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Posté : mer. févr. 14, 2018 12:03 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Le Thorval est-il prude ?
11 mai 2035
[center][img]https://zupimages.net/up/18/07/xzq1.png[/img][/center]
A la question posée dans le titre, la réponse est clairement non. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=303084#p303084]La foi populaire[/url], courant majoritaire du catholicisme de Thorval, a toujours été méfiante des mouvements catholiques rigoureux. Nulle loi écrite ne régule la morale, sauf pour l'avortement, qui semble être l'exception qui confirme la règle. Un luthérien ou un calviniste visitant le royaume le comparerait surement à Sodome et Gomorrhe, les villes maudites de la Bible. Dans les bains publics de Jensgård, héritage latin, que croyez-vous que les hommes et les femmes font ? Et les amourettes à la campagne dans les rivières ? Et le chevalier qui tombe subitement amoureux d'une jeune paysanne ? En dehors du sexe, les Thorvalois boivent à en décarcasser un veau, jouent aux dés et aux cartes, dansent autour de l'Arbre de Mai, croient aux superstitions plus farfelues les unes que les autres, aiment la beauté, se battent les hanches des plaisanteries déclamées par le bouffon du haut de la chaire de l'église (véridique !), se garnissent la panse lors des ripailles et ne rechignent pas à d'autres petits plaisirs de la vie. En d'autres termes, le Thorvalois moyen a rarement l'air grave, austère et sérieux.
Nous pensons que la rigueur morale chez les peuples est moins une question de race (scandinave, germanique, latine, slave) que de confessions religieuses. En effet, l'Église catholique ne réclama jamais de hautes exigences morales au commun des fidèles, laissant l'exercice de la mortification et de l’ascèse à une élite religieuse : les moines et les saints, qui prient et se sacrifient pour la multitude des pécheurs. Ce manque de fermeté dans la vie des croyants, c'est ce que Luther reprocha notamment au Pape. Les ordres n'existent pas au sein du protestantisme car c'est à l'ensemble du peuple de Dieu de rejoindre l’héroïsme du moine dans la vie de tout les jours.
D'où vient cette différence entre catholiques, faiblement puritains, et protestants beaucoup plus strictes et méthodiques ? La réponse est tout simplement le Sacrement de Pénitence. Le fidèle catholique se tourne vers le prêtre dans la contrition et la pénitence, ce dernier lui offre l'expiation au nom de Dieu, l'espoir de la grâce et la certitude du Pardon : le Christ allège le croyant de son sac de pierres et le délivre d'une tension immense. Cela n'existe pas au sein du protestantisme. Il y a certes des différences de degrés, entre luthériens et calvinistes (dont sont par exemple issus les puritains britons), concernant la prédestination et le niveau d’ascèse requis. Néanmoins, dans tous les courants protestants, il apparaît que la conception de l’état de grâce, surtout sa possession, ne peut être garantie par un quelconque moyen « magique » ou sacramental, ni par la délivrance de la confession, ni par certains actes de piété mais seulement par la « confirmation » qu’apporterait une transformation de l’individu, en rupture totale avec le mode de vie de l’homme « naturel ». Cela conduit le protestant à un contrôle méthodique de son comportement marqué par l'ascèse et le plus haut niveau moral. Ce dernier associe à certains comportements des primes de certitude quant à son salut. Le protestant se pose continuellement les questions suivantes : suis-je élu ? Quels peuvent-être les signes qui me permettraient de reconnaitre avec certitude que je fais partie des élus (cela afin de ne pas subir le fatalisme de la prédestination) ? Toute la différence des catholiques en général, dont la vie s'exerce au jour le jour et avec bien plus de légèreté car Dieu est juste et miséricordieux.[/justify]
Posté : lun. févr. 19, 2018 2:23 pm
par Zaldora
[justify][center][img]https://zupimages.net/up/18/04/nif4.png[/img][/center]
Håber radio (AM) 10h35 - 26/05/2035
«
[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=331341#p331341]Dans le procès qui les opposent à la plupart des artisans de la Cité[/url], les Nicolaïtes [communauté des armateurs, des marins et des merciers de Jensgård] ont finalement avoué qu'ils avaient, dans le contexte tendu de la Guerres des Containers, volontairement surfacturé leurs services et par ce biais touché des profits historiques. Leurs actes ont plombé les ateliers de beaucoup d'artisans, en plus d'avoir notablement faussé la balance commerciale. Quatre mois de procès prennent ainsi fin, où chaque partie aura redoublé de verves et d'arguments pour faire valoir ses prétentions devant le prevost. Un procès qui sembla dans une impasse jusqu'au jour où un anonyme fit parvenir aux accusateurs des documents extrêmement compromettant, volés au mois de février dans les archives secrètes de la corporation Saint Nicolas. Accablée par les preuves et mise dos au mur par le parti adverse, cette dernière ne put qu'avouer les faits en espérant la clémence du prevost. Celui-ci condamna les armateurs pour escroquerie mais se montra miséricordieux dans les peines : excluant le bannissement, les Nicolaïtes devront toutefois payer une lourde amende et subir le pilori. Les coupables y sont d'ailleurs cloués depuis ce matin. Sans rires, ils y ont été cloués par l'oreille. En marge, les soupçons grandissent maintenant vis-à-vis des armateurs des autres villes qui pourraient ne pas être très propres non plus.
En reniant la dette fédérale des États-Fédérés d'Olgarie, la République du Deseret a ouvert la boite de pandore et a, sans le savoir, fait le jeu de la belle anarchie. La légitimité des grands groupes bancaires capitalistes est atteinte et nous ne devons pas les laisser se refaire une santé. Siphonnons les en créant des Banques du Peuple partout dans le monde et encourageons les gouvernements à ne plus se conformer aux engagements financiers auprès des ogres. Mort à la démocratie bancaire et à son idiot utile : l'organisation totale de la société ! Ni consommation débilisante, ni collectivisme liberticide ! Vive le socialisme libertaire, vive la fédération anarchiste et mutuelliste ! »[/justify]
Posté : sam. févr. 24, 2018 1:28 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Jurés : impraticable dans les faits ?
11 juin 2035
L'édit royal sur les jurés n'est pas encore en vigueur. Son avenir devrait être décidé après la Saint-Jean par les Hautes Justices seigneuriales et le vote des vingt six Assemblées Provinciales. Sachant que ces dernières ont depuis peu une voix prépondérante, le texte de Sa Majesté a de fortes chances d'être accepté et appliqué partout dans le royaume d'ici à la fin de l'été. L'instauration de corps de jurés au sein des cours de justice féodale – urbaine inclut, même si les autorités des villes préfèrent la terminologie « bourgeoise » – est une bonne nouvelle. Ensemble, elles concentrent 99,9% des procès temporels du royaume tandis que la Grand cour royale, examinant les appels, fait office de décoration. Autoriser les milieux populaires à participer à la justice, aussi bien dans le civil et dans le pénal, est un choix juste et légitime.
En revanche, nous avons de sérieux doutes sur le passage de la théorie à la pratique. Les provinces disposent, pour se faire, d'une complète autonomie à la condition évidente de garantir le principe d'impartialité des jurys. C'est ici que le bât blesse. Comment désigner des jurés neutres sans état-civil ? Sans registres d'Église ? Sans listes électorales ? Les sujets de Sa Majesté n'en ont jamais voulut, jugeant les regroupements d'informations, quels qu'ils soient, comme autant de pratiques liberticides et totalitaires. La seule possibilité est de soumettre la désignation des jurys au vote, risquant hélas de faire la part belle aux réflexes communautaires, les gens ne faisant pas leur choix selon la probité des individus mais pour des raisons claniques, culturelles, villageoises, territoriales, etc. Il est une vérité difficile à admettre mais pourtant bien réelle : le thorvalois moyen se torche avec le Bien Commun et regardera en premier lieu les intérêts de sa famille, sa corporation ou son pays traditionnel. Cela est aussi véridique que l'enracinement des forces centrifuges, comparé à la faiblesse endémique du pouvoir royal, malgré certaines réussites récentes. Celles-ci, cependant, ne sont que l'arbre qui cache la forêt de la régionalisation intrinsèque de la vie politique. On ne bouscule pas si facilement un état de fait vieux de mille ans.[/justify]
Posté : lun. févr. 26, 2018 2:50 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Recherche universitaire : un bois plus solide que l'acier ?
17 juin 2035
[center][img]https://zupimages.net/up/18/28/o4y4.png[/img]
Le Hall Galileo de l'Université de Sankt-Thøger,
servant aussi bien de salle de lecture que de place
pour les disputatio entre maitres et étudiants.[/center]
Dans l'ombre de sa comparse de Jensgård, tant en terme de turbulence que de prestige, et à juste titre, l'Université de Sankt-Thøger n'en reste pas moins une institution de qualité, notamment en terme de sciences qui constituent sa spécialité. Grâce à ses facultés, elle apparait comme le cœur scientifique du royaume, terre de débat, d'expérimentation et de publications sans tabou. On ne s'y échine à respecter que la fameuse formule, pleine de bon sens : « science sans conscience n'est que ruine de l'âme ». Sankt-Thøger est le lieu où cherchent à se rendre les affamés de sapience, que ce soit en matière de physique, de chimie, d'astronomie ou de mathématique. Bachelier est le premier grade universitaire à obtenir, donnant le droit d'assister le professeur, et de préparer une licence, puis une maitrise et enfin le doctorat, saint Graal faisant de son titulaire un maitre dans sa discipline. Les voûtes en croisée d'ogive de l'Université abritent, étrangement ou pas, un nombre non-négligeable de prêtres qui, s'ajoutant à leur première vocation divine, exercent également comme astronomes, physiciens, médecins, mathématiciens, etc. De quoi résolument tordre le cou aux théories fumeuses qui tentent d'opposer Foi et Sciences. Rappelons enfin que depuis le XIVe siècle après Jésus-Christ, maitres et étudiants universitaires jouissent du statut de clercs. En ce sens, ils disposent d'une immunité judiciaire totale sur le plan temporel, et dépendent exclusivement des tribunaux ecclésiastiques. Si la Couronne ou un seigneur ou un échevin souhaite toucher aux Universités, il risque de se retrouver avec la puissante Église catholique en travers de son chemin. Celle-ci s'est toujours voulue comme leur protectrice face aux visées parfois tonitruantes des pouvoirs laïcs.
Mais ce n'est pas la raison de notre article. Si l'Université de Sankt-Thøger s’agite en ce mois de juin, c'est à cause du projet exprimé par Oluf Brøndsted, docteur et premier appariteur de la faculté des sciences. Il entend par divers procédés chimiques créer un super-bois, plus résistant et solide que le bois commun, pouvant à terme remplacer l'acier régulièrement utilisé hors des frontières du royaume. La corporation universitaire le soutient d'ors-et-déjà dans sa tâche et suivra l'avancement avec curiosité. Pour l'heure, Brøndsted ne souhaite accepter aucun financement extérieur [à sa communauté] afin que ces travaux restent libres et ne soient pas orientés par les financiers. A ce titre, il aurait déjà refusé les pièces de monnaie du Mont-de-piété de la ville.[/justify]
Posté : jeu. mars 29, 2018 7:27 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Fiction : l'occupant repart penaud.
27 septembre 2035
C'est la queue entre les jambes, sans gloire, que les derniers soldats étrangers partent. Après trois années d'occupation, le royaume est plus soudé que jamais et les célébrations de la libération commencent. Pourtant, tout avait si bien commencé : en avril 2070, le Congrès Mondial autorise la Nation Planétarienne à envahir le Thorval afin de le libérer de ses archaïsmes et de ses superstitions. L'objectif est pavé de bonnes intentions et motivé par l'Amour le plus parfait. En effet, il est du devoir de la Nation Planétarienne d'apporter la mondialisation et la Civilisation dans l'une des dernières contrées sauvages et barbares du globe. Les troupes coalisées posent le pied sur le rivage nord en mai et battent les armées féodales thorvaloises, réunies à la va-vite et souffrant d'un cruel manque de discipline et de technologie, après seulement trois semaines de combat. La victoire est complète, les Planétariens triomphent et proclament la fin de l'Histoire. Sauf que...
La reine, les féodaux et les autres chefs de clans n'ont jamais capitulé, sont insaisissables (ils connoissent mieux le pays) et lancent une résistance sans pitié. Les Lois éclairées de la la Nation Planétarienne sont ou ignorées ou non appliquées, les soldats de la Civilisation harcelés ou tués, les nouveaux impôts et taxes impayés... L'autorité Planétarienne n'est ni faible, ni en construction, elle est contestée et combattue chaque jour, sans répit. Très vite, le camps mondial du Bien connait plus de morts en paix que durant le temps de guerre. Ses hommes d'armes n'en peuvent plus et veulent rentrer. L'un d'eux témoigne :
« J'y ai été pendant six mois. Ce pays est comme un dangereux marécage : L'on s'y empêtre sans mal et une fois fait, on a de grandes chance d'y laisser la vie. J'ai encore le souvenir d'un camarade ébouillanté par un aubergiste, d'un autre touché par un carreau d'arbalète juste après avoir retiré son casque, d'une colonne entrant dans la forêt pour ne plus jamais en sortir, d'officiers pendus aux arbres, de préfets assassinés, de convois dépouillés... l'ennemi était invisible et se trouvait n'importe où, même chez les petits enfants. On contrôlait les villes et rien d'autre. Les nuits étaient redoutables et heureux celui qui respirait toujours à la levée du jour. Envahir le Thorval aura été mettre le doight dans un engrenage impossible, et dont nous n'avons rien gagné mais beaucoup perdu. »
Voilà une bonne leçon à retenir pour les civilisateurs : le pays n'est ni contrôlable, ni gouvernable, ni administrable, ni assimilable - culturellement ou idéologiquement. Personne n'a jamais réussi, même pas les chefs locaux.[/justify]
Posté : mer. avr. 04, 2018 3:00 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
[url=https://youtu.be/ECewrAld3zw]Le silence de Defsletten[/url].
12 octobre 2035
[center][img]https://zupimages.net/up/19/09/o1f7.png[/img]
La forteresse de Defsletten, quelques jours avant le siège. [/center]
La chute du fief des voleurs dans le Mølleåen inspirera pour de nombreuses années les poèmes chantés par les Scaldes. Celle-ci a eu lieu il y a quinze jours : après un peu plus d'un mois de siège, la forteresse de Defsletten a ouvert ses portes aux troupes de la duchesse Helle et de ses vassaux, renforcés entre temps par les hommes du Seigneur de Hårland, portant le total des assiégeants à 2100 combattants. Peu enclins à la rudesse du rationnement, les brigands semblent avoir rapidement dilapidés leurs provisions. Vêtue pour le combat, Helle se serait, après la réédition, d'abord assurée de faire sortir les valets, avant d'ordonner à son Grand Capitaine d'amener les méchants devant la justice, et de s'en aller à cheval accompagnée de son escorte. Les récits qui nous sont parvenus témoignent malheureusement d'un épilogue beaucoup plus sombre et tragique...
Les sept cent coupe-gorges que comptaient la forteresse sont tous morts, brutalement massacrés par un déchainement de violence trois jours durant. Des témoins rapportent des scènes de sauvagerie sans nom. Les brigands auraient été battus du matin au soir, mais aussi châtrés, occis, étranglés, éviscérés et jetés par dizaine du haut des tours. Le château aurait par ailleurs subit un pillage en règle, emportant tout ce que l'endroit possédait de bijoux, d'argenteries, de meubles précieux et de butin assemblés par les voleurs d'hier. L'intérieur serait littéralement saccagé, contrastant avec la bonne tenue de l'extérieur. Seule l'église serait restée entièrement intacte, les soudards ducaux craignant sans doute trop Dieu pour profaner les vases sacrés.
L'Église a condamné le bain de sang, tandis que se posent les responsabilités de la duchesse. Ses défenseurs affirment que ses ordres ne souffraient d'aucune équivoque et que la jeune femme n'aurait jamais pu prévoir avec quelle brutalité ses hommes allaient se comporter. D'autres, moins complaisants, pensent que la Dame savait ses instructions pertinemment inutiles au moment où, chauffée à blanc, son armée n'attendait qu'une occasion pour se défouler contre ses ennemis. Tout en veillant à ne pas paraître coupable, elle s'appuierait sur l'événement d'une rare barbarie pour insinuer la peur dans le cœur des brigands, leur glacer le sang. En attendant, pendu au mât le plus élevé de la forteresse, le corps inerte du chef des malfaiteurs Oddger Hugtænder danse avec le vent.
Lui et ses congénères auront terrorisé et maltraité les gens de la région pendant de longues années. Personne ne les regrette, la sureté sur les chemins Mølleåenais revient petit à petit. Toutefois, méritaient-ils une telle fin ? Rien n'est moins sûr et l'Aften vous tiendra au courant des suites.[/justify]
Posté : dim. avr. 15, 2018 1:30 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Ragnarök au Vonalya.
14 novembre 2035
[center][img]https://i.imgur.com/VpwAUh2.jpg[/img][/center]
Le royaume de Vonalya s'embourbe dans une décadence qui chaque jour semble de plus en plus inéluctable. En témoigne les persécutions antichrétiennes qui règnent à Vonaborg, souvent soutenues, voir encouragées, par les autorités régionales et municipales. Face à cela, l'impuissant Roi Patte-de-Foudre, maitrisé par les intrigues, s'enferme dans un mutisme destructeur qui voit son royaume s'effriter, semble-t-il, pour de bon. L'île des persécuteurs, ainsi que les baronnies arctiques, prennent petit à petit le chemin de l'indépendance. Les chrétiens brutalisés doivent s'y défendre et ne jamais se laisser impressionner par leurs adversaires.
Si beaucoup de monde aiment à rappeler la puissance diplomatique du Vonalya et la richesse inépuisable de ses marchands de gaz, peu en revanche s'aventure dans la psychologie profonde de ce peuple pour y desceller son trait principal actuel. De notre réflexion, il en sort que les Vonalyens n'assumaient pas ce qu'ils étaient et souffraient d'un continuel complexe d'infériorité à l'égard du reste du monde. D'où l'emphase avec laquelle presse et radios rappelaient aux autres le génie, les hauts faits, la sagesse et le raffinement du pays archipélagique. En parallèle, le Rire des Glaciers s’époumonait à souligner les tares étrangères, sans piper mot sur les problèmes internes, au point d'être davantage considéré comme un donneur de leçons, qu'un journal d'analyse indépendant. Point d'orgue de ce manque de confiance, le concept de « suderon » qui oppose les peuples nordiques, sorte de race des seigneurs, aux « peuplades méridionales » grossières, brutales et décadentes. Des versions plus dures comparent même l'Archipel, pur et immaculé, au « Continent » terre de balourds en proie aux désordres et à la barbarie. Ce ne sont que des sottises nationalistes ou pan-nordiques. Nul besoin d'être Latin pour voir la grandeur de la civilisation latine, sauf à s'aveugler.
Bref, le Vonalya et ses habitants ont développé une vision idéaliste du Nord, au point de nous considérer comme leurs cousins (sic). Historiquement, les peuples scandinaves n'ont jamais vécu dans la paix et la fraternité, même quand ils étaient tous païens. L'antiquité nordique est une succession de désordres, de déchirements et de guerre claniques. Le Ting (assemblée) tire d'ailleurs son origine de cette époque et avait pour mission première de juguler la violence, de réduire le nombre de querelles tribales et d'éviter le chaos social. Le Vonalya misa ensuite sur une monarchie absolue et oublia les assemblées traditionnelles. Les conséquences se voient aujourd'hui : plus habituées à recevoir les instructions de Navarion qu'à s’autogouverner librement, les régions se sentent orphelines et ne savent plus où donner de la tête. Le Ragnarök Vonalyen est une épine supplémentaire dans le pied de nos légitimistes, l'absolutisme n'est viable qu'avec le Prince idéal. Et ce genre d'homme ne nait qu'une fois tous les mille ans. [/justify]
Posté : mar. mai 01, 2018 10:27 am
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Le chaos féodal s'intensifie.
2 janvier 2035
[center][img]https://i.imgur.com/yVXSIKU.png[/img][/center]
Selon une carte étrangère dénotant le risque de révolte (ci-dessus), le royaume aurait perdu de nombreuses terres par la mouvance des fiefs. En effet, les seigneurs Søndermandlandais, Gamlemunkais, Bondegårdais, Gudøjais, Rodulfrigois et d'autres semblent avoir simultanément choisit d'accorder leur Hommage à un autre suzerain que Marie III. Les forces centrifuges l'auraient emporté et l'on peut se demander par quel miracle le Thorval a pu, vaille que vaille, conserver son unité jusqu'ici. C'est le secret de Dieu.
Le délitement du royaume dans d'obscures machinations féodales est une honte à l'époque où les États modernes centralisés jouissent de frontières établit et sûres, dans des sociétés où l'ordre est maintenu d'une main de fer grâce au monopole de la violence légitime. D'après nos sources, Sa Majesté aurait néanmoins décidé de réagir et convoquerait actuellement le ban et l'arrière-ban afin de soumettre les vassaux félons. Ceci est potentiellement le baptême du feu pour Marie III : une occasion historique de prouver sa force et de se débarrasser de l'image de faiblesse qui ne cesse de la suivre depuis son accession au trône en 2031 A-D. Souhaitons lui bonne fortune et gloire ![/justify]
Posté : mer. mai 23, 2018 10:24 am
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Les guerres privées ont de l'avenir.
8 mars 2036
Nous avons choisis de mener ces derniers mois une vaste enqueste et avons arpenté la campagne pendant une année à nos risques et périls. Ce ne fut pas facile mais nous en sommes revenus vivants, plus forts et avec une solide expérience. Notre objectif était de connaistre l'opinion des peuples paysans sur les guerres privées. Qu'entendons-nous par cette expression ? Tout conflit mené en dehors et sans l'approbation de l'autorité politique supérieure. Au Thorval, les faides impliquent tant les clans aristocrates que les clans roturiers. Seuls les bourgeois, habitant les villes, n'y prennent point part. Les prétextes souvent invoqués par les divers belligérants sont la blessure de l'honneur ou la revendication de terres.
Nous avons interrogé durant notre périple près de quarante mille campagnards. Les conclusions sont étonnantes et sans appels : 36% n'ont pas d'avis, 8% souhaitent la fin des guerres privées et 56% soutiennent leur maintien ! On peine à y croire mais c'est ainsi. Il faut dire que la guerre libre n'est pas un phénomène illégal ou malheureux. Beaucoup la considèrent comme un moyen légitime d'autorégulation des relations sociales où se mêlent guerres, trêves et réconciliations jonchées de rite et de symboles. Par ailleurs, si Sa Majesté n'éprouve aucun plaisir à voir ses pays sombrer dans le chaos, la guerre libre découle des coutumes fondamentales du royaume. Ainsi, abolir les luttes privées violerait non seulement le contrat féodal, mais aussi le principe primordial « Mon clan et mon droit » qui assure une liberté très étendue à chaque clan. Or, que dirait un juriste estranger sérieux et digne de ce nom ? Qu'une constitution orale ou écrite ne se modifie pas, que chercher à la réformer est absurde par essence.
Les bourgeois sont massivement opposés aux guerres privées. Toutefois, dans un royaume centré sur la ruralité, ils ne pèsent pas lourds.[/justify]
Posté : lun. juin 18, 2018 2:42 pm
par Zaldora
[justify][center]Aften[/center]
Le roy se tue à jouster !
26 mai 2036
[center][img]https://i.imgur.com/Ec0ywVM.jpg[/img]
Le chevalier Søren af Skævmark, dangereusement téméraire,
quelques tours avant son régicide.[/center]
Le roy consort Arthur, pas encore sacré, s'est tué lors des Joustes de Mai auxquelles il participait pour la première fois. Selon ses proches, il souhaitait y prouver sa valeur et impressionner ses nouveaux sujets. Au bout du compte, la gloire tant attendue s'est transformée en fin tragique. L'accident s'est produit le 23 mai an de grâce 2036, en fin d'après-midi : la lance du chevalier Søren af Skævmark est venue percuter le gorgerin du roy, l'entrainant dans une chute mortelle où il se rompit le cou. Les physiciens ne purent que constater la mort d'Arthur, tandis que la stupéfaction gagnait peu à peu la grande cour du Château d'Ulfborg.
Dans la tourmente, celui que l'on nomme déjà Régicide a présenté ses excuses et jure que c'était un accident et que son intention n'était pas de tuer le roy. Toutefois, le mal est fait et le sort du chevalier Skævmark sera décidé à l'automne entre pardon ou décapitation. En attendant, le preux aux cheveux d'or ne doit pas quitter le Duché de Skjalmland. La mort serait, pour lui, sans doute préférable à une vie où on le méprisera et ne le connaitra plus que comme Régicide.
En plus d'avoir mis fin aux Joustes de Mai, mais hélas pas à la saison des Tournois, la mort du roy consort Arthur renvoie Sa Majesté Marie à son veuvage pour la deuxième fois en un peu plus d'un an. Fuyez là comme la peste, elle porte malheur ! Une malchance inquiétante et troublante de type démoniaque. Les rumeurs colportées disent sans doute vraies : la reine est surement la bâstarde du roy Niels XVIII et de la sorcière du bois de Gammelund ! Les clercs de l'Université doivent très vite mesner enqueste car celle qui règne sur le Thorval pourrait être une impure fille du démon, placée à notre teste pour nous mausdire et nous soumettre à Lucifer ![/justify]