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Posté : mar. mai 28, 2019 5:45 pm
par Sébaldie
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24 mars 2039
Ces pays gouvernés et asservis par une seule entreprise[/center]
« Le conglomérat de Caeturia n’est que la forme la plus expressive du contrôle d’un Etat par l’entreprise privée… mais c’est loin d’être la plus la pernicieuse » constatait Emilian Calamand, économiste proche de l’Alliance du pouvoir populaire, en présentant l’organisation institutionnelle du conglomérat olgarien. Même s’il considère ce modèle totalement abject, Calamand concède que le Caeturia ne ment à personne sur son caractère non-démocratique et entièrement consumériste dont une oligarchie de trois corporations – Stellario, Lazerotte, Origa - tire les ficelles. Pour lui, le démon se cache dans des économies qui tournent sur une activité principale voire quasiment unique, c’est-à-dire lorsqu’une entreprise constitue un Etat dans l’Etat, avec de terribles conséquences sur la démocratie ou sur la possibilité de faire changer les choses dans un pays, par d’autres moyens que le vote, par la méritocratie militaire par exemple. La Communauté des Nations Dytoliennes, qui se vante d’être une puissance économique est en réalité polarisée autour de quelques productions phares, qui exercent un pouvoir considérable sur la politique, y compris dans les régimes démocratiques. Ainsi, les Îles Lorthon ressemblent de plus en plus, à s’y méprendre, au Vonalya où l’essentiel de l’agenda politique était calqué sur la célèbre SVG, Société Vonalyane du Gaz, à cela près que c’est le pétrole qui fait les faiseurs de rois dans les îles nordiques. La puissance de Lorthon Energy est telle qu’elle rend impossible toute transition énergétique. Ou tout du moins, l’entreprise qui extrait, transforme et distribue le pétrole est aussi celle qui capte les investissements en matière d’énergies renouvelables. Elle a ainsi été choisie par la Principauté de Movopolis, qui veut devenir une puissance bananière en Dytolie (!), [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349490#p349490]pour y installer une centrale à géothermie[/url]. Bref, Lorthon Energy s’impose à la fois comme l’acteur de l’énergie fossile et celui qui vous promet d’en sortir… Les idées écologistes ne peuvent donc pas évoluer dans cette monarchie pétrolière sans ce mastodonte, condamnant les ambitions vertes à du « greenwashing », à du capitalisme verdissant l’activité, plutôt qu’à repenser la consommation. On observe d’ailleurs le même phénomène avec Karsoil, qui a réussi à envahir les plaines arides makengaises de panneaux solaires.
Mais retour en Dytolie. Au Jernland, c’est Altek qui mène la barque et l’entreprise fait l’objet de régulières analyses dans nos colonnes tant elle constitue une menace à la fois pour le monde du logiciel – [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351519#p351519]on parle même d’altekisation[/url] – mais aussi pour la vie privée. La ministre santognaise Inès Teysseire s’est même dit prête à sceller un accord avec l’entreprise jernlander pour son programme sécuritaire. Le capitalisme de surveillance instauré par l’Etat nordique risque à terme de réduire les libertés individuelles à peau de chagrin. Et il est difficilement concevable que le Jernland légifère sur la question tant Altek est lucrative et lui permet de se faire une véritable place sur la scène mondiale. La Santogne n’est pas en reste : Orbis Communications est de très loin l’entreprise la plus rentable du pays et le contrat à 30 milliards signé avec le Lébira ne fera que renforcer ce leadership, qui a des conséquences inéluctables sur la démocratie. L’entreprise était majoritairement détenue par l’Etat, elle n’a même pas besoin d’exercer un lobbying sur les parlementaires pour qu’ils rejettent les uns après les autres tous les amendements qui visent par exemple à encadrer les écoutes téléphoniques des Santognais par le renseignement. À l’impératif économique ici se joint le chantage à la sécurité et au tourisme : réguler Orbis c’est non seulement porter atteinte à l’emploi, mais également à la sécurité nationale. Argument imparable, qui permet de tétaniser l’électorat : objectif réussi. En Ennis, le secteur bancaire de la petite république fédérale engrange des milliards, mais empêche toute législation. Ainsi, l’Ennis a adressé une fin de non-recevoir aux injonctions santognaises de transparence bancaire, une claque pour le gouvernement qui cache de moins en moins ses tensions avec son partenaire de la CND. De plus, la généralisation du système du pantouflage, qui permet à des dirigeants en fin de mandat de finir conférencier payé des millions par les banques incite peu à des évolutions législatives. À l’inverse du pantouflage, l’entreprise fournit en hommes politiques, à l’image du président valdaque qui vient d’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1016&t=17246]Alpva[/url], plus grande société minière de Valdaquie, voire toutes activités confondues, et qui serait même le premier employeur privé du pays. Si l’économie valdaque est plus diversifiée que celle de l’Ennis ou du Lorthon, il n’empêche que la suprématie de ce géant du diamant incite peu aux considérations environnementales, totalement absentes lors des dernières élections.
Au Kaiyuan, on ne jure que par Black Lotus, le fabricant de téléphones intelligents, qui deviendra énorme avec l’absorption de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350538#p350538]Liangxiang[/url]. L’entreprise, leader incontesté du marché, peut en plus compter sur le système clanique pour institutionnaliser un pouvoir qu’elle avait pourtant de facto par sa toute puissance. Un pouvoir qui dépasse les frontières de l’Empire puisque Black Lotus est parvenu à obtenir des autorités judiciaires santognaises des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350823#p350823]perquisitions au Courrier Santognais[/url]. Géant économique et démographique, le Kaiyuan semble pour autant limité dans sa force de projection par les ambitions d’une entreprise de téléphonie et bientôt d’informatique, qui fait la pluie et le beau temps. Cela aura évidemment des conséquences similaires au Jernland, avec un système informatique cadenassé. Finalement, on voit à travers ces exemples que la gouvernance d’une entreprise sur tout un pays est protéiforme et s’il faut s’en inquiéter, c’est parce que la Grande Hégémonie a commencé de la sorte, avec les conséquences que l’on connaît hélas, c’est-à-dire un recul du savoir technologique et bien sûr et avant tout des droits de chaque individu.
[right]Tibotz Casaban[/right][/justify]
Posté : jeu. mai 30, 2019 1:11 pm
par Sébaldie
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29 mars 2039
Le « reductio ad imperium » pollue la politique internationale
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La situation est la suivante. La Communauté des Nations Dytoliennes reproche au Gänsernberg ses ambitions impérialistes sur l’Hohengraf, ce à quoi le Gänsernberg répond en portant la même accusation, reprochant à Communauté des Nations Dytoliennes ses velléités impérialistes sur l’Hohengraf, parce que la Communauté des Nations Dytoliennes serait de facto une organisation impérialiste. L’accusation est partagée par la Ligue de Lébira, dont on dit d’elle par ailleurs qu’elle a des ambitions impérialistes en voulant s’imposer en Algarbe et en Cérulée. En particulier, la critique vient de la Valdaquie qui, par la mainmise d’Ursachi, exercerait un pouvoir impérial à la fois sur son propre pays et sur les côtes dytolo-marquésiennes. Pour autant le Lébira n’est pas seul empereur en Algarbe puisque la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351595#p351595]presse karmalie[/url] nous rappelle que le Makengo est à la botte d’impérialistes berlimois, karsois, ennissois et de nouveau valdaques. Le journal est distribué dans un pays lui-même accusé – entre autres par la presse santognaise - d’impérialisme pour le contrôle qu’il entend avoir sur le monde musulman, via les Nouvelles routes de la Soie, qui sont par essence impérialistes car elles viendraient appuyer la puissance des Etats qu’elles traversent, entre autres le bien nommé Empire du Kaiyuan. Plus au nord, Ennis multiple les bases militaires comme les pains et devient le nouvel empereur même s’il est sur ce créneau concurrencé par son voisin, le Lorthon, qui a des visées impérialistes sur l’Arctique vonalyan. Le même Royaume des Îles Lorthon qui entend limiter les ambitions de la Double couronne d’Uural-Liivimaa et de Votyakskiy (constituant à eux deux de facto un empire), qui a des visées impérialistes sur la banquise arctique et sur le bras de mer qui la sépare d’elle. Sur le continent panolgarien, d’aucuns rappellent que le Caeturia veut lui aussi instaurer un empire en amenant le Nuevo-Rio sous sa sphère d’influence, dont il a déjà extrait impérieusement des brevets technologiques pour accroître sa capacité de production aurifère. Au large, les Îles Paskoak, qui se demandent si elles n’ont pas fait l’erreur de voter leur annexion aux Provinces-Unies du Txile, crient elles aussi à l’impérialisme, soutenus moralement par une République de Tlaloctlitlal qui en fait de la lutte contre l'impérialisme la clé de voûte de toute sa politique.
Face à tous ces empires qui se forment, un Tiers-monde composé d’Etats extrêmement souverains et orgueilleux ne voulant pas se laisser marcher sur les pieds par les impérialistes se protège. Soit en se calfeutrant à l’image de la Flavie, soit en organisant encore plus de défilés militaires comme l’Aurora. Sans doute aussi, ces mêmes Etats anti-impérialistes décideront-ils de lutter efficacement contre les impérialistes en s’alliant entre eux… pour finalement former à leur tour un empire de non-alignés. Empire, dominion, communauté… les termes ne manquent pas pour décrire l’apparente pression insoutenable que certains Etats exercent sur d’autres… ou tentent d’exercer. Dernièrement, le vocable en vogue dans la novlangue des grands de ce monde est celui d’axe. Pour exercer leur autorité, les empires en effet s’appuient sur des axes. L’axe Karmalistan-Aurora-Caeturia, l’axe de la CND, l’axe islamiste, l’axe de l’OOD, l’axe Nord/Sud, l’axe Est/Ouest, l’axe. Ces axes sont « stratégiques », « majeurs » pour y faire régner des « intérêts », des « ambitions », des « revendications », qui peuvent être « de juro », « de facto » voire « de pédalo ».
Dans son ouvrage, le politologue Dominique Chéron se désole de la politique diplomatique conduite par la plupart des pays du monde qui se résume à la « reductio ad imperium », autrement dit cette propension à tout ramener à l’empire, en faisant de l’empire et l’impérialisme des épouvantails et des arguments pour combattre, au moins dans la dialectique, son adversaire. Dominique Chéron se désole de la faiblesse des chefs d’Etat actuels, qui selon lui n’ont plus aucune force de projection et se contentent, par aigreur et frustration, de pilonner les initiatives de leurs homologues. Accuser les uns et les autres d’intentions impérialistes, c’est avant tout un réflexe pavlovien qui permet d’occulter sa propre médiocrité. Mis à mal par la chute de la Grande Hégémonie, l’orgueil des Etats s’en trouve atteint dans un monde où aucune superpuissance ne semble émerger. Le politologue se dit ainsi très pessimiste quant à la possibilité de voir s’organiser des conférences internationales qui permettraient par exemple de se mettre d’accord sur des sujets aussi essentiels que la justice, la sécurité, l’économie, l’environnement ; rappelant que tout à chacun se contentera de brandir sa « souveraineté » suprême comme un totem mais qui est en réalité très fantasmé. Certains pays, déjà, sont assujettis aux intérêts d’une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352027#p352027]seule corporation[/url]. Quant aux autres, ils regardent le plus souvent vers le passé, « tournoyant avec leurs costumes folkloriques dans les rues de leurs vieux bourgs comme des singes en voie d’extinction au milieu de spectateurs crédules et nostalgiques » comme le dit Chéron.
[right]Bruno Allaire[/right][/justify]
Posté : mar. juin 04, 2019 10:44 pm
par Sébaldie
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13 avril 2039
Pourquoi il ne faut pas aider financièrement le Makengo
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Les Makengais gaspillent les crédits qui leur sont alloués dans de la « sape »[/center]
Encore et toujours, le Makengo en [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17781]appelle[/url] à la générosité du monde civilisé pour se développer mais n’en déplaise à [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350894#p350894]Felix Ngounga[/url], si la république algarbienne a pris autant de retard, ce n’est pas en raison de l’impérialisme santognais qui aurait sacrifié toute une colonie pour servir ses intérêts propres, mais du comportement du Makengais incompatible avec tout projet de société autonome. Consuméristes, superficiels et bien plus attaché à leur parure qu’au reste, les Makengais peuvent dépenser toute leur paye dans des tenues vestimentaires aux couleurs criardes. Pour Felix Ngounga, c’est encore la faute des Santognais. En effet, pour lui, ce travestissement trahit le désir des Makengais d’imiter le style vestimentaire de leurs colonisateurs pour être intégrés dans leur sphère. Autrement dit, si les Santognais les avaient « respectés » comme il l’insinue, les Makengais auraient usé leurs ressources à meilleur escient. Toutefois, l’attachement des Makengais au paraître a toujours été très prégnant, bien avant la colonisation santognaise. Une caractéristique ethnique héritée du XVIe siècle et qui se perpétue aujourd’hui, au Makengo comme en Santogne. Arborant des costumes trois pièces en jaune canari et les cravates en soie rose, les Makengais vivent pourtant au-delà de leurs moyens : ils seraient parmi les principales « victimes » de surendettement selon les organismes de recouvrement. En conséquence, les transferts financiers des Makengais à leur pays d’origine sont bien moins importants que ceux d’autres diasporas présentes en Santogne et tout aussi miséreuses, telles que les Eashates. L’égoïsme est prépondérant dans la communauté makengaise.
Lorsqu’ils rentrent au pays, ce ne sont pas les diplômes ou l’expérience professionnelle qu’ils ont acquis que les Makengais mettent en avant mais la paire de chaussures de la marque Contrance qu’ils ont pu s’acheter au prix d’un frigo vide et d’un loyer non honoré. C’est ainsi tout un argumentaire de la gauche qui d’effondre, selon lequel l’immigration dans les pays occidentaux serait causée par la misère du pays d’émigration, et d’une politique d’immigration choisie qui viderait le pays de ses « cerveaux ». La réalité est que les crédits alloués pour contribuer au développement au Makengo, s’ils parviennent à augmenter le revenu moyen de ses habitants, ne feraient que les inciter à dépenser encore davantage en vêtements, au détriment d’investissements utiles pour la société. Le coup de génie du Makengo est d’avoir réussi à susciter la pitié, bien plus qu’une population eashate pourtant bien plus humble. Néanmoins, en Santogne, le comportement de la communauté makengaise se retourne contre elle : la difficulté pour trouver un logement en location est réelle, les propriétaires craignant l’insolvabilité de leurs futurs locataires qui préfèrent parfois l’extravagance aux besoins primaires de tout être humain. Pareil pour les banques et organismes de crédit. Felix Ngounga, qui n’est plus à une mauvaise foi près, prétextera quant à lui que c’est parce que les Makengais sont privés de crédits qu’ils ne peuvent pas entreprendre des projets productifs. L’intellectuel inverse la cause et la conséquence, de la même manière que ses pairs ont inversé leur pyramide des besoins. Il ne faut pas attendre d’une civilisation qui marche sur la tête qu’elle avance, avec ou sans mocassins Contrance.
[right]Cassian Larrieu[/right][/justify]
Posté : dim. juin 09, 2019 4:41 pm
par Sébaldie
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27 avril 2039
Face à leur chute dans les sondages, le Parti populaire se droitise,
l’Alliance du pouvoir populaire se verdit
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Le Vice-Premier ministre Martial Vallotton veut remboliser les électeurs de l'Alliance du pouvoir populaire.[/center]
Pour la droite libérale-conservatrice, les sondages sont catastrophiques. Longtemps premier parti politique de Santogne, le Parti populaire est crédité d’après [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352263#p352263]les dernières sondages[/url] de 10.5 % d’intentions de vote alors qu’il avait flirté avec la barre des 30 % en 2035 (sans pour autant conquérir le pouvoir). S’il garde des bastions importants auprès de la bourgeoisie catholique, le parti conservateur occupe aujourd’hui un espace très étriqué : ses électeurs plaidant pour un parti de l’ordre et de la sécurité lui préfèrent maintenant la liste d’Inès Teysseire, qui a en plus l’avantage d’être menée par une juge anti-corruption, alors que l’image du Parti populaire reste encore écornée par les scandales politico-financiers des dernières décennies. Avec 32 % d’intentions de vote, la Liste Teysseire caracolerait en tête, avec 70 sièges, plus du double de la Ligue du Renouveau qui chuterait à 15 %. Pour autant, loin de se recentrer, le Parti populaire entend au contraire droitiser ses propositions et emprunter une rhétorique plus populiste et nationaliste. Patrice Mallet, qui a des vues sur la présidence du parti en pleine crise, déjà connue pour sa proposition de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344022#p344022]rendre secrets les votes des députés[/url] pour lutter contre la pression des lobbies, récidive en proposant l’enfermement à titre préventif de tout individu soupçonné de « sympathies terroristes », tout en ayant une définition très large du territoire, allant du simple islamiste au militant de gauche caillassant des banques en passant par le vegan attaquant les boucheries. Sa proposition a provoqué de vives critiques de la part des légalistes – dont fait justement partie Inès Teysseire – qui parlent d’une « idée dangereuse, démagogique et inapplicable » puisqu’elle reviendrait à « condamner des gens pour des crimes et délits qu’ils n’ont pas commis sur de simples suppositions ». Critiques balayées d’un revers de main par l’intéressé, qui justifie « un excès de prudence face à un excès de laxisme pour protéger notre nation et nos concitoyens ». « Le terrorisme, c’est l’utilisation conjuguée de la peur et de la violence physique pour arriver à ses fins. J’assume totalement de qualifier certains agitateurs s’en prenant à des établissements bancaires ou à des boucheries de terroristes. Je n’attends pas qu’il y ait des cadavres pour le faire ! » se défend Patrice Mallet, qui entend séduire les électeurs de la Ligue.
De l’autre côté de l’échiquier – si tant est qu’il existe encore un échiquier – l’Alliance du pouvoir populaire se porte tout aussi mal. Le parti attrape-tout, aux idées classées à gauche mais jouant également sur des registres nationalistes voire xénophobes tout en prônant l’écologie tous azimuts, passe sous la barre symbolique des 10 % d’intentions de vote et perdrait plus de la moitié des sièges, passant de 51 à 19 mandats. Déjà, en octobre 2035, les militants de l’Alliance disent avoir « avalé des couleuvres » à l’occasion de la signature d’un accord de coalition avec la Ligue du Renouveau, qualifiée d’extrême droite. Mais beaucoup sont restés indulgents, jugés cette alliance de circonstance nécessaire à leur projet politique dégagiste et de démocratie directe. Quatre ans après, il n’en est rien, le Vice-Premier ministre Martial Vallotton est considéré comme avoir trahi sa base électorale, notamment en organisant la CND et un marché commun. La démocratie directe, qui devait prendre la forme de référendums d’initiative populaire, n’a jamais vu le jour. Quant à l’écologie, la cession à Lorthon Energy d’une parcelle des marais mourbiens pour y construire une raffinerie de pétrolière a évidemment été un coup de poignard pour l’aile verte du parti. Conscient de ce désamour, le Vice-Premier ministre a ainsi promis à l’écart d’une visite d’un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352292#p352292]verger au nord-est du pays[/url], que d’importants investissements seront faits dans l’agriculture biologique. Il a également appelé à « voter utile », en ciblant à la fois la Fédération des Ecologistes qui échouerait de près à franchir le seuil de 5 % - la privant de nouveau d’élus pour toute la mandature – mais aussi les Dégagistes qui ont promis de dégager l’Alliance pour le pouvoir populaire, initialement dégagiste elle-même mais qui a adopté les codes d’un parti de gouvernement bien installé dans le paysage politique.
En octobre, la Santogne pourrait donc se retrouver face à un Parlement sans majorité : la coalition actuelle verrait son contingent de députés réduit de moitié tandis que Inès Teysseire a annoncé refuser de gouverner avec le Parti populaire si celui-ci est dirigé par Patrice Mallet, dont elle met en cause l’intégrité. Le Rassemblement pour la liberté, d’inspiration libérale, juge quant à elle l’ancienne ministre de liberticide, excluant d’office de gouverner avec elle. Tout dépendrait finalement du score de la Ligue du Renouveau, qui s’est dit « ouverte sous conditions » à un accord de coalition. La perspective enchanterait toutefois guère Inès Teysseire, qui voudrait ne plus dépendre du parti d’extrême droite. Beaucoup d’inconnues pour le prochain scrutin, qui promet d’être l’un des plus nébuleux de l’histoire électorale de Santogne.
[right]Xavier Daucourt[/right][/justify]
Posté : mer. juin 12, 2019 3:51 pm
par Sébaldie
- [justify][center]6 mai 2039[/center]
[img]https://i.imgur.com/r0uDdFJ.png[/img] | Les sapeurs-pompiers santognais sur le qui-vive
[justify]Les conditions climatiques exceptionnelles provoquées par l’anticyclone El Pepito mettent à rude épreuve les nerfs des sapeurs-pompiers, qui s’attendent à vivre l’un des pires étés de leur carrière, au contraire des professionnels du tourisme qui enregistrent une affluence record pour ce mois de mai. Le ministre de l’Intérieur apparenté à la Ligue du Renouveau, Aubin Boffrand, reste toutefois confiant et l’assure : « La Santogne a les meilleurs sapeurs-pompiers du monde et nous sommes le pays qui crée le plus de vocations avec l’Amarantie. Par ses caractéristiques climatiques, géologiques, par ses territoires difficiles d’accès et ses zones industrielles denses, la Santogne offre un large panel d’activités pour nos soldats du feu qui ne font d’ailleurs pas que combattre le feu ». Ce satisfecit applique soigneusement la méthode Coué pour soutenir le moral de pompiers, qui restent nombreux à périr au cours de leurs missions. Le ministre n’est d’ailleurs pas peu fier de présenter la flotte d’avions commandés au constructeur [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343246#p343246]Monolide[/url], qui conçoit des bombardiers d’eau et plus récemment des ambulances aériennes ; une expertise que l’Etat santognais tente d’ailleurs de promouvoir auprès d’autres Etats montagneux ou qui seraient touchés par de réguliers incendies. En attendant, les agriculteurs qui se voient imposées des restrictions d’eau, goûtent peu à l’opération de communication du ministère de l’Intérieur.[/justify]
[img]https://i.imgur.com/gfV4u5p.png[/img] | Sous pression des lobbies, les légumes seront désormais cuisinés dans un jus de viande dans les administrations publiques
[justify]Une victoire décisive dans les couloirs du Parlement santognais. Reprochant au gouvernement son laxisme face aux lobbies véganes, le lobby de la viande - dominé en Santogne par le groupe Parpim – s’est fait le porte-voix d’un secteur économique qui se « portait mal », constatant une diminution de produits carnés depuis plusieurs années, au profit d’alternatives végétales. S’ils ne peuvent exiger des Santognais qu’ils mangent de la viande chez eux, les lobbies ont toutefois obtenu cette exigence pour la restauration des administrations publiques. Concrètement, les cantines des écoles publiques, hôpitaux et des services administrés par l’Etat, devront – pour soutenir la filière viande – cuisiner les légumes dans des bouillons et jus de viande. Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation justifie cette mesure en considérant que « les parents n’ont pas à imposer leur régime alimentaire à leurs enfants, au risque de carences qui devront nécessiter des prises en charge supplémentaires par la santé publique ». Les communautés végétariennes de Santogne et les maraîchers sont évidemment furieux par l’adoption d’un tel amendement liberticide et feront cause commune pour porter l’affaire jusqu’à la Cour Suprême. La mesure ne s’appliquera que pour les administrations publiques, mais elles concerneront une large majorité d’enfants qui, selon le ministère, sont « les meilleurs ambassadeurs de la filière viande dans chaque foyer ».[/justify]
[/justify]
Posté : ven. juin 14, 2019 4:56 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
11 mai 2039
Des fraises produites dans des conteneurs en pleine ville pour relancer la filière
[img]https://i.imgur.com/vyfFB0i.png[/img]
Les conteneurs sont conçus et proposés en leasing par Kestdomo[/center]
Loin de la mer, à l’entrée du Parc des Ascas à Forcastel, les badauds font une étrange rencontre qui ne trompe personne malgré son revêtement en bois pour le fondre un peu plus dans le paysage. Des conteneurs maritimes réhabilités en incubateurs de fraises proposent des fruits en affichant leurs promesses : « Zéro pesticide, zéro pollution, zéro OGM, zéro transport » et ce à quelques mètres d’une artère très fréquentée par les automobilistes. À l’intérieur, poussent des fraises dans des substrats hors-sol, en système goutte-à-goutte, sous un concert de leds basse consommation qui reproduisent artificiellement le cycle jour/nuit. Non loin de là, abeilles et bourdons se faufilent à travers une minuscule entrée pour faciliter la pollinisation. Pour Brice Galopin, le maraîcher à l’origine du concept – informaticien de formation, qui n’a jamais mis un pied dans une école d’agronomie et qui s’est formé sur le tas – « l’agriculture urbaine est une voie d’avenir pour renouer le citadin avec le contact de la terre mais celle-ci se confronte à des contraintes réglementaires ». Le jeune homme insiste en effet : « l’agriculture urbaine ne peut être que biologique parce qu’il est évidemment impensable de répandre des pesticides dans des zones à forte densité résidentielle. D’ailleurs, il est de plus en plus sain – malgré toute la pollution occasionnée par le trafic automobile – de vivre en ville plutôt dans des campagnes chimiques ! ». Pour autant, une telle culture est sujette à son environnement, incontrôlable et c’est là qu’intervient le conteneur. Modulable mais surtout imperméable, ce dispositif a été conçu pour être garantir la marchandise contenue à l’intérieur de toutes variations de température, de précipitations, de pression, d’humidité… Une agriculture en vase clos se dessine donc dans à peine vingt pieds.
Une contenance qui peut paraître dérisoire mais le moindre centimètre carré est exploité. Brice Galopin table ainsi sur une production optimale de 7 tonnes de fraises par an, soit l’équivalent de 4 000 m², c’est-à-dire pas moins de 400 hectares. Ce circuit fermé permet en outre d’économiser 80 % d’eau par rapport à une culture sous serre conventionnelle. Autre avantage et non des moindres : le lieu de production et le lieu de consommation ne font qu’un, réduisant le transport à quelques navettes électriques au sein de la ville en lieu et place des poids lourds qui viennent approvisionner les grossistes. Mais est-ce pour autant une solution pour répondre à la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352539#p352539]crise de la filière fraise[/url] ? Rien n’est moins sûr : l’investissement reste très important et nécessite tout un système informatique pour synthétiser correctement les cycles et l’irrigation naturels. Sans parler du conteneur, qui constitue le principal poste de dépense. Dans le cas de Brice Galopin, c’est la société amarantine [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=316636#p316636]Kestdomo[/url] qui lui a fourni son outil de travail. Spécialisée dans la conception d’habitats à base de conteneurs maritimes, la coopérative s’est élargie aux locaux professionnels : des bureaux tout d’abord et plus récemment des mini-serres. Le prix d’un conteneur restant élevé, Kestdomo propose en effet d’en acquérir par « crédit-bail » (leasing), une solution idéale pour Brice Galopin qui partait avec un capital assez modeste. Cette initiative témoigne par ailleurs de l’intensification des échanges entre la Santogne et l’Amarantie et de la bilatéralité de ces échanges : la Santogne a déjà fait de l’Alilée amarantine son atelier secondaire de satellites pour le compte d’Orbis Communications.
[right]Tibotz Casaban[/right][/justify]
Posté : dim. juin 16, 2019 9:43 pm
par Sébaldie
- [justify][center]18 mai 2039[/center]
[img]https://i.imgur.com/MHmvEzD.png[/img] | La mode de la fraude rhabille le Parti populaire pour l’automne électoral
[justify]La semaine dernière, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1292&t=17024&p=352521#p352521]Patrice Mallet[/url] gagnait l’élection à la présidence du Parti populaire. Ce partisan d’une droite décomplexée est accusé par le camp de son adversaire, Maxence Bombelles, d’avoir organisé une campagne de fraude pour assurer son élection. Rappelons d’ailleurs qu’il y a six ans, Maxence Bombelles a lui-même été accusé de fraude pour assurer son élection. Le camp Bombelles, cette fois-ci, ne se montre plus indulgent. En cause, de fâcheuses ou plutôt dirons-nous de faucheuses signatures ont attiré leur attention : une liste d’électeurs morts qui, d’outre-tombe, ont pu participer au scrutin interne du parti, a ainsi été présentée. En réalité, le Parti a perdu près de 40 % de ses militants depuis 2033 et Maxence Bombelles lui-même menace de soutenir Inès Teysseire pour les élections d’octobre. [/justify]
[img]https://i.imgur.com/gfV4u5p.png[/img] | Une vidéo de réaction à une vidéo de réaction à une vidéo d’unboxing en tête des vues sur InVivo en Santogne
[justify]« Si tu veux avoir du trafic sur ta chaîne, ne t’emmerde pas avec le scénario et la mise en scène : assis-toi sur un canapé et filme-toi en train de manger des bonbons qui puent autant que le fond d’un pantalon d’un manouche valdaque ! ». Le conseil avisé vient de la chaîne InVidoWeTrust, qui enseigne aux vidéastes amateurs comment accroître son audience sur la célèbre plateforme de partage. Cette vérité semble s’être confirmée pour le mois d’avril. En tête des vues en Santogne, Tobias Konongo, « roi de la sape » d’origine makengaise, reconnaissable par son iconique nœud papillon jaune, a diffusé une vidéo – vue 1.3 millions de fois - dans laquelle il réagit caustiquement à la vidéo de la réaction d’un Santognais – vue 900 000 fois - qui lui-même se filme en train de réagir à un Makengais aisé diffusant une vidéo de lui – vue 450 000 fois – recevant de Santogne un colis de cravates de la marque de luxe Contrance. Une mise en abîme d’autant plus lucrative qu’elle a été sponsorisée par la marque elle-même, qui compte bien faire des Makengais ses « influenceurs » prioritaires.[/justify]
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Posté : mer. juin 26, 2019 9:24 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
18 juin 2039
Les attentats en Ennis auraient-ils pu être évités ?
[img]https://i.imgur.com/1C0Zd88.png[/img]
Les bougies « trèfles » ont été très prisées par la communauté ennissoise
Installée en Santogne pour rendre hommage aux victimes des attentats du 4 juin[/center]
Les attentats qui ont meurtri la République fédérale d’Ennis le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352809#p352809]4 juin dernier[/url], ont été perpétrés et revendiqués par l'Arm Gaelach Réabhlóideach, la branche communiste sécessionniste de l’IRA, qui n’a pas survécu à ce départ. Si la plupart des membres du gouvernement ont trouvé la mort au matin de ce 4 juin, l’ironie de l’histoire veut que Ruad Mac Anraí, le ministre controversé de l’Intérieur, porteur du projet d’interdiction des organisations communistes en Ennis par lequel tout a commencé, aurait survécu à l’attentat même si ses jours restent en danger. Les sympathisants communistes, qui ne pleureront les victimes, n’ont ainsi pas eu entier gain de cause. Exceptionnelle, la situation exige des dispositions toutes aussi exceptionnelles et c’est par la main de fer de l’Amiral Lúi Ó Móráin que l’Ennis est aujourd’hui dirigé, enfermant le pays dans une parenthèse militaire autoritaire, le temps de la purge. Les attentats auraient-ils pu seulement être évités ? Pour Stéphane Lazard, spécialisé dans les relations ennisso-santognaises, la réponse est clairement oui : « L’interdiction du parti communiste ennissois ne fut pas une décision intelligente, en ce sens où elle a renforcé l’opposition, l’a élargie à tous les défenseurs des libertés civiles et lui a donné un caractère protéiforme. L’interdiction a légitimé l’idée, chère aux communistes, que la démocratie représentative est un leurre bourgeois et qu’il faut privilégier d’autres formes de contestation. L'Arm Gaelach Réabhlóideach a trouvé la sienne ». Pour Stéphane Lazard, le gouvernement a donc empiré la situation : plutôt que d’institutionnaliser l’opposition communiste à la Dáil Iniseann (chambre basse du Parlement ennissois), et ainsi la rendre malléable, il l’a rendue clandestine, la rendant bien plus incontrôlable. La Santogne avait en septembre 2038 [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349292#p349292]marqué ses distances[/url] avec l’Ennis à ce sujet et pour cause : la Ligue du Renouveau, qui pourtant n’a jamais porté dans son cœur l’Alliance pour le pouvoir populaire – qui est de tous les partis parlementaires le moins hostile aux idées communistes – a préféré le combattre… en faisant de lui son partenaire de coalition. Les sondages montrent d’ailleurs que la Ligue a réussi son pari. Aussi, l’Ennis aurait-elle pu affaiblir l’opposition communiste en lui proposant des responsabilités, ce qui l’aurait décrédibilisée et tuée in fine.
Les attentats auraient-ils pu ensuite être évités par une meilleure collaboration au sein de la CND ? Pas si sûr puisque, en dehors du Jernland qui a anéanti toute opposition communiste, le drapeau rouge ne trouve des porte-étendards notables qu’en Valdaquie. Le mouvement communiste n’a pas réussi à s’installer dans le paysage politique lorthonien, tandis qu’en Santogne, il est également sur le déclin. Electoralement, en Santogne, les communistes sont d’une part captés par les mouvements « populistes » et d’autre part découragés par la « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349553#p349553]crainte de la dernière place[/url] ». Les ramifications ne sont ainsi pas nombreuses et les mouvements trop peu connectés entre eux pour qu’un échange d’informations au sein de la CND entre services de renseignements aurait permis d’éviter le pire. De plus, si la Communauté est une organisation efficace pour se prémunir des menaces extérieures, elle reste un outil lacunaire de lutte contre les ennemis intérieurs. L’idée d’une police communautaire fait ainsi son chemin parmi les plus grands partisans de la CND, qui permettrait par exemple à un pays membre de faire appel aux forces de l’ordre d’un autre pays membre pour l’aider à mater des émeutes. « C’est très déstabilisant pour un policier ennissois d’ouvrir le feu contre un de ses compatriotes, qui est potentiellement son cousin éloigné, avec les mêmes idées politiques… Par contre, un policier santognais ou lorthonien aurait moins de scrupules. Il ne ferait que ce qu’on attend de lui : exécuter les ordres sans philosopher. » confesse un député conservateur, partisan de la création d’une police communautaire complémentaire. Sa position ne fait pourtant pas l’unanimité au sein de son parti, d’autres députés plaident eux aussi pour l’interdiction des partis communistes et plus largement de tous ceux qui « remettent en cause la légitimité de l’économie de marché, qui est notre bien commun et artisane de la paix ». Patrice Mallet, président du Parti populaire, commente d’ailleurs les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352924#p352924]déclarations venues de l’Asdriche[/url] : « Je ne veux pas finir comme le chancelier Sturdrof, réduit à prononcer des lieux communs sur la démocratie, la paix et la neutralité que l’Histoire oubliera. Ce n’est pas l’image que je me fais d’un chef d’Etat. ».
[right]Léon Beaugendre[/right][/justify]
Posté : jeu. juin 27, 2019 4:39 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/kEbcwxN.png[/img]
21 juin 2039
Le plan secret de la Santogne pour vaincre la beaufitude de ses soldats
[img]https://i.imgur.com/CMBLR57.png[/img]
Illustration : Photo de soldats santognais prise à l’aéroport de Zweifuss avant sa reprise
par les troupes du Gänsernberg[/center]
En marge du conflit en Hohengraf, une note interne aurait circulé pour enjoindre les sergents et autres officiers à « repérer et traiter les situations témoignant d’exiguïté des esprits ». Derrière le vocable à moitié bureaucratique et à moitié mystique, mais à coup sûr pédant, la note venant du ministère des Armées demande de recadrer les beaufs qui peuplent les rangs des soldats santognais. L’intention est à peine cachée, comme en témoigne anonymement un haut-fonctionnaire – que nous baptiserons Romieg, travaillant pour le ministère : « Imaginez seulement : vous avez 18 ans, vous avez déjà un fusil d’assaut entre les mains et un droit de tuer n’importe qui, il y a de quoi se croire invincible, arrogant et suffisant ! ». En Santogne, l’abolition de la conscription a installé des soldats de carrière, qui sont souvent – au moins pour les chairs à canon en bas de la hiérarchie – des rebuts de la société, incapables de se trouver une voie ailleurs, une situation que déplore le haut-fonctionnaire : « Aujourd’hui, l’armée est faite de branleurs qui reçoivent des ordres d’une part et de hauts-fonctionnaires péteux sortis d’écoles de sciences politiques qui croient refaire le monde en lisant des cartes et je le sais d’autant plus que j’en fais partie ! ». Pour lui, le service militaire avait, à l’inverse, créé une certaine hétérogénéité dans les profils, qui permettait les recrutements internes et des compétences plus variées, sacrifiées sur l’autel de l’hyper-spécialisation. Quant au bas de l’échelle, la camaraderie aurait été remplacée par la beaufitude. La note interne précise ainsi des « traits caractéristiques » et demande très sérieusement une attention toute particulière aux soldats dont les prénoms ne dépassent pas trois lettres ou répondent au nom de Dylan, Kévin, Matthias, Kylian, Marvin et autres Logan. Sont également ciblés les gourmettes en argent plaqué, les tatouages immortalisant le prénom des concubines ou rendant hommage à un « ange parti trop tôt ». Le ministère met en garde contre l’organisation trop récurrente de barbecues, une injonction d’autant plus importante en Gänsernberg : « Officiellement, on est venus au Gänsernberg pour éteindre le feu… et l’une des premières choses que feraient nos soldats serait de griller des merguez ? Non, ça ne va pas du tout, il faut soigner notre image ! » nous avoue Romieg.
« Si jamais on devait envahir et occuper un pays, le Caskar par exemple, il est nécessaire que nos soldats renvoient une bonne image d’eux-mêmes au reste de la population car à travers eux, c’est l’image du pays occupant qui est véhiculé. Vous connaissez le syndrome de Stockholm ? Dans les pays qu’on occupe militaire, les civils doivent tomber amoureux de nos soldats, c’est une évidence et il faut tout faire pour y parvenir car c’est grâce à ça qu’on gagnera nos guerres futures. » détaille le haut-fonctionnaire qui a participé à la note interne. Pour y remédier, des cours de bienséance et de culture générale sont prodigués aux soldats sur leur temps libre, qui ont pu exercer leurs talents en Hohengraf, en assénant les civils de « Wie geht es dir ? », qu’ils ont particulièrement apprécié. « Allez leur expliquer que le Gänsernberg et le Caskar, qui nous a déclaré la guerre, reposent sur des structures matriarcales… ils vous diront que ce sont des pays de tapettes, il faut absolument travailler sur ces mentalités. Mais je suis confiante, de grandes avancées ont été réalisées. » se félicite Romieg. Pour autant, l’existence d’une telle note a été démentie officiellement par le ministère des Armées, tandis que le chef de file des Dégagistes, Adam Moysset, l’a qualifiée de « honteuse et castratrice ».
[right]Matthieu Bozonnet[/right][/justify]
Posté : ven. juin 28, 2019 10:57 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
25 juin 2039
Des militants vent debout contre des éoliennes
[img]https://i.imgur.com/CQyE74z.png[/img]
Illustration : une éolienne à Auteribes[/center]
Dans le bourg du Jambon, à une demi-heure de Brunemonge, un agriculteur a retrouvé dans son champ les palmes d’une éolienne installée en aval. Le moulin à vent moderne qui surplombait son exploitation, a été sérieusement saboté. En haut du mât de 80 mètres, la structure a été déboulonnée et la base tagguée avec les mêmes inscriptions : « Pas avec notre argent », « MOCHE » ou « Moulin à cancer », ce qui résume parfaitement le front anti-éolien qui se dessine voilà maintenant plusieurs années, ravivée par la crise économique. Pourtant, le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352254#p352254]mix énergétique[/url] de la Santogne cède peu de place à l’éolien, jugé trop peu rentable et le pays est loin d’avoir développé un parc capable d’alimenter ne serait-ce 1 % de la population. Les éoliennes santognaises ont ainsi été construites à l’initiative de très petites municipalités bien exposées qui entendaient assurer leur indépendance électrique mais la facture s’est souvent révélée bien plus salée que prévu, de quoi créer de nombreuses crispations. Même s’il ne pourra réaliser l’épandage de son champ ce matin comme convenu, Georges, l’agriculteur sexagénaire qui a retrouvé les palmes s’est dit heureux de cette initiative. Pour lui, la tumeur au cerveau de sa femme s’est développée sous l’effet des infrasons produites par cette éolienne, une intime conviction à laquelle il ne démord pas en dépit des études qui prouvent la probable inoffensivité de l’infrastructure. S’il n’a pas participé lui-même au sabotage – qui coûtera près de 300 000 pistoles à la municipalité – les actions militantes sont régulières, à tel point que certains parlementaires appellent le gouvernement à les qualifier d’actions terroristes. « Ce qui est excessif est insignifiant » s’est contenté de rappeler le ministère de l’Energie, déboutant ainsi de leur requête les députés.
Jugées bruyantes, dangereuses, laides, chères et meurtrières pour les oiseaux, les arguments des opposants sont nombreux et passent en boucle sur la plateforme de vidéos InVido et sur le réseau social PiouPiou. Quant au gouvernement, la riposte est timide puisque les partis de l’actuelle coalition se sont fait élire sur les voix des anti-éoliens, y compris l’Alliance pour le pouvoir populaire qui s’affiche comme un mouvement écologiste mais qui voient derrière le développement – pourtant modeste - des éoliennes « un projet cynique fomenté par l’industrie des énergies fossiles pour discréditer l’énergie verte ». Le Vice-Premier ministre Martial Vallotton en avait d’ailleurs fait un axe de campagne : « Soit c’est les éoliennes, soit c’est le déploiement de la 3G partout en Santogne », arguant que les éoliennes brouillent le réseau Internet mobile. Dans un pays où la fracture numérique est encore importante – avec la présence de nombreuses zones blanches – en dépit du meilleur parc satellitaire au monde, l’argument a fait mouche même s’il s’arrange avec la vérité. Le Parti populaire, premier parti chez les traditionalistes, voit quant à lui à travers la forme des palmes un pentacle diabolique et a largement usé de cette imagerie dans ses campagnes. La Fédération des Ecologistes, créditée d’environ 4 % aux prochaines élections, dit déplorer cette « croisade hystérique » et notamment le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352899#p352899]rejet récent par référendum[/url] par les habitants de la région d’Asélie, en Asdriche, d’un parc éolien sur le mont Sankt Brems malgré son haut potentiel éolien. Un résultat qui déprime les écologistes les plus radicaux : « L’heure n’est plus à la pédagogie et l’exemple asdriche montre que la démocratie référendaire n’est pas la voie à suivre, car elle donne de la voix aux vieux cons conservateurs réfractaires aux moindres changements nécessaires. Ils ne doivent pas participer au processus de décision car ils n’y connaissent rien et ne voient pas plus loin que le nombril de leur gros bide. La transition devra se faire, avec ou sans le consentement des populations, avec des fusils s’il le faut ! C’est une question de survie ! » témoigne Adrien, jeune quadragénaire qui vient d’installer des toilettes sèches chez lui. Une instruction judiciaire a néanmoins été ouverte pour retrouver les saboteurs mais sans l’intervention du parquet, celle-ci devrait être assez laborieuse.
[right]Etienne Bossuet[/right][/justify]