Page 3 sur 3

Posté : ven. nov. 13, 2015 5:26 pm
par Steve
[quote="Steve Finerpapi"][center]Chambre à coucher présidentielle
«J'immolerai votre corps sur la place publique»
Saga Finerpapi, #11[/center]

Les temps devenaient de plus en plus difficiles pour le président Decker. De héros à zéro, l'ancien gouverneur hulgerbois devait désormais jongler avec les conséquences de l'opération Gil May, qui n'en était qu'à ses débuts, et la rage des Shawiricois devant le manque d'explications au sujet notamment des Alezikois détenus dans un endroit endroit. Exténué, et à peine vingt et une heures du soir, le président Decker ferma boutique et annonça à ses conseillers qu'ils se rencontreraient le lendemain pour préparer un communiqué sur les cent quarante mille Alezikois en état d'arrestation. Il salua ses conseillers, puis ceux qu'il croisa dans les couloirs, puis se rendit à sa chambre à coucher. Une pièce tout au fond de l'aile ouest, hautement protégée et où l'accès est strictement réservé qu'à une poignée de fidèles au président. Il entra dans sa chambre, puis referma la porte derrière lui.

Agent Schaffer : Chouette couverture. Que représentent ces motifs?

Jimmy Decker : Vous! Vous n'avez donc aucune limite. Qu'est-ce que vous voulez?

Agent Schaffer : Vous ne m'avez jamais remercié pour Diego Munoz. Si vous saviez tout le mal que ça m'a donné...

Jimmy Decker : Écoutez-moi bien, espèce de tas de merde. Vous allez devoir vous trouver un autre pantin, parce que mon désir de retrouver le président Finerpapi n'est clairement pas aussi solide que mon envie de vous voir disparaître. Je suis le président des Nations-Unies de la Shawiricie! J'ai à mes côtés les meilleurs hommes et croyez-moi, lorsqu'ils mettront la main sur vous, je vous ferai amèrement regretté votre minable existence. Je ferai en sorte que souffriez à un point tel où vous me demanderez : «Monsieur le président, Maître, Votre Majesté Shawiricoise, mettez fin à mes jours! Épargnez-moi, Ô Maître Decker!»

Agent Schaffer : AHAHAHAH!!! Pauvre con. Non, mais, entendez les conneries que vous déblatérez, monsieur le président. Vos hommes, les meilleurs me dites-vous, ne peuvent tout simplement rien contre moi. Contre le X7. Le bâtiment le mieux protégé de la Shawiricie, n'est-ce pas? Pourtant, je me retrouve assis sur votre lit, dans le confort de votre foyer le plus intime, à vous prévenir. À vous mettre en garde, monsieur le président. Ne jouez pas à cela avec moi. Je n'ai rien à perdre, contrairement à vous, parce que je n'existe pas. Vous avez cherché, n'est-ce pas? Comment un homme qui n'existe pas peut être là à tout moment, à tuer et à vous faire chanter? Nos quêtes ne sont pas les mêmes, monsieur le président. Vous cherchez le pouvoir, moi je cherche la survie de la Nation. Loin des politiques et de ses pantins. Je n'en ai rien à foutre que ce pays tombe dans la dictature militaire ou qu'il devienne un paradis pour les bisounours, monsieur le président. Parce que peu importe ce que deviendra ce pays, la Nation, elle, survivra. Elle survivra à travers les époques comme elle a survécu dans le passé. Vous dépassez les bornes, monsieur le président, et ce jeu pourra vous coûter très cher. Extrêmement cher.

Jimmy Decker : Que voulez-vous? Vous voulez être à la tête de la Défense de ce pays? À la tête de nos services de renseignements? Que souhaitez-vous? Quel est votre prix?

Agent Schaffer : AHAHAH! Les services de renseignements? Ne vous moquez pas de moi, monsieur le président. Vous croyez vraiment que le X7 a de quoi à envier aux services de renseignements de la Shawiricie? Si tel était le cas, comment expliqueriez-vous le fait que je suis au courant que vos chauds lapins du Mayong seront bientôt rendus en esclavage, ou mieux, être tués? Comment expliquer le fait qu'en 2028, on puisse encore passer inaperçu un génocide bien en règle, à la vue de tous les pays du monde, sans que ceux-ci ne s'indignent un minimum? Le je-m'en-foutisme de votre opération militaire en Alezik démontre bien dans quel climat vous avez rendu la Shawiricie. Même vos alliés ferment les yeux sur vos agissements. Pourquoi? Parce que la Shawiricie n'est plus le pays de l'époque. La Shawiricie n'est plus le pays apprécié d'autrefois. Qui, selon vous, est responsable d'une telle gifle diplomatique? Oui, vous.

Jimmy Decker : Où avez-vous obtenu ces informations?

Agent Schaffer : Green Rabbit Valley? Oh, disons uniquement que vos hommes de confiance ne proviennent pas forcément de la même école. C'est tout de même un grand coup, je dois l'admettre. Donc, maintenant que toutes les cartes sont sur la table, pouvons-nous poursuivre notre aventure?

Jimmy Decker : Je vois bien votre jeu. Détenir le contrôle sur le président de la Shawiricie avec la fausse promesse de lui livrer, un jour, ce qu'il cherche. Je ne marche plus dans ce jeu-là. Vous allez devoir vous trouver un autre copain avec qui faire ami-ami.

Agent Schaffer : Très bien. Dès demain, la police du Lhyton trouvera un élément dans l'affaire Munoz éclaboussant votre gouvernement. Également, j'irai personnellement raconter à la télévision cette histoire de lapins. J'affirmerai sous serment que vous avez envoyé ces Alezikois à l'abattoir au Mayong. Je tuerai vos proches un à un, en commençant par votre mère. Je la décapiterai et je vous enverrai sa tête en guise de salutations. J'immolerai votre corps sur la place publique, popcorn en main. Vous ne me croyez pas? Just watch me, monsieur le président.

Schaffer se leva du lit, puis se dirigea vers la porte principale. Il toucha la poignée, puis...

Jimmy Decker : Qu'est-ce que vous voulez?

Agent Schaffer : La main mise sur votre gouvernement, monsieur le président. Vous seriez dû pour un remaniement ministériel.

Jimmy Decker : Qui? Et où?

Agent Schaffer : James Suber a suffisamment été choyé là où il est. Peut-être serait-il temps qu'il cède sa place. Anthony Otten est un homme relativement compétent pour cette tâche. Bill Wiley ne me semble plus être apte à exercer son poste ministériel, je suis convaincu que vous saurez l'exclure de votre gouvernement avec classe. Et bien entendu, je réitère ma confiance envers votre vice-présidente : elle me fait beaucoup rire.

Jimmy Decker : Rien de moins? Vous voulez rire, j'espère...

Agent Schaffer : Je ne plaisante que très rarement, monsieur le président. Faites ce que je dis, et je vous amènerai discuter avec le président Finerpapi.

Posté : lun. nov. 23, 2015 12:40 am
par Steve
[center]Riverlake
«Arrêtez de vous bercer en illusions, Jimmy Decker»
Saga Finerpapi, #12[/center]

Le président Decker n’avait pas l’impression que Schaffer respecterait sa part de l’engagement. Après tout, pourquoi ferait-il cela? Et surtout, pourquoi l’agent Schaffer souhaitait tant voir l’un de ses hommes à la Défense shawiricoise? Le X7 n’avait-il pas tous les pouvoirs, tous les accès? Le X7 n’était pas supérieur aux appareils gouvernementaux de la Shawiricie et d’une bonne partie du Monde tel qu’on le connait? Pourquoi l’organisation secrète mise sur pied par le président Brian Blackburn s’intéresse-t-elle à la futilité du pouvoir, davantage d’apparence d’une marionnette que d’un convoi de guerre, alors qu’elle dit être au-dessus de tout? Le X7, selon les propres aveux de l’agent Schaffer, s’intéressait qu’à la survie de la Fédération shawiricoise. Et ce, peu importe si elle devenait une dictature militaire ou une république où les chats seraient au pouvoir. Nerveusement assis sur l’une des spacieuses chaises de son bureau, le président conservateur fixait Schaffer, entouré de deux de ses hommes. Decker avait dû trouver un subterfuge pour que son propre personnel ne soit pas alerté par les deux frigidaires à glace que Schaffer avait amenés. Pour se protéger? Laissez-moi rire.

Agent Schaffer : Êtes-vous prêts?

Jimmy Decker : Peut-ont l’être?

Agent Schaffer : Amenez-nous au stationnement sous-terrain.

Decker s’exécuta. Il se leva puis prit les devants. Il salua sa secrétaire, avec qui il avait régulièrement des relations sexuelles pour satisfaire l’appétit de la dame, si vous voulez le savoir, bande de pervers, puis s’orienta vers le couloir principal suivi de Schaffer et de ses monstres de Donjons et Dragons. Craignant d’être dans un guet-apens, Decker préféra les escaliers à l’ascenseur, mais s’il devait mourir, il n’aura emprunté à la Vie qu’une demi-minute. Decker ordonna au gardien du stationnement de rendre une pause et les deux déversements fluviaux de Schaffer s’occupèrent de fermer la porte derrière eux. Ils s’avancèrent vers Decker, l’un ayant une aiguille à la main droite. Decker tenta de se débattre, mais en vain face à la férocité des deux produits de Tchernobyl. Ils mirent le chef d’État de la Shawiricie à l’arrière d’une limousine, où Schaffer prit également place, puis ils prirent la direction de la Crête de… AHAHAH. Non, croyez-vous vraiment que je vais écrire l’emplacement ici? Petits comiques.

Arrivés à destination, les deux lumières affaiblies de Schaffer transportèrent le président. Sac noir sur la tête, à l’intérieur de ce qui semblait être une entrée de mine désaffectée. Ils marchèrent quelques mètres avant d’embarquer sur un petit véhicule, comme une voiturette de golf, puis ils prirent la direction nord durant près de treize kilomètres. Arrivés à destination, les deux comprimés de stéroïdes retirèrent le sac noir de la tête de Decker. Le président n’avait aucune chance de reconnaitre l’intérieur d’une mine. Tout avait été rénové. On aurait dit l’intérieur d’un immense complexe fermé, avec plantes, individus et technologies. Schaffer regarda Decker, en lui souhaitant la bienvenue au X7, puis ils prirent la direction de l’ascenseur identifiée sous le nom de Evil Door. Ils descendirent trois étages, approximativement, puis lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, un long corridor peu invitant se dessina. À gauche comme à droite se trouvaient des cellules. Certaines remplies, d’autres non. Schaffer, Decker et les deux gorilles se dirigèrent tranquillement vers le fond du couloir, regardant un à un les hommes et les femmes qui s’y trouvaient. Soudain, Schaffer et ses deux rectums tournèrent les talons.


Agent Schaffer : Vous avez dix minutes.

Steve Finerpapi : Qui êtes-vous?

Jimmy Decker : M… m… monsieur le président? C’est bien vous? Steve Finerpapi?

Steve Finerpapi : Qui voulez-vous que ce soit, mon garçon? Si vous êtes ici, c’est parce que vous savez qui je suis. La seule chose qu’on ne sait pas, c’est ce que vous allez me faire. Qui êtes-vous?

Jimmy Decker : Je… je… Jimmy. Decker. Jimmy Decker, monsieur le président.

Steve Finerpapi : Decker… Decker… Je n’ai aucune idée de qui vous êtes. Que me voulez-vous, Jimmy Decker?

Jimmy Decker : Je veux vous libérer, monsieur le président. Je suis venu ici pour vous libérer. Je vous cherche depuis déjà très longtemps et j’en connais suffisamment assez pour couper le souffle de bien des…

Steve Finerpapi : Écoutez, mon garçon, j’ignore qui vous êtes et ce qui se trame dans votre tête, mais si vous n’êtes pas ici pour me tuer, partez. Ma liberté sera dans la mort, garçon. D’ailleurs, qui êtes-vous pour avoir ce privilège que seul un homme a eu depuis mon incarcération ici?

Jimmy Decker : Blackburn. C’est Blackburn, n’est-ce pas?

Steve Finerpapi : Qui êtes-vous?

Jimmy Decker : Je suis le président de la Shawiricie, monsieur le président. J’ai débuté en politique quelques temps avant que vous annonciez votre… Attendez… Comment cela se fait-il que vous soyez en vie? Vous aviez un cancer au cerveau…

Steve Finerpapi : Le seul cancer que j’avais, c’était Blackburn, comme vous le dites. J’ai été manipulé, trahi, empoissonné. J’ai été la victime d’un système que je m’efforçais d’éliminer : la corruption, les powertrip… Écoutez-moi, écoutez-moi. Écoutez-moi, parce que si vous êtes vraiment président de ce pays, si on est en Shawiricie d’ailleurs, c’est que vous êtes suffisamment intelligent pour comprendre ce que je vais vous dire. Fuyez, évitez de faire affaire avec ces monstres et oubliez-moi. Jamais je ne sortirai d’ici. Lorsque je sortirai, ce sera les deux pieds devant. Sortez et retournez dans votre bureau. Signez des décrets, faites de beaux discours et répandez les bienfaits de notre Fédération. C’est la chose la plus intelligente que vous puissiez faire. Ne perdez plus de temps à me trouver. Ne perdez plus de temps à tenter de me libérer. Votre combat sera vain et vous y laisserez beaucoup plus que vous pouvez le croire. Regardez-moi. J’ai bientôt 65 ans et j’ai l’air d’en avoir 200. Et je n’exagère pas en vous disant qu’ici, les journées se transforment en années. Alors oui, peut-être qu’au fond, j’ai 200 ans et que je ne le sais pas.

Jimmy Decker : Monsieur le président, vous ne me connaissez p…

Steve Finerpapi : Écoutez-moi. Vous venez ici m’annoncer ma grande libération et dans peut-être huit minutes, vous allez repartir bredouille. J’imagine que vous ne savez même pas où nous sommes. Savez-vous où nous sommes, mon garçon? Nous sommes en enfer. Ici, c’est la dernière étape avant de rencontrer Dieu ou le maître des enfers. Je n’arrive pas à croire que je parle de cela avec ma deuxième visite depuis que je suis ici. Non, vraiment, vous ne comprenez rien et j’imagine que vous ne vous connaissez pas non plus. Êtes-vous crétin à ce point pour croire que dans cette histoire, vous contrôlez quoi que ce soit? Ils vous ont promis ma libération? Bien sûr, et puis quoi, après? Ils vont vous couvrir d’or pour avoir été un gentil président au service de son pays? Arrêtez de vous bercer en illusions, Jimmy Decker, arrêtez de croire que ce monde vous appartient et qu’il vous est redevable. Estimez-vous chanceux si vous repartez d’ici, plutôt.

Jimmy Decker : Vous avez raison. Il me reste huit minutes. Alors vous allez fermer votre gueule et vous allez m‘écouter maintenant. Parce que je ne sais pas si vous êtes au courant, mais aujourd’hui, vous n’êtes plus rien. Votre âme vagabonde entre la volonté de mourir et l’impossibilité d’y parvenir. Peut-être serait-il temps d’arrêter vos conneries et de me dire tout ce qui pourrait me servir à vous sortir d’ici. Et si vous n’en avez rien à foutre, au moins, n’éliminez pas l’espoir des autres qui se trouvent ici et qui, peut-être, rêvent de sortir. Que pouvez-vous me dire sur Riverlake?

Steve Finerpapi : Riverlake? Jamais entendu parler de Riverlake. Qu’est-ce que c’est?

Jimmy Decker : C’est ce que j’essaie de savoir…

Steve Finerpapi : J’ai déjà entendu deux hommes parler d’une crête pendant qu’ils venaient nous porter à manger. Je ne sais pas ce qu’ils disaient à ce propos, mais ici, c’est très rare qu’ils parlent alors lorsqu’ils le font, on écoute, vous comprenez…

Jimmy Decker : Une crête? Et c’est tout?

Steve Finerpapi : Non, ils ont aussi parlé d’un chalet en bois ronds dans la forêt du nord du Valleypoint où il y a une porte dans le sous-sol qui mène à un tunnel en lien avec cet endroit. Bien sûr que c’est tout, qu’est-ce que vous croyez?!? Est-ce que Blackburn est encore dans les parages?

Jimmy Decker : En politique? Non, il n’y est plus. Il accorde quelques entrevues ici et là, mais sans plus. Il n’est plus concerné par la vie politique depuis déjà quelques années… Pourquoi?

Steve Finerpapi : Écoutez-moi : je crois qu’il tire encore les ficelles. Cette chose, où nous sommes, c’est sa création. J’ignore si vous me croyez fou ou non, mais vous devez me croire. J’ai la forte impression qu’il est derrière tout cela.

Jimmy Decker : Comment en arrivez-vous à cette conclusion?

Steve Finerpapi : L’homme qui vous a conduit ici, j’ignore son nom, mais il n’en mène pas large. Il vient parfois vous apporter des nouvelles du monde extérieur. Je lui avais déjà demandé une copie d’un journal, peu importe lequel, parce que je voulais me sortir la tête hors de l’eau… Il ne m’a rien dit, il n’avait pas l’air en mesure de me répondre…

Jimmy Decker : L’homme derrière moi? Il s’appelle Schaffer, c’est la tête dirigeante de ce qu’on appelle le X7. C’est une organisation créée sur les ordres de Blackburn, mais c’est Schaffer qui…

Steve Finerpapi : Le X7 dîtes-vous? J’ai déjà entendu cela. Le X7. Oui, j’ai déjà entendu ça. Écoutez-moi, votre homme, ce Schaffer, il n’est pas le patron. J’en suis presque convaincu. Vous devez cerner Blackburn. Vous croyez avoir une chance de me sortir d’ici? Alors ça passe par Blackburn. J’en suis convaincu!

Soudain, on entendit une porte ouvrir puis des bruits de pas arriver.

Steve Finerpapi : Blackburn! Il faut le trouver. C’est la clé du puzzle, j’en mettrais ma main au feu! Vous devez…

Agent Schaffer : La visite est terminée. Decker, amenez-vous.

Jimmy Decker : Je le ferai… Oui, oui, j’arrive… Je le ferai. À bientôt.

Posté : lun. nov. 23, 2015 5:40 pm
par Steve
[center]Bureau présidentiel
«Il réitère sa confiance en vous»
Saga Finerpapi, #13[/center]

Jimmy Decker était à son bureau, signant les plus récentes lois adoptées par le Congrès de la Shawiricie. Decker avait été prévenu, mais il ne croyait pas que la division des représentants conservateurs était aussi importante qu'on le laissait croire. Kenneth Winn, le leader conservateur du Congrès, laissait même planer un doute sur sa réélection à son siège de représentant : preuve que plus rien n'allait dans le clan des conservateurs. Heureusement, Decker pouvait encore compter sur une pleine majorité et un caucus uni dans la division. Lors de la présidence de Larry Calvin, de nombreux démobloquistes avaient démissionné en bloc... Decker devait réunir à nouveau son caucus congressionnel sous la même lumière. Sur le même chemin. Peut-être pourrait-il augmenter leur salaire? Quoi qu'il en soit, malgré les sondages, de nombreux observateurs s'entendaient pour dire que Decker gérait bien les crises qui secouaient la Shawiricie ces temps-ci. Si seulement ils savaient...

Mary Barnes : Monsieur le président?

Jimmy Decker : Entrez, Mary.

Mary Barnes : Puis-je vous aider, monsieur?

Jimmy Decker : Il réitère sa confiance en vous, Mary, lâcha-t-il sèchement.

Mary Barnes : Qui donc réitère sa confiance en moi?

Le président se leva de son siège, contourna son bureau et alla directement s'asseoir dans l'un de ses fauteuils. Il invita sa vice-présidente à le rejoindre et, alors qu'elle faisait pareil, trois gardes armés entrèrent par la porte principale et quatre autres entrèrent par des portes secrètes utilisées pour évacuer le président en cas de danger.

Mary Barnes : Que se passe-t-il?

Jimmy Decker : Voilà comment nous allons procéder. Vous allez faire ce que je vous dis de faire et tout ira bien. Faites un pas en dehors du sentier et nous vous traquerons jusqu'à ce qu'on puisse vous loger une balle dans la tête. Ce n'est pas ce que vous voulez, Mary, n'est-ce pas? Êtes-vous prête à mourir pour ce que vous ne contrôlez pas?

Mary Barnes : Monsieur le président, j'ignore de quoi vous voulez parler, je peux...

Jimmy Decker : Il. Réitère. Sa confiance. En vous.

Mary Barnes : Je vois...

Jimmy Decker : J'avais donc raison. Vous, Mary, avec ces assassins de la démocratie et du monde libre..

Mary Barnes : Vous n'y êtes pas du tout. Nous protégeons notre pays des menaces. Qu'elles viennent de l'intérieur ou de l'extérieur, nous les éliminons. Vous ne comprenez pas la mission qui...

Jimmy Decker : Taisez-vous! Ce que je comprends, c'est que vous êtes à la solde d'une organisation mise sur pied par l'égo d'un homme qui recherchait le pouvoir. Et maintenant, ce même pouvoir qui a créé cette organisation est en train de perdre le contrôle et cette perte de contrôle se résultera par une balle au milieu de votre front si vous ne faites pas ce que je dis. Je sais que Schaffer ne contrôle pas cette merde qu'est le X7. Je sais qu'il y a quelqu'un au-dessus de lui qui dirige les ficelles. Vous allez l'inviter. Dans ce bureau.

Mary Barnes : Vous n'avez pas idée de ce que vous souhaitez créer, Decker. Vous n'avez aucune idée de ce qu'est cet...

Jimmy Decker : Amenez Blackburn dans ce bureau et vous avez la vie sauve. Alertez le X7 et vous allez rejoindre les poissons au fond du Golfe.

Mary Barnes : Blackburn? Comment...

Jimmy Decker : Peu importe! Amenez-le-moi. Et ces hommes vous accompagneront. Votre garde rapprochée a été mise à jour pour... comment dire... vous protéger?

Mary Barnes : Je...

Jimmy Decker : Oui, vous... Et immédiatement. Messieurs...

[...]

Posté : jeu. déc. 24, 2015 7:26 pm
par Steve
[center][img]http://www.pc.gc.ca/eng/pn-np/nl/torngats/activ/randonee-hiking1/~/media/pn-np/nl/torngats/5activ/hiking-randonee/koroc5.ashx?w=552&h=269&as=1[/img]

Madame la Commandeure
[1-1] «C’était du bon travail»[/center]


[ve][justify]Personne n’aurait cru qu’un jour, Jimmy Decker abdiquerait pour laisser la place à sa vice-présidente d’une manière aussi fracassante. Tandis que la Shawiricie était amèrement secouée par l’un des plus grands scandales de la Shawiricie moderne, Mary Barnes savourait enfin sa victoire. Quel difficile combat avait-elle dû mener pour tirer les ficelles les plus barbares. Barnes était devenue, le 09 décembre dernier, la femme la plus tenace de la Shawiricie. Et si personne ne voyait venir ce dénouement dans les rues de la nation shawiricoise, en coulisses, il en était tout autrement. La nouvelle présidente avait dû écarter bien des mains de son précieux objectif et elle avait dû en arriver à des centaines de manipulations pour finalement avoir droit, elle aussi, à son petit moment de notoriété. Madame la 35e présidente de la Shawiricie, cheffe des armées et commandeure suprême des décisions. Voilà une fonction qui lui plaisait très bien. Et si ce n’était pas suffisant, Barnes manipulait les ficelles d’une autre organisation. Celle que personne ne connaissait, mais que tout le monde craignait. L’agent Schaffer, Brian Blackburn… tous des pions bien utiles au sein du X7 pour la Grande noirceur bleue.

Dans une forêt peu fréquentée des banlieues de Stepro, le téléphone portable à la main, la nouvelle cheffe d’État avait commandé la présence d’un agent du X7 pour le féliciter de son effort et de son travail acharné. Lui qui avait aidé Mary Barnes dès le début, lui qui était, au final, son plus précieux allié dans la quête du pouvoir. Assise sur un banc aménagé par les autorités municipales, Barnes attendait son invité. Sa garde rapprochée protégeait l’endroit comme ils savaient si bien le faire. Derrière Barnes, des bruits de branches craquées sous le poids de pieds se firent soudainement entendre. Barnes tourna le regard, puis aperçu l’agent. Barnes retourna son regard droit devant elle, attendant qu’il vienne s’asseoir à ses côtés.


Agent du X7 :
«Eh bien. C’était à la fois si simple et pas du tout de repos. Je ne peux pas dire que je ne suis pas heureux du dénouement, mais vous comprendrez que ma position ne me permet plus d’espérer quoi que ce soit.»

Mary Barnes :
«Votre mission est terminée, agent. Les risques étaient connus et votre courage devant les sacrifices imposés sont tout à votre honneur. Vous êtes désormais un modèle pour tous les agents de terrain qui auront désormais de grandes décisions à prendre pour leur avenir au sein du X7. Et bien entendu, l’avenir de notre grande nation.»

L’agent du X7 baissa son regard vers le sol. Le petit vent de décembre en Shawiricie offrait quelques 12 degrés, ce qui n’était véritablement pas très chaud pour ce pays bien ancrée dans ses chaleurs du Sud. L’agent remonta son col de son petit manteau, puis regarda en direction de la nouvelle présidente.

Agent du X7 :
«J’ose croire que ce que je vous demanderai ne sera pas possible.»

Mary Barnes :
«Ne vous inquiétez pas. J’arrangerai tout, comme je l’ai toujours fait. Votre loyauté envers l’équipe et moi sera récompensée à la hauteur de vos efforts. Votre position n’est que temporaire, faites-moi confiance.»

Agent du X7 :
«Je mourrai avant de trahir votre confiance, Commandeure.»

Mary Barnes :
«C’est l’unique raison pour laquelle vous êtes un élément qui m’est cher au sein de l’organisation. Sans des agents comme vous, le X7 ne serait pas ce qu’il est. Sans vous, le pouvoir n’appartiendrait pas au X7 dans sa totalité.»

Flatté, l’agent ne laissait rien paraitre. S’il devait avoir l’air d’un faible, aussi bien que cela ne soit pas devant la patronne des patronnes. L’agent se leva, puis avança droit devant lui d’une dizaine de pas, avant de se pencher vers le sol. Il ramassa un bout de papier, en fit la lecture rapide, et le jeta par terre puisqu’il n’était d’aucun intérêt. Il revint sur ses pas puis repris place à côté de la cheffe du X7.

Agent du X7 :
«Vous vouliez me voir, Commandeure?»

Mary Barnes :
«Je ne pourrai pas vous aider avant quelques temps. Je ne peux pas affaiblir cette montée.»

Agent du X7 :
«Je comprends très bien, soyez sans crainte.»

Mary Barnes :
«Je n’en ai pas. Ils vous attendent?»

Agent du X7 :
«Oui, là-bas. À cinq cent mètres. Ils sont épouvantables avec leur fière allure de ceux qui ont réussi à sauver la planète.»

Mary Barnes :
«Laissez-les dans leur illusion. Allez-y, avant qu’il ne soit trop tard.»

Agent du X7 :
«Bien, Commandeure.»

L’agent se leva, cacha ses mains dans les poches de son long manteau noir, puis rebroussa chemin à petits pas. Bien qu’il n’allait pas se défiler devant les volontés de la patronne, il n’y irait sûrement pas en courant. Alors qu’il s’éloignait, Mary Barnes se leva et se tourna en direction de son homme de main.

Mary Barnes :
«Kenneth.»

Agent du X7 :
«Oui, Commandeure?»

Mary Barnes :
«C’était du bon travail.»[/justify][/ve]

Posté : mar. janv. 26, 2016 8:11 pm
par Steve
[center][img]http://fc03.deviantart.net/fs70/f/2010/225/c/a/Dungeon_Door_by_Pixalkiller.jpg[/img]

Saga Finerpapi
[1-14] «Je veux mourir»[/center]


[ve][justify]Être présidente de la Shawiricie puis Commandeure du X7 n'était pas de tout repos pour Mary Barnes. La femme aux mille et un projets saugrenus ne pouvait pas moins s'appliquer à l'une ou l'autre de ses désormais célèbres fonctions. D'une part, être la présidente de la Shawiricie était un rêve qu'elle chérissait au plus haut point, sa couverture carriériste parfaite. De l'autre, être la chef suprême de l'organisation la plus puissante de la Shawiricie, et peut-être même d'une partie du monde, cela ne pouvait être négligé. Mary Barnes avait réussi sur tous les aspects de sa vie. Non seulement elle était une femme puissante sur la scène publique, mais elle l'était tout autant, sinon plus, derrière le rideau de ce grand spectacle qu'est la politique. On disait souvent que les chefs d'État n'étaient que des marionnettes à la soldes de puissantes organisations secrètes. Dans le cas de Mary Barnes, on pouvait présumer qu'elle dormait très bien la nuit, sans crainte d'être victime d'une quelconque manipulation.

Dans la mine désaffectée du comté de Clairmont, au Valleypoint, Mary Barnes donnait ses instructions à deux agents du X7 qui s'apprêtaient à aller éliminer un élément gênant. En tournant les talons pour se diriger à son bureau, une vaste salle où elle dirigeait tous les va-et-vient de l'organisation, elle tomba sur le regard de l'un de ses adjoints qui l'observait avec calme. Faisant à peine trois ou quatre pas en sa direction, l'homme s'avança en prenant bien soin de resserrer sa cravate. Dans le monde extérieur, Mary Barnes n'était qu'une simple amie, mais dans cette mine désaffectée, elle représentait l'autorité suprême. Celle ayant le pouvoir de l'éliminer en chuchotant, tout simplement. Malgré le grade de la Commandeure, celui-ci n'en tenait cependant pas rigueur. Amis depuis des décennies, il était le seul qui pouvait l'appeler par son prénom au sein du X7.


Brian Blackburn :
«Mary, êtes-vous occupée?»

Mary Barnes :
«Je vous écoute.»

Brian Blackburn :
«Nous devons éviter que l'avenir nous prenne de court une fois de plus.»

Mary Barnes :
«Qu'entendez-vous par là?»

Brian Blackburn :
«Il faut déchirer les pages du chapitre Decker et en éliminer son contenu.»

Mary Barnes :
«Suivez-moi. James! Donnez-moi votre arme. Donnez-moi votre... Merci.»

L'agent obtempéra sans poser plus de questions. Lorsque la Commandeure devait répéter plus d'une fois une consigne, généralement, cela n'engageait rien de bon pour la suite. Tandis que l'agent James Sinclair s'éloigna, Barnes donna l'arme à Brian Blackburn et ils partirent en direction du Evil Door. Ils descendirent les trois étages, sortirent de l'ascenseur puis prirent la direction du fond du couloir sous le silence pétrifié des détenus. Lorsque la Commandeure prenait le temps de descendre aux cachots, elle aimait bien le silence. Le dernier qui avait osé l'insulter s'était retrouvé avec une balle entre les deux yeux.

Mary Barnes :
«Vous avez changé, Steve. La barbe vous va à ravir.»

Finerpapi ne parla pas. Il ne regardait même pas en direction de sa visiteuse. Non pas par signe de politesse et de respect, mais parce qu'il n'en avait rien à cirer de Barnes. Il savait que la présence de Barnes au troisième sous-sol était significative. Decker avait échoué. Il avait lamentablement échoué. Et quelqu'un devait payer. Non pas parce que Decker avait échoué, mais parce qu'il avait essayé.

Brian Blackburn :
«Lorsque la Commandeure s'adresse à nous, on répond!»

Steve Finerpapi :
«Pardonne-moi, Brian, mais la seule personne qui va lui lécher le cul, aujourd'hui, c'est toi.»

Mary Barnes :
«Comme c'est charmant. Si près de la sortie, mais à la fois, si loin de réussir quelque exploit qui soit. Triste est le destin d'un homme qui, démuni d'espoir, laisse son avenir entre les mains d'un avenir incertain.»

Steve Finerpapi :
«La poétesse des pauvres.»

Mary Barnes eut un petit sourire en coin, puis tourna son regard vers Blackburn qui, silencieux, observait la scène.

Mary Barnes :
«L'arrogance ne vous apportera rien, au point où vous en êtes.»

Steve Finerpapi :
«Qu'est-ce que vous voulez, qu'est-ce qui vous ferait plaisir qu'on en finisse?»

Mary Barnes :
«C'est à moi de vous poser la question. Qu'aimeriez-vous, désormais?»

Steve Finerpapi :
«Je sais bien pour quoi vous êtes là. Aussi bien en finir le plus vite possible. Je veux mourir.»

Mary Barnes :
«Bien. Qu'il en soit ainsi. Brian, occupez-vous-en.»

Barnes tourna son regard sur Blackburn, puis sur Finerpapi ensuite. Elle le salua, puis tourna les talons en direction de l'ascenseur où des dizaines de paires de yeux, apeurés, la fixèrent dans le plus frissonnant des silences. Elle appuya sur le bouton, puis entendit murmurer. Les portes s'ouvrèrent et elle entra dans l'ascenseur. Alors qu'elle se tournait pour faire face au couloir, un coup de feu se fit entendre. Après le terrible vent d'écho, plus rien. Elle appuya sa main sur les portes pour qu'elles ne se ferment pas, puis attendit Blackburn. Tandis que les portes se fermèrent, Barnes demanda à Blackburn ce que Finerpapi lui avait dit.

Brian Blackburn :
«Vous êtes une salope.»[/justify][/ve]

Posté : mer. févr. 24, 2016 2:37 am
par Steve
[center][img]http://storage.bradfordtimes.ca/v1/dynamic_resize/sws_path/suns-prod-images/1297558208566_ORIGINAL.jpg?quality=80&size=650x&stmp=1399574182775[/img]

Madame la Commandeure
[1-2] «Ah, non. Pas demain.»[/center]


[ve][justify]Robert David Slinkard travaillait pour le Shawirician Bureau of Investigation depuis déjà sept ans. Un agent fier comme il n'en avait pas dix. Bien que quelque peu maladroit, ses supérieurs pouvaient toujours compter sur ses services pour quoi que ce soit. Et c'était peut-être là la faiblesse de l'agent fédéral. Il n'était pas rare que Slinkard était forcé de faire des cafés pour ses patrons. Parfois, même, il devait vider quelques corbeilles avant l'arrivée de personnes très importantes qui venaient visiter le chef. Un mélange entre superviseur des cellules temporaires et chargé de la sécurité du corridor principal, Slinkard n'avait qu'un seul rêve au sein du SBI : devenir un patrouilleur, sur les routes, à la recherche du crime pour le combattre. C'était là son seul désir. Au bureau, il n'était pas très apprécié et fortement sous-évalué. On l'appelait l'agent dormant. Parce qu'à toujours faire de petites corvées ridicules, on en venait presque à se dire qu'il ne faisait rien. L'agent dormant. S'ils savaient.

Robert D. Slinkard était attitré à la surveillance des cellules du sous-sol du quartier général, là où étaient incarcérés de dangereux criminels en attente de procès ou de statut particulier. Selon certaines rumeurs, certains détenus politiques y étaient incarcérés, mais les nombreuses enquêtes internes ont toujours démenties ces accusations sans preuve. Slinkard se dirigea donc vers son poste où, ce mois-ci, un seul client errait entre les barreaux du sous-sol.



Robert D. Slinkard :
«Kenny, comment ça va, ce matin?»

Kenneth Winn :
«Dieu merci, j'avais peur que ce soit John, aujourd'hui. T'as pas idée à quel point il est spécial, ce mec...»

Robert D. Slinkard :
«Ah, ouais, John... Tu ne risques plus de le voir, il a été muté aux archives. D'après ce qu'on dit, il aurait tenté de voler des documents dans le bureau de Jefferson. Il ne l'a pas bien prit.»

Kenneth Winn :
«Tu rigoles? J'en crois rien. Il cherchait quoi?»

Robert D. Slinkard :
«Aucune idée, je ne fais que raconter les ragots, hein.»

Kenneth Winn :
«Ahah! Je n'en doute pas, Rob, je n'en doute pas! Je sais bien que demain, quand t'auras des nouvelles, tu ne viendras pas me le dire en courrier prioritaire...»

Robert D. Slinkard :
«Ah non, pas demain. Ce ne sera pas possible, pour toi.»

Kenneth Winn :
«Comment ça?»

L'agent Slinkard fouilla dans sa poche gauche de son pantalon bleu marin foncé puis sorti des lacets rouges. Il les déposa contre l'un des barreaux horizontaux de la cellule de Kenneth Winn, puis cessa de mâcher sa gomme.

Robert D. Slinkard :
«Écoute... Le moment est venu. Tu dois faire ce que tu as à faire.»

Kenneth Winn :
«Qu'est-ce que tu veux dire par là?»

Laissant les lacets là où il les avait déposé, Robert Slinkard tourna les talons puis se dirigea vers la porte principale. La main sur la poignée, Kenneth Winn commençait à angoisser d'une telle force qu'elle en était palpable..

Robert D. Slinkard :
«Je vais aux toilettes. Tu as cinq minutes.»

Kenneth Winn :
«Mais qu'est-ce que tu me dis là? C'est quoi, ces conneries?»

Robert D. Slinkard :
«Ordre de la Commandeure.»

Slinkard ouvrit la porte, jeta un dernier regard à Kenneth Winn, l'air vraiment désolé, puis referma la porte. Il s'en allait aux toilettes.[/justify][/ve]

Posté : sam. févr. 27, 2016 9:00 pm
par Steve
[center][img]http://www.neerajkumar.name/wp-content/uploads/2013/10/artworks-000055473923-ry52zq-original-624x370.jpg[/img]

Madame la Commandeure
[1-3] «Genesisboard est une mission suicide»[/center]


[ve][justify]Anthony Otten, l'actuel ministre de la Défense de la Shawiricie, n'avait pas obtenu son poste au mérite, bien qu'il en avait toutes les compétences, mais bien parce que sa position au X7 lui permettrait d'avoir davantage à l’œil les Forces armées pour le compte de la Commandeure. Otten était non seulement un élément essentiel de Mary Barnes, mais il possédait à lui seul un immense carnet de contacts dans pratiquement toutes les agences shawiricoises, et même à l'étranger. Selon ce que les ragots racontent à l'intérieur du X7, Otten serait en contact avec l'un des acteurs de la mort de l'empereur raksas, mais il n'a jamais daigné répondre à cette rumeur, sinon de la qualifier de ridicule. Otten était le parfait soldat qui agissait pour protéger la Fédération shawiricoise, et une probable implication contre l'Empereur Siman relèverait soit d'une stupidité ou d'un écart de conduite inacceptable. Le X7 avait d'ailleurs comme premier principe de mettre en danger l'organisation plutôt que la Fédération shawiricoise, même si le moment venu, il ne serait pas surprenant que le X7 poignarde la Fédération... C'était fort probablement le sort qui était réservé à toutes les machines devenues trop puissantes pour se détruire d'elles-mêmes. Encore, pour y arriver, fallait-il savoir qu'au-delà de trois personnes, le X7 ne pouvait survivre... Un secret bien gardé par ces trois personnes qui, de toute manière, n'en savaient strictement rien.

Au téléphone, en attente comme toujours, Otten s'amusait à dessiner de toutes petites formes sur une feuille blanche. Des triangles, des carrés, des cercles... Il repassait plusieurs fois sur chacune de ses lignes, une habitude lorsqu'il souhaitait faire passer le temps plus rapidement. Il avait beau essayer de faire autre chose, comme lire des rapports ou s'atteler à préparer les autorisations d'exercices militaires, mais il en revenait toujours à ses petits dessins. Une sorte de manie qui lui était désormais impossible de se départir. Après deux minutes et une dizaine de secondes d'attente, son interlocuteur revint au bout du fil.



Interlocuteur :
«Michael qui, qui tu m'as dit?»

Anthony Otten :
«Moore. Michael Moore.»

Interlocuteur :
«Moore, bien sûr, oui. Un très bon agent, probablement l'un des meilleurs qu'on a eu depuis plus de quinze ans. Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, au juste?»

Anthony Otten :
«Moore doit être muté à l'Opération Genesisboard demain matin à la première heure.»

Interlocuteur :
«Genesisboard... Attend un peu, je vais vérifier, parce que pour être honnête, on a quelques opérations en cours actuelle... Genesisboard?»

Anthony Otten :
«Affirmatif.»

Interlocuteur :
«C'est impossible. Je ne sais pas si t'es au courant, mais Genesisboard est une mission suicide.»

Anthony Otten :
«Ils le savent?»

Interlocuteur :
«Absolument pas! Quel agent sain d'esprit irait se tuer pour nous, aujourd'hui, en 2029?»

Anthony Otten :
«Alors ça confirme mon choix. Moore doit y être muté dès demain matin. Ce n'est pas négociable.»

Interlocuteur :
«Il t'a fait quoi, merde, pour lui souhaiter la mort, Tom?»

Anthony Otten :
«Est-ce que tu peux me rendre ce service?»

Interlocuteur :
«Ça dépend. Il y a un poste de sous-ministre à la Défense qui se libère bientôt?»

Anthony Otten :
«Ça peut s'arranger.»

Interlocuteur :
«Alors demain, ce sera fait.»

Anthony Otten :
«Merci, Frank.»

Otten raccrocha la ligne, puis déposa finalement son stylo sur son bureau. Il se leva, puis alla boire une gorgée de son whisky sur une table tout près de deux fauteuils utilisés lorsqu'Anthony recevait un invité qu'il appréciait. Il retourna à son bureau, puis composa un numéro local de la Shawiricia House. Une femme, à l'autre bout du fil, décrocha.

Anthony Otten :
«C'est fait.»

Mary Barnes :
«Parfait.»[/justify][/ve]

Posté : dim. févr. 28, 2016 5:40 pm
par Steve
[center][img]http://s.newsweek.com/sites/www.newsweek.com/files/styles/embed-lg/public/2014/10/24/rtr4bdnn.jpg[/img]

Madame la Commandeure
[1-4] «On doit s'occuper de Suber»[/center]


[ve][justify]Assise derrière son bureau, Mary Barnes attendait. Dans la foulée de récents évènements, James Suber -son vice-président- lui avait demandé audience afin de discuter de quelque chose qui le chicotait un tout petit peu. Ce qu'il pouvait être faible, ce James. Il est bien certain que jamais Barnes n'aurait choisi un tel homme pour être dans son gouvernement. Un James Suber à la sauce deckerienne : faible, inutile et largement incompétent. Encore a-t-il la chance d'être adoré par la base conservatrice du parti, ce qui lui a valu la nomination au poste de vice-président. La politique shawiricoise était, depuis déjà plusieurs années, inscrite dans cette philosophie : les fonctions honorables étaient offertes à ceux qui pouvaient nous assurer une popularité électorale le moment venu.

Mary Barnes :
«James, entrez et venez vous asseoir. Que puis-je pour vous, ce matin?»

James Suber :
«Vous avez lu le journal, ce matin? Wiley est mort. Winn s'est suicidé. J'ai appris hier soir que Michael Moore avait été tué dans une opération suicide au Makara... Vous ne trouvez pas que ça commence à faire beaucoup, du groupe, qui lèvent le pied?»

Mary Barnes :
«Du groupe..? Vous parlez de l'Opération Gil May? Ce n'est qu'une coïncidence, James, n'allez pas croire que notre tête est mise à prix. Et puis, par qui le serait-elle?»

James Suber :
«Decker! C'est évident! Bill Wiley, Kenneth Winn, Michael Moore. Qui sera le prochain? Vous? Moi? McKenzie? Faites le calcul, il ne reste plus que nous. Qu'est-ce qu'on fait? On met sa tête à prix officiellement? On joue avec le feu en attendant qu'il vienne nous tuer? Putain!»

Mary Barnes :
«Calmez-vous, James. Laissez-moi m'occuper de ça. Je vais appeler les bonnes personnes et on va s'en charger. Si vous croyez que c'est lui, on va s'en charger. Prenez sur vous, buvez un peu et retourner travailler.»

James Suber :
«Mouais.»

James Suber salua sa présidente, se leva puis quitta le bureau de la présidente sans se retourner. Dès le cliquetis de la porte formée, Barnes empoigna son téléphone portable puis composa un numéro.


Mary Barnes :
«C'est moi. Oubliez l'autre pour le moment. On doit s'occuper de Suber. Venez dans le sous-sol du Café Streit, 20h.»[/justify][/ve]