Bien-sûr que non... saloperie d'illuminé, autiste sectaire. D'ailleurs, en restant sur le sujet, on dit de toi que tu es un vrai puceau. Mais chez les hommes c'est l'inverse mon pote : plus tu baises, plus t'en as là où je pense, et plus t'as de valeur.
J'en déduis donc que c'est la folie qui t'as conduit jusqu'à moi. Je n'y vois aucune forme de courage ! -rires-
Et si tu crois qu'on va te la rendre sans demander un petit dédommagement, détrompes-toi.
Liang Xiuquan : Dites moi ce que vous voulez en échange. Si votre proposition est raisonnable, je pourrai l'accepter. Si elle ne l'est pas, vous mourrez tous et devrez faire face au terrible Jugement de Dieu.
Run Zemin : -il chuchote à son otage- D'abord, dégradons son honneur.
Run Zemin : -il crie- Agenouilles-toi ! Sinon je la tue ! -un peu de sang coulait déjà de la gorge de la victime sous la pression du poignard-
Liang Xiuquan : Arrêtez ! Je m’exécute !
Liang s'agenouilla donc devant le proxénète. Suppliant en silence qu'il relâche la victime. Les spectateurs armés riaient.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483486-667958liangxiuquan22.png[/img]
Run Zemin : ton honneur est souillé Liang ! prenez tous des photographies ! J'ai fait agenouiller le plus grand communiste du Makara ! Un capitaliste vient d'humilier un kiroviste !!!! -hilarité générale-
On distribuera ses photographies partout, tu ne seras jamais un martyr, Liang, JAMAIS ! Juste un vaurien sanguinaire, un égoïste à la tête d'une secte de fous qui s'humilie devant ses ennemis pour sauver sa peau ! -rires gras-
Hong Shu constatait alors jusqu'où pouvait aller Liang pour la sauver. Profondément touchée, c'est en silence que des larmes coulèrent de ses yeux scintillants.
Liang Xiuquan : J'ai fait ce que vous m'avez demander, relâchez-la maintenant ! Vous m'avez, laissez-la partir !
Run Zemin : Je te l'ai dit, maintenant que j'ai détruit ta réputation, tu n'as plus la même valeur qu'elle. Je demande en échange de sa libération un "accord raisonnable" : nous te gardons en otage jusqu'à ce que la Confrérie me paye 401 millions $. 400 pour la vierge, et 1 millions pour ta sale gueule de kiroviste.
Liang Xiuquan : C'est d'accord. J'accepte ton marché. Je vous préviens juste : si la fille meurt, ou qu'une autre se fait kidnapper dans la région de Ruijin, l'ordre a déjà été donné de vous traquer et de vous massacrer jusqu'aux derniers.
Run Zemin : Tu as raison, vois-tu : j'ai le sens des affaires. Marché conclu. Libérez la fille et laissez la partir.
Libérée, Hong Shu avait du mal à y croire... le terrifiant ascète Liang, chrétien pur et dur et impitoyable kirovien, s'était humilié et livré en personne au trafiquant pour sauver une seule des membres de la Confrérie, par ailleurs sans aucune importance particulière pour les intérêts de l'organisation communiste.
Une fois en bas, la jeune fille, émue comme jamais, les yeux larmoyants, se jeta vers Liang comme vers un ami proche pour le serrer dans ses bras. Elle ne voulait plus le quitter, mais les hommes du trafiquant l’écartèrent.
- dégages, salope !
Prisonnier d'une organisation criminelle, Liang venait de perdre son honneur, du moins, superficiellement. Ce fut là un terrible revers pour Tian Guo qui renonça donc à intervenir pour sauver la vie de son leader... ce dernier leur avait pourtant intimé l'ordre d'attaquer une fois la jeune fille sauvée, mais la popularité du dirigeant était tel que personne ne souhaitait sa mort, pas même pour les intérêts de la Confrérie. D'ailleurs, en impitoyable kiroviste, peut-être que Liang aurait du attaquer dès le début, sans intérêt pour la vie de cette jeune fille, aisément remplaçable parmi les centaines de milliers de membres de Tian Guo à travers l'Eran !
Mais c'était là encore, nier le caractère profondément imprévisible de cet homme, qui considérait l'Amour entre tous les frères et sœurs de Tian Guo comme supérieur au kirovisme lui-même, comme supérieur à sa gloriole personnelle ou à sa propre vie.
Posté : mar. mai 10, 2016 1:45 pm
par Johel3007
[center]Arrangement entre amis[/center]
Poser un acte moral symbolique est difficile. Cela demande de grands sacrifices, tant personnel que matériel. Mais, avec un peu de chance, la symbolique exposée sera comprise et inspirera les masses à adopter votre cause, votre code, votre moral. Et si tout le monde se comporte bien, l’ampleur des sacrifices diminue drastiquement.
Ainsi, il est beau et noble aux yeux de tous d’accepter de sauver une vie humaine en offrant sa propre vie ainsi qu’une somme folle. Cela force un certain respect et de l’admiration. Mais sauf exception, cela ne changera pas la nature profonde des hommes : certains sont bons, d’autres mauvais. Et si tous peuvent changer de manière superficielle, une transformation individuelle en profondeur est impossible sans un sérieux choc et un environnement favorable au maintien de leur nouveau « moi ».
Par son sacrifice, Liang Xiuquan avait perdu plusieurs milliers d’adeptes qui, suite à la diffusion d’une certaines vidéos sur la toile, avaient réalisé que leur idole n’était qu’un homme et qu’il allait sans doute mourir comme un chien pour sauver une paysanne que l’Histoire oublierait. Oui, c’était admirable et un exemple d’altruisme chrétien… mais cela signifiait surtout que, pour la majorité des Eranéens, la révolution était fini, sacrifiée en même temps que sa tête pensante pour le salut d’une seule Eranéenne. C’était beau, poétique… et politiquement aussi risqué que stupide : Liang Xiuquan avait sauvé une camarade et en avait damné des millions d’autres.
Cette interprétation n’était pas partagée par tous : depuis son bureau à In-Tao, Sung-Yong Gen notait avec une rage sourde que les hommages à Liang Xiuquan se multipliaient. Même les bouddhistes en étaient venu à dédier une place dans leurs temples pour de petites idoles à l’éfigie du « martyr » qui, loin de se soucier de préserver la face comme tant de Makiran, avait accepté avec flegme de tout perdre pour sauver une nécessiteuse. Pas besoin d’être en accord avec Liang pour respecter son geste… même si cela ne restait stupide aux yeux de Sung-Yong Gen.
Mais l’homme d’affaire et espion à mi-temps ne laissait pas ses propres opinions faire obstacle à la réalité : la rue célébrait Liang Xiuquan et Sung-Yong Gen, en tant que pointure de la Confrérie à In-Tao, en ferait de même. Comme des milliers d’autres, il mépriserait ce sacrifice en privé mais comme des millions d’autres, il chanterait les louanges du martyr.
Il ferait mine, avec un outrage moralisateur, de balayer d’une main les arguments des détracteurs qui, très justement, pointeraient que la petite Hong Shu avait été sauvée non seulement au prix de la vie de Liang Xiuquan… mais aussi de 400 millions $RAK, soit l’équivalent du travail d’une année pour plus de 100.000 Eranéens !! Ou, formuler autrement, que la survie immédiate de Hong Shu nécessitait que 2.000 Eranéens travaillent toute leur vie au seul paiement de la rançon.
Il assurerait, avec larmes humbles et visage contri de honte, qu’il enviait le chrétien pour sa droiture morale et la force de ses convictions, chose que lui-même n’approcherait jamais même avec la meilleure volonté. Il offrirait son soutien à la noble cause de Tian Guo, donnant encore plus de logements. Et ses amis entrepreneurs « repentis » feront de même, jurant qu’ils ne souhaitaient rien de plus que d’aider à trouver un compromis entre la révolution sanglante promise par les kirovistes et le capitalisme sauvage de Jiyuan, un moyen de sauver les âmes sans ruiner les vies, un chemin pour lequel Liang Xiuquan, dans sa grande sagesse, avait marqué un accord de principe sans toutefois parvenir à formuler une solution claire.
Et là, dans l’ancien hall du Parti Communiste Eranéen, entouré de centaines d’autres figures d’autorité de la Confrérie, il boirait et mangerait, il discuterait, cajolerait, soudoierait… jusqu’à ce qu’aucun parmi les dirigeants n’aient réellement intérêt à voir la révolution arrivé. Oh, oui, ils continueraient de se battre pour sa réussite éventuelle… mais sans trop de zèle. Ils encourageraient le zèle chez l’autre bien sûr. Un zèle mal placé, excessif et ruineux, propre à détruire les aventures réellement communistes et chrétiennes… et à faire naitre hostilité, méfiance et cynisme chez les autres.
Il n’était pas encore dans le hall.
Mais ça n’empêchait pas de faire des dégâts indirectement. Comme via ce disciple de Liang Xiuquan. Un fervent partisan, parfaitement vendu aux idéaux de son maître mais assez ouvert d’esprit et loyal que pour avoir accepté de ravaler sa flamme quand ce même maître avait traité avec d’odieux promoteurs immobiliers bourgeois : « quand l’acte accuse, le résultat excuse » avait dit Liang Xiuquan.
Et le résultait excusait en effet : aujourd’hui, c’était ce même odieux bourgeois qui, la voix contrite, venait le trouver pour lui exposer que c’était un signal : si Frère Liang estimait que la vie d’une pauvre paysanne n’avait pas de prix, il fallait sauver chaque pauvre paysanne !! Qu’importerait le prix !! Oui, le résultat excusait car, visiblement, Frère Liang avait su convertir aux vrais valeurs jusqu’aux pires suppôts du capitalisme. Alors il fallait aller plus loin !!
Et ainsi, le discours fut prononcé. Et dans l’outrage émotif du moment, nul disciple plus terre à terre de Liang n’osa le contredire, de peur de passer pour un modéré, un réactionnaire, un bourgeois comptant les sous plutôt qu’un authentique frère aimant la vie. Et ils applaudirent : la Confrérie aux coffres si vastes, paierait ce qu’il fallait pour libérer toutes les victimes des Triades Dorées. Pas qu’il n’en fut un seul qui eut vraiment envie de payer mais...
(A) personne n’avait envie de perdre la face
(B) ce n’était pas leur argent… c’était celui de Novgorod !!
C'était donc facile à voter...
[center]-----------------------------------[/center]
Évidemment, du côté Triades Dorées, le saké coula à flot : 4 milliards pour 10 putes… franchement, c’était une bonne journée.
Et pour qu’il y en ait d’autres, l’ordre fut donné par Pui Yu lui-même : Liang devait être tué.
En martyr silencieux à la morale immaculée, il ne pourrait rien faire pour empêcher ses frères de se ruiner à vouloir être « plus chrétiens que le Pape ».
Discrètement, le message fut porté à Run Zemin, avec une offre de 100 millions $RAK et une villa à Lokfol pour qu’il obéisse.
Posté : mar. mai 10, 2016 5:30 pm
par Vladimir Ivanov
LA PURETÉ RÉVOLUTIONNAIRE EST COMME UN PENDULE QUI OSCILLE ENTRE NAÏVETÉ AMOUREUSE ET RAISON TERRORISTE
Yip Man sera-t-il assassiné par Jet Li ?
[url=https://www.youtube.com/watch?v=PxXuTUmjDeY]proposition d'ambiance musicale[/url]
[spoiler="brouillon sur bureau"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483530-947880brouillonsamphan22.png[/img][/spoiler]
______________________________
Sur le bureau d'une résidence administrative tenue à l'écart du quartier général de la Confrérie, se trouvait un brouillon, écrit de la main de cet homme : Kang Samphan.
Kang Samphan était un fidèle de Liang. Pas le plus ancien, toutefois un des plus dévoués. Âgé de 70 ans mais en excellente santé, grand et mince, travailleur efficace, vif et intelligent, il était aussi le plus dur d'entre tous. C'est lui qui planifiait la plupart des exécutions dans la banlieue d'In Tao notamment, avec un zèle (discret) qui ferait passer Liang pour un modéré. Pourtant le dirigeant de la Confrérie lui-même était favorable à l'exercice de la Terreur, mais comme mesure de légitime défense dans le strict cadre de ce qu'il appelait la "Guerre Sainte Populaire" contre la mafia, ses voleurs et oppresseurs. Aux yeux de Kang, la Terreur était un dispositif régénérateur indispensable qui devait frapper tout le monde, y compris les membres de la Confrérie elle-même. [url=http://www.simpolitique.com/post279751.html#p279751]Plus légiste que moïste[/url], il va de soi que Kang Samphan n'était pas de confession chrétienne.
A la base, il était plutôt hostile au plan de Liang, qui consistait à sauver la fille d'abord (au péril de la vie de Liang) pour ensuite anéantir immédiatement la plate-forme de transit à prostituées. La vie d'une paysanne ne vaut pas celle d'un dirigeant responsable de la protection de centaines de milliers d'autres. Mais curieusement, à l'inverse de tous les autres hauts-conseillers, Kang changea d'avis après insistance de Liang. Peut-être avait-il feinté un refus dans un premier temps, afin de ne pas passer pour celui qui cherchait "à prendre la place du calife". Mais pour une raison tout-autre, il avait intérêt à la mort de son supérieur. Non-pas parce qu'il cherchait à prendre sa place (ce serait là prématuré, et avait-il sans doute besoin de garder sa fonction de N°2, dans l'ombre !), mais parce qu'il avait en tête l'objectif de transformer la Confrérie en profondeur. Bien-sûr, exceptée une poignée de personnes en Eran et en Rostovie, personne ne connaissait ses véritables desseins, ce qu'il comptait faire à propos de la Confrérie sur long terme.
Malheureusement pour lui et ses acolytes, les proxénètes sont toujours en position de force.... et malheureusement pour lui en particulier, Liang est toujours en vie. Dénonçant avec virulence la "lâcheté" de ses homologues, qui renoncèrent à la dernière minute aux ordres de Liang, et ce pour sauver sa vie (mais épargner les ravisseurs), Kang partageait au moins avec eux l'idée qu'il faudrait de toute façon engager le combat un jour ou l'autre.
Concernant le "sacrifice" de Liang, s'il venait à se confirmer, Kang n'en déduira que de mauvaises nouvelles.
D'abord, il va de soit que la somme de 400 millions $ et la vie de Liang ne valent absolument pas celle de la jeune paysanne, dont Kang se fiche éperdument, non-pas par haine, mais au contraire (!) : par amour pour elle en tant que membre d'un tout, d'une masse froide et impersonnelle du "peuple de Tian Guo".
Par amour pour cette jeune fille, Kang aurait pris soin... de ne faire aucune distinction pendant l'assaut : massacrer tout le monde, de Run Zemin jusqu'à Hong Shu. Bien qu'en tant qu'individu, cette dernière jeune fille ne soit qu'une vaurienne sans intérêt aux yeux de Kang, celui-ci considère tout de même qu'en tant que membre de la Confrérie, celle-ci a sa dignité propre, celle-là même qui lui a été rétrocédé institutionnellement par l'organisation. C'est pourquoi, par amour pour elle, Kang Samphan lui aurait "accordé" l'honneur de mourir... tuée par ses propres frères et sœurs fanatisés.
Par ailleurs, le sacrifice de Liang n'aurait-eu que des effets pervers : par la propagande de Run Zemin, des mensonges circulaient déjà quant à son humiliation, dont-il se serait résout par pur souci de sauver... sa propre vie (aucune mention n'étant faite concernant la fille).
C'est ainsi que deux versions circulent.
_ La version officieuse, défendue entre-autres, naturellement, par les communistes, selon laquelle Liang se serait humilié pour sauver la vie d'une de ses disciples de la Confrérie capturée. Bien qu'il s'agisse de la vérité, certaines voies d'opposition se sont élevées parmi les kirovistes eux-même, contre cet acte insensé contre-productif et donc "moralement juste mais tactiquement ridicule". C'est le point de vue (plus ou moins dissimulé selon les cas) de Kang et du puissant investisseur immobilier Sung-Yong Gen.
_ La version mensongère, défendue par les anti-communistes les plus acharnés, selon laquelle, comme le note Run, Liang ne voulait que sauver sa peau.
En conclusion, quelle que soit la version, ce sacrifice peut nuire au prestige du dirigeant de Tian Guo et donc à la popularité et à l'influence de la Confrérie elle-même. Heureusement, la plupart des communistes et des chrétiens d'extrême gauche en Eran, sont persuadés de l'authenticité de la première version et considèrent cela comme la preuve de la grandeur de Liang.
Quant à l'idée originelle qui consistait à sauver la jeune fille au péril de la vie de Liang, on pouvait y rétorquer que son sacrifice ne serait que néfaste aux intérêts de la Confrérie (et donc de millions de personnes...) sur long terme, en raison de sa qualification technique (son savoir-faire tactique en excellent gestionnaire, en travailleur incorruptible), et bien-sûr de son prestige et de sa capacité à rallier toujours plus de fidèles.
Mais Liang, obstiné, était décidé à sauver cette fille, qu'importe pour sa vie et même pour son image, en prouve ces mensonges relayés par Run Zemin. Et lorsqu'il décide de quelque chose, il est difficile de le faire changer d'avis.
Mais l'échange n'avait pas encore eu lieu : le temps était encore aux délibérations.
Fallait-il vraiment livrer plus de 400 millions $ pour sauver la vie de Liang ?
Pour les [url=http://www.simpolitique.com/post283685.html#p283685]raisons évoquées précédemment[/url], il va de soit qu'étant donné l'ampleur de l'aide rostove, elle même issue des fonds souverains rostovs dopés par les exportations de pétrole et de gaz, et vue l'importance cruciale du rôle de Liang dans la gestion de la Confrérie, la majorité des "apôtres" tels qu'on les nommaient parmi les hauts-conseillers, choisiraient probablement de procéder à l'échange (au grand dam de Kang).
Cet échange devait avoir lieu sur un site précis, où les hommes armés des deux camps s'observeraient mutuellement afin d'assurer à ce qu'il soit accompli proprement, au profit de toutes les parties, dans les règles édictées par un "équilibre de la terreur".
Pourtant... alors que la Confrérie délibérait encore, Run Zemin, recevait un message de la part du puissant [url=http://www.simpolitique.com/post279725.html#p279725]Pui Yu[/url], celui-là même qui devait régner sur le Bokchow : une offre de 100 millions $RAK et une villa à Lokfol pour l'assassinat de Liang Xiuquan...
Quel intérêt pouvait-il avoir à la mort de Liang ? se demandait Run Zemin. Les injonctions de son chef remettaient directement en cause sa fortune, sa sécurité, voire sa survie lors de l'échange : si Liang meurt, il perdra probablement les 400 millions $ pour n'en recevoir que 100 en échange ainsi qu'une villa éloignée au cas où il survivrait et parviendrait à s'échapper à temps...
Il pouvait s’arranger pour ne pas être présent lors de l'échange. C'était sauver sa vie avec 100 millions $ en poche et une villa d'office, mais c'était également :
_ abandonner toutes ses activités en Eran en raison de sa fuite et du sacrifice de tous ses hommes (au risque d'être la cible de vengeances personnelles...)
_ et perdre une somme quatre fois supérieure.
Quant à Liang, humilié et battu régulièrement, il tenait le coup : il avait le moral solide, une certaine endurance et une bonne santé physique. Ses idéaux pour le communisme et sa foi en Dieu le rendaient fort.
Il ne craignait pas ses ravisseurs en tant que tels. Il savait encaisser la souffrance qu'on lui infligeait. A l'inverse certes, la mort lui faisait peur, comme à tout homme : ceux qui prétendront le contraire sont des menteurs ou des idiots. Et pourtant, il l'appelait de ses vœux, pour une victoire totale de la Confrérie et l'anéantissement de cet ignoble trafic. Même si cela doit lui coûter la vie !
Néanmoins, il y a une chose qu'il redoutait plus encore que la mort : un esprit qui hante les nuits de la Confrérie et par elle, de l'Eran toute entière...
...le [url=http://www.simpolitique.com/post259051.html#p259051]spectre de Terienkov[/url].
à suivre
Posté : mer. mai 11, 2016 12:35 pm
par Johel3007
[center]Dynastie et Nostalgie[/center]
Quelque part dans un immeuble d’In-Tao, le souverain consort de Sa Majesté Royale Shaba Ier du Bokchow recevait une très mauvaise nouvelle.
Lieutenant du Clan Ka :
Membre des Triades Dorées
« -Il a refusé. Avec politesse et respect. »
[img]http://s32.postimg.org/x2w7lfs11/Wah_Sing_Ku_1.jpg[/img]
Pui Yu :
Ex-prince héritier de Lokfol
« -Mais il a refusé. »
Il y avait longtemps que quiconque au sein des Triades Dorées avait eu le cran de refuser un ordre de Pui Yu. Si l’homme était loin d’être un chef omnipotent ou même au sommet de la hierarchie complexe et changeante des Triades Dorées, il commandait une certaine dose de respect, né autant de ses exploits de jeunesse que de son caractère impitoyable. Les vieux pontes de Madakota et du Cercle d’Or opposaient parfois un refus à ses requêtes mais ce n’était pas pareil : une requête était, par définition, négociable et ne portait en elle aucune obligation, menace ou pression quelconque.
Quand le prince avait envoyé à Run Zemin le message ordonnant la mort de Liang, il n’y avait aucune trace de requête. Les 100 millions $RAK et la villa n’étaient là que par simple courtoisie. Pui aurait tout aussi bien pu exiger la mort du communiste sans rien offrir sinon de terribles conséquences implicites en cas de refus. Run Zemin avait une influence au sein des Triades Dorées qui n’était pas à sous-estimer mais, à l’échelle de l’Eran, il restait un nain, alors que Pui Yu avait littéralement des milliers d’hommes, sans compter les forces de ses partenaires et associés divers.
Pui Yu :
Ex-prince héritier de Lokfol
« -Bien... Il a déjà libéré Liang ? »
Lieutenant du Clan Ka :
Membre des Triades Dorées
« -Pas quand je lui ai parlé. Et c’était il y a quelques minutes à peine. »
Pui Yu :
Ex-prince héritier de Lokfol
« -Tablons que ce ne soit pas encore le cas. Connais-tu quelqu’un dans l’entourage de Zemin ? »
Lieutenant du Clan Ka :
Membre des Triades Dorées
« -Un ou deux de ses lieutenants. Vous allez leur offrir les 100 millions pour qu’ils buttent Zemin et Liang ? J’crois pas qu’ils le feront, patron. Zemin est une crevure mais, avec son cercle proche, c’est un vrai père. »
Pui Yu :
Ex-prince héritier de Lokfol
« -Au point qu’ils puissent espérer avoir 100 millions un jour ? Ou même 10 millions ? »
Lieutenant du Clan Ka :
Membre des Triades Dorées
« -Probablement pas mais la loyauté n’a parfois pas de prix. »
Pui Yu :
Ex-prince héritier de Lokfol
« -Et chez les flics ? »
Bref silence. Si l’Empire d’Eran était en déclin économique et en plein chaos politique, l’ordre public était quand même maintenu, avec un système légal qui, s’il était largement incompétent et corrompu, restait quand même suffisant que pour imposer l’autorité de l’État dans la capitale, forçant même les plus grands pontes du crime organisé à au moins appliquer la prétention d’un verni de discrétion à leurs activités : trop attiré l’attention, c’était potentiellement faire perdre la face à des gens haut placés dans le gouvernement… et ceux-ci ne le tolèreraient pas.
Avec une population d’environ 30 millions d’habitants, In-Tao à elle seule était protégée par un corps de plus de 40.000 policiers. À travers tout l’Empire, ce chiffre était dix à quinze fois plus élevé. Une véritable armée au sein de laquelle on trouvait des profils variés. La majorité était des fonctionnaires exemplaires sur le plan du devoir, bien qu’avec leurs défauts de compétences ou de morale comme chaque humain. Quelques-uns, parangons de la justice, faisaient l’objet de promotion au début de leur carrière puis étaient souvent bloqués pour raisons politiques précisément à cause de leur zèle. D’autres, à l’inverse, stagnaient dans les rangs car cela arrangeait leurs petites affaires, gagnant plus en aidant la pègre locale que leur supérieur ne gagnait en luttant contre celle-ci. Et il y avait les entre-deux, qui faisaient leur devoir quand nécessaire mais abusaient de leur autorité et privilèges occasionnellement. Certains plus que d’autres et, quand quelqu’un leur offrait une récompense pour qu’ils fassent leur devoir, il en était peu qui hésitaient.
Lieutenant du Clan Ka :
Membre des Triades Dorées
« -Vous pensez à un flagrant délit avec victimes collatérales ? »
Pui Yu :
Ex-prince héritier de Lokfol
« -Vois quoi et qui ont peut se permettre avec un budget de 100 millions. Prends la commission qu’il te plaira… mais n’échoue pas : Zemin et Liang, morts et avant que cet illuminé ne soit libéré !! »
[center]-----------------------------------[/center]
Les circonstances exactes de ce qui suivit furent peu claires dans la presse.
Une commissaire local avait reçu par un de ses détectives une pile de preuves reliant Run Zemin, notable homme d’affaire de la région, à un réseau de prostitutions, à des trafics d’amphétamines et une série de meurtres. Compilée par un informateur dont le patron était en compétition avec Zemin, selon le détective. D’ordinaire, il était indifférent à ces affaires politiquement sensibles pour lesquelles il manquait de toute façon de moyens. Mais à l’insistance de son détective, il avait toutefois transmis l’information à la cellule antigang, sans trop d’espoir d’obtenir une réponse.
Et celle-ci avait répondu : le commissaire de la cellule antigang construisait un cas contre Run Zemin depuis un bon moment déjà, gardant l’affaire secrète par peur justement d’interférence politique. Et il avait lui aussi reçu une autre information qui parlait d’un échange de marchandises entre le gang de Zemin et d’autres truands, prévue pour un Lundi soir dans une usine de celui-ci. C’était un des autres truands qui auraient vendu la mèche, en échange d’une promesse d’immunité. Et cet échange était pile dans la région d’où un petit commissaire local lui avait envoyé un rapport édifiant.
Il y avait assez pour justifier une action rapide et une mobilisation importante de moyens.
L’assaut avait eu lieu sur pas moins de cinq endroits différents : l’usine, bien sûr, mais aussi deux des résidences de Zemin, dont une à In-Tao, ainsi qu’un tripot à majong que lui et ses associés dans le crime étaient supposés utilisé pour écouler les amphétamines à In-Tao et un entrepôt appartenant à une entreprise de transport faisant la liaison avec le Raksasa. La prise avait été bonne : quarante jeunes filles, une centaine de kilos de diverses substances prohibées, trente-deux arrestations immédiates et des dizaines d’autres à venir sitôt les inculpés questionnés.
Un succès qui avait aussi son lot de victimes : trois policiers, morts héroïquement dans l’échange de tirs qui avait eu lieu à l’usine. Apparemment, une bande rivale de celle de Zemin avait elle aussi eu vent de l’échange et avait décidé de s’emparer du butin. La confrontation entre la police, la bande de Zemin, ses rivaux et ses mystérieux associés avait tourné au stand-off mexicain puis au massacre.
Concernant les mystérieux associés, plusieurs membres de la secte Tian Guo avaient été abattus. D’autres avaient été arrêtés mais, pour l’heure, rare étaient ceux à être bavards. Parmi ceux qui l’étaient, la même histoire : ils étaient venus pour Liang Xiuquan. Hors, le charismatique leader de la secte n’était pas parmi les suspects en cellule ou parmi les cadavres à la morgue.
Posté : lun. mai 16, 2016 3:45 am
par Vladimir Ivanov
La veille dans une usine désaffectée du cœur de l'Eran...
[url]https://www.youtube.com/watch?v=X9SNHaTwiKA[/url]
Depuis la route Nord, trois camions semi-remorques relativement bien chargés arrivèrent sur les lieux de l'échange. Ils transportaient un total de 201 valises.
1 billet de 500 $RAK* pèse un peu plus d'1 gramme.
(* devise sûre, et en grande partie détenue par la Rostovie pour ses exportations de pétrole, somme qui revient alors aux pays qu'elle soutient)
En coupures de 500, 1 million de dollars pèsent donc 2,2 kg (2 000 billets de 1,1 g).
Une grosse valise d'une capacité de 8 litres peut contenir au maximum environ 4 000 billets.
Ainsi, une valise transportée par les hommes de Tian Guo pouvait contenir une somme d'une valeur de 2 millions dollars, soit une mallette de 8 kg au total, contenant 4,4 kg de liasses de billets.
Il en fallait donc bien 200 pour rassembler en liquide les 400 millions $RAK demandés par les truands de Run Zemin.
En réalité, conscient de la menace que représenterait un refus de la proposition de l'ex-prince héritier du Lokfol et futur roi du Bokchow indépendant, Run Zemin avait accepté son offre... mais après s'être donné un "temps de réflexion" (considéré par Pui Yu comme un refus...) afin de donner sa réponse un peu plus tard, le temps qu'il s'assure de l'arrivée jusqu'à lui, en "main propre" et le jour même, des fameux 401 millions $.
Pour Run Zemin en effet, l'idée était d'obtenir coûte que coûte la somme promise par Tian Guo, et cela après avoir mortellement empoisonné l'otage, qui serait en période "d'incubation" au moment de l'échange, pour leurrer sa bonne volonté. Une fois Liang tué, il serait trop tard pour Tian Guo. Et Run obtiendrait alors à la fois la rançon de son otage et la neutralsiation de celui-ci, afin de recevoir en prime la récompense promise par Pui Yu : les 100 millions $ et la villa. Mieux, certes au prix d'une guerre contre Tian Guo, il serait toujours à la tête de son trafic en Eran : il n'aurait pas trahi ou abandonné ses hommes, puisqu'à leur côté au moment de la transaction.
Ayant su préserver la confiance de ses nervis, et donc avec eux, son empire commercial, il aurait alors empoché un total de 501 millions $ et une villa au Lokfol. Cela avec les remerciements spéciaux du "patron", Pui Yu, pour avoir assassiné le chef suprême de la secte communiste la plus puissante du Makara !
Comme diraient certains wapongais... Run Zemin était bien un homme du genre à vouloir prendre le beurre, l'argent du beurre... et le c... les yeux de la crémière.
C'est seulement lorsqu'il aperçu les camions et leur contenu qu'il fit parvenir sa réponse à Pui Yu... malheureusement pour lui, il était trop tard. Son patron avait déjà soudoyé le commandement des forces spéciales d'intervention de la police éranéenne, pour faire le ménage, en l'éliminant lui et son otage.
Et en effet... les contrebandiers-proxénètes de Run Zemin n'étaient pas les seuls à se réjouir de l'arrivée des camions de la Confrérie... dissimulée tout autour du site de l'échange, une force paramilitaire du gouvernement éranéen se tenait discrètement, prête à surgir...
Les valises passèrent d'un camion à l'autre : après les avoir inspectées et soigneusement comptées, les truands placèrent le pactole dans leurs propres semis.
En attendant, Liang, toujours à découvert, était inspecté par un médecin. Il était couvert de blessures externes et ne pouvait plus marcher de lui-même. Mais il semblait "hors de danger".
Tout se passait bien jusqu'à ce qu'un homme ne chuchote à l'oreille de Run.
Un disciple armé de Liang à la Confrérie : il y a un problème ?
Run Zemin : -sourire gêné- euh... non, rassurez-vous... j'ai juste oublié quelque chose, je reviens...
-un lourd et drôle silence s'abat subitement sur toute la scène-
Un syndic : -discrètement dans son oreillette- ils nous ont repéré ! ils vont s'enfuir !
Un membre des forces spéciales dissimulé dans les parages : demande confirmation pour intervenir, mon commandant !
Le signal était une balle de sniper qui se logea dans l'épaule de Liang. Tombant au sol, le chef de Tian Guo perdit connaissance pendant quelques secondes. Reprenant ses esprits quelques instants plus tard, la douleur était intense, et la bataille était terrible autour de lui. On l'aida à se relever et avec l'aide de trois disciples, malgré les tirs mais couvert par le carnage, il parvînt à s'échapper.
Curieusement, la balle de fusil qui l'avait touché était passé par devant, et non par le dos, c'est-à-dire qu'elle venait d'un tireur positionné au Nord de la scène... donc, sans aucun doute, dans les rangs de Tian Guo.
Néanmoins, c'est ce tir qui lui sauva la vie : deux autres snipers embusqués l'avaient en joue, prévoyant de l'assassiner à un moment précis. Sa chute brutale le fit disparaître de tous les viseurs, et le carnage ambiant qui en résultait permis à trois de ses meilleurs hommes de l'exfiltrer. Beaucoup d'ailleurs le croyaient déjà morts en raison du premier tir, ce qui facilitait l'exfiltration.
La bataille se solda par une nette victoire de la police, surarmée et préparée. Néanmoins, on comptait plusieurs évasions, dont les leaders respectifs des deux organisations.
Run Zemin en effet, le premier informé de la présence des forces de police éranéennes, était monté à la hâte dans un camion rempli de valises, conduit par son meilleur garde du corps et quitta les lieux à toute vitesse juste quelques secondes après le premier coup de feu. La remorque de son camion transportait pas moins de 80 valises, soit 160 millions $RAK. Recherché par la police éranéenne et Pui Yu lui-même, il comptait sur une fuite au Raksasa pour disparaître avec le pactole.
Alors que la police contrôlait les lieux du champ bataille pour établir l'inventaire de ses prises de guerre, un premier camion rempli d'argent explosait. La violence de la détonation était inhabituelle : elle ressemblait à une sorte de claquement de porte, un bruit terrifiant qui précédait de trois secondes la déflagration en tant que telle. On ordonna à tous les agents de se tenir à distance des valises avant que des experts en colis piégés n'aient été dépêché sur les lieux. Un second camion se désintégra deux minutes plus tard, juste à la suite du bruit assourdissant de la détonation. Des centaines de billets enflammés volaient dans le ciel...
Au final, les policiers ne purent sauver et récolter que 20 des 200 valises d'origine. Soit 40 millions $. Ce qui restait tout de même non-négligeable.
Alors qu'il continuait son périple sur les routes étroites et sinueuses de l'Eran profonde, le multimillionnaire Run Zemin l'avait échappé belle. D'une inspiration satisfaite, il somnolait déjà aux côtés de son chauffeur, pensant à sa nouvelle vie à Jiyuan. Grâce à ses fausses pièces d'identité, il se reconstituerait un petit empire, légal cette fois-ci, avec l'appui de nombreux complices. Sursautant de peur après un étrange bruit, il balbutia à moitié inconscient, ces quelques mots : "il y a du courant d'air, fermez-dont la fenêtre".
C'est ainsi que volait en éclats sa vie entière. Le camion s'était volatilisé. De son chauffeur, il n'en restait que des morceaux. Projeté sur l'asphalte par-delà le pare-brise, seul, sourd, terrifié et gravement blessé, Run était désormais ruiné.
Bien évidemment, la Confrérie avait pris soin de piéger les mallettes. Manquer de respect envers son guide-fondateur n'était assurément pas une bonne idée.
Toutefois... alors qu'il revenait à son village, Liang était fiévreux. Rien à voir avec ses multiples plaies, ni même avec la balle qu'il avait reçu à l'épaule...
à suivre...
Posté : mar. juin 21, 2016 3:50 pm
par Vladimir Ivanov
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483486-138283confrrietianguo32.png[/img]
ANNONCE OFFICIELLE DE LA CONFRÉRIE TIAN GUO
[url=https://www.youtube.com/watch?v=rTdOnDSPZ_Q]dédicace à Alexei ![/url]
Après avoir disparu des radars médiatiques depuis les "derniers évènements" avec les bokchowis en février 2030, c'est dans un enregistrement vidéo que le leader en personne de la Confrérie, Liang Xiuquan, a démontré au monde qu'il était encore en vie et même visiblement en bonne santé. Parfaitement remis de ses blessures et de son empoisonnement, il clarifie certains points concernant l'opinion de Tian Guo sur les grandes crises continentales et internationales.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483559-870309liangxiuquan22.png[/img]
[quote]En tant que Guide-fondateur de la plus importante formation politique éranéenne, j'annonce en ces temps troublés de crise internationale, une série de clarifications concernant les positions franches et formelles de la Confrérie Tian Guo :
_ la Confrérie dénonce la trahison anti-kiroviste des éléments dits "pragmatiques" du KPR (Parti Kiroviste de Rostovie),
_ la Confrérie condamne le virage à droite opéré par les élites nationalistes et sociales-impérialistes de l'URR,
_ la Confrérie dénonce résolument les tentatives rostoves de former une alliance formelle avec la puissance impérialiste du Raksasa,
_ la Confrérie condamne l’athéisme, imposé donc brutal et irrespectueux, des fanatiques ultra-gakistes du Kirep,
_ la Confrérie dénonce résolument les tentatives kirepiennes de former une alliance informelle avec la puissance impérialiste fiémançaise,
_ la Confrérie désapprouve les méthodes criminelles des Buhwan en Roumalie,
_ la Confrérie confirme son soutien total au socialisme volontaire, au SSP wapongais et à la LCM au Mayong,
_ la Confrérie revendique désormais officiellement la renaissance de la culture viek au Bodo-Viek Koing, qui, à l'instar du Pelabssa, mérite à son tour d'effacer définitivement les traces du génocide terienkoviste,
_ la Confrérie condamne les activités de proxénétisme et autres trafics immondes menés par certains séparatistes bokchowis en relations avec les Triades dorées,
_ la Confrérie ne donnera pas d'avis précipité sur le G-30, lequel n'a pas encore révélé sa vraie nature et fonction (nature qui pourrait être, potentiellement, bénéfique à l'Humanité... ou à l'inverse néfaste voire catastrophique... seul l'avenir nous le dira).
En tant qu'organisation kiroviste prônant un communisme authentique (concrétisé dans la vie réelle et non-étiqueté) sous l'inspiration du christianisme des origines (en faveur du cénobitisme sur la voie de la Communauté des Saints), nous demandons désormais officiellement notre adhésion à l'Internationale Communiste.
Enfin, la Confrérie Tian Guo réclame le droit de vivre librement et pacifiquement sur le territoire éranéen, et refusera tout activisme criminel ou sédition violente contre les autorités légales éranéennes, tant que celles-ci la respectera, elle et ses membres.
Malgré nos clivages internes notamment sur les questions des moyens de lutte,
Vive l'Unité Communiste et la médiation oustrienne !
Vive l'Internationale Communiste !
A bas les traîtres sociaux-impérialistes rangés derrière les classes oppressives de Jiyuan et d'Opemont !
Qu'elle soit insurrectionnelle ou pacifique, tous ensemble, pour la Révolution au Makara ![/quote]
Posté : ven. juin 24, 2016 12:55 pm
par Johel3007
[center]Dynastie et nostalgie[/center]
Depuis la nouvelle capitale de Āśā, nouvelle cité minière du Viek Kiong, la Cour de Sa Majesté Royale Pui Yu, Consort de la Reine Shaba du Royaume de Bokchow, ne perdit pas une minute pour commenter la condamnation à mort de Kozo Okamoto, ancien activiste de la résistance indépendantiste du Bokchow de 2013 à 2020.
L’homme aurait mérité une larme pour sa cause mais, à l’époque, l’union du Bokchow et du Sionving était une bonne chose car unis sous une même couronne, avec la promesse d’une continuité de la gouvernance dans le respect des traditions et de la culture des deux royaumes.
Pire, l’homme était un républicain déjà avant l’union des couronnes, luttant alors simplement sur le plan politique, sans entreprendre la lutte armée. Celle-ci s’était ensuite imposée à lui en raison de la soudaine immensité de son adversaire. Pour créer sa République du Bokchow, il lui faudrait bien plus que des discours.
Mais le plus atroce était sans doute qu’il fut un kiroviste, c’est-à-dire un idiot utile de Novgorod, recevant un soutien « fraternel » du Pacte « afin de faire triompher la révolution » quand, en fait, jamais In-Tao n’aurait toléré l’existence d’un Bokchow indépendant. La nouvelle république aurait été intégrée à l’URCM… si tant était qu’elle eu jamais vu le jour.
Il était plutôt probable que Kozo Okamoto n’ait été qu’un moyen pour le Pacte de semer le trouble au cœur de Raksasa, pour embêter celui-ci et le forcer à allouer des ressources à la traque d’une cellule terroriste coriace mais ultimement sans espoir.
Aujourd’hui, Kozo Okamoto était autant l’ennemi des Provinces-Unies du Raksasa que du Royaume de Bokchow. Et donc, Pui Yu ne le pleurerait ni le louerait. Il ne le méritait pas, s’étant dressé toute sa vie contre les idéaux que le couple royal tentait d’accomplir depuis les montagnes du Viek Kiong. Cela n’empêchait pas de récupérer la mort à venir à des fins politiques.
D’où son message à la presse… et à la Toile.
[img]http://s32.postimg.org/x2w7lfs11/Wah_Sing_Ku_1.jpg[/img]
Pui Yu
Ex-prince héritier de Lokfol
« -Au-delà de l’idéologie et des méthodes, Kozo Okamoto est un patriote. Dès le lendemain du mariage forcé entre Siman et Sa Majesté Shaba, il a compris la dangereuse pente sur laquelle son pays était engagé. Il a compris que la culture du Bokchow, majoritairement bouddhiste comme ses voisins du Viek Kiong et Eran, ne pourrait jamais faire un mariage harmonieux avec un Sionving musulman. Les quinze dernières années peuvent avoir fait penser le contraire mais ce serait oublier les profondes différences socioéconomiques qui existent entre les populations musulmanes et bouddhistes au sein des Provinces-Unies.
On compte ainsi peu de milliardaires parmi les populations des provinces de Yama et Kansai, où le revenu médian demeure même deux à trois fois inférieur à la moyenne nationale. Et l’écrasante majorité des postes haut placés dans l’administration demeurent entre les mains de Sionvingiens ou de Bokchowi musulmans.
Certains vous répondrons que c’est là le résultat de la méritocratie et que les générations antérieures à 2013, c’est-à-dire avant la fusion, n’avaient pas pu bénéficier du même niveau d’éducation, limitant certes injustement leurs chances de recrutement mais qu’il aurait été tout aussi injuste et même condescendant de refuser d’engager des Sionvinguiens répondant au qualification juste pour maintenir un « quota » de Bokchowi. Je ne peux réfuter leur argument mais je pense qu’il serait dangereux de voir le seul mérite comme cause de cette disparité.
Au cœur du problème, on trouve une élite politique et administrative musulmane, pas forcément islamiste et certainement pas radicale dans leur foi… mais ignorants des autres fois de leurs administrés, de l’impact de celles-ci sur la culture et le quotidien de ceux-là. Preuve en est : parmi les fêtes religieuses légales, aucune n’a trait aux pratiques bouddhistes alors que cette religion représente plus de 20% de la population et que quantité de fêtes religieuses ponctuaient jadis le calendrier du Royaume du Bokchow.
Mais loin des aspects purement religieux, la culture Bokchowi elle-même est négligée : à l’école, les enfants étudient l’histoire du Royaume du Sionving, de sa dynastie, de ses aventures coloniales,… et le Bokchow n’y est abordé qu’en passant comme un royaume étranger, parfois adversaire et parfois tributaire mais toujours insignifiant malgré une démographie massive et une unification nationale bien plus précoce que celle de Jiyuan, pour finalement n’être que l’une des plus récentes annexions territoriale de la Destinée Manifeste prônée par le panraksasanisme.
On commémore les guerres en l’honneur des morts, on fête le travail à la manière des pays d’Alméra, on célèbre la Constitution à la manière des pays du Vicaskaran. On commémore les « Journées Nationales » du Kanagawa et du Polao, marquant la date d’adhésion de ces provinces à la nation. Mais il n’y a pas de « Journée Nationale du Bokchow »… car sa présence au sein de l’Empire était considérée acquise de par la loyauté des sujets envers Sa Majesté Shaba. Et la République n’a pas désiré remettre en cause cet état de fait alors même que, dans la rue, il l’était.
La mention du Bokchow comme une nation autrefois indépendante fait peur. Il y a, dans les Provinces-Unies, une volonté parfois inconsciente mais souvent délibérée de gommer la culture du Bokchow et de son peuple, d’effacer leur histoire antérieure à l’union de 2013, pas par une agression systématique mais par une subtile ignorance pure et simple où l’éducation nationale et autres institutions de la République font leur possible pour uniformiser la population, non pas sur un modèle médian aux deux cultures mais selon un moule qui est celui du Sionving et uniquement du Sionving.
Kozo Okamoto avait compris dès le début que, sous le joug de Jiyuan, notre peuple serait oublié par l’Histoire et, soucieux de préserver la culture dans laquelle il avait grandi, fier de la patrie dans laquelle il avait été élevée, il s’est dressé pour lutter. Ne pouvant espérer de soutien venant des démocraties libérales à une époque où le Raksasa était un allié indispensable contre la Main Noire, il s’est tourné vers In-Tao et a accepté l’idéal communiste, peut-être par conviction mais surtout par intérêt. Car après tout, république ou royaume, l’essentiel était de préserver les valeurs et la culture. Les régimes politiques sont éphémères. Le peuple endure. Cette vérité ancienne est pourtant remise en cause aujourd’hui par les États-Nations modernes, où des peuples entiers disparaissent et où des Léviathans politiques se construisent. Peut-être ces géantes abominations s’écrouleront-elles aussi vite qu’elles sont apparues mais, dans l’intervalle, il convient de s’assurer que le peuple du Bokchow, sa culture, sa langue, sa religion et son histoire ne périsse pas écrasés.
Kozo Okamoto, tous les patriotes du Bokchow vous saluent !! »