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Posté : jeu. mars 15, 2018 7:30 pm
par Zaldora
[justify]Complots et intrigues (6).
15 août 2035,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/11/o83y.png[/img]
Le château de Frueborg abrite de nombreux petits couloirs isolés comme celui-ci,
ainsi que des portes-dérobées donnant sur des passages secrets...
Pour un intrus, il est facile de ne pas s'y faire remarquer.[/center]
Au mois d'août de l'an de grâce 2035, Sa Majesté vivait avec son clan au château de Frueborg et semblait peu encline à retourner un jour à son domaine de Sankt-Olaf, dans la banlieue rurale de Jensgård. Après avoir assisté aux célébrations de l'Assomption, et à ses impressionnants cortèges jonchés de bannières mariales, Marie passa l'après-midi sur sa cathèdre à arbitrer les querelles des vassaux du domaine, mais aussi celles des paysans, pas moins nombreuses. Une de ces affaires l'obligea à des chefs-d’œuvres de conciliation : le verrat d'un paysan s'était introduit dans la porcherie d'un autre et quatre mois plus tard, la truie de celui-ci donna naissance à dix porcelets. Le Nœud gordien était de savoir à qui appartenaient les petits. La solution la plus simple aurait été de confisquer les pourceaux, mais la Reine ne trouva pas cela très juste. Au final, elle convainquit les querelleurs de se partager équitablement la portée selon la taille de leur famille. Ils partirent réconciliés et promirent d'offrir à la Dame les plus belles pièces de porc en guise de remerciements.
Les rangs de la Grand'Salle étaient à ce moment plutôt clairsemés, dans la mesure où la majorité des membres du clan s’affairait aux travaux estivaux de la terre. De fait, l'ambiance y était plus calme que durant la saison morte où la pièce se retrouvait constellée de courtisans et de parents entrain de jouer aux cartes, de boire, de se curer les dents au poignard, de parler des filles ou des garçons, de raconter des histoires farfelues ou de s'entrainer à l'épée. Marie eu soif et par chance trouva son hanap remplit à ras-bord. Où était l'échanson, au fait ? En un battement de cil, une ombre déboula et lui arracha la coupe des mains qui vola loin d'elle.
« Goda1, tu ne dois surtout pas boire icelui hydromel ! En as-tu bu ?
– Non, mais pourquoi ? s'enquit la suzeraine.
– C'est l'échanson, poursuivit Afkar, il a la chiasse du siècle, de terribles fluxions de ventre et glaire du vert.
– Du poison, c'est surement de l'arsenic, prédit l'oncle Jens en dégainant son glaive.
– Emmenez l'échanson à l'Hostel-Dieu, vite ! pressa la Reine
– Tout de suite, Goda.
– C'est peut estre qu'une simple maladie ? tenta un cousin.
– Quand celui qui goûte les plats et les boissons tombe subitement malade, c'est toujours suspect. Le garçon ne montroit aucun signe, avant d'avaler l'hydromel. Ce n'est pas une coïncidence mais une tentative d'empoisonnement.
– Oncle, je te charge de l'enqueste : si quelqu'un a voulut m'empoisonner, il faut lui mettre la main dessus, décida la Reine.
– Compte sur moi petite Marie, le coupable est un homme mort !
– N'empêche, tuer Marie le jour de l'Assomption ne manque pas d'ironie ! ajouta Finulf, un paysan du clan un peu feignant et toujours prompt à chercher le bon mot.
– Pour la peine, tu seras le nouvel échanson de Sa Majesté... au péril de ta vie, s'il le faut ! » ordonna l'oncle Jens.
Le niveau de complot venait de monter d'un cran. Cette tentative d'assassinat était le plus sérieux avertissement depuis le jour où [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=310945#p310945]on trouva une amulette porte-malheur dans le berceau de la première fille de Sa Majesté, il y a deux ans[/url]. Des gens en voulaient à la Reine mais qui exactement ? Les coupables potentiels ne manquaient pas et la conjuration se cachait probablement derrière d’innombrables prêtes-noms et d'inextricables manœuvres souterraines. Le clan royal ne voulait vraisemblablement pas faire confiance aux services-secrets et allait intriguer lui-même pour retrouver les auteurs. Le mystère devait se résoudre rapidement sous peine de n'avoir pas autant de bonne fortune la prochaine fois...
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1 Gode [masculin], Goda [féminin]. A l'origine, le mot renvoyait à un chef ou à une cheftaine de clan qui disposait de responsabilités politiques et religieuses (paganisme). Avec le temps, le terme finit par désigner tout chef de clan, quel qu'il soit. Suivant une autre évolution, il devint aussi synonyme de Père (gode) et de Mère (goda). Dans le contexte de l'histoire ci-dessus, le mot signifie « Cheftaine ».[/justify]
Posté : sam. mars 17, 2018 9:24 pm
par Zaldora
[justify]Au cœur du Thorval (4).
21 août 2035,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les premières pages des grands journaux (Cf Presse et Actualité), elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/19/09/s376.png[/img][/center]
- Abandonnée au début du siècle, la forteresse de Defsletten (ci-dessus) était, depuis dix-huit lunes, impunément occupé par le brigand Oddger Hugtænder, qui l'avait transformé en véritable repère de pillards, lieu de rassemblement et de repos pour tout ce que le Duché de Mølleåen comptait de bandits, de coupes-bourses, de routiers (mercenaires) et d'écorcheurs. C'était de ce château, protégé par de puissantes murailles, que le chef des malfaiteurs partait en expédition avec ses congénères dans l'espoir de trouver quelqu'un à détrousser. Les premières victimes étaient logiquement les marchands ambulants, suivit des prêtres, et jusqu'à certaines abbayes de la région comme l'Abbaye Saint-Mikkel Archange de Blåsø ! La Duchesse Helle de Mølleåen avait décidé qu'il était grand temps d'envoyer Oddger et les tas-de-boues qui le suivaient rencontrer leurs Créateur ! Elle venait à ce titre de convoquer le ban et l'arrière ban, et s'apprêtait à assiéger la forteresse des voleurs. La Dame allait toutefois devoir agir rapidement car le service d'ost se terminait dans quarante jours et elle risquait alors d'assister au départ de la moitié de son armée. Sans les troupes de vassaux, le siège était intenable.
- La Bondeting du village de Høslet a décidé de remettre en culture une parcelle abandonnée depuis trente ans. Avant la friche, elle servait à faire pousser du lin qui était ensuite revendu dans les villes du nord. Le nouveau champs ne sera, lui non plus, pas à vocation alimentaire, du moins pas à proprement parlé. En effet, la rotation triennale accueillera une sole de jachère, une autre d'orge de printemps et la dernière d'orge d'hiver. Les dites céréales serviront à soutenir la production brassicole du pays local, Kæmperland. Les bières confectionnées au Thorval étaient artisanales et non filtrées, très nourrissantes.
- La carrière de l'affreux coupe-gorge Frederik Beskidtemund (« Sale Gueule ») prit fin aujourd'hui, peu après l'Angelus, quand son corps fut transpercé de flèches tirées par les gardes-champêtres lancés à sa poursuite. Des années d'incertitude et de peur se terminaient, au grand soulagement des paysans du Frielandet. Le criminel ne manquera à personne et sa dépouille a été laissée au joyeux festin des corbeaux ! [/justify]
Posté : mer. mars 21, 2018 3:01 pm
par Zaldora
[justify]Scimus (1).
?????,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/12/kxb1.png[/img]
Un espion dans le Couvent des services secrets.
Les membres portaient le froc et la calotte, sans être moine.
Loin de là même... [/center]
Le Hvisker Orden (« Ordre des Murmureurs ») était une confrérie d'espions au service de Sa Majesté. L'envers du décors montrait en revanche une société hors de contrôle, ne rendant de compte à personne – bien qu'elle le doivent officiellement – et qui suivait ses propres intérêts. Rompue à l'espionnage, la collecte d'informations et aux machinations les plus diverses, l'institution était la plus secrète au monde. Ses individus, ses réunions, ses intrigues, ses filatures et son Couvent n'existaient pas. De tangible, il n'y avait que ses Archives, remplit des informations recueillit au cours des huit derniers siècles. Ainsi que l'emblème et une énigmatique devise « SCIMUS », du latin « Nous savons ». Personne n'était à abri, les murs avaient plus que jamais des oreilles.
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Les membres s'étaient assemblés au Couvent, à l'appel de Træegern, le Murmureur supérieur. L'absence, parmi les frocs blancs, du Grand Chambellan Poul VIII de Højgård, pourtant Grand Maitre de l'ordre, montrait à ceux qui en doutaient encore que sa haute position était inversement proportionnelle à son influence.
« Frères, nous avons réussi à obtenir un sceau royal quasi-parfait. Il nous permettra d'envoyer des lettres à la place de Sa Majesté et d'ouvrir ses plis sans éveiller le moindre soupçon. Parmi les Grands, c'est le dernier qui nous manquoit. Nous sommes la véritable force dans ces pays que l'on nomme Thorval et nous faisons la pluie et le beau temps. La prochaine fois, nous déciderons s'il est dans l'intérêt de la confrérie de rejoindre la conjuration des Chevaliers de l’Épée. Pour l'heure, mes Frères, vous n'avez rien vu et rien entendu, nous ne nous sommes jamais rencontrés. SCIMUS.
SCIMUS ! »
Le clan royal se méfiait de ses services secrets, à raison. Mais était loin de s'imaginer du danger que ces derniers représentaient.
[/justify]
Posté : jeu. mars 22, 2018 2:06 pm
par Zaldora
[justify]Au cœur du Thorval (5).
3 septembre 2035,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/18/12/iav1.png[/img]
Un moulin dans le pays de Fruehøj.[/center]
- Les grands travaux agricoles d'été étaient fini et en ce mois de septembre, juste avant les fêtes, parassaient les verdicts concernant les moissons de 2035 A-D. Le sentiment général des paysans se situait dans une certaine satisfaction mais sans trop d'euphorie vu les différences qui pouvaient exister entre régions. En effet, après retraits des semences, le rendement des blés oscillaient, selon les pays, entre 16,20 et 21,60 Hvedetønde par deux Tøndeland, ce qui dans le système de mesure international correspondait à 10,5 et 14 quintaux par hectare. Pour ceux approchant le bas de la fourchette, l'été aura été maussade comme en 2033. Les autres, près de la haute fourchette, pouvaient eux parler de bonnes moissons. L'explosion du Stor Jørgen n'aura finalement pas eu d'effets catastrophiques, quoique perceptibles. Le froid de l'automne aura permit une bonne vernalisation du blé d'hiver mais pas optimale, d'où certains résultats inférieurs à la normale. Quant aux Mars, ils avaient grosso-modo bien germé, évitant sans doute une situation plus inconfortable chez les provinces moins loties tel le Duché de Skovegård. Étonnamment, les files de charrettes devant les moulins furent assez calmes et on ne dénombrait que peu de querelles avec les meuniers, en dépit de leur mauvais réputation.
- Alors que le grain entrait dans les greniers claniques et que l'automne se profilait, la transhumance d'automne voyait des troupeaux de vaches, de moutons et de chèvres redescendre des massifs Helligebjergenais ou elles avaient passé les derniers mois à brouter l'herbe des hauts pâturages, que ce soit dans les forêts ou sur les alpages à proprement parler. Les sentiers et les chemins étaient saturés de bêtes, empêchant presque toute autre circulation, occasionnant même quelques accidents avec des charrettes trop véloces. [/justify]
Posté : sam. mars 24, 2018 4:04 pm
par Zaldora
[justify]Complots et intrigues (7).
11 septembre 2035,
[center][img]https://zupimages.net/up/19/04/v9be.png[/img]
Les cuisines du château de Sa Majesté.[/center]
Une certaine paranoïa rythmait la vie au château depuis l'Assomption, jour fatidique où la Reine fut à un cheveux de l'empoisonnement. Qui sait dans quel « chaos des Grands Barons » le royaume serait tombé si le coup des conjurés n'avait pas été empêché in extremis par le bon Afkar, de basse extraction, mais adopté, lui et les siens, par le clan royal ? Le héros ne portait pas de pourpoint richement brodé mais une épaisse tunique de laine verte. C'était un petit qui, pour sa bravoure et sa dévotion, était monté en grade. N'offrant pas sa foi à l'Ordre des Murmureurs (services secrets), cloaque de gens bizarres et de démons, Marie confia les recherches à son oncle Jens, qu'elle aimait autant que son défunt père. Ils s'étaient réunis aujourd'hui dans les cuisines du manoir, non sans avoir au préalable demandé aux servants de sortir. En ces temps troubles, même eux pouvaient constituer un danger. La nièce et son oncle discutaient à voix basse près de l'âtre, indispensable du foyer, où un ragoût de Torgarlandet (gastronomie d'un des pays locaux du domaine royal) cuisait lentement dans une marmite.
« Grâce à mes réseaux, ma clientèle et d'autres relations personnelles1, j'ai pu mesttre à jour une société de conjurés dont le but est d'abolir le trône pour régner collégialement dans une sorte de république traditionnelle aristocratique. Elle est extrêmement prudente et discrète, c'est heureux d'avoir pu la découvrir.
– L'as penses-tu coupable ? demanda Marie.
– Pour moi, cela ne fait aucun doute. Mes fidèles me rapportent des gens très déterminés.
– De puissantes forces mauvaises sont à l’œuvre, c'est terrible ! larmoya soudainement Marie.
– Ne t'inquiète pas petite Marie, dit-il en la prenant dans les bras, je suis là.
– As-tu les noms de certains comploteurs ?
– Non, hélas pas encore. Mais ça viendra, je te le jure sur mon épée. Il y a des Aigles de Sang qui viendront !
– L'icelle pratique, je la croie abolit depuis deux siècles ? amena la suzeraine en séchant ses larmes.
– Qui sait ce qui se passe dans les coins reclus des régions recluses. Ne te rend pas malade, nous les traquerons jusqu'aux latrines et les massacrerons un par un ! »
La scène révéla, si besoin, à quel point Sa Majesté pouvait être naïve et fragile. Les difficultés de sa position l'a dépassaient complètement. Heureusement, son clan l'entourait, la conseillait et la soutenait, sinon son règne aurait été encore plus chaotique et un véritable désastre face à des vassaux puissants et intrigueurs.
1 C'est ainsi que les choses fonctionnent au Thorval : les rapports d'homme à homme, les fidélités personnelles et les réseaux. La bureaucratie est inexistante. Et sur le plan international, les traités sont absolument sans objet si on n'entretient pas des liens humains avec le camps en face. D'où la quasi-absence d'échanges avec le Vonalya en dépit d'un Accord diplomatique en bonne et dû forme.
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A quelques lieues de là...
Le comte Ragnar III retira sa capuche et passa le palier de l'auberge. Le Grand était loin de chez lui et n'était pas le plus à l'aise. A l'intérieur se trouvait Karl, le maitre-espion des Chevaliers de l'Épée, munit de son air satisfait, mielleux, doucereux et béât. Le lieu dégageait une atmosphère lugubre, lourde et oppressante, comme si la Mort l'avait envahie. Mauvais présage, un bieeeeen mauvais présage...
« Alors c'est ici ?
– Oui Sire, fit mièvrement le rusé, sous peu l'icelle pièce sera le paradis du fumier. Des quantités interminables de lisiers. Partout.
– Où est l'aubergiste ? Et comment feras-tu pour que personne n'approche ? posa le Seigneur.
– Les propriétaires ont détalé contre une bourse pleine de pièces sonnantes et trébuchantes. Quant aux fouineurs, je ferois courir des histoires de Skrømt, ça suffira.
– Quand aura lieu l'assassinat ?
– Pas tout de suite, Sire, Sa Majesté est trop méfiante pour le moment. Laissons là en paix, elle baissera sa garde et reprendra ses habitudes. Le gaz aura alors eu tout le temps pour saturer la pièce. Et un prochain Gudsfredag (« jeudi »), tandis que le carrosse de la victime sacrificielle passera devant l'auberge, un archer décochera une flèche enflammée et...
– BOUM ! lança Ragnar III.
– Exactement, Vostre Grâce, n'est-ce pas grisant ?
– Ne te rate pas. Si Dieu le veut, mes Pairs et moi gouvernerons bientôt le pays, et ça apprendra à l'icelle petite saute de prendre mon fils en otage !
– Sire, ne l'a-t-elle pas simplement inviter dans sa garde ? précisa l’écuyer du Comte.
– Tu es jeune, Bjørn. Et tu ne deviendras jamais une ombre insaisissable sans m'écouter » rétorqua Ragnar III devant le sourire niait et flagorneur de Karl, le maitre-espion, qui conclut qu'un gros tas de fumier était l’innocence même et que son transport n'aurait su éveiller le moindre soupçon...[/justify]
Posté : lun. mars 26, 2018 11:47 am
par Zaldora
[justify]Au cœur du Thorval (6).
17 septembre 2035,
Le cœur de Thorval se situe dans ses campagnes et ses châteaux, tandis que les villes, en dépit de leur prestige, n'en sont que des places secondaires. Contrairement à la vision idyllique, pleine de douceur et de sérénité, la vie paysanne n'est pas de tout repos, elle est même rude et exigeante. Aussi, les milieux ruraux ne sont pas ces endroits de paix éternelle mais des lieux bouillonnant de vie où les confusions, les bruits, les conflits et l'agitation sont rois. Derrière ces taches sombres se cachent toutefois un véritable artisanat rural et d'importants épicentres de développement culturel et intellectuel par les monastères, les abbayes et les écoles abbatiales.
La vie rurale étant trop localisée pour intéresser les bourgeois, elle sera relatée ici :
[center][img]https://zupimages.net/up/18/13/ls2x.png[/img]
L'Abbaye territoriale Saint Kjeld de Skovegård, au cœur de la campagne Skovegårdaise.
L'architecture gothique au Thorval est aussi bien de pierre 1 que de briques.[/center]
- Alors que les travaux d'automne se profilaient à l'horizon, l'abbé mitré Kristian Ingering, de l'Abbaye territoriale Saint Kjeld de Skovegård, choisit d'organiser une procession des reliques du dit saint afin que les semailles de blé d'hiver se déroulent sans problème et que la moisson prochaine soit aussi abondante que possible. La nouvelle célébration venait se greffer aux jours des Rogations qui se tenaient chaque année les 37e, 38e et 39e jours après Pâques. Il s'agissait de chasser les puissances infernales des territoires ruraux et de bénir les champs. Le premier jour, les prières, bénédictions et gestes de purification étaient réservés aux prés, le deuxième aux blés et le troisième aux vergers ou à toute autre culture secondaire. On y voyait les villageois effectuer le tour du finage en procession.
- Les récoltes de pommes de terre étaient bonnes, en tous cas bien supérieures à celle de 2033 où les plants du sud avait été grignotés par la limace grise. Commencées au début du mois, elle se poursuivront jusqu'à la première semaine d'octobre. En effet, les variétés paysannes (plus d'une centaine) plantées au Thorval étaient tardives car destinées à être conservées. On ne les cueillait que lorsque les feuilles fanaient, jamais avant. La pomme de terre était devenue le deuxième pilier alimentaire, à égalité avec le pois cassé, légumineuse traditionnelle de ces contrées. Pourtant, les paysans mirent du temps à se faire aux patates et ne les acceptèrent qu'en 2001. Le pois cassé garda néanmoins toute sa place et ne se fit pas grand-remplacer par le tubercule venue de Dorimarie. Le pain, quant à lui, n'était pas prêt de perdre sa suprématie.
- La guerre de revendication entre le seigneur Jørn et le seigneur Ole pour la terre de Åbneager prit fin par la victoire du second. Le perdant fut bannis à jamais de ses terres, tandis que les membres récents du clan (« les adoptés ») purent rester sur leurs lopins à condition de jurer fidélité à Ole Le Très Magnanime. Les traditions et les coutumes furent également maintenues afin de faciliter l'acceptation du nouveau gentilhomme par les paysans. 2035 aura encore connut plusieurs dizaines de guerres privées. Et hélas, les faides concernèrent aussi bien les clans nobles que roturiers, aussi bien les questions d'héritage que les motifs les plus inoffensifs.
1 Pour cela, l'on doit remercier les magnifiques montagnes du royaume, au contraire du Danemark IRL dont le dénivelé le plus élevé n'outrepasse pas la hauteur vertigineuse de... 200 mètres.[/justify]
Posté : mer. mars 28, 2018 10:13 am
par Zaldora
[justify]Aeternum duellum
Temps présents,
[center][img]https://i.imgur.com/Eks8UIo.jpg[/img]
Duel au Thorval, immortalisé durant l'automne 2034,
entre deux paysans.[/center]
L'[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=320705#p320705]Édit[/url] publié en 2033 visant à contenir la vague meurtrière des duels d'honneur n'eut que des effets limités. Comme ses ancêtres, Marie buta sur une institution ancrée, une culture de l'action, du combat et de l'honneur beaucoup plus vieille qu'elle. On pensait par ailleurs qu'il valait mieux régler les différends ainsi, que d'engorger inutilement les cours de justice seigneuriales. La situation aujourd'hui n'était ni pire ni meilleure qu'avant, sauf à jouer sur les détails. En l'an de grâce 2035, les morts au cours d'un duel s'élèvait, pour le moment, à 78 personnes.
Raisons du duel : honneur, tords, querelles
Population concernée : tous le monde ou presque
Types de duel : 97% à mort, 2% à la première coupure, 1% par une partie de Hnefatafl (jeux d'échec nordique)
Armes : 99% à l'épée, à la hache, au poignard ou à la lance et 1% à la pétoire.
Au XXIe, le duel au Thorval fut responsable de la mort d'environ 3000 personnes.[/justify]
Posté : ven. mars 30, 2018 12:44 pm
par Zaldora
[justify]Ordre des Chevaliers de la Foi.
Temps présents,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/13/e4g8.png[/img]
De nouveaux chevaliers
dans l'église Saint Joseph, sur les vallées de l'Heidrunlandet.
Leur seul et unique prieuré pour le moment.[/center]
Dans le contexte d'un Thorval instable, traversé par les intrigues, nait l'Ordre des Chevaliers de la Foi (« Troenridder Ordenen ») sous l'impulsion du Chevalier Mathias Agiring de Heidrunlandet. Religieux et militaire, l'Ordre s'inscrit dans la tradition des moines-soldats et espère obtenir la reconnaissance du Saint-Siège pour se doter d'une Règle. Son objectif est de défendre le trône contre ses ennemis, dont les Chevaliers de l’Épée - Sværd Riddere semblent les plus terribles à l'heure actuelle. Bien que prenant fait et cause pour Sa Majesté, la vocation sous-jacente de l'Ordre est en réalité la défense de la Foi et de l'Église. A l'avenir, ses combats pourront prendre d'autres formes, jusqu'à se retourner contre le royauté si celle-ci devenait anti-chrétienne ou même sortir des frontières du royaume si un potentat étranger persécutait l'Église et les chrétiens.
Avec l'approbation pontificale, l'Ordre souhaite obtenir des statuts lui garantissant une autonomie à l'égard des pouvoirs temporels : son allégeance ira seulement au Pape, à qui il paiera ses impôts. De plus, ses membres ne devront répondre que devant les tribunaux de l'Église et ses prieurés dépendre de nul évêque ou d'abbé mitré, mais du Saint-Père directement. Enfin, les commanderies de l'Ordre devront être sous l'autorité du grand maitre et ne devront rendre de compte à personne d'autre, si ce n'est au Pape.
Les Chevaliers sont d'ors-et-déjà reconnaissables par leur manteau blanc, affichant une croix bleue sur le torse et sur la cape. L'Ordre est ouvert à l'aristocratie d’épée et à la paysannerie.[/justify]
Posté : lun. avr. 02, 2018 11:54 am
par Zaldora
[justify]Fou du roi.
5 octobre 2035,
[center][img]https://zupimages.net/up/18/14/eddu.png[/img]
Le fou de la reine perché sur un appui de fenêtre au château
de Frueborg (octobre 2035). [/center]
Les premières traces d'un fou à la cour du roi remontent au VIIIe siècle. La tradition s'est poursuivie pendant plus d'un millénaire avant que Níels XVIII, excédé par les bouffonneries de Jesper, ne chasse le sien au printemps 2013, avec violence et fracas. La politique est chose trop sérieuse pour se perdre en divertissements. Depuis lors, aucun joyeux personnage n'accompagne plus le règne des rois et des reines. Dieu merci, la jeune suzeraine Marie III a décidé de ne pas suivre les pas de son vieux père, en faisant venir un bouffon au château. Il se nomme Alfhild, mais tout le monde l'appelle Alf. Précédemment, il travaillait comme valet d'écurie au sein du domaine.
Malgré son nom, le fou n'est pas fou. Au contraire, c'est un personnage simple d'esprit, quelqu'un de sain. Ces derniers mois, Alf s'était fait remarquer parmi les servants pour être doué en divertissement, tout en faisant ressortir une intelligence peu commune. Vêtu d'habits bariolés avec grelots, son premier rôle sera d'apporter la gaieté. Il devra amuser et faire rire en permanence la reine et sa cour par ses calembredaines, ses jeux de rôle, ses farces, ses satires, ses devinettes, ses chants, ses histoires, ses répliques piquantes, ses plaisanteries et ses tours (jonglages, pirouettes, acrobaties...). Comme ses prédécesseurs, Alf disposera d'une licence absolue pour révéler des vérités, dénoncer les travers des uns et des autres, mettre au jour des choses compromettantes, se moquer de Sa Majesté, de son clan et de ses invités, même étrangers. Un comportement pour lequel il ne sera pas punit car on accepte tout sur le ton de la plaisanterie !
Cependant, Alf ne se contentera pas d'être uniquement le bouffon de service. Il devra aussi être l'ombre de la reine : celle qui l'accompagnera en privé et en public, la remettera à sa place, la soutiendra dans sa solitude, lui dira la vérité, critiquera ses actes avec un œil extérieur, divulguera les pensées de ses courtisans et abordera des sujets tabous. Bref, le fou sera aussi un conseiller avisé, un confident, un pilier du règne et un potentiel espion. Personne ne se méfiera réellement du bouffon, du simplet, de l'idiot de la cour.[/justify]
Posté : lun. avr. 02, 2018 3:46 pm
par Zaldora
[justify]Réunion d'une Bondeting (5).
6 octobre 2035,
Rappel : la Bondeting est une assemblée villageoise traditionnelle existant depuis des temps immémoriaux. Elle permet aux paysans de s'autogouverner (sous la forme d'une réunion de syndics élus par eux, se déroulant au cimetière la plupart temps) et de voter les lois (le village se rassemble en entier devant l'église et vote à main levée). Nulle autorité n'a de légitimité pour restreindre ses prérogatives, réformer ou supprimer la Bondeting, consacrée par le temps et vivant sur ses propres forces. Les paysans y jouissent d'une grande autonomie et d'une marge de manœuvre qui en ferait pâlir plus d'un, y compris lorsqu'un seigneur ou son représentant y siège.
[center][img]https://zupimages.net/up/18/14/e3lr.png[/img]
L'assemblée de Klemenskirke, début juillet 2035 pour décider de la lancée des moissons.
Le rassemblement est très similaire à celui d'aujourd'hui.[/center]
Sous la suzeraineté royale de Marie III, chaque seigneur dans son fief exerce son autorité indépendamment du trône, perçoit des redevances, rend la justice, édicte des lois et possèdent des hommes d'armes. Les villes aussi s'administrent en toute autonomie. Le royaume est une succession de libertés, de franchises et de privilèges. Chaque village est une capitale fière de ses particularités où les habitants se gouvernent eux-mêmes, s'imposent des coutumes et veillent à leurs intérêts. Qui mieux qu'eux, en effet, connait les besoins et les réalités de leur pays local ? Liberté qui fortifie une vie propre à chaque paroisse. Les paysans et les bourgeois vivant en dehors des terres royales n'entendent parler de la reine qu'une fois l'an, et encore...
Aujourd'hui, tandis que le monde craint la hausse des tarifs, parmi les villages de Thorval, ce sont plutôt les tonlieux (douanes internes) qui animent la vie politique régionale. Les paysans de Klemenskirke, gros bourg rural de 650 âmes, se sont assemblés sur la place de l'église afin de délibérer sur la position que leur représentant à la prochaine assemblée provinciale devra défendre, à l'heure où leur Comté d'Helligstier médite l'idée d'abolir totalement les péages d'importations à l'égard des terres Amargårdaises voisines. En somme, les deux provinces ne feraient plus qu'une sur le plan économique.
Le syndic doit-il plaider l'abandon des frais à la frontière ? A la déclamation patoisante du Frère, un marchand itinérant, caché dans la foule, signifia son approbation d'un air gêné. Les clans du bourg de Klemenskirke avaient beaucoup d'ennemis dans le comté voisin et ne souhaitaient pas trop commercer avec eux. De plus, d'autres voulaient protéger la production locale de céréales et de petits fruits. Au final, les gens acceptèrent à la majorité absolue des bras levés la proposition d'ouvrir les frontières en cas de pénuries, seulement.[/justify]