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Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Politique communale (2).
7 août 2036,


[center][img]https://i.imgur.com/sCh3xF0.png[/img]
Le Beffroi de Jensgård, dominant la maison communale, symbole de l'autonomie et des libertés citadines.
Construit entre 1300 et 1403 après Jésus-Christ. La Photo date de l'été dernier.
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La Cité de Jensgård était le berceau des juifs Ashkénazes au Thorval. Avec une communauté judaïque d'environ 2000 personnes, elle restait néanmoins un foyer mineur, presque une excroissance de celui de Slovianie qui en comptait près d'un million. Leur nombre avait certainement pâtis des édits d'expulsion des usuriers de 1251, 1491 et 1710 (toujours en vigueur), bien que les plus récents touchèrent également des catholiques. En dépit de ces difficultés et des nombreuses secousses de l'histoire, notamment les pogroms anti-juifs qui secouèrent la ville en 1719, lors de l'épidémie de peste, le corps municipal Jensgårdois s'évertua à bien traiter ses hébreux et à y trouver de brillants médecins et des gradés pour l'Université. Depuis trois siècles, la situation était calme et stable, et les juifs se sentaient chez eux.

Si bien que lorsque le gouvernement municipal tomba, sept jours plus tard, sur l'annonce Valvatide concernant les juifs et l'article de la presse traitant du sujet, il se sentit visé et profondément remonté. Tandis que les féodaux ruraux observaient, hilares, la Cité entrer en ébullition, l'empire bourgeois préparait sa contre-attaque ! Voici la déclaration officielle qui fut déclamée sous le beffroi et bientôt soumise au vote des bourgeois de la ville :

« Nous, libres bourgeois de Jensgård, faisons connaitre ce qui s'en suit :

Considérant l'annonce officielle des Valvatides concernant l'immigration juive en Dytolie, amplifiant de manière indue et par ruse le sentiment anti-juif dans certaines régions du continent
Considérant le Sireeni Kõne comme organe de presse public, commentant et expliquant la pensée du gouvernement des Valvatides, très étonnés d'apprendre que ses actes reposaient sur la rumeur
[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=337171#p337171]Considérant les menteries par omission du dit journal[/url], à claire visée politique
Considérant l'hostilité évidente des Valvatides à l'égard de nostre bonne ville

Nous respondons ne pas laisser le gouvernement déloyal, malhonnête et rusé des Valvatides trainer impunément le nom de Jensgård dans la boue, ni laisser ces brigands organiser le pillage de nostre quartier juif, digne des pires intrigues féodales de l'Histoire. En première mesure, nous déclarons persona non grata tout individu originaire des Valvatides et l'interdiction pour ces gens de mener des affaires dans nostre bonne Cité, cela, jusqu'à ce que leurs injustices aient été défaite et le bon Droit restauré.
»

Vote des bourgeois le surlendemain : Favorable 63%, Défavorable 37%[/justify]
Zaldora

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[justify]Chronique de Justice (1).
13 août 2036,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/28/87ig.png[/img]
Scène du duel judiciaire dans le Skændland. [/center]

Au pays de Skændland, terre tenue en propre par Sa Majesté, un paysan accusa le berger communal d'avoir violé son amie, mais n'apporta ni preuves ni témoins, et l'accusé n’admit guère son forfait. Ne pouvant statuer dans pareille condition (les jurés furent encore plus confus), la reine ordonna un duel judiciaire. Le combat singulier se tint dans les délais et vit le paysan gagner, rendant le berger « inapte à poursuivre ». Devant le jugement de la Providence, Marie déclara le perdant coupable et le bannit de la communauté. Par miséricorde, elle permit la cautérisation de ses blessures. La peine ci-avant était pire que la mort ou le cachot car elle excluait l'individu de la société, le laissant à la merci des éléments, de la nature sauvage ou de ses ennemis.

Au pays d'Ulvenborg, sous la direction de Peter Nydelig (« le Beau ») seigneur titulaire de la moyenne justice, un clan paysan accusa un marchand Valborgeois de vol de grains. Toutefois, les plaignants ne purent faire solidement valoir leurs prétentions. Le hobereau décréta de soumette le bourgeois à l'ordalie par le fer rouge. L'accusé accepta, sûr de son innocence ! L'épreuve fut très douloureuse mais quand on lui retira, quelques jours plus tard, le sac qui scellait sa main meurtrie, on vit que la plaie était belle, assez bien cicatrisée. Le marchand fut alors déclaré innocent et libre de partir. Selon la coutume, les paysans durent le compenser et cédèrent une chèvre à l'étranger.

Un forgeron faux-monnayeur, habitant le pays de Bakkenmand, mentant sur la quantité de métal précieux dans la monnaie, fut conduit devant le comte de Fårbjerg, Grand seigneur du royaume. Contrairement aux traditions récentes, celui-ci ébouillanta le coupable à l'aide d'un chaudron emplit d'eau bouillante. Une telle décision judiciaire pourrait facilement faire jurisprudence sur les autres seigneuries. Marie III s'opposait à la mort par ébouillantage mais ne pouvait pas grand chose, si ce n'est de continuer à ne pas l'appliquer chez elle. Montrer l'exemple.

[center]---[/center]

Le duel judiciaire – à dissocier du duel d'honneur {HRP : mentionné dans mes RPs jusque là} extérieur au système seigneurial de justice, totalement chaotique et dépourvu de coté religieux – est la procédure ordalique de loin la plus courante et la plus ancienne au Thorval. La justice seigneuriale l'invoque quand il lui est impossible de statuer sur des accusations. Le duel judiciaire peut aussi être demandé par les parties elles-mêmes, ce qui n'est pas rare. Dans ce type d'ordalie bilatérale, les camps en litige se battent en combat singulier : le vainqueur est perçu comme le choix de Dieu, l'honnête parmi les plaidants. Outre la lutte, on trouve des ordalies par le fer rouge, le feu, l'eau froide, la tourte, les cercles de terre, etc. Contrairement aux duels judiciaires, celles-ci sont unilatérales et réservées à ceux qui ne peuvent pas combattre. Souvent, l'accusé préfère passer aux aveux, qu'il soit coupable ou innocent, plutôt que de subir la dure épreuve.

L'Église catholique en général s'oppose aux ordalies. Il y a de cela plusieurs raisons :

L'ordalie a un caractère religieux et magique assez fort, dont l'origine est plus païenne que chrétienne. Le « Jugement de Dieu », preuve par l'épreuve dont la nature surnaturelle se montre par l'invocation divine des forces de la nature, mentalité très présente chez les celtes et les scandinaves, gène la Papauté qui y voit un blasphème. De plus, le rationalisme chrétien, développé par les scolastiques au XIIIe siècle, tendit à restreindre la sensibilité ingénue aux merveilleux et le recours « naïf » à la Providence de Dieu.

Les causes ci-dessus ne sont toutefois pas celle qui poussèrent le clergé du royaume à prêcher contre les ordalies. Le rationalisme chrétien, porté notamment par Saint Thomas d'Aquin, n'a que peu touché le Thorval, de même que l'esprit codificateur anti-superstitions païennes du Concile de Trente. La Foi catholique au Thorval, populaire et médiévale, se vit toujours avec un fond merveilleux et mythologique. Alors pourquoi ? Les prêtres thorvalois n'aiment pas l'ordalie pour une et une seule conception théologique : on ne teste pas la bonté divine, la pratique étant condamnée par les Évangiles « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » (Luc IV, 12). La violence durant les ordalies fortifie sans doute également le clergé local dans sa position. L'Église catholique de Thorval limite du mieux possible sa participation aux procédures ordaliques, bien qu'elle y soit parfois obligée courtoisement. La grande majorité des laïcs, tout statut social confondu, ne partage pas ses vues sur le sujet et n'y voit aucun mal. Au contraire, les laïcs font sincèrement et naïvement appel à la Providence, et sont intimement convaincus de rendre bonne justice.[/justify]
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[justify]Ragots de servante (1).
18 août 2036,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/29/6jtg.png[/img]
Hilda, servante de Sa Majesté, au puits derrière Frueborg, scrutant
les faits et gestes du nouveau venu de Santogne.
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Les servantes étaient les chevilles ouvrières des châteaux et le soubassement indispensable de la circulation des innombrables rumeurs qui marquaient la société féodale du pays. Fines observatrices à l’ouïe attentive et à la curiosité aiguisée, mais sans rien laisser poindre, elles constituaient une source inattendue d'informations. Connaissant la moindre porte dérobée, ainsi que les divers passages secrets d'un domaine, ces dernières servaient parfois d'espionnes ou de complices lors des intrigues. Le bruit sourd de leurs bavardages indiscrets marquait la vie des châteaux et semblaient ne pas devoir connaître de fin... Les histoires étaient elles réalités ou balivernes ? Sans doute un peu des deux...

Après avoir perdu la bataille de Lysehjem contre Ragnar III, le Comte Anders II af Almargård dû se soumettre à une paix humiliante : renoncer à l'héritage sur les terres Engegaardaises, offrir son cadet en otage et verser 1000 couronnes d'or (!) au camps adverse. Cependant, malgré une situation catastrophique, leur maitre n'aurait, d'après les domestiques, pas dit son dernier. Selon des indiscrétions que l'une d'elle aurait relevé en apportant l'hydromel, Anders II envisagerait d'enduire de poison les monnaies qui serviront de paiement, pour ainsi prendre une revanche cinglante sur un adversaire déloyal, sans foi ni loi.

Les servantes du château de Blåbærborg étaient inquiètes pour leur maitre Søren IV af Taungård. En lavant le linge dans la proche rivière, plusieurs d'entre elles auraient décelé d'étranges allées et venues du Chancelier et du Maitre des Monnaies du Comte. Une autre aurait même aperçu ceux-ci s'entretenir, à l'abri des regards, avec des hommes terrifiants rôdant près d'une poterne incrustée dans la muraille. Les chuchotements des domestiques se faisaient de plus en plus nombreux et celles-ci craignaient que Søren IV soit bientôt renversé de sa cathèdre par un complot. Elles essayèrent de le prévenir mais ce dernier resta sourd et les renvoya à leur travaux.

Le château de Frueborg accueillit un hère bien curieux. Sa Majesté alla en personne à sa rencontre et lui offrit la corne de bière de l'Hospitalité. Depuis, le mystique profitait du feu, du gîte et du couvert mais aussi de protection contre ses éventuels poursuivants. Les servantes trouvaient le mystique suspect et, à la façon dont il toisa les plus belles d'entre elles, ne croyaient plus en sa vocation religieuse. Hélas, l’ermite semblait avoir gagné la confiance de la reine-mère qui convainquit sa fille Marie III de prolonger indéfiniment le temps d'Hospitalité, devant par tradition se limiter à trois jours et trois nuits. Et il y avait aussi cet autre homme de Cérulée, un hellène, qui trainait à la Cour et tournait autour de Marie. Une bonne affirmait qu'il s'était lui aussi lié d'amitié avec le mystique et qu'un complot paraissait se tramer autour des futures épousailles de sa maitresse la reine...[/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]L'apiculture.
30 août 2036,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/29/1csn.png[/img]
Une ruche paysanne en paille. [/center]

L'élevage des abeilles est une pratique que certains paysans thorvalois pratiquent de façon secondaire après les céréales, les légumineuses, les fruits etc. Le royaume compte environ 980 164 ruches traditionnelles. Celles-ci sont en vannerie spiralée, confectionnée à base de paille, et n'ont pas énormément changé depuis le XIIe siècle. Elles se répartissent, dans leur grande majorité, au sud du pays, depuis le massif des Helligebjerg jusqu'à la mer intérieure. La récolte s'effectue en septembre : la colonie est détruite et laissera place à un autre essaim. Les plus habiles des paysans arrivent toutefois à épargner leurs colonies mais cela est rare. Le rendement moyen est faible, 10 kilos par ruche, quand les matériaux contemporains montent jusqu'à 30 et bien plus encore les très bonnes années.

Malgré une productivité très faible, et la violence induit, l'élevage local d'abeilles compense par un milieu naturel sain, loin des monocultures et des poisons liés au développement. La production annuelle de miel est d'environ 8 630 tonnes – sachant que 118 000 ruches sont vides chaque année – dont 90% entre dans la fabrication d'hydromels locaux qui sont moins alcoolisés et beaucoup plus âpres au gosier (à cause des pratiques de fermentation à l'air libre) que les versions contemporaines. L'apiculture a pris son essor en 2001, quand les seigneurs abolirent peu à peu les droits d'abeillage. Elle est aujourd'hui l'affaire de 108 907 paysans, soit 2,49% de la population rurale qui exporte une partie de son miel vers les villes côtières du royaume en échange d'épices ou de poissons de mer.

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Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Corps municipal de Jensgård.
3 septembre 2036,


[center][img]https://i.imgur.com/dVB62zA.png[/img]
Jensgård, protégé derrière ses remparts. Vu sur les quai. [/center]

Lars Ulvsen, Boucher : 36,3% des voix
Jesper Holmsen, Recteur de l'Université et bourgmestre sortant : 35,9%
Erik, Mendiant de la ville : 11,5% des voix
Honorius Aagesen, Boulanger : 6,2% des voix
Peter, Bourreau municipal : 6,1% des voix
Svend, Enfant : 3,3% des voix
Rasmus Poulsen, Mont-de-Piété : 0,1% des voix

Tremblement de terre à Jensgård, la Boucherie remporte les élections communales à la majorité de toutes les voix citadines. L'Université, sûre de sa force, perd le contrôle de la Cité après deux ans de règne marqué par des hauts et des bas. Les laissés pour compte du monde bourgeois effectuent une percée à 11%, pouvant s’additionner aux 6,1% du bourreau, autre marginal de la société. Le garçonnet Svend obtient 3% et dépasse largement les prêteurs sur gage (prêts sans intérêt) qui sont très loin du pouvoir. La présence de concurrents originaux est possible grâce à un scrutin dénué de conditions, totalement libre et ouvert. Le nouveau corps municipal défendra aussi bien les intérêts des Jensgårdois que ceux particuliers de la Boucherie. La chose n'est pas contradictoire selon l'esprit bourgeois.

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Zaldora

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[justify]Au cœur du Thorval (17).
8 septembre 2036,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://i.imgur.com/gu8PmPc.png[/img]
Peu après le coup d'envoi de la partie de Knattleikr...[/center]

- Le paysannerie entamait en ce moment la grande récolte des pommes de terre, tandis que celle des pois, qui devront être séchés, se déroula durant le mois d'août.

- Après la fête des moissons, les villages d'Høstak et de Syngetræer avaient décidé d'organiser une partie de Knattleikr. Celle-ci se révéla dantesque comme à l’accoutumé pour un sport si rude ! Les paysans, hommes et femmes et enfants confondus, n'ont pas retenu leurs coups, n'y manqué de se bousculer, de ruer avec vigueur les uns vers les autres, de se cogner avec les crosses (vite hors d'usage), de poursuivre et de finalement plaquer violemment les divers porteurs de balle au cours de l'après-midi. L'église de chacun des villages représentait la base à atteindre et le terrain courait sur tous le pays de Lyshårætt. La partie fut particulièrement longue et haletante, pleine de mêlées mémorables et anarchiques. Elle prit hélas fin sur un malheur : trois joueurs luttant pour la balle moururent en se noyant dans le lac, poussant l'arbitre à clore les hostilités. C'était là, avec le coup d'envoi, presque son unique rôle. Malgré le drame, les deux villages, et la dizaine de clans qui les composaient, promirent de se retrouver avant le début de l'hiver.

- Quant aux seigneurs, l'étendue de leurs journées était rythmée par le cliquetis des épées et l’énergie déployée dans d'interminables entrainements. Ils étaient tous obnubilés par la chose militaire et semblaient vivre pour le combat. L'affirmation : « La noblesse est née dans les armes, elle s'augmente de l'exercice de la guerre » résumait assez fidèlement l'origine et l'état d'esprit de l'Ordre nobiliaire, plus que jamais lié au domaine de la guerre. Dans une société scandinave comme le Thorval, on n'imaginait pas séparer le chef politique du chef de guerre : le premier devait personnellement conduire ses troupes à la bataille et gagnait ainsi leur respect. C'est pourquoi, même les chefs de clan roturier prenaient du temps pour développer leurs qualités et fibre martiales. Les femmes seigneurs n'y échappaient pas non plus, et Sa Majesté encore moins. On pouvait régulièrement l'apercevoir haubert sur les épaules et glaive en main à se perfectionner en compagnie de son Maitre d'armes personnel. [/justify]
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Alimentation et habitudes.
11 septembre 2036,


[center][img]https://i.imgur.com/7JkbKM8.png[/img]
Le ragoût entrain de cuire dans sa marmite (environs du pays de Skaaneland). [/center]

L'agriculture paysanne du royaume offre en moyenne 4200 kcal quotidiennement : l'apport le plus élevé se trouve chez les seigneurs, les chefs de clan et les chevaliers avec 5000 kcal, suivent les paysans et les marins-pêcheurs avec 4200 kcal, et enfin les artisans et ouvriers des villes qui ne profitent que de 3500 kcal. L'alimentation est par ailleurs très riche en protéines avec un apport journalier compris entre 1,9 et 2,48 grammes par kilo de poids corporels. Des chiffres hauts, voir très hauts, correspondant peu ou prou à ceux des anciennes sociétés des chasseurs-cueilleurs. Si les Thorvalois ne sont pas nomades (les bergers peuvent néanmoins être considérés comme des semi-nomades), les efforts physiques qu'ils réalisent toute l'année nécessitent des apports plus importants que pour une population moderne, citadine et largement tertiarisée.

Les céréales sont la base de l'alimentation, le plus communément sous forme de pain. La ration quotidienne de pain par personne se situe autour de 2 livres jensgårdoises (1000 grammes), tandis que les produits laitiers, les noisettes, les venaisons, les oiseaux sauvages, les œufs, les pois secs, les pommes de terre, la bière (120 litres par an/personne), les lards, les poissons, les soupes, les potages et les ragoûts viennent compléter. L'aneth est l'herbe aromatique la plus commune des potagers, alors que rares sont les personnes ayant accès à des épices exotiques. Il est coutume de manger copieusement deux fois par jour : le repas au réveil (dagmál) et le repas de nuit (náttmál) avant le coucher du soleil. Entre les deux, l'habitude est de prendre une petite collation à l'Angelus, appelée midmál (repas du milieu).

A table, il n'y a de manières et de savoir-vivre que chez la haute bourgeoisie des villes. Chez elle, l'usage de la fourchette à quatre dents est la norme. Les paysans, les seigneurs (grands ou petits) et les bourgeois de basse condition mangent, quant à eux, avec les doigts. La fourchette à deux dents ne sert, dans ces milieux, qu'à poser la viande ou à la couper, mais jamais comme ustensile d'alimentation. La grande bourgeoisie y passe pour excentrique et farfelue quant à sa façon de manger. Dieu donna des doigts aux Hommes, ce n'est pas pour les remplacer avec un objet aussi ridicule qu'une petite fourche.


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Zaldora

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[justify]In panis libertas.
15 septembre 2036,


[center][img]https://i.imgur.com/Qk8os7j.png[/img]
Le four, lieu stratégique de tout village (ici à Rørelserlund). [/center]

La Boulangerie est essentiellement citadine, où 80% des clans bourgeois achètent quotidiennement le pain. A Jensgård, le métier est particulièrement puissant et la rue de la Farine jouit de moult privilèges, lui assurant une large autonomie politique et financière à l'égard du corps qui dirige la Cité. Son pouvoir repose principalement, si ce n'est complètement, sur le contrôle stratégique d'une bonne part des moulins et des greniers municipaux, mais aussi la propension des bourgeois à ne plus pétrir eux mêmes la pâte. La force des Boulangers est donc immense et pousse la corporation municipale à céder aux plus petites de leurs exigences, aussi infâmes soient-elles.

En revanche, la Boulangerie est absente des pays ruraux : les paysans confectionnent eux mêmes le pain par un mélange de blé et de seigle (méteil). Il en existe des centaines de recettes, et la part quant au type de farine dépend surtout de la géographie : au sud (76% de la population), la quantité de froment dans le mélange est bien plus élevée que le seigle, et inversement au nord. En général, le pain des campagnes est rond avec une mie sombre/grise. C'est le pain habituel des paysans et des seigneurs. Les premiers le confectionnent au four du village, qui voient les paysannes se succéder quotidiennement au pétrissage de la pâte, tandis que les nobles possèdent des panetières (mot ronflant pour « paysanne chargée du pain ») qui le préparent dans les cuisines du château. Le four est communal, sauf dans les terroirs accueillant une paysannerie « aisée » toujours soumis à des droits banaux.

En ville, la haute bourgeoisie est la seule du royaume à manger du pain blanc et tendre, trouvant celui des paysans trop rustique et grossier pour son délicat palais. Les humbles citadins, quant à eux, s'en accommodent et mangent le pain des pauvres, très ressemblant à celui des milieux ruraux et le moins coûtant des boulangeries. Les exigences mondaines des riches bourgeois les rendent triplement dépendants : à l'égard des boulangers, mais aussi des marchands qui vendent le grain, et des paysans qui le produisent. Sont-ils aussi libres qu'ils ne le pensent ?[/justify]
Zaldora

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[justify]Au cœur du Thorval (18).
20 septembre 2036,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :


[center][img]https://i.imgur.com/APGXCPv.png[/img]
Château d'Ensomborg

Le Jeu[/center]

- La guerre privée de revendication Bakkelandaise sur les terres du Nidavellir a prit fin sur une paix blanche, assortie d'un mariage entre l'ainé Jens af Bakkeland et la cadette Inge af Nidavellir. La cérémonie s'est tenue dans une atmosphère de profonde méfiance, au sein d'une toute petite église près du château d'Ensomborg. Elle eut par ailleurs lieu en présence du Duc de Lysebjerg, qui accepta de se livrer en otage pour la journée. Ses vassaux étaient parmi les plus remuants du royaume (ce qui ne signifie pas que les autres sont plus sages) et il daigna ici se porter garant de la paix entre eux. Quant aux deux mariés, âgés d'à peine 14 ans, ils ne se faisaient aucune illusion et savaient être les pions des calculs politiques de leurs parents. Pouvaient-ils s'aimer en dépit des circonstances terribles de leur union ?

- L'abbé Simon du monastère Sankt-Sigfrid de Kornlager a lancé un appel à l'Abbé-mitré Lars III et aux Chevaliers de la Foi afin d'obtenir leur protection contre les perfides manigances du seigneur voisin, Henrik Martining, qui tentait d'usurper les terres monacales connues comme étant les plus fertiles du petite terroir. Les clans locaux de paysans se sont rangés du coté de l'abbé et organisaient des milices devant le monastère. Celui-ci servait d'école aux enfants des environs, à plusieurs lieues à la ronde, et accueillait nombres de frères-lais.

- Sans le sou, le seigneur Christopher af Gjesgård a vendu son fief à des bourgeois de Sankt-Thøger. Courroucé par la violation des coutumes, le comte de Taungård châtia durement son vassal, puis s'en alla au devant des citadins avec une petite armée. Ces derniers firent valoir un acte de vente en bonne et dû forme, mais le Grand rétorqua que nul contrat ne pouvait aller contre la loi, et demanda aux occupants de partir sur le champs. Néanmoins, ces derniers choisirent d'insister opiniâtrement sur la légalité du marchandage, faisant perdre patience à leur interlocuteur qui finit par les chasser de Gjesgård, leur intimant de « restourner dans le vostre mouroir décrépit [en ville] »[/justify]
Zaldora

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[justify]Les sagas.
25 septembre 2036,


[center][img]https://zupimages.net/up/18/30/hrmj.png[/img]
Le roi Níels VII et son héritier, extraits de la Níels saga (1750) [/center]

Un homme bossu arriva à Skovånd, dans l’Évêché de Gudøje. Il tenait une harpe nordique et arborait des haillons pour seuls vêtements. En peu de temps, il captiva le village de récits enchantés, de contes, de poèmes, de mythes et de légendes. Le royaume en regorgeait. L'individu était un scalde, gardien et héraut de la tradition orale en Scandinavie. Pourtant, à ce moment, le pauvre hère déclamait la Dvergr saga.

La dite Saga fut écrite au Thorval en 1270. Elle s'y déroulait et relatait les aventures audacieuses du chef de clan éponyme : la veille de la Saint André, Dvergr enlève la fille du roi Folki dans le but de l'épouser. Mais, trahi par Hrærek le forgeron, il est livré aux hommes de son ennemi. Le seigneur de la cathèdre choisit de le bannir pour toujours, à moins de lui rapporter un cheveux d'or elfique. Le chef se lance alors dans la quête et se confronte à pléthore de péripéties : il combat des Géants-brigands, boit l'hydromel poétique, arrache le bras de Fenrir le grand loup, avec l'aide de Saint Nicolas et du corbeau de Saint Vincent, se fait filouter par un gnome usurier et danse avec les elfes, pour y perdre un œil. Durant son périple, Dvergr fait également la connaissance de la paysanne Silja, rencontre décrite sous la forme d'amusantes devinettes paillardes.

La Saga était un genre littéraire propre aux pays scandinaves, qui apparut en 1265 au Thorval, et dont le récit était toujours en prose. Il en existait divers types :

- Les sagas royales relatant les rois et reines de Thorval. De nature historique, elles contenaient néanmoins des éléments légendaires ou semi-légendaires.
- Les sagas des clans rapportant les exploits et les qualités d'un ancêtre. Celles-ci décrivaient aussi les traditions et l'histoire des clans.
- Les sagas de chevaliers racontant les hauts faits des chevaliers de Thorval et narrant des cycles mythiques de chevalerie nordique.
- Les sagas merveilleuses donnant la part belle aux légendes et au merveilleux, aux récits des grands héros et à des thèmes populaires.

Le contenu des sagas thorvaloises présentaient une étroite union culturelle entre des manifestations propres à la culture païenne et des influences chrétiennes. Ainsi, il n'était pas rare de voir s'y côtoyer des anges et des nains, un épisode des Évangiles et des extraits de l'Edda en prose relatifs à la cosmogonie nordique, d'Ymir jusqu'au gouffre primordial de Ginnungagap. Ces habitudes témoignaient du phénomène d'inculturation que connut le Thorval, où les anciennes croyances païennes furent christianisées au lieu d'être écrasées. Certaines sagas remontaient à sept siècles, quand d'autres avaient moins de cinquante ans ou étaient même en cours d'écriture dans le scriptorium d'un monastère. En dehors de leurs contenus, les sagas représentaient la tradition écrite ayant réussie à se faire une petite place au sein d'un royaume toujours profondément marqué par sa riche tradition orale. De très nombreux contes, balades et autres récits, y compris récents, n'étaient tous simplement pas manuscrits et se transmettaient uniquement par l'oral.[/justify]
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