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Posté : jeu. avr. 05, 2018 10:34 am
par Zaldora
[justify]Au cœur du Thorval (7).
15 octobre 2035,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :

[center][img]https://i.imgur.com/uv5uq4g.jpg[/img]
L'intérieur de la maisonnette de Fria, l'apothicairesse.[/center]
- Une apothicairesse (« Fria ») a été retrouvée sans vie dans sa maisonnette, après s'être accidentellement empoisonnée lors de la préparation d'un remède composé d'arsenic. La savante était connue dans son village, Vindborg, ainsi que dans le reste du pays local, grâce à sa boutique ambulante sur charrette. Elle était respectée pour la qualité de ses connaissances, confectionnant de bons remèdes pour les paysans et travaillant même pour l’Hôtel-Dieu Saint Knud situé dans la région. Fria vendait aussi des fioles de vie, des élixirs d'amour et toutes sortes de potions bizarres semblables. A coté, elle pratiquait aussi la divination par les runes (magie nordique) et la scapulomancie (divination par les os plats d'animaux).

- Le massacre de la forteresse de Defsletten prenait de l'ampleur. Envoyer des brutes au tribunal de leur Créateur ne passait pas si facilement, notamment auprès de l'Église. Excédé par la chose, le Très Révérend-Père Klement, abbé mitré de l'Abbaye Notre-Dame des Pauvres de Mølleåen, avait excommunié les guerriers ayant participé à la sauvagerie. Parmi eux, l'on comptait cinquante chevaliers qualifiés de « faux chevaliers et vrais reîtres » par le puissant ecclésiastique. La chevalerie était un joyaux crée par l'Église catholique au XIe siècle afin de moraliser le comportement des hommes d'armes. Hélas, l'institution chevaleresque a, plusieurs fois au cours de l'histoire, été salit par des personnes indignes d'elle, connaissant des hauts et des bas en terme de pratique. L'exemple de Defsletten était à ce titre édifiant. L'abbé-mitré Klement s'est aussi adressé à la Duchesse Helle pour réclamer une repentance publique de son Grand Capitaine, sous peine de devoir prononcer l'Interdit sur le Duché, arme très puissante qui désorganiserait totalement la province. Affaire à suivre.[/justify]

Posté : sam. avr. 07, 2018 4:23 pm
par Zaldora
[justify]Complots et intrigues (8).
21 octobre 2035,

[center][img]https://i.imgur.com/l5nkR32.png[/img]
L'Espion de Marie III au travail.[/center]
Au château de Frueborg, maison de la reine, la suspicion régnait toujours en maître et loin désormais le temps où les paysans pouvaient y entrer comme dans un moulin. Le logis se transformait chaque jour en une citadelle en état de siège, repliée sur elle-même et truffée de pièges, que le maitre-espion personnel de Sa Majesté (n'appartenant pas aux services secrets, pas assez sûrs) s'appliquait à mettre en place aux endroits stratégiques. Munit d'une torche, celui-ci déambulait présentement avec Sa Majesté dans les sous-terrains. Ceux-ci avaient été creusés en dessous du château par Marie II au XVIIIe siècle. Ils se présentaient sous la forme d'un réseau de tunnels accessibles via des passages secrets et une série d'escaliers en colimaçon, à la pierre mortellement glissante. Sans connaître le chemin, on pouvait facilement s'y perdre et y errer des semaines, voir des années, sans que personne ne le sache. Ouvrant toujours la voie, l'ombre insaisissable s’arrêta devant des tonneaux posés là quelques heures plutôt. L'endroit était sombre, humide et plein de bestioles. Marie était aussi accompagnée par un garde et son Fou, qui ne la lâchait plus d'une semelle.

« Voici les tonneaux de grégeoie, au cas où Vostre Suprême Grandeur décidait de condamner les passages...
– N'avez-vous pas peur que toute l'aile-ouest s'effondre sous une telle explosion ? s'enquit la reine
– Que Vostre Magnificence dorme sur ses deux oreilles, je me base sur la sapience !
– Bien, vous y connoissez mieux que moi.
Vostre Lumière est trop modeste... Attention pas ici, décala-t-il doucement sa suzeraine, c'est l'un des nombreux pièges que vostre loyal serviteur a disposé un peu partout. Ces choses arracheront le pied au moindre intrus.
– Et qu'avez-vous répandu plus loin ? Du sel ? Des quantités de sel.
– Oui, Mon Lige. Si un fouineur malveillant empruntait ces tunnels, nous le saurons.
– Beau travail. Continuiez, félicita la suzeraine avant de repartir avec son garde et son Fou.
– Méfie-toi de celui-là petite Marie, lui chuchota le Bouffon, son âme est brumeuse et il flagorne trop pour ne pas éveiller ta méfiance.
– Le Fou a raison : je peux étrangler l'espion si tu me le demandes » proposa doucement le garde (homme du clan).

Dans les sociétés scandinaves, la femme était l'âme, l'esprit et la sagesse de la société, quant l'homme n'était que ses bras. L'espion ne mourut donc pas aujourd'hui.

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[img]https://zupimages.net/up/19/10/dnhg.png[/img]
Château de Syvind, construit au XIe siècle. Depuis, on y perça une poignée de fenêtres sur les parties moins exposées,
ici sur la « Petit tour » qui accueille la Grand'salle. Prise dans l'ensemble, elles demeurent rares.
[/center]
Bien plus tard dans la journée, le cerveau des Chevaliers de l’Épée et comploteur en chef, Ragnar III, se trouvait en son château de Syvind. Assis depuis des heures sur son immense cathèdre, le Seigneur rédigeait une missive depuis son écritoire, à la lueur des bougies. Derrière, les vitraux d'une fenêtre gothique exposaient l'histoire de la bataille de Fætre, qui avait vu la lignée du nobliau s'élever et être ce qu'elle était aujourd'hui. En face gisait un immense âtre, tandis que les murs de la Grand'Salle étaient décorés de tapisseries et de trophées de chasse. L’épée du Comte, une merveilleuse arme du XIIIe siècle, trônait majestueusement sur son support mural. Elle avait connut de nombreuses batailles et en connaitra encore d'autres... Le sol, enfin, n'affichait que de la rude pierre, ce qui permettait aux Sires de Syvind d'entendre venir les assassins...

Ragnar III savait que toute bonne conjuration se réglait en premier lieu par la diplomatie clanique. La plume était plus forte que l’épée, et le seigneur comptait bien enfoncer la sienne dans l’œil de Marie III jusqu'au cerveau. Le piège à l'auberge n'attendait plus que sa victime, alors qu'il jouait maintenant de son réseau, de corruption, de menaces et de flatteries pour trouver, parmi les servants de Sa Majesté, un ou plusieurs complices prêt à étouffer ses deux enfants... ou à les jeter du haut des tours, peu importe.

Ragnar III avait comme tout bon Machiavel plusieurs cordes à son arc. En effet, dans le même temps, ce dernier militait discrètement, auprès de ses Pairs et d'autres chefs ou cheftaines de clan, en faveur de la Monarchie élective des premiers temps. Ainsi, si la Reine avait le malheur de convoquer la Højting (haute assemblée), une faction liguée contre elle pourrait, avec l'aide de Dieu, la forcer à abdiquer. Les Brothiring (clan royal) monopolisaient le trône depuis mille ans et le Thorval avait plus que besoin de sang neuf ! Le Bien Commun du Royaume l'exigeait, autant que les intérêts de la lignée de Ragnar, et même SURTOUT la gloire du clan comtal... Le comte avait conscience de jouer un jeu dangereux, quitte ou double. Néanmoins, l'homme savait aussi comment retomber sur ses pattes, quelque soit l'issue. Ce n'est pas demain que Sa Majesté aura sa tête...[/justify]

Posté : lun. avr. 09, 2018 1:02 pm
par Zaldora
[justify]Au cœur du Thorval (8).
26 octobre 2035,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :

[center][img]https://i.imgur.com/dpyTTAD.png[/img]
La cathèdre seigneuriale de Marie VIII dans la Grand'Salle de son château.[/center]
- L'instauration de jurys populaires ne se déroulait pas idéalement dans le pays d'Ættmark. La micro-région naturelle, constitutive du comté de Vadgaard, vivait de la polyculture céréalière et de l'élevage de porcs. Politiquement, elle formait une seigneurie sous la possession de Marie VIII et de son clan. Les femmes représentaient environ 40% du total des seigneurs au Thorval, et avaient l'obligation d'avoir des compétences martiales afin d'être respectées par leur compères masculins. La Dame rendait la moyenne-justice depuis la Grand-Salle de son manoir. Large pièce rectangulaire, elle accueillait les séances de justice, les réunions de conseil, les audiences publiques, les conseils de guerre, les repas ordinaires, les grands banquets, les spectacles de saltimbanques, etc. Une très récente affaire judiciaire y avait viré au pugilat. Une foule nombreuse s'était, en effet, tassée dans la Grand'Salle afin d'assister au procès relatif à un vol d’œufs. Comme le voulait la procédure accusatoire, les parties se mirent à plaider, tandis que Marie VIII écoutait les argumentations du haut de sa cathèdre, entourée de ses conseillers, et que le jury siégeait sur un banc à droite. Les choses s'envenimèrent quant l'avocat de la défense prononça subitement des traits d'humours ironiques, aigres et grinçants à l'égard des jurés populaires. Il n'en fallut pas beaucoup plus pour que la Grand'Salle vire à l'émeute et au chaos général. La garde dû s'employer et mit de très longues minutes à étouffer le bazar homérique. On découvrit après les faits que le clan de l'avocat (et du demandeur) était en faide avec celui duquel appartenait le jury. Au final, la bataille rangée couta la vie à une personne et en blessa soixante autres. Les punitions se voulurent exemplaires : les principaux responsables furent cloués au pilori par la main ou, par manque de place, suspendu par les pieds, la tête en bas, de sexte jusqu'à vêpres. Quant à l'avocat, il fut conduit en charrette dans le village et les hameaux, avec une pancarte où était inscrit : « Je suis un bouffon » dans le dialecte Ættmarkais.

- Les affaires mondiales et les événements internationaux ne perçaient pas à la campagne, connut pour être impénétrable et inaccessible. Concernant les risques de conflits entre la Cérulée et la LIM, personne n'en a entendu parler. Si cela eu été le cas, une majorité estimerait que « cela ne les regardait pas. » Le schéma était sensiblement le même pour toute autre histoire étrangère, SAUF si elle concernait le Pape ou la Terre Sainte. A son niveau, en plus des raisons-ci avant, la Couronne pourrait réagir face à une guerre d'ampleur ou un drame cataclysmique dont les échos résonneraient jusqu'au royaume. Bref, il en fallait vraiment beaucoup.[/justify]

Posté : ven. avr. 13, 2018 3:52 pm
par Zaldora
[justify]Mariage.
8 novembre 2035,


[center][img]https://i.imgur.com/GCsoyZz.png[/img]
La chapelle St. Longinus bâtit en 2032 comme écrin pour la Sainte-Lance offerte par le Pape. [/center]

Arthur Van Tarnos avait débarqué hier au port de Jensgård où des membres du clan royal, présents à ce moment dans la région, l'avaient accueillit. Des gens rudes et maladroits, mais chaleureux au final, qui l'emmenèrent à l'Université où des chambres avaient été préparées pour lui et ses futurs parents. Il n'était pas rare de rencontrer des châteaux dans la capitale (les bâtiments universitaires s'en rapprochaient, un mélange entre château et église) cependant aucun d'eux n'appartenait à la maison royale, et ne pouvait par conséquent l'accueillir. On lui expliqua que sa promise était en route, avec toute la parenté, et que le convoi devrait arriver à Jensgård dans un gros mois.

Au lieu de la Cathédrale Saint-Erland, lieu séculaire des sacres et des unions, la cérémonie du mariage se tiendra au sein de la chapelle St. Longinus. Élevée par la seule volonté de Sa Majesté, qui y dépensa une fortune, la bâtisse renfermait la Sainte Lance qui transperça le flanc droit du Christ au moment de la crucifixion. L'église était aussi un lieu de prières et de Foi pour les habitants pauvres de la ville, à chaque fois abasourdis par [url=http://image.noelshack.com/fichiers/2017/29/7/1500824681-p1070081b.jpg]les richesses intérieures[/url], d'autant que celles-ci leurs appartenaient désormais. Pourtant, certaines personnes critiquèrent le faste et le manque de sobriété extérieure. Ayant une importante capacité à prendre du recul et à garder confiance, Marie ne céda pas aux récriminations des pissefroids et maintint le cap, persuadée que les églises n'avaient aucune raison d'être épurées, mornes et moches. Plus tard, des plaintes vinrent du courant légitimiste lorsqu'on apprit que sa Majesté avait, en s'endettant au mont-de-piété de Sankt-Thøger, perdu un gage très précieux : [url=https://www.zupimages.net/up/17/36/ub0o.png]une tapisserie thorvaloise du XIVe siècle représentant la Communion du Christ[/url]. Les ultra-royalistes accusèrent Marie d'avoir dilapider le « patrimoine national ». National ? Qu'est-ce cela ? On leur répondit simplement que les membres du clan avaient tous accepté l’aliénation du bien et que la décision n'avait rien de cavalier. Ce n'était pas comme si Thorval avait à jamais perdu ses savoirs-faire... des beaux objets (orfèvreries, meubles raffinés, tapisseries etc), il s'en produisait encore au XXIe siècle, au lieu d'être enfermés dans d'horribles musées.

Le mariage se déroulera le 26 décembre 2036 (correspondant au 26 décembre 2035 du calendrier grégorien commun) dans la chapelle St. Longinus. Des faire-parts ont été envoyés aux grands vassaux – ennemis inclus – , à des chefs de clan, aux abbés mitrés, aux évêques, au corps municipal Jensgårdois, à la famille Van Tarnos et aux représentants étrangers présents à la cour (peu nombreux), dont le Vryedois et le légat pontifical. Ainsi, si l'union de Marie et d'Arthur était un assez grand évènement intérieur, jamais l'on a souhaité en faire le mariage du siècle, ou un raout syncréto-mondialiste. Cela n'aurait aucun sens. En raison de la flopée d'intrigues et de machinations en cours, la cérémonie faillit être reportée sine die, néanmoins, la reine tint à y aller quand même car les conjurateurs ne devaient pas devenir les maitres du jeu. Marie emportait avec elle deux cadeaux qu'elle remettra à son futur époux. Ceux-ci symboliseront les nouveaux devoirs d'Arthur en tant que roi, car il n'allait pas être une simple décoration...[/justify]

Posté : lun. avr. 16, 2018 12:03 pm
par Zaldora
[justify]Puissance (royaume).
17 novembre 2035,


[center][img]https://i.imgur.com/IbZkE0H.png[/img]
Scène du Grand Tournoi de l'Été en 2035, organisé à la lisière entre le Duché d'Ulvlund et le Comté de Engegaard.
Sinon, de plus petits tournois et joutes ont lieu chaque mois. L'Église s'oppose fermement à ces formes de compétition
chevaleresque mais doit pour le moment battre en retraite devant leur popularité. Elles attirent des gens
de toute condition et des quatre coins du royaume.
[/center]

Ce n'est évidemment pas l'État. Quelles sont les cinq institutions les plus puissantes et influentes du royaume ?

1. La Chevalerie : institution ou fraternité, les chevaliers représentent l'idéal du guerrier chrétien honorable et jouissent d'une aura inégalée, malgré les infamies dans lesquelles ils leurs arrivent de participer. Leurs coutumes, mode de vie et valeurs (piété, l'humilité, la bravoure, la courtoisie, la largesse, la foi et l'honneur) sont intemporels, d'autant qu'après s'être premièrement liée à l'aristocratie, la chevalerie se ré-ouvrit aux non-nobles courant du XVIIe siècle. On dénombre dix milles hommes de la chevalerie dans les armées féodales, sans compter ceux des Ordres et des gardes personnelles. Pendants féminins, les Skjaldmø ne font pas partie de l’institution bien qu'elles s'en rapprochent beaucoup grâce à une éthique chevaleresque propre à la féminité.

2. L'Église : puissance spirituelle incontournable, l'Église ne manque pas de force non plus au plan temporel et peut se vanter de faire jeu égal avec les grands laïcs qui, malgré des tentatives aux XVII et XVIIIe siècles, ne parvinrent jamais à la soumettre. Elle est l'éducatrice et la conscience moral de la société, se plaçant comme protectrice des faibles contre la fougue des puissants. Malgré cela, son fonctionnement interne est fragilisé par la désunion et les rivalités de juridiction. Elle n'est, enfin, pas toujours capable de contrôler les débordements et les excès du monde laïc, ne réussissant pas non plus à imposer certains de ses vues (opposition aux duels, aux tournois, aux guerres privées...)

3. L'Ordre des Murmureurs : confrérie d'espions mercenaires remontant au XIIIe siècle, l'Ordre se soumit au roi au XVIe mais reprit aussitôt une grande autonomie. Organisés autour d'un mystérieux couvent, les Frères se spécialisent dans la collecte d'informations, les enquêtes, les filatures et l'infiltration. Réputée pour ne laisser aucune trace, la confrérie suit ses propres intérêts. Son réseau et ses « lais » s'étendent dans tout le royaume, on l'a soupçonne à juste titre d'être le véritable maitre du jeu en politique. Le culte du secret fait que l'on ne connait rien de ses membres. Ces derniers sont des ombres qui n'existent officiellement pas.

4. L'Université de Jensgård : fondée au XIIe autour des école-cathédrales, puis reconnue au XIIIe, l'Université de Jensgård est le centre intellectuel et philosophique par excellence du royaume. Ses cours et ses séances dialectiques sont des bouillons de culture. Pour poursuivre sa vocation de développement de la sapience, l'institution a toujours jalousement gardé et défendu une liberté quasi-totale. Celle-ci se traduit notamment par l'immunité judiciaire dont bénéficient les clercs [ses membres] face à la justice temporelle. Puissante, l'Université est capable de désorganiser la capitale pour se faire entendre. Par ailleurs, elle peut disposer de relations diplomatiques propres, sans passer par la Couronne. Son point faible réside dans ses bacheliers [étudiants] tumultueux et bagarreurs, traits qui passent mal au sein de la capitale.

5. L'Ordre de la Pousdre : la confrérie d'empoisonneuses, issues des milieux bourgeois, est redoutable et hors-pair dans son travail. Il n'y a personne de vraiment à l'abri de ses griffes... pas même l'Ordre des Murmureurs, c'est dire.


[/justify]

Posté : mer. avr. 18, 2018 2:30 pm
par Zaldora
[justify]Au cœur du Thorval (9).
1er décembre 2035,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :

[center][img]https://zupimages.net/up/19/10/lz7q.png[/img]
La haute-court du château-fort d'Hordaborg, refuge pour les paysans...[/center]
- Une invasion à grande échelle de clans pillards s'est produite il y a quelques jours dans le Hordafylke, pays traditionnel situé au sud-ouest du Duché de Skovegård. Les parasites fuyaient la province voisine où la Duchesse Helle mènait une lutte sans merci contre les bandits. L'afflux, inédit par son ampleur, fut un malheur insondable pour la paysannerie Hordafylkaise qui se mit à subir des rançons, des pillages, des destructions et des violences de toute sorte. Trop petits pour se défendre seuls, même unis, les clans populaires du pays local couraient depuis se réfugier au château d'Hordaborg. Ils étaient plusieurs centaines à arriver chaque jour accompagnés de leurs bétails et de dizaines de charrettes emplit de victuailles. A l'abri derrière les murailles, la vie semblait presque normale dans les haute et basse-cours du fort où les paysans vaquaient à leurs occupations, qui nourrissant les poules, qui touillant la marmite. Pendant ce temps, les hommes d'arme du seigneur Niklaus apprêtaient leurs glaives et scellaient leurs chevaux pour un raid nocturne chez les bandits... Le curé prévoyait de les bénir juste avant le départ. Autant dire qu'il y aura bientôt beaucoup de veuves et d'orphelins chez les criminels... ou pas.

- Le village de Herreborg, 300 paysans et paysannes, s'était dernièrement beaucoup amusé devant le spectacle de rue des jongleurs, des cracheurs de feu, des acrobates, des mimes et des farces (théâtre). La fête a malheureusement été gâchée par la mort d'un avaleur de sabre qui, peu après son numéro, se mit à vomir du sang avant de s'y étouffer complètement. La foule tenta de lui porter secours, en vain. Un cracheur mit aussi le feu au chapeau d'un paysan mais l'incident fut moins grave et vite oublié.[/justify]

Posté : sam. avr. 21, 2018 12:05 am
par Zaldora
[justify]Au cœur du Thorval (10).
3 décembre 2035,

Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.

La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :

[center][img]https://i.imgur.com/FYCzDbz.png[/img]
Le château Tvillinger à la fin de l'été 2035.

Le Jeu[/center]
- Le baron Jesper af Højborg s'est fendu d'un surprenant édit qui rétablit la monarchie élective comme forme principale de succession du domaine. Ses vassaux ont salué à l'unisson un « heureux retour aux traditions primordiales du pays Højborgais. » Les soupçons étaient néanmoins légions et il semblerait, selon les premiers éléments, qu'une puissante ligue de conjurateurs ait forcé la main de Jesper, par ailleurs vieillissant et malade. L'enjeu était double : des terres mais aussi ce qui se trouvait dessus, le château Tvillinger, construit sur les bords du lac éponyme. Si les vassaux semblaient heureux, l'ex héritier du fief ne comptait pas laisser le fort échapper au clan...

- Le seigneur Rollo af Fornjøtlag s'est tué hier matin dans la forêt de Småmennesker alors qu'il chassait le sanglier en compagnie d'un cercle restreint de fidèles. Selon les témoins, le géant hobereau décéda lors d'un malheureux accident de chasse au cours duquel il reçu dix carreaux d'arbalète dans le corps. La seigneurie revenait désormais à son unique fille, Olufa, un frêle bébé de trois mois. La régence sera assurée par sa mère Elfrida, qui risquait d'être la cible de toutes les manipulations. Les rapaces se tenaient prêts à dépecer leur proie tandis que les vrais féaux du clan régnant (donc, pas ceux qui se trouvaient avec Rollo en forêt) aiguisaient leurs couteaux.

- Faisant valoir l'héritage de sa femme, le seigneur Almar Arnbjørning venait de remporter la guerre de revendication de l'Arnarland, située au cœur du Skjalmland. La querelle prenait fin après s'être éternisée pendant cinq ans, donnant lieu à de vains combats. Épuisés de leurs efforts, les deux ennemis décidèrent d'en finir lors d'un duel organisé la veille de la Saint André. Au cours d'une lutte épique, qui faillit ne pas voir de gagnant, c'est finalement Almar qui tua Bjørn et sortit vainqueur. Le domaine entra ainsi officiellement parmi les propriétés du clan victorieux : s'étendant sur environ 1000 Tøndeland, le fief comprenait à peu près autant d'alleux que de censives. Les paysans y cultivaient du seigle, de l'avoine, du foin et un ensemble réduit de légumes comme le chou frisé, le navet ou l'ail.

- L'odieux baron Poul af Norrbjerg a usurpé les terres agricoles de l'abbaye Saint Mikkel Archange dans la province de Taungård. Les moines étaient désormais obligés de lui payer le cens... Mis au courant, le Troenridder Ordenen ( « Ordre des Chevaliers de la Foi ») a juré, lors d'un serment mystique au sein de son église St Joseph, de réparer l'offense faite à l'Église.
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Posté : jeu. avr. 26, 2018 2:51 pm
par Zaldora
[justify]Politique communale.
18 décembre 2035,


[center][img]https://i.imgur.com/sCh3xF0.png[/img]
Le Beffroi de Jensgård, dominant la maison communale, symbole de l'autonomie et des libertés citadines.
Construit entre 1300 et 1403 après Jésus-Christ. La Photo date de l'été dernier.
[/center]

En cet hiver 2035 A-D, la Cité de Jensgård était pleine à craquer. A quelques jours du mariage de Marie III et d'Arthur, une myriade d'étrangers avait envahie la ville, parmi lesquels des paysans, des chefs de clans, des nobliaux et bien d'autres rustauds du même acabit. Les bellatores ne se sentaient pas à l'aise, le monde bourgeois n'était pas le leur et rien dans ses coutumes ou de sa culture ne leur plaisait. C'était pourtant en pareille situation que le corps municipal avait décidé de prouver la grandeur du bourg, en organisant, devant le Beffroi, haut lieu symbolique, le vote sur la Déclaration concernant la Mendicité. Celle-ci disait :

« Nous, libres bourgeois de Jensgård, faisons amende honorable de nos crimes passés et jurons de ne plus réprimer la mendicité en nos murs. A l'image de la province, nous considérons dès à présent les mendiants comme le Christ sur terre, des saints et des intercesseurs avec Dieu que personne n'a le droit de violenter ou de mépriser »

Cette nouvelle position révolutionnait au moins cinq siècles de coutumes urbaines et était tout à l'honneur du bourgmestre de la Cité, aussi Recteur de la surpuissante Université. Le peuple de Jensgård allait-il suivre ce guide éclairé ou allait-il le jeter cul nu dans la mer des Crabes ? La foule s'amassait dans le quartier du Beffroi, une assemblée bien plus étendue que d'habitude, où se trouvaient énormément de visages.... non-familiers. En effet, divers chefs de clans et de paysans s'étaient infiltrés.... ainsi qu'une part non négligeable de la population des bas-fonds du faubourg... On procéda au vote à main levée. Alea jacta est. Après de très longues minutes de comptages, le résultat tomba comme une massue : Favorable 51%, Défavorable 49%. Les non-bourgeois avaient vraisemblablement été décisifs, stupéfiant les vrais Jensgårdois.

« Eh, je t'ai jamais vu avant ?! lança suspicieusement un bourgeois à son voisin.
– Et celui là, non plus !!!
– Les péquenauds ont submergé nostre bonne ville ! cria un autre.
– VENGEANCE !!! »

La place sombra dans un tumulte géant, tandis que les Manteaux s'occupèrent d’évacuer le bourgmestre. Les dents volèrent, des têtes se brisèrent et du sang macula la neige au sol. La milice communale fut rapidement dépassée et prise à partie. La situation était hors de contrôle et dégénéra encore davantage quand des hordes de bacheliers [étudiants] se mêlèrent à la bataille. On apporta la nouvelle des combats à Sa Majesté, qui était arrivée ce matin avec son escorte et logeait temporairement à l'Université. Désespéré, le chef de la ville la supplia d'envoyer des renforts et de rétablir la paix. Elle fit mander un messager assez courageux pour porter des instructions vers la campagne, à son grand capitaine Mørten. Le pli ordonnait précisément de « restablir la paix le moins rudement possible. » Des recommandations de prudences que personne ne voulut écouter.

Vers midi, soit presque trois heures plus tard, Mørten arriva avec une troupe de cent chevaliers aux portes de la Cité. Les bourgeois s'entretuaient toujours entre eux. Il leva l'épée devant les soudards chauffés à blanc, et les harangua : « QUI VEUT CALMER CES POURCEAUX DE MASLHEUR ?! EN ASVANT ! SUS A L'ESNNEMI ! » Et c'est ainsi que l'ost seigneurial effectua une charge phénoménale en direction des émeutiers et que ses clameurs barbares résonnèrent pour la première fois en ville depuis dès siècles et des siècles. A None, le calme était revenu, et les Hôtels-Dieu encombrés de blessés, alors que certains recevaient les derniers sacrements. La précédente émeute de cette ampleur dans la Cité avait eu lieu le 15 avril 2034 et avait fait 12 morts et 545 blessés. Le bilan aujourd'hui devait être sensiblement le même. [/justify]

Posté : dim. avr. 29, 2018 5:45 pm
par Zaldora
[justify]Festivités hivernales.
28 décembre 2036,


[center][img]https://i.imgur.com/sJlDpeq.png[/img][/center]

En cette Saints-Innocents neigeuse et venteuse, on ne savait pas encore pour la mort du Pape. Les gens de la capitale avaient, comme si de rien n'était, religieusement célébré la journée avant de rejoindre le cimetière pour assister aux pirouettes des acrobates, pitreries des bouffons, tours des magiciens et contes déclamés par des scaldes venus de loin. Quelques jours auparavant, la Cité avait aussi assisté à la messe de minuit, et ensuite vint l'union entre Marie III et Arthur (le matin du 26) à la chapelle St. Longinus où les bousculades causèrent dix morts.

A la campagne, en ce jour, les réjouissances de la fête des Fous étaient bien délirantes et festives. Partout dans les Abbayes [cathédrales rurales], de jeunes prélats avaient été élus Abbés des fous et occupaient les cathèdres revêtus de tout les atours épiscopaux, hormis la mitre, remplacée par un bourrelet de paille. Certains villages, encore plus provinciaux, allèrent jusqu'à élire un Pape des fous. La fête, qui s'étendait chaque année sur trois jours, était un moment de pure liesse populaire avec des danses, des spectacles et des divertissements de toutes sortes. Les cérémonies religieuses étaient elles aussi haute en couleurs et même choquantes pour la bourgeoisie catholique peu au faite. Barbouillés de merde, masqués et travesties de façon complètement démente, les prêtres dansaient en entrant dans le chœur et chantaient des chansons obscènes. Devant le célébrant, les diacres mangeaient du lard, jouaient aux cartes et tenaient des propos orduriers. Enfin, les encensoirs ne brûlaient pas de l'encens mais des chaussures trouées qui empestaient les lieux. Au terme de l'Office, l'Abbé des fous recevait les mêmes honneurs que le vrai, tandis que son aumônier prononçait une bénédiction farfelue comme « le mal de foie, de méchantes fluxions et mille pied-bot aux nouveaux-nés ». Ensuite, ce beau monde était trainé dans les rues et plongé dans le lisier pour y mimer des gestes obscènes. Demain, les choses rentreraient dans l'ordre et la vie continuera comme si le peuple ne s'était pas défoulé follement, avec la participation active du clergé.

La foi populaire au Thorval était réellement pétrie d’éléments hétérodoxes. Elle comprenait des coutumes païennes christianisées (prières devant les arbres avec offrandes, rondes dansantes autour de l'arbre de Noël etc), on croyait aux bêtes fantastiques, on consultait les devins, on croyait aux présages, on croyait aux légendes, on examinait le vol des oiseaux, on enterrait les morts avec leurs armes, on priait intensément les saints près des oratoires, on vénérait les reliques et leurs pouvoirs, on craignait les sorcières, on vivait en compagnie des morts, et on pensait que les anciens Dieux étaient devenus de mauvais génies errant dans les forêts. La Saint Jean était la fête archétypale du phénomène où se mêlait christianisme, paganisme, magie et superstitions en tout genre. Sachant que le christianisme s'était en premier lieu implanté chez les infirmes et les couches laborieuses de l'ancienne société païenne, le clergé ne voulut jamais les priver de leurs croyances et fêtes, mais les intégra en les christianisant. Il toléra même les traditions « paillardes » comme la fête des Fous pour une raison mal-connue.

A Jensgård, le glas de la Cathédrale Saint Erland retentit un coup, puis deux. Au bout du dixième, les bourgeois comprirent : le Très Saint Père Aurélien avait rejoint Dieu. Bientôt, la nouvelle atteindra les autres villes, puis les villages, jusqu'à la plus profonde campagne.[/justify]

Posté : mer. mai 02, 2018 4:04 pm
par Zaldora
[justify]Complots et intrigues (9).
5 janvier 2036,

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Une église ? Non ! L’amphithéâtre de la faculté de médecine, les bacheliers prennent place dans les rangs latéraux.
L'Université de Jensgård s'est construite autour de l'école-cathédrale...
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Peu de monde osait s'aventurer à l'extérieur en pareil gros temps. Depuis la fenêtre gothique, Sa Majesté scrutait les flocons de neige virevolter au dehors, tandis qu'une féroce tempête s'était abattue sur la capitale aux aurores. Arrivé dans l'enceinte du bourg le dix-septième jour de décembre, le clan royal avait en majorité décidé de passer l'hiver au sein de la capitale et de ne rejoindre leurs différents domaines qu'à la fin février. Les autres messires, présents pour le mariage, avaient fait un choix analogue : les chemins étaient dangereux et tortueux, à plus forte raison durant la saison morte. La Reine logeait donc à l'Université avec les plus proches parents de son clan, ce qui n'était pas peu de monde. Le Recteur et les bacheliers les avaient bien accueillit et surent s’accommoder de leur présence. La veille, plusieurs vassaux étaient venus s'agenouiller devant elle et lui baiser la main, clamant qu'ils ne trahiraient jamais leurs Vœux à son égard. Lisant rarement les journaux, Marie se demanda les raisons d'une si subite exaltation de loyauté ? Peut-être était-ce l'enquête de son oncle qui leur faisait peur ? Quoi qu'il en soit, cela ne lui fut en aucun cas désagréable de voir ses comtes, margrave et autres petits seigneurs ployer le genoux à qui mieux-mieux.

Marie se trouvait dans un couloir, à quelques pas de l’amphithéâtre de médecine où l'on pouvait entendre la Lectio offerte aux bacheliers. Ils semblaient comme ensorcelés ou du moins complètement obnubilés par leurs études. La reine se plaisait ici, derrière les vieilles pierres d'une institution si renommée et libre. Elle s'y sentait en sécurité, du moins c'était là son impression... Un homme, sinistre, vêtu d'une tunique et d'un bonnet noir, apparut derrière elle et la dévisageait drôlement. Inutile toutefois de paniquer.

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« Qui es-tu, l'homme ?
– Je suis celle à laquelle aucun Homme n'échappe, c'est la Mort qui vous rends visite Majesté, annonça-t-il d'une voix douce à peine perceptible.
– Gar... » voulut appeler la Reine, avant que l'assassin ne se rue sur elle et la plaque sol.

Marie tenta énergiquement de se débattre, en vain, le mercenaire l'agrippait solidement et l'empêchait aussi de crier. Elle vit sa vie défiler, tandis que le fol la fixait droit dans les yeux et l'abreuvait de son haleine fétide, un mélange d'ail et de bière. Il entama alors un monologue macabre : « C'est grande pitié de tuer une si jeune et radieuse créature, dit le bandit en parcourant les traits du visage de sa victime avec son poignard, mais ce sont les ordres du Très-Haut. Peut-être devrais-je vous crever les yeux en premier ? Mais ?! Y-a-t-il un enfant dans ce sein ?! Ohhhh... N'ayez pas de regrets, vous avez eu une belle vie. Adieu » conclut-il.

Le sang gicla, éclaboussa, fusa de toute part. C'en était terminé. Quand Sa Majesté rouvrit les yeux, elle vit une grosse lame sortir par la bouche de son agresseur. Son regard si terrible était désormais vide et sans vie. Le démon s'effondra sur le coté, laissant apparaitre la silhouette de son garde, Óli. Marie lui sauta littéralement dans les bras. Au bout du couloir, le Professeur de Médecine apparut en ses atours de docteur, en riches chape et fourrure.

« Quel est ce tumulte, au loin ? » sonda le clerc, avant d’apprécier le corps inerte du méchant et le sang dégoulinant sur le sol. Il s'évanouit piteusement.[/justify]