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Jacinto

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Édition du 2 avril 2034 - Numéro 2034-93 - 1,75 ducats

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Crise diplomatique en Cérulée : quels enjeux et quelles stratégies pour la Sérénissime ?[/center]
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[justify]↪ Les faits. Le 15 mars dernier la Cérulée a sans doute vécu l'un des événements les plus marquants de son histoire récente avec l'accession à la tête du gouvernement central de la Ligue de Montalvo le Général montalvéo-britonnique Edmondo Boterlo, Duc de Conitono. Plus exactement, ce sont les conséquences qui ont résulté de cette désignation qui laisseront des traces durables dans l'histoire des relations internationales céruléennes. Désormais les liens entre la Britonnie, plus largement l'Union Pan-océanique, et le Montalvo sont plus étroits que jamais, tant est si bien que [url=http://www.simpolitique.com/post324195.html#p324195]certains journaux céruléens[/url] dénoncent ce qu'ils considèrent comme étant une véritable tutelle des britons sur les montalvéens. Un rapprochement si rapidement matérialisé - par l'adoption du [url=http://www.simpolitique.com/post324071.html#p324071]Traité de Lébira[/url] proclamant la liberté des échanges et un partenariat militaire entre l'Union Pan-océanique et la Ligue de Montalvo - qu'il n'est pas illégitime de s'interroger sur l'influence grandissante et inquiétante de la Britonnie sur les affaires céruléennes, elle qui a désormais la capacité de piloter le Montalvo par l'intermédiaire de son président général.

L'Amarantie et les Deux-Lucagne, qui étaient des partenaires privilégiés pour les montalvéens notamment dans le cadre de la Construction d'un Espace Céruléen, ont tous deux préféré suspendre l'ensemble des accords, bilatéraux et multilatéraux, qui les liaient à la Ligue de Montalvo. Comment leur en vouloir ? Par cet alignement soudain et imprévisible à l'Union Pan-océanique, sans concertation avec ses partenaires céruléens et peut-être même au détriment des relations avec ceux-ci, la Ligue de Montalvo a trahi les pays signataires des Traités de Cabusa et Maghila. Un choix que les montalvéens risquent d'ailleurs de regretter dans un avenir proche. En effet, si la tendance se poursuit, la Ligue, coupable de son manque de fiabilité et de sa préférence pour les pays situés outre-Cérulée, est en passe de se retrouver seule contre tous en Cérulée. Et ce n'est certainement pas le Peos, avec lequel Montalvo a récemment eu à gérer une autre crise diplomatique, qui se tournera vers les montalvéens lorsque ceux-ci réaliseront leur isolement régional. Mais pour l'heure, Montalvo peut encore compter sur un dernier soutien, fragile mais persistant, en Cérulée : Siracuzzia. La situation est néanmoins beaucoup plus complexe - et les enjeux beaucoup plus grands - qu'il n'y parait pour la Sérénissime qui nage entre deux eaux.


↪ Les enjeux. Ménager la chèvre et le choux : telle est la nouvelle mission qui incombe à Enrico Dandolo, chef de la diplomatie siracuzzaine en sa qualité de Doge. Tenter, autant que faire se peut, d'être proche des uns sans perdre l'estime des autres. Un jeu très périlleux : « c'est n'aimer personne qu'aimer tout le monde » rétorqueront certains, à raison. À chercher le compromis à tout prix, Siracuzzia peut elle aussi se condamner à l'isolement. Dans cette crise diplomatique, la Sérénissime peut à la fois tout gagner et tout perdre.
  • Conserver de bonnes relations avec les uns. Pour Siracuzzia, il est crucial de conserver de bonnes relations avec la Ligue de Montalvo, de laquelle elle dépend énormément pour ses importations. Autre facteur de dépendance : le câblage internet sous-marin entre la Nazalie et Siracuzzia, tout le monde sait que Siracuzzia ne peut envisager sérieusement d'y renoncer. Quoiqu'il advienne du Montalvo - y compris s'il devient un État fantoche - la Sérénissime fera tout pour ne pas mettre un terme à ses relations avec le Montalvo. Il s'agit, qui plus est, d'un pays de culture italique et catholique, un facteur qui en fait nécessairement un pays apprécié des siracuzzains. Le [url=http://www.simpolitique.com/post304044.html#p304044]Traité de Duzzo[/url] en témoigne d'ailleurs, puisqu'il ouvre la possibilité aux travailleurs montalvéens de venir vivre à Siracuzzia. L'archipel a besoin de cet apport en main d'œuvre, qui de mieux que les montalvéens (sinon les lucaniens) pour s'intégrer au mieux dans la Sérénissime ? Rompre avec le Montalvo a encore moins de sens si cela implique de risquer de se mettre à dos la Britonnie, jugée responsable du désordre en Cérulée. Personne n'ignore les influences culturelles des britons sur le mode de vie siracuzzain ; ajoutez à cela une société britonne (Nothern Star) qui détient à elle seule la moitié du marché automobile dans l'archipel et vous obtenez un partenaire qu'il faut ménager.
  • Ne pas perdre l'estime des autres. Mais les intérêts de Siracuzzia vont tout autant dans le maintien de relations étroites avec ses autres partenaires céruléens. En coulisses, le Doge lui même estimerait être épuisé par les revirements systématiques de la Ligue de Montalvo et songerait à renforcer encore davantage les relations avec l'Amarantie et la Lucagne, jugées plus stables et plus fiables que le Montalvo. Mais voudront-ils d'un partenaire qui traite avec l'ennemi ? Comment l'Amarantie et la Lucagne pourraient placer leur confiance en Siracuzzia alors que celle-ci ne les soutient pas dans leur lutte contre la tutelle britonnique sur les institutions montalvéennes ? Jusqu'à quand la Sérénissime pourra-t-elle rester assise entre deux chaises ?
  • Ne pas disparaître du devant de la scène en Cérulée. Dans cette affaire, Siracuzzia ne doit pas non plus devenir une puissance de seconde zone en Cérulée. Elle ne doit pas laisser les clés du destin céruléen aux autres, ni au Montalvo, ni à l'Amarantie/Lucagne. Les intérêts de l'archipel sont dans la défense d'une Cérulée maîtresse d'elle-même, libérée de toute intrusion étrangère. Pour cela, Siracuzzia doit continuer à se battre pour la construction de l'Espace Céruléen tel qu'il aurait dû exister en application des Traités de Cabusa et Maghila. Cette solution permettrait de participer à la protection de la Cérulée contre les puissances extérieures et permettrait à Siracuzzia d'apparaître comme un des cadors de cette Cérulée. Il faut donc éviter à tout prix de rester totalement passif et, au contraire, contribuer de manière active au destin de la Cérulée.

↪ Les stratégies.
  • La stratégie diplomatique : Depuis la désignation du Duc de Conitono à la tête de la Ligue de Montalvo, les exécutifs de l'Amarantie et des Deux-Lucagne se sont prononcés à plusieurs reprises pour donner leur opinion sur la situation politique au Montalvo. Pour l'heure, le Doge n'a toujours pas donné signe de vie. Silence radio. Officieusement, le doge espère ne pas avoir à le faire. S'il avait dû se prononcer, le Doge aurait pris la défense de la Ligue de Montalvo. Il se serait, une fois de plus, appuyé sur la notion de Souveraineté : les montalvéens sont libres de désigner le dirigeant qu'ils souhaitent selon les modalités de leurs règles institutionnelles, y compris si ce dirigeant est briton. Il aurait également fait appel à la présomption d'innocence : en l'absence de preuve de l'implication de la Britonnie ou de sa capacité à décider des affaires montalvéennes, il faut présumer la sincérité du Duc de Conitono, qui peut être un dirigeant compétent capable de remettre de l'ordre institutionnel dans la Ligue de Montalvo. Évidemment, si une telle annonce avait été faite, il ne ferait aucun doute que Siracuzzia se serait attirée la méfiance à la fois des amarantins et des lucaniens. La Sérénissime se serait enfermée dans le même isolement que la Ligue de Montalvo, ce qui aurait été désastreux d'un point de vue diplomatique et dangereux d'un point de vue économique. Dans un scénario idéal, Siracuzzia parviendrait à jouer les funambules jusqu'à la fin de la crise diplomatique et aurait réussi à sauvegarder ce qui peut l'être de ses relations avec les deux parties. Dans le pire des scénario, Siracuzzia, dos au mur, doit choisir entre le bloc montalvéo-britonnique et le bloc lucano-amarantin. Quel que soit ce choix, Siracuzzia y perdrait. La stratégie du silence est sans aucun doute la plus sûre, tant qu'elle est possible. D'autant qu'elle n'est pas incompatible avec la poursuite du projet d'Espace céruléen avec les États qui le souhaitent.
  • La stratégie économique : Économiquement, on le sait, Siracuzzia a tout à gagner à ne pas non plus se risquer de privilégier un partenaire plus qu'un autre. Cependant, elle dépend déjà beaucoup du Montalvo et gagnerait à atténuer cette dépendance. Cette dépendance fait de Siracuzzia un pays vulnérable forcé de dire amen à Cartagina y compris lorsqu'elle agit dans l'irrespect le plus total envers la Sérénissime, comme ce fut le cas en embrassant l'Union Pan-océanique au détriment du projet céruléen pourtant acté. Pour cette raison, Siracuzzia pourrait se rapprocher des Deux-Lucagne avec lesquelles elle n'a toujours pas signé de traité de libre-échange et de libre-circulation, contrairement au Montalvo et à l'Amarantie. Il faut également espérer que le [url=http://www.simpolitique.com/post323574.html#p323574]Traité de Malta[/url] conclu avec l'Amarantie permettra de diversifier les liens commerciaux de la Sérénissime et ainsi faire décroître la dépendance envers le Montalvo. L'avantage de cette stratégie est de diminuer l'impact qu'aurait une rupture des liens avec Cartagina, si jamais elle devait arriver. Tant que la stratégie du silence diplomatique réussit, il n'y a aucune raison de croire à un éventuel refroidissement des relations que ce soit auprès de l'un ou de l'autre de deux blocs. Et l'économie siracuzzaine bénéficie déjà de cette position de médiateur. Siracuzzia, en plus d'être un des rares acteurs céruléens à pouvoir dialoguer amicalement avec les deux parties, jouit d'accords commerciaux avec chacune d'elles. Certaines sociétés ont rapidement compris qu'ils avaient tout à gagner en investissant en priorité à Siracuzzia : ils se ménagent ainsi la possibilité de pouvoir continuer à s'attaquer aux marchés céruléens sans que la menace d'une rupture des liens commerciaux ne pèse sur eux. Grâce aux accords de libre-échange, les sociétés qui s'établissent à Siracuzzia peuvent vendre librement leurs marchandises en Amarantie et au Montalvo. Un élément important à l'heure où les entités amarantines ont suspendu les accords de libre-échange avec le Montalvo et [url=http://www.simpolitique.com/post324429.html#p324429]envisagent même des sanctions économiques à son égard[/url]. Il y a fort à parier que le Montalvo réplique également. Dans cette hypothèse, les sociétés intéressées par ces deux marchés pourraient se tourner vers Siracuzzia pour se garder ouverte la possibilité de vendre leurs produits dans les meilleures conditions aux consommateurs des deux pays. C'est le cas de deux sociétés britonniques. La société Nothern Star, fabricant automobile, a déjà annoncé la fermeture d'un site en Fagrase (entité amarantine) et sa volonté d'investir à Siracuzzia, jugée plus sûre en terme d'investissement en Cérulée. De la même façon, la société AT&T, fabricant de smartphones, a préféré ouvrir un site de production dans l'archipel plutôt qu'au Montalvo, désireuse de conquérir le marché céruléen sans se fermer les portes des marchés amarantins et lucaniens. Là encore, la stratégie du silence semble la plus prometteuse. Jusqu'à quand ?
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