Posté : mer. nov. 16, 2011 9:12 pm
par Arios
17/08/16
Orientation politique réelle du Pays* :
[img]http://www.unangepasse.fr/img/photography/salle-de-sejour/feu-de-cheminee.jpg[/img]
Démocrate-Anarchisme : 3%
Anarchisme : 5%
Démocrate-Communisme : 7%
Communisme : 12%
Démocrate-Socialisme : 7%
Socialisme : 29%
Démocrate-Libéralisme : 0%
Libéralisme : 17%
Démocrate-Monarchisme : 8%
Monarchisme : 12%
(Le schéma National-x et x a été remplacé par x et Démocrate-x ; la Nation étant la normalité au Lochlann, et l'anormalité résidant dans l'internationalisme, qui a pénétré dans tous les rouages de la société occidentale depuis la Grande Guerre.)
*Du Lochlann et selon les mentions proposées par le Bureau national de politologie de Norrstad.
Posté : ven. nov. 18, 2011 3:42 pm
par Arios
21/08/16
<center>Ragnarökr
[url=http://www.youtube.com/watch?v=vxdjprysDNk&feature=related]Ragnarökr[/url]</center>
Une longue file de Lochlannais attendait devant un bureau de chêne, posé dans la rue comme une tâche sur une toile, celle de la ville des Seigneurs, où les mendiants s'acheminaient pour avoir leur pomme de terre, leur bol de soupe tiède où flottent des morceaux indiscernables de viande trop rassie, d'os maigrelets et de légumes bouillis.
Toutes les femmes qui s'y présentent semblent vieilles, les enfants harrassés par la vie qu'ils supportent, dans le froid et la famine, dans l'inaction du gouvernement et des riches, qui peinent encore à comprendre que leur vision désuète du monde crêve le Lochlann.
Louche après louche, les gamelles se remplissent et les observateurs économiques se réjouissent, en prévenant les émeutes de la faim.
Le froid revient sceindre les visages fatigués en cette fin de mois d'Août, et les corps emmitoufflés dans des guenilles qui sentent le temps qui passe, on continue de mendier le droit de vivre.
Nous sommes en Août 2009.
------------------------------------
Après l'attaque au gaz, une dizaine de jours auparavant, personne n'était parvenu à se rendre compte de l'ampleur du désastre, et si l'on cherchait encore un responsable, certains refusaient de le voir chez eux : dans leurs Dirigeants, dans leur Patrie, dans leur foyer le soir quand ils éduquent les plus jeunes...
Ainsi, l'idée du monstre extérieur, de l'abominable Pelabssien cosmopolite se renforçait, et alors que tous ignoraient que la Rostovie avait fournie des armes et que dans l'armée on était persuadé, en majorité, que ces armes venaient du Weiden ou du Kolosthan, ou directement du Schlessien, la peur de l'assaut Rostovique ne s'était pas aténuée. Le Cosmopolite nous avait terrassé, le Rouge prendrait peut-être sa part du gâteau sans rechigner, surtout alors que Syrad Ö représentait une des rares régions non touchées par l'attaque et le Blodbad, le génocide Lochlannais
----------------------------------
Depuis plusieurs semaines, les vieux monarchistes qu'étaient les Lochlannais devaient supporter leur armée bloquée dans les montagnes du sud, et le gouvernement des Républicains, en la personne même de l'ancien Prince, celui qui était devenu le "Président Lochman". Aldarik IX était un Lochman, non par filiation directe car l'histoire avait eu son lot d'évènements compromettant la primogéniture mâle, mais descendant des Jarrs fédérateurs de l'antiquité tardive. Ainsi, ses fils et filles étaient des Lochman, et le premier Président de "l'abomination" que représentait la république et sa démocratie pour les Lochlannais, était donc un Lochman. Sigdurt Lochman avait assassiné la monarchie, en se dressant au milieux des indignés post-modernes, en donnant une légimité aux vociférations d'une minorité de la jeunesse, une jeunesse qui se servait illégalement d'internet, et que la blogosphère encourageait à organiser son printemps.
----------------------------------
Toutes les classes n'avaient pas été mobilisées, et une frustration avait gagnée les casernes à l'annonce d'un cessez-le-feu, pour suivre l'évènement dérangeant qu'était le génocide de 18 millions de compatriotes.
Les apprentis Eriksson qui se cachaient dans les rangs, qui maniaient davantage le verbe et l'affect, que le fusil-mitrailleur et la grenade, ne pouvaient tolérer que le régime vascille ; eux qui souvent avaient suivi, à un âge si maléable et en plein, 7 années d'endoctrinement, qu'il soit Erikssonien, Augustinien, Karolsonien ou Landharien, révolutionnaire, ésotérique, conservateur ou futuriste, le nationalisme les animait d'une rage invincible et surtout maintenant inassouvie.
Les démocrates pouvaient pointer le bout de leur nez, on les attendrait au tournant ; dès les premiers soirs suivant le Blodbad, les torches de la Révolution perpétuelle devaient briller plus fort que les lampes des secouristes.
----------------------------------
Le pays à l'agonie n'était plus une lubie d'extrémiste. Syrad Ö devenait Rostove, l'Eran libéral se disputait avec les révolutionnaires rouges à quelques lieues de Jarrstad, et les ventres criaient toujours malgré les révolutionnaires imberbes qui avaient échoué dans leur maintient du pouvoir et de la Patrie. Les démocrates réformateurs devaient maintenant s'allier aux militaires et aux fascistes pour espérer mettre dehors les envahisseurs, alliés comme ennemis, qui venaient chercher à tirer partie de la lutte politique au sein de la terre des lacs.
Une guerre civile qui n'en fut pas vraiment une, une nostalgie de combat sans trop de sang, une lutte des idées à la mort de celles des autres ; tout l'orgueil de l'opinion, qui n'est qu'un courant parmi tant d'autres, au large d'une même mer. Des enfants qui jouaient à défendre les idées de papa, qu'il ne racontait qu'à table, parce-que la vieille monarchie ne tolérait pas qu'on dise ce qu'on pense trop violemment : hors il n'y avait que la violence à opposer à l'indifférence.
----------------------------------
Une économie en sac mortuaires avait été possible grâce au découpage des nouveaux en deux. Un demi-sac pouvait accueillir un corps d'enfant, que l'on enfermait dans cette chrysalide de plastique en sachant qu'elle ne s'ouvrirait jamais plus.
Les paysagistes succédaient aux sauveteurs, on cherchait encore et toujours les morts, la folie de l'espoir avait disparue, mais l'espoir de la vengeance grandissait jour après jour, alors que s'estompait la vision des damnés de l'âge de raison, criant dans les ruines la bave à la bouche avant de s'effondrer, eux qui avaient été les fruits de l'espérance d'autres enfants, plus grands, auxquels l'histoire avait imposé la dictature.
----------------------------------
Quelques jours après la proclamation de la République Populaire du Lochlann, les fascistes avaient décroché le drapeau rouge du Palais pour y placer celui de leur pays, et les communistes étaient enfin muselés.
On attendrait encore 6 mois pour retrouver un Rig, et en attendant et "pour toujours", le petit Blöjite barbu protègerait la Patrie retrouvée, des famines comme des invasions, lui redonnerait du travail, un ordre social, sa grandeur du passé, et surtout de l'espérance. Le soir, les pièces seraient enfin chauffées, et on remercierait le Stjör en préparant l'avenir du pays.
----------------------------------
L'avenir était avorté, et les corps n'avaient plus de larmes à donner. Alors sur les ruines du passé, qui en cachaient d'autres, on reconstruirait la Terre des Lacs, avec le transcendant espoir cyclique des jours meilleurs qui viendraient après les catastrophes et les frustrations.
Au milieu des cris, des ruines et des petits corps, il y avait une forêt, et dans cette forêts des pierres gravées, avec un Härold trois fois millénaire, qui fondait Jarrstad, du nom de ces guerriers qui se pensaient les meilleurs, et dont l'espérance aveugle avait fini par être vaincue.
Les jours raccourcissaient, mais le soleil était encore haut, et trainant la bannière polaire de tant de souvenirs, un homme des lacs la plantait sur le plus haut amoncellement de débris et de corps où se trouvaient encore il y avait deux semaines, le Palais de la ville des Seigneurs.