Posté : dim. juin 24, 2018 3:28 pm
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[center]4) Moyen-âge central[/center]
[center]4) Moyen-âge central[/center]
- Dynastie Qiang du Sud (859 à 1033)
[justify]La dynastie Qiang du sud est fondée en 859 par un membre d'une branche cadette de la maison impériale, Shen Hanzhong, duc de Han, qui adopte comme nom de règne Lin Qiangdi. Commandant militaire renommé, il s'empare du pouvoir à la suite d'un coup d'Etat, chassant du trône l'enfant-empereur Mo, et faisant exécuter les Dix-Sept Eunuques qui exerçaient jusqu'alors la régence.
L'empire est alors dans une période extrêmement critique. Les Cheghars se sont emparés des Neuf Commanderies du Nord et de la riche province de Yan, tandis que plusieurs grands seigneurs locaux sont en révolte ouverte. Dans le nord, le commandant des troupes frontalières de la steppe s'est auto-proclamé roi Yao du royaume de Min, et marche avec 50.000 vétérans sur Kaijing, la capitale. Dans les montagnes du nord-ouest, un sage taoiste, Yue Gan, a annoncé dans ses prédications la chute du régime impérial, et l'imminence d'une grande convergence cosmique. Attisée par ses discours enflammée, une immense révolte paysanne, la révolte des Brassards Blancs, se déclenche, et plus de 300.000 rebelles convergent vers les plaines centrales. Enfin, dans l'extrême ouest, le gouverneur Dian Wang a totalement cessé de répondre aux ordres qui lui sont envoyés.
Le nouvel empereur déploie alors une énergie et une pugnacité rares pour contrer ces menaces. Il commence par faire la paix avec les Cheghars, en leur accordant officiellement le territoire qu'ils contrôlent déjà, et en achetant les services de plus de 10.000 archers de cavalerie mercenaires. Rassemblant la garde impériale et les troupes des provinces centrales, il marche à la rencontre de l'armée du roi Yao. La bataille des plaines de Fanmeng (860) signe la fin des ambitions de ce dernier, dont la tête est ramenée sur une pique à Kaijing.
L'empereur Lin profite du répit assuré par cette victoire pour réorganiser l'armée impériale en brigades plus petites et plus mobiles, pour rationaliser ses moyens, et entamer un vaste programme de construction de places fortes. Les épidémies et la sécession des provinces extérieures sont grandement réduit les capacités militaires de l'empire, aussi une stratégie défensive est à l'époque considérée comme essentielle.
Malheureusement, déjà un nouveau malheur s'abat sur l'empire. L'immense armée des Brassards Blancs s'abat comme une nuée de sauterelles sur les provinces à l'ouest de Kaijing. Fanatiques, affamés et désespérés, les paysans et leurs chefs détruisent tout sur leur passage. L'empereur mobilise de nouveau l'armée impériale, renforcée par les mercenaires Cheghars et les anciens soldats de l'armée de Min. En une série de batailles, il parvient à briser l'essentiel de l'opposition adverse, mais la subversion de la doctrine taoïste radicale de Yue Gan, et le chaos suivant le passage des rebelles empêchent toute victoire rapide. En parallèle, les raids des Nanbans sur les commanderies du sud de l'empire forcent à diviser l'armée.
En dix ans de campagnes permanentes, l'empereur Lin parviendra à stabiliser et sécuriser le cœur de l'empire, mais il échouera à léguer à ses enfants les provinces occidentales, définitivement perdues, où trois royaumes se sont graduellement formés: le royaume de Wuyue, le long de la côte de la Mer Intérieure, où régnaient les descendants du gouverneur Dian Wang, le royaume de Liu Bai, gouverné par les Neuf Sages Célestes, successeurs de Yue Gan, et le royaume de Wei, né du chaos de la pacification des Brassards Blancs.
La dynastie Qiang du Sud durera encore deux siècles, dans un contexte général de fragmentation et de militarisation de la région. Grâce à son contrôle sur les riches provinces centrales, la dynastie parvient toutefois à demeurer prédominante, mais subit une forte mutation culturelle et politique. Le bouddhisme, notamment vajrayana, connaît une certaine résurgence, tandis que le progrès scientifique, notamment militaire, s'accélère. Les sages liangois mettent alors au point la poudre à canon, d'abord dans le cadre de feux d'artifices, puis, de manière plus redoutable, dans des grenades. D'immenses forteresses frontières commencent à surgir de terre, tandis que la conscription est instituée. Très impopulaire, elle parvient toutefois à mobiliser ponctuellement des forces considérables, suffisantes pour tenir en respect les voisins de l'empire.
A l'extérieur, les Qiang du Sud se montrent réticent à l'aventurisme, et préfèrent largement payer leurs voisins pour obtenir la paix. La fragmentation du khaganat Chegahr dès 871 arrive à point nommé pour limiter les menaces et maximiser les options diplomatiques.
Néanmoins, au fil des siècles, la dynastie Qiang du Sud connait une érosion continue de son pouvoir. Ne pouvant s'appuyer sur des conquêtes militaires retentissantes ou sur un fort essor économique, elle souffre de graves inégalités et de tensions sociales permanentes, qui voient les jacqueries se multiplier, souvent inspirées de la révolte des Brassards Blancs. Finalement, c'est de la classe mandarinale que viendra le coup de grâce: la baisse continue des salaires des mandarins a laissé nombre d'entre eux au bord de la pauvreté, et continuellement affaibli l'emprise administrative de la famille impériale. C'est en instrumentalisant cette grogne que le Premier Ministre Cheng Fuxian, l'un des plus grands seigneurs de l'est du Liang, parvient à renverser en 1033 le dernier empereur Qiang, Xiaocheng, et le remplacer en tant que souverain. L'ancien empereur, en un rare geste de magnanimité, fut autorisé à porter le titre de marquis de Dianxi, et à finir ses jours dans une maison de campagne.
C'est le début de la dynastie Xing.
[/justify][center][img]https://i65.servimg.com/u/f65/17/93/46/23/xingsa11.png[/img][/center] - L'empire de l'aigle blanc: la chute des Cheghars et la naissance du khaganat Saïgar unifié (975 à 1262)
[justify]Les Saïgars sont un peuple natolique dont le passé est largement méconnu, mais qui effectuent une entrée fracassante sur la scène mondiale, en brisant en quelques années le puissant empire Cheghar, au XIème siècle.
Sous la conduite de leur chef, le Chaya Erzek Batul Korlash, ils passent les monts Baalsoog en 974, et trouvent face à eux un khaganat Cheghar profondément divisé.
En effet, en 866, le khagan Cheghar légitime, Dhantan Bandhag, avait après une brève guerre civile été déposé par Mhange't Tuopa "Le Borgne", un puissant noyan de l'aile droite, porté au pouvoir par ses pairs. Néanmoins, Mhange't se révéla vite être un tyran violent et impitoyable, et s’aliéna notamment les anciens clans royaux des Bandhag et Chayan. Une nouvelle guerre civile éclate, plus longue et sanglante, au terme de laquelle Mhange't Tuopa perd tout contrôle sur les territoires de "l'aile gauche", c'est-à-dire la moitié orientale de l'empire, qui passent sous l'autorité du jeune frère du khagan légitime, Qutul Bandhag.
La situation se stabilise progressivement, et pendant près d'un siècle les descendants des deux khagans rivaux se disputeront le pouvoir, sans parvenir à triompher et à réunifier l'empire.
C'est à ce moment que les Cheghars font face à l'invasion Saïgare. Prises entièrement au dépourves, les armées épuisées des deux khagans Cheghars furent culbutées par les Saïgars, et durent se retirer de l'autre côté de la steppe de Tzaraan Duu. C'est là que se tint en 975 la bataille des Eaux Noires (Kara Gol), qui vit la destruction totale de l'ost Cheghar oriental. Le khagan oriental, Yril'ör Bandhag, meurt, meurt criblé de flèches. En quelques jours, c'est la balance du pouvoir dans toute la Ventélie du nord qui a changé.
Voyant la menace, le khagan occidental, Ul'gin Tuopa, refusa de livrer bataille aux envahisseurs, et se retira de l'autre côté du désert d'Athar, dans les régions occidentales de l'empire cheghar. Néanmoins, ce fut en vain, comme dès 1010, l'empire Cheghar occidental avait disparu.
Laissés sans opposition, les Saïgars vont en quelques années recréer une empire gigantesque sur toutes les steppes natolico-ventéliennes, occupant les terres des Cheghars mais aussi des Kuchi, réduisant le jadis puissant empire Cheghar au stade de petit royaume feudataire, concentré sur ses territoires liangois. C'est ainsi que, progressivement, l'ancienne terreur de la steppe se liangisa, et devint un royaume liangois, pacifique et connu pour la qualité de ses oeuvres bouddhistes. Réduit à cette portion congrue, le royaume désormais nommé Chen survécu jusqu'en 1087.
Néanmoins, après un siècle de conquêtes, le khaganat Saïgar connût ses propres difficultés. Il était en effet en proie à des problèmes religieux graves: les premiers saïgars avaient été partiellement convertis au manichéisme durant le Xème siècle par des missionnaires Kuchi, et les tensions religieuses entre partisans de la religion traditionnelle tengriiste et manichéens n'avaient depuis lors cessé de grandir.
L'arrivée au pouvoir en 1067 d'un chef fanatiquement manichéen, Chaya Arha Zurant, met le feu aux poudres, et une guerre civile de grande ampleur éclate. Pendant deux ans, les clans rivaux s'entre-tuent sur tout le territoire Saïgar, les villes sont mises à sac, les troupeaux détruits, jusqu'à ce que le khaganat finisse fractionné: au nord, Chaya Arha Zurant et les plus dévots des manichéens continuent de dominer la Steppe Majeure de Tzaraan Duu, formant le Khaganat des Saïgars Noirs (Kara Saïgars), tandis que les tengriistes, nestoriens et bouddhistes migrent vers le sud, s'installant d'abord dans la Steppe Mineure de Khangaï, puis, après avoir forcé les monts Darya, occupant le territoire des anciens royaumes liangois de Liu Bai et de Wuyue, établissant le riche et puissant Khaganat des Saïgars Blancs (Ak Saïgars).[/justify]