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Posté : mar. août 08, 2017 2:36 pm
par Djinndigo
[center]Récit : le bataillon pénal
23 octobre 2033 - SECRET D'ÉTAT[/center]

[justify]Le lieutenant Vidongo Pepi s'empressa de suivre son supérieur, le capitaine Innocenzo Rotelli, qui s'enfonçait dans la grande porte blindée donnant accès la prison elle-même. Il lui sembla marcher pendant une éternité avant d'entrer dans la cour centrale de la base pénitentiaire, à ciel ouvert mais tout même recouverte d'un filet contre les évasions. Ce dispositif ne semblait pas avoir servi ni devoir servir dans le futur, vu la localisation secrète de la prison. De nombreuses fenêtres arboraient les parois, mais ces dernières étaient hermétiquement fermées et gardées par de lourds barreaux métallique en guise de grillage.

Quelques hurlements retentissaient au loin, et ces derniers avaient un effet dévastateur sur le moral du lieutenant Pepi, qui ne pouvait s'empresser de tressauter dès qu'un détenu criait. Le lieutenant demanda :
« Mais... Pourquoi crient-ils ? On les torture ? On les maltraite ? »

C'est avec détachement et froideur que le capitaine répondit : « Non, nous n'irions pas jusqu'à violer les plus élémentaires des droits de l'Homme, même si les détenus ne semblent plus avoir beaucoup de points communs avec nous autres, les humains. Ils hurlent car leur folie les ronge, et si nous n'étions pas là, ils se seraient déjà suicidé pour certains. Nous les maintenons en vie car nous explorons les limites de la conscience grâce à nos psychologues peu... Scrupuleux. »

Innocenzo Rotelli s'arrêta en plein milieu de la cour centrale et indiqua de l'index différentes parcelles délimitées par de hauts grillages barbelés.

« Nous divisons les prisonniers en six groupes, en fonction de la folie de chacun. Bien évidemment, nos techniques psychologiques sont imparfaites, c'est pourquoi certains détenus se font passer pour des prisonniers relativement... Sains d'esprit en abusant de nos psychologues, mais ces réfractaires sont souvent rattrapés par leur folie.

Ici, les prisonniers ont droit à trente minutes de pause par jour, ce qui est largement suffisant. Leur emploi du temps est très strict, car leur peine est souvent si lourde que nous pouvons nous permettre de les faire travailler à notre service pour le bien de la nation. C'est en tout cas ce que j'ai déjà vu dans d'autres base pénitentiaires où je me suis déjà rendu, c'est pourquoi j'imagine que c'est le traitement ici-bas. Nous allons bientôt voir les prisonniers débarquer dans la cour pour leur séance d'exercice physique, c'est pourquoi nous allons monter en hauteur. Nous devrions déguerpir. »

Revenant dans l'enceinte protectrice de la prison, le capitaine et le lieutenant suivirent un garde qui les mena sur un balcon à un étage assez élevé pour pouvoir admirer de haut l'intégralité de la cour du pénitencier. Çà et là, des prisonniers, guidés par des gardes lourdement armés.Une fois dans la cour, un des six groupes fut dirigé vers ce qui semblait être un atelier de tir, tandis que les cinq autres groupes faisaient des exercices physiques en tout genre : sauts, pompes, tractions, la remise en forme et l'entraînement étaient rigoureux pour ces prisonniers.

Pendant ce temps au stand de tir, les gardes remirent aux prisonniers des armes qu'ils s'échangeaient à tour de rôle. Le contrôle était très strict et les prisonniers ne chargeaient leur armes que d'une seule balle. Les gardes tenaient chacun d'une main un taser et de l'autre, un pistolet. Ils n'hésiteront sans doute pas à en user vu la violence des prisonniers. Les prisonniers visaient et touchaient leur cible, balles après balles. Certains visaient mieux que d'autres, mais dans l'ensemble les prisonniers semblaient être des tireurs aguerris.

Le lieutenant, grand homme d'arme, posa fébrilement sa question à son supérieur : « Quelle est leur efficacité ? »

« Pour la plupart, ils tournent autour de une balle dans la tête, trois dans le corps et une loupée. C'est une très bonne moyenne, et certains d'entre eux montent même au-delà. Apparemment, ils ont testé différentes distances et certains détenus s'avèrent très doués au fusil d'assaut au corps-à-corps tandis que certains seraient qualifiables... De tireurs d'élite. Bien sûr, ils ne sont pas tous aussi bons, mais nous avons su sélectionner les meilleurs parmi nos milliers de prisonniers en Lucagne. Certains ont des profils exceptionnels, comme notre "ami" Ludano Frigo et d'autres ont des profils plus... Humains, mais de façon globale ils sont parfaits pour le genre de travail que nous comptons leur accorder. »

Les coups de feu continuaient à résonner dans la cour de la prison tandis que les autres groupes de détenus continuaient leurs exercices. Quelques réfractaires traînaient de la patte mais des gardes s'en chargeaient à coup de décharge électrique. Les deux militaires rejoignirent leurs quartiers dans le grand bâtiment en béton réservé aux gardes. Les cris de certains prisonniers jaillissaient encore, de temps à autres, de la prison.[/justify]

Posté : lun. août 14, 2017 12:55 am
par Djinndigo
[center]Récit : la grande évasion
10 novembre 2033[/center]

[justify]Dans une prison du sud de la Lucagne péninsulaire, entre Vassistrelli et Caraceli, une alarme sonne. Cette dernière annonce l'heure de pause pour les détenus, qui ont peu de répit dans leur emploi du temps, car dans les centres pénitenciers des Deux-Lucagnes, l'oisiveté n'est pas au programme. Petit à petit, les balcons des différents étages du pénitencier se gorgent d'êtres humains vêtus de jaune criard, encadrés par des gardes armés jusqu'aux dents. La situation n'était clairement pas à la rigolade et un bon nombre de ces gardes agissaient avec colère dès qu'un réfractaire sortait des rangs. Çà et là, les coups de matraque fusaient.

Finalement, la plupart des détenus se retrouvèrent dans la cour de la prison, lourdement surveillés par leurs gardes. Des groupes de prisonniers se formèrent, où l'on parlait de tout et de n'importe quoi, mais essentiellement d'affaires peu légales. Malgré la disparition récente de certains des plus dangereux détenus du pénitencier, les prisonniers parlaient avec calme et entreprise. Certains s'échangeaient sous les habits des cuillères, des cigarettes ou encore des allumettes. Ici au centre pénitencier degli Angeli della Virotta, les denrées étaient rares et les fouilles quotidiennes. Les quelques chanceux qui passaient la fouille étaient susceptibles d'être victimes d'une fouille nocturne, auquel cas toute saisie entraînait la mise au trou.

Un peu à l'écart des autres prisonniers, dans un des coins de la cour restreinte, près du grillage, un groupe de trois détenus parlaient de choses anodines, du moins si une oreille non-initié se laissait aller à écouter cette conversation. En réalité, les trois prisonniers échangeaient sur des sujets autrement plus sérieux. L'un d'eux, avec une balafre sur le visage, indiquait discrètement du doigt les escaliers menant à la tour centrale qui était le quartier réservé aux gardes pénitentiaires et où la plupart des objets utiles étaient centralisés : électronique, clés, informatique, armes, argent...

Les trois prisonniers n'étaient pas là pour passer encore une semaine dans le pénitencier. L'un d'eux pris la parole, toujours de façon codée, mais ses acolytes comprirent : « Demain, je tenterai de trouver de la nourriture. Toi, Silvio, » dit-il en parlant au balafré, « tu vas essayer de recontacter ton "ami". On va avoir besoin de son aide dans cette affaire. Il s'agit d'une évasion, nous allons devoir utiliser toutes nos cartes pour réussir. Emilio, tu as pu faire quoi de ton côté ? »

Ce dernier, qui avait pour caractéristique sa barbe touffue, lui répondit, encore dans un langage énigmatique : « Un des détenus d'ici, un certain Ernesto Masucci, fabrique tout et n'importe quoi tant qu'on lui donne le matériau de base. Il paraît qu'il est très bon dans ce qu'il fait, et si on arrive à avoir un moulage ou une copie de la clé de la tour centrale, il pourra nous la reproduire. Il réclamera sans doute quelque chose en retour, mais il suffira d'une soupe de phalanges pour le faire taire après qu'il nous ait rendus service. Vous savez si y aura un véhicule dans le souterrain à l'heure prévue, oui ou non ? »

Silvio répondit : « D'ailleurs, à ce sujet... Il y a un enseignant qui vient ici tous les vendredis pour donner des cours de psychologie à un groupe d'une vingtaine de détenus. Si on peut s'approcher de lui, on lui subtilisera ses clefs. Si on se débrouille bien, il ne s'en rendra compte que bien trop tard, si ce n'est carrément le lendemain. Je me charge d'obtenir ladite clé. Et vous, vous ferez quoi un peu avant l'heure fatidique ? Personnellement si je subtilise cette clé je considère que j'aurais rempli ma part du marché, si en plus on reçoit l'aide de mon contact. Terenzio ? T'en penses quoi ? »

Celui qui avait pris la parole en premier dit : « Pourquoi pas. Dans ce cas, j'aurai moi aussi rempli ma part du contrat si je m'occupe des détails tels que la conduite, la nourriture, et la diversion pour rentrer dans la tour centrale. Si vous êtes tous d'accords, séparons-nous, on attire l'attention là où on est, à rester plantés là sans rien dire ni faire, à l'écart des autres. Mêlons-nous à la foule et dispersons-nous. Capito ? »

Sur un accord commun, ils se séparèrent simultanément, détournant le regard de celui des policiers et baissant avec humilité les yeux. Les trois détenus disparurent dans la horde de prisonniers comme ils étaient venus et leur discussion passa complètement inaperçue. Dans l'ombre tapis, ils attendaient leur tour pour briller d'un éclat flamboyant devant les projecteurs de la presse nationale.[/justify]

Posté : mar. août 15, 2017 12:05 pm
par Djinndigo
[center]Récit : de Palepoli à Sariari
14 novembre 2033 - SECRET D'ETAT (trame scénaristique majeure)[/center]

[justify]Le soleil brillait avec douceur sur les côtes lucaniennes alors qu'il était tout juste midi moins le quart. Dans un village côtier à quelques kilomètres au sud de Taorminia, des gens discutaient sur une terrasse, sur le toit d'une maison typiquement italique. Au nombre de cinq, deux étaient postés devant l'escalier qui permettait d'accéder au rez-de-chaussée en guise de gardes, tandis que les trois étaient réunis autour d'une table en bois de forme circulaire. Ils discutaient avec sérieux en dégustant quelques antipasti. L'un d'eux prit la parole :

« Messieurs, je suis ici pour parler affaires gouvernementales. Si je suis ici, c'est que j'ai été chargé par une personne haut-placée du gouvernement d'ordonner aux services secrets lucaniens, la très célèbre Agenzia Centrale di Informazioni, d'infiltrer la haute et la basse société d'un pays voisin susceptible de s'aligner sur le Royaume des Deux-Lucagnes. Sachez que tout ceci est top-secret et toute fuite entraînera la mort de toute personne impliquée dans cette affaire, comme pour la plupart des missions de renseignement d'ailleurs.

Il ne s'agit pas de mesurer la dangerosité que peut faire peser cette nation sur notre pays. Il ne s'agit pas de tuer les membres du gouvernement ni de corrompre l'un d'eux. Il ne s'agit pas d'envahir ce pays militairement. Il ne s'agit pas d'un accord passé entre les deux gouvernements, à savoir le nôtre et le leur. Il s'agit en réalité d'infiltrer la société de ce pays pour en découvrir les moindres secrets. Peu de navires vont de leur pays au nôtre, et peu d'informations circulent de nôtre pays au leur, c'est pourquoi c'est vous qui serez chargés d'obtenir ces informations. »

L'un des deux hommes au style typiquement italique qui portait un chapeau, prit la parole : « Quelle est donc cette nation ? Quelle est exactement notre mission ? Quels seront nos moyens ? »

L'homme qui avait parlé en premier reprit : « C'est bien simple, Davide Ciccotelli. Le pays en question n'est nul autre que l'état insulaire des îles Mezzogiornini. L'archipel est composé de trois îles, mais vous débarquerez discrètement sur l'île la plus occidentale, là où se trouve la capitale, Sariari. Il s'agira d'un travail de longue haleine car infiltrer un état aussi peu peuplé avec si peu d'informations dessus, c'est périlleux. Mais je fais confiance à la fine fleur de nos services de renseignement pour réussir cette première mission. Une fois débarqué sur l'île de Capperoni - celle que j'ai évoqué plus haut, vous obtiendrez tout deux de nouveaux passeports et des documents certifiant vos origines mezzogiorninoises.

Quant à vous, Oscar Giordano », dit-il en s'adressant au troisième homme, « vous assisterez Davide dans sa mission en agissant comme agent à domicile et vous le couvrirez depuis votre domicile commun, à Sariari. Vous aurez la même mission, mais avec quelques subtilités. Vous serez bien évidemment équipés avec tout le nécessaire pour une telle mission : armes portatives discrètes et silencieuses, équipement informatique de pointe... Nous supposons d'ailleurs que le gouvernement mezzogiorninois n'espionne ni ses habitants ni son réseau téléphonique. Vous êtes assurés de ce côté-là. »

Il se leva après avoir fini son verre d'Aperol Spritz, puis indiqua aux deux espions de faire de même. Il leur indiqua ensuite de le suivre, puis ils descendirent ensemble au rez-de-chaussée, talonnés par les deux gardes. L'agent gouvernemental souleva une bâche dans la cage d'escalier et s'enfonça dans la pénombre derrière cette dernière. Ils entrèrent dans le sous-sol du bâtiment dont les murs étaient assez propres. L'agent gouvernemental ouvrit une grande armoire cadenassée qui se trouvait dans un coin de la pièce, y piocha un objet puis reprit :

[spoiler="DLA Barett 9mm silencieux"][center][img]http://i87.servimg.com/u/f87/13/07/08/30/pistma12.jpg[/img][/center][/spoiler]
« Ceci, c'est un Due Lucania Armamento Barett 9mm à embout silencieux. Vous pouvez retirer l'embout silencieux, qui ralentit la balle mais couvre le bruit. J'imagine que vous connaissez déjà l'engin vu que vous avez reçu un entraînement poussé aux armes à feu, mais on ne sait jamais, les bons suppresseurs sont rares sur le marché. En voilà deux, un chacun, avec deux cartons de balles pour les recharger. C'est tout ce que vous pourrez embarquer comme arme en dehors des armes blanches, car cela serait dangereux pour votre couverture sinon. »

[spoiler="Boîtier gris"][center][img]http://i.ebayimg.com/00/s/NjA3WDgwMA==/z/D3gAAOSwDNdVguIy/$_35.JPG[/img][/center][/spoiler]
Il se saisit d'un boîtier gris avec plusieurs prises dessus, puis pris une poignée de câbles dans l'armoire, et leur tendit le tout tout en continuant son monologue : « Voici un boîtier de connexion cellulaire. Cela vaut une petite fortune, mais ça vous permettra de vous connecter n'importe où à un réseau cellulaire privé difficilement hackable. Mais bon, je ne m'y connais pas très bien en terme d'informatique, je vous laisse gérer l'aspect software.

Vous pourrez vous connecter à ce boîtier par Bluetooth, par Wireless Fidelity ou par Ethernet. Ce ne sont pas mes oignons de comment vous vous en servirez. Voici un sac avec tout le nécessaire restant. Avec cela, vous ressemblez à de vrais roturiers italiques. Vous vous intégrerez parfaitement dans la société mezzogiorninoise. Cependant, sachez que vous vous avancez en terrain inconnu. Les données lucaniennes sur ce pays sont rares et ne sont pas de bonne augure - sans doute car l'indépendance de ces îles remonte à la guerre civile italique en 1950. Oh, j'allais oublier. Voici des cartes. »[/justify]

Il leur tendit une petite pile de cartes imprimées avec quelques informations dessus :

[spoiler="Carte des îles Mezzogiornini"][center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2017/33/2/1502797403-mezzogiornini.png[/img][/center][/spoiler]

Posté : mar. août 15, 2017 4:16 pm
par Djinndigo
[center]Récit : la grande évasion
15 novembre 2033[/center]

[justify]Les trois acolytes étaient prêts. Cela faisaient déjà plusieurs mois qu'ils récoltaient les ingrédients pour leur évasion, avec divers artifices réunis et fabriqués en cours de route. L'alarme sonna à la même heure, comme cinq jours auparavant, et comme cinq jours auparavant, tous les détenus de la prison degli Angeli della Virotta sortirent sur les balcons du centre pénitentiaire pour descendre, lentement, dans la cour centrale du pénitencier. Le temps était pluvieux aujourd'hui, et au-dessus de la cour, le tonnerre grondait. De temps à autres, il faisait sursauter un des gardes, ces derniers toujours aussi alertes.

Les trois co-détenus se retrouvèrent dans la cour centrale, après que la majorité de la foule de prisonniers fut descendue, et reprirent leur discussion anodine grâce à leur code de communication. Le balafré, Silvio, sortit de sous ses vêtements de façon discrète, un habit de garde complètement compressé et écrasé, sans doute pour passer inaperçu. Il manquait le chapeau. Il dit : « Ne vous inquiétez pas pour le couvre-chef, mon ami fera tomber le sien un peu avant notre passage dans un certain couloir. Ça m'a valu le prix fort, mais ça vaut son pesant d'or : une panoplie intégrale avec un faux taser. Enfin, je ne sais pas s'il marche, mais je suppose que non. »

Emilio, le barbu, dit : « Les clefs que j'ai subtilisé au garde m'ont permis de fabriquer ces fameuses clefs factices. Le garde ne s'est rendu compte de rien. » Il sortit de sous ses habits, toujours de façon discrète, une petite enveloppe elle aussi compressée. Il reprit : « Et toi Terenzio ? T'as trouvé de quoi nous nourrir pendant l'évasion ? Et tu sais toujours conduire ? »

Le balafré répondit : « Oui. Tous ces détails, c'est des babioles. Pour l'instant, il va falloir utiliser toutes nos cartes. J'ai apporté les pinces », dit-il en sortant d'une poche secrète de son pantalon une pince toute fine ressemblant à des ciseaux affûtés. Il les passa discrètement à Silvio, qui s'appuyait indolemment sur le grillage. Quelques petits bruits d'acier plus tard, Silvio confirma d'un léger hochement de tête qui avait réussi à casser trois fils qui composaient le grillage. Ce dernier, bien que coriace, ne ferait pas long feu contre le traitement que les trois prisonniers lui avait réservé.

Emilio, sur les nerfs, se mit à genou par terre en faisant tomber son alliance et se mit à chercher avec velléité. Dès que les gardes ne le regardèrent plus, il se saisit d'un objet caché derrière le grillage et le posa de son côté. Pendant ce temps, Terenzio sortit de sa poche de pantalon une balle de ping-pong avec un bout d'aluminium et une alumette. Ils prirent soin de disposer le tout du coin du pied, discrètement, puis s'éloignèrent du grillage avec un semblant d'ennui.

Une explosion retentit. Le choc fit tomber les gardes non loin du grillage à la renverse tandis que les trois prisonniers s'engouffraient rapidement dans la brèche enfumée en incitant les autres détenus à faire de même. Une horde de prisonniers vêtus de jaune criard se ruèrent dans le trou et franchirent les débris du grillage pour se porter à la rencontre des gardes qui regardaient, effarés, les prisonniers franchirent la brèche. Cependant, la réaction des gardes sur les balcons et dans les miradors ne se fit pas attendre : des coups de feu fusèrent, et malgré le chaos provoqué par le fumigène improvisé, les détenus commencèrent à s'enfuir vers la sortie.

Là-bas, d'autres gardes les attendaient, derrière des boucliers. Croyant les contenir, les gardes sortirent leur matraques pour assommer les détenus. Dans la foule, les trois acolytes émergèrent, chacun équipé d'une arme à feu portative volée sur un garde, puis tirèrent avec habilité sur les gardes bloquant la sortie. Face au tir nourri des prisonniers, les gardes bloquant l'entrée tentèrent tant bien que mal de dégainer leur armes mais ils furent submergés par la vague de prisonniers. Les trois acolytes se mirent à courir en incitant les autres à faire de même. Ils se ruèrent dans l'entrée, pénétrant dans l'enceinte fortifiée de la prison. Les trois acolytes s'esquivèrent dans un couloir.

Emilio, hors d'haleine, dit : « Voilà la première partie du plan achevée. On est dans la prison elle-même. On doit maintenant se diriger vers la tour centrale. Allez, suivez-moi, il faut se dépêcher avant que les gardes ne ferment la tour. » Ils arrivèrent dans un couloir où un chapeau de garde traînait. Silvio se saisit du couvre-chef et se changea en vitesse avec son nouvel habit de garde. Il prit son arme et la tint devant lui. Les deux autres marchaient devant lui comme il était de coutume dans la prison.

Ils arrivèrent rapidement près de la tour centrale, qui était encore loin des combats. Les gardes en sortaient nombreux, et les trois acolytes se cachèrent dans l'ombre. Une fois tous les gardes sortis du bâtiment - en dehors des opérateurs, ils entrèrent dans la tour centrale. Suivant un plan bien précis quasiment gravé dans sa mémoire, Silvio guida les deux autres prisonniers avec rapidité à travers le bâtiment. Ils arrivèrent dans une pièce cadenassé dont il explosa le verrou d'un coup de crosse et ils en ressortirent avec deux boîtes en bois de nourriture et d'approvisionnement. Emilio murmura : « Ça doit bien faire une semaine de nourriture pour trois tout ça... »

Silvio les conduisit ensuite dans un parking souterrain, où une voiture attendait, la porte ouverte. Les trois détenus grimpèrent dedans et Silvio, prenant le volant, souffla un bon coup puis démarra le moteur. La voiture vrombit, ce qui le soulagea. Il fit avancer la voiture puis roula rapidement vers la sortie. Il franchit la barrière de sécurité en brisant cette dernière puis il s'engagea sur la route principale qui menait à la prison. Il venait de sortir du centre pénitentiaire degli Angeli della Virotta. Les deux passagers explosaient de joie tandis que Silvio riait de soulagement.[/justify]

Posté : mer. août 16, 2017 4:23 pm
par Djinndigo
[center]Récit : de Palepoli à Sariari
18 novembre 2033 - SECRET D'ETAT (trame scénaristique majeure)[/center]

[justify]C'est encore avec force que l'astre solaire frappait la ville portuaire de Taorminia, en ce mois de novembre. La température était légèrement descendu ces derniers temps et la population redoutait l'arrivée du véritable hiver, qui n'avait pas encore dévoilé son visage depuis l'année dernière. Près des quais, Davide Ciccotelli attendait avec impatience son collègue, Oscar Giordano. Derrière, ses bagages attendaient eux aussi l'arrivée dudit personnage.

Ce dernier arriva enfin, avec quelques minutes de retard, par une rue latérale qui coupait perpendiculairement les quais. Oscar se tourna puis se retourna, cherchant du regard son acolyte, puis l'entraperçut et le rejoignit. S'avançant vers lui, il lui tendit une main amicale qui fut accueilli avec moins de chaleur et plus de cordialité. Davide toussota puis commença à s'avancer sur les quais en faisant signe à son collègue de faire de même.

Oscar prit la parole : « Davide, il va falloir inspecter avec méticulosité ce dossier. Il s'agit sans aucun doute de la mission la plus importante à laquelle nous ayons participé pour l'instant. Qu'est-ce que tu penses de tout ça ? A mon avis, il faudra agir avec circonspection. Je t'ai d'ailleurs dégoté, au siège local de l'Agenzia Centrale di Informazioni, de l'équipement informatique pour compléter ce que nous avons déjà. J'ai aussi pris une paire d'oreillettes connectées au réseau cellulaire privée de l'ACI, ce qui nous permettra de rester en contact de façon discrète. »

Davide répondit : « Content de te savoir à mes côtés, en train de couvrir mes arrières. En tout cas, nous devons nous concentrer sur notre mission. Infiltrer la société mezzogiorninoise ne sera pas une mince affaire... J'ignore de quoi le gouvernement compte faire des informations que nous allons réunir, mais cela relève sans aucun doute d'une mission gouvernementale d'envergure. Maintenant, taisons-nous, car des oreilles indiscrètes pourraient se perdre dans notre conversation. Suis-moi. »

Il s'approcha du bord du quai, depuis lequel on pouvait voir l'eau marron qui emplissait le port, car comme dans la plupart des villes portuaires l'eau du port était sale et la vie, en dehors des silures, n'y existait pas. Ils aperçurent un navire qui venait d'amarrer, quelques mètres devant, et s'approchèrent de ce dernier en le reconnaissant comme celui effectuant la seule et unique liaison depuis Taorminia jusqu'aux îles Mezzogiornini. Ils présentèrent leur ticket et embarquèrent avec soulagement sur le ferry. Désormais, ils devaient se présenter sous une nouvelle identité, avec la nationalité mezzogiorninoise.

Ils allèrent se poser dans la cabine qu'ils avaient loué pour eux deux et y installèrent leurs affaires. Tandis qu'Oscar retirait son sac-à-dos, Davide prit un attaché-case rangé dans sa valise et l'ouvrit. Il en sortit plusieurs documents, dont un qu'Oscar reconnut comme étant la carte des îles Mezzogiornini que l'émissaire du gouvernement leur avait confié. Davide prit une feuille imprimée, couverte de texte. Il prit une grande inspiration, parcourra la page d'un rapide coup d’œil en diagonal, puis commença la lecture.

« La mission des deux espions Oscar Giordano et Davide Ciccotelli est d'infiltrer la nation mezzogiorninoise, au sud-ouest de la Lucagne péninsulaire, pour y glaner des informations sur l'ensemble de la société qui habite les îles Mezzogiornini. Il s'agit d'une mission capitale impliquant la défense nationale et la protection des peuples en danger. Les détails de cette mission ne doivent en aucun cas être communiqués à quiconque, peu importe les qualifications de ce dernier. Seul le roi a le droit de vérité sur l'Agenzia Centrale di Informazioni. Il est stipulé que... »

« C'est bon. Pas besoin d'aller plus loin, généralement il s'agit de simple formalités gouvernementales administratives. Donc nous débarquerons sur l'île orientale pour prendre un autre navire, cette fois-ci à destination de l'île de Capperoni, dans le sud-ouest des Mezzogiornini ? Et seulement après ça nous pourrons rejoindre notre logement de "fonction" à Sariari ? » D'un grognement, Davide répondit affirmativement à Oscar, qui n'eut pas le temps de réagir car le navire démarra, secouant les deux résidents de la cabine.

« Nous avons du pain sur la planche. Il n'est pas question de rester planté là les bras croisés sans rien dire ni faire. Nous allons nous mettre au travail sur ce dossier tout de suite. »[/justify]

Posté : jeu. août 17, 2017 11:46 am
par Djinndigo
[center]Récit : de Palepoli à Sariari
20 novembre 2033 - SECRET D'ETAT (trame scénaristique majeure)[/center]

[justify]En ce mois de novembre, les températures dans le sud de la Lucagne et dans les îles Mezzogiornini commençaient à baisser rapidement. Le soleil tapait avec moins de vigueur qu'auparavant et le navire glissait indolemment sur l'eau qui était calme mais parfois légèrement ridée par une vaguelette qui venait s'écraser avec douceur sur la coque du bateau. Les deux acolytes étaient sortis prendre l'air pour apercevoir la terre ferme qui arrivait rapidement dans leur direction.

Ils s'approchèrent vite de la côte de l'île orientale des Mezzogiornini puis la contournèrent par le sud. Les paysages mezzogiorninois étaient propres aux régions italiques insulaires, avec [url=https://s.iha.com/00121775535/Cote-sarde-Le-golfe-d-orosei.jpeg]beaucoup de falaises escarpées[/url]. Le bateau ralentit considérablement lorsqu'il arriva en vue de la ville côtière mezzogiorninoise d'Assari. Ils franchirent les lourdes digues qui entouraient le port et s'amarrèrent aux quais.

Alors qu'ils allaient descendre, plusieurs voyageurs descendirent rapidement du navire en bousculant tout le monde sur le passage, et ils se mirent à rendre leur estomacs à l'unisson dans l'eau du port, penché par dessus les quais. Les deux espions sourirent tandis que les autres voyageurs se moquaient allègrement de ces touristes qui ne semblaient décidément pas faits pour la mer. Les deux acolytes embarquèrent leur propres bagages puis descendirent avec prudence en scrutant les alentours.

Rassurés par le fait de ne pas être attendus, ils quittèrent les quais pour s'enfoncer dans la ville d'Assari, qui méritait sans aucun doute un coup d'oeil. De plus, le prochain navire à destination de l'île occidentale de Capperoni ne partirait que d'ici trois heures, ce qui laissait aux deux espions largement le temps de visiter et de découvrir la culture assarine et mezzogiorninoise en général.

Ils s'enfoncèrent dans la ville-même, qui était parcourue par de grandes allées commerçantes. Çà et là sur ces allées, les touristes comme les locaux sirotaient une boisson à l'ombre, se protégeant du soleil qui tapait encore malgré la période de l'année. Ils arpentèrent [url=https://previews.123rf.com/images/efired/efired1509/efired150900064/45297272-Belle-vue-des-fa-ades-color-es-des-maisons-anciennes-sur-la-rue-Calle-Gradisca-Cannaregio-Venise-Ita-Banque-d'images.jpg]des rues populaires aux couleurs vives[/url], comme en voyait en Lucagne, au Montalvo et à Siracuzzia. Ils parurent ravis des points communs entre leur foyer, la Lucagne, et les îles Mezzogiornini qui étaient définitivement peuplées d'italiques insulaires (HRP : des corso-sardes).

Ils décidèrent d'un commun accord de s'asseoir à la [url=https://media-cdn.tripadvisor.com/media/photo-s/08/17/73/1c/janas-cafe.jpg]table d'un bar assez populaire[/url], où ils commandèrent un aperol spritz. Ils regardèrent les badauds, qui ne semblèrent même pas les remarquer. Ils observèrent les clients du bar, qui tenaient pour la plupart plus du poivrot pilier de comptoir que de l'honnête citoyen venu festoyer avec ses amis. Après avoir fini leur verre, ils repartirent, laissant les piliers de comptoir à leur triste sort, tout en arpentant de nouveau les rues de la ville. Ils tombèrent sur [url=http://www.meteocity.com/medias/gallery/large/france/REG7/DPTM2B/rue-bastia.jpg]plusieurs ruelles sombres et étroites au style très italique[/url].

Traînant leurs bagages à leurs côtés, ils s'enfoncèrent plus profondément dans la ville pour tomber sur une petite [url=https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/fc/65/df/fc65dfb584bf394ffac4b949097d6f10.jpg]piazza avec une chiusa typiquement romane[/url] bien entretenu et d'un style local fusionnant à la perfection avec les petites ruelles assarines. Ils entrèrent dans [url=https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c9/Eglise_Saint-Michel_Penta_Di_Casinca_Corse.jpg/220px-Eglise_Saint-Michel_Penta_Di_Casinca_Corse.jpg]ladite église[/url] avec respect et humilité, en fervents catholiques, s'assirent et effectuèrent une courte prière sur l'un des bancs. En sortant ils se signèrent tous les deux d'un signe de croix des plus respectueux.

Ils sourirent tous les deux, cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pris de telles vacances, aussi culturellement riches en tout cas. Ils retournèrent aux quais, là où un autre navire effectuant cette fois-ci le trajet Assari-Sariari les attendait. Ils embarquèrent avec tristesse en pensant à tous les lieux touristiques qu'ils n'avaient pu visiter, mais ils se rappelèrent de leur mission avec conviction et se recentrèrent dessus. Ils en profitèrent pour prendre une [url=http://www.vacances-corses.com/wp-content/uploads/2014/08/port-calvi.jpg]dernière vue panoramique de la ville d'Assari et du port assarin[/url].[/justify]

Posté : ven. août 18, 2017 10:42 pm
par Djinndigo
[center]Récit : le bataillon pénal
24 novembre 2033 - SECRET D'ÉTAT[/center]

[justify]C'était le grand jour. Vidongo Pepi, anxieux, attendait avec les deux gardes qui composaient son escorte. Il tapotait avec stress sur son pantalon militaire, sur la bosse que traçait son téléphone mobile dans sa poche. Les deux gardes attendaient eux aussi de manière agitée, et aucun des deux ne semblait serein. Vidongo attendait l'arrivée de son acolyte et supérieur, le capitaine Innocenzo Rotelli, qui devait arriver il y a déjà de cela un quart d'heure.

Il vit alors sortir par la porte principale du centre-pénitencier ledit capitaine, suivi de quelques gardes. Légèrement étonné, Vidongo s'attendait à ce que son supérieur soit accompagné par une vingtaine de ces "spécimens", comme stipulés dans le message qu'il lui avait envoyé plus tôt. Il fronça les sourcils puis vit sortir par la même porte, avec un mélange de soulagement et de terreur, les quelques prisonniers. Ces derniers, enchaînés aux mains, semblaient amorphes, et malgré leur faces patibulaires, ils semblaient relativement normaux.

Certains d'entre eux semblaient avoir l'esprit plus clair que les autres puisqu'ils redressaient la tête, regardaient l'île d'un bout à l'autre. Devant eux ils ne discernaient sans doute que des vagues dans la mer de Tyrrhenia. Tous n'avaient que les mains entravées et semblaient assez coopératifs. Le capitaine Rotelli s'approcha de Vidongo, qui ne put s'empêcher de le questionner : « Comment ? Comment avez-vous fait pour avoir leur confiance, au point de les laisser se déplacer quasi-librement sans entraves ? »

Ce à quoi Innocenzo répondit : « Vous savez, avant d'être des tueurs à gages mercenaires vendus à la solde des mafias et des politiciens corrompus, ils étaient des hommes comme nous. Certains sont peut-être atteints de troubles psychologiques, mais ils sont restés là-dedans », dit-il tout en pointant le bâtiment gris qu'il venait de quitter. « Nous avons trié le grain de l’ivraie, et il se trouve que les rêves fantasmagoriques des généraux ne valent pas la peine. Il Fiore del Male [la Fleur du Mal], Ludano Frigo s'est avéré... Décevant. Très mauvais manipulateur, il s'est content de paraître mystérieux, ce qui ne m'a pas du tout impressionné. »

Il fit une pause en scrutant méticuleusement les prisonniers puis poursuivit : « Les gus que vous voyez là, Vidongo, ce sont les sains d'esprit. Les autres ne valent même pas la peine d'être sauvés, c'est pourquoi nous allons directement transformer cette prison en asile fortifiée, puisque les infrastructures sont déjà présentes et que la plupart des aliénés y sont déjà. D'ailleurs, cela nous permettra d'expliquer nos actions sur l'île aux yeux de la nation si elle venait à le découvrir, même si c'est fort peu probable. »

Vidongo inspectait lui aussi les prisonniers du regard tout en écoutant le capitaine, et lorsque ce dernier eut fini son monologue, il répondit : « Ce sont donc des anciens tueurs à gages ? Des mercenaires ? Qu'ont-ils de plus que nous, des soldats normaux ? »

« Eux, ils savent ce que c'est que de tuer, alors que l'Esercito reale ne s'est pas entraîné sur des cibles humaines depuis... Dix ans déjà, si ce n'est plus pour ceux qui n'ont pas participé à la guerre civile dans l'arrière-pays somale il y a dix ans sous Amedeo Ier. Ils manient leur arme assez bien pour avoir eue une réputation en béton, et ils sont motivés par autre chose : leur famille et leur avenir, qui peuvent être tous deux sauvés par une amnistie totale et un changement d'identité. »

« Mais... Vous comptez remettre ces criminels dans la circulation ? Ils sont dangereux, ils ont tué des gens ! »

« Ils sont peut-être dangereux, mais ce sont les moins dangereux qu'il y avait là-dedans », dit-il en désignant une nouvelle fois la prison. « De toute façon, on obéit aux ordres. Je ne sais même pas pourquoi je me contente de répondre avec calme et diplomatie à un de mes subordonnés ! Maintenant plus un mot et on embarque. On a assez perdu de temps comme ça. »

Il indiqua d'un geste aux prisonniers et à leur escorte d'entrer dans le véhicule posé sur la piste d'atterrissage, [url=http://blog.patrickmodelisme.com/public/images/bp0.blogger.com/_QHPBisqY6dU/SD-ghgrRcrI/AAAAAAAAAf8/JE6OhrrEEj4/s1600-h/6600100h.jpg]un hélicoptère birotor de fabrication lucanienne[/url]. Ces derniers s'exécutèrent et une fois tout le régiment embarqué et la porte d'embarquement du véhicule fermée, Innocenzo indiqua d'un petit coup de phalange contre la carlingue de l'hélicoptère qu'ils étaient prêts. Le pilote ne se fit pas attendre et démarrer le véhicule dont les pales se mirent à vrombir en tournant de plus en plus vite. Ils s'éloignèrent lentement du sol tandis que le lieutenant osa une question auprès de son supérieur :

« Où allons-nous, capitaine ? »

Ce à quoi le capitaine Rotelli répondit : « Direction la Triplotanie, et c'est un aller-simple. »[/justify]

Posté : sam. août 19, 2017 3:32 pm
par Djinndigo
[center]Missiva governativa
[Missive gouvernementale]

[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2017/32/4/1502359917-symbole-due-lucania.png[/img][/center]

Type : Ordre militaire
Classification : Secret d'Etat
Envoyeur : Governo lucaniano, Ministero della Difesa Battisti Luviccini
Destinataire : Esercito reale del Regno delle Due Lucania, generale Saforio Gastoni

[justify]Au général Saforio Gastoni, en charge des troupes lucaniennes en Triplotanie, nous ordonnons d'adopter une position défensive et de rester alerte contre toute force armée extérieure. D'ici demain, 75 000 soldats afin de venir compléter les 25 000 soldats lucaniens déjà présents en Triplotanie. Toutes ces troupes répondront à l'autorité suprême du général Saforio Gastoni qui représentera la main armée du roi et de la nation lucanienne sur le sol triplotanien.

Un soutien correspondant sera apporté au général, avec quelques 200 chars d'assaut, 140 batteries d'artillerie, 50 hélicoptères d'assaut et 20 antiaériens mobiles. Tous ces soutiens seront aussi sous le commandement de Saforio Gastoni qui en aura un usage quasi-total en cas d'urgence. Toute transgression sera considérée comme une mutinerie et sera considérée comme punissable au plus haut point.

Un bataillon de prisonniers anciens tueurs à gages sera expédié depuis une île-prison top-secrète du centre de la mare di Tyrrhenia et sera aussi placé sous les ordres du général Saforio Gastoni. Ces derniers, bien qu'ayant un caractère dangereux, sont des mercenaires sains d'esprit condamnés pour leur grand nombre de meurtres au nom de l'argent. Ces hommes sont susceptibles d'être d'une grande utilité au général si ce dernier sait s'en servir.[/justify]

Posté : jeu. août 31, 2017 5:36 pm
par Djinndigo
[center]Récit : Giuseppe Scilli
31 décembre 2033 - SECRET D'ETAT (trame scénaristique majeure)[/center]

[justify]En ce mois de décembre, bien qu'il fasse froid dans la capitale lucanienne de Palepoli, de nombreux palepolitains étaient dehors, dans les rues, pour célébrer le Nouvel An, qui prendrait la forme de grandes festivités sur les allées piétonnes palepolitaines. Mais l'heure n'était pas à la fête pour l'état-major lucanien, qui, depuis plusieurs heures déjà, échangeait avec différents ministres lucaniens à propos d'un sujet sensible. Dans la célèbre Galleria della Storia, au Palazzo reale, trois généraux échangeaient.

L'un d'eux, le général Saforio Gastoni, rapatrié expressément de Triplotanie pour cette occasion, tapotait avec fébrilité le bureau sur lequel sa main reposait. Âgé d'une quarantaine d'années, son visage tanné par le soleil, qui tape continuellement tout au long de l'année dans le désert triplotanien, il était brun et avait une coupe de cheveux militaire et peu soigné. Il arborait une barbe grisonnante, et, comme la plupart des italiques, une mâchoire carrée venait encadrer son visage peu harmonieux. Le tout inspirait un respect immodéré pour la personne, qui aurait aisément pu être un criminel dans un autre monde.

Mais Saforio n'était pas un criminel, loin de là. Il était même général en chef des forces armées lucaniennes en Triplotanie, ce qui impliquasse qu'il ait le contrôle de la moitié des forces terrestres lucaniennes, nombre qui avait encore augmenté depuis le récent transfert de troupes visant à assurer la sécurité de la Triplotanie. Le général Gastoni était, en terme de pouvoir, placé juste derrière le gouvernement lucanien et la direction de l'état-major. Il était né de famille italique, en Lucagne péninsulaire, à la fin du XXème siècle. Il était expérimenté, car il avait passé plus d'une vingtaine d'années dans l'armée, et avait combattu lors de la guerre civile somale en 2021. Malgré cela, il prenait souvent une position d'arbitre dans les débats, et tentait de résoudre les problèmes diplomatiquement.

Le second général, Asimodeo Altobelli, général en chef de l'état-major lucanien, général en chef de l'Esercito reale, l'armée de terre lucanienne, arborait quant à lui une mine bougonne et un visage soigné. Âgé de la soixantaine, il avait les quelques cheveux qui lui restait coiffés vers l'arrière dans un semblant de coupe. Rasé de près, il arborait des rides sur le front et sur le joue, signe évident que son âge grandissant le rattrapait inévitablement. Il toussotait de temps à autre. Ses cheveux et sa barbe n'étaient plus colorés depuis longtemps, et le blanc remplaçait progressivement le gris.

[center][img]http://images2.corriereobjects.it/methode_image/2016/05/07/Interni/Foto%20Interni%20-%20Trattate/7d6443399e01f6f62c923bc2821fbe4e-0033-kYKE-U43180474583419xnD-593x443@Corriere-Web-Sezioni.jpg[/img][/center]

Au milieu des deux généraux, un autre se tenait, fièrement dressé, chauve et glabre, avec un sourire d'assurance au coin des lèvres. Il était assis, les bras croisés, dans un grand fauteuil de velours rouge. Bien qu'il n'apprécia pas tout ce luxe superflu, il s'avoua en son fort intérieur que ça ne le dérangeait finalement pas plus que ça. Large d'épaules, la mâchoire carrée, le teint légèrement pâle, il attendait là depuis une heure, en compagnie des deux autres généraux, le passage du Ministre de la Défense, Battisti Luviccini. Il comptait sur l'appui de ce dernier, en plus des autres, pour arriver à ses fins.

Le personnage en question, encadré par les deux généraux, était le général Giuseppe Scilli. Né en 1992 à Arccesi en Côte des Somalis, en Terre Somale, il a grandi dans une famille bourgeoise conservatrice talyaano. Profondément convaincu des concepts de l'interventionnisme, du nationalisme italique, et du patriotisme, il a hérité de larges concessions territoriales, propres aux grands propriétaires terriens talyaani. Malgré son assurance qui semblait quelque peu déplacée, il était intelligent et fin, avec une expérience de la guerre en Somalia, comme le général Asimodeo. Tous deux avaient participé à la même révolte, et en étaient sortis avec les mêmes idéaux.[/justify]

Posté : sam. sept. 09, 2017 9:47 pm
par Djinndigo
[center]Récit : Giuseppe Scilli
26 janvier 2034 - SECRET D'ETAT (trame scénaristique majeure)[/center]

[justify]En cette journée tiède de janvier, le général Giuseppe Scilli arpentait son bureau, soucieux. Il venait tout juste d'être promu général en chef des armées métropolitaines, et ce n'était pas un mince titre. D'ailleurs, lesdits titres s'accumulaient tandis que les rides s'accumulaient sur le front du général Scilli. La matinée avait été rude, entre les différents exposés sur la situation de l'entraînement de l'armée et sur la défense frontalière triplotanienne, qui avaient été des sujets pénibles à évoquer de par leur longueur interminable. Giuseppe s'était levé à six heures du matin, et il regrettait déjà d'avoir accepté la proposition des jeunes lieutenants qui cherchaient à prouver leur valeur en tentant d'impressionner le général, qui depuis peu était aussi devenu candidat aux élections à venir.

Bien que la politique fatiguasse le général et que le parlementarisme vers lequel le Royaume des Deux-Lucagnes semblait se tourner était une abomination selon lui, le général Scilli était arrivé à une certitude dans son esprit, à force d'y réfléchir : il devait parvenir au pouvoir par les biais démocratiques. Il devait s'assurer le soutien du peuple qui saurait faire de lui son héros national adulé. Il se considérait lui-même comme le parfait italique : la mâchoire carrée, l'aspect fier, la force brut. Il s'appréciait lui-même beaucoup, mais ne le laissait clairement pas transparaître. Il détestait l'auto-suffisance manifeste et il cherchait toujours à perfectionner son jeu et s'entourer des as pour gagner.

Il était fatigué ; il se frotta brièvement les yeux puis fut surpris par deux coups brefs toqués à sa porte. Il ordonna qu'on entre et vit son collègue Saforio Gastoni, général en chef des armées triplotaniennes, qui le soutenait dans son entreprise depuis déjà six mois, entrer dans la pièce. Ils se saluèrent d'une poignée de main virile puis Giuseppe incita Saforio à prendre place d'un côté du bureau tandis que lui-même prenait place de l'autre. Saforio tenait un attaché-case dans sa main droite, chemise qu'il ouvrit et en sortit plusieurs documents confidentiels. Le général Gastoni prit la parole :

« Giuseppe, l'heure est à la réjouissance. Les listes électorales seront en notre faveur : le Front Irrédentiste-Colonial fait un bond gigantesque dans les sondages. Ou du moins fera. Nous avons fait appel à notre réserve de votes et cette dernière répond positivement. Nous pourrons même passer à l'acte plus tôt que prévu, plusieurs mois avant les élections. Mais nous devons être prudents, car un échec réduirait l'enthousiasme dans nos rangs, et il ne faut jamais baisser les bras et continuer à galvaniser les troupes. »

Le général Scilli acquiesça, consulta quelques-uns des documents qui traînaient sur le bureau dans l'espoir d'y voir quelque chose d'utile, mais il répondit : « Je suis heureux de voir tant d'ardeurs dans nos rangs mais... Quelle est la raison exacte de votre présence ici, Saforio ? Je sais bien qu'il ne s'agit pas d'un simple passage de courtoisie pour faire des génuflexions. Je sais très bien, car je vous connais, que vous n'en arriverez jamais là. »

Ce à quoi Saforio répondit : « Ma foi, je ne suis là que pour vous informer de notre potentialité de passer à l'attaque d'ici quelques semaines si nous réunissons l'électorat manquant... Je ne vais finalement pas y aller par quatre chemins. Il ne s'agit désormais plus de passer par un quelconque procédé démocratique habituel : il s'agit d'un cas de force majeur. Il suffira d'une seule étincelle pour vous hisser à votre place légitime, Giuseppe. Cet élément-clé qui servira de point de pivot de votre carrière politique, c'est... »

A ce moment-là, la secrétaire du général Scilli entra brusquement dans la pièce, interrompant le discours du général Gastoni, qui salua la fonctionnaire poliment, puis ce dernier reprit : « Ma foi, je crois que je me suis trop attardé ici, Giuseppe. J'espère vous revoir bientôt. Pour ce dont je comptais vous parler, nous en parlerons un autre jour. C'est cependant un sujet crucial qui ne doit pas tomber dans n'importe quelle oreille. Arrivederci. » Sur ce, le Saforio Gastoni sortit de la pièce tandis que la secrétaire commençait à parler en s'adressant au général Scilli, qui semblait perdu dans ses pensées.[/justify]