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Posté : ven. févr. 24, 2017 4:00 am
par Hobbes
[center]Quand le Seigneur dit, le Seigneur fait (II)

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/661161SainteMariesauvelesdmunis.jpg[/img]
« [ms][...]Les yeux de l'Éternel sont sur les justes, Et ses oreilles sont attentives à leurs cris. L'Éternel tourne sa face contre les méchants, Pour retrancher de la terre leur souvenir [...][/ms] »[/center]

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Depuis peu, Aurélien redevint le sémillant personnage que le monde avait connu, ayant recommencé à voyager et à concourir pour le dogme - alors legs de générations de docteurs de l'Église - , pour le Tout-Puissant et ses Saints-Commandements. Du moins, il le faisait selon ce qu'il en concevait. Donc, après une absence en 2032 aussi étonnante que son zèle fracassant à l'aube 2031, le pontife poursuivait désormais sa quête divine, aujourd'hui au Thorval, demain à Siracuzza, puis peut-être même en d'autres pays du globe. Toutefois, en dehors de ces chapitres solennels, des affaires sensibles se jouaient au Saint-Siège...Ainsi, dans un couloir privé de l'Hôtel Orac. :

Camerlingue Simeon Volpino:
-[...] Le Saint-Père n'inaugure qu'une tournée. Les inquiétudes de Son Excellence René Duplessis sont louables, mais j'insiste pour que vous le rassuriez à ce propos. Qui plus est, je lui ai déjà fourni l’itinéraire exact que l'avion empruntera au cours de son trajet.

Fonctionnaire au service de M. Duplessis :
-Monseigneur, loin de moi le désir de mettre en doute vos assurances. Toutefois, le gouverneur, lui-même, insiste pour que vous lui fournissiez un gage de la condition médicale de Sa Sainteté. Il ne s'agit que d'une procédure. Après tout, en dépit de la réputation de robustesse de notre Souverain Pontife, celui-ci n'échappe pas aux travers de la mortalité.

Camerlingue Simeon Volpino :
-Certes. En cela... » l'homme de Dieu ouvrit et farfouilla dans sa serviette avant d'en sortir un document certifié, où caducée d'Hermès, signature et contresignature de praticiens ainsi que de nombreux détails médicaux inintelligibles paraissaient « ...voici de quoi satisfaire la bureaucratie, alors. Tout est en règle, et confirme que M. Lionel Fabre, aujourd'hui Aurélien Ier, est en pleine capacité de ses moyens, n'a aucun rhumatisme et, je vous le confie, est d'une santé de fer pour son âge avancé.

Fonctionnaire au service de M. Duplessis :
-Monseigneur est prévenant. » L'agent prit respectueusement les feuilles, les zyeuta rapidement avant de les ranger dans sa propre mallette « Je vous remercie pour votre coopération. Je suis persuadé que vous comprenez la nécessité de ces protocoles. Sur ce, je dois vous quitter. » Le fonctionnaire procéda à une poignée de main pour la formalité, remercia à nouveau le camerlingue et se retira avec ses formulaires.

Cependant, le premier ministre du pape n'en avait pas fini. Le Saint-Père en pérégrination, plusieurs missives durent être écrites, traitées ou envoyés selon les circonstances. Les impératifs de la charge. Par contre, l'une d'entre-elles fut d'une nature plus controversée, en provenance de Siracuzza, et laissait entendre que le prélat de la Sérénissime n'avait de respectable que la dignité qu'il arborait...et souillait à loisir dans la concupiscence en étroite liaison avec le doge en personne. Une lettre dangereuse et surtout totalement soumise au secret. Un tel drame était d'ordinaire soucieusement inspecté par des détectives afin d'être infirmé ou confirmé intérieurement avant d'être régulé, mais dans le cas qui concernait Siracuzza, la situation se voyait plus épineuse, car le prélat, accusé de plus d'un vice par ses compères, allait être récompensé pour ses conduites exemplaires au rang tant estimable de cardinal par Aurélien. C'était donc dans une pleine connaissance de la sensibilité de l'affaire que le camerlingue gérait les exubérances de la Cité. Après tout, le pape, à l'heure où tout se passait, se promenait dans les compagnes thorvaloises, inaccessibles. Dans une autre optique, inutile de le perturber avec des spéculations. Ce n'était pas la première fois qu'à Siracuzza, des combines s'ourdissaient. Maintenant, le cas était de savoir qui était le bon grain de l'ivraie, car en principe théorique, l'accusé était blanc comme neige selon les archives pontificales, et même auréolait de religiosité...

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Posté : ven. mars 03, 2017 4:41 pm
par Hobbes
[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/219403DclaPontige.png[/img][/center]

Posté : sam. mars 04, 2017 11:34 pm
par Hobbes
[center]Pérégrination internationale 2032
Volet Thorval


[img]http://img4.hostingpics.net/pics/145805Campagnethorvaloise1.png[/img]
« [ms]Scaldes dans les auberges, chevaucheurs sur les chemins, environnement agraire »
P.-S. Inscription sur le labelle postal: Dieu accueille en Son sein[/ms]
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L’itinéraire de voyage du Saint-Père commença avec le Royaume du Thorval, une destination de choix au cœur de la grande famille de la catholicité. La reine Marie, récemment couronnée en guise de successeur de feu Niel XVIII, y débutait son règne avec l'espérance d'asseoir son rôle traditionnellement dévolu de lieutenante de Dieu sur terre, aimante de ses peuples. Si son père mourut avec moins de foi que ses sujets, sa fille, dorénavant ointe, avait davantage le vœu sincère de faire coopérer le Sceptre avec la Crosse, chose parfois difficile...Enfin, en dehors de ces points ostentatoires, Aurélien fut dignement accueilli par une liesse jensgårdoise lors de son débarquement. Mgr Bødkersen vint sitôt à son tour révérencieusement réceptionner son invité d'honneur. Après de nombreux actes de présence et un horaire chargé de visites et célébrations, le pape devait se présenter à une audience royale en prévision de bénir le règne de la jeune Marie, comme il l'avait promis. Pendant le chemin, le pontife en profita pour étudier les particularités locales, jaugeant leur conformité dogmatique et le degré de tolérance à y apporter. En ce sens, des religieux acétiques - les abées mitrés - virent leurs juridictions, reconnues anciennement, être clairement délimitées pour ainsi éviter des conflits futurs dans le clergé. Une chose exceptionnelle, bien sûr ! Sur la route, Dieu ne sait où, dans ces lointains pâturages, Auréliens prenait un bain d'air frais avec son guide - un humble chanoine attaché au service de la cathédrale Saint-Erland -. Le blondinet qui l'accompagnait, loin d'être un adepte de papelardise, faisait la conversation avec son éminent supérieur depuis déjà une heure, papotage dénué de la moindre flagornerie, mais bel et bien courtois:



Andsvar Erikærsen, chanoine de Saint-Erland :
-Votre Sainteté se plaît-elle ici ?

Aurélien Ier, pape de l'Église catholique :
-Desserant les nœuds de sa pelisse*, Oui. C'est joli ! Un tantinet frisquet, mais moins qu'en Nouvel-Arsois. Encore faut-il prendre en compte que j'eus des années à vivre dans une région plus chaude qu'ici lorsque Dieu me choisi pour assumer ma fonction. À trente degrés Celsius au moins en Aveloy !

Andsvar Erikærsen, chanoine de Saint-Erland:
-N'êtes-vous pas issu d'Arsois à l'origine, Saint-Père ?

Aurélien Ier, pape de l'Église catholique :
-Vous dites vrai. D'Orezan, plus précisément. La place y est moins...venteuse qu'ici. Le Thorval se positionne dans une zone plutôt jalonnée et plus propice aux brises comparativement à ma communauté de naissance et celle où j'eusse prendre mon pontificat. Vous, d'où êtes-vous venu ?

Andsvar Erikærsen, chanoine de Saint-Erland:
-De Sankt Erland, en fait. Nous migrons peu entre les villes, et je décida de simplement servir ma communauté, comme la Sainte-Bible le suggère à chaque disciple du Christ. Sinon, pour ce qui est du vent, c'est fort variable selon les régions. Dans ce cas-ci, ça sera de courte durée. Ce sont davantage des bourrasques périodiques.

Aurélien Ier, pape de l'Église catholique :
-C'est agréable à savoir pour ce qui est du vent. Quant à vous, pourquoi avoir choisi le service clérical ? Me divulguerez-vous que vous êtes le benjamin de la fratrie et que cela fut votre destin de prendre l'habit pendant que votre aîné succéda à l'affaire familiale ?

Andsvar Erikærsen, chanoine de Saint-Erland:
-Je vous en prie, Saint-Père...Vous faites allusion à une coutume qui existe dans quelque endroit, mais je vous assure que non. Servir Jésus-Christ par son Église m'a toujours inspiré. Les gens d'ici ne s'engagent pas à la légère sur le chemin de la prêtrise, et surtout pas par un trivial ordre de succession familiale qui dicte qui hérite ou non d'une position. Soyez rassuré à ce propos...Les prêtres qui étudient et transmettent l'Évangile ne le font pas sous contrainte, mais bel et bien par conviction, par foi, en recevant l'appel intime de Dieu à faire paître ses brebis.

Aurélien Ier, pape de l'Église catholique :
-Ça rompt avec l'histoire de plusieurs autres de mes adjoints., un sourire fit son apparition, Peut-être viendra-t-il un jour où je repenserai à notre discussion...

Le pape et son guide poursuivirent leur chemin vers l'audience royale.


*Cape plus ample et chaude, pardessus laineux
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Posté : dim. mars 19, 2017 11:42 pm
par Hobbes
[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/149770CommunicationSaintSige2.png[/img][/center]

Posté : lun. mars 20, 2017 4:25 pm
par Hobbes
[center]Quand le Seigneur dit, le Seigneur fait (III)

[img]http://img4.hostingpics.net/pics/614068BenjaminWestTheExpulsionofAdamandEvefromParadise40026790.jpg[/img]
« [ms][...]L'Éternel fonda un havre de paix, le Terrestre Paradis, fit croître la vie végétale et animale, y sema l'Homme [...] Le Père, voyant que ce qu'Il créa était bon, ne dicta qu'une unique chose à ne pas faire, une seule que Ève et Adam ne devait pas oser [...] Dieu voua par interdit l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, mais l'odieux Nahash (Lucifer) s'immisça, convainquit Ève de consommer le fruit prohibé, amena Adam à faire de même [...] El-Schaddaï (Dieu), désappointé et constatant que le péché s'enracinât sitôt en l'Homme, Il le bannit du Paradis [...] le Serpent se vit frappé de malédiction, amputé de ses pattes et à jamais condamné à ramper, également exilé pour sa vilenie [...][/ms] »[/center]

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Le Saint-Père voyageait, et sa tournée du Thorval s'était achevé. Lors de ce parcours, les abées mitrés furent reconnus dans leur situation, les petites gens honorées et plus que tous les autres, Marie, la jeune reine, se fit confier un fragment de la Sainte Lance qui perça Christ. Un pèlerinage sans l'ombre d'un doute qui reluira dans les mémoires et imprégnera les esprits pour plusieurs années encore. Dans la vérité, en dehors de ces traits bucoliques, le pape assumait une campagne internationale servant ses ambitions hégémoniques, éjectant des pions à son encontre et couronnant certains autres pour raffermir son autorité sur l'Église et y maintenir la Chrétienté; une ligne directrice loin d'être inconnue. Le Thorval, pour ce qui le concernant, n'avait guère d'exploitable que d'admettre l'équilibre des pouvoirs en place entre les évêques citadins - lesquels eurent le loisir d'embrasser l'Anneau du Pécheur personnellement - et les abées campagnards - étant les bergers les villageois si nombreux en ce pays -. Rien de plus simple que de rappeler à une femme sortant à peine de l'adolescence l'origine de son autorité et qui la lui avait confié...ou du moins, par quel intercesseur. Une relique pour s'en souvenir, des dîners pour les convenances, des messes pour les péquenauds et un peu de sincère recueillement pour le pigeon voyageur du Seigneur, le Saint-Esprit.

Ceci dit, à Saint-Régis, le camerlingue jouait son rôle avec son habituel zèle. Il apprit tôt que son patron, le pontife lui-même, s'envolait dorénavant vers sa prochaine destination; le Montalvo. Pendant que le chef de la Catholicité ralliait ses proches collaborateurs dans sa politique ''puritaine'' en discourant, serrant des mains et décernant des honneurs, ainsi que sans doute autres choses en coulisse, Mgr. Volpino veillait aux affaires courantes, se tiraillant une fois de temps à autre avec un bureaucrate soucieux, administrant les missives importantes, etc. À propos des lettres plus particulièrement, en fait. Depuis que l'investigation à la Citta de Siracuzzia avait commencée, le premier officier du pape ne cessa de garder quelques minutes de ses pénitences pour réfléchir à l'affaire. Il l'a nomma d'ailleurs Verbum de ore ou Bouche-à-Oreille. Le dossier de ce nom latin, comme dit, rendait le camerlingue curieux, et les comptes-rendus en révélaient toujours plus, au compte-gouttes. Il en fallait plus, mais le temps s'étiolait. À part diriger et financer l'enquêteur en charge, le camerlingue ne pouvait se permettre de dépêcher plus d'hommes, risquant de nuire aux efforts. Ayant toute confiance en l'inspecteur, Volpino ne perdit pas son temps pour appuyer ses recherches et, par le tissage d'une toile de contacts très discrète, mais non moins influente, il put obtenir quelques aides. Ce fut donc un soir, dans la chapelle provisoire, au clair de la lune qui transcendait les vitres, que les choses progressèrent :


Agent de la Sapinière :
-[...] Monseigneur, j'ai reçu quelques paquets à votre intention.

Camerlingue Simeon Volpino :
-Enfin ! L'envoyeur sut-il se satisfaire des arrangements ?

Agent de la Sapinière :
-Tout à fait. » sortant de son écharpe une enveloppe quelque peu bosselée « Voici l'outil qui vous permettra de récupérer les colis et les instructions à suivre. L'envoyeur nous a assuré qu'il sera à nouveau à notre disposition si vous souhaitiez autre chose, mais il nous incite à être, et je le cite, '' aussi silencieux qu'une tombe '' à son sujet, comme convenu par les accords qui nous lie à lui »

Camerlingue Simeon Volpino :
- Volpino se saisit de l'enveloppe Y a-t-il autre chose ?

Agent de la Sapinière :
-Oui, monseigneur. » le camerlingue faisant un geste pour que l'homme poursuive «Quand vous le voudrez, nous pourrons faire parvenir les objets, sous le sceau du secret, à Siracuzzia, comme convenu.

Suite à ces dires, le premier ministre du pontife congédia l'agent, celui-ci prêtant sa révérence avant de partir. Seul, il déchira le recoin du papier, y trouva une vieille clef en laiton et une USB, ingénieusement camouflée en une petite montre fonctionnelle. Sitôt constatés, les breloques furent rangés dans sa poche et il finit de prier. Ce ne fut que le lendemain que le camerlingue, après avoir scrupuleusement étudié via son PC les données qui le concernaient, alla joindre les indices pour récupérer ses colis, les essaya, s'en contenta et les envoya au capitaine à Siracuzzia

:arrow: Jacinto, les objets expédiés sont des « gadgets » sophistiqués pour faciliter la cueillette d'informations. À l'honneur, tu as une certaine liberté sur les technologies employées. Sache uniquement que ce sont des appareils de dernière génération. Le capitaine a également des financements supplémentaires.

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