Grimoire encyclopédique

Johel3007

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Gouvernement et institutions (1)[/center]


La Maison Cheng et la Cité-Soleil

D'inspiration confucéenne, la culture du Grand-Royaume de Roumalie fait une distinction très claire entre le trône en tant qu'institution chargée de la gouvernance du pays et le Roi en tant que fonction de juge sage devant arbitrer les conflits afin de garantir l'harmonie entre le Ciel et la Terre menant à la prospérité du royaume. Dans cette logique, le Roi en tant qu'homme n'existe même pas : il s'efface au profit de la fonction d'abord, dont il doit s'acquitter au service du trône, et même cette fonction s'efface donc ensuite au profit du trône, qui doit gérer les aspects pratiques entourant les grandes orientations décidées par le Roi dans sa sagesse mais laisser aussi vagues que possible pour que les mandarins puissent agir. Un bon Roi, en cela, est un Roi qui règne mais ne gouverne pas, étant un exemple pour son peuple en terme de vertus, se contentant d'observer ses ministres et n'intervenant que si absolument nécessaire. Il est, au même titre que ses ministres, un fonctionnaire au service du trône, obéissant aux impératifs de la nation pour en préserver l'existance, la prospérité et l'harmonie.

Cette logique du Roi en tant que fonctionnaire-arbitre se retrouve dans de nombreux pays du Makara tout au long de l'histoire mais elle a toujours été en compétition avec les ambitions dynastiques des Rois eux-mêmes qui, bien que s'acquittant de leur devoir envers le trône, nourrissaient des projets d'absolutisme. La doctrine énoncée ci-dessus n'a donc pas toujours été respectée à la lettre selon les périodes, avec une implication plus ou moins directe de certains Roi dans la gouvernance, ce qui eut parfois de très bons résultats et parfois de nettement moins bons.
Voir le Roi quitter son rôle de figure symbolique sur le trône permit parfois de compenser l'ambition de mandarins nourrissant eux-mêmes des ambitions de pouvoir politique héréditaire dans un système qui s'est imposé très tôt comme une méritocratie hostile à l'aristocratie de sang. Un paradoxe en soit : il faut une famille aristocratique pour sauver la méritocratie des tentatives de certains fonctionnaires d'instaurer une aristocratie.
Mais cette perte de neutralité politique alla également souvent de paire avec des motivations bien moins altruistes que de prime abord : si le Roi s'oppose aux tentatives d'usurpation de ses ministres, c'est avant tout pour préserver les privilèges et le pouvoir politique de SA dynastie. En cela, l'histoire Roumalienne a été sans cesse une alternance entre des Rois-philosophes prenant leurs distances avec les affaires politiques afin de laisser la nation prospéré, même au détriment du pouvoir de la Maison Cheng, et des Rois-gouvernants s'impliquant de manière plus directe dans ces mêmes affaires afin de défendre le pouvoir politique de leur dynastie et ainsi éviter son éviction d'un système initialement conçu pour se passer petit à petit de l'aristocracie au sens large.

C'est l’ambiguïté quant au rôle exact et à la nécessité de la Maison Cheng à la tête du système politique Roumalien qui lui a permit de s'y maintenir. Mais son ascension fut majoritairement accomplie à une époque où l’aristocratie demeurait nécessaire car elle conférait aux dirigeants locaux une légitimité que les communications et transports rustiques de l'époque n'aurait pas permis de mettre en place à travers un État-Nation bâti sur la seule bureaucratie méritocratique rêvée par Confucius. La Maison Cheng de l'époque lutta en permanence pour se rendre indispensable à l'unité nationale, mettant la noblesse comme le peuple face à l'alternative à son règne : des guerres entre Maisons rivales, elles-mêmes scindées en nouvelles Maisons à chaque générations, entraînant un éternel cycle de conflits. Mais en même temps, elle liquida peu à peu les mêmes Maisons nobles qui acceptaient sa suzeraineté, non pas via des conflits mais via le remplacement des nobles par une bureaucratie efficace et une armée de métier. Cette conquête fut facilitée par le fait que pratiquement chaque grande famille de l'époque fonctionnait sur ce même modèle et avec cette même ambition paradoxale : mettre en place des institutions publiques méritocratiques dépassant les clivages claniques afin de se débarrasser des nobles rivaux en vue d'assurer la suprématie de leur propre Maison noble sur ces institutions qui n'auront pourtant un jour plus besoin de la Maison noble.

Au fil des siècles, cette quête fit naître les institutions d'aujourd'hui, dont la gestion est symboliquement rassemblée dans la Cité-Soleil, la vieille ville de Rouziwu et véritable ruche administrative où naissent, vivent et meurent des générations entière de serviteurs du trône. Aujourd'hui, pour le riche marchand comme pour l'humble paysan, la Cité-Soleil ne représente pas un palais doré où la dernière des familles nobles se prélasse. C'est le symbole de a bureaucratie terrestre qui régit leurs existences, édictant les devoirs et distribuant récompenses ou punitions selon la nécessité. La personne du Roi, si elle est connue et révérée, demeure distante, une vague lueur exemplifiant la vertu, une figure humaine idéale à suivre, un symbole vers qui diriger sa loyauté lorsque l'ombre bien plus visible et pesante des institutions échoue à la mériter. Dans ces moments-là, la neutralité politique du souverain est une bonne chose car elle contribue à renforcer le culte de sa personnalité : né pour régner, éduqué pour être un exemple, régnant en juge sage, il préserve ses sujet des plus rudes des injustices qu'ils s'auto-infligent par l'intermédiaire des mandarins, fonctionnaires dévoués mais éventuellement faillibles car humains.

À ce jour, la Cité-Soleil, ce sont quelques 20.000 résidents permanents sous la forme de familles de serviteurs et autres professions ne demandant pas de qualifications à l'examen royal. Il y a environ deux fois ce nombre de résidents provisoires sous la forme de mandarins de divers grades dont le mandat temporaire les amène à être postés à Rouziwu. On comprend donc mieux pourquoi les Roumaliens parlent plus souvent des édits de la Cité-Soleil, de la volonté de la Cité-Soleil, de la parole de la Cité-Soleil... que de ceux de leur Roi. Car si ce dernier est à l'origine des impulsions initiales qui orientent la politique du royaume, ce sont bien les mandarins qui mettent celle-ci en pratique. Par le passé et en particulier à partir du 17ème siècle, c'est à dire à l'apogée de la taille du Grand-Royaume, il arrivait que l'administration de la Cité-Soleil soit si complexe et opaque que le Roi, se fiant à elle pour lui transmettre les nouvelles de ses domaines, s'en trouvait pour ainsi dire aveugle et ignorant de la situation réelle.
Cela explique en partie la période de déclins de quatre siècles que subit la Roumalie : des monarques faibles non par manque de caractère ou d'intelligence mais simplement impuissants face à l'ampleur monolithique qu'avait pris une bureaucratie ayant tendance à résister à tout changement suceptible de remettre en cause ses privilèges ou son pouvoir effectif.

Si les cas d'obstruction bureaucratique et de corruption sont encore fréquents au niveau local, l'introduction progressive des technologies modernes comme le télégraphe, la radio, le téléphone et l'informatique permettent au Roi d'avoir une vision plus claire et étendue de la situation de ses domaines, du monde et des enjeux exacts. Il en a résulté, déjà sous Cheng Tsu-Tsao, une volonté affichée à accroître le pouvoir direct du Roi, pour le bien du royaume et en opposition avec la tradition confucéenne. Cette volonté a toutefois été tempérée par cette même tradition, avec pour juste milieu la tendance de Cheng Tsu-Tsao lui-même à déléguer de plus en plus de tâches à la fin de son règne, bien qu'il demeure un mystère quant à s'il s'agissait réellement du souhait du vieux souverain ou s'il faut y voir les premiers mouvements de la conspiration du Conseil des Cinq pour éliminer les héritiers de la Maison Cheng tout en reléguant la fonction royal vers son rôle d'icone plutôt que de leader actif, préparant en cela son élimination du système au profit d'une "bureaucratie confucéenne absolutiste" où un conseil de sages ministres, issus du cycle de promotions au sein de la hiérarchie des institutions, gouverneraient sans la moindre contestation, sur un modèle similaire à celui des Partis uniques du bloc communiste... mais avec un idéal radicalement différent.

Hiérarchie de la Cité-Soleil

Au sein de la Cité-Soleil, on distingue trois grandes institutions : le Trône, le Grand Secrétariat et la Haute Cour.

Le Trône occupe la position suprême. Il est vu comme la connexion entre le Ciel et la Terre et l'incarnation du mandat céleste. En cela, il fait office de ce qui pourrait s'approcher le plus d'un pouvoir législatif, bien qu'avec de très larges prérogatives quant à son influence directe sur les autres pouvoirs. Son rôle est de régner sur le royaume, de s'assurer que celui-ci est bien gouverner par le Grand Secrétariat, que ce dernier respecte les avis de la Haute Cour en matière de justice et arbitrage, qu'aucun mandarin haut placé dans la hiérarchie ne manque à ses devoirs, ne fait preuve de trop d'ambition ou n'accumule trop de pouvoir ou richesse personnelle. Il est aussi en principe la voix de la Roumalie auprès des légations étrangères, bien que ce rôle soit parfois délégué à un ministre afin de permettre au trône de pouvoir écarter un incident diplomatique en blâmant le ministre plutôt que d'impliquer le Roi lui-même.
Au sommet du Trône (ou plutôt assis dessus), on trouve le Grand-Roi. Celui-ci a le pouvoir de nommer et renvoyer à loisir les Grands Secrétaires, Ministres, Conseillés Royaux ou Gouverneurs, bien qu'un abus de ce genre de prérogative soit vu comme un acte de tyrannie et souvent opposés indirectement par le reste de la Cité-Soleil. On retrouve aussi au sein du Trône plusieurs institutions secondaires, à savoir le Conseil Royal, la Garde Royale et la Maison Royale.

Le Conseil Royal est composé d'individus qui disposent de la confiance du Grand-Roi, lequel apprécie leurs avis sur une large variété de sujets. Il s'agit typiquement d'anciens ministres, de membres de la Maison Royale ou d'amis proches dont les compétences autant que la loyauté et l'intégrité ont été éprouvées... ou du moins en théorie. Une bonne manière de se faire une idée du caractère et de la sagesse d'un Roi est de regarder la composition du Conseil Royal. Cette composition dépend en pratique autant de la confiance du Grand-Roi que d'impératifs de politique interne, où certaines personnalité sont nécessaires moins pour ce qu'elles connaissent que pour qui elles connaissent au sein de la bureaucratie. Chaque conseillé royal est nommé sans limite de durée à son mandat et sans que sa tâche au sein du Conseil Royal ne soit spécifiquement définie. Son influence dépendra très largement de son utilité globale au souverain et s'il est protocolaire de conserver un conseillé jusqu'à sa mort, ce n'est en rien une obligation, le souverain pouvant renvoyer un conseillé sur simple désir. Il est aussi bon de noter que les conseillés n'ont aucune autorité légale, ne pouvant parler au nom du Roi qu'avec son express permission. Enfin, si le Conseil Royal est le plus connu et formel, il existe également des conseils princiers composés de manière similaire pour distribuer des avis aux enfants

La Garde Royale est un corps militaire de grand prestige, composé de soldats sélectionnés parmi les autres unités de l’Armée pour leurs compétences, loyauté, discipline et bravoure. Il s’agit avant tout d’une garnison pour la Cité-Soleil mais elle est aussi déployée comme détachement de gardes du corps pour les membres de la Maison Royale, du Conseil Royal et du Grand Secrétariat. Ses officiers sont considérés comme les plus loyaux au Trône, en partie car il s’agit en majorité de descendants des branches cadettes de la Maison Cheng. Ils ont donc un intérêt direct au maintien de la dynastie et des institutions du Grand-Royaume. Les rares officiers sans lien de parenté avec la Maison Cheng sont parmi l’élite de l’élite. Par tradition, les cinq meilleurs candidats officiers de chaque promotion intègrent la Garde Royal. Elle est aussi utilisée pour des missions de sécurité intérieure lorsque la situation est politiquement trop délicate pour faire usage de l’armée. La taille de la Garde Royale a varié considérablement au fil de l’Histoire, grandissant et déclinant au fil des évènements. Sa méthode de recrutement basé sur les liens familiaux et sur l’excellence limite sa capacité à remplacer les pertes mais assure une loyauté sans pareil de ses membres.

La Maison Royale est la branche principale de la Maison Cheng, c’est-à-dire le Grand-Roi actuel, sa mère, son épouse, ses descendants légitimes, ses petits-enfants, ses frères et sœurs et leurs propres enfants. S’y ajoute parfois des concubines et leurs enfants. Ensemble, ils forment un noyau d’individus pouvant potentiellement hériter du titre de Grand-Roi et donc devant être protégés, éduqués et tenus aussi proche des décisions de la Cité-Soleil que possible. Par tradition, il est fréquent que les membres de la Maison Royale soient attachés à des diplomates, des généraux, des gouverneurs ou des juges en vue de poursuivre une carrière parallèle qui leur donnera assez d’expériences utiles que pour rejoindre le conseil royal et servir le Trône.

Le Grand Secrétariat est le nom donné à l’équivalent d’un cabinet ministériel. Dirigé par le Grand Secrétaire, il a pour mission de superviser les différentes institutions à un niveau national, ceci en collaboration avec les gouverneurs de province. Chaque ministre est choisi selon le système de promotion administrative standard au sein de l’institution où il a fait carrière. Il est donc déjà un haut dignitaire avant de devenir ministre, souvent avec au moins 30 ou 35 ans d’expérience et de succès dans son domaine d’expertise. Il est nommé pour un mandat de trois à six ans au terme duquel il est invité soit à prendre sa retraite, soit à devenir Grand Secrétaire, soit à rejoindre le Trône en tant que conseillé. Le Grand Secrétaire, pour sa part, est l’équivalent d’un premier ministre. Il est choisi parmi les ministres ayant déjà fait leurs preuves et est nommé pour un mandat sans durée limitée et finit typiquement sa carrière comme conseillé royal. La fonction de Grand Secrétaire est vue comme l’apogée d’une carrière de mandarin, la preuve d’une excellence non seulement dans la branche administrative où l’on a fait carrière mais aussi dans d’autres domaines, justifiant la confiance du Grand-Roi. Les différentes institutions sous l’autorité du Grand Secrétariat seront détaillées dans un autre article.

La Haute Cour est pour sa part la tête de l’institution judiciaire du Grand-Royaume. Elle est chargée du recrutement, de la formation et de la supervision des juges et magistrats à travers le pays mais a aussi un rôle de conseil auprès du Trône et du Grand Secrétariat pour les questions de coutume et de droit. Elle est composée de neuf présidents. Ceux-ci ont été nommés à vie et, à la mort d’un des leurs, les huit autres élisent un remplaçant parmi les juges les plus méritants et soumettent leur choix au Grand-Roi, qui l’approuve ou le rejette. Bien que le Grand-Roi ait entièrement le droit de refuser un candidat, c’est une situation assez inhabituelle vue comme un acte tyrannique. Les cours et tribunaux sous l’autorité de la Haute Cour seront détaillés dans un autre article.

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Johel3007

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Gouvernement et institutions (2)[/center]


Divisions territoriales

Le Grand-Royaume est vaste et, au cours de son histoire, il fut plus vaste encore qu'aujourd'hui. Il en a souvent résulté la nécessité de diviser administrativement le territoire pour en permettre la gestion efficace. L'organisation actuelle de la bureaucratie Roumalienne s'oriente ainsi sur deux axes : celui des institutions et celui des territoires. Chaque échelon, chaque structure concrète en-dessous de la Cité-Soleil répond ainsi à deux hiérarchies distinctes, incarnées au sommet par le ministre et le gouverneur.
Le ministre siège au sein du Grand Secrétariat et a la fonction de supervision nationale d'une institution précise avec une mission précise. Par exemple, le Trésor doit s'assurer de la bonne perception de l'impôt et des taxes auprès de chacun des sujets du Grand-Royaume et la bonne redistribution des recettes auprès de chaque province et institution, en vue d'assurer le financement de l'appareil d'État.
Le gouverneur, pour sa part, a pour mission principale le maintien de l'autorité de la Cité-Soleil sur un territoire précis. Il doit en cela aider les représentants locaux des institutions mais peut en contrepartie compter sur leur aide pour assurer sa mission principale. Selon les provinces, les obligations exactes du gouverneur varient mais on retrouve de manière persistante le paiement de l'impôt provincial à la Cité-Soleil, la fourniture d'un quota de recrues pour les armées royales et la fourniture d'un quota de candidats mandarins.
Si jadis les provinces étaient l'unité territoriale la plus vaste en dessous du royaume, le développement des villes a forcé la création des municipalités comme niveau autonome des provinces. La distinction était nécessaire car, bien que considérablement moins vaste, une municipalité est parfois aussi peuplée et bien plus riche qu’une province. Laisser ces municipalités entre les mains d’un gouverneur de province aurait donné à celui-ci les moyens de soutenir des ambitions indépendantistes, ce que la Cité-Soleil ne désirait pas. Voici pourquoi il y a deux grands types de divisions territoriales : la province, ou Sheng, et la municipalité, ou Jing.


Les Shengs

Les Shengs sont au nombre de 23 et couvrent chacune une superficie variables, fonction tant de la population que du relief. Leur frontière comme leur nombre ne sont en rien figés et il arrive fréquemment qu’une Sheng soit scindé en plusieurs Shengs lorsque son développement atteint un niveau le justifiant. En 2029, on comptait ainsi les Shengs de Habei, Shabei, Ganbok, Simbok, Jidong, Shadong, Liagan, Sugan, Nanha, Yuanji, Rejiang, Beilia, Jianglong, Qalong, Sunan, Haqa, Share, Yisha, Xisim, Liasu, Dongxi, Jiyi et Beiyuan.
Les Shengs sont dirigées par un gouverneur, appelé Zhisheng, qui est l’autorité suprême au sein de son territoire, ses ordres ne pouvant être invalidés que part le Grand Secrétaire ou par le Grand-Roi lui-même. De telles ingérences sont rares et souvent source de tension (voir la crise de Jiyi, par exemple). Son mandat a une durée illimitée, même si dans la pratique, la majorité des gouverneurs sont en fin de carrière lorsqu’ils arrivent en poste et donc peu susceptibles de rester longtemps à la tête de leur Sheng. La tradition demande toutefois qu’un gouverneur ne reste pas plus de dix ans en poste, prenant sa retraite avant cela et rejoignant parfois le Conseil Royal si ses services sont jugés indispensables. Être nommé Zhisheng est, au même titre que Ministre, un très grand honneur pour un mandarin et l’achèvement d’une longue carrière.

Les Jings

Les grandes cités de Roumalie furent pendant des siècles les métropoles les plus peuplées et les plus riches de la planète mais elles font aujourd’hui pâle figure face au ville-nation comme Jiyan, In-Tao, Ophrone ou Opemont. Toutefois, au sein du Grand Royaume, elles représentent un énorme centre de richesse et culture auquel bien des étrangers s’arrêtent. À ce titre, elles sont à la foi les vitrines de la Roumalie et les joyaux de la couronne de son Grand-Roi. Elles sont au nombre de 14 et rassemblent près de 20% de la population du pays et plus de la moitié de sa richesse.
Chacune d’elles est dirigée par un Zhijing, un gouverneur municipal, qui a les mêmes prérogatives qu’un gouverneur de province mais sur un territoire plus réduit. Davantage encore que Zhisheng, le titre de Zhijing est convoité car il est associé avec richesse, prestige et influence auprès de la Cité-Soleil mais aussi auprès des Zhishengs voisins qui dépendent souvent des municipalités pour le bien-être de leurs territoires, notamment en ce qui concerne la vente des matières premières et denrées. Cette influence s'étend au point qu'on réfère souvent à la Jing pour désigner une région de Roumalie plutôt que de prendre la peine de préciser la Sheng exacte, ceci alors même que Jing et Sheng sont deux territoires distincts.

Les Fu, les Zhou et les Xian

En dessous des Shengs et Jings, on trouve trois niveaux supplémentaires. Les Fu sont l’équivalent d’une préfecture. Leur nombre varie grandement car adaptées selon les nécessités par le gouverneur. On en comptait 416 à la fin 2028, réparties dans les différentes Shengs. Chaque Fu est dirigée par un Zhifu et divisées en 4 à 10 Zhous dirigées par des Zhizhous. Ces sous-préfectures sont établies en vue de filtrer l’information et permettre une gestion plus efficace. Enfin, au niveau le plus bas, on trouve les villages, hameaux et zones peu peuplées, appelées Xians, dirigées chacune par un magistrat du nom de Zhixian. On comptait plus de 170.000 Xians à la fin 2028 mais leur nombre varie grandement à mesure que de nouvelles terres sont défrichées et de nouvelles communautés fondées ou abandonnées.
Johel3007

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Économie et fiscalité (1)[/center]

Droits et privilèges

La notion de droit et de privilège et la différence entre eux est très importante dans la législation de Roumalie et la comprendre est essentiel à bien cerner les limites de ce qu’une personne est autorisée ou non à faire et dans quelles limites elle est libre de décider pour elle-même de ses actions par rapport à une autre personne ou à un bien.

Un droit est une autorisation légitime et à priori non-révocable. Il nait d’un contrat entre deux personnes où une personne, détenteur d’un droit ou privilège sur un bien, donne à l’autre un droit à entreprendre certaines actions concernant ce bien. Il doit toujours y avoir une compensation pour ce droit, même si la compensation est symbolique, afin que les tribunaux puissent constater la naissance effective des obligations et droits afférant au contrat. Si la compensation n’est pas acquittée, alors le droit cesse d’être. De même, tant que la compensation a été acquittée et les limites du contrat respectées, la partie ayant reçue le droit est légalement détentrice de celui-ci, sans possibilité pour l’autre partie de révoquer ce droit unilatéralement. La loi prévoit qu’un droit peut se transmettre librement par vente ou héritage sans nécessité l’accord de la personne l’ayant initialement accordé, même si la coutume encadre par des rites la transmission, limitant effectivement les pratiques les plus sauvages ou génératrice de conflits inutiles.
Un droit s’éteint si le privilège initial du propriétaire actuel du bien s’éteint. Cela peut avoir des conséquences en cascade assez dramatique si, par exemple, un grand fermier meurt sans héritier, son privilège de propriété actuelle sur ses biens s’éteignant ainsi en même temps que l’ensemble des droits subordonnés qu’il avait accordé à d’autres gens sur ces biens. Si la loi devait être suivie de manière stricte, les paysans travaillant les champs du grand fermier selon un droit de possession seraient expulsés dans l’heure. Mais dans la pratique, la Cité-Soleil désigne un nouveau propriétaire, souvent via le gouverneur, préfet ou sous-préfet qui choisit un foyer méritant pour reprendre la gestion de la ferme. Une telle désignation est vue comme une nécessité de la part de la Cité-Soleil, sous peine de créer un drame social inutile, et comme une récompense pour sa loyauté par le foyer choisi, qui voit sa richesse et son prestige grimpé. Mais cela peut aussi être un cadeau empoisonné si le bien en question est grevé de multiples droits de possessions et jouissances à autrui. Les paysans gardent ainsi un droit de possession sur la terre où ils travaillent, avec les mêmes obligations, seul l’identité du propriétaire changeant.

Un privilège, par contre, est une autorisation également légitime mais entière révocable au bon plaisir de la partie qui l’a accordée, sans qu’elle ait à respecter une procédure ou se soucier de quoique ce soit. Une partie ayant un droit sur un bien autorise une autre personne à disposer d’une partie du bien mais il peut l’interdire du jour au lendemain. Ici aussi, les tribunaux demandent généralement la preuve d’une compensation au moins symbolique pour l’octroi du privilège mais l’usage fait qu’elle est plus rare dans les faits, en partie parce que le privilège s’applique à des situations bien moins formelles qui vont rarement jusqu’aux tribunaux, le privilégié étant bien moins protégé de ce côté que l’ayant-droit. Un droit peut se vendre tandis qu’un privilège, de par sa nature, ne peut pas. Il concerne une personne spécifique et s’éteint en même temps que cette personne décède. Les privilèges et droits subordonnés s’éteignent en même temps, sans discussion possible.

En raison de ces particularités, il est toujours important de s’assurer de la chaine hiérarchique complète d’un droit ou privilège avant de le recevoir. Nombre d’investisseurs étrangers dans les municipalités côtières se sont ainsi retrouvés dépossédés parce qu’ils avaient signé un contrat pour un privilège à l’occupation d’un entrepôt, uniquement pour se faire expulser du jour au lendemain. D’autres ont bel et bien reçu un droit de possession sur des bureaux ou marchandises… mais le droit en question étant lié à une personne n’ayant pas la propriété actuelle dessus, il s’éteignait à un moment donné. La situation peut parfois devenir très compliquée mais les Roumaliens semblent s’en sortir assez bien.

L’État comme propriétaire ultime

Pour la Cité-Soleil, l’idée que quoique ce soit puisse appartenir à un individu dans le sens où l’entendent les nations libérales est un concept presque extraterrestre : tout appartient au Trône.
Nul n’a de droit inaliénable à posséder ou jouir d’un bien ou d’une terre. Il est des degrés de privilèges quant à la possession ou la jouissance des choses mais ce sont bien des privilèges, octroyés et révoqués à souhait par l’autorité politique. Si la coutume reconnait la propriété comme le fait d’être le possesseur et jouisseur prioritaire légitime pour un bien aux yeux de la loi, ce privilège n’existe que parce que le Trône délègue lui-même son droit de propriété ultime sous forme de privilèges à des foyers qu’il juge méritants.
La coutume veut que ces privilèges de propriété actuelle aient pour ainsi dire valeur de droit devant un tribunal mais rien dans la loi appliquée par ces tribunaux n’empêche le Trône de saisir un bien des mains de son propriétaire actuel, sans compensation ou mise en demeure, car le Trône est le propriétaire ultime.
De même, en tant que privilège, la propriété actuelle ne peut en théorie pas être vendue ou héritée, le privilège s’éteignant avec la mort de celui qui en était le dépositaire. Mais dans les faits, la coutume veut que l’héritier mâle ainé reçoive automatiquement les privilèges accordés jadis à son père s’il peut s’acquitter d’une taxe symbolique de 1 Roum. L’acquittement de cette taxe est le fait générateur de l’octroi du privilège et sert de preuve devant les tribunaux quant à l’existence de ce privilège. Si la taxe n’est pas acquittée, il n’y a pas de droit automatique à l’héritage : tout appartient au Trône car celui-ci est l’autorité morale, légale et factuelle dans le Grand-Royaume : il a la force de s’approprier ce qu’il désire et d’empêcher toute autre personne de faire de même.
S’il délègue l’usage de ses propriétés à des foyers, c’est par pure générosité et pragmatisme : pourquoi interdire aux sujets loyaux de vivre mieux si cela ne coûte rien au Grand-Royaume ? Confucius encourage chacun à souhaiter à autrui prospérité et bonheur égaux à soi-même et à aider autrui à réaliser cela si le coût pour soi-même est négligeable. Et si par leur labeur dans cette voie, les sujets enrichissent le Grand-Royaume, renforçant sa capacité à maintenir l’harmonie, alors pourquoi le Trône refuserait-il ? Il lui est loisible de refuser si la sagesse le lui dicte ou la nécessité l’exige. Mais sans une raison impérative, l’accumulation de biens poussiéreux et terres en jachère n’est que sottise nuisible à tous, y compris au Trône lui-même.

Propriété, possession et jouissance

En ce qui concerne les biens, il y a en Roumalie quatre situations potentielles dans leur rapport à autrui : le propriétaire ultime, le propriétaire actuel, le possesseur légitime, le possesseur, le jouisseur légitime et le jouisseur.

Le propriétaire ultime d’un bien, c’est le Trône, lequel délègue la supervision indirecte de ses biens à la Cité-Soleil à travers les tribunaux et la propriété actuelle et gestion de ses biens à des foyers méritants. Il révoque à souhait les privilèges de propriété actuelle qu’il octroie, n’accordant jamais de droits à celle-ci car cela serait un mensonge : tout dans le Grand-Royaume dépendant du bon vouloir de la Cité-Soleil, il ne peut y avoir de droit obligeant le Trône à quoi que ce soit. Il n’est que des degrés de privilèges offerts par générosité ou soucis de pragmatisme, en vue d’accomplir les desseins du souverain et donc de créer prospérité du la Terre, d’apaiser le Ciel et de maintenir l’harmonie entre eux.

Le chef d’un foyer est le propriétaire actuel des biens du foyer. Il a le privilège d’être le dépositaire direct des biens du Trône et en assure la gestion en bon père de famille comme si ces biens étaient siens. La possession et la jouissance des biens sont siennes et il lui est loisible d’octroyer droits ou privilèges dans cette capacité, tout en rappelant qu’ils seront subordonnés à son propre privilège de propriété actuelle. S’il meurt sans hérité ou que le Trône révoque son privilège de propriété actuelle, les droits qu’il aura octroyé seront contestés (bien que souvent confirmés par soucis de simplicité) et les privilèges s’éteindront.

Les droits et privilèges subordonnés sont de deux types : possession et jouissance. La possession est le fait de détenir ou occuper physiquement un bien. La possession légitime est le fait de détenir ou occuper physiquement un bien avec l’accord, direct ou indirect, du propriétaire. La jouissance est le fait d’utiliser un bien et de s’approprier ce qui est produit ou obtenu à partir de ce bien. La jouissance légitime est la même chose mais avec l’accord direct ou indirect, du propriétaire.
Généralement, la possession est accompagnée d’une jouissance mais l’étendue de cette dernière peut être réduite. Par exemple, un foyer de paysans peut recevoir un droit à posséder une terre mais n’avoir un droit qu’à jouir de la moitié des récoltes, l’autre moitié allant automatiquement au propriétaire ou même allant à d’autres foyers. Cela peut être le fait du contrat original donnant le droit ou cela peut être le fait de droits ou privilèges subordonnés créés par le paysan au profit d’autres personnes. Ce droit de jouissance seule est un moyen fréquent d’offrir une pension à un membre de la famille tout en s’assurant qu’il n’interfère pas dans la gestion d’une propriété.
Johel3007

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Économie et fiscalité (2)[/center]

Économie duale

La Roumalie est divisée en deux mondes économiques, certes liés mais largement autonomes l’un par rapport à l’autre.

Il y a d’abord l’économie locale de subsistance, composée principalement de petits paysans sans terre, de petits fermiers semi-rentiers, de grands fermiers issus d’anciennes familles paysannes et des artisans et professionnels divers qui gravitent autour des domaines fermiers pour offrir leurs services. Ces domaines, parfois référés selon le nom du foyer (ou Maison) qui est la dépositaire du privilège de propriété actuelle, se sont créés au fil des siècles.
Initialement féodaux, ils servaient au Trône à régner sur les terres en déléguant la gouvernance à des officiers-fonctionnaires capables de garantir la paix civile et la justice royale à travers la force de leurs armes. La lutte continuelle des confucianistes pour éliminer cette noblesse terrienne aristocratie au profit d’une bureaucratie méritocratique a permis de largement exclure la première du processus de gouvernance politique en la rendant obsolète avant de briser le lien entre propriété et pouvoir politique et judiciaire et puis enfin de transformer les droits héréditaires sur ces vastes propriétés en simples privilèges révocables à loisir par le Trône.
Aujourd’hui, les lois gouvernant l’héritage en Roumalie sont toujours un système de primogéniture masculine qui encourage la concentration des domaines terriens au sein d’un seul foyer. Mais il est fréquent d’y joindre des droits de possession subordonnés octroyés à des termes avantageux pour les cadets de la famille, dont les foyers forment ainsi un réseau de familles fermières liées entre elles par le sang et travaillant donc dans un esprit de coopération bien plus solide et efficace qu’une relation propriétaire-locataire typique.
Cette économie locale vise une chose avant tout : la subsistance de chacun des éléments hiérarchiques. Si les foyers paysans sans lien avec la Maison sur les terres de laquelle ils travaillent s’acquittent de loyers assez lourds en échange d’un droit de possession, les foyers paysans liés à cette Maison ont souvent hérité de leurs droits de possession, pour lesquels la compensation est avant tout symbolique et ne rapporte donc à la Maison guère plus que ce que lui coûte la taxe due au Trône. Il n’y a donc pas d’enrichissement outrageux pour la plupart des vieilles Maisons puisque la plupart de leurs locataires sont des parents ayant un droit quasi-gratuit à occuper et travailler leur lopin de terre. La faible marge tirée de ces relations permet juste à la Maison de subsister au même titre que ses branches cadettes.
Un autre objectif est l’acquisition de nouvelles terres pour accommoder la subsistance des générations futures. Il faut épargner pour pouvoir se l’offrir, ce qui signifie travailler dur, manger peu et vendre le reste. Une autre avenue pour l’acquisition de nouvelles terres est le défrichement, une possibilité offerte occasionnellement par la Cité-Soleil, qui offre de vendre à bas prix des terres à des foyers capables de les exploiter. Les terres en question sont souvent pauvres ou mal entretenues, ce qui nécessite de durs travaux pour les mettre en valeur puis en tirer une subsistance mais, pour nombre de fils cadets de paysans pauvres, c’est une option attractive.
Aux travaux des champs s’ajoutent une population semi-urbaine d’artisans et artistes divers qui attachent leurs services à ces communautés rurales, offrant leur savoir-faire spécialisé en échange de nourriture et, parfois, de paiement en monnaie. Ils contribuent ainsi à offrir un peu de confort et de joie dans un quotidien sinon très austère. Ici aussi, fréquemment, artisans et artistes font partie de branches cadettes de la Maison, enfants cadets montrant des prodiges dans un domaine et que l’on a encouragés à poursuivre une carrière dans cette direction afin de ne pas les condamner aux travaux des champs ou à la gestion fermière. Cela évite aussi d’avoir à leur confier un lopin de terre, laissant d’avantage pour les autres enfants.

Il est à noter que si cette structure sociale est très présente dans le Sud du Grand-Royaume, les provinces du Nord ont une organisation propre bien que les changements législatifs récents et la grande redistribution de certains domaines confisqués aux anciens colons slaves et redistribués à des foyers sympathisants à la Cité-Soleil a contribué à instaurer la base d’une future standardisation.
Ce modèle est encouragé par la Cité-Soleil car il a l’avantage de limiter la gouvernance à peu de chose, les sous-préfets et magistrats n’ayant qu’à interagir avec les communautés paysannes que pour y faire respecter la loi et la justice ainsi que pour lever les taxes dues par les Maisons.
Les taxes, prélevées au niveau du village, sont payées par chaque propriétaire actuel sous la forme d’une part en nourriture et d’une part en labeur. Cet arrangement est choisi car la monnaie, fortement présente dans les municipalités, est presque absente dans les communautés rurales où le gros du labeur va à la production alimentaire dont la majorité est consommée sur place par les foyers paysans eux-mêmes. Les maigres surplus sont utilisés comme unité de troc pour obtenir services ou biens auprès des artisans et artistes locaux, lorsque ceux-ci ne sont pas directement des employés d’une des Maisons et donc forcés de produire en échange du gite et couvert. Dans ce contexte, la monnaie est surtout manipulée par les branches ainées des Maisons et même là, elle reste rare. Il est donc plus facile pour un village de demander à ses membres de fournir de la nourriture prise sur leurs surplus ou des journées de travail lors de la période entre récoltes et semailles. La monnaie, si elle n’est pas refusée, sert souvent simplement à acheter la nourriture ou le labeur fournit pour la taxe. Le labeur est utilisé localement par les chefs de village, élus par la population locale, pour mettre en chantier et entretenir les infrastructures nécessaires à la communauté. La nourriture est, pour sa part, utilisée pour payer la taxe dûe à la Xian (sous-préfecture).

En cela, l’économie locale de subsistance participe peu ou pas aux finances de l’État en termes de création de richesse directe. Mais elle fournit une denrée essentielle : la nourriture nécessaire à alimenter les masses industrieuses des villes et cités qui, elles, participe au second monde économique de Roumalie : celui de l’économie nationale de production qui, si elle n’est pas directement contrôlée par l’État, dépend largement de celui-ci pour exister.

Politique du moulin monétaire

La vision de l’économie par la bureaucratie royale est simple :
Les campagnes fournissent des taxes en nourriture aux Xians, antennes locales et échelons hiérarchiques le plus bas de la bureaucratie, généralement établies dans un gros village avec un faible cadre de bureaucrates et de miliciens issus de la réserve militaire pour maintenir l’ordre public dans la région. Le Xian organise un marché périodiquement pour vendre cette nourriture aux foyers qui en manquent. L’argent récolté permet de payer mandarins et soldats, qui eux-mêmes achètent la nourriture qu’ils ont besoin sur le marché du Xian. Ils paient aussi divers artisans et artistes pour les biens et services divers dont ils ont besoin. En cela, la bureaucratie se voit comme un redistributeur de richesse, centralisant les surplus de chaque foyer paysan pour permettre l’existance d’une classe de professionnels spécialisés qui créeront des œuvres durables et bénéfiques au Grand-Royaume.
Mais le gros de la nourriture récoltée par les Xians va à l’échelon hiérarchique supérieur : le Zhou, qui lui aussi organise un marché périodique et use des revenus de ce marché pour payer des spécialistes qui l’aide à matérialiser sa volonté politique : troupes pour les garnisons, fonctionnaires pour l’administration, artisans et ouvriers pour des travaux publics et mille autres professions variées qui survivent soit directement via les commandes de l’État soit indirectement en servant les employés de l’État.
Ici aussi, la nourriture remonte plus haut, vers les Fu, établies dans de grosses villes où des milliers de gens ont besoin de manger et offrent donc leurs compétences à la bureaucratie afin de percevoir la monnaie qui leur permettra d’acheter la nourriture sur les marchés de cette même bureaucratie. Nulle besoin de préciser qu’entre les greniers du Xian et les étals du Fu, le prix a connu une sérieuse inflation. Mais malgré cette dernière, vivre dans une ville en tant que professionnel qualifié est toujours plus confortable que de vivre dans un petit hameau de campagne en tant que paysan.
La dernière étape du commerce étatique de nourriture est les Jings, ou municipalités, ces cités immenses où le gros des industries modernes de Roumalie sont situées. Ici, la population est pleinement urbaine et, à l’image de la chorocratie Fiémançaise qui cherche à asservir les villes aux campagnes, le Grand-Royaume fait de même : dans les quartiers ouvriers où s’accumulent les plus jeunes fils des plus pauvres familles paysannes, déshérités de toute terre et n’ayant que leurs bras à offrir, la nourriture coûte très chère, facilement quatre fois le prix qu’elle serait vendue dans un village. Mais dans un village, les prolétaires n’auraient pas pu acheter cette nourriture bon marché… car il n’y aurait pas eu de travail pour eux. Leur travail ici n’est pas plus facile mais le confort est tout de même légèrement supérieur à celui des campagnes : médecine, électricité, chauffage, denrées variées,... tout cela offert par la municipalité aux employeurs qui, à leur tour, l’offrent aux travailleurs en guise de paiement en nature.
La municipalité contrôle donc nombre de services mais aussi les marchés alimentaires, approvisionnés par des achats en gros auprès des Shengs et des Fu les plus proches. Il n’y a pas d’impôts dans les municipalités : le simple profit sur la vente de nourriture suffit à remplir les caisses de la ville, qui les vide aussitôt pour payer des taxes à la Cité-Soleil avec des lingots d’argent.

À son tour, la Cité-Soleil use de ces lingots pour payer des commandes spéciales passées aussi bien avec les guildes établies dans les Jings qu’avec les Shengs, les Fu, les Zhous ou les Xians :
Chantiers navals où des milliers de bras travaillent à mettre à flot les navires de la marine royale avant d’aller dépenser leur paie dans les cantines municipales et dans les établissements de jeu, gardant juste assez pour élever une famille honorable dont les fils pourront vivre d’un travail honnête au service de leur souverain.
Villes-garnisons assurant la sécurité des frontières et où une immigration d’artisans, artistes et serviteurs divers autour des camps militaires car attirés par la paie de soldats avides de la dépenser pour un peu de confort et de luxe et donc la possibilité, pour qui peut fournir ce confort et ce luxe, d’une existence loin du travail aux champs, en sécurité derrière des murs et à côté de greniers bien remplis.
Monastères et écoles publiques où l’élite intellectuelle de la jeune génération est instruite quant à la philosophie passée mais aussi quant aux sciences modernes, prête à former les cadres de la nation et à renforcer celle-ci pour qu’elle puisse offrir à chacun de ses sujets l’harmonie et la prospérité qu’ils méritent.
Vastes lignes ferroviaires reliant les villes aux différentes mines et scieries où la richesse du sol est utilisée pour forger un meilleur futur. Et le long de ces lignes ferroviaires, des villes-chantiers où l’ont construit de grands ouvrages : ponts, barrages, canaux,… tout cela pour rendre la terre plus hospitalière et capable d’accueillir la multitude d’âmes qui attend de naitre dans l’avenir.
Villes-batteries articulées autour des gigantesques centrales thermiques ou hydrauliques qui génèrent l’électricité alimentant les autres centres urbains du Grand-Royaume, propageant le courrant nécessaire à l’usage de la technologie moderne et contribuant ainsi à démultiplier la force productrice de chacun des ouvriers.

Cette vision est celle du moulin monétaire, où la Cité-Soleil rassemble le labeur de chacun pour en faire un projet concret, comme le moulin à eau rassemble les flots de la rivière pour produire une force mécanique.
Dans cette politique, les taxes fixes en nourriture sont utilisées pour forcer les paysans à être productifs plutôt que de se contenter de récolter juste ce qui est nécessaire à leur survie. S’ils ne peuvent payer leur loyer (lui aussi fixe), leur droit de possession s’éteindra et ils seront bannis. De son côté, le propriétaire actuel aura alors du mal à s’acquitter lui-même de la taxe et pourrait avoir à emprunter de l’argent en mettant une partie de ses terres en gage auprès d’une autre Maison. Si ces incidents se répètent trop, le propriétaire sera finalement écrasé sous les dettes et forcer de céder ses terres à ses créanciers, sans doute plus à même de les gérer efficacement. Il y a donc un progrès constant dans les campagnes, où seuls les plus productifs demeurent mais où la taxation progressive des foyers selon la taille de leur domaine limite le progrès technique et garanti une abondance de terres bon marché pour une population paysanne robuste qui reste très nombreuse, fournissant un stock inépuisable d’individus courageux et en bonne santé pour les manufactures des municipalités et les armées du Grand-Royaume
En même temps, justement, cette multitude urbaine n’existe que parce que les conditions de vie dans les campagnes sont rudes et qu’on lui offre une existence un rien plus confortable en échange de son labeur au service, directement ou indirectement, des projets de l’État. Cette existence n’est rendue possible que parce que, jouant sur les distances et sur son quasi-monopole sur les transports modernes, l’État peut obtenir à bas prix de la nourriture et la revendre à prix fort dans des endroits où, sans lui, elle serait absente car intransportable dans les quantités suffisantes que pour nourrir la masse humaine rassemblée sur les chantiers nationaux.

Monopoles et monopsones d’État

Si la Cité-Soleil et sa bureaucratie n’ont aucun monopole légal sinon ceux de la monnaie et de la violence, elles ont dans les faits plusieurs cas où elles contrôlent la quasi-totalité d’un secteur, soit en tant que producteur, soit en tant qu’acheteur.
Ainsi, si la majorité de la nourriture produite en Roumalie n’atteint même pas les marchés, consommée immédiatement au sein des foyers qui l’ont fait germée, plus de 80% des surplus des villages ruraux finissent dans les greniers publics, soit via les taxes sur la propriété foncière, soit via des achats directs d’un Ministère ou l’autre. En Roumalie, le commerce de nourriture est donc largement un secteur public, géré par l’État. Celui contrôlant 80% de la nourriture qui arrive jusqu’aux marchés des villes, il contrôle donc aussi les prix et ne se gêne pas pour les tirer vers le haut autant qu’il est possible.
Mais ce sont aussi l’électricité, l’eau potable, le télégramme, la radio, le téléphone, la télévision, le gaz, l’essence, les soins médicaux, l’éducation supérieure et nombre d’industries stratégiques qui sont totalement entre les mains directes de l’État. Souvent construites à perte car le besoin pour ces industries n’existait pas au sein de la population, elles sont remboursées sur simple vertu de pouvoir ajuster le prix sans craindre la compétition mais aussi en diminuant indirectement les coûts de personnel via une inflation monétaire d’un côté et une hausse des prix des denrées alimentaires de l’autre, tout cela sans toucher aux salaires.
Certaines industries comme les chantiers navals, les arsenaux, les usines automobiles et bien d’autres sont entre les mains de foyers privés mais n’ont qu’un seul client qui impose ses prix : l’État. Dans ces industries, les marges sont faibles mais la faillite inconnue : il y aura toujours un contrat pour sauver ces piliers du pouvoir. Paradoxalement, cette sécurité est aussi ce qui a retardé le développement industriel de la Roumalie : les capitaines d’industrie n’ont pas besoin d’innover quand l’État leur garantit un chiffre d’affaire minimum pour les produits existants.
Johel3007

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Histoire et Géographie (2)[/center]

Préhistoire et mythes [ 11000 à 4000 avant JC ]

Comme déjà abordé dans le chapitre du calendrier Roumalien, la présence de communautés humaines dans la péninsule Roumalienne est très ancienne et, si aucune date précise n’est connue, l’existence d’un certain nombre d’éléments distinctifs d’une civilisation sont identifiables dans les communautés d’il y a plus de 11.000 ans. La culture de céréales et l’élevage extensif de bétail a été prouvée via divers sites archéologiques mettant en évidence d’anciennes têtes d’outils en pierre ainsi que des tablettes où apparaissent les premières ébauches de calendrier et de comptabilité agricole.
Si des références écrites aussi ancienne que 4.000 avant JC parlent de royaumes et citées bien antérieures à l’époque de la rédaction, cela est estimé relever d’avantage du mythe, même si l’usage d’un calendrier unifié à travers toute la péninsule bien avant cela donne du poids à la théorie sur l’existence d’une civilisation aussi ancienne. Toutefois, sans preuve archéologique directe supportant cette piste, les historiens ne peuvent se prononcer.

Ce qui est connu est que, de 11.000 avant JC jusqu’en 4.000 avant JC, la péninsule de Roumalie était habitée par une large variété de tribus, dont les populations variaient de quelques dizaines à plusieurs centaines d’habitants, souvent divisés en hameaux semi-nomades établis le long des fleuves et rivières, se déplaçant au gré des crues et de la fertilité des sols.
L’organisation politique reste méconnue mais, en l’absence de mécanisation ou de pénurie de terre, fut probablement basée autour de la richesse fermière, avec notamment le nombre de fils, filles, têtes de bétail et animaux de compagnie, ainsi qu’autour du prestige né des accomplissements personnels et de ceux des parents proches.
Les mythes citent des affrontements constants entre ces tribus, notamment des raids pour enlever du bétail ou des femmes. L’analyse de squelettes de cette époque révèle effectivement des lacérations, perforations et fractures imputables à des armes en pierre ou en bois. Les conflits demeuraient toutefois peu organisés et visaient d’avantage à satisfaire un impératif de confort matériel et de prestige qu’un désir de conquête.
Aucune trace de monnaie proprement dite n’a été découverte avant 4.000 avant JC, on trouve des traces d’échange de poteries et de comptabilisation des jours passés sur une tâche précise dès 8.000 avant JC, suggérant les ébauches d’un système de commerce et de notions de rationalisation de la valeur des échanges au regard de l’effort à fournir par chaque partie. De même, si aucune trace d’impôt par un pouvoir central n’existe, la pratique du tribut ou « cadeau d’hommage » est documentée dès 4.000 avant JC et est référée comme une pratique déjà ancienne, jugée aussi obsolète qu’hypocrite par l’auteur du texte.
Des estimations démographiques réalisées sur base des tablettes retrouvées ainsi que des rendements agricoles connus placent la population de la péninsule à environ 50.000 individus autour de 10.000 avant JC et de 80.000 individus autour de 4.000 avant JC.

Dynastie Peng ou l’essor de la civilisation Kiyu [ 3700 à 3000 avant JC ]

Le Grand-Royaume de Roumalie actuel est peuplé en majorité par l’ethnie Kiyu. De simple nom d’une des tribus de la péninsule, le mot a progressivement évolué pour désigner les peuplades vivant entre le fleuve Yuku et Rouji puis, au fil des siècles, la plupart des populations conquises par ces peuplades et assimilées en leur sein. Les premières références écrites, datées de 3617 avant JC, relatent une fête donnée par Chibu, roi des Kiyu, en l’honneur de la cérémonie de passage de son cinquième fils, Laobu. Les détails donnés sur les tablettes font état de réjouissances durant cinq nuits et d’une procession de tributs offerts par les rois voisins (sans que ceux-ci ne soient nommés).
La civilisation Kiyu est mal connue en raison du faible nombre d’écrits de l’époque ayant survécu jusqu’à nos jours et du caractère quasi-mythique adopté par les auteurs anciens lorsqu’ils font référence à cette période. Il semble toutefois clair qu’en 3617 avant JC, le système social en place était déjà ancien et bien implanté, avec une longue tradition largement orale soutenue par quelques supports écris tel des calendriers, des inventaires et des contrats.
Son essor débuta dans le Nord-Ouest de la péninsule Roumalienne, entre les fleuves Yuku et Rouji. L’agriculture occupait alors la majorité de l’activité humaine, supplémentée par la chasse, l’élevage et un peu d’artisanat. Ce dernier fleurissait particulièrement autour de la cité de Mure, décrite comme la principale place forte de la région et capitale de la Maison Kiyu, laquelle était la première des grandes familles qui régnaient collectivement sur une vaste confédération de tribus vivant sur les berges des deux fleuves dans une « paix armée » relative si l’on ignore les éventuels raids pour la prise de bétail.
En 3625, le roi Chibu de la Maison Kiyu décède de ce qui est décrit comme une « faiblesse du souffle ». Ses quatre premiers fils se disputent alors l’héritage de ses possessions et l’allégeance des diverses foyers. À l’insistance de leur beau-frère, Tia de la Maison Peng, le conflit sera temporairement résolu en attribuant la citadelle de Mure au cinquième fisl, Kiyu Laobu, alors âgé d’à peine quatre ans, et placé sous la tutelle de sa sœur, épouse de Peng Tia. Les quatre autres fils recevront commandement des domaines fermiers et, en accord avec le Traité de Mure signé en 3627, joindront leurs forces à celle de la Maison Peng et de la Maison Fu pour pacifier les tribus montagnardes.
La campagne militaire est décrite comme un succès pour la confédération de Mure, même si la mort de deux des trois frères entachera la victoire. Peng Tia, lors du banquet célébrant le retour du cortège militaire à Mure, déclarera que, au vu du nombre de cadavres de montagnards jonchant les collines et du nombre d’esclaves et bétail saisi en butin, deux générations de paix seront assurées pour « le Roi de Kiyu et ses sujets ». C’est la plus ancienne référence connue aux termes « Roi » (霸主) et « sujets » (附庸), preuve de la mise en place de ce qui sera, pour les six prochains siècles, référé comme la Dynastie Peng. Et de fait, dès 3649 avant JC, une tablette fait référence à la « 261ème lune de règne du Roi Peng Laobu », durant laquelle celui-ci recevra un tribut de 40 concubines et leur dot, chacune envoyée par une des Maisons dont les domaines sont sous sa protection. Le règne de Laobu s’arrête en 3658, lorsqu’il meurt suite à une « faiblesse du cœur ». Il ne laisse derrière lui aucun héritier légitime mais soixante-sept fils illégitimes. Ce seront ceux-ci qui, sans espoir individuel d’accéder au Trône, seront un soutien critique à son cousin Peng Hu, fils de Peng Tia, pour obtenir le Trône de Mure contre les fils de ses deux oncles, jugés plus légitimes par le sang mais tenu à l’écart de la cour depuis leur naissance.
Après ce début mouvementé, la Dynastie Peng perdurera jusqu’en 3080 avant JC où le dernier roi de Mure sera capturé avec ses trois fils dans une bataille contre le royaume voisin de Bao. Loin de capituler, la cour de Mure se ralliera derrière l’un des ministres du roi défunt, lequel montera une défense réussie de la citadelle jusqu’à la période des récoltes où l’armée de Bao fut forcée de se disperser. La Dynastie Yu débutera alors, du nom de la Maison de ce ministre dont le temps a effacé le nom.

Carte :

[url=http://s32.postimg.org/68bzb5gwl/Roumalie_Histoire0001.png]Territoire estimé de la Dynastie Peng, circa 3500 avant JC[/url]
Johel3007

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Gouvernement et institutions (3)[/center]

Crimes et punitions

La loi en Roumalie vise avant tout à organiser le Grand Royaume en un tout cohérent et harmonieux où l’ensemble des énergies est au service de la volonté du Trône, incarnée par le Grand-Roi, mise en pratique par la Cité-Soleil, tout ceci pour le bien du peuple et la paix céleste.
Si l’organisation des grands dessins est une affaire avant tout de politique, elle nécessite toutefois que soit régler mille et un petits détails du quotidien sans lesquels les tendances égoïstes de chacun des sujets du Grand-Royaume resurgiraient en force, pulvérisant l’ouvrage. Pour empêcher cela, la loi est ferme et intraitable en apparence, avec des règles dures et des punitions terribles pour quiconque défie l’autorité royale ou tente d’en abuser à son seul profit.
Là où la plupart des nations d’Alméra (et du monde, en fait) favorisent des peines de prison pour les criminels et délinquants, cherchant à protéger la société contre eux tout en les réhabilitant comme citoyens productifs, la Roumalie se veut pragmatique et fataliste : chaque sujet est responsable de ses actes et il n’appartient pas au Trône de refaire l’éducation du sujet là où sa famille a visiblement échoué. Chaque transgression est punie de manière rapide et efficace. Il n’est pas de place pour des « écoles à barreaux » où les adultes réapprennent soi-disant la citoyenneté mais, dans les faits, ne font que moisir pendant des années aux frais du reste de la nation. Les châtiments corporels, les travaux forcés, l’exil ou même la peine de mort sont donc d’application tandis que la prison ne sert en fait que de maison d’arrêt entre l’interpellation et le jugement.

Châtiments corporels

La forme la plus fréquente et expéditive de punition consiste en un châtiment corporel. Le fouet ou la canne en bambou sont fréquemment utilisés pour les offenses mineures. Mais dans les cas plus graves, comme lorsque l’auteur est un récidiviste qui ne peut compenser les victimes, des méthodes plus créatives sont parfois d’usage tel que :

Tatouage, lequel varie considérablement et est de plus en plus fréquent dans l’usage moderne, la technologie permettant de l’apposer avec une relative simplicité et une garantie de résultat potable, sans complication médicale sérieuse. Les symboles ayant pour signification « voleur », « escroc », « contrebandier », « assassin », etc… sont généralement appliqués sur le front, les joues ou les mains. Il s’agit ici moins d’une punition pour le condamné que d’un avertissement à l’égard de toute personne qu’il rencontrera dans le futur. Le tatouage s’accompagne généralement du fouet, de la canne, d’amendes ou de période de servitude, selon le crime considéré.

Amputation d’une oreille ou du nez, réservée aux escrocs, fraudeurs, marchands malhonnêtes et autres crimes nécessitant une dose de duplicité suite à un échange de marchandises ou services. Une telle défiguration vise à indiquer à tous la nature malhonnête du condamné. Si son application passée était fréquente, elle est aujourd’hui réservée aux récidivistes qui, en dépit d’un tatouage appliqué suite à de précédentes condamnations, s’entêtent dans leurs activités criminelles.

Amputation de la langue, réservée aux parjures et aux individus coupables de mensonges ou insultes envers des nobles, des magistrats, des mandarins ou des officiers. Souvent remplacé par un tatouage sur la nuque de nos jours, l’amputation devient un dernier recours à l’égard de journalistes et autres opposants politiques particulièrement vocaux. Son application reste systématique en cas d’insulte à l’égard des membres de la Maison Cheng.

Amputation de doigts, réservée aux voleurs. La logique est qu’un vol est parfois nécessaire pour survivre et que la perte d’un doigt, au vu de la rude nature des travaux de champs et de l’artisanat, n’est pas inhabituelle même sans délit. L’amputation est alors une manière ambiguë de marquer un voleur récidiviste sans pour autant le mettre au banc de la société. Le fait que sa dextérité s’en trouvait réduite pouvait être un obstacle professionnel mais pas au point de ruiner sa vie. Mais si après avoir reçu le fouet, la canne et le tatouage, le voleur continue à voler, c’est qu’il se fiche des normes sociales et des cicatrices éphémères. Le diminuer durablement dans sa chair et d’une manière qui peut être répétée (l’humain ayant dix doigts…) devient alors le seul recours en dehors de la mise à mort. Un multirécidiviste pouvait très bien se retrouver avec deux moignons, errant sur les routes à mendier, le tatouage ne laissant que peu de doute quant à l’origine de ses mutilations.

Amputation d'un pied, réservée aux servants qui auraient fui leur devoir et, bien que de manière plus rare de nos jours, aux femmes infidèles, afin qu’il soit plus difficile de parcourir de longues distances et donc d’échapper à leur maître ou mari. Une version moins extrême consiste à briser une rotule ou une cheville puis à la ressouder de travers. La punition est parfois appliquée par défaut à ceux condamnés à plus de trois décennies de servitude, période jugée si longue qu’il devient intéressant pour le condamné de chercher à fuir.

Castration, réservée aux violeurs et aux proxénètes. La peine vise ici à les diminuer en tant qu’hommes autant qu’à limiter leur capacité de nuisance future. Mais surtout, l’expérience a montré qu’il s’agissait d’un très puissant dissuasif. La même peine fut parfois réservée aux hommes ayant pris une vierge hors des liens du mariage ou pris la femme d’un autre homme, bien que les cas furent rares.
La peine est encore appliquée aux officiers, mandarins et notables ayant failli de manière impardonnable à leur devoir envers le Trône, la justification ancienne étant qu’un castré n’aurait pas de nouveaux descendants. À une époque où la mortalité infantile était élevée et où un homme dépendait de ses fils pour ses vieux jours, cela encourageait les jeunes officiers, mandarins et notables, souvent issus de familles influentes, à faire preuve d’une grande rigueur et intégrité, au moins jusqu’à ce qu’ils aient sécurisé deux ou trois héritiers adultes et viables. Aujourd’hui, il s’agit surtout d’humilier l’individu au-delà de la simple perte de prestige professionnel qui accompagne une révocation du titre.

Procès et emprisonnement

Si les châtiments corporels peuvent sembler violents ou barbares, il faut toutefois modéré leur usage : à l’exception du fouet et de la canne, l’ensemble des autres peines suit toujours une période d’emprisonnement visant à protéger l’accusé contre la vindicte de la population tandis que le procès se prépare. Cette tradition de justice méthodique et inquisitive garantit ainsi qu’aucune condamnation précipitée n’ait lieu.
L’emprisonnement peut aussi être la conséquence d’une demande d’appel au jugement. Le condamné verra ainsi sa punition suspendue mais il restera incarcéré jusqu’au nouveau jugement. En cas d’acquittement, il sera compensé par la partie accusatrice.

Toutefois, en dehors des prisonniers en attente de procès, les peines de prison n’ont jamais réellement été dans les traditions de Roumalie, celle-ci préférant une sentence plus expéditive ayant pour objectif de clore l’incident aussi tôt que possible en s’assurant que les parties lésées s’estiment compensées équitablement, que le condamné ne recommence pas et que sa punition serve d’exemple à tous.
On citera toutefois deux exceptions : les otages politiques et les otages fiscaux.
Les premiers sont gardés à portée de main par la Cité-Soleil en vue de maintenir sous contrôle des adversaires. Il peut s’agir d’opposants et rebelles comme de princes étrangers. Mais la logique reste la même : en tenant leurs chefs, amis ou parents sous prétexte de conduire appel au jugement initial, la Cité-Soleil se réserve le droit de punir toute action hostile de ses adversaires.
Les seconds sont de moins en moins fréquents, bien que le code légal autorise la pratique. Elle consiste en autoriser les percepteurs, dans le cas où un sujet ne pourrait s’acquitter de ses taxes, à saisir l’ainé des enfants vivant sous le toit du sujet en question et à l’emprisonner jusqu’au paiement des taxes. Si, après une durée raisonnable, le sujet semble toujours incapable de payer, l’otage sera libéré en échange du sujet, lequel sera tenu en servitude jusqu’à paiement de ses taxes par son travail.

Amende et servitude

De la même manière que le code légal prévoit la protection des accusés par leur emprisonnement puis par la tenue d’un procès dans des conditions sereines, ce même code prévoit que tout châtiment corporel peut être évité par le paiement d’une amende dont le montant varie en fonction du crime. L’amende doit être payée en monnaie et consiste d’une part en une somme à versé à la Cité-Soleil et d’autre part en une compensation versée à la famille de la victime. Si l’individu est trop pauvre, il a alors le choix entre payer par son travail ou endurer le châtiment corporel.
Ce travail se fait via des camps de travaux forcés propriétés du Trône. Les conditions de vie y sont rudes mais pas inhumaines, l’objectif étant d’offrir aux condamnés les plus pauvres une autre option que la mutilation. Quelques mois ou années de servitude dans ces camps permettent au condamné de payer sa dette à la société, littéralement.
Chaque condamné reçoit un tatouage avec la date de début de sa servitude et un matricule. Il sait qu’en cas d’évasion, ce tatouage pourra être une source d’intérêt pour les autorités lors de contrôle d’identité et donc lui valoir une condamnation plus forte, comme l’amputation d’un pied ou la perte d’une rotule.

Le prix d’une vie

Très tôt dans l’Histoire de Roumalie, les législateurs se sont intéressés à l’équation entre crime, coût pour la victime, châtiment corporel et compensation financière. Il est en effet apparu très vite que simplement punir le fautif via un châtiment corporel ne contribuait pas à faire justice à la famille victime de l’acte ou, à tout le moins, cette justice ne compensait en rien la perte occasionné par l’acte et son impact matériel sur l’existence de la famille. Les vols, dégradations matérielles, blessures lors de rixes et atteintes à l’honneur formant le gros des affaires judiciaires dans les villages paysans, une solution propre à éviter les rancœurs dans ces communautés assez isolées devint vite nécessaire. Elle s’imposa même comme indispensable quand les voyageurs (et notamment les soldats) du Grand-Royaume apportèrent leurs lots de troubles et de misère que les seuls coûts de fouet ne pouvaient rien faire pour alléger.

Le « Principe des Vingt-Cinq Pénitences » fut établi voici plus de deux millénaires pour donner la première table de conversion objective entre châtiment corporel et compensation monétaire, où un coup de fouet était égal à 120 pièces de cuivre, un coup de canne était égal à 60 pièces de cuivre, une année de servitude était égale à 12.000 pièces de cuivre, un exil à une distance de 2000 li était égal à 30.000 pièces de cuivre. Une condamnation à mort nécessitait pour son annulation le paiement de 42.000 pièces de cuivre, soit l’équivalent de 3,5 années de servitude pénale. À noter qu’à l’époque, la « servitude pénale » se faisait dans des conditions très dures où la mort, sans être une certitude, était plus que probable en raison du travail dangereux (comme dans les mines), de la quasi-absence d’hygiène et de médecine ainsi que la faible quantité (voir l’absence en cas de famine régionale) de rations alimentaires.
Les sommes demeurent malgré tout immenses quand on considère qu’un compagnon maçon, à l’époque, recevait environ 21 pièces de cuivre par Lune, donc environ 250 pièces cuivre par an. Éviter une année de servitude pénale pouvait donc coûter une existence entière de labeur normal et éviter la peine de mort était une chose que seuls les nantis pouvaient se permettre et uniquement à grand coût.

En plus de la conversion des châtiments corporels en amendes monétaires, le code du « Chemin pour la Juste Réconciliation », un guide de jurisprudence établi auteur du cinquième siècle après JC et basé sur les us et coutumes de la péninsule de Roumalie, définit un prix que l’auteur d’un délit se doit de payer directement à la famille de la victime (et non à la victime elle-même) afin d’éviter un procès et donc une sanction pénale. Les prix donnés incluent une très large liste d’actes, avec par exemple les vols, dont le prix dépend de la valeur de l’objet et de la durée avant la restitution, traitant dans les faits le vol comme un emprunt à taux d’intérêts usuraires. Le degré de relation entre l’auteur et la victime ainsi que leurs positions sociales respectives jouent aussi un rôle pour définir le prix final. Même le meurtre est inclus dans cette liste, donnant un prix à payer à la famille pour la mort d'un chef de famille, d'un fils aîné, d'une fille vierge, d'une femme, d'une concubine, d'un serviteur,... Typiquement, même le paiement de cette compensation s'accompagne toutefois d'un châtiment corporel symbolique mais qui, là aussi, peut être remplacé par une amende.

Enfin, l’idée d’un « échange de corps » est aussi décrite, où un innocent peut offrir de remplacer le condamné en ce qui concerne le châtiment corporel ou la servitude pénale. La coutume est vue comme un honnête transfert de richesse, où le riche sort appauvri et humilié dans son honneur mais intact dans sa chair tandis que le pauvre en sort enrichi, assurant à ses enfants un meilleur avenir tout en gagnant en prestige pour son courage. Les histoires de plusieurs Maisons actuelles tracent leur lignage à un ancêtre qui, ayant accepté de purger plusieurs années de servitude pénale en échange d’une somme confortable mais inférieure à ce que le condamné aurait dû payer normalement, s’en est sorti vivant et est revenu couvert de gloire dans son village natal, où il a pu acheter des terres et débuter une existence hors du joug des grands clans locaux. La pratique, si elle est moralement réprouvée dans le chef du condamné, reste légale et pratiquée aujourd’hui.

Bien que fondamentalement inéquitable (il était, par exemple, octroyé des coûts plus élevés pour un paysan causant du tort à un noble que pour un noble causant du tort à un paysan), il représente une volonté toute confucéenne d’harmoniser les relations sociales en évitant le conflit, offrant à chaque partie un moyen de sauver son honneur et de conserver sa position socioéconomique, ôtant ainsi le besoin pour une vengeance ou une rancœur susceptible de semer la division. Il inclut aussi la notion de gravité circonstancielle, avec notamment des peines plus lourdes pour les crimes entre membres d’une même famille, et de circonstances atténuantes, où la volonté de nuire de l’accusé, la nécessité du crime au regard de sa survie et de ses devoirs et enfin sa réputation selon les cinq vertus, sont prises en considérations pour établir une sanction et une compensation objectives.

Encore aujourd’hui, le « Chemin pour la Juste Réconciliation » et le « Principe des Vingt-Cinq Pénitences » sont utilisés comme guides par les magistrats, bien que les amendes et châtiments aient été adaptés à l’air du temps. Il coûte environ 5 ans de salaire pour éviter une année de servitude,

Exile

Lorsque, en dépit des tentatives de réparation envers les victimes et de sa dette payée à la société, le condamné reste une nuisance évidente par sa seule présence dans la région, il est souvent décidé de l’exiler dans une autre province. Dans le « Principe des Vingt-Cinq Pénitences », l’exil est divisé en trois types de respectivement 2000, 2500 et 3000 li, ce qui correspond à entre 850 et 1250 kilomètres. Une distance considérable, jugée comme nécessitant environ une Lune de voyage à pieds et donc suffisamment distante que pour, dans la Roumalie rurale, éviter toute confrontation fâcheuse.
Aujourd’hui, la Roumalie pratique toujours l’exil mais les distances ont changées. Les 2000 li qui se contentaient d’écarter de sa communauté natale un sujet indésirable sont aujourd’hui un bannissement vers l’île de Zhao ou, pour les moins chanceux, hors des frontières du Grand-Royaume. Cela est dû au fait que le monde est, de par la vitesse des transports, devenu bien plus petit et que la Roumalie ne peut donc plus se permettre le luxe de simplement séparer deux clans qui se haïssent si une heure d’automobile pourrait les renvoyer face à face.
Les juristes actuels planchent sur des alternatives acceptables à long terme mais le peuplement de Zhao par des exilés semble l’option choisie pour l’heure, au risque d’en faire un semblant de colonie pénale.

Exécution

Comme vu plus haut, le système judiciaire de Roumalie est dur mais juste, en cela qu’il prononce des sentences lourdes mais offre aussi quantité d’opportunités aux accusés pour avoir un procès équitable, des possibilités d’appels, une prise en compte des circonstances présentes et passées de l’accusé et des victimes, une commutation de la peine en amende et même la possibilité de négocier avec quelqu’un pour qu’il endure la peine à la place de l’accusé. Dans les faits, les condamnations à mort restent très peu fréquentes et sont souvent commutées en exil, en servitude pénale ou en amende. Mais lorsqu’elles sont appliquées, elles le sont avec brutalité, afin de marquer les esprits.

Pendaison, réservée aux crimes de sang les plus communs, la pendaison est aussi la forme d’exécution la plus courante dans les campagnes, où il est facile et économe de trouver une corde ainsi une branche ou une poutre. Jugée comme une méthode « humaine », il s’agit ici de tuer vite si possible et « proprement ».

Décapitation, réservée aux notables et personnalités dont la mort par pendaison est vue comme honteuse aussi bien pour le condamné que pour les bourreaux et juges. Par cette mort rapide et digne, il s’agit de témoigner du respect et d’honorer les actions passées du condamné et de sa famille, sans pour autant les autoriser à se soustraire à la justice objective du Trône.

Fusillade, méthode d’exécution de masse où une tranchée est creusée, les condamnés alignés à genoux, pieds et poings liés, avant qu’une balle ne soit tirée dans chacun d’eux. Si possible, la tête est visée. Les corps sont couverts de chaux vive et la tranchée est recouverte de terre peu après. C’est une méthode appliquée dans des cas similaires à la pendaison mais lorsque le nombre de condamnés est trop important que pour permettre une exécution « propre ».

Écartèlement, quatre bêtes de trait connectées ensemble par des cordes attachées les membres du condamné. La mort est assez lente, très douloureuse et graphiquement impressionnante pour les témoins. Réservés aux traitres et autres criminels ayant attiré la colère et la haine de la Cité-Soleil plutôt que simplement l’exercice de sa justice.

Ébouillantage, considérée comme brutale et cruelle, cette forme d’exécution est réservée aux traitres, aux déserteurs et autres criminels jugés trop odieux que pour mériter une mort douce mais trop nombreux que pour justifier l’écartèlement. Il fut autrefois coutume après une rébellion de faire bouillir de grandes marmites où des dizaines de prisonniers étaient précipités, pieds et poings liés, en guise d’avertissements à la population locale.

« Lingchi », forme particulièrement cruelle d’exécution qu’on pourrait traduire par « mort par un millier de coupures ». Le condamné est découpé en morceaux de son vivant, ceci en recevant une dose d’opiacé juste suffisante à le maintenir conscient et vivant durant le processus mais pas suffisante à lui endormir les sens. Le nombre de morceaux dépend de l’infamie du crime. Les morceaux sont ensuite dispersés à travers le Grand Royaume afin qu’aucune sépulture décente ne soit offerte au condamné. Certains morceaux sont parfois envoyés à la famille ou aux alliés du condamné, en une moquerie de respect servant à la fois d’affront et d’avertissement. La méthode n’a plus été utilisée depuis presque trois cent ans et est réservée spécifiquement pour les mandarins, officiers, magistrats et notables ayant volontairement trahis la confiance du Trône.
Johel3007

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Démographie et culture (1)[/center]

Le Grand Royaume de Roumalie est une terre vaste où les communications et transports modernes restent encore hors de portée de la majorité de la population. Les distances importantes et le caractère limité des échanges ont ainsi entrainé l’émergence de cultures locales parfois fortement distinctes. Officiellement, le Grand-Royaume de Roumalie reconnait quatre grandes ethnies :
Les Kiyus, originaires de la péninsule de Roumalie et formant environ 85% de la population totale
Les Kai, descendants d’émigrés de l’Empire du Kaiyuan, formant 11% et principalement concentrés dans les villes côtières et le Nord.
Les Nûkuda, supposés être descendants des populations du Levant et d’Eran, représentent 5% de la population et sont, eux aussi, surtout concentré dans les grandes villes côtières.
Les Dakan, également venus du Kaiyuan, représentent 1%. La plus grande partie se retrouve à Jiyi.

La composition théorique énoncée ci-dessus est le fruit de publications et rapports issus de la Cité-Soleil et commandés par celle-ci dans un but avant tout politique. Il s’agit d’affirmer la relative uniformité ethnique du Makara Oriental, en assimilant de manière très large quantité de cultures à des « sous-ethnies » faisant partie de l’ethnie Kiyu. Dans ce modèle, les différences locales comme la langue, le style vestimentaire, les traditions, les coutumes, les religions,… sont ignorées comme de simples cas de régionalisme sans importance par rapport à la vérité historique officielle : que le Grand-Royaume de Roumalie est celui du peuple de Roumalie, lequel s’étendait jadis uniforme, patriote et indivisible sur toute la côte Est du continent et sur une bonne partie de l’Austrobeysin.
La réalité est toutefois un peu différente. Ainsi, il y a des dizaines d’ethnies dans le Grand-Royaume de Roumalie, dont plusieurs réclament une reconnaissance officielle et sont parfois utilisées comme prétexte lors de rébellions locales ou disputes politiques. La Cité-Soleil, de manière générale, adopte une ligne officielle d’ignorance à l’égard des revendications régionales. Mais des études réalisées au Kaiyuan, en Hokkaido, en Eran ainsi que par des anthropologues Almérans permet la mise en lumière de ces ethnies. Les articles suivants analyseront chacune d’elles mais, pour l’heure, nous nous limiterons à les lister.


Groupes ethniques de Roumalie
  • Kiyu (138.000.000)
    • « Vrais » Kiyu
    • Simboks (11.000.000)
    • Pualo
    • Qala (2.000.000)
    • Tatsin (1.000.000)
    • […]
  • Nûkuda (8.000.000)
    • Levantin
    • Eranéen
  • Kai (18.000.000)
  • Dakan (1.600.000)
  • Baisman (100.000)
Johel3007

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Démographie et culture (2)[/center]

Ethnie Qala

Région(s) de peuplement : Qalong
Environ 2.000.000 d'habitants


Culture :
Langue : Qala (Zhuang)
Religion : Animisme

Les Qala sont un groupe ethnique situé principalement dans le Sheng de Qalong. Réintégrés récemment dans le Grand-Royaume, ils sont considéré comme faisant partie du peuple Kiyu mais conservent des particularités culturelles régionales propres. Ainsi, leur langue diffère très sensiblement du mandarin, avec de fortes inspirations Kai et Dakan. Bien que la religion d'État dispose de nombreux temples à travers toute Qalong, la majorité de la population reste de confession animiste, révérant leurs ancêtres et les esprits de la nature. Si ce dernier aspect a pu aisément être réconcilié avec l'idée de l'Harmonisateur Cosmique révéré par les Kiyu, le culte des ancêtres demeure à part et vivace.
On citera notamment une célébration durant l'Apogée de la Lune du Cheval, l'astre plein étant vu comme un fenêtre vers le Ciel tandis que la configuration particulière des étoiles est assumée propice à la communication avec les morts. Plus que probablement, il s'agit en fait d'un temps peu avant la moisson et les prières aux ancêtres peu avant celle-ci visent à obtenir un temps clément. Superstition ou pas, le fait est que ces célébrations sont l'occasion pour les couples de se marier "sous l'oeil bien-veillant des ancêtres" (aka la Lune) ainsi que pour chaque famille et clan d'exposer sa prospérité en participant à des festins et célébrations, lesquels sont théorisés avoir eu pour fonction jadis de vider les greniers des plus anciennes réserves en vue de faire de la place pour la récolte suivante.
L'autre fête notable connue est le Couronnement du Buffle-Roi, ancienne coutume où les familles mettent en compétition leurs buffles utilisés dans l'agriculture locale pour déterminer le plus robuste, endurant et viril d'entre eux. Celui-là est choisi pour être épargné des travaux des champs cette année-là et pour s'accoupler avec l'intégralité du cheptel local avant d'être échangé avec le Buffle-Roi d'un village voisin, en vue de réaffirmer les liens d'amitiés entre les clans et effacer toute dispute et affront. Dans ce qui est sans doute un des exemples les plus anciens de sélection génétique, les buffles de Qalong, avec leurs courtes cornes recourbées sur elles-mêmes, ont émergés de cette pratique. La fête servit aussi à réaffirmer l'unité identitaire des Qala face à l'occupation de Rois étrangers.
La langue des Qala est encore fortement pratiquée dans les villages mais l'enseignement formel du mandarin dans les écoles sponsorisées par la Cité-Soleil tend à en effacer progressivement la pratique dans un contexte plus large. On estime qu'un tiers des Qa sont pour ainsi dire incapable d'écrire dans leur langue maternelle alors même qu'ils en sont capables en mandarin. Les efforts initiaux de la Cité-Soleil en la matière ont notamment établi une clé de conversion des symboles entre les mots Qala et les mots Kiyu.

[center][img]https://s10.postimg.org/yo34opeyx/ZH_02_01.jpg[/img]

Membres de l'ethnie Qala, en habits traditionnels

[img]https://s9.postimg.org/h5170rszz/dsc00070.jpg[/img]

Buffle de Qualong, reconnaissable à ses cornes atrophiées et fortement enroulées[/center]
Johel3007

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Démographie et culture (3)[/center]

Ethnie Baisma

Région(s) de peuplement : Sugan
Environ 100.000 d'habitants


Culture :
Langue : Alémanique (Allemand)
Religion : catholicisme (majoritaire) luthéranisme, judaïsme (minorités)

Principalement concentrée dans la municipalité de Idjiwu, les Baisma sont une minorité ethnique descendant de commerçants alémaniques installés à partir du XVème siècle. Originaire de la Basse-Saxe et du Viertenstein, ils furent largement aliénés par la population locale tout au long de leur histoire. Le nom "Baisma" lui-même est une corruption de deux mots signifiants "Diables Blancs" dans le dialecte local et adoptés par les locaux en raison de la proximité phonétique avec "Basse-Saxe". En réaction à la xénophobie des élites Kiyu, les Alémaniques sont restés fortement repliés sur leur communauté, conservant la langue, les traditions, les valeurs et la religion de leurs ancêtres.

Disposant d'une position enviable au sein de l'économie locale, ils devinrent les intermédiaires privilégiés avec les marchands Almérans commerçant le long de la côte orientale du Makara. Cette position s'en trouva légalement renforcée suite du "Grand Pari de Hans". En 1701, Hans von Viertenstein, fils cadet de Rudolf von Viertenstein, lui-même lointain cousin cadet de Karl von Viertenstein, utilise sa part d'héritage pour prendre la mer avec six vaisseaux, 600 mercenaires Kiyu et 5 orgues à fusée en vue de rejoindre l'île de Föhr et se mettre au service du Comte d'Hochburg, alors en dispute avec le Duc de Zaar. Pour leurs services durant les années de conflits qui suivirent, Hans est symboliquement anobli en 1721 par le Prince Ludwig I Von und Zu Viertenstein. Il revint à Idjiwu avec moins de 50 soldats mais avec des cales chargées de présents. La majorité de ceux-ci furent présentés à la Cité-Soleil comme des "tribus de Son Altesse le Prince du Viertenstein à Sa Sage et Céleste Majesté", un geste qui fut apprécié par le Roi de l'époque, lequel accorda à Hans et sa famille le titre de Zhijing (gouverneur) de Idjiwu, une première pour un étranger, ainsi qu'une charte de commerce garantissant à lui-même et à ses descendants sur six générations un monopole sur le commerce naval entre l'Alméra et et la Péninsule de Roumalie. Encore aujourd'hui, même s'ils ne sont plus Zhijing, les descendants de Hans se font appelés "Barons d'Idjiwu" et participent à la prospérité de leur communauté, dont la population explosa pendant près de deux siècles d'immigration enthousiaste et dont ils sont les porte-paroles officieux.

Le Fu de Baishan, quartier-ghetto où 90% des familles Baisma sont concentrée, est un îlot d'Alméra Occidental au coeur d'une métropole largement Makiranne. Les seules concessions culturelles faite par les Baisma à leur héritage portent sur deux points :
L'alimentation, même si la choucroute reste à l'honneur, valant au Fu son surnom informel de "Ku Fu" (Quartier amère) parmi les Kiyu.
Les vêtements, où la laine est très largement remplacée par la soie, à la fois pour des questions pratiques et de prestige.

[center][img]https://s10.postimg.org/siroe0og9/image_16682_gallery_V9_dbjr.jpg[/img]

Jeunes Baisma lors du "Ziegemondfest"

[img]https://s9.postimg.org/wox6lrdfj/ROTHENBURG_2_640x425.jpg[/img]

Baishan Fu, littéralement "la Préfecture des Blancs"[/center]
Johel3007

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Démographie et culture (4)[/center]

Ethnie Simbok

Région(s) de peuplement : Simbok
Environ 11.000.000 d'habitants


Culture :
Langue : Simbok (Birman)
Religion : bouddhisme, confucianisme

Les Simboks sont une des ethnies dominantes de l'Austrobeysin, formant la première ethnie au Shankhaï et la seconde ethnie au Wapong. La province actuelle de Simbok, dans le Grand Royaume de Roumalie, est peuplé à 95% par les Simboks. C'est une des régions les plus densément peuplée du Grand-Royaume.
Arrivés initialement dans les années -500 sous l'impulsion de la Cité-Soleil pour y exploiter les gisements de fer, les ancêtres des Simboks se mélangèrent aux populations Lâhoms sur la côte et Koïms des montagnes. Une culture originale, mélange des trois, émergea sans pour autant réellement s'affirmer sous la domination de la Cité-Soleil, qui encouragera sans cesse une immigration massive en vue de fournir l'importante main d'oeuvre nécessaire pour les mines mais aussi pour diluer toute velléité identitaire.
Au XIIème siècle, la rébellion Chosonne chasse la Roumalie de la région. Face au manque de réactivité de la Cité-Soleil face aux raids des hordes du Taego Wang, plusieurs mandarins décident de collaborer avec les princes de Wa et du Mayong, assumant une indépendance de facto à l'égard du Trône du Dragon de Jade et cessant de payer tribus afin de financer leurs propres défenses contre les nomades.
S'en suivront deux siècles de luttes amères entre la fragile coalition des Mongs, Lâhoms, Koïms et Simboks contre les expéditions du Royaume de Cho-seon, avec la victoire de 1367 à la "Chute du Khan" (vallée de Wa). Durant toute cette période, les mandarins et leurs descendants assumèrent eux aussi le titre de princes, envoyant uniquement des hommages symboliques à la Cité-Soleil lorsque cela leur était exigé.
La Roumalie conduira par la suite plusieurs tentatives pour annexer à nouveau la région mais sans succès durable, les autres pouvoirs régionaux ayant eux aussi des intérêts sur l'Austrobeysin. Finalement, l'autorité Roumalienne sera définitivement brisée et chassée de la région au 18ème siècle, quand plusieurs princes Simbok s'allièrent à des corsaires Adéliens en leur offrant leurs filles en mariage, avec une confortable dote. Les corsaires adoptèrent les mœurs polygames locaux mais le portèrent à un tout autre niveau, se bâtissant de véritables harems et enfantant chacun des dizaines de bâtards, lesquels formèrent petit à petit une caste à part, les Shankhaï, métisses formant un cadre militaire et administratif loyal pour les nouvelles principautés.
La "Simbokie" deviendra une colonie Adélienne en 1830, quand les Shankhaïs se retournèrent contre les princes Simbok et offrirent le pays à l'Adélie en échange de son soutien militaire. Durant le siècle qui suivra, entrepreneurs Adéliens et soldats Shankhaïs se partageront les richesses du pays, maintenant leur domination grâce à une technologie militaire leur donnant un avantage absolu sur les populations locales et sur la Roumalie, ceci jusqu'à l'invasion par l'Eran en 1935.
Les Adéliens abandonnèrent alors la région, reléguée à l'état de front secondaire comparé aux événements en Alméra durant la Grande Guerre. Deux mouvements de résistance parallèles feront face à l'occupant : le Front National Adélien, menés par de Shankhaïs luttant pour rétablir l'autorité de l'Adélie, et l'Union de Libération Simbok, menés par des nationalistes Simboks lassés d'être à la merci de "barbares étrangers". Au terme de la guerre, l'ULS semblait dominant mais, avec le soutien des puissances alliés, le FNA reçu le gouvernement, sous réserve que la nation reste indépendante à la demande du Pelabssa, devenant une simple nation associée à l'Adélie, à l'image de l'Océania.
La structure sociale de castes reste d'application et, sans le soutien militaire direct de l'Adélie, l'armée de Simbokie, composée à une écrasante majorité d'officiers et sous-officiers Shankhaï, compense par un excès de violence pour écraser tout soupçon de révolte Simbok. La situation pourrit pendant près de deux décennies jusqu'à la tentative d'invasion de la République Nationale du Wapong. Une fois de plus, les colons Adéliens abandonnent le navire alors que les Shankhaï luttent bec et ongle, repoussant l'envahisseur et contre-attaquant même, envahissant la vallée de Wa et l'occupant pendant deux ans. L'un des généraux Shankhaï, John Ark, prend le pouvoir et s'autoproclame "Président de la République Populaire du Shankhaï", avec l'approbation de la totalité des fonctionnaires et soldats de Simbokie. Les biens des étrangers sont nationalisés et un socialisme militariste est mis en place pour réorganiser le pays.
Pendant près de 40 ans, John Ark règne sur le pays d'une main de fer, portant le pays sur la voie de l'autarcie isolationniste. Il s'ouvre à nouveau au monde en 2013 face à l'impérialisme du Pacte de Novgorod, dont le Sionving alors membre menace tout l'Austrobeysin. Peu après, le Shankhaï rejoint l'Organisation du Traité d'Hellington pour se protéger encore d'avantage. Cela conduira la [url=http://www.simpolitique.com/post75216.html#p75216]Rostovie à atomiser la ville d'Hoboken[/url] afin de faire payer "les traitres socialistes". Deux millions de personnes sont tuées en quelques heures tandis que les 3/4 des infrastructures militaires et économiques du pays sont en ruines, le laissant dans une situation de crise humanitaire grave.
Le ressentiment des Simboks finira par exploser via une révolution appelant au rattachement du pays à la Roumalie. Incapable de maintenir son autorité au vu de l'état de son armée et du pays, John Ark demandera l'aide de l'OTH, lequel permettra d'arrêter les troupes de Roumalie au fleuve qui coupe le pays en deux. Un traité reconnaitra la souveraineté de la Roumalie sur l'Est de la vallée, en échange de quoi la Roumalie signera un pacte de non-agression de dix ans et autorisera le libre-passage de sa frontière vers le Shankhaï à quiconque veut quitter le Grand-Royaume, ceci pendant trois mois. Peu de Simboks choisissent de quitter la Roumalie mais la quasi-totalité des Shankhaïs émigrent.

Depuis lors, les Simboks forment une ethnie loyale mais néanmoins fière de son héritage de luttes constantes et de défiance à l'égard de toutes les grandes puissances de la planète, peu importe le coût. La mentalité Simbok, forgée par quatre décennies de discipline militariste, de tempérance frugale et d'obéissance à l'autorité légitime, en font des candidats de choix pour la bureaucratie. Mais leur athéisme prononcé en font aussi une étrangeté dans la société Roumalienne encore hautement emprunte de mysticisme. Toutefois, à présent que l'autoritarisme de John Ark et des Shankhaï ne s'exerce plus, la population se montre très enthousiaste à redécouvrir sa culture et fait l'expérience d'une renaissance spirituelle.

[center][img]https://s10.postimg.org/sbsxv0mcp/Yangon_Thingyan_2011.jpg[/img]

Simboks lors d'une célébration mixte entre bouddhistes et néo-confucéens

[img]https://s9.postimg.org/kwu28jy0f/5731d8a4c3618874118b45c1.jpg[/img]

Hoboken, ancienne capitale du pays, toujours en ruines 17 ans après[/center]
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