RP | La Santogne au jour le jour

Sébaldie

Message par Sébaldie »

[justify]Le Christ roi de Santogne (4)
Juin 2038


À Cazals, le Père Jérémie fait filer ses ouailles droit au but

Bientôt deux ans s’étaient écoulés depuis la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341524#p341524]promotion de l’US Cazals en première division[/url] du championnat de Santogne de football. Le club de cette petite ville des Champeix-d’Oèst, pas même desservie par le train, était menacé et devait payer la rançon de la gloire : des footballeurs qui, prenant de plus en plus conscience de leur talent, imposaient leurs exigences salariales qui risquaient de mettre le club en banqueroute. Pas question pour autant de laisser filer ces prodiges du ballon rond dans les mailles des filets dorés de l’AS Castanhières ou du Stade Varaunais, qui lorgnaient sur eux. Certes, le stade de Cazals affichait plein à chaque occasion, non seulement en raison du succès de l’équipe mais aussi de sa petitesse mais, malgré la hausse des tarifs, le club n’arrivait pas à s’en sortir financièrement. Moins concentré sur l’entraînement que sur les finances de l’association, son président Maxime Lémery avait essuyé une saison 2036/2037 plutôt décevante, à un doigt de la rétrogradation en deuxième division. Puis, à la rentrée de septembre 2037, vint un homme en soutane. Jeune quadra dynamique avec un col romain, il n’avait pas vraiment le profil des vautours en costume-cravate que Maxime Lémery a vu défiler chez lui. Pourtant, l’offre était la même : il venait racheter comptant le club.

[center][img]https://i.imgur.com/0o6hYuL.png[/img][/center]

L’Eglise serait-elle devenue riche ? Les prêtres n’étaient-ils pas, sinon soumis à un vœu de pauvreté, mais au moins à la non-poursuite d’un enrichissement personnel ? « Nos fidèles soutiennent l’US Cazals. ». Mais quels fidèles ? Maxime Lémery, qui espérait juste partir à la retraite en remettant les clés du club à un homme moralement bon, ne se posait pas de réelles questions. Le Père Jérémie avait été délégué par la Fraternité du Christ-Roi pour prendre le relais. Il était lui-même ancien footballeur à vrai dire, de l’AS Meureil, un petit club de troisième division au nord-ouest d’Aubinergues. Il était un milieu de terrain plutôt correct, sans être sensationnel, mais il était le capitaine de son équipe grâce à ses compétences managériales. Il a ensuite pris l’habit de prêtre. Bien qu’il s’adressait à ses ouailles en leur tournant le dos comme l’exigeait le rite tridentin, le Père Jérémie avait un charisme qui faisait de lui un clerc très respecté et très digne.

Le choix d’investir dans un club de football n’était pas anodin, il s’agissait pour la Fraternité de montrer qu’elle s’intéressait à la jeunesse et aux loisirs populaires, et ne plus donner l’image d’un club de vieux richards sans contact avec la réalité. En alliant la casquette d’éducateur sportif et celui d’aumônier, le Père Jérémie pourrait à coup sûr avoir une influence sur les jeunes, qui constituait une étape indispensable dans l’assise de l’organisation traditionaliste dans les régions de l’Ouest. Pour les joueurs, habitués à la rigueur de leur ancien entraîneur, le changement ne devrait pas poser de réelles difficultés. Sinon qu’à la séance d’échauffements s’ajoutera celle de la confession.[/justify]
Sébaldie

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Un voyage en train entre Porzh-Araok et Forcastel
Juin 2038


[justify]Voilà maintenant cinq années que Rainier partage ses semaines entre la Santogne, où il vit et le Lagac’hann, où il travaille. L’ingénieur informatique de 38 ans, qui travaille auprès de Tignan Armerezh – un monstre industriel de l’armement - avait deux appartements, un modeste studio à Porzh-Araok non loin du bureau et un appartement bien plus cosy de la périphérie de la capitale santognaise. Comme chaque vendredi, il sautait dans le train de 19h19 de la gare de Porz-Araok, qui était avec celui du matin l’un seuls directs entre la Santogne et l’évêché septentrional. Ses foutus mocassins qui lui étranglaient le pied avaient bien failli lui faire rater sa seule échappatoire de la semaine : lui, habitué au pas de course lors de ses footings, se défaisait de son accoutrement BCBG dès qu’il avait l’occasion pour enfiler ses baskets. À vrai dire, avant de travailler pour la société lagarane, il était plutôt en tongs, à geeker et à développer des petites applications dans son salon. À la gare de Porzh-Araok, il n’était pas le seul Santognais, il voulait les mêmes gueules depuis des années et pour cause, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347326#p347326]les Santognais de Lagac’hann[/url] avaient le même profil que lui, des hauts diplômés qui profitaient de l’offre tarifaire pour rentrer chez eux le vendredi soir et revenir le dimanche soir. Il ne leur parlait pas pour autant : la plupart tuait ce voyage long de quatre heures en pianotant sur leur ordinateur et Rainier ne faisait pas exception à cette règle.

Pour s’adapter à cette clientèle de premiers de cordée, le train était équipé d’un petit kiosque avec des titres de presse internationaux à disposition. Rainier attrapa plusieurs d’entre eux au hasard et s’installa au premier siège disponible. Il avait hérité du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=998&t=13872&p=348440#p348440]Seh-rang Beyragh[/url], un hebdomadaire républicain karmali très austère sur la forme. L’informaticien feuilleta le dernier numéro, consacré ENCORE à la répartition de ressources minières et stratégiques dans le monde. La belle affaire. Les Karmalis avaient de drôles de passions, qui rappelaient à Rainier un ancien ami devenu trader et qui suivait assidument les cours pour spéculer. Cela ne lui a pas réussi, il s’est pendu lors d’un mini-krach boursier en Santogne après avoir tout perdu. Rainier mit le journal de côté, il le lirait par dépit quand la batterie de son ordinateur personnel sera à sec. Le suivant dans le pile était écrit en gallique. Chouette ! Mais il s’agissait d’un journal auroran... Moins cool. Un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348093#p348093]dossier très long sur Diapason 38[/url], qui est parti réaliser une opération commando dans les égouts de la Ville de Caeturia. GCOS, L9016, SCAE, GAM, GCP, RIMaP… L’article était une succession de sigles. Normalement, l’armée et tout ça, ça devrait l’intéresser puisque ça touche à l’activité de son employeur mais l’article était à ce point spécialisé qu’il en devenait soporifique. Les défilés de chars ne le fantasmaient guère, les nouvelles hi-tech en provenance du Teikoku l’intéressaient bien plus mais le kiosque en était dépourvu.

[center][img]https://i.imgur.com/z9PbaRW.png[/img]
Un pont ferroviaire vers Pénasque, non loin de la frontière montagneuse lagaro-santognaise[/center]

La pile contenait bien sûr des journaux lagarans mais ça l’agaçait de voir ces photos de la Reine Gwennhaelle IV prenant un centimètre de tour de taille ici et là. Il trouvait ça limite indécent de mettre en scène de la sorte sa grossesse. Il avait connu un autre ami qui était lui aussi attiré par les femmes durant leur grossesse et pour assouvir ses désirs, il en avait mis quelques-unes enceintes. Mal lui en a pris, il s’est pendu, dévoré par les pensions alimentaires que les mères qu’il abandonnait lui réclamaient. Il ne pouvait de toute façon pas lire la presse lagarane, tout était écrit dans… cette langue bizarre. Le seul mot qu’il connaissait, c’était « Kenavo », qu’il disait avec le sourire à son patron le vendredi soir. Mais il n’avait pas trop à se plaindre avec le Lagac’hann : malgré ses allures de communauté Amish géante, le pays était en pointe au niveau des technologies informatiques. Seulement, il fallait aller au nord, tout au nord, pour trouver le graal qu’il n’a jamais trouvé en Santogne. S’il était resté à Forcastel, même en payant deux loyers et un abonnement de train mensuel à 120 ₱, il ne toucherait même pas un tiers de ce qu’il gagne actuellement. Dernièrement, la Santogne a lancé un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347816#p347816]appel à ses virtuoses du clavier[/url] comme elle les appelle pour qu’ils piratent sciemment le système de paiement dématérialisé. Celui qui y parvenait touche une belle petite prime. Rainier s’était inscrit mais pour le moment, cela n’avait abouti à rien.

Finalement, ce vendredi soir, il fit le choix de regarder à travers la vitre du train. D’habitude, celui-ci avance dans le noir nocturne mais le solstice d’été prolongeait la lumière du jour jusqu’à plus de vingt-deux heures, autant en profiter. Le contraste entre la région de Porzh-Araok et le reste du pays était saisissant, une ruralité et des forêts à perte de vue. Paraîtrait-il que le Lorthon protège 75 % de son territoire mais le Lagac’hann ne devait pas être très loin. Quatre heures plus tard, le train est obligé de ralentir, synonyme de son arrivée dans la zone montagneuse de Santogne. Rainier n’entrait pas par le plus bout du pays, Pénasque était entouré de mines de charbon encore exploitées et le reste du trajet suivait le canal du Méguès. La lune avait fait son apparition, et l’ingénieur espérait pouvoir rentrer chez lui juste avant minuit… Avant de faire le chemin inverse d’ici deux jours. Lui qui affectionnait le Teikoku était devenu malgré lui un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348321#p348321]salaryman[/url] à la santognaise : « Loco, boulot, kenavo ».[/justify]
Sébaldie

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Les truands y font leur manège (1)
9 juillet 2038

[justify][center][img]https://i.imgur.com/LFawql9.png[/img]
Situé au Sudre, près d'Oradour, le parc d'attractions Sudparc est abandonné depuis 13 ans.[/center]

L’été s’était installé et seul le chant des cigales venait rompre le silence mortuaire de Sudparc. Le parc d’attractions est aujourd’hui un simple vestige de la société de loisirs insouciante d’une Santogne qui aspirait il y a 30 ans faire partie de la cour des grands. En 2025, après trente années de bons et loyaux services, le parc de 20 hectares situé au Sudre, près d’Oradour-sur-Méguès, propulsait une dernière fois la voiture dans la gueule du tigre bleu, l’attraction la plus populaire de ce modeste lieu de loisirs très apprécié de la classe populaire, qui pouvait s’y rendre durant chaque période de vacances scolaires. Aujourd’hui grillagé, le « Bienvenue » décliné dans toutes les langues avait cédé sa place à un avertissement « Dangereux – Ne pas pénétrer ». C’est que les différents manèges d’acier, oxydés par les intempéries, présentaient un risque réel d’effondrement sur les visiteurs imprudents. Mais cela ne décourageait pas les plus jeunes venir profiter de leurs deux mois de vacances d’été au rythme de petites carabines et autres paintball. La police avait abandonné il y a bien longtemps l’idée de surveiller ce site. Le Sudre, la petite ville dans laquelle le parc était situé et qui lui permettait de dégager des recettes importantes, n’était pas la priorité des forces de l’ordre. Au pire, quelques fumeurs de joints venaient s’y rendre le soir mais qu’importe, le cannabis était en passe d’être légalisé en Santogne.

[center][img]https://i.imgur.com/MNSMPWd.png[/img]
La grande roue est un point d’observation d’excellence.[/center]

Un trafic de tout autre nature avait maintenant lieu. Les réseaux clandestins, plus ou moins rattachés au cartel mafieux, y avaient l’un de leurs bureaux privilégiés. D’autres enfants y rôdaient, mais cette fois-ci pas pour jouer au paintball. Ils n’étaient pas âgés pas plus de quatorze ans et appartenaient au cartel. Ils avaient abandonné l’école pour pouvoir se payer les dernières baskets à suspension de la marque santognaise Cocardier, ou le dernier survêtement à la mode avec le lézard de la marque Langrole cousu. Pour un pré-adolescent, c’était un bijou à 120 ₱ et il fallait aligner plusieurs heures de petits boulots pour arriver à cette somme. Le Mitan proposait lui aussi des jobs plus informels, nettement mieux payés mais aussi beaucoup plus dangereux. Les recrus étaient tenus éloignés des pourparlers des adultes, ils devaient monter les nacelles à leurs risques et périls, d’autant plus que sous leur poids, elles pouvaient basculer et une chute à trente mètres du sol pardonnait rarement. Leur travail était simple : voir, de là où ils sont, tout intrus qui pénétrerait sur le site. Que ne ferait-on pas pour être le mieux sapé d’Oradour ? De plus, la municipalité déjà endettée n’avait pas vraiment l’attention de démanteler la roue de sitôt.

[center][img]https://i.imgur.com/Cj950Kt.png[/img]
Le trafic de pétrole se montre maintenant plus lucratif que celui de cannabis[/center]

Les jeunes sentinelles servaient leur employeur, le Mitan, qui n’était pas du genre à verser des compensations en cas d’accident du travail. Trois gamins avaient déjà perdu la vie en voulant escalader la grande roue et plusieurs autres sont aujourd’hui handicapés à vie pour leur imprudence. La police n’a jamais pris la peine de creuser par ici, renvoyant la responsabilité aux parents, qui doivent mieux surveiller leurs gamins. « Ils n’avaient qu’à pas jouer aux cons ! » rouspète le chef de la brigade de police municipale du Sudre. En attendant, les barrettes de cannabis étaient devenues trop peu rentables en raison de l’augmentation de l’offre légale. Moins risqué encore était le trafic d’hydrocarbures. Désormais dans un marché commun avec le Lorthon, le Mitan achetait en gros, de manière plus ou moins légale, des barils de pétrole pour les revendre lorsque leur cours aura augmenté. Ce trafic était plus sûr : le pétrole était un bien tout à fait légal, facile à écouler et les clients étaient davantage des messieurs tout-le-monde qui voulaient remplir leur réservoir d’essence à un prix toujours plus avantageux qu’à la pompe que des junkies instables couverts de démangeaisons…[/justify]
Sébaldie

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Les truands y font leur manège (2)
31 juillet 2038

[justify][center][img]https://i.imgur.com/ZmJDgf2.png[/img][/center]

Vivian boulonnait chacun des quatre conteneurs en polyéthylène dont il avait la charge. La tâche n’était pas forcément aisée avec tout son attirail mais masque et gants étaient de rigueur, le contenu de ces quatre grands bidons était hautement toxique et la moindre goutte qui se déposait sur la chair pouvait la blanchir voire la blanchir. Autrefois, dans ce local souterrain, on y stockait les produits frais en attente d’être servis aux nombreux clients du parc d’attractions. Depuis, le parc avait fermé et le Mitan se l’était approprié pour les opérations du quotidien. Vivian travaillait plutôt de nuit : il était le chimiste attitré du Mitan. Mais un chimiste pour quoi faire ? Le Mitan n’avait nulle intention de se lancer dans la production de drogues de synthèse malgré les apparences. Non, le rôle de Vivian était moins noble mais plus important encore : c’était lui qui offrait le dernier bain aux victimes du Mitan. Ennemis du cartel, balances, témoins gênants… les arrivages étaient aléatoires mais il y en avait pour tous les profils. Diplômé en chimie des matériaux à l’université d’Oradour-sur-Méguès, son truc à lui c’était plutôt l’écologie et le développement de matériaux durables, au bilan carbone réduit. Mais faute de débouchés et d’expérience, les chemins l’avaient conduit du côté de Mitan. L’entrée ne fut pas facile, il a dû faire ses preuves et montrer qu’il était digne de confiance, mais il gagnait sa vie bien plus qu’il ne l’imaginait. La journée, il aidait des gamins et des étudiants en chimie en échange pour justifier ses revenus. Aux yeux du fisc, il était un honnête citoyen qui exerçait l’activité de professeur particulier prospère et qui payait ses impôts comme n’importe quel contribuable.

Ce jour-là, il avait envoyé quatre traîtres – du moins, c’est ce qu’on lui avait dit, il ne participait pas aux opérations – dans le bain d’acide fluorhydrique. À mesure que le chariot élévateur déplaçait les conteneurs pour les charger dans le poids-lourd, c’était comme s’il y avait encore de la vie à l’intérieur, une masse qui bougeait. Ce n’était bien sûr qu’une impression : le Mitan n’était pas cruel au point de les y plonger vivants ! L’idée, toutefois, n’était pas à écarter pour « envoyer un message », éventuellement. Le conteneur figurait parmi d’autres déchets industriels toxiques de petites industries du coin et le poids lourd prenait la direction de Feraupuy, à une cinquantaine de kilomètres au nord.

[center][img]https://i.imgur.com/9T6OFqY.png[/img]
Le modeste port fluvial de Feraupuy[/center]

Feraupuy était une ville d’un peu plus de 25 000 habitants, qui vivait pour beaucoup de l’industrie agro-alimentaire. Bâtie sur la rive nord du Méguès, la ville comptait un petit port fluvial qui lui permettait d’assurer son activité mais qui était loin de concurrencer celui d’Oradour-sur-Méguès. Le trafic fluvial permettait d’être rentable, mais il était monopolisé par deux compagnies de transport : Cargo-Massé et Translogues. Les quatre bidons en plastique finissaient dans l’un des navires affrétés par Cargo-Massé pour finir leur route en aval, à Fos, qui traitait les déchets de ce type. Le patron était arrangeant, il n’osait pas savoir ce qu’il transportait, personne n’ira de toute façon mettre son nez dans un conteneur avec les symboles « Toxique » et « Corrosif ». De l’autre côté, Translogues faisait plus sérieux et était spécialisée dans le transport en vrac – produits agricoles ou matériaux industriels semi-finis. Ici, aucun cadavre dissout dans cinquante litres d’acide, une activité on ne peut plus honnête et transparente, dans tous les sens du terme puisque les marchandises étaient aux yeux de tous et non cachées dans des conteneurs. La compagnie commerçait importait de plus en plus des métaux de l’international à destination des industries santognaises. Le maire de Feraupuy était trop heureux que son petit port tourne correctement pour se demander ce qu’il se tramait. Il l’ignorait et n’avait pas envie d’en savoir plus.

Pourtant, quel était le point commun de ces deux compagnies ? Le Mitan les possédait plus ou moins directement. Comme l’exige la division des tâches, Cargo-Massé servait aux activités sales et Translogues – entre autres – à blanchir l’incommensurable fortune du Mitan. Le sale et le propre. Le torchon et la serviette. Dirigée par le fils du parrain, la compagnie Translogues avait même reçu le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348704#p348704]statut d’opérateur agréé[/url] leur permettant de desservir la Dytolie. Rien ne la mettait en cause de toute façon : les bilans comptables étaient nets et sans bavure et les navires ne faisaient jamais que transporter des farines de blé et de la ferraille. Et celui qui oserait creuser plus loin se verrait réserver un cinquième bidon en polyéthylène pour la dernière croisière de sa vie.[/justify]
Sébaldie

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Les truands y font leur manège (3)
3 août 2038

[justify][center][img]https://i.imgur.com/UaeSAYR.png[/img][/center]

Une nouvelle école avait vu le jour dans une favela de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343978#p343978]Sao Rafaèl[/url], la deuxième plus grande ville du Berlim. Rien de somptueux, un bâtiment en briques avec l’essentiel pour un enseignant : un tableau noir, des craies et des manuels scolaires… Une meilleure bâtisse aurait pu être construite mais dans ce quartier où les règlements de compte entre les différents gangs étaient légion, où les vols étaient quotidiens, à quoi bon ? Le quartier étant situé en hauteur, on pouvait distinguer de très loin le monorail flambant neuf se pavaner dans toute la ville. Jamais cependant il ne s’aventurera ici-haut mais pour quoi faire de toute façon ? Les habitants n’avaient ni les moyens de se payer le ticket de monorail et il n’avait aucun intérêt à aller « de l’autre côté » comme l’on disait ici. Ceux qui s’y risquaient finissaient étaient gentiment reconduits à leur frontière par les policiers qui veillaient à la bonne séparation de la population. Vivons heureux, vivons séparés : tout le monde était d’accord sur ce principe. Cela dit, dans la toute nouvelle école, c’est un autre registre qui est tenu. À ces enfants qui ne savaient toujours ni lire ni écrire à dix ans, on leur promettait un avenir meilleur, selon le célèbre adage « Le savoir est une arme », à la différence que le mot « arme » était banni entre ces murs. On préférait une autre référence à ces élèves qui ont tous perdu un proche, un parent, un frère, une sœur sous les balles. Les cours ne s’adressaient pas uniquement aux enfants. Leurs parents étaient aussi ciblés, qu’importe s’ils apprenaient à lire sur le même manuel enfantin et coloré qu’eux. Les plus honteux ou les mères qui venaient après les tâches ménagères préféraient les sessions du soir.

[center][img]https://i.imgur.com/LFqYg7f.png[/img][/center]

Les enseignants risquaient leur vie ici et aucun salaire, même le plus mirobolant, ne pouvait sans doute suffire à inciter les professeurs à venir exercer leur activité ici. Pour sauter le pas, il fallait se sentir investi d’une mission, d’un devoir moral. Soit pour gagner le salut au Paradis, soit pour atteindre le dernier palier de la pyramide des besoins de Maslow. Certains le faisaient même à titre bénévole, beaucoup enfin parlaient avec un fort accent santognais. Les plus cyniques diront que c’est poser un pansement sur une hémorragie. Sans doute. Mais dans la tête de quelqu’un qui gagnait plus d’argent que de raison, que se passait-il ? Quand on avait atteint des sommets presque indécents de fortune et que l’on avait réalisé la plupart de nos rêves, que reste-t-il encore à conquérir ? Le pouvoir. Celui de façonner le monde à sa façon. Le Mitan gagnait tant d’argent qu’il lui était impossible de tout blanchir… alors, il le donnait, au travers d’une ONG qu’il avait fondée, la Fondation Terre Juste, qui participait au développement sanitaire et éducatif des pays moins développés. Les pays plus développés n’étaient pas en reste non plus, la misère et les inégalités étaient omniprésente sur cette planète. Mais s’il s’agissait de construire des écoles et des sanitaires dans les favelas, la Fondation Terre Juste offrait entre autres des bourses d’études aux « méritants » en Santogne : [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348817#p348817]Vivian[/url], désormais chimiste du Mitan, avait reçu la sienne en son temps. Ce n’était certes pas dénué d’arrière-pensée : en améliorant la vie des gens lambda, on achetait leur soutien et finalement, on leur faisait oublier que s’il règne tant de violence dans leur quartier, c’était précisément à cause des réseaux mafieux qui y faisaient circuler la drogue. Même si le Mitan n’avait pas de ramifications au Berlim, il incarnait le schéma du docteur-bourreau.

Mais tout n’était pas que calculs stratégiques. Tristan Gastinet, le Parrain du Mitan ne se considérait pas comme un voyou et se sentait lui aussi investi d’un devoir moral. Quel était son crime au fond ? Celui ne pas de se plier aux exigences d’un Etat corrompu et politicien ? De contribuer à l’économie souterraine ? Au moins, avec la Fondation Terre Juste, il avait la garantie que son denier, au lieu qu’il atterrisse dans le Trésor public, serve à bâtir des projets concrets et non financer on ne sait quel ministère à la gomme et la ribambelle de courtisans qui se déboîteraient une épaule s’ils étaient amenés à tirer au fusil. Officiellement cependant, Tristan Gastinet était un criminel et le gouvernement populiste, qui s’était donné pour mission de « combattre la mafia », était censé représenter l’ordre et la justice. L’ordre, Gastinet pouvait l’obtenir en cinq minutes en déclarant un cessez-le-feu à destination de tous les membres du cartel qu’il dirigeait en cas de grabuge… mais il refusait que le gouvernement reçoive les honneurs à sa place. L’Etat était l’ennemi de la paix mais aussi de la justice. Contrairement aux politiciens, il ne faisait aucune promesse et l’argent qui était gâché dans les campagnes électorales coûteuses avait toujours une finalité quand il revenait dans les mains du Mitan.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

L’Omar qui murmurait à l’oreille des chevaux (1)
Août 2038

[center][img]https://i.imgur.com/QqL4Tlp.png[/img][/center]

[justify]Les cheveux poivre et sel dans le vent, en ce jour inhabituellement frais d’août, Omar Djermouni prend la pose pour un selfie juste en face de l’Aéroport international de Forcastel-Varaunes, le plus important de Santogne. Une manière pour le riche homme d’affaires d’origine aminienne d’annoncer qu’il avait « réussi ». Réussi à venir en Santogne grâce à un vol avec escale depuis la fermeture de la seule ligne directe entre les deux pays en 2034 en raison de l’instabilité du pays. La cinquantaine, le berbère maîtrisait grâce à son expérience trois langues, le tamazight, l’arabe et le gallique. Il avait tenté d’apprendre l’hellène mais il a tout oublié. C’est qu’il y a cinq ans, ses escapades commerciales l’avaient conduit en Alilée amarantine, dans la Principauté de Movopolis, où il avait été l’intermédiaire entre l’entité et Ibrahim Ould Abbès – qui deviendra par la suite ministre en Aminavie – pour l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=319435#p319435]achat du stade de football[/url] de la capitale princière, et donc par la même occasion de l’équipe locale. Le truc d’Omar, c’était le sport. Si comme tous les Aminiens, il avait une affection toute particulière pour le ballon rond, il ne discriminait aucune discipline dès l’instant qu’il y avait une opportunité de se faire de l’argent.

Depuis maintenant vingt-cinq ans, il avait abandonné son bâton de berger que lui avait tendu en héritage son paternel au profit d’un téléphone portable et d’un abonnement à l’international lui permettant de parier sur des matchs. Ou plus précisément de les truquer. L’Aminavie, championne d’Algarbe-Marquésie en 2035 ? C’est en partie grâce à lui. L’arbitre qui n’a pas sifflé un hors-jeu d’un joueur aminien lors de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=333947#p333947]finale[/url] ? C’est sans doute parce qu’Omar lui a offert une belle berline de luxe trois jours auparavant. Le point décisif qui a permis à Raiko Klavan de l’emporter lors de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344473#p344473]finale de l’Ultimate Fighter de 2037[/url] ? Il n’y est pas étranger non plus. Dès l’instant où un jeu impliquait un jugement humain aux lourdes conséquences, il était là. Les jeux de hasard n’étaient pas sa tasse de thé et de toute façon, sa religion l’interdisait d’y jouer. Le hasard n’existait pas, à vrai. Tout n’était que volonté d’Allah et Allah avait décidé, dans sa grande mansuétude, de le couronner de succès dans ses entreprises. Musulman comme il le fallait, ne pratiquant pas le ramadan mais s’interdisant le porc, il avait bien tenté de persévérer en Aminavie mais l’instauration d’un califat contrariait ses plans, lui qui bénéficiait alors d’une oreille attentive au sein du gouvernement. La Santogne pourrait toutefois lui offrir de nouvelles opportunités.

[center][img]https://i.imgur.com/gSPtRg3.png[/img]
Hippodrome de Mallonnès[/center]

Rendez-vous avait été pris à l’hippodrome de Mallonnès avec un de ses compères également installé dans le pays. Tout le gratin était réuni autour d’une course hippique mais ce n’était pas pour admirer les couvre-chefs excentriques de vieilles bourgeoises qu’Omar avait fait le déplacement.

Karim Ben Boulaïd :
Compère d’Omar Djermouni
« Salam mon frère, ça fait plaisir de te voir ici. Ça va ? La famille ? »

Omar Djermouni :
Compère d’Omar Djermouni
« Wa Alykom As-slam, Karim. Tout le monde va bien. J’ai eu droit à un contrôlé approfondi à l’aéroport suite à ce qui s’est passé à [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1214&t=13165&p=348951#p348951]Hiérosolyme[/url] mais rien de grave. »

Karim Ben Boulaïd :
Compère d’Omar Djermouni
« Oui, j’ai entendu ça. Nos frères de Hiérosolyme font beaucoup de bruit pour rien, ça peut nuire à nos affaires. Mais je ne suis pas là pour parler politique… Tu vois ce beau spécimen, là-bas ? »

L’Aminien pointe du doigt un pur-sang arabe, qui se défendait assez bien dans la course.

Karim Ben Boulaïd :
Compère d’Omar Djermouni
« Eh bien, il provient d’un haras de la famille, près d’Aït Tinifer. C’est mon cousin qui s’en occupe. Yassine. Tu t’en souviens, tu es venu à son mariage il y a deux ans. »

Omar Djermouni :
Compère d’Omar Djermouni
« Oui, oui, je m’en souviens. Mais pourquoi tu me parles de ça ? »

Karim Ben Boulaïd :
Compère d’Omar Djermouni
« Je sais que tu as toujours tes contacts de bookmakers santognais… Est-ce qu’il pourrait… par exemple… faire de la publicité pour une belle production artisanale de la Famille Ben Boulaïd ? Tu auras ta part, bien sûr. »

Omar Djermouni :
Compère d’Omar Djermouni
« C’est possible en effet. Mais je n’ai pas vraiment les coudées franches en Santogne. Tu as entendu parler du Mitan ? C’est la plus grande mafia du pays, ils ont des ramifications un peu partout dans le monde. Ils ne sont pas très présents dans cette région de Santogne, mais s’ils s’aperçoivent qu’un concurrent vient s’installer par ici, ils vont vouloir en faire de même. Il faudrait leur envoyer un signal fort… Tu as toujours des combattants de Force & Islam dans ta famille ? »

Karim Ben Boulaïd :
Compère d’Omar Djermouni
« La plupart sont morts mais les plus vindicatifs sont toujours là… »

Omar Djermouni :
Compère d’Omar Djermouni
« Alors, il y a moyen d’organiser quelque chose… »[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

Les truands y font leur manège (4)
Août 2038

[justify][center][img]https://i.imgur.com/A0NAZeH.png[/img][/center]

L’entreprise Spikit avait évité une grève de ses salariés. La société de transport routier eashe, au capital santognais, devait limiter ses courses au nord de l’Empire. Une tentative d’élargir son marché au Karmalistan avait conduit à la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348813#p348813]mort de trois salariés[/url] alors qu’ils acheminaient plusieurs tonnes de titane. Tués de sang-froid par les islamistes, les trois malheureux ont laissé femme et enfants chez eux, de l’autre côté de la frontière. Les autres chauffeurs-routiers de Spikit étaient entre la colère, la peur et la tristesse. Les couleurs chatoyantes de leurs camions ne suffisaient pas à calmer le deuil et la perte de collègues qui étaient considérés comme de véritables amis, sinon comme des frères. Même si le fournisseur avait consenti à réitérer la commande par « geste commercial » et la société de fret à opter pour un itinéraire moins risqué, le mal était fait. Aurait-il pu être évité ? Voilà plusieurs minutes que Edgar Chausson, qui dirigeait Spikit au nom du Mitan, écoutait la réponse au téléphone… Ce n’était pas tant la chaleur qui régnait dans le bureau que le fait de se faire sermonner par le grand patron lui-même qui le faisait transpirer. La gêne était palpable, la colère du Parrain tout autant et ce sans avoir besoin de hausser le ton :

[center][img]https://i.imgur.com/ryDUjO1.png[/img]
Tristan Gastinet
Parrain du Mitan[/center]

Tristan Gastinet :
Parrain du Mitan (mafia santognaise)
« Edgar, je ne sais pas où vous avez appris le gallique… Que n’avez-vous pas compris dans la phrase « Tâtez le terrain mais sécurisez vos arrières » ? Comment m’expliquez-vous que trois salariés sont morts sous votre supervision ? »

Edgar Chausson :
Directeur de la société Spikiten Eashatri
« Je sais, Patron, je suis sincèrement désolé, je ne referai plus l’erreur. »

Tristan Gastinet :
Parrain du Mitan (mafia santognaise)
« Vous savez que vous avez mis tout le Mitan en péril ? Il vous a été demandé de tâter le terrain auprès des industriels de Khorramshahr. Un simple devis. Jamais il n’a été question de leur acheter du minerai sans avoir sécurisé au préalable les convois.

Pensez-vous mériter votre salaire ? Je ne crois pas. Je me dis qu’il serait plus utile pour payer les études des orphelins que vous avez créés. Voyez ça comme un wergeld et comme un moindre mal par rapport à ce que vous risquiez réellement. Des traîtres à notre famille sont morts pour moins que ça, ne l’oubliez pas.

En attendant, je vous explique ce qui va se passer : le Karmalistan cherchera moins à mater la rébellion des islamistes qu’à chercher à comprendre pourquoi une société basée en Eashatri va s’approvisionner auprès du pays voisin un minerai pourtant disponible localement. Il pourra compter sur la coopération de l’Eashatri, qui veut éviter à tout prix d'avoir son voisin à dos. Il vous reviendra à vous seul de vous expliquer aux autorités. Qu’on soit bien clair : vous êtes un débutant, la société Spikit est une société que vous dirigez depuis deux ans, et vos clients sont en Eashatri. La société n’est liée ni de près de ni loin à une quelconque « mafia ». Si j’apprends que vous avez mentionné le mot « Mitan » même comme ça, sans contexte, ce n’est pas d’une simple retenue sur salaire dont vous écoperez. Non seulement vos enfants seront orphelins de leur père mais ils le seront également de leur mère, qui habite en Santogne, rue de l’Eglise à Ardalèdre, dans un cossu pavillon. Me suis-je bien fait comprendre ou faut-il qu’on vous envoie l’alliance de Madame, et le doigt qui la porte ? »

Edgar Chausson :
Directeur de la société Spikiten Eashatri
« O… Oui, Patron. »

Le Parrain raccrocha et mit fin à la liaison téléphonique sécurisée. Le teint d’Egar devint livide… Quelques secondes après, il s’empara de la corbeille pour rendre tout son déjeuner.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

Elections générales d'octobre 2039 : sondage
Septembre 2038

Légende : Résultat du sondage (nombre de sièges estimés) // Rappel résultat 2035 en nombre de sièges obtenus en 2035) [Evolution en sièges]

Hypothèse 1 : Sans liste Inès Teysseire

Parti populaire santognais
Conservatisme | Libéral-conservatisme | Démocratie chrétienne | Capitalisme | Conservatisme fiscal
25 % (55 sièges) // 60 sièges [- 5]

Ligue du Renouveau (coalition sortante)
Populisme | Anticapitalisme | Anti-mondialisation | Xénophobie | Nationalisme de droite
24 % (53 sièges) // 54 sièges [- 1]

Alliance du pouvoir populaire (coalition sortante)
Populisme | Anticapitalisme | Anti-mondialisation | Ecologie | Régionalisme | Nationalisme de gauche | Démocratie directe
18 % (40 sièges) // 51 sièges [- 11]

Rassemblement pour la liberté
Démocratie libérale | Capitalisme | Libertarianisme | Conservatisme fiscal
14.5 % (32 sièges) // 22 sièges [+ 10]

Mouvement social-démocrate
Social-démocratie | Social-libéralisme | Progressisme | Capitalisme vert
9 % (20 sièges) // 13 sièges [+ 7]

[hr][/hr]
Seuil électoral : 5 %
[hr][/hr]

Les Dégagistes
Démocratie directe | Convocation d’une Assemblée Constituante | Populisme | Anti-taxes | Attrape-tout | Anarchisme
3.5 % (0 siège) // Nouveau

Fédération des Ecologistes
Ecologie politique | Progressisme | Social-démocratie | Anti-productivisme | Collapsologie
3.5 % (0 siège) // 0 siège [=]

Parti Communiste santognais
Communisme | Marxisme-léninisme
1.5 % (0 siège) // 0 siège [=]

Société pour la Vie et la Tradition
Ultra-conservatisme | Catholicisme traditionaliste | Royalisme
1 % (0 siège) // 0 siège [=]

[hr][/hr]
[hr][/hr]
[hr][/hr]
[hr][/hr]

Hypothèse 2 : Avec liste Inès Teysseire
Liste Teysseire (ministre sortante)
Anti-corruption | Réformisme | Légalisme | Sécuritarisme
23.5 % (52 sièges) // Nouveau [+ 52]

Parti populaire santognais
Conservatisme | Libéral-conservatisme | Démocratie chrétienne | Capitalisme | Conservatisme fiscal
19 % (42 sièges) // 60 sièges [- 18]

Ligue du Renouveau (coalition sortante)
Populisme | Anticapitalisme | Anti-mondialisation | Xénophobie | Nationalisme de droite
14 % (31 sièges) // 54 sièges [- 23]

Alliance du pouvoir populaire (coalition sortante)
Populisme | Anticapitalisme | Anti-mondialisation | Ecologie | Régionalisme | Nationalisme de gauche | Démocratie directe
13 % (29 sièges) // 51 sièges [- 22]

Rassemblement pour la liberté
Démocratie libérale | Capitalisme | Libertarianisme | Conservatisme fiscal
13 % (29 sièges) // 22 sièges [+ 7]

Mouvement social-démocrate
Social-démocratie | Social-libéralisme | Progressisme | Capitalisme vert
8.5 % (17 sièges) // 13 sièges [+ 4]

[hr][/hr]
Seuil électoral : 5 %
[hr][/hr]

Fédération des Ecologistes
Ecologie politique | Progressisme | Social-démocratie | Anti-productivisme | Collapsologie
3.5 % (0 siège) // 0 siège [=]

Les Dégagistes
Démocratie directe | Convocation d’une Assemblée Constituante | Populisme | Anti-taxes | Attrape-tout | Anarchisme
3 % (0 siège) // Nouveau

Parti Communiste santognais
Communisme | Marxisme-léninisme
1.5 % (0 siège) // 0 siège [=]

Société pour la Vie et la Tradition
Ultra-conservatisme | Catholicisme traditionaliste | Royalisme
1 % (0 siège) // 0 siège [=]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

Ne me marche pas dessus
Octobre 2038

[justify]Jérôme Bourseiller fulmine. Âgé de 52 ans, ce chantre de la propriété privée, qui en a fait son métier – investisseur en immobilier – n’a pas de mot assez fort pour décrire sa colère quant au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349712#p349712]dernier sondage publié[/url]. Voilà que les Santognais, après avoir soutenu les populistes fachos et maternalisants, décident de soutenir une liste conduite par Inès Teysseire, la plus liberticide de tous les ministres que la Santogne a connus. Une cow-girl qui promet de traquer au lasso tous les évadés fiscaux sans jamais remettre en question les taux d’imposition excessifs du pays. L’Etat est obèse. OBÈSE. OBÈSE !!! Il se nourrit des voix qu’il achète à ceux qui ont raté leur vie, et qui jalousent la réussite des autres. Jérôme se considérait lui-même comme une réussite : sa villa de Garignan était grande, sa piscine était profonde, ses chiens de race noble, et tout son quartier était sûr. Une société de sécurité privée patrouillait toutes les heures pour s’assurer que tout était en ordre. Sa réussite, il la devait à son seul mérite, il n’a jamais rien attendu de l’Etat. Pourtant, il lui est redevable : impôt sur le revenu, taxe foncière, TVA… cette persécution fiscale était insupportable et ce d’autant plus qu’elle venait engraisser, à coup de « sécurité sociale » et « d’égalité des chances » tous ces partisans de « droits à ». Jérôme, lui, était un défenseur de la véritable liberté, le « droit de ». Droit de s’armer, droit de tuer celui qui viole son droit de propriété, droit de s’exprimer, droit de fumer un joint, droit de tromper sa femme, droit de tromper ses femmes, droit de peindre sa maison en violet, droit de se masturber en public… C’était lui le progressiste, les autres n’étaient que des fascistes de merde. Mais quel était ce droit, pour l’Etat, de le voler ?

Jérôme croyait dur comme fer au mérite et à la survie des plus aptes et dans le système qu’il imaginait, les chômeurs n’auraient d’autre droit que celui de chercher un revenu pour subvenir à ses besoins. Un salaire par exemple, dont le montant serait fixé par l’offre et la demande. Tous les salaires seraient définis par des accords communs, sans durée minimale, sans salaire minimal ou autre coercition de ce genre. S’il n’y parvient pas, c’est qu’il n’est pas apte à vivre en société. À la rigueur, le chômeur pourrait recevoir une petite indemnité. Celle-ci pourrait être financée par une contribution libre et consentie : chacun donnerait par charité ce qu’il veut dans cet Etat qui n’en serait même plus un, tout en laissant à chacun le « droit de » ne rien donner. Jérôme appliquera ce principe à ses enfants, qu’il refuse de biberonner au-delà de l’adolescence. Il refuse de les voir [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343799#p343799]revenir[/url] après 30 ans, comme il l’observe de plus en plus. Ils n’ont qu’à demander à leur salope de mère, avec lequel il est divorcé depuis 5 ans et qu’il engraisse à coup de pensions alimentaires décidées de manière coercitive par le tribunal. En plus, elle s’est remariée, cette catin !

Jérôme Bourseiller a l’impression d’être un rebelle, un dissident. Il utilise un serveur proxy pour aller sur PiouPiou et injurier toute la classe politique. « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341747#p341747]Pour la liberté vaccinale ![/url] » écrit-il sur son blog en octobre 2036. « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342041#p342041]Soutien au Noël sans TVA ![/url] » deux mois plus tard. Quant au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342321#p342321]prix de la capote[/url], celui-ci doit être seulement déterminé par le marché, pas par des tradis s’acoquinant avec des élus locaux. Le billet le plus virulent est daté de juin 2038, où il décrit [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348438#p348438]des fascistes verts en Mourbie, puants et nonchalents[/url]. Eux, des anarchistes ? Laisse-le rire ! S’il y a un anarchiste dans ce pays, c’était Jérôme Bourseiller ! Eux veulent obtenir le pouvoir par la force et l’autorité, par la revolución. Lui ne veut pas conquérir le pouvoir, il veut laisser libre chacun libre en respectant un principe fondamental, celui de non-agression physique. L’essentiel de son action politique se faisait sur Internet. À l’extérieur, il était un monsieur tout-le-monde qui serrait les poings dès qu’il passe devant un sans-abri ou des logements sociaux. Il se mord la langue jusqu’à en saigner. Oh qu’il aimerait des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349374#p349374]bornes de fusils en libre-service[/url] pour pouvoir faire une razzia au centre de collecte des impôts ! Ce ne serait que justice après tout ! Mais les tripes ne suivaient pas et il préférait plutôt confier la besogne à des gens dont c’est la spécialité. Des gens qu’il n’a jamais contactés car il craint quand même les conséquences de son action. En plus, on lui avait diagnostiqué une presbytie et il ne pouvait guère mieux compter sur sa force physique. Mais pour sûr, le vrai dissident de Santogne, c’était lui ! Ce jour-là, d’ailleurs, il posera avec son drapeau de ralliement devant le centre des impôts de Garignan. Mais pas trop longtemps, il pourrait être reconnu et ce ne serait pas bon pour le boulot.[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

République de Chanvrogne (1)
Novembre 2038

[center][img]https://i.imgur.com/uIAUCGB.png[/img][/center]

[justify] « Entreprise agricole basée dans le Sud de la Santogne recherche ouvriers réguliers le temps d’un week-end voire d’une semaine entière. Rémunération attractive. Idéal job étudiant. ». L’annonce parue sur les principaux sites de recherche d’emploi restait volontairement vague. Suffisamment aguicheuse pour attirer la main-d’œuvre nécessaire, mais suffisamment évasive pour ne pas attirer les touristes. Les répondants furent nombreux et tous furent soumis à un petit exercice pratique qui consistait à retirer des feuilles de plants de tomates. Dans cette région viticole, habituée à l’effeuillage de la vigne, nombreuses furent les réussites. Mais la pourvoyeuse d’emploi n’était pas spécialisée ni dans la tomate, ni dans la vigne. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350072#p350072]Chanvrogne[/url] sélectionnait ses petites mains appelées à nettoyer les têtes de cannabis pour les préparer à la vente. Dans le jargon professionnel, on appelle ces ouvriers des « trimmers ». Ce travail de coupe est le plus difficile du processus allant de la récolte de la plante à l’utilisation de ses fruits. Un jour, sans doute, ce métier sera mécanisé mais le secteur n’était pas assez mature pour être robotisé.

L’information s’est répandue comme une traînée de poudre : jeunes et moins jeunes, venant de Santogne comme des pays environnants – y compris ceux qui disent maîtriser leurs émigrations – viennent pour leur part du gâteau, qui représente pour certains un mois de salaire ou plusieurs mois de loyer, avec des fortunes diverses. Si Chanvrogne a effectivement un immense besoin en main-d’œuvre, la société reste très exigeante. La culture se fait sous la supervision de gardes armés et l’atelier des « trimmers » est en permanence surveillée par autant de caméras qu’il y a de pans de murs. Les touristes ne font pas long feu, tout comme les paresseux. Un premier écrémage a lieu dès la première journée, les plus productifs ont la chance de recommencer le lendemain pour une nouvelle journée de 14 heures de travail et de dormir dans une auberge de fortune, dans des lits superposés qui sentent le début du XXIe siècle. Mais que vaut une mauvaise nuit face à l’assurance de gagner jusqu’à 1 000 ₱ en un week-end ?

L’opération est fastidieuse et répétitive mais elle est nécessaire car la plante ne peut être fumée telle quelle. Il est bien sûr interdit de consommer la marchandise, c’est non seulement interdit par le contrat de travail mais par la loi, qui ne l’autorise que par ordonnance médicale. Des règles qui prévalaient à l’époque où Chanvrogne exerçait dans l’illégalité. Aujourd’hui, la voilà devenue une honnête société contribuant à l’essor de la Santogne.

[center][img]https://i.imgur.com/Khit9Ef.gif[/img][/center][/justify]
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