Posté : mar. mai 03, 2016 10:14 pm
[justify]L'OUSTRIE AU JOUR LE JOUR (5)
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/18/1462307629-coop.png[/img]
Vue sur un champ coopératif de la Fédération[/center]
Il est encore très tôt en cette froide matinée et pourtant Radko est déjà réveillé, assis sur le rebord de son lit entrain de mettre ses bottes. Par la fenêtre, il fait encore nuit mais d'ici une bonne heure ou deux, il fera jour. Après avoir enfilé ses bottes, il se lève délicatement pour faire le moins de bruit possible et ne pas réveiller sa compagne qui dort encore à côté de lui. Il fait le tour de la pièce et sort de la chambre, avant de filer directement jusqu'à la cuisine pour aller manger un morceau. Ce matin ce sera un bol de café, du pain, du beurre et du fromage. Il trempe machinalement sa tartine en pensant au travail qui l'attendait aujourd'hui et à tout ce qu'il aurait à faire une fois que ce dernier sera terminé. Avec des dizaines et dizaines de milliers comme lui, Radko formait la grande masse des paysans de la Fédération. Ils représentaient le cœur de la Fédération, ils représentaient ces travailleurs et travailleuses de la terre qui s'échinaient pour nourrir la population, mais également pour vivre dignement. L'histoire de la paysannerie en Oustrie pourrait se résumer à une lutte ancestrale entre grands propriétaires terriens, gouverneurs en tout genre, maître de la terre opposé à une masse informelle de petits paysans, petits producteurs, de journaliers, métayers qui ne possédaient que leurs forces de travail. Vivant souvent dans la précarité ou alors à un niveau de vie tout juste suffisant, ils s'étaient révoltés un grand nombre de fois à travers l'Histoire, à travers les époques. L'un des leaders paysans les plus connus était Stoyan Valwyno, leader paysan et révolutionnaire du XVème Siècle, qui avait mené une révolte de grande ampleur contre les impôts de guerre qui pesaient sur la population. Jusque très récemment, les conditions de vie générale des paysans en Oustrie n'avaient pas particulièrement changé. Même durant la très courte période républicaine qu'avait connu le pays, les projets de partage des terres n'étaient resté que lettre morte à cause de la pression des propriétaires terriens et d'une grande partie de la classe dirigeante qui se refusait à voir son monopole sur la terre être réduit à néant. Sous la période monarchiste puis fasciste, les paysans Oustriens ont connu des hauts et des bas : Tadov VI Troubiich (Dernier souverain du pays) est un personnage controversé pour sa nonchalance politique vis à vis des fascistes, mais il est reconnu comme celui qui a maintenu et étendu les droits ancestraux -communaux- des paysans, notamment en ce qui concerne les récoltes, abattage du bois, etc etc. Les fascistes auront finalement un programme démagogue au niveau agraire, édictant des réformes qui devaient mener à plus de corporatisme mais qui ont surtout dépossédé de leurs droits une grande partie des petits paysans et des journaliers, allant jusqu'à l'interdiction de se coaliser hors des corporations et leur retirant le droit de grève. En comprenant cela, il n'est guère étonnant que la paysannerie Oustrienne s'est montrée assez enthousiaste durant la Guerre de Libération.
Radko était un homme d'un age déjà avancé. Cette année, il allait fêter ses 66 ans. Pourtant, il gardait une force de caractère et une vigueur qui lui permettait de pouvoir continuer à faire ce qu'il a toujours fait : Vivre et travailler comme un paysan. Comme la grande masses des paysans pauvres ou journaliers, la Révolution Communale a été plus qu'une bénédiction pour eux. Dans le programme politique des révolutionnaires socialistes, il y avait la nationalisation de toutes les terres Oustrienne, ainsi que le partage des terres de façon équitable. La Fédération avait promis que la terre appartiendrait à ceux qui la travaille... Et elle a tenue promesse. La formation des coopératives dans toute l'Oustrie a démontré toute les volontés affichés par la paysannerie de s'en sortir, de vivre mieux et dignement. La mise en commun de nombreux terres, d'outils, de connaissances/savoirs ne venait pas d'une décision centrale, d'une quelconque "autorité supérieure". Depuis des générations, il existait une organisation paysanne qui se basait sur des règles collectives, sur des règles et des droits collectifs. En quelque sorte, la Révolution n'a fait que donner un caractère socialiste réelle, tout un ensemble de règles qui existaient déjà mais qui n'étaient pas ou plus reconnus de manière constitutionnelle. Cela avait un sens profond pour Radko, lui qui avait vu son père travaillé toute sa vie sur les terres d'un grand propriétaire terrain pendant une trentaine d'années de bon et loyaux service, et alors que ce dernier voulait se débarrasser de lui sans lui débourser un seul centime... Il a vu son père se planter nez à nez avec le propriétaire terrien et lui dire qu'il ne partirait pas avant d'avoir été payé pour ces trente années à avoir travailler pour lui. La seule réponse qu'il a eu, ont été des coups de fusils qui ont bien faillit le tuer lui et toute sa famille. Ce genre de procédés étaient monnaies courantes dans le pays et ce n'était pas la démagogie des fascistes/monarchistes qui allaient y changer quoi que ce soit. Ce n'est pas la "subversion communiste" qui a retourné la tête des paysans, mais le traitement injuste dont ils étaient victimes qui les a massivement fait rejoindre les révolutionnaires socialistes. Le partage des terres des grands domaines a été une véritable bénédiction pour de nombreuses familles paysannes, qui pouvaient enfin avoir un lot de terre qui allait leur appartenir et leur permettre de pouvoir vivre de leur travail et ne plus devoir se vendre littéralement pour des miettes. Voilà pourquoi il est impossible à une quelconque forme de contre-révolution de pouvoir à nouveau espérer avoir un terreau favorable en Oustrie, car la paysannerie est largement satisfaite de son nouveau statut et de la généralisation des coopératives dans le pays. Radko, faisait partie de cette masse paysanne qui savait qu'elle ne travaillerait plus pour un quelconque exploiteur, mais qu'elle travaillerait enfin pour le bien commun, pour l'intérêt de tous et toutes.
Les droits au sein des coopératives sont multiples et garantissent des droits fondamentaux et inaliénables. Par exemple, chaque paysan à un pouvoir de décision et de regard vis à vis de la vie interne de la coopérative. Toutes les grandes décisions sont prises collectivement et les directeurs des coopératives sont élu parmi les paysans et sont très rarement nommés par la Fédération, sauf en cas de force majeure. Les coopératives permettent de faire fonctionner collectivement les efforts des paysans, d'unir leurs efforts et de pouvoir compter sur l'expérience et le savoir-faire de tout à chacun. Alors qu'il n'y avait aucune décision à prendre durant la période des grands propriétaires fonciers, maintenant chacun et chacune peut s'exprimer sans crainte. Alors qu'il y avait un morcellement dangereux de la terre et que les efforts n'étaient pas fourni collectivement, il a fallut beaucoup de persuasion pour en venir à la nécessité de la mise en commun sous contrôle de l'ensemble des coopérateurs et coopératrices. Rakdo par exemple, s'était montré assez réticent à faire venir d'autres personnes travailler sur ses terres, considérant qu'il était le seul à la connaître et qu'il avait un droit de regard dessus, d'en user et d'en abuser comme le droit bourgeois aime bien à le faire entendre. Comment lui en vouloir ? Lui-même sait parfaitement qu'il n'était pas à blâmé, car il était tout simplement sous l'influence de la pensée dominante, la pensée somme toute capitaliste. Vladimir Kirov a eu raison de noter que la paysannerie revêt un double caractère de classe et de nature : D'un côté, elle se sent proche des idées socialistes et de la classe ouvrière, sans sa lutte contre les grands propriétaires terriens, les usuriers et autres exploiteurs. D'un autre côté, elle a aussi largement une mentalité capitaliste dans sa défense de sa petite propriété, de son petit lopin de terre. C'est pourquoi toute la politique qui est mise en œuvre en Oustrie, vise à ne pas utiliser la contrainte mais à utiliser la persuasion, la transformation et l'expérimentation pour démontrer que la propriété collective est et restera une forme supérieure à la propriété capitaliste, qu'elle soit parcellaire ou sur tout un domaine. Les coopératives ont également permises d'augmenter drastiquement les conditions de vies des paysans à travers la Fédération, avec l'accès à des soins, à une couverture médicale complète, à la possibilité de pouvoir avoir accès à une éducation qui leur était interdire, ou du moins qui leur était difficile d'accéder. Les coopératives sont un chemin d'avenir et de progrès, mais ne représentent qu'une étape dans la transformation de l'agriculture en Oustrie. Mais avant d'aller plus en avant, il faut que la mentalité paysanne soit radicalement transformée par les coopératives et qu'elle puisse fournir la base d'avancées sociales, politiques et économiques futures. Il existe encore malheureusement de grandes disparités dans les campagnes Oustriennes et la Fédération fait tout pour essayer de combler ses retards.
Radko ne prétend pas tout savoir. Radko aime à dire qu'il ne se considère pas lui-même comme un "socialiste". Non pas parce qu'il veut montrer une différenciation, mais parce que pour lui l'essentiel est de faire son travail et de le faire consciencieusement sans qu'une idéologie ne prenne le pas dessus. Radko ne comprend pas forcément tout les conflits qu'il y a à travers le monde, ni même pourquoi ils ont lieu. Ce qu'il sait cependant, c'est que dans le conflit qui oppose la Schenkennie à la Varlovie et sans connaître ses deux pays... Il sait que de nombreux pays peu fiables soutiennent la Varlovie et que cela lui permet de dire qu'il sait qu'il il doit soutenir et de quoi il doit se méfier. Certains pourraient s'insurger et trouver que cela flaire bon le populisme. Mais Radko n'en a que faire. Au cours de la journée qui s'annonce, il s'occupera des bêtes, s'occupera des vaches, poules, cochons et autres lapins. Après, il s'en ira pour voir ce qu'il aura à ramener comme légumes pour ce soir, histoire que la soupe soit un vrai régal. A un moment dans la journée, il se réunira avec tout les autres paysans coopérateurs et pourra discuter librement de ce qu'il souhaite, de ce qu'il faudrait améliorer. Comme à son habitude, il se taira et écoutera attentivement, sa casquette vissé sur sa tête et une cigarette au bout des lèvres. Il votera à main levé les propositions faîtes et il donnera peut-être son avis sur l'un ou l'autre des sujets énoncés. Il se moquera à coup sûr du directeur de la coopérative qu'il n'aime pas trop, sans doute parce qu'il est proche du Bloc Populaire & Paysan et que pour Radko, cela représente le scandale de Ozokanine et de sa femme. Mais il restera poli et n'ira pas trop loin dans la moquerie. Puis, sans doute que son petit-fils viendra le voir à la fin de la journée, il pourra le prendre dans ses bras et lui raconter des histoires, le faire monter dans son tracteur et voir ses yeux brillé. Puis, son petit-fils lui parlera de ce qu'il a fait à l'école, de ce que la maîtresse lui a dit, ce qu'il a appris et pourquoi est-ce que plus tard il veut être comme son grand-père ! Alors, Radko rira. Mais il rira un court instant après que son petit-fils lui est demandé ce qu'est la "Révolution". Là, il redeviendra sérieux et sans dire un mot, il prendra son petit-fils par la main pour le conduire dehors juste à l'entrée de sa petite maison. A ce moment là, il prendra un petit morceau de bois et... tout en tremblant, il écrira quelque chose maladroitement sur le sol, ses yeux se brouillant de plus en plus sous les larmes. En cyrillique, il écrira son prénom. Voilà ce qu'est pour lui, la "Révolution". Avoir appris à lire, compter et écrire son propre prénom, à un âge très avancé. C'est alors qu'il repensera avec mépris à ceux qui l'ont insultés il y a peu, [url=http://www.simpolitique.com/campagne-varlovie-t12780-45.html#p283061]insultant[/url] ceux et celles qui ont réellement été égorgés durant la Guerre de Libération mené contre les fascistes, adeptes de sévices en tout genre. Mais à la vue de son petit-fils, il cessera de pleurer et d'avoir de la rancœur contre quiconque. Il le prendra sur ses épaules et rentrera chez lui d'un pas calme et serein en ne se souciant déjà plus du lendemain. Radko doit beaucoup à la Fédération, mais c'est avant tout la Fédération qui lui doit énormément, à lui et des dizaines de milliers d'autres comme lui.
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/18/1462313461-affuche.png[/img]
Affiche de la Fédération : Bâtir le socialisme bien, vite et mieux ! [/center][/justify]
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/18/1462307629-coop.png[/img]
Vue sur un champ coopératif de la Fédération[/center]
Il est encore très tôt en cette froide matinée et pourtant Radko est déjà réveillé, assis sur le rebord de son lit entrain de mettre ses bottes. Par la fenêtre, il fait encore nuit mais d'ici une bonne heure ou deux, il fera jour. Après avoir enfilé ses bottes, il se lève délicatement pour faire le moins de bruit possible et ne pas réveiller sa compagne qui dort encore à côté de lui. Il fait le tour de la pièce et sort de la chambre, avant de filer directement jusqu'à la cuisine pour aller manger un morceau. Ce matin ce sera un bol de café, du pain, du beurre et du fromage. Il trempe machinalement sa tartine en pensant au travail qui l'attendait aujourd'hui et à tout ce qu'il aurait à faire une fois que ce dernier sera terminé. Avec des dizaines et dizaines de milliers comme lui, Radko formait la grande masse des paysans de la Fédération. Ils représentaient le cœur de la Fédération, ils représentaient ces travailleurs et travailleuses de la terre qui s'échinaient pour nourrir la population, mais également pour vivre dignement. L'histoire de la paysannerie en Oustrie pourrait se résumer à une lutte ancestrale entre grands propriétaires terriens, gouverneurs en tout genre, maître de la terre opposé à une masse informelle de petits paysans, petits producteurs, de journaliers, métayers qui ne possédaient que leurs forces de travail. Vivant souvent dans la précarité ou alors à un niveau de vie tout juste suffisant, ils s'étaient révoltés un grand nombre de fois à travers l'Histoire, à travers les époques. L'un des leaders paysans les plus connus était Stoyan Valwyno, leader paysan et révolutionnaire du XVème Siècle, qui avait mené une révolte de grande ampleur contre les impôts de guerre qui pesaient sur la population. Jusque très récemment, les conditions de vie générale des paysans en Oustrie n'avaient pas particulièrement changé. Même durant la très courte période républicaine qu'avait connu le pays, les projets de partage des terres n'étaient resté que lettre morte à cause de la pression des propriétaires terriens et d'une grande partie de la classe dirigeante qui se refusait à voir son monopole sur la terre être réduit à néant. Sous la période monarchiste puis fasciste, les paysans Oustriens ont connu des hauts et des bas : Tadov VI Troubiich (Dernier souverain du pays) est un personnage controversé pour sa nonchalance politique vis à vis des fascistes, mais il est reconnu comme celui qui a maintenu et étendu les droits ancestraux -communaux- des paysans, notamment en ce qui concerne les récoltes, abattage du bois, etc etc. Les fascistes auront finalement un programme démagogue au niveau agraire, édictant des réformes qui devaient mener à plus de corporatisme mais qui ont surtout dépossédé de leurs droits une grande partie des petits paysans et des journaliers, allant jusqu'à l'interdiction de se coaliser hors des corporations et leur retirant le droit de grève. En comprenant cela, il n'est guère étonnant que la paysannerie Oustrienne s'est montrée assez enthousiaste durant la Guerre de Libération.
Radko était un homme d'un age déjà avancé. Cette année, il allait fêter ses 66 ans. Pourtant, il gardait une force de caractère et une vigueur qui lui permettait de pouvoir continuer à faire ce qu'il a toujours fait : Vivre et travailler comme un paysan. Comme la grande masses des paysans pauvres ou journaliers, la Révolution Communale a été plus qu'une bénédiction pour eux. Dans le programme politique des révolutionnaires socialistes, il y avait la nationalisation de toutes les terres Oustrienne, ainsi que le partage des terres de façon équitable. La Fédération avait promis que la terre appartiendrait à ceux qui la travaille... Et elle a tenue promesse. La formation des coopératives dans toute l'Oustrie a démontré toute les volontés affichés par la paysannerie de s'en sortir, de vivre mieux et dignement. La mise en commun de nombreux terres, d'outils, de connaissances/savoirs ne venait pas d'une décision centrale, d'une quelconque "autorité supérieure". Depuis des générations, il existait une organisation paysanne qui se basait sur des règles collectives, sur des règles et des droits collectifs. En quelque sorte, la Révolution n'a fait que donner un caractère socialiste réelle, tout un ensemble de règles qui existaient déjà mais qui n'étaient pas ou plus reconnus de manière constitutionnelle. Cela avait un sens profond pour Radko, lui qui avait vu son père travaillé toute sa vie sur les terres d'un grand propriétaire terrain pendant une trentaine d'années de bon et loyaux service, et alors que ce dernier voulait se débarrasser de lui sans lui débourser un seul centime... Il a vu son père se planter nez à nez avec le propriétaire terrien et lui dire qu'il ne partirait pas avant d'avoir été payé pour ces trente années à avoir travailler pour lui. La seule réponse qu'il a eu, ont été des coups de fusils qui ont bien faillit le tuer lui et toute sa famille. Ce genre de procédés étaient monnaies courantes dans le pays et ce n'était pas la démagogie des fascistes/monarchistes qui allaient y changer quoi que ce soit. Ce n'est pas la "subversion communiste" qui a retourné la tête des paysans, mais le traitement injuste dont ils étaient victimes qui les a massivement fait rejoindre les révolutionnaires socialistes. Le partage des terres des grands domaines a été une véritable bénédiction pour de nombreuses familles paysannes, qui pouvaient enfin avoir un lot de terre qui allait leur appartenir et leur permettre de pouvoir vivre de leur travail et ne plus devoir se vendre littéralement pour des miettes. Voilà pourquoi il est impossible à une quelconque forme de contre-révolution de pouvoir à nouveau espérer avoir un terreau favorable en Oustrie, car la paysannerie est largement satisfaite de son nouveau statut et de la généralisation des coopératives dans le pays. Radko, faisait partie de cette masse paysanne qui savait qu'elle ne travaillerait plus pour un quelconque exploiteur, mais qu'elle travaillerait enfin pour le bien commun, pour l'intérêt de tous et toutes.
Les droits au sein des coopératives sont multiples et garantissent des droits fondamentaux et inaliénables. Par exemple, chaque paysan à un pouvoir de décision et de regard vis à vis de la vie interne de la coopérative. Toutes les grandes décisions sont prises collectivement et les directeurs des coopératives sont élu parmi les paysans et sont très rarement nommés par la Fédération, sauf en cas de force majeure. Les coopératives permettent de faire fonctionner collectivement les efforts des paysans, d'unir leurs efforts et de pouvoir compter sur l'expérience et le savoir-faire de tout à chacun. Alors qu'il n'y avait aucune décision à prendre durant la période des grands propriétaires fonciers, maintenant chacun et chacune peut s'exprimer sans crainte. Alors qu'il y avait un morcellement dangereux de la terre et que les efforts n'étaient pas fourni collectivement, il a fallut beaucoup de persuasion pour en venir à la nécessité de la mise en commun sous contrôle de l'ensemble des coopérateurs et coopératrices. Rakdo par exemple, s'était montré assez réticent à faire venir d'autres personnes travailler sur ses terres, considérant qu'il était le seul à la connaître et qu'il avait un droit de regard dessus, d'en user et d'en abuser comme le droit bourgeois aime bien à le faire entendre. Comment lui en vouloir ? Lui-même sait parfaitement qu'il n'était pas à blâmé, car il était tout simplement sous l'influence de la pensée dominante, la pensée somme toute capitaliste. Vladimir Kirov a eu raison de noter que la paysannerie revêt un double caractère de classe et de nature : D'un côté, elle se sent proche des idées socialistes et de la classe ouvrière, sans sa lutte contre les grands propriétaires terriens, les usuriers et autres exploiteurs. D'un autre côté, elle a aussi largement une mentalité capitaliste dans sa défense de sa petite propriété, de son petit lopin de terre. C'est pourquoi toute la politique qui est mise en œuvre en Oustrie, vise à ne pas utiliser la contrainte mais à utiliser la persuasion, la transformation et l'expérimentation pour démontrer que la propriété collective est et restera une forme supérieure à la propriété capitaliste, qu'elle soit parcellaire ou sur tout un domaine. Les coopératives ont également permises d'augmenter drastiquement les conditions de vies des paysans à travers la Fédération, avec l'accès à des soins, à une couverture médicale complète, à la possibilité de pouvoir avoir accès à une éducation qui leur était interdire, ou du moins qui leur était difficile d'accéder. Les coopératives sont un chemin d'avenir et de progrès, mais ne représentent qu'une étape dans la transformation de l'agriculture en Oustrie. Mais avant d'aller plus en avant, il faut que la mentalité paysanne soit radicalement transformée par les coopératives et qu'elle puisse fournir la base d'avancées sociales, politiques et économiques futures. Il existe encore malheureusement de grandes disparités dans les campagnes Oustriennes et la Fédération fait tout pour essayer de combler ses retards.
Radko ne prétend pas tout savoir. Radko aime à dire qu'il ne se considère pas lui-même comme un "socialiste". Non pas parce qu'il veut montrer une différenciation, mais parce que pour lui l'essentiel est de faire son travail et de le faire consciencieusement sans qu'une idéologie ne prenne le pas dessus. Radko ne comprend pas forcément tout les conflits qu'il y a à travers le monde, ni même pourquoi ils ont lieu. Ce qu'il sait cependant, c'est que dans le conflit qui oppose la Schenkennie à la Varlovie et sans connaître ses deux pays... Il sait que de nombreux pays peu fiables soutiennent la Varlovie et que cela lui permet de dire qu'il sait qu'il il doit soutenir et de quoi il doit se méfier. Certains pourraient s'insurger et trouver que cela flaire bon le populisme. Mais Radko n'en a que faire. Au cours de la journée qui s'annonce, il s'occupera des bêtes, s'occupera des vaches, poules, cochons et autres lapins. Après, il s'en ira pour voir ce qu'il aura à ramener comme légumes pour ce soir, histoire que la soupe soit un vrai régal. A un moment dans la journée, il se réunira avec tout les autres paysans coopérateurs et pourra discuter librement de ce qu'il souhaite, de ce qu'il faudrait améliorer. Comme à son habitude, il se taira et écoutera attentivement, sa casquette vissé sur sa tête et une cigarette au bout des lèvres. Il votera à main levé les propositions faîtes et il donnera peut-être son avis sur l'un ou l'autre des sujets énoncés. Il se moquera à coup sûr du directeur de la coopérative qu'il n'aime pas trop, sans doute parce qu'il est proche du Bloc Populaire & Paysan et que pour Radko, cela représente le scandale de Ozokanine et de sa femme. Mais il restera poli et n'ira pas trop loin dans la moquerie. Puis, sans doute que son petit-fils viendra le voir à la fin de la journée, il pourra le prendre dans ses bras et lui raconter des histoires, le faire monter dans son tracteur et voir ses yeux brillé. Puis, son petit-fils lui parlera de ce qu'il a fait à l'école, de ce que la maîtresse lui a dit, ce qu'il a appris et pourquoi est-ce que plus tard il veut être comme son grand-père ! Alors, Radko rira. Mais il rira un court instant après que son petit-fils lui est demandé ce qu'est la "Révolution". Là, il redeviendra sérieux et sans dire un mot, il prendra son petit-fils par la main pour le conduire dehors juste à l'entrée de sa petite maison. A ce moment là, il prendra un petit morceau de bois et... tout en tremblant, il écrira quelque chose maladroitement sur le sol, ses yeux se brouillant de plus en plus sous les larmes. En cyrillique, il écrira son prénom. Voilà ce qu'est pour lui, la "Révolution". Avoir appris à lire, compter et écrire son propre prénom, à un âge très avancé. C'est alors qu'il repensera avec mépris à ceux qui l'ont insultés il y a peu, [url=http://www.simpolitique.com/campagne-varlovie-t12780-45.html#p283061]insultant[/url] ceux et celles qui ont réellement été égorgés durant la Guerre de Libération mené contre les fascistes, adeptes de sévices en tout genre. Mais à la vue de son petit-fils, il cessera de pleurer et d'avoir de la rancœur contre quiconque. Il le prendra sur ses épaules et rentrera chez lui d'un pas calme et serein en ne se souciant déjà plus du lendemain. Radko doit beaucoup à la Fédération, mais c'est avant tout la Fédération qui lui doit énormément, à lui et des dizaines de milliers d'autres comme lui.
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/18/1462313461-affuche.png[/img]
Affiche de la Fédération : Bâtir le socialisme bien, vite et mieux ! [/center][/justify]