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Posté : jeu. juil. 14, 2016 5:34 am
par Otto
[center]Le communiqué des cent
Alter - édition du 14 août 2030[/center]

Une centaine d'intellectuels viertensteinois, essentiellement issus des milieux universitaires, profitent de la tribune libre de l'Alter pour répondre aux attaques internationales qui font suites aux articles de Männergätt. Parmi les signataires de l'article, on trouve notamment des universitaires, des chercheurs et des hauts-fonctionnaires.

Suites aux réactions de plus en plus virulentes de certains journaux étrangers, nous avons décidé d'écrire ce communiqué de presse afin de clarifier la situation.

Non, nous ne soutenons pas les idées du professeur Männergätt. Mais il a écrit une tribune dans cejournal au nom de la liberté de la presse, afin de représenter tout les courants de pensées. Cela d'autant plus que sa pensée est inédite au Viertenstein. Il est bon de rappeler que selon ses propres propos, le professeur Männergätt est ni un représentant de l'ensemble de la classe intellectuelle viertensteinoise, avec laquelle il s'oppose sur la question des fonctions de l'Etat et de la marge d'action de celui-ci (ce qui lui permet de supposer un interventionnisme fort sur son modèle colonialiste), ainsi qu'avec le traditionalisme populaire viertensteinois, se prononçant lui-même comme plus machiavélien que christo-politique.

Il serait bon que la presse internationale cesse de faire de cet homme le plus grand intellectuel de notre pays. Le professeur Männergätt est loin de faire l'unanimité, surtout au sein de l'Union Alémanique. Il a été chassé de l'Agorsa'a à cause de ses positions jugées trop extrêmes et actuellement aucun régent universitaire n'a consenti à l'engager comme professeur, preuve de son discrédit parmi le milieu intellectuel alémanique.

Nous vous prions donc de ne plus salir notre pays pour salir un seul homme. Nous condamnons évidemment ses propos militaristes mais nous lui reconnaissons également le droit de parole.

Posté : dim. juil. 24, 2016 4:35 pm
par Otto
[center]Résumé d'une Disputatio à l'Université Catholique d'Hochburg
Alter - édition du 12 septembre 2030[/center]

[center][img]http://www.ae-info.org/attach/Acad_Main/Barcelona_Knowledge_Hub_Events/Barcelona%20Disputatio%202015/disputatio_news_large.jpg[/img][/center]

Comme le veut la tradition universitaire, de nombreuses disputatione sont organisées chaque année sur des thèmes touchant à l'actualité intellectuelle du monde. Après les déclarations de foi récentes apparue au sein de la Confédération des Etats Slaves, la Faculté de Théologie de l'Université Catholique d'Hochburg a décidé d'organiser une disputatio sur le thème du manichéisme, remis au goût du jour par le théologien slave Boleslas Komarov. Ce débat universitaire opposera pour l'occasion le Révérend Père Johannes Sältz (Société des Pères Ignatiens de Stricte Observance) défendra le point de vue catholique de la question face à Monseigneur Schoct, évêque de l'Eglise Vieille-Catholique de la tradition de Guémar, qui soutiendra les thèses manichéennes. En effet, l'Eglise Vieille-Catholique de Guémar, dont la communauté mondiale est estimée à 120.000 croyants essentiellement répartis entre la Bassaxe, le Litzburg et la Cécopie, s'est détachée de l'Eglise Catholique en 1871 pour refuser le Concile Vatican I et l'infaillibilité pontificale sur les questions dogmatiques et morales. Cette communauté s'est ensuite détachée de l'Eglise Vieille-Catholique de la tradition de Lemsterland, principale communauté vieille catholique du monde, sur la question du rapport à entretenir avec les Eglises Nestoriennes (proches des idées manichéennes).

L'intitulé exact de la disputatio sera le suivant « Le Très Bas est-il aussi puissant que le Très Haut ? ». La disputatio se déroulera sur trois jours, du 3 au 6 octobre 2030, selon la tradition universitaire hochburgeoise :

Premier Jour :
Comme le veut la tradition, le premier jour est divisé en deux conférences durant lesquels chacun des deux partis présentent ses opinions sans controverses de la part de l'autre. Les débats sont proscris à la faveur d'exposés universitaires visant à mieux appréhender les différentes opinions en présence.

Matinée : conférence de Mgr Schoct sur « Le Diable dans les Écritures »
Après-midi : conférence de Sältz (SPI) sur « L'angéologie de Saint Thomas d'Aquin »

Deuxième Jour :
Vient alors la journée des débats réels. Les débats se font en trois sessions de deux heures et sont animés par des prédicateurs, les avocats du Diable, chargés de ranimer le débat lorsqu'il tourne en rond

Session de 10h-12h : débat entre Mgr Schoct et Sältz (SPI) sur « Le Malin dans l'Ancien Testament et sa considération par les exégètes juifs et les chrétiens primitifs ». Débat animé par le père Ludwig (OP).
Session de 13h-15h : débat entre Mgr Schoct et Sältz (SPI) sur « L'omnipotence Divine dans les Écritures et dans la tradition catholique ». Débat animé par le père Raphaël Orsener, prêtre de l'Eglise Vieille-Catholique de Guémar.
Session de 16h-18h : débat entre Mgr Schoct et Sältz (SPI) sur « Lucifer et la Tradition juive de la descente en Enfer ». Débat animé par le père Kolstä (OP).

Troisième Jour :
Le dernier jour de la Disputatio est divisée en deux temps. Tout d'abord, la matinée voit les deux débatteurs s'affronter une dernière fois dans le cadre d'un débat libre. Ensuite, l'après-midi voit se dérouler une dernière rencontre de synthèse. Le but de la synthèse n'est pas de réconcilier les deux partis mais de comprendre les différences entre celles-ci.

Session de 10h-12h : débat libre entre Mgr Schoct et Sältz (SPI).
Session de 13h-18h : session de synthèse entre les deux protagonistes. Possibilité pour le public universitaire d'intervenir.

L'ensemble des débats auront lieu en latin. Les éditions Saint-Isidore, qui publient ce journal, prendront soin de retranscrire l'ensemble de ces débats et de reproduire une version écrite de la disputatio afin que chacun puisse faire des discussions qui ont eu lieu à Hochburg les siennes. Une première édition latine à l'usage des théologiens devrait être disponible dès le mois de novembre. Une version plus accessible au publique sera éditée au cours de l'année 2031.

Posté : mer. sept. 07, 2016 7:27 am
par Otto
[center]Réception d'un nouveau prince d'Empire
Universum - édition du 22 janvier 2031[/center]

Pour la première fois depuis la Restauration du Saint-Empire par Leurs Altesses les rois et princes d'Alméra, un nouveau monarque va être reçu comme membre de l'Empire : Sa Grâce le duc de Qabar. Ce prince, bien que mouvant de la Couronne de Thorval, n'était jusqu'alors non-membre du Saint-Empire, faute au Recès de la Diète de 2029 qui déclare que l'Empire est Alméran. Cependant, après de longs débats entre légistes hochburgeois, il a été conclu que le terme "Alméran" n'était pas limitatif géographiquement mais culturellement, ce qui permet l'inclusion à l'Empire du Qabar mais également de tout les territoires appartenant à la grande famille culturelle almérane dans le monde.

La réception de ce nouveau prince est également particulière sur le plan institutionnelle : le duc de Qabar reste vassal de la Reine de Thorval même si son Etat est reconnu comme une Couronne d'Empire. Le duc obtient notamment un siège à la Diète Impérial mais ne bénéficiera pas du titre électoral. Il deviendra ainsi Prince d'Empire là où Son Altesse Très Chrétienne, sa souveraine, porte le titre de "Prince-Électeur du Saint-Empire".

La réception protocolaire du nouveau prince aura lieu dans un mois en présence de Leurs Altesse, le Duc de Qabar, la Reine de Thorval (présente en sa qualité de souveraine du Qabar), de Sa Majesté Apostolique et de différents monarques ou représentants des Couronnes de l'Empire. Le Duc devra prêter un serment de fidélité (et non d'allégeance) au Saint-Empire, promettant notamment de ne pas porter les armes contre les autres Etats Impériaux, ainsi qu'un serment de défense de la Sainte Eglise Catholique Urbaine.

Posté : lun. sept. 12, 2016 4:26 pm
par Otto
[center]De l'esprit des lois
Alter - édition du 06 février 2031[/center]

Karl von Wittelsreich est un juriste hochburgeois, professeur de droit canon à l'Université Catholique et diacre permanent.

Un débat intellectuel est présent depuis quelques semaines en Alméra : faut-il suivre de façon littéral la loi ou doit-on en suivre l'esprit ?

Il faut écouter l'esprit des lois s'écrient les juristes du Thorval, où la coutume est reine et le droit écrit réduit à peau de chagrin. Cet esprit semble être répandu assez largement en Alméra puisqu'on observe aisément que les juristes hohenhoffois réagissent de même, ainsi que les juristes fiémançais lesquels, bien qu'utilisant le droit écrit, s'exaspèrent à chaque ajout d'un article dans un de leurs énièmes codes. Ces pays, pourtant bien différents culturellement, semblent donc ce rejoindre sur l'idée que les lois ont un esprit et qu'il faut le suivre.

Cette idée est un reliquat de la pensée germanique antique, les trois pays étant tous des pays de culture germanique (le Thorval est issu des tribus germaniques du nord de l'Alméra, l'Hohenhoff des peuples du Schlessein et du Föhr qui formèrent ensuite le Viertenstein et la Fiémance est l'héritière culturelle des peuples burgöners malgré sa langue latine). Tacite, dans De Germania, expliquait déjà que les Germains fonctionnaient avec quelques lois écrites qui étaient pour eux des grands principes à suivre. Ainsi, la loi thorvaloise interdit l'ivresse mais la définition de l'ivresse est à définir par le juge. C'est ainsi qu'il y a un an un officier de la reine fut condamnée pour ivresse sur la voie publique dans un baillage du centre du pays alors qu'il titubait tandis que dans d'autres cas, on a vu des juges ne considérer l'ivresse commencer qu'à partir du moment où l'on ne tient plus debout.

Au Viertenstein, la conception du droit est cependant différente, bien que cela ne soit pas surprenant au premier abord. Tout comme le Thorval, le Viertenstein est un pays de droit coutumier. Il n'existe que quelques rares exemples de codes de loi au Viertenstein : à part le Codex Violantatis, réservé à la maréchaussé pour les contraventions et le Codex scelures delectorumque, qui est essentiellement une liste de crime et délit, et le Codex Canonicum, le plus grand code présent au Viertenstein et résumant le droit canon, il n'existe pas de code de loi. La justice de fait à la libre appréciation du juge, dans le respect de la jurisprudence et des coutumes locales, résumées dans de grands procéduriers locaux. Le recours aux codes ce fait donc rare, mais lorsque celui-ci a lieu, il ne laisse pas la place à l'interprétation. Cet héritage est purement latin : la loi n'est pas faite pour être interprétée mais pour être exécutée (le fameux Dura lex sed lex). Mais comment expliquer historiquement une telle pensée dans un pays qui semble être germain ? La réponse est pourtant simple. Le Viertenstein, malgré sa culture populaire germanique, a subit de plein fouet l'influence latine dans sa culture intellectuelle. Cela est du à l'importance du latin dans la formation intellectuelle du Viertenstein jusqu'à aujourd'hui : tout étudiant viertenstein est encore capable de lire du Saint Thomas d'Aquin comme du Tacite dans le texte. Les théoriciens du droit romain ont ainsi imprégné toute la pensée des juristes des XIVème et XVème siècle tandis qu'en Fiémance se développait un courant plus gallican et germanique d'interprétation du droit, ce qui mène à la dichotomie actuelle dans l'interprétation du droit en Alméra.

Pour conclure, l'interprétation du droit permet de faire apparaître des singularités dans la culture almérane. Alors que l'on pourrait penser que la Fiémance est plus latine que le Viertenstein, la façon d'interpréter le droit montre que finalement la culture latine a imprégner les intellectuels viertensteinois tandis que la Fiémance est restée germanique. De manière générale, la pensée latine semble relativement absence de la pensée légale actuelle.