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Posté : mar. mars 24, 2015 5:56 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 1 : Sur le clientélisme diplomatique -[/bask]
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[ve][quote]
[right]11 Septembre 2026 [/right]
Mon cher fils,
Je voudrais aujourd'hui te parler sur une chose que nombreux maîtres de la politique internationale ont pour habitude de négliger. Cette chose porte le nom de clientélisme et fait, à mon avis, partie des choses les plus importantes de la science des relations internationales. Les grands doctes aiment se pavaner du dialogue du Milos et utilisent avec générosité des mots comme réalisme politique ou la politique des principes. Hélas, ces théories étaient peut-être utiles il y a vingt ans, mais sont largement révolues en notre époque. Le monde après une longue période bipolaire est retombé dans une nouvelle ère sans maître. Les grands pays se combattent comme jadis des seigneurs féodaux et les petits pays comme le nôtre sont contraints à devoir naviguer entre tous ces géants militaires et économiques. Permet-moi donc de t'expliquer plus en détail ce que je veux dire quand je parle de clientélisme diplomatique.
Le clientélisme est axé autour de deux acteurs. Le premier est le patron et le deuxième le client. Le patron est habituellement l'acteur le plus puissant et riche. Le client, lui, est souvent en recherche de sécurité et plus faible. En tout temps, un patron pouvait donc offrir de la protection à un client qui en retour s'engageait à soutenir son patron sur le plan politique. C'était un lien similaire à celui de la vassalité à l'exception près qu'aucun des deux acteurs n’était forcé de maintenir le lien éternellement. Un client jugeant son patron pas assez généreux et ne remplissant pas son devoir de protecteur, pouvait s'en détourner de lui. Un patron jugeant son client politiquement pas assez « rentable » pouvait aussi rompre le lien. C'est dans la satisfaction des intérêts des deux partenaires que la relation clientéliste pouvait perdurer et prenait aussi sa force.
La géopolitique contemporaine ne permet plus à des empires mondiaux de prendre leur envol. Les peuples sont devenus trop décadents et pas assez vertueux pour autoriser la création d'une civilisation mondiale. En cette époque d'obscurité, le clientélisme semble devenir un outil politique majeur. De plus en plus de pays cherchent la protection d'une grande puissance pour pouvoir profiter de la douceur de l'ombre d'un géant. Ce sont les nations les plus sages, celles qui se séparent de l'océan de pays se prétendant neutres et pensant ainsi pouvoir se protéger du mal de ce monde. La neutralité est hélas qu'une illusion. Le Ranekika se prétendait neutre, mais avait signé tant de contrats avec tant de nations, qu'il finit par devenir un champ de bataille. Une nation neutre est condamnée à devenir la victime des guerres des autres car la neutralité l’empêche de former les alliances assurant sa sécurité contre les états voyous.
La nation ayant mieux compris la puissance du clientélisme est la Rostovie. Aucun autre pays est aussi généreux envers ses clients et leur offre un telle gage de sécurité. La Rostovie a compris que sa générosité est son principal outil diplomatique en cette époque d'isolation. En se montrant comme un patron honorable, elle arrive à rattacher à elle la marée de nations se sentant menacées par la brutalité des empires. La Rostovie n'a pas besoin d'agir, l'action des empires de ce monde amènent auprès d'elle tous les petits pays en cherche d'un havre de paix. C'est la stupidité de ses adversaires qui fait son triomphe.
Un bon contre-exemple en matière de clientélisme est le Raksasa. Cet empire est le pire de tous les patrons, ne faisant que prendre et exiger sans jamais offrir une quelconque forme de compensation aux pays cherchant sa protection. Le Wapong, une petite peuplade au Sud du Makara, se plaignait souvent de la lourdeur du tribut à payer à son patron raksas. Très certainement que s'ils avaient été moins désespérés, ces gens auraient choisis la protection de la Rostovie. Et même notre pays en est une victime de cette défaillance. Alors que la Fédération fut terrain conquis pour le Raksasa après le Grand Chaos, l'Empire réussit la rare prouesse de pousser la Fédération dans les bras de la Rostovie. La Rostovie fut assez bon patron pour réussir à retenir auprès d'elle ceux que l'Empire dans l'aveuglement de sa puissance avait repoussé et apeuré.
Dans toute cette histoire, la Fiémance possède un statut tout particulier. Nation des plus exotiques par l'étrangeté de ses coutumes et de sa religion, elle peut devenir dans un avenir pas trop lointain un centre de patronage majeur. Laisse-moi te parler un peu sur cette contrée. Ils sont dirigés par un homme qui se nomme Fili. Ils le donnent le titre de Jarl, un terme qui correspond dans nos coutumes au rang d'un gouverneur d'un territoire de l'ancien orient impérial. Ils n'ont pas de vertu impériale car se pensant être un seul peuple. La superstition de leurs mœurs veut que cet homme, de peu de talent, soit choisi par leurs dieux pour régner et que ce choix se transmette à sa descendance.
Leur religion est aussi particulière. Ils adorent trois dieux. Une colombe en feu signifiant la sagesse. Un vieillard se disant le père et un mortel devenu dieu par apothéose et portant le nom de Jison. On dit que ce dernier serait le fils du père et d'une pauvre femme ayant vécu il y a deux millénaires dans un petit village au Nord du Zanyane. Oui, c'est une religion forte étrange, mais nous ne sommes pas destinés à juger les croyances des peuples d'Orient.
Comme les anciens orientaux, les gens de la Fiémance ont en eux la vertu originelle. Ils ont dû conserver cette vertu par leur éloignement de la cité d'Urba qui fut le lieu de l'émergence de la civilisation almérane. Il est ainsi probable que la contagion latine n'a pas atteint ce peuple au même degré que le fut le Numancia, leur permettant de garder le sens de l'honneur et des grands principes. C'est ainsi que quand ils viennent dans un territoire étranger à leur peuple, ils s'allient avec les rois locaux et forment des accords. Un rapport clientéliste s'érige et s'étend ainsi, protégeant les petits pontifes locaux et assurant au Jarl Fili la loyauté des seigneurs locaux pour maintenir son emprise sur eux. C'est ainsi que partout sur le monde, des peuples faibles se soumettent au Jarl, ployant le genou et se soumettant à sa puissance. Le font-ils par faiblesse spirituelle ? Certainement pas. Ils le font par nécessité, profitant de la puissance de troupes orientales qui apportent paix et stabilité.
Nos maîtres ont pour habitude de se plaindre de la Fiémance, mais ils ont tort. Ces orientaux sont des nombreuses fois préférables en tant que voisin que les Raksas. Les Raksas sont un peuple décadent, ne croyant plus dans les préceptes de leur religion et s'adonnant à tous les vices. Le sultan à Jiyuan entretient un harem faisant horreur aux vertus d'une vraie civilisation. Les femmes sont enchaînées dans les maisons et forcées de se voiler de la tête aux pieds. On coupe la main aux voleurs, la langue aux menteurs et la tête à ceux qui osent penser autrement. Tout le monde tremble devant les janissaires qui quand ils arrivent sur une terre, tuent tout homme, femme et enfant afin que le pouvoir du sultan ne soit pas contesté.
Les habitants de la Fiémance sont différents. Du premier seigneur jusqu'au dernier paysan, ils croient tous dans leurs trois dieux. Leur foi est sans limite et va aussi loin que durant leurs rituels, ils prétendent manger le corps de leur dieu sous forme de pain et boivent du sang. Ne soit pas choqué ! Ces coutumes semblant sauvages ne sont pas si différentes de celle de nos aïeux et démontrent donc toute la conviction et foi de cette nation. Nous avons peut-être eu tort d'abolir ces rituels chez nous car elles sont bonnes pour l'esprit d'un peuple.
Les gens de la Fiémance ont aussi une grande attention pour sauvegarder la culture de chaque village et chaque peuple. Ils ne viennent pas comme le Raksas imposer leur volonté par le feu et le sang. Les gouverneurs de la Fiémance sont des tyrans, mais les plus doux de tous les tyrans. Leur joug est si léger que peu nombreux sont ceux qui le sentent sur leurs épaules. Et c'est par cette douceur qu'ils érigent leur système clientéliste, élargissant quand la nécessité et non l'ambition le demande.
Il est donc important de ne pas négliger l'importance du clientélisme diplomatique dans toute analyse des rapports diplomatiques des nations. Les théories proférées ex cathedra sont intéressantes, mais ne prennent pas en compte les changements brutaux ayant secoués notre monde depuis vingt ans. Ecoute donc tes professeurs avec attention, mais sans accorder une foi aveugle dans leurs dires. Ils sont nés et ont étudiés à une époque bien meilleure, mais hélas révolue.
Ton père,
[center]~ Ivan Septimus ~[/center]
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Posté : sam. mars 28, 2015 4:02 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 2 : Réflexion sur la chorocratie -[/bask]
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[ve][quote]
[right]24 Septembre 2026 [/right]
Chers camarades,
Alors que la modernité s'écroule sous son propre poids, nous assistons à des émergences de systèmes réactionnaires réussis. Le premier entre eux a été le Thorval suivi par le Numancia qui ont ensembles réhabilités les systèmes médiévaux. Les Numanciens avaient au mieux réussis cette union entre modernité et désir réactionnaire, créant une monarchie si désinvolte qu'elle ne pouvait pas fâcher les contemporains et se proclamant si catholique que le Pape n'osa pas lever la voix contre eux. Le roi du Numancia coucha ainsi avec son amant et le saint pontife en même temps. La stratégie n'est en soi moins surprenante que son succès. Cette stratégie du double jeu alla si loin qu'on offrit au souverain numancien le prix de la paix alors qu'il venait de retourner de ses conquêtes en Altevum. Jamais l'Occident n’a plus magnifiquement trompé les peuples.
Mais depuis quelques années, c'est la chorocratie qui semble devenir la nouvelle force de réaction par excellence. Originaire de la Fiémance, elle proclame avec fierté la sainteté des sols et le lien entre les hommes et la terre nourricière. En grand pompe, on démonte les autoroutes, si coûteusement construites, pour ériger des voies ferroviaires dans chaque coin du pays. On remplace l'asphalte par l'acier. Les lapins ne remercieront jamais assez le gouvernement royal de la Fiémance pour cette perspicacité. Mais la vérité est - au contraire de la propagande - que la chorocratie n'a rien en commun avec l'écologie. Bien au contraire, ce sont deux systèmes ne pouvant pas être plus différents.
Ils ont pour commun de faire un même constat : l'industrialisation et la modernité ont poussés la planète dans son ensemble au bout et menacent désormais l'humanité dans son bien-être. Et c'est à partir de cette prémisse identique que commencent toutes les différences. Les écologistes, eux, désirent corriger la modernité en éliminant la pollution sans mettre en cause par exemple les voitures. Ils représentent donc une branche qui veut aller plus en avant pour surmonter les problèmes. La chorocratie agit dans l'autre sens. Si la modernité pose problème, il faut revenir un pas en arrière. La modernité est niée dans son ensemble ou en partie. Aussi, alors que les écologistes admirent la ville et méprisent la campagne ; les chorocrates font l'inverse. On ne peut et on ne doit pas comparer les écologistes aux chorocrates. La prémisse peut être identique, mais les conclusions ne pourraient pas être plus opposées.
L'écologie est un système idéologique qui est à bout de souffle. Les doux désirs d'une sortie de crise par l'avant est aujourd'hui plus que jamais contestable. La Main noire, expression suprême de la société industrielle et moderne, a démontré que le progrès sans moral conduit au cataclysme. La planète est parsemée de villes et régions atomisées. L'atmosphère est surchargée en pollution et rejets des plus divers. Les peuples sont revenus à l'âge féodal en se repliant sur leurs régions et aucune nation ne semble capable de diriger le monde. L'écologie n'intéresse plus alors que la problématique n'a jamais été plus d'actualité.
La vérité est que la chorocratie voit juste. Nous avons perdu notre lien avec la terre, un lien qui faisait jadis notre force en tant que collectivité. Et la restauration de ce lien doit être une priorité, surtout dans notre pays. Notre peuple est chorocrate dans l'âme. L'Empire tarnois était lui-même l'expression suprême de cette idéologie, mais il a été vaincu par l'histoire. Jadis, la plus grande ville de l'Empire était Titanua et elle avait au plus cent mille habitants. La ville moyenne historique comptait quelques milliers d'individus et des centres comme Namikon ou Kanton ont eu au plus vingt à trente mille âmes. Si on regarde les cartes des anciens temps, notre pays était parsemé de champs, quelques élevages et beaucoup de forêt. La péninsule était devenue vers la fin du 19ème siècle, une des régions les plus prospères en biodiversité de la planète car le reste du monde sombrait dans la modernité. Et l'habitant moyen de cet empire crépusculaire n'était pas plus malheureux. Mais depuis 2010, notre monde est en flammes. Les révolutions et la terreur de la Fédération ont anéantis les anciennes structures. On a bâti avec violence des autoroutes, usines et centrales. Et pour quel résultat ? La vie n'est pas devenue plus facile et l'avenir semble peu motivant. Il faut savoir qu'il nous faudrait des décennies au même rythme de croissance économique que celui actuellement en vigueur pour atteindre le niveau de vie des pays du Nord. La grande question se pose alors : pourquoi faire un tel effort pour un objectif contestable en soi ?
Le taux de suicide explose dans ces pays, la pauvreté n'est pas éradiquée et le bonheur pas universel. Même pire, à certains égards, les gens du Nord semblent plus malheureux, moins ouverts et moins sociables. Nous pouvons donc poser la question si la quête de la modernité entamée par notre peuple est le bon chemin. La réponse semble claire et elle est négative. Nous poursuivons un chemin qui n'est pas le nôtre, n'assure aucunement la prospérité pour les prochains siècles et qui nous coûtera une énergie fabuleuse en terme d’investissement. En somme, nous sommes confrontés à un fabuleux gaspillage de nos ressources pour un rêve moderne qui est ce qu'il est : un rêve. Certains défenseurs de la modernité approuveront cette analyse, mais diront que nous n'avons pas d'autre choix et que nous pouvons qu'avancer. Je leur dis qu'ils ont tort.
Bas Markeson est un idiot, un imbécile sans nom. Renyï n'est ni pire ni meilleur. Il a pour simple avantage de sourire davantage et de ne pas être un juif. Ces hommes n'ont pas compris que cette course à la modernisation ne nous amènera nulle part et nous fera perdre des décennies pour un résultat des plus contestables. Il suffit de voir les conséquences de la chute des USP. Alors que notre peuple avait vécu pendant des siècles dans une relative tranquillité, il suffit de la destruction d'un seul pays étranger pour plonger tout notre contrée dans le chaos le plus absolu après nous avoir moderniés. Continuer ce chemin est donc suicidaire. Il ne nous amène pas à plus de prospérité, mais à plus de richesse et celles-ci ne sont pas la même chose. Mais que faire ?
Nous ne pouvons pas revenir entièrement en arrière, mais nous n'avons aucune raison de continuer la course vers l'avant. Nous pouvons créer notre propre voie en sortant des chemins tracés par d'autres. Nous pouvons créer un oma polku (propre chemin), mais ceci demande des véritables réformes dans notre contrée, une réforme dépassant simplement les aspects politiques et économiques du pays et prenant en main le mal qui vit au plus profond de notre société.
1) L'industrialisation est un échec destructeur. Nous devons donc mettre un terme à un développement industriel compromettant notre avenir. Il existe à notre époque d'autres chemins, plus clairvoyants qu'une industrie de grande taille, mais ceci demande d'abandonner la doctrine de la consommation de masse qui est la source de tous les maux modernes. Nous pouvons être technologiquement à la pointe, mais uniquement en misant plus sur le savoir que la production. La priorité dans une première phase doit être l'autarcie donc la production de nourriture, d'un système de santé efficace et de distraction mesurée complètement indépendant du commerce international. Dans un second temps, nous devons mettre les bases pour sécuriser ces acquis.
2) Le système des grandes villes n'a et ne marchera jamais dans notre contrée. Nous devons mettre fin à la concentration humaine dans les grandes villes ou au moins en donner une toute autre forme. Les villes doivent redevenir des unités autonomes, vivant des potages et fermes dans leurs enceintes et autour d'elles. Le Grand Chaos a démontré les effets catastrophiques d'une politique des métropoles car celles-ci n'ont aucune autarcie alimentaire.
3) La politique de la thalassocratie doit être abandonnée. Nous devons miser sur nos terres et uniquement sur elles. Ceci signifie donc aussi reprendre le contrôle sur les territoires de notre nation. La reconquête du Java et de l'Icario doivent être une priorité. Leurs populations devront soit être chassés ou exterminés à fin de permettre de créer des territoires agricoles sans soutien de produits chimiques et assurant l'autonomie alimentaire de notre pays. Le lien sacré entre la terre et notre peuple doit être restauré via une politique agricole de type naturelle et au centre de l'action publique. Ceci signifie en retour, un abandon de tout territoire hors la péninsule.
4) Nous devons unifier notre peuple. L'histoire nous a affaibli et conduite à nous diviser entre nous. Cette unification doit passer par l'adoption d'une idéologie capable d'assurer notre cohésion nationale. Le christianisme étant le culte de nos ennemis, ses prêtres et croyants doivent être forcés à l'abandon de leur foi ou exterminés. Le judaïsme doit être strictement encadré et contrôlé. Le culte novuniste, lui, s'est montré incapable de créer l'élan national nécessaire à notre unité. Il est faible, incapable d'assurer la mission et aussi de créer l'élan nécessaire pour la défense de la contrée. En vue de tous nos besoins, la religion doit être abolie et être remplacée par un Culte de la Raison, seule source de civilisation possible.
5) L'action culturelle doit être un point fort du travail du gouvernement. La primauté culturelle doit être assurée en tout instant en limitant au plus stricte la diffusion de cultures étrangères et en soutenant publiquement et financièrement la culture de notre peuple. Nous ne pouvons plus tolérés d'être envahis depuis l'extérieur et voir notre civilisation décrépir. L'élan doit venir de l'intérieur en luttant contre l'influence extérieure, mais aussi par une limitation stricte de l'immigration et l'importation de biens culturels. Egalement il est nécessaire de rompre les relations diplomatiques avec les pays du Vicaskaran car ceux-ci représentant une menace culturelle à l'encontre de notre pays.
6) La préservation des cultures locales doit être mise au centre du débat national. Il n'est plus acceptable d'autoriser la contagion culturelle étrangère, en étranglant en même temps toutes les cultures locales de notre contrée. La valorisation du local doit être une priorité afin de profiter de la richesse culturelle de la campagne.
C'est uniquement par une politique nouvelle, ferme et sans concession, que nous pourrons permettre à notre contrée de connaître une véritable renaissance. Le chemin parcouru par le gouvernement est faux. L'implication dans tous ces conflits étrangers ne fait qu'accentuer le besoin d'adopter les mesures nommées ci-dessus. La politique économique et sociale poursuivie ne conduit qu'à la ruine sur le long terme. La poursuite d’une expansion selon le principe de la thalassocratie est une erreur fondamentale et doit céder la place à l'unification nationale de nos terres historiques à fin de restaurer l'espace culturel historique. Nous devons donc engager dès aujourd'hui la lutte contre le gouvernement fédéral afin de remettre notre pays sur le droit chemin.
[center]~ Aharon Kallio ~[/center]
[/quote][/ve]
Posté : lun. mars 30, 2015 10:51 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 3 : Le triomphe de la chorocratie? -[/bask]
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[ve][quote]
[right]30 Septembre 2026 [/right]
Monsieur Örjan Liimo,
J'ai eu note de votre dernière lettre concernant cet auteur nommé Aharon Kallio et son écrit concernant la chorocratie. Je me suis en conséquence informé sur le contenu du dit traité afin de m'en faire une opinion propre sur ce que vous aviez jugé être « une perspective d'avenir viable » et « pleine de potentiel ». La lecture de ce texte me contraint de vous avouer d'être d'accord avec une grande partie des thèses émises, mais de n’avoir aucune considération pour les propositions concernant la diplomatie régionale et la religion.
La paix entre la Fédération, l'Icario et le Java est une chose sacrée et indispensable à la sécurité régionale. Beaucoup critiquent le Pacte d'Acier qui favoriserait massivement les deux républiques voisines, mais je vous dis que c'est uniquement par un tel accord en notre défaveur que nous pourrons le rendre durable. Nos partenaires doivent avoir la certitude d'en tirer davantage de l'accord que nous. Seulement ainsi nous pouvons préserver l'accord et à travers de lui la paix régionale. C'est un sacrifice que nous devons faire au nom de l'histoire qui nous unit.
Certains proclament que les Latins sont une race inférieure. Je vous dis que nous sommes tous, Tarnois ou Latins, les enfants d'une même mère. Le seul crime des Latins s'est d'être les fils de leurs pères. Que leurs ancêtres ont dévastés la moitié de notre nation est vrai, mais ceci s'est passé il y a trois siècles et nous devons désormais aller de l'avant avec courage. Nous avons bien plus de rancœur à tenir par rapport à la race wapongaise. Celle-ci mériterait d'être purgée de ce monde, mais à vrai dire, elle s'avère d'être une nuisance mineure. Laissons donc les rats vivre heureux, au moins jusqu'à ce que le chantier de Novakon soit fini. Ceci fait, nous aurons alors tout le loisir de les expulser de nos terres. Ils auront à partir de ce moment perdu tout intérêt.
Mais je suis sensible à la problématique des terres. Néanmoins je crains que conquérir l'Icario et le Java sera non seulement difficile, mais terriblement coûteux. Les relations diplomatiques qu'a notre pays risquent d'en pâtir au-delà du raisonnable. Mais il existe une alternative au projet de la conquête du Java et de l'Icario. Le terroriste Rohan, fils de Rohani, dirige actuellement les terres rebelles au Sud de la Cabalie. Dans un discours d'une qualité forte médiocre, démontrant avec clarté les limites de son esprit barbare, il a accusé notre contrée de pratiquer de l'impérialisme à Yellowknive. Nous pouvons nous attendre qu'une opinion similaire soit défendue par le Raksasa et l'Océanie dans leurs médias, peu enclins à l'objectivité.
Nous avions après l'ultimatum du Raksasa, engagé une politique favorable à la reconstruction de l’île et le retour des Pelabssiens dans leurs terres d'origine, politique toujours en cours. Néanmoins nous devons constater que cette inflexion de notre part n'a eu aucun effet sur l'opinion des puissances libérales. Nous sommes donc en cette heure-ci contraint d'assumer le dommage diplomatique de l'impérialisme, sans en jouir des fruits. Il semble plus que raisonnable de conclure que dans cette situation, le meilleur choix qui s'offre à nous c'est de commettre les crimes dont on nous accuse et en tirer profit. Si les puissances libérales nous accusent d'impérialisme, alors il est dans notre intérêt d'en faire car autrement nous ferons que subir les effets négatifs de ce système sans en jouir des bénéfices. Si on accuse d'être des exploiteurs, exploitons alors car le dommage moral nous est déjà acquis d'avance. Par conséquence l'idée de transformer Yellowknive en colonie agricole pour notre pays est possible. Ceci permettra d'y appliquer les principes chorocrates à grande échelle, ouvrant la voie à l'application de certaines idées de votre estimé collègue dans la péninsule et d'entamer le processus nécessaire à garantir l'autarcie de notre contrée. Les Pelabssiens seront toujours bienvenus et se verront offrir la possibilité d'acquérir des terres pour appliquer une agricole respectueuse de la nature. Notre politique actuelle n’est pas incompatible avec une réforme chorocrate.
Sur les autres points, je suis en accord avec les écrits d'Aharon Kallio à part concernant le Culte de la Raison. La masse de gens n'ont qu'un lien rudimentaire avec la Raison et c'est la religion qui est la plus naturelle à l'homme et la plus facile à manipuler par le pouvoir politique. Par conséquence l'établissement d'un Culte de la Raison semble peu propice en vue de la nature humaine et aussi l'histoire de notre pays. Néanmoins il est vrai que le culte novuniste souffre de structures théologiques trop souples et que nous manquons d'un moteur d'unité sur le plan idéologique. Une réforme dans ce domaine semble inévitablement s'imposer pour assurer le bien collectif. Seulement ainsi nous pourrons prévaloir face aux chrétiens, religion qui tente de conquérir ces terres depuis trop longtemps.
La marge des réformes possibles n'est pas petite. Markeson est un vieux dépressif qui ne fera pas long feu et je doute qu'il gouvernera beaucoup d'années. Déjà aujourd'hui, la moitié des affaires politiques ne font plus sujet d'un débat avec lui et il se concentre sur la politique étrangère qui est ce qu'elle est. Il n'est qu'un élément central et immobile. Certes, il fut un excellent leader durant l'époque du Grand Chaos, mais aujourd'hui, il s'avère incapable de finir la Révolution une fois pour toute. Renyï avait le défaut d'être trop doux, mais il était un homme qui avait poussé notre pays vers l'avant. Dommage que quelques sénateurs aient trouvé si intelligent de faire revenir un homme qui n'est pas fait pour la paix.
Je tenterais donc de voir de quelle manière nous pourrons faire avancer des réformes favorisant les idées applicables de votre cher ami écrivain. Néanmoins je dois vous avertir, il ne sera pas simple de convaincre les sénateurs proches du milieu des affaires d'engager une nouvelle politique économique qui mérite le nom de révolutionnaire. Il faudra agir avec prudence et patience.
Soyez donc assurés que je ne suis pas opposé aux idées d’Aharon Kallio. Comme lui, je pense que l'industrialisation forcée n'apporte pas la prospérité dont notre peuple a si ardemment besoin et que nous avons intérêt de tenter une nouvelle approche s'inspirant de la chorocratie et des valeurs véritablement humanistes. Bien évidemment après avoir fait une synthèse avec notre culture et nos mœurs politiques.
Respectueusement votre,
[center]~ Mirk Valahr ~
Vice-président de la Fédération[/center]
[/quote][/ve]
Posté : mer. mai 06, 2015 11:55 am
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 4 : L'infâmie des Indiens -[/bask]
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[ve][quote]
[right]1 janvier 2027[/right]
Mon cher ami,
Vous n'avez certainement pas manqué d'entendre que l'Empire orientale s'avance avec une rapidité digne des hordes mongoles dans les steppes des anciennes USP. Leurs troupes conquièrent les anciennes métropoles tenues en mains des troupes de la Main noire. Si notre continent tremble sous les bottes de ces néo-conquistadors, un danger plus terrifiant s'élève à l'horizon. Les tributs indiennes dont on ignore les origines exacts et semblant sortir du néant, envahissent les terres conquises par la Fiémance avec le soutien de cette dernière. Des villes splendides et riches comme New Heaven sont pillées par ces sauvages et ils érigent des autels depuis lesquels ils font distribuer de la viande et du sang humain comme le veut les concepts de la religion chrétienne qu'ils ont adoptés récemment.
Si ces images sont terrifiantes, nous ne devons pas oublier que nous avons commis l'imprudence de laisser ces sauvages entrer dans l'enceinte de notre patrie. C'est dans un acte de faiblesse que le président Markeson a autorisé ces barbares de prendre pied dans notre péninsule. Mais pourquoi ce fait est si inquiétant ?
Il faut savoir que tout sépare notre civilisation de la culture des Indiens. Les Indiens refusent l'agriculture et s'adonnent à un nomadisme primitif et cruel. Ils n'ont aucun respect de la création car ils tuent sans vergogne des animaux qu'ils pourchassent à dos de cheval. A la place de suivre la voie civilisée qu'est l'agriculture car en fusion avec la terre, ils préfèrent massacrer les bisons pour s'emparer de leur viande. Nulle créature n’est sauve de leur barbarie. Aussi, leur esprit est très maladif. Ils ne savent ni lire ni écrire et donc faire partager la sagesse des anciens avec les plus jeunes générations. Ils s'adonnent à réciter des histoires sans sens et sans moral. A la place de former des citoyens loyaux, justes et patriotes, ils ne créent que des semi-animaux terrorisant les autres créatures de ce monde.
Notre peuple est venu sur ces terres il y a trois millénaires. Nous avons établis la paix avec les animaux en protégeant les vaches pour en recevoir leur lait qui nourrit depuis nos enfants. Nous avons aussi adoptés les chèvres, les poules et les moutons dans nos communautés. Chaque créature nous a apporté un bénéfice et nous les avons remerciés en assurant la protection de ces nobles créatures contre leurs prédateurs. Nos corps n'avaient pas besoin de tuer pour vivre car notre ancêtres ont su que la terre provient à tous ses enfants. Par les plantes, nous avons toujours su tirer la force nécessaire à l'épanouissement de nos esprits et nos corps.
Il est un mythe moderne de dire que les plantes ne proviennent pas en tout au corps. C'est tout simplement que les gens qui disent ceci, ne connaissent pas toute la richesse de la table que nous dresse la nature. Depuis, nous avons aussi rencontrés d'autres peuples. Nous sommes ainsi allés en Icario et en Java, apprenant aux Indiens locaux que tuer des animaux n'était pas juste et en leur enseignant la voie de l'harmonie. Nous avons aussi apporté l'écriture et l'amour des belles choses. Jamais une tyrannie ne fut plus douce que la nôtre et même les peuples contemporains peuvent en témoigner. Astarans, Jabo, Tae Wan et la Nueva Esperanza nous accusent de bien de crimes, mais aucun n’ose proférer l'accusation de violence à leur encontre ou leur culture. Ceci est aussi la raison pourquoi les Wapongais nous détestent, car ces gens ne respectent que la violence et la cruauté des plus forts et non la sagesse des faibles. Les Indiens sont de la même nature. Pouvant que vivre par le meurtre des autres créatures, leurs âmes sont noircies par la soif de sang et le plaisir de tuer.
Il ne fait aucun doute que les Indiens nous sont inférieurs en tout point. Alors que nous sommes capables d'accueillir tout peuple, toute culture en paix et en assurant l'harmonie, les Indiens vivent de la haine des autres. Ils prétendent ainsi avoir un droit à la haine par la souffrance de leurs très lointains ancêtres. Néanmoins si nous observons leur passé, nous voyons qu'il ne leur n'est pas arrivé injustice, mais qu'ils ont récoltés ce qu'ils ont semés. Durant des générations ils ont massacrés les animaux et c'est alors que les Dieux les ont punis en permettant aux conquistadors de les chasser comme ils l'ont fait avec les bisons. Leur défaite face aux Numanciens est une preuve supplémentaire de leur caractère primitif. Alors que notre peuple était plus divisé que jamais, plus faible qu'en tout autre moment historique, nous avons su faire un corps unique à Manzikaron et battre les troupes impériales en chassant les Almérans au-delà des mers internes. Nous avons triomphé car la nature était de notre côté. Les moustiques se sont levés en communion avec nous pour harceler les étrangers et leur infliger des fièvres terribles. Les historiens narrent comment les Numanciens ont été ravagés par les fléaux que nos amis, petits et grands, leur envoyaient. Les Indiens ont été vaincus en raison de leur faiblesse morale et leurs crimes passés. Il n'existe aucune autre explication à ceci.
Les Indiens n'ont donc aucun droit et aucune excuse pour leur haine. Au contraire, leur rage actuelle renforce encore l'illégitimité de leurs actions. S'ils se seraient assagis, ils cesseraient de tuer les animaux et commenceraient à semer des champs, construire des maisons et prendre soin d'eux. Ils adoraient les dieux de leurs ancêtres et pas un démon venu d'outre-mer demandant que chaque dimanche, on verse du sang et de la viande humaine pour sa satisfaction démoniaque. Mais il est fort à craindre que ceci n'aura jamais lieu. Depuis des millénaires, les Indiens terrorisent ce continent pendant que notre peuple offre aux pauvres animaux un refuge de leur fureur. Il est donc de notre devoir de combattre ces sauvages avec toute notre force pour le bien de la création et du continent. Les Dieux et la Nature le veuille ainsi.
Bien à vous,
[center]~ Zackarias Jokela ~
Membre de l'Académie de Titanua[/center]
[/quote][/ve]
Posté : mar. juil. 14, 2015 8:39 am
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 5 : Tae Wan : être ou ne pas être tarnoise -[/bask]
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[ve][quote]
[right]11 août 2027[/right]
Mon cher collègue,
Vous m’avez interrogé dans votre dernière lettre au sujet de la fameuse question taewanaise. Presque partout on peut voir les gens se disputer sur la question si le Tae Wan doit être soutenu ou pas contre les nombreux vautours qui l'encerclent. Certains disent que le Tae Wan est une terre tarnoise, alors que d'autres lui refusent une telle appellation. Sans surprise, vous me verrez du côté des derniers. A mes yeux, le Tae Wan n'est non seulement pas tarnoise, mais en plus nous impliquer dans les affaires de cette île n'a aucun sens.
L'ancienne Fédération avait été incapable de répondre aux besoins des populations de la péninsule. Une grande partie de ressources financières partaient à l'étranger vers des contrées sans lien historique avec nous comme l'Astara, le Jabo, le Tae Wan et les états alliés. On prétendait vouloir étendre la Révolution suniste par des moyens pacifiques. Si la Révolution a eu des succès, arrivant même à créer quelques micro-partis à l'étranger et à s'installer temporairement à Urba, elle ne fut pas profitable au peuple. Le slogan «Paix, Progrès, Prospérité » était que partiellement appliqué. Certes, on assurait la paix et ce fut le principal achèvement de la Fédération, mais cette paix était précaire comme l'a montré la Guerre du Vicaskaran. Le progrès, lui, était tout relatif car on avait fait des grandes prouesses dont le peuple n'a pas profité. Concernant la prospérité, elle était que du côté des méga-conglomérats industriels comme le Baal Group.
La nouvelle Fédération s'est dépouillée des états faibles comme l'Astara, le Tae Wan et le Jabo. Nos dirigeants ont su ne pas succomber à la folie de l'aventure étrangère et ont privilégies le renforcement national. Par conséquence, nos ressources financières ne sont plus dirigées en premier lieu vers l'extérieur, mais vers le développement interne. Voici les preuves. Jamais notre pays n'a connu de programmes de redressement aussi massifs. Ils sont le symbole de la création d'un pouvoir banco-industriel renouvelé qui sert maintenant le peuple. Si vous allez aujourd'hui dans les petites villes, vous verrez que partout des gens ont lancés des chantiers pour construire leurs logements soit avec la force de travail de leur famille soit en collaboration avec des entreprises locales. La politique coopérative du président Valahr a favorisé les petites et moyennes entreprises qui désormais créent un tissu industriel fort, flexible et proche du peuple. Ceci prendra du temps avant de porter ses fruits, mais on peut voir que l'arbre pousse. Sachez que jadis, si vous sortiez des grandes villes, vous auriez constaté que rien ne bougeait et que bien de gens vivait sous l'ancienne Fédération comme sous l'Empire. Ceci était le produit de l'idéologie dominante. Les Sunistes voulaient changer le monde, pas la péninsule.
On a beaucoup méprisé Bas Markeson. On le disait faible et tyrannique. La vérité est qu'il fut bien un despote, mais le plus doux de tous. Sa « tyrannie » a rompu avec les excès du passé et établi les bases pour la modernisation nationale. Si Renyï a pu démocratiser la Nation, ce fut car Markeson avait éloigné le spectre du chaos et de la faim. Si Valahr peut fonder une nouvelle économie, plus humaine et saine, c'est car Markeson a pacifié les contrées. Au-delà de toutes ses faiblesses, il servit son pays comme aucun chef d'état auparavant. Ce petit militaire, homme meurtri à vie par la perte de sa femme et son enfant, a régné comme ne le fit aucun monarque auparavant. Ce dévouement est allé si loin qu'il a refusé le pompe en toute circonstance. La preuve est donnée par le fait que tous sont incapables de dire où repose son corps aujourd'hui. Il ne gît pas dans un mausolée, mais dans une tombe anonyme. Il faudrait ouvrir toutes les tombes du peuple juif dans la péninsule pour avoir l'espoir de retrouver son corps.
Nous devons par conséquence maintenir le cap fixé par Markeson. Le Tae Wan n'est pas tarnoise, c'est une terre lointaine qui est militairement indéfendable et dont la richesse des sols ne mérite pas l'effort. Nos ressources doivent aller à la péninsule et non à un îlot au bord des rivages du Jeekim. Nous en avons tout à gagner à nous focaliser sur notre véritable territoire national et notre région historique qu'est le Vicaskaran occidental. La dernière annonce économique le prouve : l'accord signé avec le Java est sans précèdent pour notre pays. Il est le symbole de plusieurs changements de fond et du succès de la politique actuelle.
Premièrement, il témoigne d'une nouvelle force économique. Libérés de la tutelle économique du Baal Group, nous avons désormais un système bancaire fort, renforcé dernièrement par la création de la Banque fédérale d’investissement. Cette situation nous permet d'avoir les moyens financiers de faire des investissements économiques majeurs aux apports politiques, commerciaux et diplomatiques importants. Les 45 milliards de dollars investis au Java feront inévitablement des petits dont nous profiteront pendant longtemps. On parle déjà, une fois l'investissement amorti, de lancer avec l'argent de la rentre pétrolière des projets d'infrastructure régional d'ampleur. Aussi, l'accord conclu est bon car il profite à tous. Le gouvernement javaïte aura une part de la rente pétrolière, permettant de rendre l'accord durable car profitable à tous, mais aussi de renforcer politiquement notre partenaire. Notre pays, lui, aura un accès sécurisé au pétrole et aussi participera au marché lucratif des hydrocarbures.
Deuxièmement, il correspond aussi à une coopération et un commerce régional dont la péninsule profite en première. Si le Java se renforce dans le secteur des hydrocarbures, il aura besoin de plus d'espaces portuaires dans la péninsule et de faire appel à plus de camions et de services tarnois. Aussi, l'accès au pétrole mettra un terme aux peurs de nos entrepreneurs d'une nouvelle crise économique majeure et permettra de nous appuyer davantage sur le commerce régional que sur le commerce extracontinental.
Notre pays ne veut plus changer le monde, mais celui du sort du peuple donc de créer les conditions d'une véritable modernisation qui doit aller jusqu’à la campagne. Ceci passe en partie par la création d'un espace économique régional plus grand que la péninsule dont l'Icario et le Java font sans aucun doute partis. Les rêveries thalasocratiques doivent pour cette raison cesser et nous sommes sur le bon chemin pour abattre définitivement la Bête suniste. Nous ne devons pas compromettre ce processus en allant faire des aventures au Tae Wan. Il est préférable d'investir davantage chez nous, dans la péninsule, en Icario et au Java qu’au-delà des océans. Nous en tirerons un véritable profit sur le long terme.
Concernant l'argument que les colons de Tae Wan sont nos frères, nous ne devons pas oublier que ceux-ci ont librement décidés de se séparer de nous. Si les autorités de Nueva Esperanza ont été assez honnêtes d'avouer qu'ils l'ont fait par peur de voir le chaos politique se répandre chez eux, une telle excuse n'existe pas pour les autorités du Tae Wan. Ils ont voulus la liberté ? Qu'ils en assument les conséquences. Notre pays n'a pas à assurer la défense de ceux qui quittent le navire aux moments les plus difficiles.
Tout ceci me convainc donc que le Tae Wan doit être laissé à son sort et que nous gagnerons beaucoup à nous focaliser à nouveau sur nos affaires intérieures. Laissons le monde se battre pour ce caillou. Nous avons ici un continent à notre disposition et des plaines si fertiles, qu’ils peuvent nourrir un milliard d’humains.
Bien à vous,
[center]~ Zackarias Jokela ~
Membre de l'Académie de Titanua[/center]
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Posté : mer. août 12, 2015 9:11 am
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 6 : Sur le Valtio Safiiri -[/bask]
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[ve][quote]
[right]5 novembre 2027[/right]
Très estimé confrère,
Je vous écris afin de vous informer qu'une dizaine de sénateurs et ma personne, ont déposé une motion visant à modifier la constitution de notre pays. Vous aurez sans aucun doute déjà eu vent de son contenu. Nous visons à mettre un terme à l'appellation de Fédération d'Aquanox et son hideux drapeau, hérités d'une époque profane et meurtrière. Vous pouvez vous questionner sur la pertinence de notre démarche ? Je vous dis que le temps est venu de procéder à un divorce sans concession avec le Sunisme. Cette idéologie criminelle doit être combattue jusqu'à dans les plus petits détails.
Quand le Grand Chaos a frappé notre pays, les rebelles antimonarchistes étaient contraints de trouver une appellation pour leur cause. Il était à l'époque logique de prendre le nom de Fédération d'Aquanox. Ce nom invoquait des principes républicains connus et avait une certaine légitimité aux yeux de la population. Cependant, c'était aussi le nom de l'idéologie, qui a contraint notre pays à financer un projet de révolution mondiale utopique. Une grande partie des causes du Grand Chaos peuvent être imputées au gouvernement suniste. Néanmoins, nous ne pouvons pas condamner les généraux pour avoir repris ce nom et ce drapeau. Ils ont bien agis dans les graves circonstances de l'époque. Aujourd'hui, la situation a heureusement changé. Les famines et les exodes des années 2022-2023 sont finis. Notre gouvernement est fort, les institutions ont su montrer leur force et le pays est unifié selon les principes des nationalités. Nous nous sommes aussi libérés de l'héritage géopolitique du Sunisme, en libérant les pays asservis par cette idéologie. Le temps semble donc venu de surmonter ce provisorium qu'est le nom de Fédération d'Aquanox.
La Fédération d'Aquanox est un terme aberrant en soi. Beaucoup de gens savent que l'Aquanox est la terre mythique d'origine de notre pays et qui aurait existé au Nord du Vicaskaran, au moins selon l'historiographie récente. Comme le jardin d’Éden chez les chrétiens, l'Aquanox serait un paradis perdu. Quand les révolutionnaires ont pris le pouvoir en 2013, ils ont aussi repris le terme d'Aquanox dans l'objectif de recréer symboliquement ce paradis perdu, pas seulement sur la péninsule tarnoise, mais au niveau mondial. Heureusement, ils ont échoués. Le nom de Fédération d'Aquanox, est donc un terme purement suniste et qui n'a pas de place dans cette nouvelle république, qui est née après le Grand Chaos. Le temps est donc venu de rompre avec ce dernier vestige de l'utopie suniste.
Nous avons besoin d'un nom qui incarne au mieux l'âme de notre pays. Certains parlent d’utiliser le terme d'imperiumi, mais je le rejette. Nous sommes une république, qui a combattu et surpassé la monarchie. Ni kansteltantum, ni imperiumi ont leurs places. Les Tarnos ont été vaincus par l'Histoire, et le seul héritage qu'ils ont laissé, c'est quelques ruines. D'autres parlent du terme Valtio tarnos, le Commonwealth tarnois. C'est un nom que je serais capable d'apprécier, mais je pense qu'il a pour défaut de vouloir lier notre état aux seules races tarnoises. L'histoire récente a changé ceci. Les peuples latins de l'Est ont cessés d'être nos ennemis et sont aujourd'hui nos frères. Le dragon aux trois têtes a cédé à celui aux quatre capitales et aux deux religions. Nous ne sommes pas destinés à nous contenter de la péninsule tarnoise, mais de toutes les plaines du Vicaskaran central jusqu'aux montagnes orientales du Java. Tous les peuples entre le Namikon et les volcans de l'Est du Java partagent une histoire commune, un patrimoine culturel et une volonté de vivre en paix et en harmonie. C'est ensemble que nous avons lutté contre l'oppression du Numancia, chacun en son siècle et c'est aussi d'un commun accord que nous tendons à créer cet espace de paix et prospérité, qui est en développement.
Il convient donc de trouver un nom qui corresponde à l'âme de notre continent. Ma proposition est donc d'adopter le nom de Valtio Safiiri, car il correspond au mieux aux idéaux républicains de notre temps. Valtio, car nous sommes des peuples unis dans un commonwealth et Safiiri, car il symbolise avec excellence notre histoire commune. Le Sunisme avait pour habitude de considérer l'acier comme le symbole de son idéologie. C'est un produit industriel, issu du fer de la péninsule tarnoise, mais utilisé pour construire des industries à l'étranger. Ce symbole de modernité, était aussi un signe de notre oppression. Nous étions les esclaves de l'idéologie suniste. Ce culte de l'acier alla aussi loin qu'on surnomma Gorun Sun, en secret, Stahline, ce qui signifie en almeran : l'homme d'acier. Le terme a été plus utilisé par ses ennemis que ses adorateurs. Ces derniers préféraient l'appeler Leader, mais le dieu unique et multiple (1) sait qu'ils auraient été capables de faire du nom de Stahline, un titre honorifique. Nous n'avons donc aucun intérêt à reprendre ce lugubre culte de l'acier. Notre objectif doit être de prendre un symbole mieux adapté à la pensée contemporaine.
Le safiiri convient à nos besoins et il fait partie de notre histoire. Quand le missionnaire Jean Chrysostome arriva au courant du 16ème siècle, il fut émerveillé par la richesse de la cour impériale. Il faut savoir que le choc avait été grand pour les Almérans, quand ils virent l'Astara tomber sous les coups d'une puissance inconnue. Du jour au lendemain, l’île succomba à une armée semblant être venue de nulle part. Rapidement, les plus instruits des ambassadeurs almérans découvrirent que l’île appartenait à un souverain d'outre-mer. Ce fut peut-être ça, qui créa leur fascination pour le Vicaskaran.
C'est ainsi que parmi les Hellènes, des missionnaires se mirent en route pour suivre les routes commerciales de l'Astara vers la péninsule tarnoise. Jean Chrysostome fit de même et finit par accéder à la cour d'Orkmon II. Il vit ces étranges coutumes et un mode de vie perdu depuis longtemps en Alméra. Les femmes étaient libres, les religieux n'avaient pas abhorré le savoir et l'aristocratie était presque inexistante. Ce qui le marqua cependant le plus le jeune prêtre, fut l'abondance de joyaux bleuâtre. Ignorant tout sur le théodian, il partit du constat que ces pierres bleu devaient être des saphirs. Dans ses lettres à l’archevêque d'Aghdapur, il parla en conséquence du pays des saphirs, quand il mentionnait la péninsule tarnoise. Ce jeune missionnaire était convaincu que les saphirs existaient en abondance sur ces terres et que sans aucun doute, d'autres richesses, surtout de l'or, devaient reposer dans ce royaume cerné par trois chaînes de montagnes. Comme il était coutume en ces temps, la lettre circula largement parmi les milieux intellectuels almérans, invoquant l'avidité des pires éléments. Ce fut qu'à son retour en Astara que le gouverneur local, lui dit qu'il avait fait erreur et que la terre du Tarnosia était, certes, fertile, mais bien pauvre en or, saphir et diamant.
Le saphir incarne avec beaucoup de beauté, la confusion qu'engendre le premier contact entre deux peuples. Il représente d'une part une vision almérane du théodian, mais aussi est une pierre précieuse des plus nobles. Cette pierre d'un bleu pur semble donc avoir tout pour désigner l'idée que nous voulons avoir de notre pays. Notre contrée doit embrasser les nombreux héritages qu'elle contient. Elle doit unir l'Occident avec l'Orient. A la place de la symbolique militaire, froide et cruelle de l'acier, nous devons adopter celui d'une pierre précieuse, belle et dont le seul but est de plaire aux yeux de l'observateur. Pour cette raison, le nom de Valtio Safiiri est le meilleur choix.
Bien à vous,
[center]~ Myriom Krason ~
Sénateur, membre des Raptors[/center]
[/quote]
(1) L'expression « le dieu unique et multiple » est issu de la théologie oeconomique, un mouvement intellectuel composé de théologiens catholiques de la Nueva Esperanza et de prêtres péninsulaires du Culte. Selon cette théologie, condamnée par le Saint-Siège, Dieu serait présent sous deux formes. La première serait la structure trinitaire catholique. La deuxième serait ses différentes émanations incarnées dans les dieux du Culte. Ce fut une tentative d'unifier religieusement l'Empire tarnois en combinant théologiquement le christianisme et le paganisme impérial. Le terme est largement utilisé après le Grand Chaos par les adeptes d'une cohabitation entre Tarnois et Latins. Ces politiciens, souvent de Nueva Esperanza et du Sud de la péninsule, n’utilisent pas l'expression « par dieu » ou « par les dieux », mais celle de « par le dieu unique et multiple ». Ce mouvement vise à surmonter la division religieuse non en adoptant une posture laïque, mais une approche panthéiste.[/ve]
Posté : lun. août 17, 2015 6:03 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 7 : Le Grand Chaos -[/bask]
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[ve][quote]
[right]21 novembre 2027[/right]
Extrait du Dictionnaire de la République
Introduction
Beaucoup d'historiens considèrent la période du Grand Chaos, époque s'étendant de 2022 à 2024, comme l'ère la plus catastrophique de la civilisation tarnoise. Cependant, en quoi consiste cette période dite du Grand Chaos ? Quels ont été les conséquences sur le long terme pour la société tarnoise ?
Un bref résumé
En Janvier 2022, la Rostovie lance une attaque massive à l'encontre des Etats-Unis de Pelabssa. Au moment des faits, la péninsule tarnoise est contrôlée par une monarchie, dite des Rois plébéiens. Le souverain du Royaume tarnois est un monarque catholique, issu de la basse noblesse de l'Ancien régime, qui prend sa légitimité par son élection. C'est un régime semi-constitutionnel, qui vise à éliminer les influences du régime républicain de la Fédération d'Aquanox et à restaurer les traditions tarnoises, en adoptant en même temps le monothéisme chrétien. Ce régime n'est pas incontesté. Beaucoup de militaires et d'intellectuels sont proches du milieu républicain. Si beaucoup d'entre eux ont perdus leurs illusions dans la Révolution suniste, ils continuent à aspirer à un état non-monarchique. Ils sont rejoint dans leur opposition à la monarchie par les prêtres du Culte et des nombreux hommes d'affaires ultra-conservateurs, fidèles au Culte.
Économiquement, l'économie tarnoise de l'époque est tournée vers l'exportation. Chaque jour des centaines de cargos amènent du pétrole, du gaz et des matières premières, qui sont transformées dans les usines tarnoises et ensuite réexportées vers le Raksasa et l’Alméra. La demande en matière première est gigantesque et ne permet pas la création de grandes réserves. De nature capitaliste, l'économie péninsulaire est sous l'égide de deux grands groupes internationaux. Le premier est le Baal Group, un conglomérat financier ayant massivement investi dans l'économie tarnoise et qui détient presque la moitié des entreprises du pays. L'autre groupe est la Scylla Corporation, un ensemble de groupes mafieux, qui investissent également dans les usines de la péninsule.
La guerre entre la Rostovie et les USP a des conséquences dramatiques. Avec la destruction des principaux centres financiers des USP, le Baal Group perd des milliards, poussant l'entreprise au bord de la faillite. Des centaines d'usines ferment du jour du lendemain. En même temps, la guerre sous-marine, conduite par la Rostovie, met un terme au commerce sur l'océan makan. En quelques heures, l'accès au pétrole, au gaz et à l'uranium du marché mondial disparaît. A la crise économique, suit donc une crise énergétique. Une semaine après le début de la guerre sous-marine, l'ordre social s'écroule dans les principales métropoles de la côte ouest de la péninsule. Ces cités vivaient du commerce international et leur ravitaillement en nourriture était assuré d'une part par les livraisons venues de l’étranger, mais aussi via les camions amenant la nourriture depuis l'Est agraire vers les grandes métropoles de l'Ouest. La fin du commerce mondial, mais aussi l'absence d'essence pour les camions, conduit à isoler les grandes villes de l'Ouest de tout ravitaillement maritime et terrestre.
Deux mois après la fin du commerce maritime, les premiers habitants des villes de l'Ouest se mettent en marche vers l'Est. Des millions de gens tentent de rejoindre les territoires à l'Est de l'Argon, zones où l'agriculture a été fortement développée sous la Fédération et qui sont faiblement peuplées. Cet épisode est connu comme l'Exodus et fut le plus grand déplacement humain qu'a connu la péninsule tarnoise depuis la nuit des temps. En estime qu'environ deux cent millions de personnes ont été déplacées dans le cadre de l'Exodus, dont un quart sont morts de faim ou de maladie. Le mouvement des populations est toujours le même : les gens quittent les grandes villes des côtes orientales, affamés, pour franchir l'Argon et rejoindre les provinces agraires de l'Est.
Sur le plan politique, la monarchie s'écroule dans le chaos général. Entre temps, les régions de l'Est, épargnés par la famine, déclarent la renaissance de la Fédération d'Aquanox. Les provinces orientales sont soumises à la loi martiale, instaurée par les généraux des divisions militaires installées sur place et qui vise à assurer un minimum d'ordre. Le régime militaire se montre draconien, mais arrive à garantir dès 2023 la paix sociale et un ravitaillement en nourriture permanent. Ceci se fait au prix de couvre-feux, de stricts rationnements, de points de passage sur les ponts de l'Argon, d'une économie planifiée et d'une lutte brutale contre toute forme d'opposition politique. La république tarnoise est en 2023, après la Rostovie de la Main noire, le régime le plus totalitaire au monde. Depuis la Mer orientale jusqu'à l'Argon, ce sont les bottes et les fusils qui gouvernent.
En 2024, les historiens considèrent la période du Grand Chaos comme terminée. Il n'y a plus de majeur déplacement de populations et un certain retour au calme s'installe dans la péninsule. Le résultat est effrayant : le 31 décembre 2024, la moitié de la péninsule a été transformé dans un no-vaste man's land et 50 millions de morts gisent sur les routes entre les anciennes métropoles de l'Ouest et la nouvelle Fédération d'Aquanox à l'Est. Des villes comme Borisk ne sont que peuplées par quelques milliers d'habitants, qui vivent dans des centre-villes fortifiés et barricadés. Les autres quartiers sont envahis par la végétation et tombent en ruines. Des cités comme Novaparte et Namikon ont reconstruits des murailles pour se protéger des bandes de pilleurs, formant des cité-états coupées du reste du pays par le no-man's land.
Impact social : la mort comme obsession
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Le Grand Chaos a été marqué par le plus dramatique recul démographique de l'histoire tarnoise. Si la croissance démographique de l'Est de la péninsule diminue statistiquement le recul démographique, le nombre de morts causés par le Grand Chaos est impressionnant. On estime entre 40 à 70 millions de fatalités imputables au Grand Chaos. Une grande partie des gens meurent de faim durant l'Exodus ou sous l'effet des nombreuses maladies, qui ravagent le pays. Même à l'Est, la peste et le choléra frappent les cités durant les périodes les plus chaudes, causant des milliers de morts dans les camps de réfugiés saturés, faute d’accès aux soins et à l’hygiène élémentaire.
L'omniprésence de la mort provoque l'émergence de mouvement religieux jadis minoritaires. Le christianisme avec son eschatologie croit très fortement en cette période de crise. Les divinités les plus violentes du panthéon tarnois se retrouvent aussi au centre de l'attention religieuse. Les rares artistes en activité consacrent la plus part de leur temps à des fresques montrant la mort sous tous les angles. Comme dans l'Alméra médiéval, la mort devient un sujet artistique central. Des versions tarnoises de la Danse macabre font leur émergence sur les murs des bâtiments publics. Les fossés communs autour les grandes villes se retrouvent aussi ornées avec des représentations en bois d'une créature squelettique armée d'une faucille.
Au plus fort du Grand Chaos, on constate le retour des rites de sacrifices, surtout parmi les villes de l'Argon. Dans une première phase, on constate une hausse des sacrifices animaliers, mais le chaos toujours grandissant, provoque les premiers sacrifices humains. Dans l'ombre des sacrifices humains sont aussi organisés les premiers pogroms à l'encontre des étrangers. Certains dénoncent la présence des étrangers et voient un lien entre la venue des immigrants et les malheurs qui s'abattent sur le pays. D'autres, surtout parmi le gouvernement provisoire de la Fédération d'Aquanox, viennent à la conclusion que le pays ne dispose pas d'assez de nourriture. En conséquence, les étrangers sont systématiquement expulsés des villes ou dans des cas extrêmes, tués et mangés. Les populations étrangères qui arrivent à échapper aux pogroms sont surtout les Vieks et les ressortissants du Makengo. Comme ces populations sont installées surtout à l'Est et détiennent des nombreuses exploitations agricoles au bord de la Mer orientale, les gouverneurs locaux les protègent, car les paysans vieks et makengais contribuent au ravitaillement des villes. Le traitement des étrangers varie donc énormément entre ceux, qui travaillent la terre et ceux qui ne le font pas. Le premier groupe jouit d'un prestige social fort et de l'appui des autorités, pendant que le second est systématiquement persécuté.
Impact culturel : de la dictature du bien public au casernisme
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Surtout à l'Est, le Grand Chaos favorise l'émergence d'une république hautement militarisée. Avec l'écroulement de l'administration royale, c'est l'Armée qui reprend en main les affaires publiques et qui impose son autorité. Les conditions extrêmes provoquent l'établissement d'un rationnement strict de la nourriture, des lois très dures dans le domaine de la lutte contre la criminalité et aussi un contrôle presque absolu sur l'économie. La Fédération de l`Aquanox du Grand Chaos a souvent été comparée avec le régime de la Rostovie de Terienkov. Cependant, des différences notables existent entre les deux régimes. Le plus important est le rôle de la Terreur. Le Grand Chaos déstabilise profondément la société tarnoise et provoque une véritable terreur du lendemain. Cette terreur n'est pas comme en Rostovie créée et entretenue par l’État, mais endiguée par ce dernier. C'est le contrôle militaire de la société et la politique draconienne de l'Etat tarnois, qui garantissent le ravitaillement en nourriture et l'ordre public. La terreur vient donc de la nature et non de l’État. Le rapport du citoyen à l’État est donc fondamentalement différent, même si dans les deux pays, ce dernier est une institution répressive et totalitaire. Dans la péninsule tarnoise, le citoyen se soumet à l'Etat non par crainte, mais car il estime que sa survie est le mieux assuré, en abandonnant sa liberté à cette entité militariste. Certains penseurs parlent dans ce cas de casernisme donc d'une société où chacun est soumis à un régime juridique et social proche du soldat.
Cette transformation ne reste pas sans conséquence. Avant le Grand Chaos, l'intellectuel moyen tarnois est un homme progressiste, internationaliste et plutôt libéral. Dans le cadre du casernisme, les principaux penseurs des années 20 se montrent hautement nationalistes, intéressés par le local et favorable à un régime autoritaire. Certaines pratiques héritées de la dictature totalitaire ont survécus jusqu'à aujourd'hui. Durant la crise, les dirigeants de la Fédération d'Aquanox manquaient cruellement de fonctionnaires compétents. C'est alors qu'ils ont introduit le recrutement des fonctionnaires avec l'aide d'une série d'examens devant permettre aux meilleurs talents d'entrer dans l'administration. Encore aujourd'hui, l'élection du Sénat se fait avec cette méthode, donnant la priorité non à la représentativité, mais au mérite.
L'émergence d'un régime autoritaire s'est fait en premier lieu par la nécessité de restaurer l'ordre dans une société traumatisée par le Grand Chaos. Cependant, ce besoin a engendré sur moyen terme une nouvelle culture, plus nationaliste et qui contribua sur le long terme à définitivement enterrer l'idéologie suniste. La pensée politique adopte des principes survivalistes au détriment des grands concepts utopiques des années dix. Aussi, le rapport entre le citoyen et l’État s'est modifié, devenant nettement plus direct et plus émotionnel. A la fin, la pensée politique du Grand Chaos, l'Etat monarchique est aperçu comme coupable de la crise, alors que l’État totalitaire de la République, est vu comme une entité toute-puissante et bénévole, presque paternelle. Dans beaucoup de lettres, des citoyens et politiciens se réfèrent au Président de la Fédération avec le nom d’isä, terme qui veut dire père en tarnois.
Conclusion : un nouveau monde ?
Le Grand Chaos est un événement majeur de l'histoire tarnoise. Par son impact, il a modifié la culture, la politique, la vision sociale et surtout la face de la civilisation tarnoise. Il brise les mouvements utopiques des années 10, dévaste l'idéal monarchique en faveur de celui de l'Etat-Père, institution qui prendra sa forme définitive sous Markeson. A certains égards, on peut faire le lien entre le Grand Chaos et la Grande Peste, celle ayant frappé l'Alméran au Moyen-âge. Tous les deux événements provoquent un traumatisme collectif, qui contribue à changer radicalement les mentalités et le mode de vie. Une ville comme Borisk, que certains étrangers pensent encore la capitale de la Fédération, n'est plus qu'un champ de ruines, pendant que des villes inconnues il y a vingt ans deviennent des métropoles à l'Est. Triikon, petite ville de campagne, est devenue le principal port commercial de la péninsule tarnoise. Sayakon, ancienne base militaire, est une ville atteignant presque dix millions d'habitants.
Jamark Vahr, historien et politologie a résumé l'impact politique du Grand Chaos de la manière suivante. Peut-être que ceci est la meilleure manière de conclure un texte consacré au Grand Chaos.
« L'Argon était avant le Grand Chaos, l'axe centrale de la péninsule, le cœur de son système de transport Aujourd'hui, ce grand fleuve est la frontière occidentale de la Fédération. Namikon et Novaparte, fières cités de l'Empie, ne sont plus que des colonies perdues au-delà du no-man's land, terre qui jadis avait été le foyer de la moitié du peuple tarnois. La lumière de l'universalisme suniste s'éteint et le feu nationaliste brûle avec vigueur dans les contrées entre l'Argon et la Mer orientale. Le Grand Chaos a mis fin à quatre millénaires d’histoires et mis la base pour les quatre prochains à venir. »[/ve]
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Posté : sam. sept. 26, 2015 9:29 am
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 8 : Sur les conditions d'un pouvoir fort -[/bask]
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[ve][quote]
[right]17 mars 2028[/right]
Votre Majesté,
Nous vous écrivons en raison de notre absence de la cité. Comme convenu, nous sommes à l'heure actuelle en voyage en direction de Ceuta afin d'entamer avec les autorités d'Icario des premières tentatives de négociation concernant un potentiel second accord de rapprochement. Un tel traité pourrait être stratégique dans notre objectif de sécuriser définitivement la région des ambitions du Ranekika et du Khaldidan.
Sans aucun doute, vous êtes au courant que bien de gens à l'intérieur du pays et à l'étranger comptent sur notre échec. Ceci n'est aucunement regrettable, car nous pouvons ainsi être certains qu'ils ne feront rien à notre encontre, préférant miser sur le temps. Nous devons mettre à profit ce lapse de temps de repos pour établir les bases d'un pouvoir fort et capable de résister aux tentatives de déstabilisation étrangères. Ceci passe par un renforcement de notre zone d'influence orientale, capitale pour la sécurité nationale et la suppression des bases étrangères dans les pays voisins. L'encerclement du pays par l'OTH dans le passé a démontré que toute négligence dans ce domaine, est dangereuse sur le long terme.
Nous avons à l'heure actuelle trois sources de difficulté. La première est le Khaldidan qui a une politique étrangère difficile à comprendre. Il semble impossible de déterminer dans quel camp exactement le Khaldidan joue, imposant un doute constant sur ses ambitions et rendant toute coopération difficile. A ceci s'ajoute plusieurs contentieux. Le premier est le vol par le Khaldidan d'installations scientifiques fédérales stratégiques. Nous faisons référence au prototype de réacteur à fusion situé à Novakon qui a été dérobé par les autorités impériales. Le second, aussi grave, est la probable implication de l'Empire dans les attentats de Sayakon. Le troisième et dernier point est la décision du Khaldidan de vouloir mettre le Java dans sa sphère d'influence, violant notre aire de sécurité. Tout ceci fait que le Khaldidan est à considérer comme une source potentielle de problèmes. Sur moyen terme, notre pays doit poursuivre une politique de rapprochement avec l'Empire, mais sur court terme, une telle stratégie semble impossible avant d'avoir résolu les trois contentieux. Ceci signifie donc la restitution du matériel scientifique volé, la mise en clair de leur rôle dans les attentats de Sayakon et la fin de leur ingérence dans notre zone d'influence. Ces problèmes réglés, nous pourrons envisager une politique diplomatique proactive à leur égard en proposant la mise en place d'accords économiques profitables aux deux parties et peut-être même un mariage entre la princesse héritière Arya et un des princes de l'Empire. Le mariage cependant est conditionné au fait qu’aucun accord d’union ait été conclu avec un autre pays.
La seconde source de difficulté réside dans la base militaire du Raksasa en Kapasane. Etant donné la fin de toute forme de relation diplomatique avec ce pays, des négociations semblent impossibles à ce sujet. Notre stratégie doit donc consister à militer auprès les autorités nationales du Kapasane pour faire fermer cette base militaire qui est une menace à l'encontre de la sécurité de notre pays. Le gouvernement de Kapasane n'est probablement pas conscient que cette base militaire met en danger la sécurité de leurs citoyens car en cas de conflit, la base sera une cible prioritaire et l'attaque se fera avec des missiles dont certains éléments pourraient se perdre sur les villes de Kapasane. L'instabilité psychologique des dirigeants raksas nous fait craindre qu'un tel scénario soit malheureusement réaliste comme ont démontrés les deux dernières crises entre le Raksasa et les pays communistes. Notre but doit donc consister à éclairer les puissants du Kapasane sur les risques liés à toute association avec l'état de Raksasa. La persuasion est notre meilleure arme contre le bellicisme makaran.
Concernant le Makiran oriental, troisième et dernière source de difficulté, nous avons tout intérêt à promouvoir l'émergence d'un gouvernement national fort et stable sur ces îles. Certaines suggèrent de suivre la voie d'une annexion de ces terres, mais plusieurs arguments existent contre la poursuite d'un tel projet. Le premier est l'efficience des moyens engagés. Un conflit militaire sera coûteux en vies humaines, chaque vie est sacrée, et en moyens matériels. En vue du fait que le Makiran oriental a presque plus de liens avec l'Eran, ce serait donc une aventure peu rentable. Il est nettement plus efficace de soutenir les mouvements en faveur de l'indépendance et une fois leur liberté acquise, de signer des accords économiques avantageux avec eux qui favorisent la prospérité sur ces terres. S'ils sont prospères, ils n'auront nul besoin de former des alliances malsaines. Cependant, si par malheur une grande puissance tente de s'installer sur ces iles, nous devrons considérer une intervention militaire rapide, précise et épargnant les innocents. Ces iles sont trop proches de nos côtes pour ne pas poser une menace militaire si une grande puissance y met des missiles.
Nos actions doivent donc être mises sous le signe du dialogue et de la diplomatie. Néanmoins, si nous sommes confrontés à des menaces majeures, nous ne devrons pas, malheureusement, refuser d'engager des actions conséquentes. Notre objectif doit être une paix durable par tous les moyens, pas une paix précaire.
Humblement,
[center]~ Karn Belm ~
Archevêque de Nueva Esperanza
[/center][/ve][/quote]
Posté : sam. oct. 10, 2015 2:35 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 9 : Sur la confédération continentale -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/689264OttovonBismarckinNorthGermanReichstag1867144448770033752.jpg[/img][/center]
[ve][quote]
[right]30 avril 2028[/right]
Votre Majesté,
Comme vous ne l’ignorez pas, le Gouvernement a été informé des réponses de la république d’Icario et du Java concernant le projet d’une union continentale. Ils ont, avec une politesse malhabile, refusée l’offre qui leur a été faite. Certains s’en plaignent ouvertement de ce résultat, mais pour ma part, je me permets de vous dire que c’est une bonne nouvelle. Pourquoi ? Car nous avons une réponse claire à une question ancestrale : quel doit être notre rapport avec la partie latinisée de l’ancien empire ?
Les autorités de notre pays ont toujours vacillé entre le rêve de conquête des territoires orientaux, invoquant l’idée de la Grande Tarnosia, et celle d’une confédération d’états égaux. Les deux visions sont désormais mises en échec. Les tentatives de conquête sous Blackwood ont été un échec cuisant et dramatique. Les derniers efforts de l’archevêque de Nueva Esperanza démontrent que le projet d’une confédération est impossible. Les républiques d’Icario et du Java sont des états égoïstes sans vision historique et d’un projet régional plus grand que leurs propres intérêts. Nous ne pouvons pas les plaindre car ils sont issus d’une civilisation sans capacité de projection. Désormais, il semble convenable de prendre note de leur décision. Ils doivent assumer les conséquences de leurs actes.
L’émeute de Sayakon n’a pas seulement été un événement politique, mais aussi une révolution culturelle. On cite ce soulèvement comme le début de cette frénésie religieuse qui hante notre pays, mais on oublie l’émergence d’une seconde idéologie. Ce n’est pas seulement le christianisme qui a jailli de la terre, populaire et pur, mais aussi un nationalisme militaire sans aucun précédent depuis Blackwood.
Nous voyons aujourd’hui comment les chrétiens grandissent en nombre chaque jour, provoquant une contagion sacrée à travers toutes nos terres. Chacun se proclame missionnaire, prêtre et évêque, du plus pauvre au plus riche, professant une foi connue qu’à moitié. Cependant, ça marche et nous savons que plus rien pourra arrêter le christianisme. Cette religion avance par le peuple, pour le peuple en étant imprégné des idéaux les plus radicaux du monachisme de François d’Assise. Les Almérans ne se rendent pas compte que les capucins et les franciscains sont entra de procéder au plus grand coup d’état de l’histoire de l’Église. Ils ont ici dans la péninsule une terre vierge à leur disposition. Le pape est trop distrait pour nommer les évêques et cardinaux nécessaires, laissant la péninsule dans un vide total et ouvrant la porte à la domination des monastères et des idées capucines et franciscaines.
Néanmoins, le nationalisme s’est aussi frayé son chemin, plus discret mais pas moins efficace dans sa démarche. L’idée d’une nation forte est plus que jamais présente dans notre pays, prenant pour ancrage l’idée des races et de la force militaire. C’est quelque chose qui ne doit pas être sous-estimée car elle nous offre une solution à la situation provoquée par l’Icario et le Java. Certains voulaient la Grande Tarnosia ? Je vous propose de poursuivre une autre voie, celle de la Novaya Tarnosia, une nation unie, libre et affranchie de ce cancer latin. Une nation tarnoise de pure souche avec trois races, une seule religion et régnant sans conteste sur la péninsule.
A quoi bon se fatiguer pour un orient dont le contrôle a toujours causé plus de soucis que de bien ? Observons les faits. Quels sont les bénéfices que nous pourrions en tirer d'une confédération continentale ? Certains diront la sécurité militaire. Je vous réponds que le Pacte d'Acier rempli ce rôle sans nous coûter un seul ryaïn. Si des âmes se sentent encore menacés, qu'est-ce qui nous empêche de renforcer le Pacte au-delà du cadre actuel ? Les républiques latines n'auraient que du profit et nous pourrons aisément tenir les loups orientaux et septentrionaux à distance via ce traité.
D'autres disent que le commerce serait grandement favorisé. Certes, nous ne commerçons pas assez avec les républiques latines, mais est-ce qu'un bon accord de libre-échange ne ferait pas l'affaire ? Déjà maintenant nous constatons que l'union ferroviaire porte des bons fruits pour tous les acteurs qui participent au projet. Aucun contrôle des gouvernements de l'Est n'en est nécessaire car personne ne remettra en cause une union ferroviaire profitant à tous sans aucune exception. Les hommes sont faits de cette nature qui ne conteste jamais l’abondance facilement acquise.
Vous voyez donc que tous les bénéfices de la domination pourront être acquis par des accords. Et savez-vous quel est le plus grand avantage ? C'est que nous sommes contraints à aucun investissement et aucune dépense en faveur de ces états. S'ils formaient part d'une union continentale, nous serions dans l'obligation de subventionner leur prospérité, mais sans cette union, nous sommes libres de profiter des bénéfices sans devoir assumer aucune dépense. C'est ainsi que nous contrôlons à ce jour des nombreux puits de pétrole au Java, puits qui avec nos investissement dans le reste du monde font que notre état pourrait dans dix ans abolir tous les impôts et toutes les taxes et vivre de la rentre pétrolière. Notre victoire économique est donc liée au fait de ne pas fâcher le Java qui sera notre principal atout sur nos rivaux et d'avoir aucune obligation envers son peuple.
A quoi bon donc insister sur cette union continentale ? Restons égoïstes et national car dans dix ans, nous aurons une telle richesse, que les Latins migreront volontairement vers notre état pour embrasser nos mœurs et notre manière de penser. Vous voyez donc que nous avons que du profit à nous attendre d'une stratégie nationaliste. L'argument économique et militaire en faveur d'une union confédérale ne tient aucunement.
Notre véritable objectif dans les mois à venir doit être d'entamer la reprise du contrôle des terres situées à l'Ouest de l'Argon et qui sont à l'heure actuelle entre les mains de seigneurs de guerre locaux. Ces terres sont précieuses car elles peuvent non seulement ouvrir la voie à une reprise de contrôle politique d'un tiers de notre contrée, mais aussi permettre de renforcer la monarchie en restaurant une partie du domaine impérial, indispensable à la puissance de la Couronne et à garantir ainsi la survie sur long terme de la monarchie. Un autre argument à avancer c'est aussi le fait que beaucoup des acteurs les plus violents de l'émeute de Sayakon ont pris refuge dans l'Ouest de la péninsule, profitant du vide politique et juridique existant dans ces territoires. La reconquête pourra donc aussi ouvrir la voie à l’exécution des lois votées après l’émeute.
Nous devons nous engager à rester en harmonie avec non seulement l'Histoire, mais aussi l'évolution culturelle qui marque notre peuple. L'émeute de Sayakon a révélé les profondes mutations qui se sont engagées depuis le Grand Chaos dans la société civile, accentuant certaines évolutions au détriment d'anciennes considérations. L'heure semble donc être venue d'embrasser non seulement la religion catholique, mais aussi le dogme d'une nation forte et fière de ses racines, libre et indépendante du reste du Vicaskaran. Notre avenir n’est pas à l’Est, mais à l’Ouest.
Respectueusement,
[center]~ Darion Sylvarion ~
Gouverneur de Sankt-Niels
[/center][/ve][/quote]
Posté : lun. oct. 26, 2015 11:25 pm
par Amaski
[bask][center]LES LETTRES TARNOISES
- Lettre 10 : Et Lucifer dixit : fiat electricitas -[/bask]
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/129624TheVampireDiariesseason4Klaus1featured144590166430550.jpg[/img][/center]
[ve][quote]
Extrait du journal intime de Topias Savela
[...]
[right]19 juin 2028[/right]
J’ai pu rencontrer aujourd’hui le Ministre de l’Industrie dans le cadre de la réunion mensuelle entre les entreprises publiques et le Ministère de l’Industrie. Comme durant la précédente réunion, j’ai tenté de le convaincre de militer au Gouvernement pour une inflexion de la politique diplomatique. Je crains d’avoir eu un succès plus que mitigé et ceci me désespère.
Le Gouvernement fédéral ne veut pas comprendre que sa petite querelle avec le Khaldidan et le Raksasa est des plus nocives pour notre économie. Comme d’habitude, le Ministre m’a donné un ensemble d’arguments des plus fallacieux qui soient possibles.
Il prétend que la lutte d’influence au Java serait la cause principale des problèmes avec l’Empire oriental. Quelle bêtise de se fâcher pour ces quelques bouts de terre ! Le seul intérêt économique du Java est son pétrole et c’est sans aucun doute un pétrole de bien mauvaise qualité et dont l’extraction possède une rentabilité peu intéressante. Les seuls investissements véritablement rentables sont nos participations dans les deux entreprises pétrolières et même eux, sont d’un intérêt secondaire comparé à la rentabilité des investissements au Zanyane et dans l’industrie de l’hydrogène. A ceci s’ajoute encore que le Gouvernement fédéral est des plus ingrats envers le Khaldidan. C’est grâce au transfert technologique que nous a permis le Khaldidan, que notre économie profite désormais d’une électricité propre, abondante et surtout affranchie de l’envolée du prix du pétrole et du gaz. Nous avons sur long terme tout intérêt à être en bons termes avec le Khaldidan et à créer une alliance économique solide. L’histoire nous montre que nous en avons toujours profité en nous rapprochant de l’Empire d’Orient.
Concernant le Raksasa, le Ministre m’a avoué qu’il était prévu de tenter une politique d’apaisement à son égard. Beaucoup de gens ont entretenu des grands espoirs dans le nouveau régime républicain et ont misé sur la rupture politique en cours. Avec Siman mort, la justice divine semblait avoir frappé le scélérat et purgé l’affront fait à Sayakon. Malheureusement, le dernier déploiement militaire du Raksasa au Kapasane semble avoir tout détruit. Désormais, toute tentative d’apaisement de notre côté pourrait être compris comme un signe de faiblesse politique, ainsi la vision du Gouvernement. Même l’archevêque Belm Karn, un des plus fervents partisans de l’apaisement, a perdu tout espoir dans ce domaine. Nous nous sommes rencontrés hier et il m’a avoué que la situation était bien triste et que la seule chose à faire pour le moment, consistait à attendre à ce que les prochaines élections portent au pouvoir du Raksasa une équipe plus encline au dialogue. Il ne semble pas être très convaincu par cette hypothèse.
Le chagrin est grand car les richesses du Raksasa sont énormes. Un des exemples les plus frappants, est la perspective de l’implantation de centrales à hydrogène dans ce pays. L’ouverture de centrales au Raksasa pourrait créer une fortune monumentale, donnant naissance à des bénéfices plus grands que ceux acquis dans tout le Zanyane. Cependant, il ne semble pas probable de voir un tel marché s’ouvrir dans la prochaine décennie voire les trente années à venir. Face à cette situation, la question se pose de trouver d’autres marchés, moins rentables, mais nettement plus accessibles.
Celui qui a le plus grand intérêt est l’Hokkaido, pays dans lequel nous investissons grandement. L’Empire hokkai est une puissance économique en pleine expansion, toujours plus gourmande d’une énergie que le pétrole et le gaz n’arrivent pas à créer en suffisante quantité sur long terme. Quand la moyenne de la croissance économique des pays du monde vacille entre dix à vingt pour cent, il semble évident que la production de pétrole et de gaz n’arrive pas à suivre. Pour que le prix reste stable, la production des deux ressources devrait augmenter au rythme de la croissance des points de consommation de gaz et de pétrole. La vérité est que le monde de l’industrie gazière et pétrolière est loin, très loin, de fournir un tel effort. Même, pour réussir à abaisser le prix, il faudrait augmenter la production au-delà de la croissance moyenne des points de consommation. L’avenir appartient donc aux technologies industrielles pouvant remplacer la demande de gaz et de pétrole. Le Hokkaido étant à l’avant-garde du développement civilisateur et économique, c’est chez lui que nous aurons le plus de chance de profiter des évolutions économiques à venir. Le plan actuel de 150 milliards doit donc être qu’une première étape pour nous implanter dans le marché de l’énergie hokkai, cœur du développement économique car l’énergie à hydrogène est la clé de voûte de la prospérité future. Nous pouvons ainsi envisager dans les dix années à venir d’autres plans pouvant porter nos investissements jusqu’à un demie billion de dollars. La rente engendrée sera alors suffisante pour favoriser le développement d’une véritable révolution industrielle au niveau mondial.
TarnEnergy possède tous les atouts pour réussir cette révolution industrielle. Nous sommes le premier consommateur d’emprunts du monde grâce au fait que les états modernes sont fainéants et taxent excessivement leurs citoyens. La plus part des dirigeants refusent l’endettement, ne comprenant pas que celui-ci est bénéfique quand il respecte la déontologie financière. Même le Gouvernement fédéral préfère faire appel à sa banque publique, délaissant les banques privées. Celles-ci font donc ce que tous les bons instituts financiers se doivent d’accomplir : Ils prêtent aux industries qui ont besoin d’argent. TarnEnergy en est le principal client car nos besoins sont aussi grands que nos ambitions.
Nous pouvons nous permettre de nous endetter à un haut niveau, car nous usons l’argent pour des investissements à haute rentabilité. Ceux-ci remboursent d’eux-mêmes l’emprunt engagé en faveur du projet industriel. Certains parlent à ce sujet de la stratégie « Titantic », donc la politique de compartimenter les emprunts dans des structures entrepreneuriales séparées et autofinançant la dette. Ainsi, si une structure n’arrive pas à suivre la politique de désendettement, ses problèmes ne contaminent pas toute la structure. En revanche, les structures arrivant à vite éponger leur dette, peuvent potentiellement aider les structures en difficulté, sans être exposés à des risques. Certains parlent à ce sujet de manipulation financière. Moi, je leur dis que c’est la logique financière poussée à son aboutissement moral. La dette doit servir l’industrie rentable et nulle dette n’est trop grande quand l’investissement est profitable en suffisante quantité. Les états ne l’ont pas compris et s’endettent soit pour des futilités soit refusent de le faire par principe, alors que l’endettement est un outil stratégique pour la création de richesse. Tout dépend de son bon usage. Ni les chrétiens ni les libéraux ne l’ont compris.
Mes espoirs sont grands que le Hokkaido devienne la serre du capitalisme tarnois. Peut-être même qu’un jour pas si lointain, le Hokkaido remplacera le Raksasa comme puissance économique libérale. N’avaient pas les fondateurs de la Fédération d’Aquanox prédit l’émergence du Raksasa ? Peut-être que le Hokkaido sera dans les années trente, ce que le Raksasa aura été durant les années vingt de ce siècle. En toute circonstance, nous devons investir avec force dans le Hokkaido sans hésiter de prendre quelques risques. Ce pays a tout pour réussir et à devenir le nouveau grand tigre du Makara.
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