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Posté : sam. févr. 18, 2017 7:16 pm
par mark
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Quelques heures plus tards, il était introduit dans le bureau du Duc de Sakina.
Il avait son bras gauche bandé. Assis derrière son bureau installé au bout d'une pièce en long, il lisait différentes lettres avec attention.
Debout derrière lui, légèrement penchée pour lire en parallèle du Duc, une jeune femme au cheveux coupés cours.
Lorsque les lourdes portes à battants se refermèrent dans un bruit sourd; elle leva la tête. Le duc garda en revanche son regard baissé sur les missives, mais il parla le premier.
"Ainsi donc, c'est à toi que je dois ma vie...
Il y eut un silence, Karl ne sachant, conformément à son rôle, s'il devait répondre ou non.
Le Duc releva alors la tête. Fixant un temps Karl, l'esprit traversé par une multitudes de considérations.
"Je serais impolis si je ne t'en remerciait pas. Que dis-je ! Si je ne t'en récompensais pas !" Remarqua-t-il en se levant pour se diriger vers ce paysan à l'apparence chétive.
Sachant exactement à quel type d'homme il avait affaire, il s'inclina avec respect, portant son regard vers le sol, n'osant relever les yeux par peur de tout gâcher.
Le Duc se planta en face de lui, demanda avec gentillesse :
"Que sais-tu faire à part sauver les vies ? "
- Les protéger votre Seigneurie... "
Le Duc souria. Marchant un peu, arriva derrière Karl sans pour autant changer d'orientation.
"Et... Que désirerais-tu pour récompense de ton acte ?
- Que vous concédiez à me laisser vous servir...
L'interlocuteur de Karl se retourna, le regard intrigué.
"Ne préférerais-tu pas une substantielle rémunération en or ?
- Mon seigneur, que pourrais-je en faire ? La traitresse siégeant au Nord à instaurer une nouvelle monnaie... Et tout les biens dont j'ai besoin sont sur ses terres.
Le Duc se replacça devant lui.
"Relève-toi." ordonna-t-il.
Obéissant, Karl se redressa, se retrouvant alors face à lui, il le dévisageait d'un air sévère.
"Qui me dit que je peux te faire confiance ?" Demanda-t-il avec une apparente suspicion.
A cet instant, Karl remarqua que la jeune femme s'était avancé discrètement et était arrivée à leur niveau, en fait, elle était derrière le Duc et venait de sortir son sabre de son fourreau dans un silence complet, fixant le seigneur avec des yeux de braises. Elle leva l'arme, fixant toujours le dirigeant. A l'instant ou l'agent sentit qu'elle allait frapper; il bouscula sans ménagement le seigneur et se plaça sur la trajectoir du sabre pour s'interposer. Elle abattit son arme de toute ses forces, Karl pria pour qu'elle bluffe. en un quart de seconde, la lame était sur lui.
Mais là, elle s'immobilisa nette. La jeune femme l'évait arrêter à quelques centimètres du visage de ce paysant qui venait d'enfreindre un bon nombre de codes pour protéger le Duc.
Elle recula l'arme et posa simplement son bout sur un coté de la gorge, une légère entaille dont coula un peu de sang se dessina. Karl, haletant sans vraiment comprendre, entendit le Duc se relever derrière lui. elle, esquissait un sourire en coin : "Je crois qu'il fera l'affaire..."
"Je le pense aussi..." confirma le Duc avec une grimace, étant tombé sur son épaule blessée.
Karl tourna le visage avec un air interrogatif sur le seigneur.
Ce fut le jeune femme qui répondit : "La plupart des gens n'aurait pas bougé, incapable de risquer d'être punit pour avoir bousculé un seigneur bien plus important qu'eux. Ils se seraient contenté de crier pour prévenir du danger."
"Un quart de secondes est vital dans ce genre de situation... et tu l'as très bien utilisé..." Poursuivi le Duc.
D'un geste, il fit alors comprendre à Karl qu'il pouvait se retirer. La jeune femme rangea son sabre et continua de le fixer jusqu'à ce qu'il soit sortit.
"Rend toi à l'écurie, et fait part de ton emploi, le nécessaire sera fait !" lança le Duc juste avant qu'il ne passe la porte après s'être incliné une dernière fois.
"Vous lui accordez confiance mon seigneur ?
- Oui Astrid, cela me semble juste.
- Puis-je faire remarquer à votre seigneurerie que d'autres aurait été soumis à un contrôle bien plus poussé avant d'accéder à ce poste.
- Je pense qu'après ce qu'il à fait, il a largement gagné le droit d'échapper au contrôles habituels.
Astrid s'inclina poliment.
"Me permettrez-vous malgré tout d'enquêter sur son compte votre seigneurerie ?"
Le Duc eut un geste traduisant une sorte d'embêtement. Puis, après une courte réflexion. Il donna son accord.
Astrid se redressa et se retira alors même qu'un serviteur annonçait l'arrivée du Comte de Valanos.
Etant en présence de son plus puissant vassal, le Duc resta debout et se plaça devant son bureau, prêt à acceuillir l'arrivant.
Il entra, l'aspect vif et inquiet : "Je suis venu dès que j'ai appris. Vous portez-vous bien ?
- Bien, oui, la balle n'a fait que traverser le bras, comme vous pouvez le constater. Répondit-il en désignant son bras bandé.
- Eh bien, on m'avait pourtant dis que vous vous étiez prit du gros calibre.
- Certes, mais de toute évidence, le tireur n'a pu viser correctment.
- Peut-être mais il faudrait songé à renvoyz un message votre seigneurie.
- Qu'entendez-vous par là messire Valanos ?
- On a attenté à votre vie monseigneur, si vous ne ripostez pas, les Alexandros vont se croire tout permis et risquent de récidiver !
- Nous n'avons aucune preuve que l'acte à été commandité par la couronne.
- Mais voyons sire, c'est évident, elle veut se venger de l'assassinat de sa mère !
- Peut-être, mais si nous cédons à cette tentation en attentant à la vie de la Grande Duchesse, nous donnons aux Nordistes l'argument qu'il leur manque !
- Quoi donc ?
- Que leurs actes nous font chier ! Rétorqua le Duc en se penchant vers son interlocuteur.
- Soit, je veillerais à ce que la Grande Duchesse ne soit pas inquiétée... Mais soyez assurés que, malgré tout, vous serez vengés.
Le Duc se retourna, le visage troublé par l'intrigue.
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Posté : lun. févr. 20, 2017 7:39 pm
par mark
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Une semaine plus tard
Duché de Setan, Ville de Setan
Au cour de la matinée
La Grande Duchesse était dans la Bibliothèque, cherchant un ouvrage sur les anciennes techniques agricoles. Elle se disait qu'un tel ouvrage pourrait aider à l'amélioration de la vie en campagne.
En prenant un manuscrit qui parut lui correspondre, elle marcha jusqu'au balcon du niveau pour profiter du Soleil, ouvrant le livre par l'arrière pour consulter la table des matières.
Sentant le vent glisser le long de sa peau, elle releva la tête, cherchant à en profiter au maximum. Setan était ravissante sous le Soleil, s'étendant derrière un long manteau bleuté qui scintillait sous les rayons.
L'activité était perceptible, même aussi éloigné du centre. Sa mère avait malgré tout réussie à bâtir, il faut le reconnaître, deux belles cités au cour de son règne. Modernes, prospères... et où il fait bon vivre...
A cette seconde, un puissante détonation retentit, déchirant l'air en faisant sursauter Alexandra qui fia son regard dans la direction du bruit. Une grande colonne de fumée noire s'éleva alors de la métropole.
A la fois stupéfaite et sidérée, elle se précipita hors de la pièce, troublée par le tumulte des gens de la résidence se précipitant pour voir ce qu'il venait d'advenir.
Attrapant un garde au passage, Alexandra tenta d'obtenir des nouvelles, mais ce dernier ne put lui en donner. Arpès plusieurs minute de recherche infurctueuse, elle crut apercevoir quelqu'un de familier.
"Votre Altesse ! "lança soudain Marakes.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle
- Une tragédie votre Altesse, la voiture de dame Dekropos à été attaquée !
- Aux noms des Dieux ! Quelles nouvelles ?
- Aucune pour l'instant votre Altesse, mais il faut vous mettre à l'abri !
- Pas question !" s'opposa-t-elle. "Faites-venir la voiture, et allons au nouvelles." Lâcha-t-elle en se dirigeant vers le escalier menant au hall. "Et tachez de vous renseignez pour savoir où dame Dekropos est hospitalisée !
Marakes aquiesça avant de disparaître dans le tumulte de la foule.
Une demi-heure plus tard, la voiture ducale s'arrêtait devant l'hopital ouest de la ville.
entrant immédiatement suivie par Marakes, la grande duchesse fut guidée par les indications des soignants qui s'attendait à sa venue : "4ème étage, salle de réanimation". Lui indiqua-t-on à l'accueil tandis qu'un médecin la guidait à travers le bâtiment.
En arrivant, Alexandra vit son amie allongée sur un lit, un masque de respiration sur le bas du visage. Il était sérieusement balafré. La pompe à oxygène s'actionnait à intervalle réguliers et une infirmière était à côté d'elle, emmitouflée dans des couvertures qui allait jusqu'au cou, le haut des épaules étant dénudé.
"Nous l'avons prit en charge immédiatement, elle à subit un choc cérébrale asser sérieux et à principalement souffert de l'onde de choc, l'explosion en elle même ne lui à causer que des dommages mineurs. Son corps se réparera asser vite.
- Aura-t-elle des lésions ?
- Physiquement, non, mais psychologiquement, je ne peux rien garantir votre Altesse.
Alexandra baissa la tête en soupirant.
"Marakes..." dit-elle en relevant les yeux dans sa direction. "Allez sur les lieux de l'attaque et tâcher de voir ce qu'il s'est passé exactement.
Marakes salua de la tête et se retira. La Grande Duchesse demanda au médecin si les séquelles pourraient être graves...
- Si elle en a votre Altesse, elle ne seront pas réversibles et... je crains que cela ne perturbe sa vie de tout les jours.
Alexandra sentit une rage féroce monter en elle. Non seulement contre ses ennemis, mais contre elle même : elle n'aurait jamais du approuver le plan d'insertion de l'agent du Colonel. Normalement, ce devait être elle qui devrait être à la place d'Ariane...
Elle aperçut un siège à quelques mètres et résolue de s'asseoir dessus.
Il lui fallait réfléchir...
5 ans plus tôt, Royaume du Thorval,
Bibliothèque de l'Université de Jensgård
Le silence caractéristique des lieux d'études se faisait sentir entre ces mur. Deux rangées d'étagères classant les ouvrages par ordre alphabétique créaient en leur centre une allée donnant accès à l'acceuil de la bibliothèque : un large bureau en demi-cercle donnant vu sur l'ensemble de la pièce.
Une femme d'une vingtaine d'année, portant une agréable chemise d'un rose discret ainsi qu'une jupe descendant jusqu'au genou entra. Elle était d'un rou léger, si on l'avait interrogée, elle se serait dites blonde vénitienne.
Elle portait, rouler entre ces bras, un long manteau tandis qu'un sac à main ornait son épaule gauche.
Elle prit le temps d'admirer l'architecture crarctéristique de l'édifice. Puis, se reconcentrant sur les raisons de sa visite, elle avança en direction de l'acceuil, descendant le grand escalier pour traverser l'allée centrale.
Ses talons résonnaient dans la batisse au bruits atténués.
Un bibliothécaire leva les yeux à son approche, esquissant un sourire de bienvenue.
"Excusez-moi, demanda doucement l'inconnue; je cherche mademoiselle Korsakos, on m'a dit que je pourrais la trouver ici...
Son interlocuteur lui fit un aquiesçement de tête en se levant pour passer la porte derrière lui menant au quartier du personnel.
L'inconnue en profita pour jeter des regards autour d'elle, passant le temps.
Après quelques minutes, le bibliothèquaire revint en désignant les étagères :
" Elle doit être en train de classer des ouvrages, regarder dans les allées. "
La dame se retourna tout en adressant un remerçiement et commerça à marcher dans l'allée centrale, tournant la tête d'un côté puis de l'autre, s'arrêtant sur chaque silhouette féminine qu'elle voyait.
Rapidement, elle tomba sur une jeune femme, debout sur un escabo pour ranger différents livres.
Elle correspondait au descriptions. S'avançant alors, l'inconnue commença à lui parler :
"Madoiselle Korsakos ?
- Vous désirez ? Répondit la jeune femme sans détourner le regard.
- Parler avec vous madmoiselle.
- Ah bon ? Et de quoi voudriez-vous parler ?
- D'un exil auquel il faut mettre un terme.
Alexandra s'arrêta et tourna la tête dans la direction de l'inconnue.
- Et vous êtes ?
- Ariane Dekropos madmoiselle, pour vous servir. Répondit-elle simplement en tendant la main.
Alexandra descendit de son escabeau, cherchant une rangée particulière
"Au cas où vous ne le sauriez pas, je me suis exilée volontairement, et je n'ai pas vraiment envie de replonger dans cette fournaise...
- ...Dont vous pensez être à l'origine n'est-ce pas ?
Alexandra s'arrêta, la regardant d'un air pensif : "Oui."
Elle reparti à la recherche de la place d'un de ses livres, parcourant les allées.
- Je n'ai pas la preuve de votre innoncence à ce sujet, mais je peux vous garantir que vous êtes en mesure d'arrêter cela.
- Et pourquoi donc ? La dernière fois qu'on m'a dit de mettre un terme à "une tyrannie", j'ai déclenchée la guerre civile qui vous à vut naître...
- Justement, vous avez le pouvoir d'assurer aux générations à venir qu'il ne connaisse pas ce destin.
Alexandra pouffa : "Voyons, et avec quoi comptez-vous rétablir la paix là-bas, avec de bonne parole et une héritière dont la vie à été dissolue et entachée de honte ? Allons, vous allez vous faire écharper.
- Vos soutiens sont plus nombreux que vous ne le pensez, et ils vont ont rassemblés une armée moderne, entrainée et don l'équipement fera passer l'armement des seigneurs pour de ridicules lances-pierres. La seule chose qui manque à cette entreprise, c'est vous.
- Moi ? Vous avez déjà tout ce qu'il faut, je suis surprise que vous fassiez appel à moi, quelle utilité aurai-je ?
- Il ne s'agit pas d'utilité, mais de légitimité, et votre peuple vous attend. Le courage ne s'acquiert pas au bout d'un sabre, mais en relevant les défis. Le vôtre vous attend, votre Altesse... S'inclina profondément Ariane.
Grand Duché Caskar, Hopital de Setan,
Aujourd'hui.
Désormais, Ariane était dans ce lit, entre la vie et la mort. Alexandra se prit la tête dans les main. Le premier sang venait d'être versé. Désormais, si elle voulait désamorcer le processus, il allait falloir qu'elle convainc les seigneurs, tout du moins, le plus grand nombre, et plus seulement les petits. Cela l'effrayait de penser cela, mais elle devait reconnaître que les récents évènements lui donnait un avantage certain. Il s'agissait maintenant de l'exploiter....
Ville de Setan, lieu de l'attaque.
Marakes venait d'arriver sur les lieux. Suivit par son secrétaire, il traversa la foule et passa sans problème le cordon de Gendarme protégeant la scène de crime, l'un d'eux lui indiquant où trouver le responsable de l'enquête.
Le commandant le salua avant d'exposer en bref la situation.
" Le quartier à été bouclé et on à requis le fermeture de toutes les infrastructures de transports ainsi que les sorties de la ville pour retrouver l'auteur monsieur le conseiller.
- Vous avez bien fait !" Répondit fortement Marakes pour couvrir le bruit des sirènes, des lances à eau et du brouaha ambiant.
Puis, regardant une carcasse de voiture dont la moitiée avant n'existait plus, il demanda :
"Avez-vous put reconsituer les évènements ?
- Oui monsieur, comme vous le voyer, la zone est une rue en ligne droite asser cofinée, elle date d'avant l'ère blanche, nous pensons que cela à favorisé l'explosion qui vraisemblablement s'est déclenchée trop tôt.
- Des raisons à cela ?
- Pour l'instant, on n'en voit pas, mais rien ne nous dit que ce n'est pas un amateur qui a fait le travail.
- Ça m'étonnerait commandant, la chauffeuse de la conseillère empruntait chaque jour des itinéraire différent, et le véhicule n'était pas banalisé, de fait, ce doit être quelqu'un d'admirablement informé avec de lourds soutiens à l'appui. Je ne pense pas qu'avec de tel moyens, ont prennent le risque de faire appel à un amateur.
- On aura de toute manière la réponse dès qu'on le choppera monsieur le conseillé !
- Je l'espère, en attendant, que foute les pompiers là et pourquoi la moitié de l'immeuble bordant la zone de l'explosion est en feu ?
- D'après ce qu'on à relevé, l'explosion provenait d'une poubelle placée à un endroit stratégique, et l'explosif était très puissants, on pense qu'il s'agissait d'un alliage complexe avec détonateur à minuterie.
- Qu'est-ce qui à sauver la conseillère ?
- Vous voyez ce rectangle carbonisé à côté de la poubelle monsieur ?
- Qu'est-ce que c'est ?" Demanda Marakes en voyant la base métallique déchiquetée.
- Les reste du panneau d'affichage présent là. Il à tout prit mais à dévié le gros de l'explosion sur l'avant de la voiture, d'où sa position à l'autre bout de la rue.
- Vous êtes sur que l'engin était à mineuterie ? Questionna le conseiller en regardant les fenêtres alentour ?
- Pas vraiment monsieur, mais, j'avoue que j'ai du mal à croire qu'un professionnel aurait pu rater à ce point un attentat...
- Peut-être l'a-t-il voulu commandant, peut-être l'a-t-il voulu.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Une intuition... Enfin, continuer à relever tout ce que vous trouvez, tâchez de mettre la main sur l'enfoiré qui à fait ça et tenez moi au courant.
- A vos ordres. Répondit le commandant avant que Marakes ne s'éloigne pour retourner à l'hôpital, mettre son Altesse au faits...
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Posté : mer. févr. 22, 2017 12:35 am
par mark
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Duché de Sakina,
Résidence Ducale,
Jardins.
Le Duc, bandage autour du bras gauche, s'entrainait à tirer au pistolet accompagner de l'Oster Kourtchenko, Oster signifiait qu'il était le responsable des armées du Duc.
D'un blond prononcé, les cheveux boucler sur l'arrière malgré leurs tressage, il était reconnaissable à sa barbe blonde et son costume d'un rouge bordeaux très élégant.
Le Soleil brillait sur la clairière au fond de laquelle se trouvaient des cibles en bois. A la lisière de la fôret, protéger par l'ombre des arbres, se tenaient côtes-à-côtes les deux hommes, fusils pour l'Oster, revolver pour le Duc. Derrière eux, debout tel une statue attendait Karl, affecté à la garde du Duc. Il était devant la table où était posées différents armes ainsi que les munitions. A la demande du seigneur, impotent de par son bras blessé, il se chargeait de recharger les armes et Kourtchenko, pour ne pas incommoder son hôte, laissaient également faire recharger ses armes.
Toujours en était-il que sa position lui donnait l'occasion de saisir tout les détails de leur conversation.
Le duc pointa son arme en direction d'une cible, tira le chien, et ouvrit le feu.
Un nuage de fumée sortit du canon de son arme, il regarda la cible et esquissa un sourire de satisfaction.
"Beau tir sir.
- Je n'ai pas encore perdu la main dirait-on. Sourit le seigneur."
Kourtchenko répondit de même et épaula sa carabine. Il tira.
"Presque dans le mille !" S'exclama de Sakina.
A cet instant, un cavalier arriva à bride abattu, zigzaguant entre les arbres main levée tout en appelant :
"Sire ! Message ! Message !"
Il ralentit brusquement en tirant d'un coup sur le harnachement, faisant piler sa monture devant le duc avant de lui tendre une enveloppe cachetée tout en inclinant respectueusement la tête.
Le duc donna son arme à Karl pour la recharger tandis qu'il lisait la missive.
Après un temps; il soupira : "Le con !" et rendit la missive au cavalier en lui faisant signe de disposer.
Kourtchenko, visiblement intrigué, osa : " Seigneur ?
- Valanos vient de nous pondre une énorme boulette !" L'Oster répondit avec un regard d'incompréhension. "Dekropos à été victime d'un attentat...
- Quand ? S'exclama l'Oster.
- Il y a deux jours, une bombe..." Puis, prenant un temps de réflexion, il dit à voix haute, afin que Kourtchenko suive sa pensée : "Le crétin, nous ne sommes même pas sur que le Nord est à l'origine de l'attentat contre ma personne... Et quand bien même, la réponse est disproportionné ! J'ai un bras dans les bandages tandis que Dekropos est dans le coma, entre la vie et la mort !
- Cela à l'air de vous contrariez. Remarqua l'Oster surpris.
- Et comment ! Il vient de donner au Unionistes l'avantage !
- Il est clair qu'il cherche à pousser à la guerre.
- Bien sur !" S'exclama de Sakina en récupérant son arme des mains de Karl. " Le problème, c'est qu'il n'a pas réaliser que cette fois-ci, nous ne pouvons pas la faire." Il arma le chien et visa pour tirer un coup.
- Et pourquoi donc sir ? S'enquit Kourtchenko après la détonation.
- Parce que nous perdrions Oster." Répondit Philipe et réarmant son revolver. "Maintenant, la question est de savoir comment éviter que les choses ne dégénèrent... " Une seconde détonation partie.
Le duc abaissa son arme pour la laisser pendre au bout de son bras, remit le long du corps. Il regarda Kourtchenko.
"Si nous voulons vaincre la Grande Duchesse, il ne faut pas l'atteindre, directement ou indirectement. Il faut que nos soutiens soit plus nombreux que les siens... Et surtout, que nous arrivions à la ridiculiser..." Il visa de nouveau et tira.
- Mon seigneur à-t-il une idée ?
- Si nous arrivons à la faire passer pour une guignole, elle n'aura pas d'autre choix que d'abdiquer, simplement parce qu'être la descendante légitime de la Reine Blanche n'assure pas qu'elle soit en mesure de régner." Il tira sa quatrième balle
- Comment le prouver ?
- J'ai entendu dire qu'elle était piètre oratrice. Aussi, si nous arrivons à l'attirer devant les foules, elle va perdre ses moyens et passer pour une véritable comiques, une incapable à qui on aurait confié la mauvaise couronne." Le cinquième coup parti.
- Vous pensez à l'attirer sur un terrain qui ne lui est pas favorable ? Ingénieux. Mais elle ne va pas parler elle-même au peuple, elle peut déléguer.
- Pas dans le cas de seigneurs, et c'est exactement ce que nous allons faire, proposer une rencontre de l'ensemble des seigneurs pour que chaque partis puisse exposer ses idéaux et qu'ainsi la raison l'emporte sur les armes; et là, elle devra être présente et défendre son point de vue ELLE-MÊME devant prês de 50 personnes. Elle va s'emmêler les pinceaux, déraper, et passer pour une bouffone.
Et là, moi, je l'attend au tournant, je lui donnerait.." dit-il en pointant son arme vers sa cible. "le coup de grâce !" La dernière balle partie, et avec elle, ces paroles menaçante du seigneur du Sud.
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Posté : sam. févr. 25, 2017 1:19 am
par mark
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Duché de Setan,
Résidence de la Grande Duchesse, Salle du Conseil
Au lendemain de l'attentat.
Marakes marchait rapidement dans les couloirs, rejoignant aussi vite que possible le conseil dont la séance avait commencée.
Lorsqu'il se présenta devant les portes de la pièce, deux serviteurs les ouvrirent le temps de son passage. Face à lui, la table en long du conseil au bout de laquelle attendait la Grande Duchesse.
"Nous vous attendions monsieur Marakes, dit-elle. Prenez place."
Baissant légèrement la tête en signe de respect, Marakes rejoignit la place qui lui était assignée.
Une fois là, Alexandra prit un temps pour regarder lentement chaque conseiller. L'absence de Dekropos se faisait ressentir, c'était un cruel manque de conseils
"Mesdames messieurs, dit-elle machinalement; je tiens à préciser que les évènements récents ne doivent se voir suivit d'aucune riposte. Je répète, d'AUCUNE riposte.
- Mais, votre Altesse... osa Antalevi.
- C'est un ordre qui ne sera pas débattu, le Duc de Sakina n'est pas à combattre par la force, surtout quand nos soutiens sont aussi peu nombreux par rapport aux siens.
Si je vous ait réuni, c'est bien dans l'intention de lui nuire, mais d'une manière qui servira le Caskar par la même occasion.
Elle laissa un silence, s'assurant que les objections restent à fond de gorge par son regard de braise.
- Si vous êtes ici, reprit-elle enfin, c'est pour que nous établissions notre politique de lutte contre les Traditionalistes; et comme il est hors de question, à quelque moment que ce soit, de faire usage de la force, nous allons devoir convaincre les seigneurs indécis de rallier notre camps, voir de faire changer d'opinion ceux qui sont en faveur de Sakina.
Les regards, surpris et pourtant traduisant une soudaine satisfaction en réalisant l'objectif visé, s'échangèrent entre les conseillers.
Marakes, demanda :
- Quelle est votre idée Altesse ?
- Les attirer à notre cause par des avantages que ne pourraient offrir, de part leurs propres contradictions idéologiques les Traditionalistes tout en usant d'idées pouvant venir d'eux mais qui, en venant de nous, leurs coupent l'herbe sous le pied....
- Concrètement, à quoi ressembleraient de telles propositions ? Demanda Antalevi.
- La première à laquelle j'ai songé risque fort de plaire à monsieur Salander : il s'agirait de proposer l'installation par le Grand Office des projets d'une réserve dans chaque village ou un dixième de la production non périssable serait stockée afin de prévenir toute famine ou disette et, dans le cas ou ce système ferait défaut, la couronne offrirait de fournir ce qui manquerait.
Salander se contenta d'un respectueux salut de tête en signe de remerciement.
- Sauf votre respect votre Altesse, cette manoeuvre ne risque-t-elle pas d'être perçue comme intrusives ? Tenta Marakes
- Certes, mais il ne faut pas perdre de vue que notre objectif est l'union du Caskar.
Marakes baissa les yeux. Incitant la Grande Duchesse à reprendre.
- Ce système prendrait le nom de système des dixièmes. Nous en profiterions pour le coupler avec l'installation de relais de postes par le Grand Office, facilitant par la même la circuation des informations sur les terres fidèles...
- Votre Altesse ! Remarqua de nouveau Marakes. "Avec tout le respect qui vous est due, je me permet de vous faire remarquer que de telles mesures ne sont viables que si nos adversaires ne trouvent point mieux...
- Et que pourraient-ils trouver de mieux ? S'enquit Alexandra.
"...Setan vous offre le progrès à condition que vous acceptiez qu'elle ne vous tienne en
laisse ! Je vous offre simplement de financer les constructions et améliorations que vous souhaiterez établir pour le biens de votre fief ! Pas de contrôle, pas de conditions, juste le bien commun du pays tout en préservant les droits de chaque seigneur ! Voilà ce qu'est le Traditionalisme, le bien de chacun dans les règles de la tradition, c'est à dire, selon le respect de la hiérarchie et des privilèges seignieuriaux !"
Ainsi le Duc de Sakina termina-t-il son discour à ciel ouvert devant l'ensemble des barons et comtes de son duché suite aux déclarations du Cabinet ducale
Réunis à sa demande, ceux-ci écoutaient ses propositions pour faire face aux soudaines offres du "Nid", car ainsi était désormais surnommé la résidence de la Grande Duchesse et plus largement Setan, par les partisants Traditionalistes.
En descendant de la tribune de bois qui servait au déclarations du village choisit pour la réunion, le duc aperçut son Oster au pied des marches.
" Ah ! Kourtchenko ! Vous tombez bien.." Dit-il en prenant une serviette que lui tendait l'un de ses gardes.
"Grand discours votre seigneurerie, je doute que Setan puisse faire mieux.
- Oh, ne vous en faite pas." Répondit de Sakina en finissait de s'essuyer le visage en sueur après deux heures de discours malgré un temps grisonnant; "Il vont répliquer, soyons en certains, mais, le temps qu'il se remettent de ce que nous venons de leur infliger, assurons nous de nos soutiens dans tout notre Duché.
- N'est-ce point ce que vous venez de faire ?
- En partie, concéda-t-il en faisant un mouvement de la main pour désigner la foule de seigneurs. Mais, il reste encore plusieurs éléments à convaincres, le plus important d'entre-eux est la comtesse de Tchernotis."
Laissant un temps, il la regarda avec des yeux traduisants qu'il avait déjà des projets la concernant.
- Vous comptez lui faire des cadeaux ou lui proposer un mariage avec l'un de vos enfants ?
- Pas tout de suite, ses conseillers n'approuverait pas, il nous faut d'abord l'enserrer sur le plan territoriale en ralliant des seigneurs fidèles au Duché de Siranis. Plus exactement, il nous faut nous intéresser au comté de Pernos. Quelles sont nos informations dessus ?"
Demanda-t-il en lachant la comtesse du regard pour monter sur son cheval que Karl venait d'amener avec celui de l'Oster.
Ce dernier, montant juste après son seigneur, lui fit part du soutien aux Traditionalistes dont il disposait en la baronnerie de Twanaskis, frontalière au comté de Tchernostis tout en soulignant qu'une autre, celle de Lisen, était favorable au Nord.
Puis il ajouta :
"Lisen est également voisine de la baronnerie d'Anis, ce qui contribue à faire pencher les conseillers de Tchernostis en faveur de la neutralité... "
- Qu'en est-il de la comtesse de Pernos ? Demanda le duc.
- Neutre également, mais c'est une militaire et, si nous pouvions défendre suffisamment notre point de vue, nous pourrions obtenir son soutien, au moins le temps de faire basculer Tchernostis et sa baronnerie Unioniste dans notre camp.
- Parfait... Sourit le duc en tirant sur le licol de sa monture pour lui intimer l'ordre de tourner la tête tout en lui donnant un petit coup d'éperons pour la faire avancer au pas. Kourtchenko l'imitant.
- Il existe malgré tout un obastacle majeur sur un plan plus général sire.
- Lequel est-il ? Demanda de Sakina sans le regarder pour garder une posture noble au milieu de ses vassaux ayant formés une haie d'honneur tout en s'inclinant le temps de son passage.
- La comtesse de Levens.
Sous le coup de la surprise, il eut un petit mouvement du menton qu'il freina pour ne pas tourner la tête.
"Mais... Ses terres n'entrent pas en considération dans nos planifications. Et elle cherche la concilitation des deux camps; utopie ! Ajouta-t-il en soupirant, levant les yeux au ciel.
- Je le conçois votre seigneurerie, et si ce n'était que cela, ce ne serait pas un obstacle, seulement, elle profite d'un prestige assez conséquent auprès des deux autres... et ce trio risque fort de palabrer avant que l'une ne prenne une décision.
- Pourquoi la comtesse le Levens serait-elle un obstacle ?
- Parce qu'en réalité, les deux autres prennent conseils auprès d'elle dans l'affaire de lutte d'influence qui se dessine. " Surgit soudain une voie féminine. C'était Astrid, sur un cheval qui se rangea au côté du duc.
"Ravi de te revoir. Je constate que tu n'as pas perdu ton temps.
- J'aurais mauvaise figure de vous décevoir.
- Et que nous apportez-vous donc d'intéressant dame Astrid ? S'enquit Kourtchenko.
- Le fait que si nous arrivons à neutraliser Levens, nous romprerons la coque protectrice qui maintien Pernos et Tchernostis dans la neutralité... Anticipa de Sakina avec un sourire.
Après quelques secondes de latence, l'Oster reprit.
"Soit sire, mais ce n'est certainement pas un mariage, des cadeaux ou de quelconque négociations qui feront basculer Levens !
- Il ne s'agit pas de la faire basculer, mais de s'assurer qu'elle n'exerce plus d'influence durant une durée suffisante pour que les deux autres perdent pied et cèdent à nos requêtes.
- Mais, nous ne les maintiendrons pas dans notre camps puisque Levens les ramènera dans la neutralité dès qu'elle le pourra de nouveau.
- Sauf si des mariages ou des accords ont été conclus... Dit le duc avec un regard d'intelligence à l'intention de son Oster dont la face s'illumina : "C'est là que vous allez marier l'un des vôtres avec la comtesse...
- Exactement... Aquiesça de Sakina avant d'ajouter à l'intention d'Astrid : Rejoint le comté de Levens et surveille de prêt sa souveraine, une beautée aussi rare que la sienne doit attirer bien des convoitises, et avec un peu de chance, nous découvrirons qu'elle s'est lié avec des personnages indignes de son rang...
Astrid fit un rapide salut de tête avant de partir pour sa nouvelle mission.
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Posté : sam. févr. 25, 2017 11:10 am
par mark
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=905526mapdivisionfaveursdesseigneursbase.png][img]http://img11.hostingpics.net/pics/905526mapdivisionfaveursdesseigneursbase.png[/img][/url][/center]
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=229637cartesoutiensaprspremiersplans.png][img]http://img11.hostingpics.net/pics/229637cartesoutiensaprspremiersplans.png[/img][/url][/center]
Carte des aires de soutiens quelques jours avant puis après le discours de Sakina.
Posté : dim. mars 05, 2017 6:36 pm
par mark
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"...Je vous joins ci-contre les instructions du Duc à Astrid : "surveiller la comtesse de Levens et tenter de la neutraliser le temps nécessaire aux opérations."
Ainsi le capitaine Valakin finissait-il de lire le message de Karl au Colonel. Il faisait des va et vient dans son bureau en s'appuyant sur sa canne.
"Relisez ce passage". Demanda-t-il alors.
"Surveillez la comtesse de Levens et tenter de la neutraliser le temps nécessaire aux opérations." Relut le subordonné avant de relever les yeux sur son chef, visiblement troublé.
"La neutraliser ? Qu'entend-il par là ?
- Colonel, Karl précise dans un post-scriptum qu'il n'était pas en bonne position pour saisir la totalité de la discussion, de fait, il nous transmet simplement les grandes lignes.
- Je sais mais... je me demande comment de Sakina comte "neutraliser" Levens.
- En la tuant ? Suggéra Valakin.
- Non, cela n'aurait pour effet que de lui mettre des seigneurs à dos, et certainement pas d'en convaincre de le rejoindre
Je le vois plutôt tenter de s'attaquer à son honneur...
- Oui mais de quelle manière ?
- Justement, c'est ce que nous devons découvrir." Le Colonel se tourna vers Valakin.
"Capitaine, je vous charge d'aller aurpès de la comtesse de Levens et de vous assurez que rien de facheux ne puisse lui arriver.
- Dois-je l'informer de cette missive ?
- Juste en contenu, pas de l'auteur, et il va de soi que nous ne sommes pour elle que "des gens veillant à son bien". Je vous rappel que nous n'existons pas.
- Cela va de soi Colonel." Dit-il en lui remettant la missive.
- A propos demanda le Colonel avant de la jeter au feu, avons nous le signalement de cette Astrid.
- Bien sur.
- Bon, cela vous mache le travail. Constata le Colonel en laissant la feuille tomber dans les flammes.
Comté de Levens,
Quelques jours plus tards.
La forêt, silencieuse, était d'un vert prononcé sous le Soleil d'été. Son calme, apaisant, fut soudain brusqué par une violente détonation.
Dans les sous-bois, un oeil aligné sur son viseur regarda alors la cible elle-même. La comtesse de Levens eut un sourire satisfait tandis qu'une voix retentissait : "Touché !".
Le cerf qu'elle avait visée s'était effondré d'un coup, mort. Elle se redressa, fusil tenu verticalement par le canon d'une main.
"Vous l'avez eu comtesse ! S'exclama son porteur d'armes.
- Eh bien allons voir ! Suggéra-t-elle en s'avançant à travers les feuillages épais."
Une fois à côté du cadavre, elle remit son arme au porteur et retira ses gants, s'acroupissant pour toucher avec délicatesse le coup de l'animal au yeux vides.
"Aujourd'hui j'ai prit ta vie pour prolonger celle des miens." Dit-elle doucement à l'intention du cadavre, selon la coutûme Caskar.
En se relevant, elle ordonna que l'animal soit porté aux cuisines et qu'il constitue le repas du soir, que ses bois soient conservés en trophées tandis que sa peau servirait à la confection de tapis.
Les accompgnateurs obéirent et s'emparèrent de la carcasse.
De son côté, toujours suivie de son porte-fusil, la comtesse remis son gand, marchand tranquillement en direction des chevaux, retenus par un garde au niveau du licol.
Empoignant alors la selle des deux mains, elle grimpa dessus.
Une fois cela fait, les deux suivants l'immitèrent et le petit groupe prit la route de la résidence.
Après une bonne heure, il arriva au pied du haut bâtiment blanc qu'était la Résidence. Chrysanthe descendit de cheval sans attendre et retira ses gants, lançant à son porte-fusil : J'ose espérer que tu seras au service ce soir. Le serviteur se contenta d'incliner la tête.
Un autre, arrivant en trottant auprès de la comtesse lui fit part de l'arrivée inattendue d'un messager qui souhaitait "l'entretenir d'un sujet important et personnel".
Fixant un instant l'annonceur d'un air pensif, la comtesse lui remit ses gants et continua d'avancer, entrant dans la résidence en ordonnant qu'on mène ce messager à la salle de méditation.
Celle-ci se rélvéla lorsqu'elle fit coulisser les portes de papier et bois quelques minutes plus tard :
c'était une salle rectangulaire en mur blanc avec poutres de bois très bien éclairée, des ouvertures sur trois côtés donnant vue sur le paysage unique qui bordait la demeure.
Au sol, un tapis général remplacé en son centre par un tapis brodé rouge incrusté au sol. Les bords du sol de la pièce étaient en parquet sur lequel tronaîent, alignés, différents coussins réservé au membres du Conseil de Levens.
La comtesse entra, laissant les porte ouvertes, et avança jusqu'au balcon couvert qui ceinturait la pièce, contemplant de cette position sa chère terre.
Une série de bruits d'activité la ramenère aux affaires. Elle se retourna : Un homme d'une trentaine d'année habillé en messager s'inclina respectueusement.
"Mon nom est Valakin votre Seigneurie, et je viens vous prévenir d'un danger sur votre personne."
Sans rien répondre, Levens fit signe au gardes qui esortaient l'arrivant de sortir. Ceux-ci obéirent et refermèrent les ventaux en quittant la pièce.
Elle était prête à l'écouter.
De son côté, Astrid arrivait en vue de la ville étalée au pieds de la demeure monumentale manifestant sa qualité de capitale du Comté.
Suivant la large route de terre y menant, elle entra bienôt dans l'allée principale.
Les échoppes des plus chanceux étaient situés sur son pourtour et bénéficiaient du trafic intense de qui y rêgnait quotidiennement. Bien que l'on s'y déplace sans peine, des gens allant en tout sens traversait continuellement, formant un grouillement d'activité baignant dans le brouhaha.
Profitant de la mutlitude d'éléments requérant l'attention de la cavalière, un petit être s'approcha rapidement en serpentant entre les gens. Lorsqu'il arriva au niveau du cheval, d'une main experte et rapide, il porta son intérêt au petit sac attaché à l'arrière de la selle. L'ouvrant en toute délicatesse, il y plongea la main avec habiletée et trouva bientôt ce qu'il cherchait. Satisfait, il replongea dans la foule.
A l'instant même où il l'eut fait, un picotement le prit au niveau du dos avant de ressentir une vive douleure au niveau de celui-ci, tiré en arrière par une force inconnue. Tombant sur son assise au cour de la manoeuvre, il se retrouva bientôt aux pieds du cheval, arrêté. La cavalière le considérait, la main droite prolongé par une sorte de griffe-grapin télescopique disparaissant dans sa manche.
Sidéré, le voleur n'opposa pas de résistance lorsque la femme reprit la boussole. Puis, se penchant de son cheval, elle attrapa au col sa victime et la releva, ne lachant pas le col.
Après l'avoir regardé un instant, elle le coucha sur la selle devant elle et lui attacha les mains avec une rapidité qui surprit le prisonnier.
Tranquillement, la cavalière intima l'ordre à son cheval de repartir tranquillement au pas. Elle changea juste sa trajectoir initiale, se rendant à l'Office locale de Sénéchaussée.
Elle n'était pas difficile à repérer, une grande tour avec un poste d'observation au sommet dont le toit pyramidale était caractéristique.
A ses pieds, devant l'entrée, deux gardes jouant aux dés. A côté, creusées dans le sol, les cachots pour éléments dangereux ou indésirable.
Astrid attacha son cheval à la rembarde placée devant les deux gardes. L'un d'eux tourna la tête, curieux de voir le prisonnier amené. Mais quand Astrid le descendit avant de le pousser devant elle en direction de l'entrée; la face du garde s'orna de gros yeux surpris alors même qu'il tapait le bras de son collègue pour lui faire porter attention aux arrivants. Il eut la même réaction.
Suivit du regards des gardes, Astrid et le garçon entrèrent dans le poste.
L'intérieur était majoritairement en bois.
Des gardiens s'affairaient, traitant des documents en papier où interrogeant des personnes derrière leurs bureaux, situé sur les bords.
En face de l'entrée se trouvait un large comptoir derrière lequel discutait un groupe de sénéchaux sur un dossier.
Par hasard, l'un d'eux aperçu Astrid... et son prisonnier.
Arborant alors la même face que les deux gardes d'entrée, il approcha, l'air incertain :
"Ma Dame, puis-je faire quoique ce soit pour vous ?
- Oui, soupira Astrid, le bonhomme que voici s'est expérimenté au vol et a tenter de me dérober ma boussole." Dit-elle en regardant son prisonnier,
A ce mot, la face du gardien se figea sur Astrid pour ensuite glisser vers le prisonnier dans un acquiesment lent de la tête :
"Oui ma Dame, nous recevons justement depuis plusieurs semaines des plaintes similaires... Un instant je vous prie."
Dit-il en se dirigeant vers une pièce voisine spécialement affectée au chef de poste, affairé à son bureau.
Bien qu'Astrid ne saisisse pas le dialogue, elle perçut à travers les ombres projeté sur le papier que le gardien semblait dans tout ses états et que l'affaire était suffisamment grave pour que le chef de poste se dresse d'un coup et aille vers la porte d'un pas décidé.
Passant alors dans la grande salle tout en demeurant devant le seuil qu'il venait de franchir, le chef de poste avait l'air sévère. Il considéra un temps le prisonnier puis celle qui l'avait capturé.
"Ma dame, veuillez détaché ce jeune homme.
Demanda-t-il calmement.
- Mais..." S'étonna Astrid, "il à tenter de voler ma boussole !
- Je sais, répondit l'homme, le gardien m'a expliqué la situation, mais faîtes-le je vous prie."
Ne comprenant pas vraiment le but visé, Astrid obéit et libéra le garçon qui ne semblait pas vraiment joyeux. Et sans mot dire, comme obéissant au regard sévère du chef de poste, il alla dans le bureau dotn le chef ferma brutalement la porte après avoir fait sortir son gardien.
Des éclats de voix de colère résonnèrent, le papier n'était pas un excellent insonorisant.
Intrigué, Astrid avança jusqu'au comptoir, au plus prêt de la porte, les sourcils fronçés.
A cet instant, elle se rendit compte que le gardien qui venait de sortir fixait avec angoisse la porte comme l'ensemble de ses collègues du poste.
Bien que l'un d'entre-eux parviennt à les reconcentrer sur leurs tâches respectives. Ceux du comptoirs où les plus proches du bureaux gardait leur attention fixé sur ce mur de papier tenu par des croisillons de bois.
"Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?!" Demanda soudain Astrid qui ne parvenait plus à se retenir.
les gardiens la fixèrent un temps avant que celui qui l'avait reçu n'explique :
" Le prisonnier que vous avez ammenée.
- Oui. Qu'est-ce qu'il a ?
- C'est le fils du chef.
Astrid se figea avant de regarder la porte :
"Ah oui..." Concéda-t-elle avec une voix qui traduisait l'embarras de la chose.
- Par avance, vous voulez porter plainte ?
- Comment ça "par avance" ?
- Eh bien, parce que si c'est oui, ça serait bien qu'on le sache tout de suite avec les collègues histoire de demander une mutation."
Astrid eut un recul, surprise : "Mais... pourquoi donc ?
- Parce que si le fiston du chef est arrêté, ce qui risque d'arriver, il y a de forte chance pour qu'il soit déshonnoré (le chef) et qu'il démissionne de son poste, ce qui veut-dire qu'il va être remplacé, et son remplaçant est un vrai salaud...
- C'est-à-dire ?
- Il est de ceux de la sénéchaussée qui ne sont pas là pour protéger et servir les gens, mais plutôt pour être bien vu du seigneur et s'assurer que tout le monde paye l'impôt, la masse de ce dernier déterminant l'efficacité de la Sénéchaussée à l'égard du sujet.
- Ah... allongea Astrid, embêtée.
- De fait voulez-vous...
La porte s'ouvrit de nouveau, le chef était planté là.
"Barnenos."
L'interlocuteur d'Astrid se mit au garde à vous.
"Veuillez placer le suspet en cellule en attendant que nous statuions sur son sort."
Bien que visiblement gêné, le subordonné obéit et conduisit le jeune garçon au dehors, dans la fausse au détenues qu'ils avaient croisés en arrivant.
Puis, le chef avança jusqu'au comptoir, se plaçant nez-à-nez avec Astrid.
"Ma dame, la mission de la Sénéchaussée est d'assurer l'ordre publique, aussi, le fait que la tentative de vol dont vous avez été victime se situant dans notre secteur, vous êtes en droit de déposez plaintes à l'encontre du suspect que vous avez amené."
Astrid fixa le chef qui parlait avec beaucoup de sérieux.
"Et... qu'adviendra-t-il alors ?
- Il sera jugé et condamné.
- Ne devrez-vous pas démissionner, ne serez-vous pas déshonorer par la même ? Demanda-t-elle avec un regard interrogateur.
- C'est probable, mais je le serais encore plus si je rompais le serment que j'ai fait en entrant à la Sénéchaussée...
- Et... si il s'avère que je me sois trompé ?
- Trompé ? S'étonna le chef.
- Oui, trompé, une erreur ! Après tout, tout cela c'est passé dans une rue avec beaucoup d'activité et il est probable que je me sois trompé, que quelqu'un ait juste effleuré mon cheval et que j'ai prit ce quelqu'un pour un voleur...
Le chef la regarda avec des yeux qui traduisait sans peine qu'il n'était pas dupe, on aurait même dit qu'ils demandaient si elle le prenait pour un crétin.
D'une voie soupirante, il répondit "Alors les charges seront abandonné et il sera relâché."
Astrid aquiesça de la tête, réfléchissant à la vitesse de l'éclair.
- Je suppose qu'en cas de bêtise, son père le corrigerait comme il se doit ? Elle perçut à ce moment du coin de l'oeil que les faces de plusieurs agents s'illuminaient de bonheur."
- Ça ne fait aucun doute je pense.
Il y eut un silence avant que l'agente ne déclare simplement : Je me suis trompé, et j'aurais mauvaise conscience de porter préjudice à un innocent, je ne dépose pas plainte.
Le silence ne fut pas rompu, mais on s'entait que l'atmosphère s'était d'un coup détendue. Le chef fixa le jeune femme un temps avant de prendre un bout de papier et d'écrire rapidement quelque chose dessus pour le lui tendre sans perdre son air sérieux et professionnel.
"Vous êtes cordialement invitée cette soirée à souper en compagnie de ma famille".
Astrid souria et, sans rien dire, fit un petit "oui" de la tête, ce à quoi le chef répondit par un même acquiescement avant de redisparaître dans son bureau.
Bien que le poste ne laisse pas exploser sa joie par professionnalisme, Astrid, en sortant, sentait que nombre de regard redevable se tournait vers elle.
Cela la réchauffait...
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Posté : lun. mars 20, 2017 1:02 am
par mark
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Pendant ce temps, à la résidence de la comtesse, Valakin avait achevé son discours et la maitresse des lieux lui avait fait accorder une chambre ainsi qu'un droit de demeure illimité sur les terres.
De son côté, les affaires du fief étant réglées, la comtesse rejoignit ses appartements dont elle ouvrit les battants décorés d'argent, prenant bien soin de les refermer derrière elle.
Son bureau, face à une fenêtre dont le verre floutait ce qu'il y avait de l'autre côté, était sur sa gauche. Opposé à lui, un grand lit bas sur le sol en bois recouvert de tapis. Au fond, trônait une série de grandes étagères sur lesquelles s’entassaient divers ouvrages.
Il faisait chaud, et le temps se prêtait aux situations incongrues.
Elle avança vers le bureau, commençant à rédiger un document orné de ses armoiries.
Très occupée à sa tâche, elle ne remarqua pas une ombre subtile caché dans la pièce.
Celle-ci rejoignit la porte pour en tourner silencieusement le verrou avant de porter son attention sur la dirigeante.
Un regard prédateur était fixé sur cette dernière et son propriétaire s'en rapprocha sans un bruit...
Deux mains solides encadrèrent alors sa tête, comme si elles allaient frapper pour l'écraser avec violence.
C'est là que subitement, ces paluches perdirent de leurs dureté pour se poser délicatement sur le cou de la jeune femme, le caressant avec ferveur.
Chrysanthe s'arrêta nette, figée pendant une demi-seconde par ce qu'elle sentait avant de reconnaître des mains familières. Lâchant alors sa plume, elle se redressa, s'étirant en portant ses bras derrière elle pour les poser sur le visage de son visiteur dont elle sentie les joues sous ses paumes.
Il était plus grand qu'elle. Elle leva le regard vers le haut en gardant les yeux fermé mais avec un sourire de plaisir.
En les ouvrants, elle vit de nouveau son cher porte-fusil...
Tu es venu..." Murmura-t-elle en gardant son sourire, ne cachant en rien son plaisir.
"J'aurais mauvaise conscience de ne pas vous obéir ma chère."
Elle poussa un soupir de bien-être, continuant à caresser le garçon qui ne put se retenir de l'embrasser dans le cou.
C'est alors, qu'elle se tourna face à lui pour le repousser doucement de la main.
"Une minute veux-tu..." Sourit-elle avant de terminer rapidement ce qu'elle écrivait.
Une fois cela fait, elle laissa volontairement le document à vue de son partenaire avant de se diriger vers le lit, retirant ses chaussures et défaisant ses cheveux.
Le serviteur lu en diagonale l'écrit et paru surpris. "A l'ouest ? Pourquoi veux-tu m'éloi...?" Ses yeux venaient de se poser à nouveau sur Chrysanthe. Elle était allongée sur le ventre, les jambes croisées, la tête soutenu par une de ses mains.
Sa tenue était désormais on ne peut plus légère, révélant sa délicatesse et sa beauté. Le serviteur parut paralysé devant un tel spectacle.
Chrysanthe, tourna la tête avec un air de fausse lassitude : "Je t'explique maintenant ou nous abordons le sujet qui motive ta venue... ?"
Elle le connaissait trop bien, (comme une bonne partie des hommes) pour ignorer sa réponse.
Et comme attendu, il s'avança tel un automate, hypnotisé par la beauté de cette femme qui esquissait désormais un sourire malin, traduisant la pleine satisfaction qu'elle ressentait de par son effet réussi...
Il faisait chaud, et le temps se prétait au situations incongrues.
L'après-midi défila lentement et quand le Soleil commença à troquer sa couronne d'or pour un éclat plus rougeoyant, le serviteur s'éveilla dans le lit, seul. Chrysanthe était debout entre le bureau et lui, rhabillée et terminant de recoiffer en hâte ses cheveux.
"Que se passe-t-il ?" demanda-t-il intrigué. Il est vrai qu'il n'était pas habitué à la voir aussi pressée de sortir du lit.
"Pour répondre à ta question de tout-à-l'heure; dit elle en prenant le document rédigé tantôt pour le signer avant de le tendre à son compagnon; je t'envoie dans l'ouest, à la tête d'un petit village tranquille et prospère."
Surpris, le serviteur prit le document, demandant intrigué et inquiet :
"Qu'ais-je fait pour vous mécontenter ?
- Rien, mais j'ai été informée que certaine personne aux intentions douteuses s'intéressent d'un peu trop prêt à mes relations sentimentales, et c'est l'unique solution pour nous protéger tout deux." Elle en s’asseya sur le bord du lit, prêt du serviteur qui poursuivi, pressentant la réponse :
"Je dois partir rapidement c'est cela ?
- Oui, et en fait, il faudrait même que tu profites du banquet de ce soir pour t'éclipser."
Avoua-t-elle d'un air qui traduisait son embêtement, a vrai dire, elle détestait la situation. Presque involontairement alors, elle baissa les yeux pour éviter le regard de son amant.
Ce dernier lui prit le menton pour redresser sa tête : "Votre seigneurie, n'oubliez pas que même dans cette chambre, je demeure votre serviteur. Dévoué par amour, mais votre serviteur malgré tout."
Chrysanthe sourit, rassurée à moitié : "Je te promet que je ferais en sorte que cela dure le moins longtemps possible.
- Je vous fait confiance ma chère." Dit-il en l'embrassant tendrement une dernière fois. Puis, il se regardèrent un temps encore avant qu'elle ne se lève et quitte la chambre, lâchant juste avant de franchir les portes : "Ne tarde pas trop, je vais m'assurer que tes bagages soit préparés avec discrétion."
Il se contenta d'acquiescer. Elle referma les battants.
Quelques heures plus tard, dans le village, on frappa à la porte d'entrée de la famille Alvanos. Le chef de poste avait prit soin avec les siens de tout préparer pour leur invitée selon la coutume Caskar; et c'est avec le sourire que celui qui avait remis l'invitation, ouvrit les deux lourdes portes d'entrée du domaine en bois.
Astrid rayonnait dans son costume de cérémonie : il s'agissait d'une sorte de long haut de kimono blanc en tissu moyen par dessus lequel était ajouté une parure identique d'un rouge prononcé.
Elle tenait ses mains croisées devant elle et s'inclina poliment en souriant lorsqu'on lui ouvrit.
Messire Alvanos l'imita et l'invita d'un geste de la main à entrer : "Soyez la bienvenue."
Astrid entra d'un pas franc, suivie de prêt par son hôte une fois qu'il eut refermer les portes.
La demeure était au centre d'un jardin dont la première moitié était finement aménagé avec un petit jardin de méditation traversable par la petite allée dallée qu'empruntait l'invitée.
Au bout se tenait le passage extérieur entourant la maison sur lequel attendaient Dame Alvanos et son fils.
Tout deux s'inclinèrent respectueusement lorsque Astrid se trouva devant eux, au pied des quelques marches menant à leur niveau. Elle les imita pour rendre la politesse.
"Soyez la bienvenue en notre humble demeure. Annonça Dame Alvanos.
- Merci pour avoir daigner inviter ma modeste personne." Répondit en retour Astrid.
Les deux femmes se redressèrent tandis que l'hôte invitait de la main à passer dans la pièce derrière elle où était installé un jeu de société.
Conformément à la tradition, il s'agissait de découvrir son invité et de le mettre à l'aise afin qu'au repas, une conversation moins protocolaire puisse s'engager.
Le jeu étant en coopération et consistait à former deux équipes, chacune d'elle devait chercher à faire gagner son adversaire, le perdant étant celui qui remportait la partie.
Astrid se retrouva avec son voleur de l'après-midi et ne pu empêcher un petit sourire en l'entendant.
Les participants prirent place autour du jeux en se mettant en tailleur sur des coussins.
Au fur et à mesure que la partie avançait, Astrid découvrait le véritable caractère de son équipier et, alors que les parents s'absentèrent pour des raisons culinaires, elle en profita pour avoir une discussion avec leurs fils.
"Pourquoi des boussoles ?"
Le garçon la regarda surpris, comme si il était imprévu de remettre ce sujet à l'ordre des débats.
"C'est...joli, et certaines, en argent ou en or, en valent la peine.
- Mais... pourtant, un fils de sénéchal... c'est incommodant, et déshonorant !
- Eh bien... je sais bien mais... c'est tellement tentant.
- Si tous succombaient à leurs tentation, imagines-tu le bazar que ce serait ?
- N'est-ce pas pourtant ce que fond les seigneurs actuellement ?
Astrid eu comme le souffle coupé, la question du bonhomme était... justifiée. Et elle ne pouvait rien dire, ces exemples même aillant failli dans leur tâche.
"Ce n'est pas une raison pour se comporter ainsi, et tu le sais.
Le garçon baissa les yeux.
Astrid avait contourné la remarque, mais elle demeurait d'une troublante vérité.
A cet instant, Dame Alvanos revint et annonça que le repas étant prêt, il allait falloir mettre fin à la partie, déclarant, par politesse, que l'équipe d'Astrid remportait le jeu.
Le garçon se leva et disparu alors tandis que les adultes prenaient place à table. Elle était également basse et d'un bois fin et raffiné. Le repas se déroulait en tailleur, une fois encore sur coussins.
En s'installant, le Sénéchal posa une question :
"Au fait, je ne l'ai point demander mais que venez vous faire à Levens ?
- Je cherche un travail dans les écuries du comté, je dispose fort heureusement d'une lettre de recommandation, mais je ne sais pas si elle aura de la valeur ici.
- Pourquoi donc ? S'étonna le Sénéchal.
- Elle vient du Sud.
- Oh, vous savez, ici, les gens on beau avoir des positions politiques, cela ne signifie pas pour autant qu'il soient contre tout ce qui vient du Sud, ne vous inquiétez donc pas pour votre lettre, elle à une grande valeur et cela pourrait vous ouvrir les portes des écuries de la comtesse.
- Vous me voyez rassurée. Mais, si ce n'est point abusé, quelles sont précisément les positions locales concernant... ce qu'il se passe actuellement ?
Les hôtes eurent un léger mouvement de recul.
"C'est une question épineuse, certains vous diront qu'ils sont en faveur du duc d'autre de son Altesse, mais dans la grande majorité, ici du moins, on tente de trouver ce qui est le plus favorable au sort personnel.
-Qu'entendez-vous par là ?
- Ma compagne et moi avons fait les dernières guerres seigneuriales qui ont suivie la chute de la Prunelle, et l'offre de paix perpétuelle garantie par l'union nous séduit de fait. D'autant plus que nous avons gouté au 10 années de sécurité et de prospérité qu'avait offerte la Reine Blanche.
- Mais pourtant, n'est-ce pas à cause de notre Grande Duchesse que la dernière guerre à eue lieue ?
- En toute honnêteté, et malgré la tradition, j'estime qu'elle avait déjà suffisamment souffert, avait déjà suffisamment été déshonorée et manipulée par ses ennemis. Si elle avait revendiquer la couronne de sa mère, je n'aurais surement pas protester. Et j'ai, enfin, nous avons confiance en elle.
D'une manière plus générale, elle propose des réformes qui garantisse au particulier biens des gains sur sa situation actuelle, comme la propriété privée, la fin des disettes et famines... Bref, si ce sont les unionistes qui l'emporte, ce que nombre d'entre nous espère ici, le quotidien va radicalement changer et une nouvelle ère va commencée.
- Justement, ne craignez vous pas que la modernité ne détruise les traditions Caskar ?
- Bien sur que non ! Setan en est le parfait exemple : elle est moderne, sortie de terre, et pourtant, quand on y met les pieds, on sent nettement que la modernité n'est qu'une touche au milieu de la typicité Caskar.
Astrid ne répondit pas, décidément, cette soirée la poussait à reconsidérer nombre de ce qu'elle concevait comme étant des positions définitivement acquises.
Néanmoins, elle ne perdait pas de vue sa mission.
Le repas se poursuivit ainsi.
"Avez-vous trouver où vous loger ?" Demanda soudain le Sénéchal au détour d'un échange.
"Hélas non, pour une raison qui m'est inconnue, les auberges sont pleines.
- Ce n'est guère surprenant, c'est l'anniversaire de règne de la Comtesse, une grande fête est organisée demain et nombre de marchands, négociants et curieux viennent des terres voisines pour y participer.
Si vous le désirez, je pense que vous pouvez loger ici."
Avança-t-il en regardant sa femme comme pour attendre qu'elle donne son avis sur la question.
"Bien évidemment ! Répondit elle rapidement; d'ailleurs, si votre cheval est dehors, mon mari va se charger de l'emmener aux écuries de la Sénéchaussée, il y sera très bien traité.
- Vous êtes sur que cela ne vous incommode pas ?
- Du tout, assura le Sénéchal en enfilant ses chaussures, c'est même un plaisir et un devoir." Sourit-il en sortant.
- Voulez-vous un digestif ? S'enquit à ce moment madame Alvanos.
- Volontiers, merci encore." Répondit Astrid avant de regarder les étoiles au travers de quelques murs à moitiés inexistants faisant office de fenêtres. Madame Alvanos, elle, se levait avec un sourire pour aller préparer le nécessaire.
La soirée était calme et agréable. Et demain, pensa Astrid, il s'agirait de profiter de l'occasion qui se présentait pour se renseigner davantage sur la cible...
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Posté : dim. avr. 02, 2017 7:43 pm
par mark
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Le lendemain, l'agitation de la ville montait à son comble : les rues étaient parcourue par une foule immense, un véritable festival étant organisé.
Les jeux battaient leurs plein sous les auspices des décorations étendues entre les bâtisses. Et, pour ajouter au caractère festif de la journée, le Soleil se montra plus clément que les jours précédent et ne rendit pas l'atmosphère, déjà chargée, étouffante.
C'est au milieu de cette ambiance qu'Astrid décida de partir à la découverte de la ville, afin de débuter sa mission.
La capitale du comté était parmi ces grands villages classiques : bien des bâtiments à un étage et seulement quelques uns à deux.
Déduisant que la taille du cortège allait nécessiter un axe de circulation assez large, Astrid conclut qu'il lui faudrait passer par les grandes rues. Ensuite, elle calcula que cette troupe devrait probablement passer par toute les voies assez large afin d'être vu par une majorité de personne. Le voyage s'achèverait enfin sur la place centrale.
Donc, si ses estimations était juste, l'affaire prendrait au moins une bonne partie de l'après-midi; un retour ne devant être escompté que lorsque le Soleil commencerait à tâtonner l'horizon.
Fallait-il attendre dans le village et observer ? Non, la cible n'emmènerait probablement pas avec elle ce qu'elle cherchait... Il fallait profiter de l'occasion pour ce rendre directement à la résidence pour s’infiltrer dans la chambre : là se trouveraient des preuves concrètes !
Infiltrer la forteresse ne fut pas d'une grande difficulté pour Astrid, rompue à l'escalade et aidée de son gadget de poignet. De plus, la plupart des gardes étaient en permission pour profiter de l'évènement et le peu qui restaient était plus occupé à admirer le spectacle du haut des murs plutôt que de veiller à ce que personne ne les escaladent.
Après avoir passé les remparts, lorsqu'elle arriva au pied de la demeure elle-même. Elle réalisa néanmoins qu'il lui était impossible de grimper jusqu'en haut en plein jour, les risques d'être découverte étant trop grands.
Elle pensa alors à passer par la charpente intérieure : grimpant le premier étage de l'extérieur, elle se faufila sous le premier faux plafond caché par des jupettes de toit pentu le séparant du second.
De là, il suffisait à Astrid de s'introduire dans la résidence même et de monter prudemment les étages, esquivant la garde réduite et les serviteurs, plus nombreux.
Malgré la facilité de la chose, alors qu'elle arrivait prêt des appartements privés de la Comtesse, remontant un couloir en contournant la salle de réception centrale, le pas régulier et peu espacé d'un serviteur se dit entendre.
Il était en face, en tournant à l'angle, il la verrait. Reculant alors prudemment, elle se stoppa net en entendant un autre pas, plus lourd. Un garde qui faisait son travail, et il fallait que ça tombe sur elle !
Pensant pour elle-même une injure, elle s'immobilisa et fit travailler à toute allure son cerveau : pas de meubles assez grand à proximité, il y avait la salle de réception, mais rien ne garantissait qu'elle était vide et des éclats de voix vinrent confirmer cette crainte.
Astrid, sans céder à la panique, sentit qu'elle était en mauvaise posture, cherchant du regard une solution de secours, elle s'arrêta sur une pile de tissu d'une apparence relativement noble.
Son sang ne fit qu'un tour et, l'arrangeant de sorte à ce qu'elle passe pour une toge, elle se tourna, allant vers le mur face à elle pour ouvrir une fenêtre en faisant coulisser le panneau tandis que le garde et le serviteur passaient. Elle s'accouda et feinta de regarder depuis son poste la fête.
Les deux menaces allèrent leur chemin, ne jetant qu'un coup d’œil distrait au costume, les rires dans la salle toute proche aidants.
Une fois qu'ils furent partis. Astrid, retirant son déguisement pour retrouver sa liberté de mouvement, acheva de rejoindre le couloir de l'antichambre. Là, elle vit les deux gardes posté devant les quartiers de la comtesse. "Mince." Se dit Astrid qui escomptait que la fête les ait fait changer de place. Comment s'en débarrasser ?
Pas question de les neutraliser ou de les tuer, toute la maisonnée serait au courant de sa présence et la mission serait ratée avant d'avoir portée ses fruits.
Il fallait contourner le problème, mais comment ?
Réfléchissant un instant, elle finit par se résoudre à trouver la tenue appropriée...
Pendant ce temps, dans les rue de la petite ville,le cortège comtale défilait. Au milieu des gardes fendant la foule manifestant sa joie, Chrysanthe chevauchait au pas, accompagnée par le mystérieux visiteur de Setan.
"Vous pensez qu'elle pourrait tenter quoi que ce soit pendant cet évènement ? Demanda-t-elle.
- J'en suis persuadé votre seigneurie, et si nous ne la voyons pas, cela ne signifie pas pour autant qu'elle ne nous observe pas.
- Mais quel est l'objectif final ?
- Je vous en ai fait part votre seigneurie : vous déshonorer ou détenir des informations sensible sur votre amant pour vous faire chanter.
- Me faire chanter ? Surement pas, et le duc de Sakina est le premier à me compter parmi des menaces pour cela !
Valakin tourna la tête vers son hôte, mêlant un regard de surprise et de perte de repères.
Dans la résidence, les deux gardes des appartements de la comtesse vire s'approcher au détour du couloir un groupe de ravissantes Gheïka, spécialisées dans les "divertissements charnels tout en conservant les raffinements de noblesse".
Bougeant de leur poste pour faire barrage dans le couloir, intrigué, ils observèrent les arrivantes qui ne semblaient pas les avoirs remarquées.
L'un d'eux, méfiant, pointa son arme dans leur direction.
Lorsque l'une d'elle leva la tête, sortant de la discussion de ses collègues, elle aperçut l'arme et eut un mouvement de recul d'un naturel qui déconcerta le second garde. Elle le fixa, le regard comme mêlée d'inquiétude et de scandale.
Sentant l'absurdité de la chose, le second garde baissa l'arme de son collègue, lui adressant un regard qui traduisait son sentiment.
Alors, la grimace de la Geïkha se transforma en sourire coquin qu'elle transmis à tout son groupe qui commença à entourer les gardes. Jouant de leurs charmes, elles parvinrent à leur faire décrocher un sourire.
Perdu dans cet océan de bienfaisance, les "victimes" ne remarquèrent pas l'une des dames se glisser discrètement dans les quartiers de la comtesse, écartant délicatement l'un des ventaux pour entrer.
Depuis la cité, le capitaine tourna lentement la tête en direction de la résidence, pensif, un terrible pressentiment l'assaillant tout d'un coup.
" Votre seigneurie, puis-je vous emprunter quelque uns de vos gardes ?" Piqua-t-il d'un coup, la voix pressée par ce qu'il craignait.
- Ou... Oui bien sur, faîtes. Répondit Chrysanthe surprise tandis que son invité inclinait hâtivement mais respectueusement la tête pour choisir une dizaine de cavalier avant de faire volte-face. Le petit groupe ainsi formé se dirigea dès lors au triple-galop vers la résidence, soulevant un nuage de poussière rythmé par le son des sabots derrière lui.
Dans la chambre, Astrid avait retirer les éléments les plus encombrants de son costume et se livrait à une fouille méthodique et prudente des lieux, replaçant chaque chose à sa place pour ne pas éveiller de soupçons.
Des dizaines de papiers présents sur le bureau, aucun ne correspondait à ce qu'elle cherchait. Elle décida donc de passer au grandes étagères du fond de la pièce. Il y avait du travail...
Sur le versant de la colline menant à la résidence, le capitaine Valakin galopait à bride abattue, il fallait atteindre la demeure avant que cette petite garce ne la quitte en toute impunité.
Qu'importait la manière dont elle était entrée, il sentait qu'elle était là, c'était évident, son but n'était pas de faire chuter le comté, ça ne l'avait jamais été. Il s'agissait d'un piège ! Un piège destiné à amener l'auteur de l'attentat contre De Sakina à se mettre à découvert !
Ils soupçonnaient donc la présence d'une taupe dans leurs rangs et venaient de l'utiliser contre la Daska ! le Service allait perdre l'avantage qu'il avait de connaître son ennemi sans que ce ne soit réciproque. Il fallait empêcher Astrid de trouver ce qu'elle cherchait : une copie de la missive de Karl désormais estampillé au sceau de Setan ! Ça lui donnerait un indice... Un indice qui pourrait la mener aux preuves qu'elle cherchait. Il ne fallait surtout pas qu'elle s'enfuie !
La troupe arriva au pied de la résidence :
"Alerte générale ! boucler toute les issues et encercler le château ! Fouillez ses moindres recoins !" Cria Valakin à pleins poumons.
Puis, désignant de la main deux gardes de passage, il ajouta :
"Vous, prévenez la garde des appartements de la comtesse, que personne n'entre où ne sorte !"
Les deux hommes s'inclinèrent poliment et lâchèrent leur plat par terre, percevant l'urgence de la situation.
Se ruant alors dans les escaliers, la troupe du capitaine, dans un vacarme assourdissant, monta quatre à quatre les marches du bâtiment vers son sommet.
Dans les appartements, Astrid perçue les éclats de voix extérieures et vit tout d'un coup l'agitation de la maison se faire bien plus vive.
Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu'elle était la source de tout ce chambardement. Comment avait put-elle être repérée ? Elle l'ignorait, mais cette question venait d'être relégué au rang de cadet de ses soucis.
Sentant son sang froid faiblir, elle se ressaisit, lâchant la discrétion et la minutie pour le grand bazar et la fouille en hâte : le temps lui manquait désormais.
Le son des bottes se rapprochant, elle résolu qu'il fallait s'échapper au plus vite. Mais, lorsqu'elle se dirigea vers la portes, elle perçu par les bruits dérangés des courtisanes que les gardes les renvoyaient hâtivement pour ne pas être pris à flâner. Plus de diversion.
Reportant son regard vers les fenêtres, dernières ouvertures visibles, elle vit rapidement ses espoirs s'effondrer lorsqu'elle réalisa qu'elle ne s'ouvraient pas. Quand au verre, il paraissait trop épais pour être brisé sans blessures graves. Les pas se rapprochaient
Pas d'échappatoire, elle sentait un dénouement funeste prêt à se présenter. Elle fixa la porte et recula lentement vers le fond de la pièce, les mains en arrière pour sentir d'éventuels obstacles. Son regard était déterminé, elle avait de grande chance de terminer sa mission là. Une voix masculine assez forte commença à se faire entendre distinctement. Elle atteignit le mur, tournant rapidement la tête une fraction de seconde pour s'en rendre compte. C'était fini.
Alors, comme pour s'enfoncer dedans, elle appuya tout son corps contre le mur, sortant son arme qu'elle garda le long de sa jambe, mais prête à être pointée sur le premier imprudent qui entrerait.
Elle recula la tête pour l'appuyer et avoir le regard droit. C'est là qu'elle sentit le mur se dérober derrière elle. Un mécanisme cliqua, elle eut un petit bond de surprise vers l'avant. Le mur s'ouvrit alors en une porte cachée.
Astrid eue une seconde d'hésitation, mais en entendant la voix désormais toute proche, elle plongea dans cette issue inespérée et la referma immédiatement. A l'instant même; les deux battants coulissant s'ouvrirent en grand, laissant le passage à deux gardes méfiants, armes au points, suivis immédiatement du capitaine Valakin.
Astrid monta silencieusement l'échelle qu'elle découvrait sur l'instant, se retrouvant dans les combles du bâtiments, sur une sorte de ponton suspendu menant à une des autres chambres. Elle esquissa un sourire : voilà donc le moyen qu'empruntait monsieur pour rendre visite à madame. "Astucieux" pensa-t-elle.
Allant lentement à quatre pattes vers l'autre extrémité, espérant limiter les bruits ainsi, elle entendit ce que son adversaire faisait en bas :
" Il semblerait... que vous vous soyez trompé monsieur..." Suggéra un des gardes.
Valakin ne répondit rien, il observait silencieusement la pièce. En apercevant la bibliothèque en désordre, il s'en approcha et prit un des papiers au sol :
"Et ça ! C'est le fait d'un coup de vent peut-être ?".
Il y eut un silence. Puis, ce dernier traînant, Astrid se demanda ce qu'il se passait, soudain, elle perçut le petit bruit des narines qui cherchent à identifier une odeur inhabituelle...
"Le parfum !" pensa-t-elle pour elle même en se remettant à avancer un peu plus rapidement.
"Sergent ! Lança Valakin, combien de Geïkha avons nous croisé en arrivant ?
- Hum... Je dirais bien cinq monsieur, ravissantes par ailleurs.
N'écoutant pas la fin du commentaire, Valakin se dirigea résolument vers les gardes de la porte : "Combien de Geïkha son venus vous voir ?
Par peur d'être réprimandé pour s'être laissé distraits, les deux hommes feintèrent de ne rien savoir à ce sujet.
"Je me moque pas mal de vos erreurs, dîtes moi juste combien se sont pointés, c'est grave bon sang !
- Six... Oui six; confirma le second à la suite de l'affirmation hésitante du premier; "Elles étaient six !"
- Tchort !" Souffla presque silencieusement le capitaine. "Y a t'il des passages secrets ?" Demanda-t-il soudainement en se retournant vers le sergent.
- Je ne sais pas, il faudrait demander à l'intendant et...
- Faites ce que vous voulez mais faîtes le vite !" Cria-t-il, poussant par la même une partie de l'équipe à aller chercher l'intéresser rapidement.
De son côté, Astrid arrivait au bout de son passage, une trappe avec une échelle repliée lui faisait face. La dépliant en appuyant sur le mécanisme en évidence, elle activa la mécanique qui ouvrit la trappe et déploya la petite échelle.
Après une seconde d'hésitation, de peur d'être tombée dans une chambre occupée, l'agente descendit prudemment.
Son pied appuya malencontreusement plus fort que prévu sur la dernière marche qui, étonnement, plia sous le poids et activa un second mécanisme.
Reculant précipitamment de peur d'avoir activé un piège, elle put simplement constater que tout se remettait en place, cachant à nouveau le passage.
"Ingénieux", se dit-elle avant de s'intéresser à l'endroit où elle venait de tomber.
Analysant l'espace, Astrid ne pu retenir un sourire devant le comique de la situation : elle était précisément dans la chambre de cet "ambassadeur" de Setan. Et comme elle n'avait pas trouvée ce qu'elle cherchait dans la chambre de la comtesse, sa réponse était probablement là. Elle se mit hâtivement au travail.
Valakin, lui, réfléchissait à toute vitesse, cherchant cérébralement l'emplacement probable d'une porte cachée dans la pièce : c'était logique, il fallait bien un moyen pour l'amant de rejoindre la comtesse sans être repéré.
Cela devait donc être caché d'une potentielle découverte accidentelle.
Il commença à tâter les angles de la pièce, se résolvant ensuite à s'intéresser au mur du fond.
Dans sa chambre, Astrid achevait avec brio sa fouille, saisissant la missive de mise en garde remise par le Colonel. Le sceau était celui d'une instance qu'elle ne connaissait pas, mais le faucon ducale était présent, et c'était le plus important.
Mais comment savoir exactement où chercher son possesseur ?
Tournant la tête, elle aperçu quelques pigeons voyageurs. Un sourire éclaira son visage.
Rédigeant un petit mot, elle l'attacha à la patte de l'un des volatiles, accompagne d'un petit traceur qu'elle pourrait suivre sans peine; puis, elle lança l'oiseau. Il obliqua presque immédiatement vers le Nord.
Au même instant, Valakin trouva la porte secrète. La poussant d'un coup, il ne mit pas longtemps à monter l'échelle et traverser le petit ponton. En arrivant à la trappe, il l'ouvrit en plongea immédiatement. Mais plus personne n'était présent. Il compris vite le résultat : la missive disparue, un pigeon envolé.
Il venait d'échouer...
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Posté : sam. avr. 08, 2017 11:03 pm
par mark
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Setan, deux jours plus tard,
Le capitaine Valakin, au garde-à-vous, achevait son rapport. Déglutinant avec inquiétude, il vit le Colonel aller et venir en boitant, sans dire un mot, le regard ailleurs.
Il passa derrière lui.
"Évidemment..." lâcha-t-il. Regardant alors Valakin, il le corrigea : "Vous avez accomplis votre mission, grâce à vous, la comtesse de Levens n'a pas été inquiétée et elle est même de plus en plus tenter de nous rejoindre !
- Mais... mon Colonel; s'étonna Valakin; c'était un piège !
- Bien sur." Répondit dans un soupir son supérieur, allant vers son bureau : "Pendant votre absence, De Sakina est parvenu à rallier les comté de Lamnes, de Tchernostis et de Malavites, même si ce dernier ne le fait que part l'adhésion de ses vassaux.
- L'enfoiré ! Pesta l'officier à l'intention du Duc.
- Oh non, le malin plutôt ! Toute l'opération à Levens était destinée à mobiliser notre attention."
Corrigea le chef de la Daska en s’asseyant avant d'ajouter : "Ce qu'il à réussi avec brio, il faut l'admettre.
- Et les preuves qu'Astrid est venue dérober ?
- Justement, c'est là que le coup de maître de notre adversaire s'est transformé en magnifique occasion d'intox pour nous !
Les documents que notre chère amie à retirer incrimine la Kretcha; de fait, notre seigneur va probablement sombrer dans de la paranoïa aiguë. Et nous sommes assurés qu'il ne va rien tenter.
- Karl n'est pas en danger ? S'enquit Valakin.
- Bien sur que non. Je lui ai fait parvenir un message lui demandant de rentrer sans délais à Setan. Et sa fuite devrait lui être bien plus aisé que ne le fut son entrée !
- N'est reste-t-il pas moins, Colonel, que cette affaire à donner l'avantage à notre ennemi ?
- Je suis forcé de le reconnaitre." Admis sans apparente inquiétude le Colonel qui fixait le pommeau de sa canne taillée en tête d'aigle et recouverte d'or.
- Mon Colonel ?... Demanda Valakin qui trouvait l'attitude de son supérieur curieuse.
Le Colonel le regarda de nouveau : "Tout vous sera révélé en temps voulu, dans l'immédiat, sachez juste que le Duc devrait demander sous peu la réunion du Grand Conseil..."
La réponse était simple, et accompagnée d'un regard qui signifiait au capitaine qu'il était temps de sortir.
En quittant la pièce, refermant la porte derrière lui, Valakin ne put s'empêcher de ressentir comme... une anomalie : comment se faisait-il que le Colonel, si habile d'esprit, n'ait pas prévu la manœuvre que le Duc venait d'opérer ?
Cette question le préoccupait et en se mettant en marche vers l'escalier, le capitaine ne put s'empêcher de remarquer que quel qu'en soit la situation, le camp unioniste venait de subir un lourd revers... Un revers qui pourrait changer l'avenir du Caskar...
Le lendemain, Setan,
Résidence Ducale
"Entrez Eugène..." Dit simplement Alexandra. Elle était tournée vers l'alignement des grandes portes-fenêtres donnant sur les jardins. Le Soleil éclairant en partie sa personne au travers des vitres.
Le conseiller s'avança d'un pas hésitant, la voix de la Grande Duchesse cachant un soupir.
Elle montra alors de deux doigts, comme si elle tenait une quelconque saleté, une missive qu'elle venait probablement de recevoir.
"Que se passe-t-il votre Altesse ?
- Ceci, Eugène... Est la demande officielle du Duc de Sakina à ce que je convoque le Grand Conseil.
Marakes eut un mouvement de surprise : "Il veut réunir les seigneurs ? Mais pourquoi donc ?"
- Parce qu'il dispose désormais de la majorité de leurs soutiens, c'est-à-dire au moins les deux-tiers..." Il y eut un pesant silence au cour duquel Alexandra réfléchit à la signification de cela. "Cette réunion est destinée à nous asséner le coup de grâce... "
Conclut-elle a voix basse.
- Mais... Comment ? Balbutia Marakes inquiet à ces mots.
- Il va faire la démonstration des échecs et défauts de l'unionisme, et comme il sait que je suis paralysée devant une foule, il n'aura aucun mal à me faire passer pour une faible par-dessus le marché...
- Quelqu'un va bien nous aider non ? Parmi nos soutiens ?! Suggéra désespérément Marakes.
- Le comte de Sternis est un guignol qui va retourner sa veste dès qu'il verra notre échec. Quand aux barons, ils n'oseront pas s'opposer à De Sakina. En fait, la seule personne qui aurait pu lui donner la réplique est à l'hôpital, entre la vie et la mort."
Marakes ne répondit rien, sentant monter en lui une lassitude de fatigue et d'abandon. Pourtant, il s'interdisait d'y succomber;
"Ne peut-on refuser de réunir le Grand Conseil ?" Suggéra-t-il bien que soupçonnant la réponse de la Grande Duchesse.
- Non, et vous le savez, ce serait lui donner la victoire sur un plateau d'or; même nos soutiens nous lâcheraient.
- Mais, enfin votre Altesse ! C'est... C'est impossible, nous n'allons pas... Nous ne pouvons pas finir ainsi ?!"
Sa voix était marquée par l'inquiétude, la recherche désespérée d'une solution inexistante. Ces solutions que l'on aimeraient posséder mais qui relèvent de la magie.
"Il faut nous rendre à l'évidence..." Lâcha alors Alexandra; "Notre ennemi cherche à en finir."
Marakes baissa les yeux : "Je... Je vais préparer les missives pour annoncer la réunion du conseil...
- Marakes !" Lança la souveraine en se tournant vers lui alors qu'il partait : "Gardez espoir." Lui dit-elle d'une voix tendre. Mais elle vit bien qu'il n'y croyait que peu et saluant poliment, il se contenta de sortir en silence.
Alexandra, resté seule, fixa un temps les portes. Elle sentait, comme l'assaillant à la gorge, ce sentiment que tout va mal, qu'on commence presque à se ressasser le bon temps, sachant que l'on va sombrer et disparaître.
Oui, de toute évidence, tout allait mal... Et d'ici peu, elle devrait probablement abdiquer. De Sakina mettrait un abruti à ses ordres sur le trône, et elle, "la putain"; allait finir sa vie comme elle l'avait commencée : en exil.
Elle tourna la tête, un portrait de sa mère était accroché au mur, au-dessus d'un meuble.
S'avançant jusqu'à lui, elle le contempla fixement, sentant remonter avec force, des souvenirs jusque là perdu dans les tréfonds de sa mémoire...
17 ans plus tôt, Setan,
Résidence Royale
Une petite frimousse trottait dans les couloirs, regardant dans chaque pièce qu'elle dépassait si ce qu'elle cherchait ne s'y trouvait pas; le tout sous le sourire des officiers royaux.
Bientôt, l'un d'eux, se plaçant en face d'elle, s'accroupit pour lui demander "Ce que cherchait son Altesse".
Et devant la réponse, il sourit à l'unisson avec tout les membres de la pièce.
Se redressant, il tendis sa main et la petite fille qui la lui donna. Puis, il la guida à travers le dédale de couloir jusqu'à arriver devant une grande porte à double battant que les gardes ouvrirent en apercevant l'enfant.
La pièce était en long, des colonnes positionnées sur les côtés pour soutenir le plafond.
L'ensemble de la pièce était recouverte d'un bois fin et d'excellente qualité, bien que tout cela cache une bâtisse en pierre par dessous. Des tapis ornaient à intervalles régulier l'espace et sur la droite, au bout, il se terminait par plusieurs ouvertures menant sur un balcon illuminé par le Soleil coutumier au climat.
Au centre, un groupe d'adultes était penché sur une carte, ils se dressèrent lentement en entendant s'ouvrir les portes et parmi ceux dos à celles-ci, se révéla en se retournant un visage qui illumina le sourire de la petite fille. La reine, mi-surprise de sa présence en ces lieux mais heureuse de la voir, s'accroupit à son tour, le visage radieux et plein de chaleur.
La petite fille lâcha la main de son guide et couru dans les bras écarté de sa mère qui la serra avant de se remettre debout, portant sa fille assise de côté sur l'un de ses bras, de sorte à ce qu'elle puisse voir en face.
Les officiers de la table ne bougèrent pas, gardant leur sérieux.
"Mais qu'est-ce que tu fais ici ?" Demanda la Reine.
- J'ai finit mes devoirs et je ne savais que faire." Avoua la petite fille innocemment. "Tu peux me parler "De Dehors" ?" demanda-t-elle, reprenant la formule de sa mère lorsqu'elle évoquait le monde extérieur au Palais.
Esquissant un sourire devant la requête de sa fille, la Reine se tourna vers ses officiers, sa petite toujours dans les bras :
"Messieurs, si vous voulez bien m'excusez, le devoir maternel m'appel." Dit-elle avec un petit sourire amusé.
Une esquisse de sourire se dessina sur les lèvres des officiers qui s'inclinèrent poliment avant de se retirer en commençant une discussion, laissant aux gardes le soin de refermer les portes derrière eux.
La Reine et sa fille étaient à présent seules.
Alexandra sembla attiré par la carte de Setan étalée sur la table, la Reine s'avança alors suffisamment pour qu'elle puisse la voir.
"Qu'est-ce que c'est ? Demanda la princesse.
- Ce qui nous permettra de conserver la paix pour notre peuple.
- Pourquoi ?
- Parce que nous avons beaucoup de chance, nous sommes en paix tandis qu'au delà des mers, c'est la guerre.
- Mais pourquoi ?
- L'ambition de l'Homme n'a de limite que sa folie ma fille, souviens t'en."
Alors, se tournant pour aller vers le balcon, la Reine avança jusqu'au bord, profitant à la fois de la chaleur du Soleil et de son scintillement sur la mer.
Après un cour silence, elle dit à l'intention d'Alexandra : "Vois tu, je rêve qu'un jour, ceci soit symbole de prospérité et de magnificence pour notre pays." Annonça-t-elle en balayant de sa main l'horizon.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda de sa petite voix Alexandra.
- Que j'espère qu'un jour, ce sera le plus beau pays du monde... Sourit la Reine.
- Mais, pourtant, c'est impossible non ? Il y a plein de chose jolie dehors et tout le monde trouvera forcément une chose plus jolie qu'une autre non ?
- Ma foi, c'est exact, mais qui t'as dit cela ?
- Personne, mais à chaque fois que papa te voit, il dit que tu es la plus belle chose qu'il ait jamais vu."
La Reine éclata de rire devant la logique "imparable" de sa fille.
"C'est vrai, comme tu es la plus belle à mes yeux." Enchaîna-t-elle sans arrêter son rire, le communiquant à sa fille.
A cet instant, un serviteur entra et salua poliment la Reine : "Votre Altesse, le seigneur de Sakina est arrivé."
Posant sa fille sans effacer son sourire, la Reine ordonna qu'on l'introduise dans ses quartiers.
Ce sourire radieux, Alexandra croit se souvenir qu'il s'agissait de l'un des derniers que lui ait adressé sa mère.
"Les dispositions nécessaires ont été prises votre Altesse..." Une voix dans le dos de la Souveraine la ramenait dans le présent, c'était Marakes.
Alexandra regarda son officier, d'une tenue digne malgré la terrible situation.
"Merci." Dit-elle avant de se retourner, le regard déterminé en ajoutant plus pour elle-même que pour Marakes : "Si nous devons aller à l'anéantissement, au moins y iront nous dignement !"
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Carte des faveurs à la veille du Grand Conseil
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=113839cartesoutiensaprsoprationdiversion.png][img]http://img4.hostingpics.net/pics/113839cartesoutiensaprsoprationdiversion.png[/img][/url][/center]
Posté : mer. avr. 12, 2017 1:01 am
par mark
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Le Soleil commençait à descendre sur l'horizon, sur les abords de la ville de Setan, un grand bâtiment trônait, les oriflammes aux couleurs d'une multitude de baronneries et de comtats sur son pourtour à l'image de la garde.
Il se découpait en deux parties : la première était un vaste hall et la seconde, la salle du Grand Conseil, construite en carré.
Au fond, le siège de la Grande Duchesse était sur un petit estrade. Puis, disposé en U cubique, suivant les murs de la pièce, le reste des sièges étaient organisés en deux rangées montées sur des gradins progressifs. Le plus en bas accueillait dix sièges destinés respectivement aux comtes ainsi qu'aux deux ducs placés aux angles.
Le second rang, plus élevé, était réservé aux baron(ne)s et bien moins visible puisque ressemblant davantage à un entassement de sièges, imitant ceux d'un parlement.
A même le sol se trouvait des places destinés aux invités d'honneurs des comtes et ducs. Au côté du trône ducal s'en trouvaient des semblables réservés exclusivement à ceux de son Altesse.
Tous étaient réunis, assis, un petit brouhaha de fond générer par les discussions, les va et vient des secrétaires et les retardataires prenant places.
Parmi les invités ducaux, on comptait le capitaine Valakin, envoyé par le Colonel pour garder un œil sur le déroulement du Conseil.
Observant rapidement les différents convives, ils reconnus aisément les principaux en la personne du Duc de Sakina, du Comte de Valanos, des "Trois-Neutres" dont Levens ainsi que d'un certains nombre de leurs seconds immédiats. C'est ainsi qu'il s'aperçut non sans grande surprise de la présence de l'Oster Kourtchenko. C'est là que son regard s'arrêta sur un visage familier qui lui inspirait un mélange d'appréhension et d'envie de défis.
Esquissant un sourire pour lui-même, il descendit au niveau du sol et rejoignit un siège à côté du personnage.
Au même instant, Marakes claquait des mains pour signifier le début de la séance provoquant le retrait des secrétaires qui refermèrent les portes en sortant, plongeant la salle dans le silence le temps d'une demie-seconde.
Marakes regarda l'auditoire, puis, après avoir prit une profonde inspiration, il expliqua : "Mesdames, messires, si vous êtes réunis ici en ce jour, c'est à la suite d'une demande formulé par sa Seigneurie de Sakina;" dit-il en désignant l'intéressé tout en inclinant légèrement la tête. "Son Altesse ayant concéder à votre requête, pouvez vous, je vous prit messire, exposer au Grand Conseil les raisons de cette réunion ? "
Se levant, le Duc descendit de son siège pour prendre place dans l'espace au centre, gardant volontairement un temps le silence, avant de commencer à débuter son argumentaire.
Tandis que ces évènements se déroulaient, Valakin avait entamé la conversation :
"Ravi de vous revoir dame Astrid.
- Moi de même capitaine, surtout en des circonstances moins mouvementées... Répondit-elle sans être surprise par la présence de son voisin.
- Il faut dire que vous m'aviez dérobé quelque chose à laquelle je tenais beaucoup.
Remarqua Valakin avec une pointe de légèreté.
- N'auriez-vous pas fait de même si nos rôles avaient été inversés ? Rétorqua calmement Astrid sous le regard dépourvu de Valakin.
- Par curiosité, saviez-vous que tous cela finirait ainsi ?
- A l'image de votre patron, le Duc est trop intelligent pour commettre la bêtise de me révéler ses plans; de fait, je ne connais que le stricte nécessaire pour ma mission.
- Bien sur..." Soupira Valakin avant de se concentrer sur De Sakina qui commençait son propos; il arborait un sourire de satisfaction, presque de jubilation :
"Mesdames, messieurs, vos seigneuries, ce conseil à toujours eu pour vocation la défense de la sécurité, de l'honneur et de la justice Caskar et c'est pour des motifs similaires que j'ai demandé à vos Augustes personnes de venir. Dans la tradition de ce Conseil, je souhaiterais exposé à tous un point de vue et donner la possibilité à ceux qui ne partagent pas mes opinions d'en faire autant. Ainsi, mettrons-nous une fois pour toute fin à cette dispute stérile qui nous opposent : Traditionalistes et Unionistes.
Que sont ces tendances me direz-vous ?
L'unionisme, c'est la porte ouverte aux Scenomen, sous prétexte de nous ouvrir au monde, c'est la perversion de notre culture et la prostitution de nos mœurs envers les personnes extérieures. Le dernier fait en date étant l’accueil d'immigrant Inuits, totalement ignorants de nos coutumes et qui n'ont pas manqué de causer des problèmes...
De plus, au lieu de nous concentrer sur le peuple, l'unionisme offre de créer un Caskar aux standards extérieurs, qu'il fabrique en vue de satisfaire les Scenomen tandis que toute sa force, toute son âme, tout son être sont tourné hors des frontières !
Et le peuple dans tout cela ? Qu'il s'adapte, ou qu'il continue de dépérir dans son "ignorance obscurantiste !".
Le Traditionalisme n'est peut-être pas parfait, mais ce qu'il offre s'appel le respect. Le respect de cette culture millénaire qu'est celle du Caskar, c'est la croyance en la fierté, l'honneur et la loyauté.
C'est aussi la protection du peuple contre l'invasion Scenomen : qu'ils viennent nous faire découvrir de nouvelles choses, soit, mais qu'ils tentent de les imposer, jamais !
Par-dessus tout, c'est la protection contre le retour aux heures sombres du centralisme de la Prunelle et le contrôle total du Grand Duché, institution qui demeure, toujours, portée par ce Conseil !
Que sont alors nos options ? Nous pouvons demeurer ainsi, dans cette lutte qui ne se terminera pas tandis que le Nord et les villes renforcent chaque jour leur contrôle sur leurs périphéries, imposent leurs lois à leurs voisins et s'assimilent comment suzerains des campagnes.
Les terres du Grand Duché n'excèdent pas les villes, qu'à cela ne tiennent, il à trouver un moyen de contourner le problème !
La prétendue cause unioniste n'est en fin de comptes qu'un test de soumission à la domination d'un seigneur qui se devait d'être un juge suprême et qui se veut octroyer les pouvoirs d'un roi !
Ce roi, où devrais-je dire cette reine, ne veut voir en ce moyen que la seule issue souhaitable pour ses ambitions, qui, en fin de compte, vise à étendre ses laisses sur l'ensemble des terres du Caskar, éradiquer un millénaire de tradition seigneuriale pour concentrer le pouvoir dans ses mainss seule. Ceci, est un symptôme de la tyrannie, de l'oppression et de l'enchainement qu'a connu ce peuple sous la Prunelle !
Vous devriez pourtant le savoir votre Altesse, n'avez-vous pas été celle qui à le plus souffert de l'oppression qu'elle à causée ?
Lorsque vous êtes rentrées, vous avez été accueillie en véritable héroïne ! Pourtant, vous avez rapidement déçue les attentes en retombant dans les torts de votre mère tout en combinant ceux de la Prunelle... "
Il se retourna en écartant les bras, embrassant du regard l'assistance : "Je vous le dit vos seigneuries, nous avons placés notre confiance en l’hérédité, mais ce coup-ci, elle ne nous a donnée qu'une catin; de corps... et d'esprit."
Un lourd silence tomba sur la salle, les propos tenues étaient d'une violence rarement rencontrée dans toute l'histoire de l'institution, mais le Duc était dans son bon droit, car ici, chaque seigneur en valait un autre sans distinctions de rang, du moins, officiellement...
Des regards s'échangèrent, on n'osaient pas prendre partis, la Grande Duchesse ne répondait rien, ne tentait même pas de montrer qu'elle était outré ! Une telle marque de faiblesse, face à une telle insulte, remettait en question sa dignité et ses compétences à gouverner...
"Comment osez-vous ?!" S'éleva soudain une voix en même temps que sa propriétaire qui descendit à son tour dans le carré central. Son regard était plein de mépris et de haine, presque tordu de colère.
"Vous ! Le faiseur des malheurs ! Le déclencheurs des guerres, le syndrome de l’Apocalypse !
Comment osez-vous vous attaquer à votre suzeraine, cette suzeraine que VOUS avez transformer en ce que vous lui reprochez ?! Comment osez-vous parler du bien du peuple alors que ce sont VOS complots et VOS guerres qui lui sont sa plus grande source de malheur ?
Dois-je rappeler à cette assemblée que les dix années de paix que nous à offert la Reine Blanche ont été marquées par la prospéritée et le progrès pour l'ensemble du pays ? Que sans elle, nous ne saurions même pas qu'il existe un monde bien plus vastes que nous ne l’imaginions ?!
Et cette chance incroyable, cette envoyée des Dieux, contrariant vos petites ambitions personnelles, vous l'avez lâchement éliminée, Sous les yeux même de son Altesse qui n'était qu'une enfant !
Non content de lui avoir infligée cela, vous l'avez vous-même mener à un endroit où "elle serait en sécurité" face aux recherches de la Prunelle ! Seulement, ais-je oublier préciser que ce lieu est une maison close ?! Et que son Altesse ne dois son éducation et son raffinement qu'à une bonne âme qui la gérait et qui l'a élevée comme un père ?!
Quand à la Prunelle, peut-être avez-vous oubliez que c'est VOUS qui l'avez mise sur le trône pour remplacer la Reine Blanche, dans l'espoir qu'elle vous laisse faire ce que vous désiriez ! Un pantin, voilà ce que vous espériez ! Malheureusement, elle ne s'est pas révélée aussi coopérative que prévu et vous n'avez épargner son Altesse que pour cette raison ! Attendant patiemment sa majoritée afin de lui relater votre version des faits concernant toute cette histoire, et, certain qu'elle filerait venger sa mère, elle à accompli votre volonté. Et tandis que vous assistiez aux dénouement de cette histoire tant attendu dans votre loge; Humiliée par sa position en comparaisons de son rang légitime, déshonorée d'avoir replongée le Caskar dans la guerre que vous avez déclencher le plus tôt possible; son Altesse, elle, n'a eut d'autre choix que l'exil !
Oubliez vous enfin, mes seigneurs, que pendant ces années de "liberté", toute les guerres sont venues de cet homme et qu'on ne compte plus les villages brulées, les populations massacrées par des exécutions à la chaine ?
Oui, en effet, l'unionisme est allergique à l'obscurantisme, en fait, il n'est allergique qu'à la source de toute cette agitation, si nous sommes ici aujourd'hui, c'est uniquement parce que vous avez tout fait pour. Vous vous seriez contenté de rester neutre et ce "peuple" que vous chérissez soi-disant, n'aurait plus jamais souffert, il aurait même connu la prospérité et le bonheur éternel !
Seulement voici, votre ambition vous aveugle, votre soif de pouvoir et de gloire surpasse votre raison et à l'image d'un dégénérer, vous ne pouvez pas distinguer les frontières entre le génie et la folie ! Entre le bien et le mal !
L'unionisme offre ce que les Scenomen veulent voir, c'est vrai, mais n'oubliez pas que "l'invasion" dont vous parlez, ne se fait pas dans le sens que vous décrivez : nous envahissons les marchés Scenomen pour leur bonheur, leurs richesse et la nôtre ! Ce que vous décrivez comme un mal pourrait bien être le plus grand symbole de prospérité depuis des années !
En réalité, le traditionalisme, c'est la gangrène, l'oppression que vous décrivez tant, l'intolérance contre laquelle vous défendez soit disant le Caskar !
Vous êtes un malheur, une plaie à vous seul; l'unique source du problème, la base de la division !
Vous ne seriez et le Caskar ne connaitrait plus jamais la dissension interne !
Tel un virus, vous empoisonner les esprits pour les convaincre de ce qui est le mieux pour vous. Curieux, ce procédé me rappel cette Prunelle que vous décriez tant !
Monseigneur, loin de moi l'idée de l'irrespect, mais vous n'êtes qu'un chacal affublé de titres et de terres dont la seule préoccupation sans contrôle est de trouver une victime en guise de repas !"
La comtesse de Levens avait parlée avec une force que bien des gens découvrait, la Grande Duchesse la première. Le silence s'imposa à nouveau, la situation était pour le moins embarrassante et surprenante de part son retournement subit, De Sakina sentit même planer les doutes parmi certains de ses soutiens les plus fervents.
Tandis qu'il s'apprêtait à une contre-attaque, Marakes intervint : "Je pense que les deux points de vue ont été exposés votre seigneurie, n'est-il pas temps de laisser débattre le Grand Conseil ?"
De Sakina coupa net son élan, la bouche grande ouverte, lui donnant l'air d'un poisson cherchant de l'air.
"C'est la défense d'idéaux la moins idéologique qu'on ait jamais vu. Admis Valakin dans un soupir.
- Capitaine, répondit Astrid, n'avez vous jamais entendu l'adage "la politique est affaire de coeur, et non de Raison" ?
- Et vous, où penche votre coeur ? Vers le "défenseur de la tradition d'éviscération" Caskar ?
- Le vôtre ne défend-il pas l'absolutisme ?"
Une fois de plus, Valakin n'eut comme réponse qu'un regard désarçonné. Après un temps, cependant, il chuchota à sa voisine : "Je préfère une dictature de soie et d'or plutôt qu'une oligarchie de linceuls et de ruines."
Astrid pensa pour elle même que Valakin commençait à bien se défendre, mais elle réalisa tout d'un coup la cocasserie de la situation qui n'était surement pas un hasard.
"A propos, que faîtes vous ici, vous venez protéger l'honneur de la comtesse ? Railla-t-elle.
- Inutile, elle le fait très bien toute seule, en réalité, je fais probablement la même chose que vous, je me renseigne sur les scores. Cependant, entre nous, qui à le plus de mérite : celui qui est né
seigneur ? Où celle qui s'est exilée, qui à complété son savoir chez ces Scenomen que vous détester tant et qui à du reconquérir son prestige et sa légitimité à moitié par la force et pour le reste par le peuple ?
- C'est une question d'opinion.
- En vérité, admis Valakin, j'ai du mal à saisir comment une femme comme vous peut défendre une telle ordure.
- Vous devriez savoir que notre travail n'est pas de défendre un point de vue, mais d'obéir aux personnes à qui nous avons fait allégeance.
Ceci dit, il est vrai que vous avez renoncés à votre honneur en entrant dans la Daska."
Valakin sentit la dernière remarque comme un poignard aiguisé et opta pour un retrait au lieu d'une attaque. Il se leva alors, prêt à sortir, puis, se ravisant il glissa un dernier chuchotement par-dessus l'épaule d'Astrid :
"Je ne savais pas que l'honneur était question d'évènements; pour moi, il s'agissait d'un combat du quotidien... Mais il est vrai qu'en prenant la question dans ce sens, vous risqueriez de vous sentir bien moins à l'aise, surtout concernant celui de vos employeurs..."
Il lui tapota sur l'épaule et se retira. Marakes, aux signes de nombreux seigneurs, annonça que le Grand Conseil allait voter.
"Si les invités veulent bien quitter les lieux..."
Astrid, bien que stoïque, était soudainement en proie à un bouleversement intérieur. Se levant à son tour, elle sortie de la pièce pour rejoindre le hall. Valakin n'était plus là. Il avait prit sa revanche, elle était profondément ébranlée dans ses convictions.
Qu'était le bien ? Finalement, il ne s'agissait que du point de vue que l'on défendait. Quand au mal, il n'était que l'amas de tout ce qui allait à l'encontre de ces idéaux.
Mais qu'était ce qui devait être Juste ? Ses convictions, où le bien commun ? Et en réalité, la question devait même être posée ainsi : "Ce qui suivait ses intérets ou ce qui devait être par bon sens ?"
Bien que n'ayant pas résolu ce facteur de trouble, Astrid résolu d'enfouir quelque part dans son âme cette question pour se concentrer sur le résultat du vote.
Marakes sortit de la salle l'air grave, un papier roulé dans une main.
Il le déplia et lut.
"Par la grâce de son Altesse,
Le Grand Conseil réunis en ce mois de Novembre 2032,
A décider, que le combat stérile, source de divisions opposants l'Union et la Tradition n'avait plus de raison d'être et à sentencé ainsi :
"Au regard des arguments de chacun des partis, nous, membres du Grand Conseil, décidons qu'aucun d'entre-eux ne peut légitimement revendiquer la vérité et que la dispute et ses sources sont en conséquences nulles et non-avenues.
Néanmoins, le bien commun s'est vu redéfini dans le contexte actuel de mondialisation dont l'ignorance volontaire ne nous mènerais qu'à la catastrophe.
De fait, le Grand Conseil accorde raison à son Altesse et la charge d'entreprendre tout ce qui serait en mesure de garantir au Caskar une place dans le concert mondial tout en lui imposant de respecter, de protéger, voir de diffuser la culture, les mœurs et traditions Caskar sous toutes leurs formes.
Qu'ainsi l'honneur et la Justice règnent dans la gloire de l’histoire passée sous la bénédiction des Héros d'antan.
Que vive le Caskar éternel et qu'à jamais cet acte soit la marque du crépuscule d'un âge désormais révolu : celui des querelles et de la désunion.
Qu'enfin, puisse les enfants de notre peuple naître et vivre dans l'espérance légitime de la paix et du bonheur dans un pays libre de toute oppression et contrainte dont la nécessité pour le bien de l’État ne serait pas absolu.
Les Dieux bénissent le Caskar et son peuple !"
Dans le hall, soudain, une joie sans pareille éclata, la nouvelle, relayée au-dehors au peuple amassé et inquiet, provoqua un vent de bonheur qui n'avait jamais été vue dans le pays.
Astrid descendit les marches, comme soufflée par la nouvelle, elle perçut les secrétaires en pleine joie jetant leurs feuilles en l'air, se serrant dans les bras en pleurant de joie. Réalisant alors les faits, au vu du débordement d'émotions inhabituel, l'agente compris que ce qu'elle pensait être le bon camps n'était en tout cas pas celui que voulait le Caskar...
C'était l'euphorie : ont dit qu'en seulement quelques heures, la grande nouvelle parvint à toute les oreilles du pays. Tout les villages de toutes les provinces étaient en liesses, à un point telle que les exceptions furent oubliées sur le moment. La joie était telle que les villes en furent paralysées pendant trois jours, la population étant descendu dans les rues, confettis et klaxon de bonheur occupant tout les espaces libres. La nouvelle fut telle qu'on ne recensa pas un crime au cour de ces instants de bonheur national.
Pour sur, le Caskar s'apprêtait à tourner une page de son histoire...
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