Activités internes - În toate colțurile valdâchii

Alexei

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[justify]La fin d'un roi
Mars 2039

[center][img]http://media.tvrinfo.ro/media-tvr/image/201712/w640/regele-mihai-foto-ioana-chirita_15213000.jpg[/img]

Le Roi Carol de Valdaquie dans sa résidence surveillée, près de Călărești[/center]
Malgré les efforts des commandants de terrain pour maintenir la cohésion de la troupe et un moral élevé, un vent de débâcle soufflait sur toute la Dobrogévie. Hébétés par les bombardements et le professionnalisme des soldats valdaques et de leurs auxiliaires d'extrême-droite (nettement plus cruels que les premiers...), les séparatistes dobrogèves avaient perdu l'espoir de triompher, et n'avaient d'autre choix que de refluer vers les forêts du nord de Dobrogévie, ainsi que la frontière nistrove. Dans le chaos ambiant, seules les troupes du Comară (troupes bien entraînées et fanatisées du Parti communiste) continuaient d'opposer une résistance vaillante, harcelant l'ennemi et parvenant même à reprendre certains villages. Lorsque cela se produisait, ils punissaient implacablement les mercenaires et soldats s'étant livrés à des exactions contre leurs camarades ou les civils, en les exécutant contre un mur (suite au jugement d'un tribunal populaire) ou en les livrant à l'opprobre de la foule. Mais devant l'entraînement des troupes régulières et leur équipement, ce combat était vain, et les soldat-commissaires du Comară étaient eux aussi contraints de reculer.

Mihai Vladimirescu (le dernier haut dignitaire du PCUP en Dobrogévie) tentait tant bien que mal de gérer les dernières forces qui lui restaient. Les miliciens populaires avaient été beaucoup moins solide qu'il l'escomptât et, dégoûté, il choisissait de déléguer la plupart de ses commandements, préférant s'occuper de ses fidèles guerriers du Comară. Ceux-ci avaient subi de lourdes pertes et Vladimirescu avait compris que la Dobrogévie était perdue, surtout que Traianopol était sur le point de tomber. Néanmoins, il avait une dernière chose à faire avant de donner l'ordre à ses hommes de se replier en Nistrovie.

Ainsi, dans la voiture qui le menait dans la résidence royale de Călărești, les mots de Vasile Tudor résonnaient en boucle dans sa tête : "si jamais nous perdons la Dobrogévie, nous nous devons au moins de rendre justice au peuple valdaque, et d'empêcher les Cantacuzène de remonter sur le trône à tout jamais". Tout en observant le paysage dobrogève défilant sous ses yeux, Mihai Vladimirescu chargea son arme, impassible. Les trois commissaires du Comară l'imitèrent puis échangèrent un regard, mêlé de résignation et d'espoir. La voiture s'arrêta, ils étaient arrivés.

Charles Cantacuzène, se tenant à la fenêtre, savait que son heure approchait. Dans la petite propriété (qui était sienne auparavant), c'était l'effervescence : miliciens et commissaires trottaient partout, emportant armes, munitions et nourriture. Comme d'habitude, les demandes d'explication de l'ancien souverain étaient restées lettre morte, à l'exception d'une de ses anciennes domestiques, qui lui avait assuré que lui et sa famille serait emmenée en lieu sûr. L'ancien monarque n'y croyait pas. La vue de Mihai Vladimirescu et de trois de ses sbires, armés de fusils d'assaut, ne pouvait que confirmer ce mauvais pressentiment qui ne le quittait pas depuis plusieurs jours. Il en avait trop vu, et savait que lui et sa famille ne seraient plus de ce monde une fois que le soleil se coucherait.

Mihai Vladimirescu :
Commissaire-général du Comară
« Monsieur Cantacuzène, pouvons-nous discuter en privé je vous prie ? »

Plongé dans ses pensées, le vieillard n'avait pas vu le jeune officier entrer. Celui-ci avait un regard froid mais dénué de haine, et semblait très détendu au vue des circonstances. Charles de Valdaquie s'exécuta, sous les regards inquiets de ses enfants et petits enfants qui faisaient leurs valises.

Mihai Vladimirescu :
Commissaire-général du Comară
« Vous savez que vous ne partirez pas d'ici vivant, pas vrai ? » -tout en s'allumant une cigarette-

Charles Cantacuzène :
Ancien roi de Valdaquie
« Je me suis fait à cette idée depuis longtemps. J'ai assez vécu, je ne vais pas vous implorer de garder ma vie sauve. Mais s'il vous plaît, épargnez mes petits-enfants, ils n'ont rien à voir avec mes crimes, ils ne méritent pas de mourir pour moi. »

Une véritable émotion se dégageait des yeux du vieil homme, qui peinait à se tenir droit. Mihai Vladimirescu soutint son regard pendant une de longues secondes, ne laissant rien transparaître. Il hocha la tête puis quitta la pièce, laissant place aux trois agents qui le flanquaient. Charles Cantacuzène n'opposa aucune résistance quand ils se saisirent de lui, sous les protestations de sa famille. Mihai Vladimirescu s'approcha, leur présentant ses excuses et leur demandant de rester dans leurs chambres, avant de leur promettre qu'ils auraient la vie sauve et seraient évacués.
On mena l'ancien roi dans la cour de la propriété, où les miliciens et commissaires s'étaient tous réunis. Deux hommes plus âgés (eux aussi en uniforme), se tenaient chacun derrière un bureau qui avaient été placés bizarrement au milieu de la cour. A plusieurs mètres, une simple chaise (prise à l'intérieur du manoir) leur faisait face. Une fois que Charles Cantacuzène fut installé dessus - et menotté -, Mihai Vladimirescu lui jeta un dernier regard avant de rejoindre l'assistance.

Traian Ardeleanu :
Juge du tribunal populaire de Călărești
« Monsieur Cantacuzène, si vous vous trouvez ici aujourd'hui, c'est pour répondre aux crimes que vous avez commis à l'encontre du peuple valdaque pendant la totalité de votre règne, que je qualifierais de brutal, autoritaire, et anti-populaire. Si le sang des milliers de Valdaques que vous avez fait couler ne pourra jamais être restitué, le votre pourra être versé en compensation des préjudices que vous avez causé. Les preuves sont là, les faits sont immuables, quelle sanction demande le camarade procureur ? »

Cosmin Danilencu :
Procureur de Călărești
« Le peuple valdaque, que je représente à travers le Ministère public, exige la plus grande fermeté et la sanction la plus impitoyable à l'encontre des tyrans. De ce fait, je demande que l'accusé soit puni de mort. »

Traian Ardeleanu :
Juge du tribunal populaire de Călărești
« Monsieur Cantacuzène, avez-vous quelque chose à dire sur les charges d'une extrême gravité qui pèsent sur vous ? »

Charles Cantacuzène :
Ancien roi de Valdaquie
« Non, monsieur, je n'ai rien à dire. »

Des larmes coulaient des yeux du vieillard. Il n'aurait jamais imaginé être jugé ici, dans la cour d'une de ses résidences, assis sur l'une de ses chaises.

Traian Ardeleanu :
Juge du tribunal populaire de Călărești
« Monsieur Cantacuzène, reconnaissez-vous oui ou non avoir commis les crimes qui vous sont imputés à l'encontre du peuple valdaque ? »

Charles Cantacuzène :
Ancien roi de Valdaquie
« Oui, je les reconnais... tous. »

Traian Ardeleanu :
Juge du tribunal populaire de Călărești
« Monsieur Cantacuzène, le tribunal populaire de Călărești vous reconnaît coupable de la totalité des chefs d'accusation qui pèsent sur vous. Vous êtes ainsi sentencié de la peine de mort. Cette condamnation est sans appel et prend effet immédiatement. »

Le juge et le procureur se levèrent, rejoignant l'assistance comme si de rien n'était. Au total, le procès avait duré moins de dix minutes. Les agents du
Comară détachèrent le condamné et l'amenèrent contre un mur du manoir. Mihai Vladimirescu vint se placer au niveau de ses hommes, à cinq mètres du vieillard, tenu en joug par quatre fusils d'assaut. Charles Cantacuzène, qui avait encore les larmes aux yeux, sentit la délivrance arrivée et espéra simplement que son pays ne connaîtrait plus la guerre et la misère après sa mort.

Mihai Vladimirescu :
Commissaire-général du Comară
« Monsieur Cantacuzène, soyez sûr que la Valdaquie se portera mieux sans vous, et que les tyrans capitalistes qui ont pris le pouvoir à Albarea se retrouveront, un jour, à la même place que vous. Je vous prie de pardonner le caractère expéditif du procès et de l'application de votre peine, mais le temps nous est compté. Je pense que vous connaissez l'adage : pour nos ennemis, quatre murs, c'est trois de trop. Adieu. »

Ses mots laissèrent la place aux cris des fusils qui mitraillèrent impitoyablement l'ancien monarque pendant une dizaine de secondes. Criblé de balles, celui-ci s'effondra, laissant apparaître son sang ainsi que les impacts des balles maculant le mur. Restés statiques plusieurs secondes, les spectateurs se mirent à applaudir, avant de retourner vaquer à leurs occupations. Mihai Vladimirescu et ses hommes firent demi-tour sans dire un mot.[/justify]
Alexei

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[justify]Pa, Dobrogeva !
Mars 2039

[center][img]https://m.media-amazon.com/images/M/MV5BMjE1OTY3MDEyNV5BMl5BanBnXkFtZTcwODEyNzQ5NA@@._V1_.jpg[/img]

Mihai Vladimirescu l'increvable chef du Comară[/center]
Le 4x4 de Mihai Vladimirescu s'élançait à vive allure sur les routes dobrogèves. Au téléphone, les mauvaises nouvelles arrivaient les unes après les autres. "Camarade commissaire, Copou (quartier de Traianopol) est perdu", "camarade commissaire, Vrancea s'est rendue", "camarade commissaire, la totalité de Vaslui a été prise", etc., etc. Pour le dernier leader communiste encore vivant (à l'exception de Teodora Maurer qui bénéficiait de l'immunité parlementaire et de Virgiliu Dinescu, l'homme d'affaires agent-double du Parti), la bataille de Dobrogévie était clairement perdue. L'issue de la guerre révolutionnaire, elle, restait incertaine dans l'esprit du jeune homme. Ce dernier ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'il se serait passé si le PCUP avait profité de la révolution pour prendre tout le pays, au lieu de se barricader en Dobrogévie. Visiblement, ni lui, ni feu Vasile Tudor n'avaient imaginé une offensive gouvernementale d'une telle ampleur et d'une telle férocité, au point de décapiter la rébellion dès le premier jour. En effet, la plus puissante aviation du monde avait fait d'une région dépourvue d'armement antiaérien lourd son vulgaire terrain d'entraînement, où les pilotes pouvaient s'exercer avec leurs appareils à plusieurs millions de dollars en prévision de futurs conflits.

Et c'est cet usage (que d'aucuns jugeraient abusif) de l'arme aérienne qui avait mis en déroute des miliciens, protégeant avant tout leur famille et leur maison. Ceux-ci n'avaient aucunement envie de tout quitter et de prendre le maquis. Ainsi, la simple écoute du "bang" supersonique des IAR suffisait à provoquer l'effroi dans leurs rangs, les faisant quitter leurs positions et permettant aux troupes régulières d'avancer sans mal. Mais la plus grande menace pour ces malheureux guerriers restait les hélicoptères. N'hésitant pas à tirer sur les barricades de fortune à la roquette et à la mitrailleuse, ils avaient un effet dévastateur, et interdisaient tout déplacement de jour en véhicule. Cette règle, Mihai Vladimirescu n'en avait pas tenu compte, estimant que l'Armée de l'air était trop occupée à nettoyer les dernières poches de résistance à Traianopol et dans les montagnes. Il se rendit compte de son erreur lorsqu'il aperçut l'ombre d'un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1013&t=17492&p=348941#p348941]Dracula[/url] se profiler au loin, fonçant à toute allure en direction du véhicule. Mais il était déjà trop tard : avant qu'il n'eut le temps de prévenir son chauffeur, des balles de 30 mm déchirèrent la carlingue du véhicule, tuant le pilote et le co-pilote sur le coup. Incontrôlable, le 4x4 fit plusieurs tonneau avant de finir sa course dans la forêt bordant la route.

Gheorghe Petrescu
Pilote d'hélicoptère
« Contrôle, ici Grifon. Confirmons que la cible a été touchée, à vous. »

« Bien reçu, Grifon. Vérifiez que le VIP a bien été mis hors de combat, terminé. » Poussant un soupir de lassitude, le pilote activa sa caméra thermique.

Valentin Balciuc
Co-pilote
« Laisse tomber, avec la rafale qu'on lui a mis il a eu son compte. Puis tu verras rien, la voiture commence à flamber. »

Gheorghe Petrescu
Pilote d'hélicoptère
« Tu dis ça parce que t'as pas envie de rater le match hein ? »

Valentin Balciuc
Co-pilote
« Exaaact. Non, sérieux, je sais même pas ce qu'on fout là. On nous a vendu la Dobrogévie comme un "enfer bolchevique", mais regarde où on en est. Ça fait un mois qu'on tire sur des bagnoles et des ploucs à peine armés. En plus Traianopol vient d'être reprise. Bref, qui que soit le pauv'type qu'on vient de dézinguer, le fait qu'il soit mort ou blessé ne change absolument rien à la ""situation opérationnelle"", si tu veux mon avis. »

Gheorghe Petrescu
Pilote d'hélicoptère
« Non j'le veux pas, et si tu la boucles pas, je te promets que tu rateras le match. »

Le lieutenant Petrescu partageait tout de même l'avis de son subordonné, en partie. Ainsi, après avoir observé la carlingue fumante du véhicule pendant quelques minutes à la caméra infrarouge, il ne vit que les corps des passagers refroidir un par un, à l'exception d'un seul, à l'arrière. Il s'apprêta alors à réactiver son canon de 30 mm pour achever le survivant, avant de finalement se raviser et de saisir sa radio.

Gheorghe Petrescu
Pilote d'hélicoptère
« Contrôle, ici Grifon. Confirmons que la cible est anéantie. On rentre à la base, terminé. »

L'appareil fit demi-tour et commença à s'éloigner peu-à-peu, comme dans un mauvais rêve. La silhouette encore chaude, aperçue sur la caméra infrarouge, attendit encore quelques secondes avant de se faufiler par la vitre qui avait volé en éclats pendant l'attaque. Couvert du sang des victimes, souffrant de quelques contusions aux visages, il s'en sortait bien par rapport à ses collègues, tous morts ou à l'agonie. Peinant à se mettre debout, Mihai Vladimirescu fit un effort surhumain pour se lever. S'assurant une dernière fois que le "Dracula" était loin, il tourna la tête sur sa gauche, vers l'Est, où il aperçut au loin un grillage et un immense panneau. En s'approchant - en titubant -, il put enfin déchiffrer celui-ci : "NISTROVA".[/justify]
Alexei

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[justify]Radio Freiheit
Novembre 2039

[center][img]https://p5.focus.de/img/fotos/origs997438/8882059344-w630-h393-o-q75-p5/Steffen-Seibert.jpg[/img]

Stanislaus Kerner, candidat de la DBU à Zweifuss[/center]
Dans le Vestfold, le rude hiver jernlander était déjà installé. Les premiers flocons et les premières gelées avaient fait leur apparition, obligeant la voiture (de marque gänsernbergoise) de Stanislaus Kerner à rouler précautionneusement dans la nuit noire. L'étoile montante de la Demokratische Bürgerunion n'était néanmoins pas très intéressé par le paysage glacial défilant à sa fenêtre. Plongé dans ses pensées, le jeune politicien relisait machinalement ses notes, dont certaines à voix haute, articulant de manière presque grotesque afin d'avoir la meilleure élocution possible le moment venu. Bien sûr, il aurait préféré le faire chez lui, en Hohengraf, entouré de ses compatriotes. Mais les enjeux étaient bien trop importants : l'indépendance devait être conservée à tout prix, et un peu d'aide extérieure n'était pas de refus...

Cette "aide extérieure" prenait la forme d'un bâtiment entièrement neuf, cerné par un grillage et hérissé de grands émetteurs, à l'allure quasi-militaire, appuyée par des soldats jernlanders qui patrouillaient dans le périmètre. Et pour cause, personne ne devait savoir que Radio Freiheit émettait depuis un trou perdu à l'Ouest du Jernland. En fait, il était impossible de savoir d'où émettait précisément Radio Freiheit grâce aux technologies et systèmes militaires avancés utilisés pour réverbérer le signal et pouvoir émettre jusqu'en Hohengraf. Cette discrétion avait un prix, mais grâce à elle, Radio Freiheit diffusait avec succès depuis des mois, sans jamais avoir éveillé les soupçons. Alors que Stanislaus Kerner relisait - pour la 1 000ème fois - ses papiers, la voiture s'arrêta devant l'entrée du bâtiment, où il était attendu par un comité d'accueil composé d'une demi-douzaine d'hommes en civil et en uniformes.

Alexander Hagen
Agent du Sikkerhetsjeneste
« Soyez le bienvenu au Jernland, herr Kerner. En dehors du personnel de la station, vous êtes le premier Hohengrafois à mettre les pieds ici. Je pense qu'il est inutile de préciser que ce lieu n'existe pas. De même que les personnes et équipements que vous verrez ici. »

L'homme, bien que souriant et s'exprimant dans un tötterne parfait, n'avait pas l'air de plaisanter. Stanislaus Kerner avait été briefé avant d'entreprendre son voyage : il était en terre amie, mais ces amis avaient un goût prononcé pour la discrétion. Ainsi, le politicien hohengrafois, qui n'était pas très connu hors de son pays, devait faire profil bas pour le moment et poser le moins de questions possibles. Y compris au sujet des deux hommes à l'air peu germanique, qui portaient une căciulă (chapeau d'hiver valdaque semblable à une chapka), et qui faisaient parti du comité d'accueil.

Stanislaus Kerner
Membre de la Demokratische Bürgerunion
« Je vous remercie pour cet accueil, plutôt chaleureux malgré la météo. Ne vous inquiétez pas, mes supérieurs m'ont dit tout ce qu'il fallait que je sache à propos de nos amis communs. Et je ne peux que remercier ces-derniers pour le soutien qu'ils apportent à mon peuple, et à la démocratie. »

L'agent jernlander sourit et mit une légère tape dans le dos à son invité pour le convier à l'intérieur. Etrangement, l'ambiance dans le studio était radicalement différente qu'à l'extérieur du bâtiment, où le personnel, majoritairement hohengrafois, semblait détendu et avait sorti le schnaps et la bière pour "fêter" l'arrivée de leur éminent compatriote. Alors qu'Alexander Hagen s'était discrètement mis en retrait, une jolie blonde (masquée à moitié par la fumée des cigarettes) s'avança vers lui, lui tendant la main.

Erika Seibert
Productrice
« Vous devez être herr Kerner ? C'est un honneur de vous recevoir ici. Je vous en prie, asseyez-vous et détendez-vous, vous passez à l'antenne dans 10 minutes. »

Le politicien s'exécuta, profitant de ce court répit pour s'asseoir sur un canapé face à la salle d'enregistrement et relire encore quelques fois ses notes. Il fut interrompu quelques instants plus tard par une femme lui proposant un verre de schnaps, ce qu'il refusa malgré son trac. Il n'arrivait toutefois pas à se concentrer, perturbé par le brouhaha environnant ainsi que les deux hommes à la căciulă, qu'il avait croisé dehors, occupés à l'observer discrètement.

Peter Schöller
Animateur
« ...eeeet de retour sur Radio Freiheit, LA radio libre des Hohengrafois libres, et ce soir, à l'approche des législatives, nous accueillons un invité de marque... »

Après un dernier petit briefing, la productrice avait convié Stanislaus Kerner dans la salle d'enregistrement, où un technicien s'assurait que le micro du politicien fonctionnait correctement. Sur la table trônaient deux micros en fer style "rétro", deux verres d'eau et un cendrier plein.

Peter Schöller
Animateur
« ...il est candidat pour la Demokratische Bürgerunion, il est jeune et il agit pour l'indépendance de notre nation depuis des années. Mes chers auditeurs, j'ai l'honneur, ce soir, d'accueillir Stanislaus Kerner ! »

Stanislaus Kerner
Membre de la Demokratische Bürgerunion
« Bonsoir à tous et bonsoir Peter, c'est un plaisir d'être avec vous ce soir... »

Peter Schöller
Animateur
« Mais tout le plaisir est pour nous ! Alors, herr Kerner, vous êtes candidat pour la DBU à Zweifuss, une ville qui a été très touchée par le récent conflit gänsernbergo-dytolien, comment vous sentez-vous à l'approche du scrutin ? Êtes-vous confiant quant à votre victoire, et à celle de votre parti dans l'ensemble du pays ? »

Stanislaus Kerner
Membre de la Demokratische Bürgerunion
« C'est exact, je suis originaire de Zweifuss, et je peux vous dire que j'ai suivi les combats de très près. Heureusement, ceux-ci se sont finalement avérés courts et peu meurtriers parmi la population civile. Ce que j'ai surtout retenu, c'est le jour où les troupes gänsernbergoises sont entrées dans la ville. Alors que nous pensions avoir enfin gagné notre liberté, le Gänsernberg est venu nous l'arracher des mains et s'est plus comporté comme un occupant plutôt qu'un frère. Ce souvenir restera à jamais gravé dans ma mémoire, et dans celle de nos compatriotes. Je n'ai donc aucune crainte quant à l'issue des élections, car les Hohengrafois savent qui milite et travaille sans relâche pour défendre leur souveraineté et leur liberté : la Demokratische Bürgerunion. »

Peter Schöller
Animateur
« Je suis sincèrement désolé pour ce que vous avez vécu. Donc, pour réagir à ce que vous êtes en train de me dire, vous pensez que le Parti monarchiste radical et le Parti pour l'Union des tötternes ne représentent pas correctement les Hohengrafois et leur désir de liberté et d'indépendance ? »

Stanislaus Kerner
Membre de la Demokratische Bürgerunion
« Il ne fait aucun doute que la coalition RMP-PTU sert des intérêts autres que ceux de notre peuple. Il n'y a qu'à jeter un œil à leurs [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1305&p=355099#p355099]comptes de campagne[/url] : comment expliquer que les dons étrangers que ces partis reçoivent soient aussi élevés que les subventions étatiques qui leur sont versées ? Pour moi, cela ne fait aucun doute : le Gänsernberg, après avoir échoué à nous asservir militairement, tente de nous asservir par les urnes. »

Peter Schöller
Animateur
« Pourtant, le programme de la coalition ne prévoit nullement un rattachement au Royaume de Gänsernberg. »

Stanislaus Kerner
Membre de la Demokratische Bürgerunion
« Il aurait été peu habile politiquement de le montrer ostensiblement, en effet. Néanmoins, d'autres points dudit programme de ces partis peuvent nous mettre la puce à l'oreille : "favorisation du poids diplomatique nationale de par notre rapprochement avec le Gänsernberg", que diable cela signifie-t-il ? Les Hohengrafois ne sont pas assez grands pour choisir avec qui ils veulent discuter ? Les Hohengrafois doivent s'en remettre à une monarchie matriarcale, excommuniée par le Saint-Siège de surcroît, pour monter une diplomatie ? Allons, la blague a assez duré. Sous couvert de pantötternisme, le Gänsernberg tente de faire de notre pays une simple excroissance de son royaume, chantant à tue-tête que nous sommes les mêmes alors que ce n'est tout simplement pas le cas : nos hommes et nos femmes ont les mêmes droits, personne n'est supérieur à l'autre. Nous sommes catholiques et nous aimons le pape, nous n'avons rien à voir avec les néopaïens de Köninginstadt. »

Peter Schöller
Animateur
« Dans ce cas, qu'est-ce que votre parti et vous proposez ? »

Stanislaus Kerner
Membre de la Demokratische Bürgerunion
« La liberté et la souveraineté pleine et entière, rien de plus. Nous voulons être les seuls à mener nos politiques nationales, et non pas faire de "convergence douce et concertée des politiques nationales entre le Gänsernberg et l'Hohengraf". Nous voulons choisir nos partenaires internationaux et définir notre propre diplomatie, sans avoir à en référer à Köninginstadt. Bien sûr, nous ne souhaitons pas couper les ponts avec le Gänsernberg, cela serait futile et néfaste, mais nous voulons être traités d'égal à égal avec celui-ci, sans qu'il tente de s'immiscer dans la vie du peuple de Hohengraf. En ce sens, je ne peux que saluer les pays de la Communauté des Nations dytoliennes, qui ont promis de ne pas intervenir au cours du scrutin... ce que Köninginstadt n'a pas fait. »

Après avoir prononcé ces deux dernières phrases, Stanislaus Kerner jeta un regard ironique à l'assistance - et en particulier à Alexander Hagen - qui l'observait derrière la vitre de la salle d'enregistrement.

Peter Schöller
Animateur
« Je pense qu'il est clair, mes chers auditeurs, que l'homme en face de moi est sincère et qu'il est promis à un grand avenir. Ne changez pas, herr Kerner. Mais le plus important, mes amis, c'est que vous écoutiez votre coeur et que vous fassiez le bon choix en allant voter le 18 novembre prochain. Après tout ce que notre pays a traversé, nous avons enfin l'opportunité de nous exprimer et de choisir la liberté plutôt que la soumission à tel ou tel voisin, ne gâchons pas cette chance. En tout cas, je vous remercie, herr Kerner, pour avoir été avec nous ce soir ! Quant à nous, mes chers auditeurs, nous nous retrouvons après un court interlude musical ! »
Alexei

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[justify]Ceva Noastră
Mars 2040

[center][img]https://411mania.com/wp-content/uploads/2017/09/The-Sopranos-Frank-Vincent-645x370.jpg[/img]

Vasile Rohozeanu, capul tuturor capurilor[/center]

Vasile Rohozeanu
Parrain de l'Echipa de Cernavoda
« Non mais c'est quoi ce bordel ? »

D'un geste dédaigneux, il jeta [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=356685#p356685]l'édition du 2 mars de Trei culori[/url] sur la table, avant de s'allumer une cigarette de manière désinvolte. Autour de lui, ses "associés" regardaient ailleurs, toussotant légèrement pour essayer de faire retomber la pression. A la fenêtre, la Mer Pourpre s'étalait à perte de vue, troublée et souillée par le va-et-vient incessant des cargos du port de Cernavoda.

Vasile Rohozeanu
Parrain de l'Echipa de Cernavoda
« Sérieusement, comment est-ce que ce con a pu se faire choper ? Et comment ça se fait que les avocats qu'on lui a payés aient pu laisser les juges le foutre en examen ? »

Alors que le patron continuait de foudroyer l'assistance du regard, un homme se décida à prendre la parole.

Nuţu Rohozeanu
Frère cadet et bras-droit de Vasile Rohozeanu
« Honnêtement... j'en sais que dalle, Vasile. On a pourtant graissé toutes les pattes qu'il fallait... mais ce juge là, Carp, on l'a vraiment pas vu venir. Jamais il aurait dû mettre le nez dans les affaires de Groza. »

Vasile Rohozeanu
Parrain de l'Echipa de Cernavoda
« Ah ouais ? Bah pourtant j'ai comme l'impression qu'il l'a fait quand même, et tellement bien que monsieur Strabisme va finir derrière les barreaux. Pire : j'ai même l'impression qu'on va pas tarder à le rejoindre si vous vous bougez pas un peu le cul. »

Un autre homme, plus âgé que Vasile Rohozeanu prit à son tour la parole, parlant d'une voix rauque, maltraitée par des années d'alcool et de tabagisme.

Gigi Ghenosu
Capul de Târgu Iulia
« Je t'avais prévenu Vasile. Tu es trop gentil, trop optimiste. C'est fini l'époque où on tenait des bordels à la con et où on écoulait des clopes de contrebande. Maintenant tu es à la tête d'une vraie organisation, notre organisation. Et cette organisation grandit et prospère à vitesse grand V, et a même des liens jusqu'au sommet de l'Etat. Merde quoi, c'est normal que les flics veulent notre peau et commencent à s'intéresser à nos affaires et à celles de nos amis. Mais si tu veux mon avis, la corruption ne suffit pas parfois. Déjà que ça nous coûte un paquet de blé, si en plus des lopettes à peine sorties de la fac de droit se mettent à nous emmerder, on va l'avoir dans l'os. Il va falloir que tu prennes tes responsabilités et que tu te décides enfin à être ferme avec ceux qui nous font chier. »

Éreinté par son laïus, le vieil homme se laissa tomber sur le dossier de sa chaise avant de se servir un verre de whisky lorthonien. Visiblement, les autres personnes autour de la table étaient d'accord avec lui. Ceux-ci étaient - presque - tous d'ethnie tzigane et dirigeaient des gangs opérant dans toutes les grandes villes de Targutie, tous subordonnés à l'"Equipe" de Cernavoda, le plus puissant d'entre eux. Encore inconnue il y a cinq ans, l'organisation était passée par une ascension fulgurante à partir de 2037, où l'essor du commerce maritime - et la venue de marchandises diverses - lui avait permis de sortir définitivement de la rue pour aller jusqu'à influencer la vie politique locale. Notamment en soutenant la candidature de Petru Ursachi à la députation du județ de Cernavoda en 2037...

Vasile Rohozeanu
Parrain de l'Echipa de Cernavoda
« Quoi ? Tu veux que je bute cette tête de nœud ? Tu crois pas qu'on aura encore plus de flics au cul si on descend le patron de la plus grosse entreprise de ce pays, sous contrôle judiciaire en plus de ça ? Soyons sérieux... vous avez essayé de lui filer plus de fric à ce Carp ? »

Nuţu Rohozeanu
Frère cadet et bras-droit de Vasile Rohozeanu
« Rien à faire, ce con a [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17523&p=356686#p356686]refusé à chaque fois[/url] alors qu'on était prêts à lui offrir trois fois son putain de salaire. Laisse tomber, frate, il lâchera pas l'affaire. »

Gigi Ghenosu
Capul de Târgu Iulia
« Y a pas trente-six solutions. Si il refuse l'argent, il devra se contenter du plomb. Qu'est-ce que vous vous en dites ? »

A travers l'épais brouillard de fumée de cigarettes qui recouvrait la pièce tel un voile, l'on pouvait distinguer les "capi" approuver de la tête tout en se concertant silencieusement entre eux. A la fois séduits et angoissés à l'idée de sortir de l'ombre de cette manière - la métaphore de Gigi Ghenosu étant plus qu'équivoque. Au bout de la table, le "capul tuturor capurilor" esquissa un léger sourire avant d'écraser sa cigarette dans le cendrier.

Vasile Rohozeanu
Parrain de l'Echipa de Cernavoda
« Bon... vous l'aurez voulu. On va montrer à ces putains de juges qu'il faut pas nous faire chier. Assurez-vous juste que Groza la boucle jusqu'à ce qu'un magistrat plus "coopératif" reprenne l'affaire. Ce serait con qu'il parle des petits services qu'on lui rend occasionnellement alors qu'on fait tout pour sauver son cul. Nuţu tu t'en occupes ? »

Nuţu Rohozeanu
Frère cadet et bras-droit de Vasile Rohozeanu
« Pas de problème. Pour Carp, je mets qui sur le coup ? »

Vasile Rohozeanu
Parrain de l'Echipa de Cernavoda
« Envoie Tătaru, on a besoin de quelqu'un qui assure. Et dit-lui que si le boulot est fait correctement, on lui file Albarea. Il est temps de sortir de notre zone de confort. »
Alexei

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[justify]Ceva Noastră II
17 martie 2040
[url=https://www.youtube.com/watch?v=Gz5mI6tqm_Q]Ambiance musicale[/url]

[center][img]https://rafalreyzer.com/wp-content/uploads/2016/04/Nicky-Santoro.jpg[/img]

Valentin "Vali" Tătaru, capul (chef) d'Albarea pour l'Echipa de Cernavoda[/center]
« Enfin les ancêtres s'étaient décidés à prendre Albarea. Merde, je comprendrai jamais pourquoi ils ont pas agi plus tôt : on roule littéralement sur l'or en Targutie. Ça fait deux ans, putain, DEUX ans qu'on aurait pu étendre nos activités dans tout le pays, sans avoir aucun problème. Mais allez savoir, ces vieux manouches flippent trop des conséquences, même si ils ont soutenu indirectement l'élection de cet enflé d'Ursachi. Maintenant c'est le moment où jamais, depuis le temps que j'attendais ça. Vous imaginez vous ? J'ai juste à descendre un petit juge un peu trop fouineur pour qu'on me file les clefs de la capitale, rien de plus. Par chance, Albarea était une terre vierge : les caïds locaux régnaient sur quelques lupanars craignos et passaient le plus clair de leur temps à essayer de péter des distributeurs ou à trafiquer de la ferraille. La plupart avait jamais entendu parler des boss de chez nous et savaient à peine à quoi ressemblait un flingue. A ce compte-là j'étais comme Colomb quand il a découvert l'Olgarie. »

Caran Şteoacă
Fruntaş de l'Echipa de Cernavoda
« Hey, c'est là je crois. Tu peux couper le moteur. »

« Les vieux m'avaient filé carte blanche pour Carp : accident ou pas, ils s'en foutaient. Le but c'était d'envoyer un message fort aux flics et aux juges du pays, en leur disant clairement de pas fourrer leur nez dans nos affaires. Timofan Groza ? Il avait beau être le PDG de la plus grosse entreprise de Valdaquie, c'était un petit poisson, il servait à que dalle à part protéger les intérêts d'Ursachi et de ses potes dans l'entreprise. Si ça avait tenu qu'à moi, je l'aurais repassé aussi tiens. Mais il était trop précieux. Le problème, c'est que si il finissait en taule, bah plus rien ne le retiendrait de balancer tout ce qu'il savait sur nous et sur notre rôle dans l'élection d'Ursachi. Croyez pas, c'était presque une affaire d'Etat ce truc. Alors, pour couvrir mes arrières, j'avais emmené dans mes bagages trois ou quatre fruntaşi (soldats) de chez nous : y avait Caran Şteoacă, spécialisé dans les cambriolages et les systèmes de sécurité ; Nae Sturdza, l'une des meilleures gâchettes de Târgu Iulia ; Nicu Sandu, qui se débrouillait pas mal avec les explosifs et Victor Comescu, un youpin qui avait pas mal de relations la communauté juive du coin. Y avait de la bonne racaille dans le lot, croyez-moi. »

Nae Sturdza
Fruntaş de l'Echipa de Cernavoda
« Ouais, c'est là. Avec les trois bleus qu'y a devant y a pas de doutes. On se les fait aussi ? »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Quoi, ça te suffit pas de te faire un juge d'instruction toi ? On va attendre qu'il sorte, braquer les flics et choper Carp comme on a dit. »

Les quatre hommes opinèrent d'un mouvement de tête. Devant l'immeuble où résidait Constantin Carp, situé dans le centre-ville d'Albarea, rien ne bougeait, à l'exception des quelques passants et des trois agents de police, qui semblaient s'ennuyer sévèrement. Au bout d'une dizaine de minutes - et de cigarettes -, la grande porte s'ouvrit, laissant apparaître le juge d'instruction.

Victor Comescu
Fruntaş de l'Echipa de Cernavoda
« C'est bon, il est là. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Préparez-vous les filles. »

Alors que Constantin Carp montait dans sa berline - avec chauffeur -, deux des trois policiers gagnèrent leur voiture, s'apprêtant à suivre le VIP. Au même moment, dans la voiture, les cinq hommes enfilèrent des cagoules et chargèrent leurs armes : des pistolets Cugir, mais aussi deux mitraillettes Orița. Nicu Sandu, le conducteur, jeta sa cigarette par la fenêtre avant de mettre le contact et de suivre les deux voitures.

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Là, tu vois le feu ? On va faire ça là-bas. »

« Honnêtement, je pensais pas que le boulot serait aussi facile. Je veux dire, le type est juge d'instruction, sous protection policière en plus, et quand on a déboulé, personne n'a bronché. Je vous raconte pas la tête des flics et du chauffeur quand ils ont vu cinq desperados armés jusqu'aux yeux les braquer au premier feu rouge. Ça a pas duré plus de cinq minutes : on est sortis, on les a mis en joug, on a pris Carp dans sa caisse pour le foutre dans notre coffre et on a menotté le chauffeur ainsi que les deux poulets. Ils ont même pas eu le temps de dégainer. Alors pour les remercier de leur "coopération", je leur ai balancé une liasse. Quand on s'est taillés, le feu n'était même pas passé au vert. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Tu vois Nae, pas besoin de faire un bain de sang pour ce crétin. On va l'emmener à la casse près de Primăverii (quartier d'Albarea), je connais le gars. Accélère Nicu. »

La Tracia noire s'élançait à travers les rues d'Albarea. Visiblement, personne n'avait eu le temps de donner l'alerte. Dans le coffre, Constantin Carp se débattait, tentant - en vain - de s'échapper de ce qui deviendrait son cercueil métallique.

Nicu Sandu
Chauffeur, fruntaş de l'Echipa de Cernavoda
« Hey, il fait pas un peu trop de bruit notre pote là ? Il m'empêche de me concentrer. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Contente-toi de regarder la route et tout ira bien. On est presque arrivés. »

« Le pauvre mec n'empêche, j'aurais vraiment pas aimé être à sa place. Mais bon, c'était mon métier après tout, lui il avait choisi le sien, et franchement il l'avait mal choisi. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Vas-y, gare-toi dans le broyeur, on va aller dire bonjour à notre pote avant de partir. »

Nicu Sandu obtempéra. Dans la casse s'étalaient des épaves à perte de vue, attendant d'être broyées ou démantelées. Le patron, que Vali Tătaru connaissait, fit mine de ne pas voir la Tracia noire, qui se rendit directement dans le broyeur. Après avoir mis leurs armes et leurs cagoules dans un grand sac, les cinq hommes de Cernavoda sortirent et ouvrirent le coffre où était menotté Constantin Carp.

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Putain mais c'est pas vrai, t'as pas fini de gueuler ? - lui assénant un violent coup de poing -. Espèce de grosse merde, tu vois les cubes tout autour ? Eh bah tu vas finir pareil, je vais t'écrabouiller la gueule comme une crêpe - le frappant une nouvelle fois dans le nez -. »

Constantin Carp
Juge d'instruction
« Pi... pitié, je... je veux pas mourir ! Je ferai tout ce que vous voulez... je vais laisser Groza tranquille, je... je vous jure ! »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Désolé mon coco, mais t'as eu largement l'occasion de le faire avant. T'as fait quoi quand on t'a promis trois fois ton putain de salaire de fonctionnaire, hein ? Tu nous as envoyé chier, tu nous as manqué de respect. Ça y est, maintenant que t'es dans ce putain de coffre tu deviens sympa ? Tu crois qu'on va te faire une fleur ? T'es vraiment qu'une raclure de chiotte, tu vas crever dans cette putain de bagnole et ce sera pareil pour tes petits potes si ils continuent à nous faire chier, connard ! »

Sur ces mots, Vali envoya une nouvelle fois son poing au visage du magistrat, dont le nez et l'arcade étaient déjà en sang. Il jeta un bref regard à sa victime et lui cracha dessus avant de refermer violemment le coffre, sous les yeux impassibles de son équipe et les protestations du juge.

Constantin Carp
Juge d'instruction
« Non, non, non, non non ! Pas ça, pitié ! Je vous en prie, n... »

Les cinq hommes s'éloignèrent du broyeur alors que les cris de Constantin Carp étaient absorbés par la taule. Vali Tătaru fit un signe de tête à l'adresse du patron de la casse qui lâcha son journal et mit en route le broyeur. En moins de dix minutes, celui-ci ne fit qu'une bouchée de la Tracia noire et du juge, dont le sang maculait l'engin et gouttait de la boule qui en était ressortie. Vali Tătaru et sa bande quittèrent la décharge, où une voiture neuve les attendait déjà. Albarea venait enfin de trouver son caïd.[/justify]
Alexei

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[justify]Le glaive et le bouclier
18 aprilie 2040

[center][img]https://static.lpnt.fr/images/2018/09/06/16789009lpw-16799359-article-belgiumnatodefencepoliticssummit-jpg_5544723_660x281.jpg[/img]

Răzvan Boldureanu, le directeur de la redoutable ANS[/center]
Personne ne semblait remarquer l'homme qui arpentait les couloirs du Palatul Victoria (siège du gouvernement). Cheveux coupés courts, visage glabre, le visiteur d'un mètre quatre-vingt-dix marchait d'un pas déterminé dans son costume sur-mesure, orné d'une paire de lunettes de soleil dans la poche mouchoir. A sa main, une mallette noire renfermait bon nombre de secrets d'Etat insoupçonnables, lui conférant une aura particulière en ce lieu déjà chargé de pouvoir. Pourtant, même si les employés et autres visiteurs faisaient comme si il n'existait pas, tout le monde connaissait cet homme... et ce dernier les connaissait très bien aussi. C'était Răzvan Boldureanu, chef de l'Agenția Națională de Securitate, les puissants services spéciaux de l'Etat valdaque dont les compétences s'étendaient du contre-espionnage à la lutte anti-terroriste. Et même si aucun cadre légal - exceptée la Constitution - venait limiter les agissements de l'agence, Răzvan Boldureanu avait tout de même un chef.

Petru Ursachi
Président de la République
« Ah, Răzvan. Assieds-toi, je t'en prie. Tu veux boire quelque chose ? »

Le chef de l'Etat s'était levé pour serrer la main de son maître-espion avant de lui indiquer la chaise en face de lui. D'un air impassible, il avait saisi une bouteille de bourbon qu'il avait ensuite posé à côté d'un cendrier plein ainsi que de deux verres.

Răzvan Boldureanu
Directeur de l'Agenția Națională de Securitate
« Ça aurait été un plaisir, mais je n'ai pas vraiment le temps. Je t'ai apporté ce que tu m'as demandé. »

Imperturbable, Petru Ursachi se servit tout de même un verre et observa son invité poser délicatement sa mallette de la table, d'où il extirpa un épais dossier. Sans attendre, le président s'en saisit et s'assit sur le bureau, près de son interlocuteur, occupé à observer les toiles et les moulures décorant les murs du luxueux espace de travail présidentiel.

Petru Ursachi
Président de la République
« Hmm... c'est du beau travail. Tes gars les ont retouché ? »

Le président sirota une gorgée de bourbon et s'alluma une cigarette, regardant d'un air satisfait les photos prises par des agents de l'ANS. Celles-ci présentaient Octavian Dita en charmante compagnie... masculine.

Răzvan Boldureanu
Directeur de l'Agenția Națională de Securitate
« En dehors de la netteté et des contrastes ça n'a pas été nécessaire. J'ai aussi pu me procurer certains échanges assez "croquignolets" entre les deux hommes. A toi de voir ce qu'on en fait. »

Petru Ursachi
Président de la République
« Envoie tout ça à la presse à scandale - il faut bien qu'ils servent à quelque chose. Ça ne détruira pas sa carrière, bien sûr, mais ça devrait le calmer pendant un petit moment. »

Răzvan Boldureanu
Directeur de l'Agenția Națională de Securitate
« Ça marche. Au passage, je voulais savoir ce que tu veux qu'on fasse de Groza. J'imagine qu'avec tout ce qu'il s'est passé il ne pourra pas reprendre sa place de directeur-général d'Alpva. Et vue qu'il connaît pas mal de choses sur tu sais quoi... »

Petru Ursachi
Président de la République
« J'allais y venir oui. Je vais lui trouver un remplaçant et lui dire de prendre des vacances. Même si il a été innocenté, sa carrière est finie et j'ai peur qu'il se retourne contre nous un jour ou l'autre en allant parler à la presse ou même à l'étranger. Je pense que ça ne sert à rien de courir ce risque. »

Sur ces mots, le chef de l'Etat jeta un regard glacial à son interlocuteur avant de finir son verre d'un trait et d'écraser sa cigarette. Răzvan Boldureanu opina de la tête et se leva, reprenant soigneusement sa mallette.

Răzvan Boldureanu
Directeur de l'Agenția Națională de Securitate
« Alors je ferai le nécessaire. »
Alexei

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[justify]Forest brothers
23 septembrie 2040
[url=https://www.youtube.com/watch?v=mFOmolhuSIQ]Musique[/url]

[center][img]https://i1.wp.com/mozgovoy-center.ru/wp-content/uploads/2019/04/JCA3oxOQ-eI.jpg?resize=604%2C346[/img]

Commandant Nicolae Severin, conducător des "Frații pădurii"[/center]
Contrairement aux idées reçues, et aux déclarations d'Albarea, la guérilla dobrogève n'était pas morte. Se sachant perdus d'avance sans soutien à l'échelle nationale, de nombreux petits groupes avaient pris le maquis, dès le début de l'"opération de contre-insurrection", dans le mont Rodna (à l'extrême-nord de la région) et dans les vastes forêts trônant à son pied. Celles-ci leur offraient une couverture idéale et un avantage tactique majeure : c'est sur ce terrain que l'armée valdaque avait subi le plus de pertes, contre un ennemi invisible et déterminé. Ainsi, si la totalité des villes de Dobrogévie étaient revenues dans l'orbite du gouvernement, une large portion des forêts du nord (et même quelques villages !) échappait encore au contrôlé de ce dernier. Bien entendu, cela devait rester un secret pour l'opinion publique, et les forces armées valdaques veillaient à ce qu'aucun journaliste ne vienne faire éclater au grand jour leur échec.

Ces petits groupes d'irréductibles guérilleros se surnommaient "Frații pădurii" (frères de la forêt). C'étaient surtout des hommes jeunes, avec peu ou pas de famille, anciens ouvriers ou agriculteurs qui avaient embrassé la cause marxiste, ou qui souhaitaient rendre la Dobrogévie indépendante pour diverses raisons. Bien qu'ils soient plus d'un millier à occuper les forêts dobrogèves et à avoir fait du mont Rodna leur sanctuaire, leur activité était quasi-nulle depuis un an. En cause, le trouble suscité par la reconquête brutale et implacable de la Dobrogévie par l'armée d'Albarea dans les rangs du Parti communiste d'Unité prolétarienne - ce dernier avait même [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17127&p=351172#p351172]perdu[/url] son leader historique, Vasile Tudor - qui chapeautait secrètement la guérilla avant de se concentrer sur la politique et la livrer à elle-même.

Cela était toutefois sur le point de changer, au sommet du mont Rodna, où, comme à son habitude, le conducător (chef, guide) élu de ces frères de la forêt buvait son café, tout en observant les denses forêts dobrogèves en aval. Une fine bruine tombait du ciel automnal, combinée au brouillard matinal s'élevant du sol et slalomant entre les arbres, celle-ci donnait une atmosphère presque fantomatique au dernier bastion communiste de Valdaquie.

Dragoș Băsescu
Lieutenant, frère de la forêt
« Camarade-commandant ? Je t'ai apporté ton journal. »

L'homme, vêtu d'un uniforme vert clair et portant un fusil d'assaut en bandoulière posa une édition d'Adevărul [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&t=17126&p=359026#p359026]datée du mois dernier[/url] sur la petite table en bois trônant à la droite de Nicolae Severin. Pour des raisons de sécurité, les guérilleros avaient proscrit l'usage du téléphone portable - trop facile à localiser.

Nicolae Severin
Commandant, conducător des Frères de la forêt
« Merci, camarade, je commençais à oublier en quelle année nous vivions. »

Les deux hommes ricanèrent - quoique le rire de Dragoș Băsescu était teinté de nervosité. Nicolae Severin, affublé de son habituel béret noir, se saisit du bulletin, tout en portant une cigarette à ses lèvres. En lisant les gros titres, il comprit le malaise de son comparse. Ce dernier attendait la réaction de son chef qui lisait silencieusement, n'ouvrant sa bouche que pour laisser échapper des volutes de fumée bleuâtre, une expression pensive au visage.

Nicolae Severin
Commandant, conducător des Frères de la forêt
« ...eh bien, je ne m'attendais pas à une telle nouvelle. »

Dragoș Băsescu
Lieutenant, frère de la forêt
« Pour couronner le tout, ils ne nous ont même pas prévenu. En nous abandonnant comme ça, ils signent notre arrêt de mort. »

Nicolae Severin
Commandant, conducător des Frères de la forêt
« Je n'ai jamais pu sentir Maurer, ni ceux qui ont succédé à la tête du parti à la mort de notre camarade Tudor. Je me doutais qu'elle abandonnerait la lutte tôt ou tard. »

Dragoș Băsescu
Lieutenant, frère de la forêt
« Concrètement, on fait quoi ? »

Nicolae Severin écrasa sa cigarette dans un petit cendrier en mois qu'il avait fabriqué. Se levant de sa chaise (qu'il avait également fabriqué), il regarda son camarade droit dans les yeux.

Nicolae Severin
Commandant, conducător des Frères de la forêt
« Il est hors de question que nous abandonnions la lutte. Trop de nos frères ont été tués, j'ai juré que leur sacrifice ne serait pas vain et je tiens toujours mes promesses. »

Dragoș Băsescu
Lieutenant, frère de la forêt
« Et au moins, nous n'avons plus de compte à rendre à personne. »

Nicolae Severin
Commandant, conducător des Frères de la forêt
« Il est temps que nous arrêtions de nous terrer comme des rats et que nous contre-attaquions. Cette fois, nous savons définitivement à quoi nous en tenir : c'est une lutte à mort et il ne pourra y avoir qu'un gagnant. »

Dragoș Băsescu
Lieutenant, frère de la forêt
« A quoi tu penses ? »

Nicolae Severin
Commandant, conducător des Frères de la forêt
« Je t'expliquerai plus tard. Va préparer l'émetteur, je vais annoncer la nouvelle à nos hommes. Teodora Maurer, Petru Ursachi... ils paieront. »

Dragoș Băsescu opina de la tête et s'en alla. Nicolae Severin jeta un regard à la forêt dobrogève qui semblait s'étaler indéfiniment sous ses yeux avant de tourner les talons et d'entrer dans la petite grotte qui lui servait de quartier-général.
Alexei

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[justify]Ceva Noastră III
15 octombrie 2040

[center][img]https://uproxx.com/wp-content/uploads/2017/02/casino2.jpg?w=650[/img][/center]

« Ca faisait six mois que j'étais à Albarea et j'en pouvais déjà plus. La grisaille, la pollution, les flics, les autres bandes... j'avais pas passé une journée tranquille depuis qu'on avait repassé Carp, vous savez, le juge qui l'ouvrait trop. Une fois qu'on l'eut jeté à la poubelle et que les vieux furent contents, j'ai touché mon fric et je me suis mis direct au taf. Les bordels, les salles de jeux clandestines, les boîtes de nuit : on les a tous tondu. Sans déconner, la moindre affaire un minimum illégale devait me filer ma part. C'est comme ça que ça marche à Cernavoda : on leur file notre protection contre les flics et ceux qui pourraient s'en prendre à eux, et en échange ils payent. Bien sûr, ça a pas été de la tarte. Avec les gars on a dû péter quelques rotules, comme celles de ces enfoirés de Călări. Un clan gitan à la con qui avait jamais entendu parler des boss de chez nous. Heureusement, ils ont vite pigé qui était le chef ici... »

Jana Vasilica
Escort-girl
« Allez, Vali... reste un peu... j'ai encore pas mal de surprises pour toi. »

"La fourmi", comme on le surnommait, esquissa un sourire tout en finissant de reboutonner sa chemise. La jeune femme blonde, visiblement alcoolisée, l'observait tout en se prélassant sur le lit d'hôtel, dandinant du fessier pour attirer l'attention du mafieux.

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Désolé ma belle, mais j'ai à faire. Qui sait, je serais peut-être un homme marié quand on se reverra ? »

Toujours muni de son sourire, il déposa un baiser sur le front de la prostituée - réputée pour être l'une des meilleures de la capitale. Cette dernière, un peu agacée s'assit sur le bord du lit, s'allumant une cigarette avec désinvolture.

« Putain, vous pouvez pas savoir à quel point elle baisait bien... et à quelle point elle me les brisait à fumer comme ça à l'intérieur. Elle m'avait mis le grappin dessus dès mon arrivée, allez savoir pourquoi. Peut-être qu'elle a senti que j'étais pas comme les autres fiottes avec qui elle couchait d'habitude ? Elle m'a quand même filé de bons tuyaux sur la ville et sur le business en général : "les casinos, Vali, voilà ce qui rapporte vraiment". Bon, j'étais déjà au courant, me prenez pas pour un con, mais le problème c'est que les mentalités sont dures à changer. Et dans un pays où les jeux d'argent n'existaient pas cinq ans auparavant et où l'Eglise fait pression sur l'Etat pour surveiller les établissements, le bénef' était pas vraiment au rendez-vous. Non, ce qu'il fallait, c'était bouger - voir plus loin. C'est à ce moment là que j'ai rencontré un book d'origine ménechméenne : Grigoris Mastrolis. »

Grigoris Mastrolis
Bookmaker, associé de l'Echipa de Cernavoda
« ...crois-moi Vali, c'est du billard là-bas. Tout ce qu'il faut c'est avoir l'argent et épouser une noble. A partir de là, t'es intouchable. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Je sais pas trop, Grigoris... j'y connais pas grand chose au jeu moi tu sais. Et j'ai un casier judiciaire long comme le bras ici, jamais les Ménechméens me laisseront faire du business chez eux. »

Grigoris Mastrolis
Bookmaker, associé de l'Echipa de Cernavoda
« Tu sais dans quel état est l'archipel ? Ils sont dans une merde noire, tout le monde se barre, le pays ne survit que grâce aux perfusions de la Santogne et des autres Etats de la CND. Tu crois vraiment qu'ils vont cracher sur quelques millions ? »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Hmm... y a du pour et du contre. J'ai vraiment envie de me tirer d'ici, mais comment tu veux que j'aligne une somme pareille ? J'veux dire, je vais pas me pointer à la banque et dire "bonjour, il me faudrait 10 millions pour ouvrir un casino aux Ménechmes". »

Grigoris Mastrolis
Bookmaker, associé de l'Echipa de Cernavoda
« Qui a dit que tu devais passer par une banque ? Suffit juste de connaître les bonnes personnes et de les arroser. Je vais le gérer ton casino, on va se faire un paquet de fric. »

« ...et c'est là qu'il m'a mis en contact avec une sorte d'entreprise spécialisée dans la haute technologie dont j'ai oublié instantanément le nom. Il m'a pas fallu plus de cinq minutes pour convaincre le conseil d'administration. C'était pas une très grosse société, mais vue qu'elle était basée à Mihailopol et qu'elle faisait dans la robotique elle nageait dans les subventions. Vue que le système était pas encore au point, ils avaient qu'à trafiquer les bilans comptables et déclarer moins de ce qu'ils touchaient pour que l'Etat ouvre le robinet. Du gâteau je vous dis. »

Nae Sturdza
Bras-droit de Valentin Tătaru
« Hey, Vali, t'es prêt ? L'avion décolle dans une heure. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Bordel, Nae, tu sais pas frapper aux portes ? Tu m'as fichu une de ces trouilles, putain. »

Nae Sturdza
Bras-droit de Valentin Tătaru
« J'ai toqué, mais tu répondais pas, je voulais pas que tu sois en retard pour l'inauguration... »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Ouais ouais, c'est sympa de ta part. Bon allez, bisou chérie, je t'appelle quand je reviens dans le coin. »

Vali Tătaru embrassa la joue de l'escort-girl, qui ne dit mot, alors que sa cravate était à peine nouée. Une valise à la main, il quitta la chambre de l'hôtel jouxtant l'aéroport international Caragiani-Stoenescu, où il devait s'envoler pour Korolos, toujours flanqué de son bras droit.

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Ça a intérêt à valoir le coup cette histoire. T'as des nouvelles de Grigoris ? »

Nae Sturdza
Bras-droit de Valentin Tătaru
« Ouais, il est déjà à l'aéroport. T'as rendez-vous avec la noble demain, vingt-quatre heures après l'ouverture du casino. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Pas mécontent de me tirer de cette ville pourrie. Comescu et Şteoacă sont aux commandes ? »

Nae Sturdza
Bras-droit de Valentin Tătaru
« Un peu qu'ils y sont. De toute façon on sera revenus avant la fin de la semaine. »

Vali Tătaru
Capul d'Albarea
« Ouais, on verra bien. Dans tous les cas t'en touches pas un mot aux ancêtres, pigé ? »

Nae Sturdza
Bras-droit de Valentin Tătaru
« T'inquiète pas, je leur ai dit que tout roulait et je leur ai envoyé un peu plus de cash que d'habitude. Ils devraient nous laisser tranquille pour un petit moment. »

Valentin Tătaru opina de la tête, satisfait, tout en finissant de nouer sa cravate correctement. Devant l'hôtel, une voiture noire les attendait, prête à les mener jusqu'à l'aéroport. Dans trois heures, ils seraient aux Ménechmes.
Alexei

Message par Alexei »

[justify]Le glaive et le bouclier II
18 aprilie 2040

[center][img]https://cdn.newsapi.com.au/image/v1/52aee181dd86160cf70730815fe87a0f[/img]

Decebal Karaman, chef de la Section IV de l'ANS[/center]
L'ambiance était pesante dans le bureau présidentiel. Petru Ursachi, le numéro un de Valdaquie, lisait attentivement le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1326&p=360864#p360864]dernier rapport[/url] de l'ANS que Decebal Karaman venait de lui remettre. Il faut dire que le nouveau chef de la Section IV (département des renseignements extérieurs) s'y connaissait dans les problématiques attenant à la Marquésie, et à la Cérulée en général. D'origine turcique et musulman (non-pratiquant), Decebal Karaman prenait à coeur les derniers déroulements dans la région, que ce soit la création ex nihilo de la Ligue d'Apamée ou la montée en puissance de l'Union des Républiques populaires d'Ölan, autoproclamée "forteresse assiégée" du socialisme. Impassible, Decebal Karaman scrutait la moindre réaction du président de la République, tandis que Ionuț Pădurariu, ministre des Affaires extérieures (auquel on avait transmis une copie dudit rapport plus tôt) avait du mal à cacher sa nervosité vis-à-vis de la situation.

Petru Ursachi
Président de la République

« C'est vrai que les Ennissois sont allés trop loin, ils auraient pu au moins nous consulter... »

Le chef d'Etat, qui venait de finir de lire le document, s'était laissé tomber contre le dossier de son siège, l'air pensif. Decebal Karaman opina de la tête tout en se levant pour lui faire face.

Decebal Karaman
Chef de la Section IV de l'Agenția Națională de Securitate

« Nous sommes d'accord, monsieur le président. Si la CND marche aussi bien, c'est parce que chacun de ses membres respecte le pré carré de l'autre. Force est de constater que l'amiral l'ignore n'est pas au courant de cela. »

Ionuț Pădurariu se leva à son tour et vint se tenir côte-à-côte à Decebal Karaman, devant Petru Ursachi. Visiblement, le diplomate approuvait peu l'ingérence des services de renseignement dans ses affaires.

Ionuț Pădurariu
Ministre des Affaires extérieures

« Sauf votre respect, monsieur Karaman, tout ceci me paraît grotesque. Même s'il aurait été de bon ton que Dunmore nous prévienne avant d'attaquer verbalement l'Ölan, Ennis reste un allié - extrêmement proche qui plus est. Dois-je rappeler que le ministre de la Défense ölanais en personne nous voit comme une menace ? Nous n'allons tout de même pas nous brouiller avec Ennis pour défendre quelques gauchistes enturbanés. »

Decebal Karaman lança un regard noir au chef de la diplomatie valdaque, avant de lui répondre avec arrogance.

Decebal Karaman
Chef de la Section IV de l'Agenția Națională de Securitate

« Très bien, alors je serais ravi d'entendre ce que vous avez à proposer. »

Ionuț Pădurariu
Ministre des Affaires extérieures

« Cela va de soi pourtant : faire front avec nos amis contre nos ennemis, comme nous l'avons toujours fait. Les communistes n'ont cessé de démontrer qu'ils étaient indignes de confiance et intéressés uniquement par la guerre ces derniers temps. Voyez ce qu'il se passe en Anantram. Si nous laissons le communisme se développer en Marquésie, nul doute qu'ils viendront nous frapper ici dans le futur. Je pense que nous avons été trop gentils avec eux par le passé. »

Decebal Karaman
Chef de la Section IV de l'Agenția Națională de Securitate

« Donc nous abandonnons les Nouvelles routes de la Soie ; nous mettons toute la région à feu et à sang dans l'intérêt de Cartagina et nous sabordons nos "bonnes" relations avec le Westrait, le Bykova et le Karmalistan ? Pour quelqu'un que la presse surnomme le "super-diplomate", vous semblez peu vous soucier des conséquences de vos actions sur la géopolitique mondiale. »

Piqué au vif par la remarque de l'espion, Ionuț Pădurariu marmonna le début d'une insulte avant d'être coupé par Petru Ursachi.

Petru Ursachi
Président de la République

« Je suis désolé Ionuț, mais monsieur Karaman a raison. Nous avons investi des milliards dans ces Nouvelles routes de la Soie, nous ne pouvons pas nous permettre de devenir un ennemi de l'Ölan à ce stade - il en va de la survie du projet et de notre crédibilité à l'international. Néanmoins, il est aussi vrai que nous ne pouvons nous désolidariser publiquement de l'Ennis. »

Decebal Karaman
Chef de la Section IV de l'Agenția Națională de Securitate

« Je pense que les Ennissois s'en remettront si nous émettons des protestations auprès de la CND. Je doute que la Santogne ou les Lorthon voient également d'un bon oeil les agissements de Dunmore, surtout depuis leurs dernières élections. »

Petru Ursachi
Président de la République

« Vous avez raison. Quant aux "réactions" que vous évoquez dans votre rapport contre la Ligue d'Apamée et la Cybistrie, en quoi consistent-elles ? »

Vexé, Ionuț Pădurariu se passa la main sur le visage et se remit en retrait.

Decebal Karaman
Chef de la Section IV de l'Agenția Națională de Securitate

« Pour l'heure, rien n'est encore sûr, mais nous pensons jouer les cartes turcique et ölanaise. Les dirigeants d'Eski vivent dans une sorte de psychose obsidionale et se croient assiéger de toutes parts. Si nous les orientons dans la bonne direction, nous pourrions obtenir les résultats souhaités. »

Ionuț Pădurariu
Ministre des Affaires extérieures

« Et que faites-vous des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1392&t=18366&p=360865#p360865]101 de nos concitoyens[/url] qui sont sur le point de passer devant la "justice" révolutionnaire d'Ölan ? »

Decebal Karaman se tourna vers le diplomate qui s'était rassis. Ce dernier, semblait déterminer à en découdre.

Decebal Karaman
Chef de la Section IV de l'Agenția Națională de Securitate

« Ce n'est pas en suivant ce charmant "amiral anticoco" et en provoquant Eski qu'ils seront sauvés, soyez en sûr, monsieur Pădurariu. »

Petru Ursachi
Président de la République

« Ça suffit, ma décision est prise. Ionuț, je sais que ça ne te fait pas plaisir, mais je te demande de prendre contact discrètement avec l'URPÖ. Je vais appeler madame Vâlcov pour qu'elle remette les points sur les i avec Dunmore. Quant à vous, monsieur Karaman, bon travail. J'attends votre prochain rapport. »

L'espion remercia le président et reboutonna sa veste de costume avant de tourner les talons et de quitter la pièce, sans omettre de jeter un regard narquois à Ionuț Pădurariu. Ce dernier, en retour, lança à Decebal Karaman un regard noir, avant de quitter le bureau présidentiel à son tour.
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