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Posté : mer. mars 02, 2016 12:07 am
par Vladimir Ivanov
[Merde ! comme je suis administrateur j'avais pas vu que le sujet était verrouillé, n'ayant lu le message du MJ-Coord qu'après mon post.
Je me permet de laisser ce message qui est une réponse directe à un précédant, et maintenant qu'il est posté... Le suivant sera tout naturellement publié dès que ce topic sera déverrouillé.
Merci d'avance pour votre compréhension.]
La Confrérie Tian-Guó et les grandes philosophies austro-orientales (1)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483094-211375confrrietianguo.jpg[/img]
Dans les écoles populaires de formation théorique de la Confrérie, Liang Xiuquan enseignait aux enfants de classe avancée les fondements des principales philosophies austro-orientales... (ici une classe de jeunes débutants tous issus de familles extrêmement pauvres des campagnes)
LE(S) CONFUCIANISME(S)
et commentaires...
Confucius (-551 à -479)
Le Confucianisme est l'école de pensée majoritaire et dominante au Makara. Par sa flexibilité formaliste, c'est plus une philosophie qu'une religion, et elle constitue donc à ce titre un réel avantage, car il n'est pas du genre à enfermer les hommes dans un fanatisme d'étiquette, où le vocabulaire est plus important que la signification concrète, où la forme des choses est plus importante que leur substance où la couleur est plus important que l'essentiel. Il est donc capable de s'adapter à différentes religions ou autres écoles de pensée, du moment que son idéal de fond est respecté.
Comme il a été décrit de différentes manières dans diverses encyclopédies royales du monde makaran, le Confucianisme défend une doctrine claire, précise, qui le distingue nettement de toutes les autres grandes philosophies austro-orientales.
Toutefois, cette école de pensée se base, concrètement, sur un ensemble de rites qu'elle estime indispensable pour le bien de l'homme : rituels en l'honneur des ancêtres, de la famille... ainsi sont-ils détaillés dans le "livre des rites" (ou "des odes").
Il s'agit donc d'une philosophie intrinsèquement spiritualiste, qui défend plus concrètement des valeurs telles que :
_ la fidélité (fidélité à sa nature, fidélité à ses principes)
_ le dévouement (se mettre au service de sa hiérarchie, et des grands principes de sa société, avec conviction et loyauté)
_ le respect des ancêtres (par les rituels, justement)
_ le respect de la hiérarchie (de la famille -donc surtout du père-, de la noblesse, du souverain)
_ le respect du passé et des anciennes traditions
Et cela au nom du but suprême de chaque individu : atteindre, par le respect de tous ces devoirs, le "li" (ou "noblesse spirituelle"), indispensable à l'harmonie du monde.
Contrairement à ce que diront plus tard deux de ses plus grands disciples, le confucianisme originel déclare que l'homme n'est ni bon, ni mauvais en soi : tous peuvent devenir sages ou sots.
Et si l'on peut donner à Confucius un certain mérite, c'est d'avoir reconnu que le comportement humain dépend toujours des circonstances dans lesquelles il agit. Toutefois, et paradoxalement, il laisse l'homme à son libre-arbitre, mais surtout à son aptitude à la perfectibilité. Ce qui peut être par ailleurs, une forme d'optimisme : l'homme est donc perfectible, il n'est pas condamné à resté mauvais parce qu'il le serait "par nature".
En cela, nous serons tous plus ou moins d'accord avec cette saine manière de voir les choses, où s'entremêlent liberté intérieure et influence extérieure.
Là où Confucius se contredit fondamentalement, c'est qu'après avoir reconnu le rôle logique et évident des circonstances environnementales dans le comportement humain, il ose dire ensuite que c'est par la seule perfectibilité de l'individu que découlera la perfectibilité de la société. Il vante donc tout naturellement l'homme auto-construit, et l'exemple individuel, comme moteur du bien de la société. L'attitude exemplaire de l'un qui inspire les autres et se répand de frères à frères, de familles en familles, puis de provinces en provinces. "Il faut s'améliorer soi-même avant de chercher à améliorer le monde."
Mais d'où provient le perfectionnement du premier vertueux si le "comportement découle toujours des circonstances" ?...
Comme rappelé précédemment, c'est pour répondre à ce casse-tête chinois que deux de ses plus grands disciples rejetteront l'idée d'un homme neutre, amoral à la base, c'est-à-dire, "ni bon, ni mauvais".
Le principal disciple de Confucius après sa mort est Mencius (-370 à -290). Chef de la "faction optimiste" de cette école de pensée, il considère que l'homme est naturellement bon : "tout homme est doté d’un cœur qui ne supporte pas la souffrance d’autrui." Plutôt que de lui imposer un excès de contraintes morales pour l'aider à grandir, il faut donc laisser-faire l'enfant calmement, dans la mesure où il doit comprendre que l'effort reste indispensable. C'est-à-dire qu'à l'image du développement d'une plante, l'arracher pour l'aider à pousser (par un excès de discipline et de punitions) revient au même que ne jamais s'en occuper (absence totale d'encadrement et d'éducation).
L'idée qui se cache derrière la pensée de Mencius est finalement que le "premier vertueux", celui qui donnera l'exemple pour tous les autres, provient tout simplement de sa propre nature.
Reprenant l'essentiel de la pensée confucéenne, il lui reproche toutefois d'oublier la politique économique : "la morale ne commence qu'une fois l'estomac rempli". En plus du caractère inné de la bonté humaine, il en déduit que la politique économique est absolument primordiale. De plus, il esquisse une première ébauche de démocratie en réclamant que le prince suive l'impulsion du peuple.
Il s'agit de l'école confucéenne la moins éloignée de la notre.
Selon Xunzi ("Siun-tseu", -300 à -237), le confucéen pessimiste, l'homme est au contraire naturellement mauvais. "L'homme travaille ? il veut se reposer. L'homme a froid ? il veut se réchauffer. L'homme a faim ? il veut s'empiffrer." Son instinct naturel serait donc la preuve de sa méchanceté intrinsèque. Aussi, tout homme se doit d'être éduqué par la carotte et le bâton, sous une discipline stricte. Il faut donc le punir, et ne pas hésiter à être le plus sévère possible.
Le premier vertueux, celui qui donne l'exemple avant tous et pour tous les autres, serait donc celui qui aura été suffisamment puni par son père ou son maître d'école.
C'est la pensée de Xunzi qui inspirera ceux que l'on appellera plus tard les "légistes" au Makara : il défend ainsi une vision très autoritaire du confucianisme, beaucoup plus centrée sur l’obéissance que sur la réflexion.
Mencius : "l'homme est bon, il suffit de le nourrir"
Xunzi : "l'homme est mauvais, il suffit de le punir"
Indubitablement, le confucianisme est une pensée droitiste. Ou plutôt, comme on dirait en Alméra, "extrême-droitiste".
L'homme doit plus regarder et respecter le passé que l'avenir. Il doit se soumettre avec loyauté à sa hiérarchie sans la discuter : la femme soumise à son mari, le paysan soumis à son seigneur, le sujet soumis à son roi. Au nom de l'harmonie, encore et toujours, l'esclavage ne doit surtout pas être remis en cause, parce qu'il est une coutume qui participe à l'ordre, à la stabilité de la société. Les théories thomistes du catholicisme alméran rejoignent cette vision, aux côtés des contre-révolutionnaires du XIXe siècle comme de Bonald : dans les mondes respectifs de la famille et du royaume, l'enfant et le paysan sont en bas, la mère et le seigneur en intermédiaires, le père et le roi en haut, dominateurs. Une entreprise doit fonctionner, elle aussi, comme une famille : le patron domine ses ouvriers comme un père doit dominer ses enfants. Le caractère oppressif de cette prétendue "saine" domination, sera relativisé par le bon comportement du patron, qui, sachant toujours de lui-même se mesurer (comme par hasard), punira ses ouvriers "toujours avec modération". Il en est de même des relations entre maîtres esclavagistes et leurs esclaves.
A cette immonde hypocrisie fondée sur l'Injustice au nom de l'Harmonie, on ajoute dans cette droite ligne que l'échelle individuelle est la seule qui compte, puisque ce n'est que par l'auto-perfectibilité de l'individu que l'on améliorera à terme la société entière. L'orgueilleux exemple des uns changera le comportement des autres... que ce soit par la nature humaine (le patron, foncièrement bon, respectera toujours ses ouvriers qu'importent les circonstances et les formes que sa domination prendra) ou par la discipline éducative (le patron éduquera ses ouvriers par la carotte salariale et les deux bâtons de la violence au travail et du licenciement). Au même titre que l'enfant, une épouse qui tient tête à son mari, un ouvrier paresseux, un esclave indiscipliné... doivent être punis pour apprendre leur servilité. A l'inverse, le père de famille, le patron et le noble sont les seules catégories humaines véritablement aptes à l'auto-perfectibilité. Elles sont donc naturellement et ontologiquement supérieures à toutes les autres. Chacun doit "connaître et respecter sa place" en société pour l'ordre, la paix et l'harmonie.
L'homme auto-construit, mais réservé à quelques élites : elle est la déduction fondamentale du Confucianisme, Mencius y apportant l'élément optimiste du "laisser faire" naturel, Xunzi y apportant l'élément "responsabiliste" punitif de la sanction brutale. Théoriquement, par la violence ou le laisser-faire, tous sont capable d'atteindre le LI, la noblesse spirituelle suprême. Mais en définitive, concrètement, personne -ou trop peu- l'atteindra, en raison du caractère gravement contradictoire (et donc absurde) d'une société où l'Injustice est la seule puissance maîtresse. On inculque à tous une bonté qu'il faut atteindre alors que la logique de base reste la même pour tous : "chacun pour soi" et "que le meilleur gagne". Chercher à devenir bon à partir d'une morale égoïste, est une cause perdue. Tout simplement parce qu'on ne peut pas chercher à devenir "meilleur que les autres" sur le plan moral... sans tomber dans l'orgueil ! Quelqu'un qui oserait se proclamer "plus altruiste que les autres" prouverait par-là même son absence d'altruisme. Telle est la triste réalité de cette école de pensée foncièrement élitiste : un serpent qui se mord la queue. Le véritable altruiste est celui qui cherche la bonté de tous. Pas uniquement de lui-même, pas uniquement de ses proches semblables. Mais pire que cela encore : une société dans laquelle la "concurrence entre bontés morales" s'accompagne d'une rigidité sociale absurde entre catégories inférieures et supérieures, ne fera pas que stopper le progrès technique, et donc le niveau de vie des habitants (qui n'est de toute façon pas le but du confucianisme) mais il entretiendra les ressentiments, entretiendra les jalousies, les souffrances idiotes et autres scandaleuses injustices, surtout lorsque l'on sait que c'est cette même relation hiérarchique qui perverti l'homme. Le dominant ne se conduira jamais vraiment comme une bonne personne face au dominé, comme un "père pour ses enfants", pour la raison logique et scientifique que cette relation est injuste : elle tri les bons des moins bons en fonction de facteurs arbitraires. L'enfance est universelle : tout le monde y passe. L'apprentissage également. Mais au nom de quoi certaines catégories sociales n'auraient pas le droit d'apprendre ? Au nom de quoi certaines personnes auraient le droit d'être chefs, ou d'être bons, et d'autres non, malgré des âges semblables et des facultés potentiellement similaires ? Et il ne faut pas y voir là une quelconque jalousie de gens qui cherchent à devenir "puissant parmi les puissants", mais à l'inverse justement, une preuve d'altruisme à l'égard de ces mêmes "puissants", qui pervertissent leurs âmes autant que celles des autres, en semant, de fait, la souffrance, puis la jalousie et/ou la colère chez les opprimés.
Est-ce l'irrationalité rituelle ou pseudo-divine (le "respect des ordres et de la place de chacun en société pour son harmonie") qui justifie de telles oppressions ? Ou est-ce alors le libre-arbitre de cet homme auto-construit ("l'auto-perfectibilité individuelle pour sa noblesse d'esprit") ?
Et pourtant, dans un excès de sagesse peut-être, Confucius admettait la soumission de chacun aux circonstances de la vie. Une contradiction qui semble, à première vue, indépassable... tel le fameux paradoxe de l’œuf et de la poule.
Et pourtant... ce dépassement a bien eu lieu. Mais avant ce jour fatidique, le premier rival de Confucius (chronologiquement parlant), Laozi, tentera de s'en émanciper en refusant d'y répondre... "vider les têtes, remplir les ventres".
[quote]RÉSUMÉ DE LA PENSÉE CONFUCÉENNE
===> tout est coutume et tradition pour l'harmonie sociale
_ société patriarcale, conservatrice et autoritaire
_ l'amour s'organise en cercles concentriques : famille (individus), clan (ville), tribu (région), Etat (pays), Humanité (monde). Il est aussi inégalitaire (en accord avec la hiérarchie sociale) : le "petit frère" doit respect au "grand frère" qui en retour le protège.
_ le juste est "subjectivé" : l'individu est laissé à son libre-arbitre et à son aptitude à la perfectibilité (responsabilité individuelle)
_ culte des ancêtres (deuil de trois ans à la mort des parents)
_ respect scrupuleux des traditions
_ respect de la hiérarchie (sagesse et tradition > roi-philosophe > seigneur > père de famille > femmes et enfants)
_ fondamentaux inégalitaires
_ vertu de charité (plutôt que la solidarité : rajout d'une notion de hiérarchie)
_ valeurs morales traditionnelles (fidélité, loyauté, honneur, famille, empereur...)
_ branche idéaliste (Mencius) : l'homme est bon naturellement, le prince doit suivre l'impulsion du peuple
_ branche réaliste (Xunzi) : ne pas confondre inné et acquis, l'homme nait méchant et égoïste, c'est l'éducation qui le transforme pour qu'il devienne bon[/quote]
Mais nous reprendront la suite dem...
-quelqu'un l'interrompt discrètement par derrière en lui chuchotant qu'un visiteur demande à lui parler... un "wapongais". Liang Xiuquan dit au-revoir à ses élèves et vînt à la rencontre de ce Sung-Yong Gen...-
Posté : ven. mars 18, 2016 6:05 pm
par Vladimir Ivanov
La Confrérie Tian-Guó et les grandes philosophies austro-orientales (2)
LE TAOÏSME
Philosophie religieuse consécutive d'une rencontre entre plusieurs courants, mais tout de même théorisée par un certain Laozi (dit "Lao Tzeu"), le taoïsme est contemporain des premières théories confucéennes (vers le VIe siècle avant J-C). Le Tao signifie "la voie". Il est symbolisé par le Yin et le Yang, la complétude homme-femme, lumière-ténèbres, mouvement-immobilité.
Contrairement à ce qu'on en dit parfois avec trop de "nationalisme" (certains almérans ont tendance à mélanger toutes les philosophies makaranes pour en faire un bloc monolithique civilisationnel), il s'agit d'une doctrine radicalement opposée tout à la fois à la philosophie confucéenne et à la religion bouddhiste.
_ à l'harmonie civile et culturelle de Confucius en relation avec le monde céleste, le Tao oppose l'harmonie naturelle, dans une relation exclusive entre l'homme et la nature,
_ à la loyauté et au respect de la hiérarchie des confucéens, les tao misent sur la seule liberté individuelle,
_ à l'espoir confucéen de perfectibilité morale, les tao croient à la fatalité d'une nature toute-puissante et immuable (le "Tao") à laquelle sont soumis tous les hommes,
_ au besoin d'éducation et d'effort réclamé par les confucéens, les tao proposent la quiétude naturelle et le fameux "non-agir" (abandon de soi aux forces cosmiques du Tao),
_ à la quête de savoir promut par Confucius, les tao se contentent au contraire de "faire le vide".
Où l'on peut comparer le confucianisme avec les doctrines "post-chrétiennes de droite" (traditionalismes, nationalismes et autres conservatismes), l'on pourra également mettre sur le même plan le taoïsme et les idées de la "gauche libertaire" almérane.
"Écologique", le taoïsme appelle en effet, passivement mais logiquement, au respect de la nature : l'homme est soumis à elle et il doit impérativement le reconnaître. Naturellement (sens propre comme au figuré), il doit donc se laisser emporter par ses sens. Il doit "faire le vide", le "vide en soi" pour se laisser emporter dans le courant de la vie, plus forte que lui. Ce fatalisme implique donc un laisser-aller marqué par la légèreté, l'insouciance, la spontanéité et les plaisirs de la vie. Ceci dans un cadre avant-tout individualiste puisque les instincts naturels appellent plus souvent à l'égoïsme qu'à l'altruisme. Au moins malgré tout, cet égoïsme aura le mérite de ne pas être calculateur. Il sera donc un renfermement sur soi-même, pour une parole franche et spontanée, une vie légère faite de petits plaisirs.
Cet individualisme libertaire vanté concrètement par le taoïsme va très loin puisqu'il inverse les valeurs les plus conventionnelles :
_ "la faiblesse est plus forte que la force"
_ "la stupidité marque l'intelligence suprême"
_ il faut "vider les têtes, remplir les ventres"
De cet éloge de l'absurde, le Tao prétend à la "plénitude du vide". Dans cette même logique, la sexualité est à son tour perçue comme une énergie sacrée qui rapproche l'homme du Nirvana, cet aboutissement ultime du bouddhisme ou de certains courant hindouiste. Mais à l'inverse du bouddhisme, il n'est pas question d'un quelconque respect d'autrui : seul le "soi" compte. Une étrange combinaison entre soi intérieur et sexualité qui pourrait bien mener à la promotion de l'onanisme...
Il fait ainsi preuve d'un profond relativisme, à l'instar de certains mouvements almérans de gauche (ou d'ultra-droites néo-païens) : toutes choses, considérées par certains comme bonnes ou mauvaises, sont de justes et inévitables conséquences du Tao. Le bien et le mal font partie d'un même tout, et ils sont donc fondamentalement ni "bons", ni "mauvais". Le mal n'est pas le mal, le bien n'est pas le bien.
Quoiqu'il en soit, selon tout bon taoïste, la quête de l'immortalité constitue l'ultime mission de tous, et elle implique concrètement, il est vrai, une vie solitaire de simples et petites habitudes proches de la nature, parsemée de méditations à la fois rituelles et sensorielles.
En fin de compte, le taoïsme n'est absolument pas une philosophie ascétique. Au contraire, il est une forme exacerbée d'épicurisme. Et s'il est vrai qu'on ne peut pas non-plus accuser, aussi bien Épicure que le Tao, de mener à la "débauche" (Épicure pouvait même faire preuve d'austérité en prônant la retenue et la modération dans tous les plaisirs, comme sa défense de la franche amitié amoureuse plutôt que de la passion dépravée), cette philosophie orientale l'y pousse inévitablement lorsqu'elle se manifeste au sein d'un environnement -ou sous une influence- capitaliste. Heureusement, cela n'a pas toujours été le cas, bornant ses adeptes (souvent enfermés dans des monastères) à une simple vie solitaire, généralement saine, "d'ermite contemplatif".
Contre une vision linéaire du temps (défendus par exemple, par les chrétiens millénaristes et les communistes), les tao suivent la tradition ancestrale des sociétés primitives polythéistes, qui codifient leur mode de vie, leurs codes moraux et leurs mentalités selon une vision cyclique du temps : celle des saisons et des divers cycles qui rythmes le climat, la vie des plantes et des animaux. Il ne peut donc y avoir de morale universelle unique, ni même véritablement de but à atteindre...
Naturellement hostile au développement technique, le taoïsme pourrait également être accusé d'isoler les individus, de prôner explicitement la stupidité au sens concret du terme, ainsi que la passivité de manière générale, par fatalisme et soumission à la nature.
Ce relativisme libertaire, ce fatalisme, ce "naturisme" (sens idéologique), ce renfermement sur soi, cette vision cyclique du temps et cette rhétorique camusienne par l'absurde (qui finalement rejoint à son tour, par son aspect lamentablement pessimiste, la philosophie sartrienne de la déconstruction amorale...), sont fermement dénoncés par les kiroviens qui substituent à chacune de ces idioties makaro-alméranes, l'universalisme de la Vertu, l'espérance et la foi au progrès (moral comme économique), le civisme par l'éducation, l'ouverture respectueux aux autres, la vision linéaire de l'Histoire et le raisonnement par le recul et le bon sens.
Comme nous reprenons au Confucianisme certains aspects (pratique et préservation des saines traditions, respect des personnes âgées et de son passé, recherche de sagesse...), nous reprenons au Taoïsme son amour pour la vie simple, la jouissance saine et candide des petits plaisirs dans le respect de la nature. A [url=http://www.simpolitique.com/post261226.html#p261226]l'image des Obschiny (communes) du MiR[/url] en Rostovie, ce superbe fruit de la fusion entre Kirov et Saratova... euh, je voulais dire, de leurs idées... hum, [rires légers et discrets dans l'auditoire] attention, n'oublions qu'il s'agit d'exemple en matière de mœurs, des incorruptibles dont nous devons tous nous inspirer !
Donc, cette réconciliation entre religion et communisme permet finalement de rallier les plus belles valeurs enseignées au Makara par le confucianisme et le taoïsme, tout en rejetant leurs excès, que se soit l'élitisme injuste et superstitieux du premier ou le relativisme fataliste et égocentrique du second.
Nous parlerons prochainement du légisme, merci de votre attention à tous.
Liang Xiuquan revient alors à ses occupations administratives... et notamment ses travaux en vue de constituer, lentement mais sûrement, une vaste armée populaire...
[quote]RÉSUMÉ DE LA PENSÉE TAOÏSTE :
===> tout est nature
_ toute-puissance du Tao (donc... de la nature), responsable de TOUT... l'homme doit donc chercher à vivre en harmonie avec lui (donc avec la nature), trouver l'équilibre
_ hédonisme (sacralisation de la sexualité)
_ naturalisme (tout est nature)
_ naturisme : la nature est bonne ===> prône l'inaction, la nature doit te guider, donc ton instinct
_ yin et yang (individualisme, développement personnel)
Le Yang représente entre autres le blanc, le masculin, le soleil, la clarté, la chaleur, le plein, etc. Le Yin quant à lui représente entre autres, le noir, le féminin, la lune, le sombre, le froid, le vacant, etc.
_ "vider les têtes, remplir les ventres" : c’est en ne sachant pas qu’on sait, c’est quand on agit le moins que son action est la plus efficace, la faiblesse est plus forte que la force, la stupidité marque l’intelligence suprême, ou la civilisation est une décadence.
_ non-agir, faire le bien sans y penser, spontanéisme : ils laissent les gestes et leur corps opérer seul, sans intention consciente de la volonté... la nature, bonne, nous guidera.
_ s'oppose à la technique
_ retour à l'état de nature : un bon gouvernement est un gouvernement qui ne gouverne pas.[/quote]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483103-576366quotationgenghiskhanihateluxuryiexercisemoderationitwillbeeasy738070.jpg[/img]
Posté : dim. mars 20, 2016 7:53 am
par Johel3007
[center]Dynastie et nostalgie
[img]http://s23.postimg.org/6bzfp64ej/Bokchow.png[/img]
Drapeau du Parti Populaire pour la Renaissance du Royaume de Bokchow[/center]
En décembre 2013, le Roi du Quing III, dernier monarque du Royaume de Bokchow, est dans une situation des plus précaires. Înquiété au Nord par les armées de la République Démocratique d’Eran qui viennent d’envahir la république voisine du Viek Kiong, rongé en son cœur par la maladie, sans héritier mâle pour prendre sa suite et [url=http://www.simpolitique.com/post83175.html#p83175]courtisé de manière très insistante par un jeune Roi Siman ambitieux[/url], il sait que sa dynastie est au crépuscule. Aucune de ses deux filles ne sera acceptée par les nobles comme Reines sans un mari pour se tenir sur le trône. Et quand bien même cela serait le cas, les armées du royaume ne peuvent tenir en échec les monstrueuses machines de guerre du Sionving et de l’Eran, chacun engagé dans un expansionnisme territorial agressif.
Il choisit donc de marier son ainée, la princesse Shaba, à Siman, Roi du Sioving, en vue de fonder une nation puissante, pleinement à même d’éviter à son peuple les horreurs d’une guerre moderne contre un Eran communiste dont le triste record des purges contre sa propre population se comptait en dizaines de millions et dont les massacres en cours au Viek Kiong ne s’annonçait guère plus tendre.
Il sait que sa fille en aime un autre. Un jeune homme plein de promesse et de sang royal, d’une certaine façon. Mais cet homme n’a pas de couronne sinon une usine de narcotiques dans une vallée perdue, pas d’armée sinon des mercenaires et des truands, une fortune bien ridicule comparée aux milles palais du Sionving. Entre le bonheur de la chair de sa chair et la survie de son peuple, il ne faut qu’un moment d’hésitation à Quing III pour agir en Roi et non en père. Son courage sauvera des dizaines de millions de vies mais pas la sienne : il meurt quelques mois après le somptueux mariage royal, sa main froide tenue par sa deuxième fille qui elle aussi trouvera un destin tragique peu après. Ses sujets chagrinés enterreront leur Roi et leur princesse. Les optimistes parleront d’une nouvelle ère prospère. Les mauvaises langues parleront d’une coincidence troublante : plus personne ne peut contester sa couronne à Sa Sérénissime Majesté Siman II, Souverain des couronnes jumelles du Sionving et du Bokchow, Soleil du Makara, Protecteur des croyants et Empereur de la Péninsule de Raksasa.
Les quinze années suivantes verront un nouvel Empire, né de l’unification de la péninsule du Raksasa, voir le jour et prospérer jusqu’à devenir la première puissance économique et la deuxième puissance militaire mondiale. À sa tête, Siman II règne sans partage, prêt à tout pour assurer la grandeur de son nom et la puissance de son Empire. Trahisons d’alliés, guerres, actes terroristes et génocides sont ses méthodes… et elles fonctionnent. À sa droite se tiennent son fils, Hisahito, aussi âgé que l’Empire et, dans son ombre, effacée comme une bonne épouse musulmane, se tient Shaba, Impératrice. Enfermée dans un mariage politique où elle se force plus ou moins à aimer celui que le destin lui a imposé, elle se console en se disant que son fils sera un bon empereur. Peut-être pas un grand empereur mais un homme juste, généreux et prévenant envers son peuple, ayant à cœur de rassembler ses sujets plutôt que de les accumuler et cherchant à unifier les royaumes de sa couronne plutôt que d’en ajouter de nouveaux. Elle s’est assurée d’en planter les graines : s’il a été instruit dans la foi coranique par ses précepteurs, le jeune Hisahito a été introduit à la philosophie bouddhiste par sa mère. Et l’influence de Shaba sur la fille de l’Empereur est encore plus grande, assurant que le futur souverain sera entouré de proches capables de lui conseiller la justice et la sagesse plutôt que l’ambition et la puissance. Ou du moins le souhaite-elle.
Ce souhait restera lettre morte : Siman II est tué dans un attentat contre son jet privé. L’auteur n’est autre qu’un des terroristes que l’Empereur avait lui-même fait armé pour lutter contre un de ses alliés et ainsi préparer l’annexion du dit allié. Dans l’incident, une bonne partie de ses conseillés les plus fidèles meurent aussi. Mais sa famille en réchappe et l’Empire pourra continuer, avec Shaba comme Reine régente… si ce n’était pour le testament de Siman II, dans lequel il fait la confession d’un homme troublé par ses crimes et souhaitant une once de justice pour ses victimes. Le génocide d’Eussie, souvent impliqué mais jamais prouvé, est ici exposé, en même temps que la culpabilité de l’Empereur.
Son fils est mineur et ne peut régner mais même s’il le pouvait, il ne le souhaite pas : comment accepter, avec sa morale, une couronne aussi sanglante ? Il s’y refuse malgré l’insistance de sa mère qui craint le pire pour la région. Mais le destin est déjà en marche : le Raksasa ne veut plus de son aristocratie. Ses politiciens veulent une république qui amputera pour de bon toute connexion avec ce sordide passé, posant des fondations politiques et historiques neuves à ce qui est le pays le plus peuplé au monde.
Les Provinces-Unies sont nées. Leur capitale, Jiyuan, avec ses 38 millions d’habitants, est aussi peuplée que la région de l’Austrobeysin mais deux fois plus prospère. Elle est le phare du monde et la perle du Makara, un monument en faveur d’un panmakiranisme sous le drapeau du républicanisme constitutionnel, moderniste, étatiste et capitaliste. La seconde ville du pays, Shaoxing, est le phare de l’Orient, au cœur du commerce mondial et une étoile montante qui rattrapera et dépassera un jour Jiyuan en terme de modernité. L’armée des Provinces-Unies n’a pas de rivales dans l’hémisphère Sud et écraserait encore sans trop de difficulté n’importe quelle nation individuelle, à l’exception peut-être de la Rostovie mais même là, rien n’est moins sûr depuis que le géant a trébuché, plongeant dans l’abime pour y entrainer sa Némésis.
Mais tout n’est pas rose au sein de la première puissance mondiale. Derrière les larges avenues proprettes du centre de Jiyuan, des bidons-villes s’étendent à perte de vue dans sa banlieue, si vastes qu’ils ont chacun eux-mêmes leur propre banlieue encore plus misérable. Des villes-usines hideuses rappelant celles de la vallée de Wa abritent le cœur d’une industrie qui bénéficie à seulement une poignée de familles proche du pouvoir et dont l’obscène richesse ferait pâlir même les milliardaires Pelabssiens de jadis. Pour l’écrasante majorité des Sionvinguiens et Bokchowi, le quotidien est celui de la plupart des Makirans : misère, violence, pollution et sentiment de fatalisme face à leur propre insignifiance dans la gigantesque machine à laquelle ils appartiennent. En recherche de réconfort, Certains se tournent vers la religion, d’autres vers l’hédonisme, d’autres encore vers le nationalisme.
C’est à ceux-là et plus précisément aux bouddhistes du Bokchow et du Viek Kiong que les partisans de Sa Majesté Shaba s’adressent quand ils parlent de la grandeur passée d’un royaume modeste n’offrant certes pas les monuments splendides de Jiyuan mais une existence honnête, respectueuse de leurs croyances. Leur message est souvent moqué comme une fantaisie dans les centres urbains, où le laïcisme a pris racine et remplacé le mystique par le matériel, glorifiant le culte de l’argent et du pouvoir plutôt que celui d’une vie vertueuse. Et quand bien même on hoche la tête en acceptant que les choses étaient mieux jadis, on s’empresse d’ajouter que de toute façon, que peuvent faire une poignée d’humains face à un demi-milliards d’autres au service du progrès ?
Mais dans les campagnes, il trouve un certain écho : l’Empire n’a rien apporté de bon pour le paysan moyen. Et les Provinces-Unies se désintéressent de leur sort. Beaucoup, originaires de la province de Yama, ont suivi la voie inverse de celles des migrants Eranéens, choisissant de traverser la frontière du Viek Kiong par les cols escarpés de ses montagnes. Ils rêvent d’une terre où ils pourront voir grandir leur famille loin de la corruption des fonctionnaires de la république et de l’avidité des promoteurs immobiliers qui, sans scrupule, les font expulser par l’armée, composée majoritairement de Sionvinguiens musulmans qui ne se gênent pas pour exprimer par la violence leur mépris pour la foi bouddhiste. Ils veulent de vastes champs dans des vallées tranquilles amplies d’air pur. Ils veulent la liberté et c’est pour cela qu’ils ont suivi les membres du Parti Populaire pour la Renaissance du Royaume de Bokchow, ou PPRRB. Si les abréviation redondantes et le nom pompeux peuvent faire sourire certains et lever les yeux au ciel à d’autres, le groupe s’emploie à un projet politique ambitieux : unir les territoires des anciennes nations du Viek Kiong et du Bokchow en un grand royaume sous la tutelle nominale de Sa Majesté Shaba et son Roi consort, Pui Yu de Lokfol.
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Sa Majesté Pui Yu
Héritier légitime du Trône de Lokfol
Fils de feux Sa Royale Majesté Lee Yu
Protecteur de la vallée de Wa
Président Directeur Général de SugarDaddy Ltd
...et maintenant futur Roi consort du Bokchow.[/center]
Le mouvement peut compté sur des soutiens solides un peu partout au Makara mais c’est en Eran et au Raksasa qu’ils semblent les plus solides. Dans l’Empire d’Eran, au cœur du bodo du Viek Kiong, une enclave à la frontière du Raksasa a été créée. Le pays est vaste, peu peuplé en comparaison du reste de l’Empire et le bras d’In-Tao peine à y exercer une autorité directe locale au quotidien. Champs de pavot et mines de cuivre clandestines fleurissent ici, prêtes à expédier leur production directement sur les marchés de la province de Yama, au Raksasa. C’est là, dans les bidons-villes de la cité de Aru, au cœur des montagnes, que le PPRRB recrute ses futurs colons, travailleurs et soldats. Et c’est au Viek Kiong qu’il le déploie à la tâche. C’est une armée dont les armes sont bêches, pelles, masses et pioches et dont les compagnies mécanisées sont tracteurs, pelleteuses et bulldozers. L’artillerie s’attaque aux flancs des montagnes plutôt qu’aux positions ennemies, explosant à la dynamite les paroies rocheuses afin d’en extraire du minerai ou simplement afin de dégager une route.
Si la Reine n’est pas présente parmi ses futurs sujets, c’est qu’elle a à faire à In-Tao, hors d’atteinte des services de renseignement des Provinces-Unies car invitée officielle de l’Impératrice d’Eran. Ici, dans la capitale impériale, elle rassemble des soutiens parmi les industriels qui craignent le prolétariat Eranéen, jugé trop prompt à rallier les factions communistes. Elle leur offre la promesse d’une main d’œuvre Bokchowi docile et loyale s’ils lui font la promesse de leur soutien dans la renaissance de sa couronne.
[center][img]http://s27.postimg.org/qnpr2zj6r/Bokchow001.png[/img]
Zone revendiquée par le PPRRB pour le Nouveau Royaume du Bokchow[/center]
Pourquoi Taï Han Shan soutient-elle cette initiative qui verrait son empire amputé d’un de ses bodos ?
Elle ne la soutient pas. Du moins pas officiellement. Elle considère, ouvertement, un mariage avec le jeune ex-prince Hisahito, de dix ans son cadet. Elle prévoie déjà un scénario où la dynastie Taï serait gagnante quel que soit l’issue.
Unie par le mariage à l’héritier potentiel d’une couronne tendue par une mère désireuse de créer un royaume couvrant un bodo et trois des provinces-unies, l’Impératrice n’abandonnerait en rien le bodo du Viek Kiong : elle en ferait juste une province d’un royaume fantoche dont, à la mort de la « Reine Shaba », son mari l’Empereur Hisahito 1er d’Eran héritera, réunifiant l’Empire.
Si ce royaume se limite au Viek Kiong, ainsi soit-il : les immigrants du Bokchow auront au moins le mérite d’être des royalistes convaincus et se battront avec hargne contre l’actuelle insurrection socialiste qui sévit dans ce bodo. S’ils étaient victorieux, ils auront bien mériter de pouvoir appeler le Bodo « royaume » si ça leur chante et elle aurait une épine rouge en moins dans son royal orteil. Et s’ils échouaient… cela aura eu le mérite d’affaiblir les communistes, assouplissant leur résistance pour quand l’armée impériale avancera avec ses chars.
Si Shaba et ses partisans, depuis leur base arrière du Viek Kiong, tentaient de soulever les provinces de l’ancien Bokchow et de les rallier à leur royaume fantoche, alors les Provinces-Unies seront potentiellement face à une guerre civile qui drainera leurs forces et les occupera pendant quelques temps. Le prince Hisahito ayant refusé la couronne du Raksasa, on ne pourra l’accuser de chercher à s’approprier ces provinces. Le blâme portera sur sa mère, sur ses paroles malheureuses et sur son association avec l’un des boss des triades dorées. Han Shan aura tout le temps pour convaincre son époux d’accepter la couronne que sa mère lui tendera sur son lit de mort, réintégrant le Viek Kiong dans l’Empire et mettant un terme à une situation diplomatique délicate.
Et si Shaba devient réellement Reine du Bokchow et du Viek Kiong, ayant réussi à soulever le peuple et à pousser les Provinces-Unies à accepter la sécession,… la vieille harpie aura alors mériter toute l’admiration de Han Shan. Elle lui fera construire un glorieux mausolée avant de tendre la couronne à son époux et d’ajouter ainsi plus de cent millions de sujets supplémentaires à l’Empire d’Eran. Des sujets largement loyaux à leur Roi, lequel sera éperdument loyal à sa femme : Han Shan savait comment faire tourner la tête des hommes. Elle avait grandi au Wapong, après tout...
Mais pour l’heure, une chose à la fois : que ces braves émigrés mettent donc en valeur le Viek Kiong.
Et qu’ils fassent [url=http://www.simpolitique.com/post279233.html#p279233]taire ces saloperies de rebelles communistes[/url] !! Leur royaume, ce sera pour après…
Posté : dim. mars 20, 2016 2:27 pm
par Johel3007
[center]Arrangement entre amis[/center]
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Deux mois avaient passé depuis que Sung-Yong Gen avait établi le contact avec sa cible. Et en deux mois, Sung-Yong avait perdu plus d'un million de $RAK en loyers au rabais. Dans des immeubles décrépits le long d'une avenue en périphérie d'In-Tao, on pouvait voir des banderoles clamant divers slogans propres à la Confrérie Tian-Guó. Ici, le quartier tout entier avait été séduit par le programme de logements sociaux que Liang Xiuquan avait annoncé. Ces appartements certes souvent vieux et pas forcément très bien entretenus mais idéalement situés par rapport aux usines de la capitale avaient jusqu'ici été loués à des patrons désireux d'y loger leur main d'oeuvre pour un prix souvent presque aussi élevé que les salaires payés. À présent, c'était la Confrérie elle-même qui les louaient à prix bas aux familles qui en avaient le plus besoin
Au total, quelques 10.000 familles avaient ainsi déjà pu être accommodées dans la capitale. Moins de 1% de la population de la mégalopole mais le message avait touché bien d'avantage que les bénéficiaires directes et, partout en ville, on observait un peu plus de croix suspendues aux porches et de chandelles de cires allumées aux fenêtres. Ici et là, on faisait également mention d'autels dressés en l'honneur de Jésus, Kirov, Saratova, Marie-Madeleine et autres saints chrétiens. Devant l'Église du quartier Alméran, une foule immense se pressait depuis déjà deux dimanches pour écouter les discours des divers "frères" de la Confrérie sur la lutte des classes, les inégalités sociales, la conspiration entre politiciens Eranéens et hommes d'affaires Raksasans, parmi quantité d'autres sujets.
Sung-Yong Gen était même venu écouté un discours prononcé par Liang Xiuquan lui-même, plus pour offrir une marque de respect à son partenaire que par réel intérêt pour la rhétorique du bonhomme. Ses instructions étaient de se rapprocher des dirigeants de la secte et c'est ce qu'il faisait. Il n'était d'ailleurs pas le seul : plusieurs de ses confrères suivaient son exemple, soit par sens des affaires, soit par crainte qu'il s'agisse d'une stratégie du truand pour gagner un avantage sur eux. On parlait déjà de près de 100.000 logements "offerts" à la Confrérie d'ici la fin de l'année, loués à des prix pour ainsi dire gratuits et permettant aux familles nombreuses de vivre plus proche de leur travail et dans des conditions décentes.
Et c'était sans compter le projet sur lequel Sung-Yong Gen travaillait. Avec l'accord de sa hiérarchie à Wapong-City, il avait pris contact avec le directeur régional de Cubical pour arranger la construction éclaire d'un gigantesque complexe comprenant logements, entrepôts, bureaux... bref, une véritable petite ville offerte à la Confrérie où une armée entière pourrait se dissimuler sous le couvert d'être des travailleurs migrants.
C'était en partie pour cela qu'il se rendait dans cette partie de la ville : loin d'embrasser les privilèges de l'autorité, Liang Xiuquan insistait pour vivre dans les mêmes conditions que ses plus humbles frères et soeurs... ce qui impliquait d'habiter au milieu d'un des quartiers les plus insalubres de la capitale.
Et pour présenter son projet sans risque d'être espionné par les services de police de l'Empire, Sung-Yong Gen préférait venir faire la démonstration en personne, à l'ancienne, avec du papier. La technologie moderne, conçue et produite à Jiyuan, ne lui inspirait que moyennement confiance lorsqu'il était supposé comploter contre les Provinces-Unies.
Mais à côté des projets immobiliers, il avait également débuté une infiltration plus activement la confrérie pour en faire la "cellule native" dont rêvaient ses maîtres. Il était devenu proche, pour ainsi dire amis, avec deux des hauts responsables de l'organisation du plan de logement à In-Tao. Une amitié mensongère pour sa part et probablement simple politesse de la part des deux hommes chargés de sélectionner familles et logements en fonction des nécessités de chaque cas mais aussi en fonction de l'utilité pour la Confrérie.
Son objectif à terme ? Avoir un plein accès aux informations auxquels ces hommes avaient accès... et faire fuiter l'ensemble à Wapong-City. Il avait aussi recruté des hommes chargés d'en recruter d'autres pour infiltrer la Confrérie depuis les plus bas échelons, en se faisant passer pour d'anciens soldats déçus par la mort de l'URCM. Leur mission serait d'atteindre des positions de pouvoir au sein de la Confrérie ou au moins de se rapprocher des gens ayant de l'autorité, afin d'être en position utile pour la cellule : collecte d'information, tentative de manipulation ou même assassinat pur et simple si besoin.
Après tout, tant qu'à faire des affaires avec une vipère communiste, autant avoir quelques atouts si besoin...
Posté : dim. mars 20, 2016 4:05 pm
par Vladimir Ivanov
La Confrérie Tian-Guó et les grandes philosophies austro-orientales (3)
(en comptant ma petite propagande du début : premier point IMS utilisé pour le rp commun d'Eran !)
LE LEGISME
Le taoïsme est un idéalisme absurde car volontairement irrationnel ; il est un hyper-idéalisme (c'est-à-dire à l'excès) qui refuse la réalité et finit comme on l'a vu précédemment, par se retourner contre lui-même (d'où le fatalisme tao). Aussi, pourrait-on qualifier la pensée Tao de transidéalisme.
Le confucianisme de Mencius (ou "néo-confucianisme" -dont nous nous inspirons-) est un "idéalisme réaliste" ou idéalisme semi-rationnel, sage paradoxe plutôt qu'oxymore de fou, puisqu'il ose croire à la perfectibilité de tous les hommes lorsque les conditions extérieures lui sont favorables (notamment économiques). Ainsi fait-il du réel l'habile serviteur de l'idéal pour sa réalisation concrète durable. Malheureusement, ce réel est encore trop faible en raison de la confiance aveugle donnée par Mencius aux bienfaits de la nature (ce qui le rapproche du taoïsme).
Le confucianisme de Xunzi est un "réalisme idéaliste", là encore un paradoxe qui cherche à montrer cette idée sur-réaliste (réalisme irrationnel) que l'homme ne peut être éduqué que par le bâton dans une conception "responsabiliste" -et finalement individualiste- de la société, d'où l'usage abusif de la punition individuelle. Toutefois, cette primauté donnée à l'éducation (laquelle doit arracher la mauvaise nature de l'homme en lui substituant une culture juste : "ce qui est bon est toujours fabriqué", jamais naturel !), rationalise la pensée xunziste et en constitue l'élément réaliste que nous reprenons en toute complémentarité avec la philosophie encore trop idéaliste de Mencius.
Le légisme lui, est un hyper-réalisme. L'idéal n'est rien de plus qu'un instrument parmi d'autres au service du réel. Explications à la suite.
Bien que le légisme ne sera conceptualisé que trois siècles plus tard, sa philosophie rôdait de facto au sein de la faction royaliste anti-féodale de l'Eran entre le IVe et le IIIe siècle avant notre ère. Ces principaux penseurs sont Shang Yang (390-338 av.JC), Han Fei Zi (280-233 av.JC) et Li Si (280-208 av.J-C). Tous sont contemporains de la période des Royaumes combattants (-480 à -222), près de trois siècles d'anarchie qui séparent la période mythique (-3 000 à -481) de celle du premier empire fondé par le fameux Qin Shi Huangdi en -221. Malgré son inexistence formelle, le courant légiste est une philosophie de combat structurée et bien réelle : hostile à l'anarchie féodale elle cherche à réunifier et pacifier l'Eran sous une seule Couronne, contre les puissances feudataires qui s'étripent les unes contre les autres au prix de nombreux carnages, entre massacres et famines. Contre cette opulente féodalité, dominatrice, hautaine et cruelle, les légistes optent pour l'absolutisme royal. Et pour ce faire, ils doivent méthodiquement et consciencieusement adapter leur stratégie pour permettre à l’État royal, garant du bien commun, d'écraser et vaincre définitivement tous les seigneurs et autres vassaux indisciplinés de l'Empire. Des roitelets égoïstes qui oppriment la population asservit de LEURS terres pour mener LEURS petites guerres privées au nom de LEURS seuls intérêts personnels.
Ce ton possessif est le propre de la "droite" en générale, qu'elle soit traditionaliste et féodale ou moderne et capitaliste : les forts ou chanceux possèdent, s'approprient, exploitent, jouissent du malheur d'autrui. Les légistes pourtant, n'y voient pas là un jugement de valeur mais plutôt un constat de puissance pure : la féodalité, immorale ou pas, favorise le démembrement de l'Empire du Milieu. Il mène à l'anarchie, au chaos, et donc à la division... autrement dit, à la faiblesse.
Les légistes sont des adeptes de la puissance (qu'elle soit brute ou pure). Et cette puissance ne s'accomplira que par la centralisation du pouvoir et son renforcement.
Les partisans de la puissance brute défendront un autoritarisme plus ou exacerbé (légisme primitif).
Les partisans de la puissance pure défendront un véritable totalitarisme (légisme approfondi mais paroxysmique).
En effet, selon cette dernière branche, l'autoritarisme borné et répressif doit être dépassé, transcendé par une centralité totalitaire où la loi imprégnerait chaque individu, une auto-gouvernance généralisée et interconnectée qui dispenserait le souverain lui-même de gouverner, lequel se retrouverait pratiquement en situation de "non-agir" ! C'est en cela qu'il rejoindrait alors le taoïsme, du moins sur ce point. Un "laisser-faire" paradoxal qui n'est pas sans rappeler le "totalitarisme volontaire" promut par tous les kiroviens. Il faut aller jusqu'à adopter le principe de la "responsabilité collective" : la masse du peuple étant plus puissante que l'individu, lui-même insignifiant, c'est donc à elle seule que l'on doit s'adresser ou rendre des comptes. Toujours selon ces légistes "purs et durs", la priorité initiale de toute réforme politique est de faire table rase du passé. Cependant, il ne faut pas oublier que la pensée légiste part de l'homme et de la société comme ils sont, et non comme ils devraient être. C'est ce qui rend les légistes si malins et efficaces : ils prennent en compte le réel tel qu'il est, et s'adaptent en conséquence sans pour autant s'y soumettre, bien au contraire puisqu'il s'agit tout bonnement de détruire, ou "révolutionner" l'ancien état politique (historiquement, le monde féodal).
Les légistes de la branche "épurée" adeptes d'une vision totalitaire de la politique sont finalement très proches de l'ultra-kirovisme, cette hérésie terroriste qui recherche la puissance à l'état pur, au-delà des intérêts privés, de l'égoïsme ou autres désirs passionnels : le rationnel "totalitarisme volontaire" doit se substituer au passionnel "autoritarisme envieux". L'objectif consistant ni-plus ni-moins qu'à "créer Dieu", qui n'est pas derrière mais devant nous, d'un point de vue temporel.
Shang Yang était un "premier ministre" éranéen du IVe siècle avant J-C. En renforçant le clan du souverain "légitime", par ses réformes habiles, il jeta les bases de la réunification éranéenne. Toutefois, il sera initialement confronté aux nobles, qui profiteront de leurs privilèges pour violer les lois qu'il promulguait... ce qui eu pour conséquence un mécontentement populaire en réaction à ces injustices persistantes. D'une main de fer, il force donc les nobles à s'y plier et cette dureté politique permettra finalement le succès de la réforme, la soumission des nobles et le soutien du peuple.
Curieuse anecdote : un sujet vînt lui adresser en personne ses compliments à Shang. Celui-ci, méprisant les beaux parleurs, le déportera. Ceci témoigne de la dureté, mais également du désintérêt sincère des légistes face aux multiples et vicieuses tentations égoïstes.
Ses réformes cherchent avant-tout à rationaliser et centraliser l’administration (nouveaux districts avec hauts-fonctionnaires de l’État pour briser les fiefs et leurs seigneurs), stimuler le progrès technique, mener à bien de nombreux travaux publics (canaux, système d'irrigation et de digues contre les inondations...). Mais il est surtout connu pour avoir été jusqu'à imposer sur le plan judiciaire, le système de la responsabilité collective (à l'échelle clanique). Si une faute était commise, tous les chefs de famille du clan sont sanctionnés. On favorise également la délation pour une Justice "populaire" souple et directe.
S'étant fait de nombreux ennemis (surtout chez les nobles, naturellement), il finit par tomber politiquement à la suite du décès du souverain (son protecteur), avant de fuir. C'est durant sa clandestinité (au cours de laquelle il tentera de lever une armée contre le pouvoir) qu'il sera victime d'une loi qu'il avait lui-même promulgué : le conduisant quelques jours plus tard à la mort sur le champ de bataille, lors d'un affrontement perdu d'avance.
Han Fei Zi est contemporain de l'achèvement de la période chaotique des Royaume combattants. Aristocrate moyen victime de bégaiement, ce n'est pas un homme d'action mais de réflexion. Jeune, son maître n'était autre que le célèbre confucéen Xun Zi.
Alors qu'il méditait sur les meilleures façons de gouverner, il était extrêmement critique contre le pouvoir, la famille royale et l'aristocratie en général, méprisant l'oisiveté, la débauche et condamnant l'hypocrisie ambiante par les usages et la flagornerie. Influent, le roi Qin lui-même fut séduit par sa philosophie et son extraordinaire talent d'écrivain.
Ultérieurement considéré comme un légiste pur et dur, Han Fei reprend la pensée de son maître Xun Zi : l'homme est naturellement mauvais. Cependant, il corrige à l'extrême cette théorie en rajoutant que l'individu ne peut pas s'améliorer : sa nature est irrémédiablement mauvaise puisque fondamentalement égoïste. Il faut donc le dresser par la carotte et le bâton, la récompense et la punition, ce qu'il nomme "les deux Manipules". Pour Han Fei, la loi des hommes doit être aussi sévère, inflexible et inaliénable que la loi naturelle, à un point tel que l'individu n'aura pas d'autre choix physique comme psychologique, de suivre la volonté du Fils du Ciel. Comme dit précédemment, cette idée rejoint le taoïsme politique dans le sens où l'aboutissement de cette logique sera la disparition des châtiments, l'abolition de la violence et le "non-agir" du gouvernant lui-même, transformé en "grand-sage", en "gardien de la loi" passif, ou "grand législateur". Plutôt que d'inciter le sujet à l’obéissance par la peur de la sanction ou à l'avidité des récompenses, il modèlera son comportement jusqu'aux tréfonds de son être, jusqu'à en altérer sa volonté propre.
Spiritualisant son réalisme, la loi est élevée par Han Fei au rang de pilier de l'ordre de l'univers, comme un des rouages majeurs de l'harmonie céleste.
Il sera tué par son grand rival et condisciple, Li Si, qui le déconsidérera auprès de l'empereur avant de le jeter en prison. Alors que ce dernier changera d'avis à la dernière minute, il sera trop tard... Li Si suicidera Han Fei en prison. Mais sa postérité fut glorieuse, et c'est bien lui qui constituait l'inspiration fondamentale de toute la politique de l'empereur Qin Shi Huangdi. Han Fei est encore aujourd'hui considéré comme un des plus grands philosophes du Makara.
Li Si est le condisciple et rival de Han Fei Zi : ils ont en effet eu tous deux pour maître commun le grand Xun Zi. D'origine relativement modeste, ce lettré devînt l'architecte de la nation éranéenne. Fin tacticien politique, il a passé sa vie à combattre la féodalité au service de l’État en tant que ministre sous le règne du grand Empereur et unificateur éranéen Qin Shi Huangdi. C'est Li Si qui mit un terme au chaos des royaumes combattants au grand dam de la féodalité. Il est le grand gestionnaire et planificateur de la politique centralisatrice de Qin, de la rationalisation administrative aux conquêtes militaires, en passant par la simplification de la calligraphie et la standardisation des mesures.
Il gravit rapidement les échelons en séduisant l'empereur par son intelligence et son don oratoire. Mais il sera rattrapé par un rival encore meilleur que lui, Han Fei Zi, ce qui le poussera à convaincre le Fils du Ciel de l'emprisonner dans le contexte d'une guerre entre "royaumes", avant qu'il ne lui propose du poison pour une "mort honorable" (suicide) en prison. Si le défunt Han Fei était un homme de réflexion, Li Si lui était un homme d'action.
Ardent défenseur du progrès technique (même au sacrifice des anciennes traditions), il était toutefois partisan de la censure et de la lutte acharnée contre les opposants notamment intellectuels : exécutions publiques, déportations...
Li Si resta le protégé de l'empereur jusqu'à sa mort. Li Si parvînt même à organiser sa succession en plaçant l'un de ses fils sur le trône (le cadet au détriment de l'aîné qui fut "suicidé" à son tour) : il détenait alors les pouvoirs réels de l'Empire aux côtés de Zhao Gao, grand intendant de la maison impériale, l'éminence grise de l’État (celui-là qui fut à l'origine de l'expression makarane célèbre "de la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval" : pour jauger la loyauté des hauts-fonctionnaires du Palais, il présenta un daim et le qualifia -sciemment- de "cheval"... les fonctionnaires qui le suivirent et confirmèrent son appellation furent épargnés... tous les autres -ceux qui osèrent dire la vérité en le contredisant- furent éliminés les uns après les autres).
A son tour, Li Si fut victime des intrigues du pouvoir impérial, et le nouveau souverain fut persuadé par Zhao Gao de d'abattre Li Si dans le cadre de la désagrégation du pouvoir Qin. Tout comme le légiste Shang Yang un siècle plus tôt, c'est sa propre législation qui le conduira directement à sa perte... toute sa famille fut emprisonnée pour "haute trahison", et Li Si lui-même subit une exécution publique particulièrement cruelle. Pour accroître sa peine, son deuxième fils reçut le même châtiment.
____________
A titre de conclusion, le légisme met en valeur trois concepts : la loi (Fa) qui se justifie d'elle-même comme expression d'un "Tao culturel" (la Loi comme divinité légiste directement inspirée du Tao), la position de force qui -contrairement aux principes- détermine la réalité du pouvoir (c'est l'amoralisme politique du légisme : la valeur personnelle du souverain n'a aucune importance, ce qui importe c'est l'efficacité des lois promulguées et des institutions chargées de les faire respecter), et les techniques de contrôle (centralisme déconcentré par un fonctionnariat chargé de surveiller et de contrôler la population, principe de responsabilité collective, délations...) pour altérer la mentalité humaine et par-là même son comportement en vue de la suprématie totale de la Loi, unique garante du Bien Commun.
En somme, le légisme est une sorte d'ultra-kirovisme modéré, qui ne va assurément pas aussi loin que la Main Noire de Terienkov (qui, pourtant à partir des mêmes conclusions, va jusqu'à rejeter l'humain dans sa globalité) mais y emprunte le chemin de sorte que l'homme ne soit pas renié pour autant.Il se rapproche en cela du kirovisme par nombre d'aspects politiques formels, mais le point essentiel qui malgré tout tranche entre kirovisme et terienkovisme, sur le plan philosophique et donc fondamental, c'est l'amoralisme assumé des légistes, qui les rapprochent indubitablement du second. Leur recherche effrénée de la puissance, même (et justement !) désintéressée, en font en quelque sorte, des disciples primitifs de Terienkov.
[quote]Les institutions étatiques sont chargées de faire en sorte que la loi soit intériorisée par les individus à un point tel que le châtiment lui-même deviendrait inutile tant la terreur qu'elle inspire serait grande.
HRP / Sources : la plus célèbre encyclopédie d'Internet confirme que je viens de repenser le légisme sur simpolitique avant de m'en rendre compte XD[/quote]
Ces théories très poussées sur le pouvoir politique, qui, pour les légistes "épurés" dépassent la punition elle-même (bassement responsabiliste) afin d'éduquer par le laisser-faire dans le cadre d'un environnement sain et l'automatisme souple d'un "totalitarisme volontaire" (responsabilité collective favorisant la solidarité), permettront paradoxalement de donner au peuple les moyens de sa propre émancipation. Aussi le légisme peut être qualifié de "proto-kirovisme amoral", en soulignant toutefois ce dernier adjectif pour ne pas oublier qu'il sert plus de trait d'union entre kiroviens et terienkoviens plutôt qu'entre kiroviens et saratoviens comme nous tentons de le faire à Tian Guo.
Contrairement au taoïste qui fuit la question en s’abritant derrière son idéalisation de la Nature, le légiste répond frontalement au paradoxe de l’œuf et de la poule (est-ce l'individu qui modèle son environnement social par l'exemple qu'il donne... ou l'inverse ? -la grande question que je pose depuis le cours sur le confucianisme, souvenez-vous). Tous les légistes s'accorderont sur une chose : c'est bien l'environnement (et en l'occurrence -plus directement- la situation sociale, elle-même modelée par la Loi, érigée en architecte suprême), qui détermine la mentalité et le comportement humain. En cela, nous rejoignons pleinement la philosophie légiste et reconnaissons sa valeur pratique et sa cohérence.
Cependant et pour finir, pour nous, communistes kiroviens de confession chrétienne, le légisme est à condamner résolument en raison son amoralité. Toutefois, au même titre que le taoïsme et le confucianisme, il développe des idées à la fois originales et rationnelles car scientifiquement prouvées puisqu'il répond avec brio à la question sur le rapport de force entre individu et société. Nous reprendrons donc du légisme sa théorie du pouvoir, par le constat réaliste, méthodique et consciencieux de la situation présente -realpolitik-, par la guerre contre la féodalité et les bienfaits du centralisme (que nous mesurerons toutefois largement, en fonction des circonstances), par la nécessité de reconnaître l'égoïsme naturel inné de tous qui doit être éradiqué par une éducation civique, et surtout par l'intériorisation de l'auto-discipline individuelle avec le soutien absolu de la solidarité populaire.
[quote]LEGISME :
===> tout est loi
_ la loi est au dessus de tout
_ réalisme politique
_ autoritarisme (légisme primitif) ou totalitarisme (légisme approfondi)
_ substituer à la nature égoïste innée de l'homme l'acquis culturel d'une éducation inflexible
_ amoralisme et utilitarisme (machiavélisme)
_ châtiments extrêmes pour montrer l'exemple avec climat de Terreur
_ responsabilité collective
_ les familles au service du prince/souverain
_ centralisme administratif
_ rationalisme (unifications scripturale, linguistique, des poids et mesures...)
_ prince/souverain, ou "Fils du Ciel" > seigneurs (anti-féodalisme)[/quote]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483122-947466shangyang.jpg[/img] - [img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483122-422630hanfeizi2.png[/img] - [img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483122-542456lisi2.png[/img]
Shang Yang - Han Fei Zi - Li Si : les trois grands penseurs hyper-réalistes du Makara, fondateurs du Légisme. Un proto-kirovisme amoral ou un terienkovisme primitif ?
Posté : mar. mars 22, 2016 7:11 pm
par Vladimir Ivanov
A LA MÉMOIRE DU VIEK KOING
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483317-837545mrnv.jpg[/img]
Des résistants du MRNV contre l'occupant impérialiste éranéen
[quote]Mes frères, mes sœurs...
Nous sommes éranéens et fiers de l'être. Il s'agit de notre pays, notre patrie, notre peuple : l'amour de ces "trois p" n'est pas l'apanage des réactionnaires impérialistes. A l'origine, la nation désigne le corps du peuple entier contre les dynasties royales et grandes familles aristocrates. Xia, Shang, Zhou, Qin, Han, Jin, Sui, Tang, Song, Yuan, Ming, Qing... autant de dynasties tyranniques, dont certaines, comme les Yuan, sont ethniquement étrangères. Toutes, passivement, c'est-à-dire de leur simple existence, spoliaient les humbles travailleurs (99% de la population) en s’appropriant une portion du fruit de leurs labeurs pour dénaturer leur existence, faisant de leur pénible vie une avilissante survie. Comme si la misère matérielle ne suffisait pas à satisfaire leur basse cruauté instinctive, les dernières dynasties ont été jusqu'à nous humilier mentalement par le port de la natte chez les hommes et le bandage des pieds chez les femmes ([url=http://www.konbini.com/fr/files/2014/06/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2014-06-20-%C3%A0-17.30.13-810x807.jpg]source de terribles déformations physiques et douleurs[/url]), autant de signes de soumission pour rappeler à tous, les oppressions feudataires d'abord, puis masculines dans un second temps. Contre la féodalité et l'aristocratie, l'idée nationale représentait l'étendard de libération du peuple en ramenant tous les sujets à égalité, non-pas pour niveler, mais au contraire, pour élever au rang de citoyen. Puis est venu l'âge de la bourgeoisie, qui a pris le relais de l'aristocratie dans l'oppression de l'homme par l'homme, mais cette fois-ci sous couvert de justificatifs tel que le pseudo-mérite individuel ou l'héritage. Malheureusement, dans certains pays où la bourgeoisie "bleue" fut vaincu par une révolution communiste, une "bourgeoisie rouge" est venu reprendre le flambeau. C'était partiellement le cas en Eran...
Et justement... parmi les plus terribles erreurs de notre classe politique, même communiste... il y a la guerre du Viek Koing. Nous devons savoir que l'invasion et la domination du Viek Koing par l'Eran fut d'une intolérable stupidité, criminelle même, et ce, dès les origines.
Le Viek Koing, ce pays de 35 millions d'habitants, particulièrement pauvre, avec ses spécificités culturelles et sa fierté patriotique : son voisin dix fois plus peuplé décide de l'envahir... et une lutte sans merci est alors engagée entre les "impérialistes rouges" et un petit peuple opprimé qui préserve sa dignité en défendant sa liberté.
Je vous le dis en toute franchise mes frères et mes sœurs : le MRNV, en principale force de résistance populaire, doit nous inspirer respect et admiration. Pour sa lutte héroïque au prix de milliers de victimes initiales contre un régime communiste corrompu, athéïste et impérialiste... et pour son sacrifice jusqu'à une suppression totale. Lorsqu'il s'est avéré que les autorités de notre pays à l'époque étaient incapable de maintenir la paix dans leur colonie, pire encore, quand elle s'est aperçu que le MRNV lui-même, architecte du très ingénieux "Socialisme Volontaire", était finalement "plus communiste" que l'Eran, l'URKR l'a remplacé au point de la transformer elle-même en colonie. La résistance populaire viek fut à son tour subverti par de faux groupes créés de toute pièce par la Main Noire comme "Force VK", une secte ultra-nationaliste violemment anti-éranéenne... mais favorable aux intérêts de Novgorod. Le Viek Koing, colonie d'une colonie, fut alors triplement asservit : la vieille puissance impérialiste éranéenne avec ses intérêts nationaux sociaux-bourgeois, la secte des infiltrés de Force VK pour subvertir la noble cause viek... et les troupes d'élite du Rovostran qui planifièrent discrètement leurs sombre desseins dans le but de régler définitivement la "question viek". Ces nouveaux maîtres, à savoir les cévékazes de Terienkov et troupes d'élite de la Main Noire, optèrent tout simplement pour la suppression démographique. Il sera révélé plus tard que cette décision ne venait ni des éranéens (qui pourtant furent complices, l'OSSP sachant à l'avance l'immonde projet rostov !), ni de "Force VK" qui n'était que l’exécutant... [url=http://www.simpolitique.com/post125618.html#p125618]mais bien de Terienkov lui-même[/url], constatant le lamentable échec à la fois du bâton éranéen et de la carotte kirepienne ("[url=http://www.simpolitique.com/post117616.html#p117616]brigades du peuple[/url]"). En septembre 2018, un [url=http://www.simpolitique.com/post141320.html#p141320]virus[/url] ethno-sélectif extrêmement contagieux et [url=http://www.simpolitique.com/post163674.html#p163674]d'une virulence sans égal dans l'Histoire[/url] fut alors répandu sur ce territoire fermé par la secte "Force VK", se faisant passer pour le MRNV. Après 20 millions d'infectés -tous tués (+ de 99,99% de létalité)-, les dix millions restants furent à leurs tours exterminés dans des [url=http://www.simpolitique.com/post165382.html#p165382]camps de la mort[/url], une véritable industrie biologique où usage de cobayes lors d'expériences militaires et rituels sacrificiels d'inspiration diabolique permirent à l'Eran, avec la complicité directe du Raksasa, de dominer la région.
Ce même Raksasa, en contact plus ou moins direct avec la Main Noire et ce à maintes reprises, qui a refusé d'aider le Quantar assailli par les lochlannais en 2016... ce qui poussa le Pelabssa à utiliser son arsenal chimique.
Ce même Raksasa, qui a lâchement a quitté l'OTH après quelques concertations secrètes.
Ce Raksasa qui a fait planter toute l'opération de défense internationale lancée contre l'URKR génocidaire au Viek Koing.
Ce Raksasa qui a pactisé avec l'Eran pour partager la région (le Secrétariat d’État du Raksasa qui, je cite, [url=http://www.simpolitique.com/post248381.html#p248381]"adresse ses félicitations à l’U.R.C.M. [...] pour le formidable travail accomplis pendant toutes ces années.[/url]").
Ce partage était illégal dès l'origine... et il est devenu après le génocide viral de 2018-2019... une véritable abomination. Le Viek Koing autant que le Bokchow méritent d'accéder à l'indépendance.
Ce qu'a subit le Viek Koing est le pire des tourments jamais imaginé dans toute l'Histoire. La secte du Rovostran y a expérimenté, en pire, ce qui était déjà la norme en Rostovie. Totalitarisme paroxysmique, industrie de la mort, centres concentrationnaires avec esclavage d’État, expériences scientifiques létales sur cobayes humains, génocide méthodique...
Cette horreur est la résultante de l'idéologie athéïste ultra-progressiste et misanthrope de cette hérésie pseudo-kiroviste qu'a théorisé Terienkov, et dont les origines comme les conséquences bénéficièrent à plusieurs reprises de la complicité flagrante de nombreux acteurs capitalistes dans le monde (SAS du Pelabssa, autorités raksas, Lochlann...). Une perversion du kirovisme qui fusionne des éléments du communisme ultra-progressisme, du capitalisme sans foi ni loi et même du nazisme par certains aspects fondamentaux comme le darwinisme social. Et celui-ci se doit d'être nettoyé par l'autocritique et la confession.
C'est pourquoi, en tant qu'éranéen communiste, je demande pardon au peuple viek pour l'oppression dont-il fut victime jusqu'en 2017, avant de réitérer mes excuses à ce peuple, avec plus de ferveur et douleur, pour notre passivité face au génocide terienkoviste, et la complicité flagrante de l'OSSP et des autorités éranéennes de l'époque, ce que [url=http://www.simpolitique.com/post152156.html#p152156]prouvait la ligne Jigsaw[/url] construite plus de 10 mois avant la mise en application de leur programme d'extermination. Certes, que pouvait l'Eran [url=http://img4.hostingpics.net/pics/498056Diagrammedespuissancesmilitairesau1erJanvier2018.png]face à ce monstre qu'était l'URKR, à l'armée pantagruélique[/url] au PIB quatre fois supérieur à celui de la [url=http://img15.hostingpics.net/pics/697688TableurPIB2019.png]fusion Eran-Lychaka[/url] ?
Nous pouvions nous révolter. Nous pouvions déposer des obstacles dans les rouages de cette machine infernale... de toute évidence, notre pays avait déjà trahit le communisme depuis longtemps. L'OSSP, coopérant avec le NKRD et les cévékazes, venait de rallier l'URKR. En appliquant à la lettre ses recommandations, [url=http://www.simpolitique.com/post152156.html#p152156]l'Eran avait de fait choisi son ralliement inconditionnel à la secte terienkoviste du Rovostran[/url].
Le résultat on le connaît : la province fut renommée "Bodo", et le Viek Koing fut annexé par l'Eran comme le Bokchow par le Raksasa.... autrement dit par la force et sans aucune légitimité.
Au Viek Koing, le génocide n'effacera jamais de nos mémoires la grandeur de ce peuple et l'admiration que nous nous devons de lui porter. Et surtout depuis la disparition de l'URCM, l'Eran n'a plus rien à y faire.
Au Bokchow, les menaces, le kidnapping et viol de la princesse héritière par l'empereur Siman II n'effacera jamais de nos mémoires la dignité de ce peuple bouddhiste qui a toujours refusé la soumission au Sionving musulman. Et surtout depuis la disparition de l'Empire, Jiyuan n'a plus aucune légitimité sur ce territoire.
Gloire à la mémoire laissée par l'héroïque et authentique résistance viek, et notamment du MRNV, contre l'impérialisme éranéen !
Gloire au peuple viek, qui de son innommable sacrifice, venait de choisir la dignité, la liberté et la mort plutôt que l'esclavage dans la honte.
En leur mémoire, nous enseignerons ici-même les principes du Socialisme Volontaire ! Nous organiserons des conférences, des cérémonies et des hommages pour nous souvenir de leur héroïsme de solidarité dans la pire des adversités, et nous prierons quotidiennement pour tous leurs morts, et les survivants !
Nous, communistes-chrétiens de la Confrérie du Royaume Céleste, déclarons que les luttes de libération nationale du Bokchow et du Viek Koing sont de justes causes.
En raison de la tragédie viek et du dépeuplement de la région, nous appelons les communistes éranéens du Viek Koing à renouer avec la culture du pays d'accueil, à accueillir dans la réconciliation les réfugiés vieks retournant au pays, et à rallier la cause des indépendantistes bokchowi contre l'impérialisme raksas.
Nous devons créer une triple entente : communistes authentiques éranéens - socialistes vieks - séparatistes bokchowis. Cette triade révolutionnaire se doit de combattre les régimes impérialistes bourgeois d'In Tao et de Jiyuan, pour le bien des nations éranéennes et vieks, et pour restaurer la liberté du peuple bokchowi.
Vive l'Eran démocratique révolutionnaire !
Vive le Viek Koing du Socialisme Volontaire, pour une nation souveraine ou réconciliée !
Vive le Bokchow indépendant et libre de la voie idéologique qu'il empruntera !
Je vous le dis, mes frères, le peuple viek est l'âme du Makara, et c'est à sa mémoire que nous combattrons impitoyablement toutes les dérives ultra-kirovistes et impérialistes rouges-brunes éranéennes.
Merci de votre attention.
Liang Xiuquan, Guide Suprême de la Confrérie du Royaume Célèste "Tian Guo"[/quote]
Juste après ce discours, un envoyé de Sung-Yong Gen venait proposer à Liang une intervention "musclée" à In Tao pour régler quelques imprévus avec des vendeurs récalcitrants. Liang, avant de répondre, se devait de prendre deux ou trois jours pour réfléchir.
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===> Indirectement, c'est-à-dire par l'intermédiaire du Lychaka pour s'assurer que toutes les pistes soient brouillées, la Rostovie soutient financièrement la Confrérie du Royaume Céleste, dit "Tian-Guo" à hauteur de 10 milliards $RAK.
En vue de ce montant astronomique, celle-ci sera délivrée durant la fin de l'année à doses régulières.
Les autres mouvements communistes, reçoivent un total de 400 millions $, ce qui reste beaucoup :
PCTE (Parti Communiste des Travailleurs Eranéens) de Zhou Anying : 300 millions $
Milice paysanne de Funahashi de Jinsong Yao : 100 millions $
PCM (Parti Communiste Makan) : aucune pour l'instant (grand parti "suffisamment" développé)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483317-385609eransoulvementspopulaires2.png[/img]
rayonnement concentrique rouge : berceau et zone d'influence de la Confrérie Tian-Guo (région -essentiellement rurale- de Ruijin)
flèches rouges : zones d'expansion (vers la capitale In Tao notamment grâce à la complicité de l'entrepreneur Sung-Yong Gen)
rayonnement concentrique orange : autres soulèvements populaires communistes, socialistes ou d'inspiration égalitariste
rayonnement concentrique vert : soulèvements populaires ethniques (non-communistes)
Concrètement sur le terrain au cœur de l'Eran, la Confrérie Tian Guo lève progressivement une armée populaire composée essentiellement de paysans, d'ouvriers et d'artisans disciplinés mais éduqués et instruits par ladite Confrérie, qui se charge elle-même de l'éducation et de l'instruction "scolaire" autant que l'entrainement de ses adeptes.
La fulgurante progression du nombre d'adeptes dans les faubourgs de la capitale In Tao ne doit surtout pas contrebalancer l'enracinement géographique de la secte, qui prend pour centre névralgique et émetteur à la fois centripète et centrifuge, la région essentiellement rurale de Ruijin, une position géostratégique dans la mesure où elle relie le Nord du pays (capitale et cœur politique, interface maritime pour le commerce avec les autres continents) et le Sud (second pôle économique, relation directe avec l'ancien allié lychakien, interface maritime pour le commerce avec les très riches régions du Makara-Sud).
C'est pourquoi aucun pouvoir particulier n'est donné aux nouveaux adhérents d'In Tao : le système de commandement de Tian Guo est déconcentré, c'est à dire que des responsables sont envoyés directement depuis le Ruijin dans la capitale pour y gérer localement la progression de la secte (ce qui résout les problèmes relatifs aux excès de la centralisation), et éventuellement pour surveiller le mouvement dans cette zone urbaine... Sung-Yong Gen, l'entrepreneur qui a ouvert le portes de la capitale éranéenne à l'organisation communiste-chrétienne est bien-évidemment remercié pour son aide, et cela de diverses manières adaptées au contexte. En bref, il est vrai que les communistes, du moins à In Tao, ont tendance à lui faire confiance et baisser la garde.
Cependant, le centre névralgique de Ruijin assure un contrôle extrêmement rigide de ces succursales en plein développement. On mise sur l'idéalisation de la région de l'expérience de vie communautaire à Ruijin, pour doper plus encore leur foi en la Révolution. Cette zone contraste avec le capharnüm d'In Tao par sa sécurité interne, sa militarisation et son sens de l'organisation.
Elle poursuit toutefois son développement de manière pacifique, sans effusion de sang. De fait, face aux "ennemis", cette "armée révolutionnaire-chrétienne du Ruijin" reste passive : c'est à tous prix qu'elle doit faire profil bas. Le ton martial de la secte sur-militarisée est ainsi souvent remplacé par une atmosphère enfantine que l'on pourrait qualifier finalement de "taoïsme collectiviste" : sans parler de l'entraide concrète et matérielle qui implique beaucoup de travail et d'effort, on appelle les membres (au Ruijin uniquement, surtout pas à In Tao) à la vie "simple, saine et joyeuse" en communion avec la nature. On pratique de nombreux loisirs tels que des jeux ou sports collectifs, des débats libres et méditations de groupes, et même en prime la promotion d'une certaine oisiveté, comme pour les nombreux jours de fête.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483317-366218sanstitre222.png[/img]
L'insouciance d'une jeune paysanne enrôlée dans la nouvelle armée révolutionnaire du Tian Guo.
Posté : mer. mars 23, 2016 11:20 am
par Johel3007
[center]La raison du plus fort[/center]
[img]http://s10.postimg.org/d137kd7pl/Chun.png[/img]
[quote]L'immense steppe, un rapide coursier, des faucons au poing et le vent dans les cheveux
Tel était ce que nos ancêtres considéraient l’excellence d’une vie. Nos familles n’avaient besoin de rien sinon du ciel infini à contempler et de nos chevaux, source de nourriture inépuisable car ne nécessitant rien sinon l’océan d’herbes de la steppe et des vallées.
Une vie rude, destinée à forger des hommes et femmes solides, appréciant chaque moment de plaisir dans leur existence car ils sont peu nombreux et elle est courte. Nos ancêtres ne rechignaient pas à l’effort, ne comptant ni les heures ni la sueur que leurs rêves demandaient. Ils étaient libres, n’ayant de compte à rendre sur leurs actes qu’au Ciel et à eux-mêmes.
Leur famille était leur fierté, leur clan était leur loyauté. Et si un Khan pouvait parfois imposé sa loi aux clans, ce n’était qu’une autorité de fait, née de l’influence de l’homme par ses prouesses et qualités pour lesquels les clans se ralliaient à sa bannière.
Cette époque n’était pas celle des grands empires où nos hordes soumirent le Makara à notre volonté. Ce n’était pas celle où une poignée de roitelets Almérans ont appris notre nom, tremblant à l’idée qu’un jour, nous traverserions à nouveau les flots. Mais elle était en soit glorieuse, offrant à chacun de nos enfants un monde vaste aux possibilités infinies tout en préservant la force, le courage et l’indépendance nécessaires à accomplir leurs ambitions.
Aujourd’hui, le grand peuple des steppes se meurt : au Choson, en Eran et en Endo, la diplomatie et l’acier qui portaient en selle les Khans de jadis ont été remplacés par les sourires trompeurs et les fausses promesses de politiciens dont la seule ambition est le papier-monnaie de Jiyuan. Nos enfants se sédentarisent, troquant dès qu’ils le peuvent la yourte ancestrale pour des bâtisses figées à une terre dont ils ne sont pas les maîtres. Ils deviennent de simples pions dans le grand jeu des nations, enchainés à un emploi sur un coin du monde, instruit quant à l’étendue de celui-ci mais incapable de le découvrir de leurs propres yeux. Les bannières des clans jadis exposées fièrement à l’entrée des camps et symboles de la souveraineté de chaque grande famille sont désormais rangées dans des musées poussiéreux, symboles nostalgiques d’une histoire considérée comme un passé mort et enterré.
Honte pour nous tous que de n’être que des ombres tremblantes face aux monuments qu’étaient nos pères !! Mais honte sur mon propre clan en particulier !! Honte sur vous, voisins, amis et frères, pour tolérer les fouets, taxes et lois de la lointaine In-Tao, dont le nom connu de tous porte bien plus loin que ses bras impuissants. Voici des mois que moi-même et mes braves sommes une loi par nous-même, agissant au mépris de celles des laquais de Jiyuan et des séides d’Ophrone. Trop occupés à draper derrière les couleurs de l’idéologie leurs querelles au service de maîtres extérieurs, ils sont aussi sourds qu’incapables de satisfaire aux suppliques de ceux dont ils prétendent gouverner l’existence !!
Empire ou république, capitaliste ou communiste… l’Eran n’a rien à nous offrir et tout à nous prendre. Combien d’entre nous ont vu un frère, un père ou un fils se faire enlever sur ordre d’In-Tao, sous prétexte d’impératif national, nos familles ont été massacrées dans des purges politiques, déportées et sédentarisées de force dans des usines et campagnes, conscrites et asservies dans les armées au service d’une révolution qui n’était pas la nôtre. Aujourd’hui, loin d’être l’objet de la haine du pouvoir central, nous sommes l’objet de son mépris. De dangereux éléments subversifs opposés à l’idéal de la révolution populaire, nous sommes devenus de simples parasites ignorés et méprisés car jugés moins importants que les ressources minérales dormant sous nos steppes.
Je dis assez !! Au nom des clans des steppes, de notre héritage et des erreurs passées de ceux qui prétendent nous apporter un mode de vie dont nous ne voulons pas, je déclare l’indépendance du Grand Khanate de Choson. Notre objectif est l’unification des clans nomades d’Eran, Endo et Choson en une vaste confédération qui s’affranchira de la domination des grandes puissances sédentaires, préservant notre mode de vie ancestral et ses coutumes traditionnelles gouvernant les rapports sociaux, tout en adaptant ce mode de vie aux progrès techniques modernes. Là où le Choson n’est qu’un régime de ploutocrates vendant le payer aux prospecteurs Raksasans, nous réussirons à créer une vraie nation pour nos enfants, sous un ciel bleu et sur une steppe fertile dont ils seront les seuls maîtres !!!
Taejo Wang Chun
Premier des Khans et Seigneurs des steppes. [/quote]
Chun, sous conseil de son associée des Triades Dorées, est convaincu de se montrer plus ambitieux. Après ses premières attaques contre des représentants locaux de l’autorité Eranéenne en vue de faciliter ses activités de brigandage et de contrebande, il est encouragé à lancer sa bande dans une série d’attaques plus agressives mais non moins prudentes : les cibles restent des fonctionnaires publics désarmés, des policiers pris au dépourvu dans leurs lits, des politiciens (communistes ou autres…) exposés sans protection rapprochée, ect…
Il ajoute à présent à son tableau de chasse les riches commerçants et notables, à qui est extorquée une « contribution pour soutenir le Khanate ». Ceux qui payent sont laissés en paix. Pour les autres, c’est enlèvements, incendies, mutilations ou meurtres selon les cas et l’humeur du Taejo Wang.
[center][img]http://s23.postimg.org/7p3n4e3t7/Khanate_Flag.png[/img][/center]
[center]Le drapeau du Grand Khanate de Choson[/center]
Sous prétexte d’établir le Grand Khanate de Choson, une nation pour les minorités ethniques nomades vivant en Eran, Chun et sa bande espèrent surtout s’enrichir massivement. D’abord, à court terme, via l’extorsion de masse des commerçants et notables, souvent proches du pouvoir officiel. Ensuite, à moyen terme, via l’affaiblissement de l’autorité d’In-Tao, en ouvrant un boulevard pour les trafics divers et variés entre l’Austrobeysin et l’Eran. Enfin, à long terme, il espère bien régner sur l’ensemble de la région et même, étendre son influence au Choson puis au Sud de l’Endo. De simple brigand puis petit trafiquant, il espère devenir un véritable seigneur de guerre grâce à la faiblesse d’In-Tao mais aussi du récent laxisme du gouvernement du Choson et des diverses frondes qui occupent les autorités d’Endo. Jouant sur les trois frontières pour se mettre hors d’atteinte d’éventuels poursuivants, sa bande espère petit à petit devenir une force politique locale influente.
Tout en menant ses premières actions de terreur, il contacte aussi d’autres bandes et groupes de la région, devant qui il agite le fait qu’il a le soutien actif des Triades Dorées, avec potentiellement des millions de $RAK pour financer sa cause. Si celle-ci nécessite une guerre avec ses rivaux, il est confiant d’avoir assez d’armes, d’hommes et de cash que pour gagner par simple attrition si besoin. Cette proclamation de puissance s’accompagne d’une offre simple : rejoindre la bannière du Grand Khanate de Choson en mettant leurs hommes à son service. Ils recevront le titre de Khan, la souveraineté sur un territoire et des contrats réguliers: veiller sur quelqu’un sous la protection du Taejo Wang, attaquer les ennemis du Taejo Wang,… les demandes seront diverses mais chaque fois bien rémunérées par Chun (et donc, indirectement, par les Triades Dorées). Il est aussi demandé à chacun des Khans de percevoir les taxes du Khanate… et de les garder pour eux.
En vue de s’attirer un soutien populaire (et de possibles recrues), Chun cherche à se donner l’image d’un robin des bois, distribuant avec libéralité dans les villages et camps nomades sa fortune mal acquise. Il vise avant tout les familles nombreuses et pauvres, tablant sur l’admiration et l’envie que suscitera son image chez les plus jeunes, faisant naitre des carrières. Mais il offre également de somptueux présents aux anciens des clans, sans doute plus réceptifs au message de défiance à l’égard du mode de vie sédentaire qu’In-Tao a tenté d’imposer durant les années communistes. Pour cette raison et parce qu’elle est une cible facile en raison des nombreux griefs qu’elle a accumulé, l’URCM et les mouvements qui semblent vouloir restaurer un régime similaire sont particulièrement visés dans sa rhétorique indépendantiste mais qui se résume facilement à une phrase :
« Ne laissons pas les autres nous dire comment nous devons vivre »
Posté : dim. avr. 17, 2016 4:32 pm
par Johel3007
[center]
Dynastie et nostalgie[/center]
La déferlante d'activité de la secte Tian Guo était pour tous révélateur d'imposantes ressources financières qui, combinées à l'énorme réserve humaine de la confrérie et de ses divers alliés communistes, en faisait un adversaire de taille. Depuis la vallée de Wa, dans les sombres bureaux des Services Spéciaux, au cœur de la prison de Hao Ko, cela était vu comme une mauvaise nouvelle pour deux raisons :
D'abord, cela supposait qu'il faudrait redoubler d'effort pour placarder un potentiel coup d'état d'inspiration socialiste en Eran et ainsi éviter un scénario de domino dans tout le continent. Ensuite, cela supposait que QUELQU'UN D'AUTRE redoublait déjà d'efforts pour que ce coup d'état devienne une réalité. Quelqu'un qui disposait d'une trésorerie "disposable" de plusieurs milliards et qui en avait plus ou moins discrètement arroser les divers mouvements rouges en Eran. S'il avait toujours été clair que Wa n'était pas le seul acteur à agir dans les coulisses de la scène Eranéenne, il avait été assumé que les autres acteurs, exception faite peut-être du Raksasa, ne disposaient que de maigres ressources, tout comme les Services Spéciaux, et qu'il s'agirait donc d'avantage de légèrement influencer la politique Eranéenne dans la direction voulue plutôt que de livrer une lutte socioéconomique active.
Pour le Royaume de Wa, criblé de dettes et peinant à maintenir sa propre stabilité interne, une telle lutte était inconcevable : l'Eran devait être un tampon contre l'hégémonie du Raksasa, un rappel pour ce dernier n'était pas le seul protecteur potentiel pour les petites nations de l'Austrobeysin face à la vague rouge ou à la Roumalie... et que donc il convenait à Jiyuan de faire preuve de générosité et tempérance dans sa diplomatie. Hors, si l'Eran devenait communiste, In-Tao incarnerait la vague rouge elle-même... et le Raksasa serait le seul rempart crédible face à une nouvelle URCM sponsorisant divers groupes communistes dans la région. Le choix pour Wa serait donc réduit à être l'esclave d'In-Tao ou de Jiyuan plutôt qu'un partenaire mineur des deux.
C'était pour cela que Wa jouait sur deux tableaux, en profitant d'une part de la faiblesse de la dynastie Taï loin de sa capitale mais d'autre part dans le but de créer aux frontières de l'Eran des états-tampons forts et anti-communistes qui, par leur existence et leur gestion locale plus efficaces, permettraient à In-Tao de se concentrer sur les communistes au cœur même de l'Empire. Affaiblir l'Empire en crise en coupant ses branches les plus fragiles en vue de donner une chance au tronc de combattre la maladie rouge.
[center][img]http://s23.postimg.org/cle2nmh1n/Eran001.png[/img]
En vert foncé, le territoire actuellement sous influence du PPRRB
En vert clair, le territoire revendiqué par le PPRRB
En gris foncé, le territoire actuellement sous influence du GKC
En gris clair, le territoire revendiqué par le GKC
En orange clair, In-Tao et sa banlieue[/center]
Wa soutenait donc le Grand Khanate de Choson (GKC) en vue d'empêcher que l'absence d'autorité à l'Est de l'Eran ne profite à la confrérie et aux mouvements socialistes qui, privés d'opposition, auraient été trop heureux de remplir le vide politique avec leurs drapeaux rouges, créant une base arrière pour une future guerre prolongée ou même une tête de pont pour les armées de l'Internationale Communiste. Une autocratie brutale soutenue par un appareil paramilitaire fort, par une économie basée sur le commerce transfrontalier et par une légitimité ethno-culturelle locale serait plus à même que l'Empire de promouvoir les aspects économiques du national-capitalisme tout en ne s’embarrassant pas de ses aspirations morales quant il s'agit de réprimer l'épidémie rouge. Le flanc Ouest de l'Austrobeysin serait en cela sécurisé... et indirectement, le flanc Est d'In-Tao le serait aussi, même si l'Empire ne partagerait sans doute pas ce point de vue, considérant qu'une partie de son territoire serait amputé par le GKC.
Wa pariait sur le jeune Pui et les divisions ethno-culturelles de la Péninsule du Raksasa : opposer musulmans et bouddhistes au Raksasa en utilisant les vagues prétentions dynastiques de l'ex-Impératrice Shaba, à présent Reine du Bokchow, en utilisant le Viek Kiong comme base arrière sous prétexte de conduire une lutte pour affaiblir le Raksasa au profit de l'Eran tout en empêchant l'installation de bastions communistes au Viek Kiong... avec à la clé la création, ici aussi, d'une autocratie brutale fondée sur la culture locale, vivant du commerce transfrontalier et usant de la force pour éliminer la compétition politique. Voici pourquoi le Royaume de Bokchow était soutenu par Wa: diviser l'Empire pour faciliter sa gestion. Ici aussi, l'Empire ne partagerait sans doute pas ce point de vue mais Taï Han Shan semblait au moins tolérer l'idée d'un Royaume de Bokchow servant de pion à In-Tao pour un conflit par interposition avec le Raksasa. D'autant que, monarchie étant, lié les deux couronnes par le mariage était possible dans le futur.
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Au Viek Kiong, dans les montagnes proches du Raksasa, on organise les bases de l'économie du futur Royaume :
[center][img]http://s23.postimg.org/d6va1wonf/Iron_Ore_Mining.jpg[/img]
Opérations d'extraction minière artisanale au Viek Kiong[/center]
- Syviculture pour fournir des matériaux de construction locaux et bon marché, afin d'offrir logements à chacun des migrants venus soutenir la cause par loyauté à la monarchie ou par opportunisme économique.
- Extraction minière, notamment le cuivre, l'argent et les rubis, dont les prix internationaux étaient haut et qui pouvaient donc rapporter beaucoup, permettant de convertir les efforts de paysans Bokchowi peu qualifiés en une montagne de cash qui permettrait l'achat d'outils et d'infrastructures nécessaires au Royaume.
- Plantations de "cash crops" à vocation pharmacologique, appréciées par SuggarDaddy Ltd, l'immense complexe d'industrie chimique installé à Lokfol et dont le Royaume de Bokchow, par son souverain consort, avait hérité et profitait donc désormais des produits, expédiés dans les métropoles du Raksasa et d'Eran où des hordes de travailleurs miséreux étaient friands de ces "sucreries" pour soulager leur quotidien, en échange de quoi le PPRRB les soulageait d'une partie de leur salaire.
- Routes et pistes d’atterrissage en vue de faciliter le commerce transfrontaliter permettant l'exportation de drogues de synthèse et de minéraux vers le Raksasa, l'Eran ou l'Austrobeysin.
S'ajoute à cela une activité purement locale : le commerce de la chair.
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Prostituées dans l'un des camps syvicoles du Viek Kiong[/center]
Comme toute communauté de pionniers en marge des grands centres urbains, la population sur territoire contrôlé par le PPRRB est majoritairement masculine et relativement jeune : des fils de paysans, peu qualifiés, dont les aînés hériteront des terres et qui voient peu d'opportunité de mobilité sociale dans les banlieues industrielles des grandes villes du Raksasa où ils ne seront guère mieux vu que du bétail humain, survivant au quotidien parmi une masse grouillante d'autres mules ouvrières sales, épuisées et miséreuses comme eux. S'ils ne sont guère mieux lotis dans les montagnes du Viek Kiong, ils y trouvent au moins une terre à eux et donc, dans leur esprit de fermier, un réel espoir de bâtir quelque chose pour leur future famille. Mais quelle famille ? Ils n'ont pas de femmes.
Sans même parler de mariage, la satisfaction pure et simple des pulsions de cette masse humaine bouillonnante de testostérone et de vitalité pose un soucis. Et là où il y a une demande, il y a un profit potentiel. Croire que les Triades Dorées allaient passé à côté d'un tel marché par simple considération éthique aurait été bien naïf. Procurer quelques centaines de filles venues des campagnes et cités-usines de l'Eran fut facile et il n'en aurait pas été d'avantage discuter autrement. Mais l'absence de réaction des autorités d'In-Tao face au PPRRB et à sa gouvernance du territoire encourage quelques chefs de gang entreprenants à voir plus grand. Le Viek Kiong est déjà marqué comme future plaque tournante des trafics de stupéfiants vers le Raksasa. Pourquoi pas également d'autres trafics ?
Durement réprimée au Raksasa, la prostitution n'a jamais eu l'occasion de s'affirmer dans la péninsule, sinon sous des formes alternatives jugées moins offensantes pour les musulmans bien-pensants. Hors, avec la rapide croissance d'une classe moyenne au Raksasa, ce genre de "plaisirs interdits" est potentiellement très en demande.
Le problème est toutefois double : impossibilité d'organiser un marché avec "pignon sur rue" au Raksasa et très grande difficulté à trouver des recrues de qualité dans une société où les femmes sont, de leur naissance à leur mort, en permanence encadrées par leur père puis par leur mari et enfin par leurs fils.
Concernant le marché, les voyages vers le Mayong ou vers Wa sont connus comme des occasions pour la jeunesse dorée de Jiyuan de s'encanailler à moindre frais mais cela demande toute de même de prendre l'avion et donc d'avoir certains moyens. Ce que proposent d'offrir les Triades Dorées est la création de bordels "low cost" juste à la frontière avec le Raksasa, autorisant un accès plus simple et immédiat pour une clientèle se chiffrant en millions d'individus.
Satisfaire un tel nombre de clients demandera toutefois une marchandise abondante et ramène au problème du recrutement : les Sionvingiennes ne sont absolument pas tentées par cette vie et les Bokchowi sont "hors limite" pour des raisons politiques. Cela laissait un choix logique : les Eranéennes. Grâce aux purges de l'URCM qui touchaient surtout les hommes, il y avait même un léger "excédent" de quelques millions de jeunes femmes qui ne trouveraient jamais un mari. Elles étaient peu encadrées par leurs familles, elles-mêmes laïcisées par le PCE et donc nettement plus pragmatique sur le plan moral et tout à fait disposer à laisser leurs filles partir seules vers "la ville" pour travailler dans les usines, ne donnant que rarement des nouvelles ou même disparaissant parfois simplement car ayant refait leur vie et désireuse de couper les ponts avec leur passé.
L'enlèvement de dizaine de milliers de jeunes femmes et leur revente comme esclaves économiques, domestiques et sexuels est le plan de base. À cet effet, les Triades envisagent la mise en place d'un large réseau de rabatteurs chargés précisément d'identifier puis leurrer dans des positions vulnérables des jeunes femmes attractives issues d'un milieu paysan modeste et en quête d'un emploi lucratif comme ouvrière avant d'organiser leur enlèvement puis leur acheminement jusqu'au Viek Kiong où leur "formation" débutera.
Mais à plus court terme, une source d'approvisionnement rapide existe : les communautés communistes déjà établies au Viek Kiong et composées exclusivement d'anciens partisans du PCE, de l'URCM et autres institutions communistes qui, aux yeux des réfugiés Vieks ralliés au PPRRB , sont l'ennemi qui a massacré leur peuple. L'organisation de commandos Viek pour attaquer ces communautés, massacrer les hommes et s'emparer des jeunes femmes est validée par les différents associés de Sa Majesté Pui Yu mais sous couverture des Triades Dorées plutôt que sous la bannière du PPRRB.
Et parce que le Viek Kiong doit être peuplé par les Vieks, comme promis aux réfugiés de ce peuple qui rejoignent le PPRRB par allégeance religieuse et dégoût envers la connivence URCM-Raksasa lors des négociations suivant la libération de la région, chaque membre de ces commandos aura le privilège de se choisir une captive pour être son esclave personnel et porter sa descendance.
Quant à ce qu'en dira la Reine Shaba, logée dans les palais d'In-Tao et loin de l'action, elle sait très bien que son époux n'est pas un ange mais qu'il est moins monstrueux que son précédent mari... et qu'on ne gagne pas un trône sans faire quelques sacrifices. En l’occurrence, le message envoyé par les Triades Dorées aux militantes communistes sera clair : le Viek Kiong ne vous promet qu'un enfer. De quoi sérieusement compromettre la viabilité des efforts de repeuplement du Viek Kiong par les communistes Eranéens et donc plaire en haut lieu à In-Tao.
Posté : jeu. avr. 21, 2016 3:38 pm
par Johel3007
[center]La raison du plus fort[/center]
[img]http://s31.postimg.org/3t9gphrln/How_to_get_pre_approved_Vietnam_Visa_for_Mongoli.jpg[/img]
Depuis quelques semaines, le GKC a débuté une campagne de nettoyage ethnique de son territoire. Loin de s’abandonner à un génocide sanglant qui lui vaudrait l’hostilité active d’une bonne partie de la population ainsi qu’une attention importante vis-à-vis des autorités d’In-Tao, Taejo Wang Chun se contente de démonstrations quant à la capacité de ses partisans à infliger des représailles en tout impunité.
Il a ainsi été instauré un permis de séjour sur tout le territoire du GKC. D’une valeur de 30 $RAK pour ceux qui peuvent prouver que leur mère était d’origine Choson, le prix passe à 1.000 $RAK pour les autres. Ce coût élevé vise autant à rémunérer les partisans du GKC qu’à faire fuir les étrangers les moins attachés à la région. Ne pas pouvoir présenter son permis sur demande entraine une amende de 300 $RAK pour obtenir un « permis provisoire » valable trois jours et, en cas d’impossibilité de payer, une arrestation pour « espionnage » et déportation dans l’une des prisons clandestines du GKC. La libération des prisonniers, dont la liste est publiée chaque semaine sur le site Internet du GKC, est conditionnée au paiement d’une amende (pour ne pas dire rançon) de 10.000 $RAK.
Lors des deux dernières semaines, ce sont ainsi quelques 500 personnes, principalement des fonctionnaires Eranéens mais aussi des touristes, qui ont été ciblés. Un début prometteur que le GKC espère bien voir devenir la norme sur son territoire actuel et sur ses futures conquêtes. À cet effet, une prime de 100 $RAK est offerte à toute personne qui contribuera, via la délation, à l’arrestation d’un « espion étranger ». Un stratagème pas forcément subtil et qui manque de réel encadrement dans son implémentation locale, laissée à la responsabilité de Khans. Mais il s’agit d’avantage d’une tentative d’enrôler l’aide et donc, aux yeux de la loi d’In-Tao, de rendre complices les populations d’origine Choson.
Certains pourraient voir dans cette xénophobie agressive du GKC une politique autodestructrice : tourisme et commerce occupent une place de choix dans l’économie locale. Mais pour tout bénéfique que soient ces activités, la légitimité du régime de Taejo Wang Chun vient de l’instauration d’un territoire pour le peuple Choson, favorisant ses membres et leur réservant la terre. Hors, pour assurer cette légitimité, il est préférable que cette population précise soit majoritaire dans les régions où le GKC prétend gouverner. Cela implique de chasser au moins temporairement le reste de la population, si possible en profitant de cet exode pour gagner la loyauté des populations Choson.
À moyen ou long terme, le GKC espère ainsi renforcer une solide base de soutien populaire sur laquelle il pourra compter pour opérer et sécuriser les divers trafics passant par les frontières sous son contrôle et qui dépendent de sa protection. Les revenus provenant des tribus versés par les Triades Dorées représentent à ce jour bien plus que ce que la taxation agressive des populations locales ne pourrait jamais rapporter au GKC.
[center][img]http://s31.postimg.org/cv4jn4eyj/Eran002.png[/img][/center]
Posté : mar. mai 03, 2016 1:31 pm
par Vladimir Ivanov
La Confrérie Tian-Guó et les grandes philosophies austro-orientales (4)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483381-528575redangelsdazhongzhang.jpg[/img]
L'Amour universel : une relation sociale à la fois égalitaire, sainement naïve et pacifiste. Selon ses détracteurs capitalistes, Liang Xiuquan chercherait à "infantiliser" le monde. Selon ses détracteurs confucéens, il chercherait à le "féminiser".
C'est ainsi que l'image la plus courante délivrée par la Confrérie Tian Guo, à la fois véridique et symbolique, est celle donnée par toutes ces jeunes filles militarisées : joyeuses et naïves dans l'espoir d'un monde radieux, mais travaillant ensemble, laborieusement, à la concrétisation de ce rêve et prêtes à se défendre contre les ennemis potentiels, très nombreux dans la région... (et en premier lieu les immenses réseaux de proxénétisme à travers le pays, lesquels menacent chacune de ces filles...)
LE MOISME
On le surnommait le "Jésus du Makara" ["Jésus de la Chine" IRL]. Il est le sage oublié, le philosophe de "l'amour universel", le pacifiste de la ligne "la paix par la force" sacrifiant toute son énergie contre la féodalité pour faire don de son cœur à l'Humanité, un penseur qui a cherché à faire une contre-synthèse du confucianisme et du taoïsme, un homme assoiffé de justice, et un des premiers grands théoriciens communistes de l'Histoire.
Sa pensée est aussi paradoxale que la question de l’œuf et de la poule : c'est-à-dire, comme il l'a prouvé lui-même, d'une évidence scientifique, d'une cohérence rationnelle à mettre dans l'embarras ses contradicteurs : là où la poule procède de l’œuf, l'individu procède du collectif.
Derrière les figures rassurantes de Confucius et de Laozi, seules quelques personnalités cultivées se souvenaient encore, au début de ce dernier millénaire, du troisième grand philosophe makaran, qui vécut juste à la suite desdites figures, de 479 à 392 avant Jésus-Christ... : Mo Di, plus connu sous le nom de Mozi (prononcez "Mö-tseu").
Dans le contexte anarchique et féodal des "Royaumes combattants", Mozi, homme du peuple, probablement fils d'artisan, survie et se cultive tant bien que mal par-delà les souffrances et la mort. Ce combat, celui de sa vie entière, est mené dans un but précis : apporter sa contribution au changement de l'ordre établi, poser sa pierre dans la fondation d'une société nouvelle.
Lorsqu'il naît, s'éteint le plus influent de tous les philosophes du Monde excepté Jésus-Christ : Confucius. Contemporain de ce dernier, une seconde figure l'affronte : Laozi. Le premier défend le strict respect d'un ordre culturel hiérarchique autoritaire au moyen d'une multitude de rites et de coutumes qui doivent rendre l'individu meilleur et par lui ensuite, le reste de la société dans les limites d'une inévitable et rigoureuse sélection. Le second défend la soumission fataliste de chacun à une entité naturelle omnipotente, selon un mode de vie égocentrique et libertaire.
Face à ses deux prédécesseurs, Mozi va d'abord suivre la logique coutumière du premier avant d'y faire un grand tri et s'y opposer radicalement : sa pensée contredit à la fois le confucianisme et la taoïsme, tout en reprenant certains éléments de ces deux philosophies, épurés toutefois de leurs raisons d'être initiales.
Concrètement dans sa vie, Mozi fut surtout préoccupé par la guerre et l'oppression, omniprésentes autour de lui. Les seigneurs de guerre assoiffés de pouvoir, les conquérants militaire en quête de gloire et de prestige, les roitelets présomptueux et leurs feudataires, tous mirent l'Eran à feu et à sang selon leurs propres principes, lesquels oscillaient généralement entre l'Ego et le Tribalisme.
Face à un tel contexte, Mozi ne pouvait observer et souffrir que tragédies, pour y opposer... son courage, ou plutôt son audace : celui d'y proposer une vision alternative radicale du monde, hostile à toute forme de fatalisme, défaitisme, pessimisme, capitulationisme. Contrairement à ce qu'on a parfois raconté à son sujet, Mozi n'avait rien à voir ni aux légistes primitifs, ni à la pensée de Xiunzi : il avait confiance en l'Homme. C'est ce qui le poussa justement à proposer l'édification d'un monde meilleur.
Ce monde est celui du règne de l'Amour Universel dans l'égalité complète. Un monde non-pas seulement pacifique mais pacifiste, où les hommes n'apprennent à se battre que pour imposer la paix, et par la force si nécessaire. Mais attention ici : il faut entendre "paix" au sens fort du terme, une paix réelle, sociale, concrète, totale, une paix de Justice et donc égalitaire.
Par exemple, l'envoi de troupes répressives par une élite d'oppresseurs pour "pacifier verticalement" une résistance populaire est par définition un acte belliqueux. A l'inverse, l'envoi d'une troupe d'interposition pour "pacifier horizontalement" un conflit dans lequel les différentes parties sont également oppressives -ou au contraire également innocentes- est un acte pacifiste.
Violemment hostile à la féodalité en raison des désastres moraux et sociaux qu'elle entraine inévitablement, Mozi est un centralisateur pur et dur, qui a bien conscience qu'une puissance coordonnée, uniforme et centralisée est la seule façon d'instaurer la HePing, la Paix, celle que l'on distingue toujours de "l'ordre", pour lequel peut subsister des conflits d'intérêt du moment que ceux-ci ne remettent pas en cause la domination des strates supérieures de la hiérarchie sociale ! Une distinction qui rejoint d'ailleurs le concept de totalité [url=http://www.simpolitique.com/post281499.html#p281499]réhabilité entre-autres aujourd'hui par les penseurs oustriens[/url] : la multitude, ou plus précisément la "diversité bourgeoise" des mentalités et habitudes au sein du peuple, n'est pas un problème pour les classes supérieures et les accapareurs : un conflit opposant les prolétaires et les opprimés entre-eux ne peut leur être que profitable. A l'inverse, la totalité, à savoir l'unité idéologique et l’uniformité des logiques comportementales, en deux mots, la convergence des luttes, les mettrait en danger et remettrait sérieusement en cause l'ordre ambiant. Paradoxalement, c'est la diversité qui favorise l'ordre (celui des profiteurs), et la totalité qui favorise le désordre révolutionnaire, signe de la colère d'un peuple uni.
Pour Mozi, l'égoïsme, à savoir la primauté de l'amour-propre, est le vice suprême. Il est le père de tous les maux. La haine elle-même provient de l'amour-propre. Tandis que la préférence des siens, ou "préférence nationale", en distillant la haine de l'étranger, est logiquement une forme d'égoïsme. Tout ce qui hiérarchise fondamentalement les dignités humaines, que se soit en les individualisant ou en les catégorisant, est une forme d'égoïsme.
Pour comprendre, le mieux est de donner la parole à Mozi lui-même :
« À présent, les seigneurs féodaux ont appris à n'aimer que leur propre État et non ceux des autres. C'est pourquoi ils n'ont aucun scrupule à attaquer l'État des autres. Les chefs de maison n'ont appris à n'aimer que leur propre maison et non celle des autres. C'est pourquoi ils n'ont aucun scrupule à usurper d'autres maisons. Et les individus n'ont appris qu'à aimer eux-mêmes et non autrui. C'est pourquoi ils n'ont aucun scrupule à faire du tort à autrui »
« Il faut donc considérer l'état des autres comme le sien, la maison des autres comme la sienne, la personne d'autrui comme soi-même. Quand les seigneurs féodaux s'aiment les uns les autres, il n'y a plus de guerres ; quand les chefs de maison s'aiment les uns les autres, il n'y a plus d'usurpations réciproques, quand les individus s'aiment les uns les autres, il n'y a plus de torts réciproques. [...] Quand tous les hommes de par le monde s'aiment les uns les autres, le fort n'abuse pas du faible, le grand nombre n'opprime pas le petit nombre, le riche ne se moque pas du pauvre, le grand ne méprise pas l'humble et le rusé ne trompe pas l'ingénu. »
C'est ainsi qu'on en revient encore au concept de totalité : tous aiment tout le monde, tout appartient à tout le monde. Tous suivent la voie de la Vertu, à savoir cette Vertu là.
Comme l'expliquera bien plus tard le fiémançais Proudhon, le Bien Commun est fondamentalement supérieur à la somme des intérêts individuels puisqu'il transcende et dépasse leur simple addition. En effet, c'est parce qu'ils travaillent collectivement que les ouvriers produisent plus que s'ils travaillaient chacun individuellement (simple addition).
[quote]Un individu ne peut faire en dix heures le même travail que dix individus en une heure. La force collective dans le travail social produit bien plus que la force individuelle. Cent hommes peuvent déplacer une pierre de plusieurs tonnes que jamais un individu seul ne pourra faire bouger même en cent fois plus de temps. Pourtant le capitaliste rétribue chacun de ses ouvriers individuellement et donc « vole » ce surplus de valeur produit collectivement. La propriété privée est l'appropriation par un individu de ce travail collectif et est donc un vol.[/quote]
Ainsi Proudhon prouve-t-il magistralement la cohérence de la pensée de Mozi.
Chez Confucius, l'individu est laissé à son libre-arbitre et à son aptitude à la perfectibilité : on dit qu'il est alors "subjectivé".
Au contraire, Mozi ne fait pas confiance en la nature individuelle. Non-pas qu'il soit misanthrope, ou qu'il ne fasse pas confiance en l'Homme en tant qu'Humanité, mais il dénonce le culte de l'auto-réalisation, un mensonge fait à soi-même et aux autres, et qui plus est profondément malsain puisqu'il corrompt l'esprit humain par un exacerbation de l'égoïsme, ce qu'on appelle communément l'orgueil.
C'est pourquoi Mozi empruntera au légisme (bien qu'il lui soit formellement postérieur, le légisme n'a jamais existé en tant que tel comme école de pensée, par conséquent il existait déjà implicitement avant lui) cette idée de sanction nécessaire dans le cadre d'une hiérarchie strictement politique (mais certainement pas sociale). Gages mécanicistes de la paix, du moins à ses débuts, la peur de la sanction selon les principes utilitaristes de Mozi doit permettre aux opportunistes de se soumettre au nouvel ordre mondial révolutionnaire. Ils apprendront ainsi l'humilité que doivent tout individu, non-pas à une dynastie royale, non-pas à une noblesse, mais à la collectivité.
Enfin, viscéralement hostile au culte de la gloire pour la gloire, Mozi va jusqu'au bout de sa logique :
« Le plus glorieux des conquérants responsable de quantité de morts, n'est qu'un meurtrier incomparablement plus criminel que l'assassin d'un seul homme. »
La puissance augmente considérablement -voire outrageusement- la susceptibilité chez un individu d'être coupable d'un crime. Il faut donc retirer tout excès de puissance chez les individus.
Comme le dit le proverbe éranéen : le clou qui dépasse appelle le coup de marteau.
Bien-sûr, la pensée de Mozi comporte aussi des zones d'ombre, comme ses excès dans l'utilitarisme, le poussant à renier jusqu'à la musique parce que jugée "inutile". Ces extrêmes, eux-même à remettre dans leur contexte de sa vie difficile d'homme modeste en temps de chaos, partent néanmoins d'un bon sentiment : à l'hédonisme exclusif des riches, issu de l'exploitation des malheureux, doit se substituer l'ascétisme égalitaire de tous.
Contre la pleutrerie du pacifique, Mozi oppose l'audace du pacifiste.
Contre la vilenie de l'arbitrage, Mozi oppose la justesse de l'interposition.
Contre la vengeance du pathos, Mozi oppose le pardon du logos.
Contre le fastidieux marasme des superstitions coutumières au service d'un héritage, Mozi oppose le progrès d'un utilitarisme propter bonum publicum (utilité au service du bien commun).
Contre les passions éphémères de l'amour émotif, Mozi oppose la raison immuable d'un amour conatif.
Contre la fierté d'un égo satisfait, Mozi oppose la dignité de l'abnégation.
Contre l'amour des siens, Mozi oppose l'amour de tous.
Contre la primauté de l'amour-propre, Mozi oppose l'égal amour de soi et d'autrui.
Contre la subjectivité du Juste, Mozi oppose le déterminisme objectif des Justes.
Contre la fatalité de la Nature, Mozi oppose l'espérance Céleste.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/15/3/1523483381-906677pprrbokchowtianguogkchoson2.png[/img]
Zones d'influence (directe et indirecte -zones de projection-) des trois principaux mouvements en progression en Eran : le PPRRB (Séparatistes bokchows) en vert clair, la Confrérie Tian Guo en rouge et le Grand Khanat de Choson en bleu clair.
[quote]MOISME (résumé de la pensée de Mozi) :
===> tout est amour universel
_ pacifisme, antimilitarisme (époque de guerre civile, et du règne tyrannique des seigneurs de guerre, "Royaumes combattants" de -450 à -221)
_ enseignement des arts martiaux (pour l'interposition)
_ utilitarisme (contre les traditions néfastes pour l'économie ou la santé : dénonciation des plaisirs à l'excès ou trop raffinés comme dans la musique, rituels absurdes...)
_ anti-hédonisme (inutile, contreproductif, il faut agir dans un but déterminé)
_ souci du Bien Commun, de la justice sociale (dénonce les conditions de vie du peuple par rapport à ceux de la noblesse chinoise)
_ Amour universel (contre l'amour sentimental et émotionnel confucéen, on prône un amour rationnel conatif, d'équité)
_ propose une sorte de socialisme discipliné dans lequel le Fils du Ciel (l'empereur) doit effectuer une redistribution rigoureusement égalitaire de toutes les richesses[/quote]