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Posté : jeu. avr. 05, 2018 8:22 pm
par Frederick St-Luys
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"Observez les chevaux sauvages. Lorsque le troupeau avance à travers la steppe, il suit l'étalon principal. Lorsque l'étalon principal s'arrête pour s'abreuver, le troupeau s'arrête pour s'abreuver. S'il ne faisait pas cela, le troupeau serait vite dispersé.
Il en est de même chez les hommes. Tous les hommes de la steppe suivent le khagan. Ceux qui refusent de suivre la volonté du khagan subiront les châtiments, l'exil et la mort. Telle est la volonté de Tengri.
Je suis le khagan. Et ceux qui refusent de me suivre ne seront pas membres de mon troupeau."
Extrait de l'Histoire Secrète des Telenge (milieu du XIVème siècle). Propos prêtés à Ushuud Khagan, seigneur des Telenge.[/center]
Posté : dim. avr. 08, 2018 2:36 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"Pour devenir tout, le peuple doit commencer par n'être rien."
Extrait du Commentaire du Traité des Neufs Chapitres, Xu Ming (988-1050), philosophie légiste.[/center]
Posté : mer. avr. 11, 2018 8:49 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/lettre11.png[/img][/center]
[justify]L'Empereur Zhen de la dynastie Wei disait: "La différence entre l'homme et la bête, c'est la loi. La connaissance de la loi marque l'homme civilisé. Sans elle, le meilleur des hommes n'est rien. Par la loi, l'homme naît de l'animal, le peuple naît de la foule, l'empire naît de la terre. Par la loi, le souverain peut établir l'harmonie sur la terre."
L'empereur Zhen de Wei (1440 à 1465) est certes connu surtout dans les manuels d'histoire liangois pour ses importantes conquêtes dans le nord-ouest, mais c'est dans la construction de l'Etat liangois moderne que son influence a été la plus décisive. En commissionnant dix-sept lettrés légistes de premier plan, et en leur faisant rédiger une Loi Complète, il a posé les bases de l'Etat de droit moderne au Liang, et doté ce dernier des prémisses d'une constitution.
Un aspect moins notoire de son règne est la mise en place de ce que certains historiens qualifient de système "proto-totalitaire", dans lequel la doctrine légiste de la construction de la société par le droit est poussée jusqu'à sa conclusion logique: la construction d'un homme nouveau par la loi, dans le cadre d'un Etat tout-puissant.
Même après la mort de l'empereur Xiaowu au Pavillon du Dragon de Jade, et le fractionnement subséquent de l'empire de Daliang, la doctrine légiste est demeurée très forte au Liang, et irrigue toutes ses institutions et son droit. "[/justify]
[center]Extrait des Éléments fondamentaux de la philosophie publique liangoise, Xu Lifeng (1997)[/center]
Posté : jeu. avr. 12, 2018 7:23 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/lettre11.png[/img][/center]
"Le roi Min de Dai était un homme superstitieux. Il fit construire son palais selon les règles du vent et de l'eau [feng shui], de sorte que l'énergie vitale qi puisse y circuler librement. Il était très anxieux à l'idée que les esprits et les dieux désapprouvent son règne, et espérait se placer ainsi en sûreté.
Le roi Min de Dai apprit alors que Maître Moyi se trouvait à Dai.
Il l'appela auprès de lui et lui demanda: "
Vénérable Moyi, votre renom est grand à travers le pays. Je vous en prie, visitez mon palais, et dites-moi: est-ce que le qi circulant dans mon palais m'assurera la sécurité?"
Le Maître fit le tour du palais, puis revint voir le roi.
Il dit: "
Ce palais ne vous assurera ni la sûreté, ni la quiétude.
Il ne vous assurera pas la sûreté, car, plutôt que de construire des murs contre des forces qui n'existent pas, il serait plus sage d'en construire de manière à vous protéger de vos ennemis.
Il ne vous assurera pas la quiétude, car le peuple, en voyant le poids des dépenses somptuaires, sera agité et réticent à payer ses impôts."
Le roi Min de Dai se montra très mécontent, et bannit le maître Moyi. Quelques années plus tard, le peuple de Dai se souleva, pénétra dans son palais, et tua le roi Min de Dai."
[center]
Extrait des Annales du Maître Moyi, chap. VII (IIème siècle av. JC).[/center]
Posté : dim. avr. 15, 2018 6:36 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/lettre11.png[/img][/center]
"Dans la province de Hanzhou, la femme d'un homme dénommé Lu Fan avait était tuée par le collecteur d'impôts Ding Yuan, mais le gouverneur Ding Ke, qui était un parent de Ding Yuan, ne le punit pas. En proie à une grande colère, Lu Fan rassembla autour de lui des compagnons, tenta d'assassiner Ding Yuan, et, après avoir échoué, devint brigand.
Trois ans plus tard, il fut capturé par les soldats de l'armée impériale, et amené devant l'Empereur An de Jin.
L'empereur Andi lui demanda:
"Pourquoi t'es-tu soulevé contre moi, qui exerce le pouvoir suprême jusqu'aux quatre coins de la terre?
Le brigand Lu Fan lui répondit:
"Tu as beau prétendre exercer le pouvoir suprême, mais quelle justice offrais-tu quand le collecteur d'impôts Ding Yuan tua ma femme, et son parent Ding Ke l'épargna?"
L'empereur An fut intrigué, et fit envoyer des hommes se renseigner sur le sujet dans la province de Hanzhou. Ils lui confirmèrent ces faits. L'empereur fit alors venir à lui le collecteur d'impôts Ding Yuan et le gouverneur Ding Ke. Il fit aussi amener encore une fois devant lui le brigand Lu Fan, et leur dit:
"
J'ai appris que toi, Ding Yuan, tu as a tué la femme du brigand Lu Fan. Tu as enfreint mes lois: c'est un crime, et tu seras châtié pour cela.
J'ai appris que toi, Ding Ke, avais refusé de condamner ton parent, Ding Yuan, pour un crime qu'il avait manifestement commis. Tu as as enfreint mes lois et tu as usurpé mon pouvoir suprême en refusant de rendre la justice, comme je te l'avais ordonné. Tu seras démis de tes fonctions, et fortement châtié pour cela.
J'ai appris que toi, Lu Fan, avais rassemblé des compagnons, et tenté de faire justice toi-même. Ton crime est le plus grand, car tu as usurpé mon pouvoir militaire suprême. Tu seras immensément châtié pour cela.
La justice, c'est d'assurer la paix de l'empire et le respect de ses lois. Or, par vos actions, vous vous êtes tous trois déclarés ennemis de la paix de l'empire et de ses lois. Comment pourrais-je prétendre à la souveraineté, si je ne vous châtie pas exemplairement?"
Il ordonna alors que la tête et les mains de Ding Yuan soient tranchées, que la tête, les mains et les pieds de Ding Ke soient tranchés, et que Fan Li soit bouilli vif."
[center]
Extrait du Livre de la Dynastie Jin, de l'historien et philosophe légiste Lian Xu (120-188)[/center]
Posté : lun. avr. 16, 2018 9:23 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"J'amenais l'armée devant Karaï aux Hauts Murs, et donnait à ses habitants le Dur Choix. Alors sortit de la cité Yoa Nys, celui que les chrétiens nommaient leur chef et grand chamane. Il portait une grande couronne d'or, était accompagné de dix chamanes, chantant, et de dix soldats.
Yoa Nys, chef des chrétiens, nous demanda d'épargner la cité de Karaï, comme cela nous accorderait grande faveur auprès de leur dieu. Il nous offrit de l'or, des joyaux et sa féalité.
Alors, je lui dis que je ne devrais jamais mes victoires à la faveur de son dieu, et que si ce Dieu des chrétiens était aussi puissant, il les sauverait de mon épée et de mes flèches.
Je fis couper la tête de Yoa Nys. Et l'or de sa couronne ne suffit pas à acheter vie des habitants de Karaï."
Extrait de l'Histoire Secrète des Telenge (milieu du XIVème siècle). Propos prêtés au chef Telenge Ekbayar Khagan, au sujet de l'assassinat du pontife nestorien Ioannis VIII.[/center]
Posté : dim. avr. 29, 2018 9:12 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"C'est par la loi que l'empire se construit ; c'est par l'illégalité que l'empire se détruit.
Lorsque la loi ne règne pas dans l'empire, un seul homme peut le mener à sa perte.
Lorsque la loi règne dans l'empire, même dix-mille malfrats ne sauraient le menacer.
Shang Lun, philosophe légiste, dans le Livre du Phenix et du Dragon, 1399.[/center]
Posté : mer. mai 02, 2018 10:10 am
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"La guerre n'est pas un art. Non: La guerre est la science de l'application de la violence et de l'obtention de la victoire.
Siyaan Tölga Ak Noyan, général dans l'armée liangoise, dans le Traité de stratégie modernisée, 1875.[/center]
Posté : ven. mai 04, 2018 6:22 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
"L'homme qui cherchera la vérité pendant trente ans ne sera pas certain de la connaître, et ne pourra s'y conformer et obtenir la faveur du ciel.
L'homme qui cherche la loi la connaîtra immédiatement, et pourra s'y conformer et obtenir la faveur du souverain.
Extrait du Commentaire du Traité des Neufs Chapitres, Xu Ming (988-1050), philosophie légiste.[/center]
Posté : mar. mai 08, 2018 9:05 pm
par Frederick St-Luys
[center][img]https://i62.servimg.com/u/f62/19/30/97/30/aphori10.png[/img]
Maître Moyi dit:
"Face à l'immensité du Ciel, les hommes sont également insignifiants."
Commentaire:
Il n'existe pas de supériorité réelle et absolue d'un homme sur l'autre.
Face à l'univers, l'individu n'existe pour ainsi dire pas: le fait pour l'un d'entre eux de prétendre être supérieur à ses semblables est une pitrerie indigne de l'homme cultivé.
Extrait du Corpus de la Sagesse social-mohiste, de Lin Wangyang (1877-1945), fondateur du Parti de la Prospérité Populaire.[/center]