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Posté : jeu. juin 23, 2016 3:37 am
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Mort du cheikh Abdelbassim el-Hayet
7er juin 2030

L'un des plus grands mémorisateurs et récitateurs du Saint-Coran nous a quittés. Le cheikh Abdelbassim el-Hayet est né à Dar en-Noujoum, quartier populaire de la ville basse de Mastranabal, le 16 mai 1952, de parents musulmans chiites, dans une fratrie de sept enfants. Après des études coraniques auprès du cheikh at-Tainaj dans une petite école islamique de son quartier, le jeune Abdelbassim mémorise totalement le livre saint des musulmans à l'âge de 10 ans et part sur les routes ajdabies en compagnie de son maître pour aider aux travaux de réintroduction de l'étude du Coran dans les campagnes ajdabies. Il le suit jusqu'à Kûrial, en Tchoconalie où le jeune homme, alors âgé de 14 ans, remporte le championnat du monde de récitation du Coran devant des candidats issus de tout le monde musulman. Rentré en Ajdabiya en 1967, il y aide son maître à former un établissement d'alphabétisation destiné aux adultes autant qu'aux enfants dans son quartier natal.
Le cheikh el-Hayet fait partie des rares personnalités religieuses ajdabies à avoir toute sa vie manifesté sa méfiance vis-à-vis de la confrérie djilalite et de ses dérives, n'hésitant pas parfois à partir dans de violentes controverses avec ces derniers, notamment lors de la publication de son principal ouvrage Dissertation sur la Science des Astres ("Atrouhout fi-Alm en-Noujoumi), ouvrage dans lequel il réfute violemment les thèses d'époque des confréries soufies sur le symbolisme des astres, qu'il estimait blasphématoires et anti-islamiques. Caricaturé par les savants djilalites comme témoignant d'un exotérisme paysan et arriéré, cet ouvrage a malgré tout fait son chemin, et est aujourd'hui considéré comme une authentique oeuvre de rétablissement des fondamentaux islamiques face aux innovations, ayant même amené les djilalites à revoir et taire certaines de leurs positions sur le sujet. Ses ouvrages suivants, Propos ajdabis ("Kalimat Ajdabiyat"), Rétorcation aux apôtres du secret ("Rada 'Ala Rissal al-Sariya") et A propos de ceux qui invoquent les tombes ("Houl Aladeen Yadou'oun el-Qoubour") lui permettront de s'imposer, à la suite de son maître et précurseur at-Tainaj comme le principal représentant de l'école de Mastranabal, école philosophique et religieuse qui a marqué l'Ajdabiya du XXème siècle. Il professait un Islam populaire et simple, d'aucuns diront littéraliste, et résolument opposé à la culture du secret, de l'initiation et de la mystique promue par les djilalites.
Aveugle de naissance, comme la plupart des hafiz ajdabis, il sera connu plus tard pour ses récitations rauques et touchantes du Coran qui, enregistrées sur des cassettes circulant dans les bas-quartiers de Mastranabal, rythmaient la vie des chauffeurs de taxis et du petit peuple ajdabi. Le cheikh Abdelbassim el-Hayet est décédé à 78 ans jeudi dernier, paisiblement, dans son sommeil, à Abascane, en compagnie de ses enfants et petits-enfants. En dépit de leurs profondes divergences sur la place de l'Islam en Ajdabiya, plusieurs représentants de la confrérie djilalite ont rendu hommage à un pieux musulman ferme dans ses convictions, même contestables, et ont indiqué leur intention d'assister à ses funérailles, le 9 juin prochain, dans le cimetière musulman de Dar en-Noujoum où est enterré le reste de sa famille. Le chef de la tariqa djilalite Isseniya, à Ben Marzad, Jamal el-Artaqiya, de la même génération que le cheikh Abdelbassim, a indiqué ce matin : "Malgré nos profonds désaccords, quand il nous fallait voir le modèle d'un homme courageux, nous ouvrions tous ses livres".

Posté : ven. juin 24, 2016 9:34 am
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Quelques problèmes de santé publique
11 juin 2030

Le 10 juin 2030, en présence de 18 experts des questions de santé publique, le Commis à la Santé Bachir Ibn Selim a tenu sa première conférence destinée à éveiller les Ajdabis sur les principaux problèmes sanitaires sont souffrent le pays. Nous détaillons dans ce dossier trois des points sur lesquels le ministre a tenu à porter ses efforts.

700 cas d'empoisonnement à cause de la contrebande d'alcool

Interdit en Ajdabiya, l'alcool fait néanmoins l'objet d'une contrebande qui, sans être endémique, demeure problématique et mérite d'être mentionnée en premier lieu dans notre dossier. La contrebande ne vient pas de l'extérieur, puisque l'Ajdabiya constitue un marché peu intéressant pour d'éventuels trafiquants étrangers : notre pays compte moins de dix millions d'habitants, répartis sur un territoire très vaste, et au faible pouvoir d'achat, et les peines ajdabies sont extrêmement sévères en ce qui concerne ces trafics. En résumé, le jeu n'en vaut pas la chandelle.
35 000 bouteilles seraient produites clandestinement, malgré tout, par des Ajdabis dans des laboratoires, et cet alcool est uniformément de mauvaise qualité, frelaté la plupart du temps avec des produits chimiques malsains, notamment du méthanol. 724 cas d'empoisonnement ont été enregistrés en 2029 suite à la consommation de l'alcool ajdabi, considéré comme le plus mauvais au monde. 69 décès ont également eu lieu officiellement, on soupçonne néanmoins de nombreux autres morts liées à l'alcool d'être déguisées sous d'autres maladies, par les proches des victimes, cela afin de ne pas entacher la réputation des familles aux yeux de la société.
La marque de contrebande la plus répandue en Ajdabiya est la vodka "Pelabshot", qui contrairement à ce que son étiquette prétend n'est pas produite au Pelabssa, mais évidemment dans des ateliers idéologiques clandestins au centre du pays. En février dernier, un laboratoire de ce type a été démantelé par les milices djilalites et dévoilé à la presse. Plus de 500 litres d'alcool Pelabshot ont été saisis à cette occasion par les forces de police ajdabies.

Mauvaises conditions de la pratique de la circoncision

La circoncision remonte à plus de 5000 ans, et symbolise en Islam la permanence de l'alliance conclue dans le désert de Bardaran entre le Prophète Ibrahim et son Seigneur-Dieu. En Ajdabiya, c'est une pratique traditionnelle qui concerne la totalité des mâles dès qu'ils ont atteint l'âge de 7 ans, moins dans certaines autres régions. Si dans la majeure partie des cas les cérémonies collectives de circoncision se déroulent selon les procédés les plus élémentaires d'hygiène et sont exécutées par des techniciens expérimentés, on recense dans les zones rurales un certain nombre de complications assez inquiétantes liées à un non-respect par les circonciseurs des critères de pureté imposés par la religion.
7 cas de décès d'enfants de moins de dix ans sont recensés, en moyenne, chaque année, depuis 10 ans suite à une mauvaise circoncision. Dans les zones rurales éloignées où, souvent, les pasteurs arménabales vivent en familles sans liens avec l'extérieur, la circoncision est un sujet d'inquiétudes. Elle est le plus souvent réalisée lorsque la famille est de passage dans un village ou une caravane de nomades. L'opération est alors placée entre les mains du barbier du village, lequel ne dispose pas nécessairement de toutes les connaissances liées à la bonne réalisation de cette purification. La mauvaise qualité des outils et leur mauvais état est mis en cause par les observateurs.

La maladie honteuse des femmes

C'est toujours dans les zones rurales du centre du pays, où les soins sont de moindre qualité, qu'on retrouve ce que le commis à la santé a nommé la "maladie honteuse des femmes". Nous n'entrerons ici pas dans le détail afin de ne pas choquer nos lecteurs, donc soyons brefs. La fistule anale touche près de 18 000 femmes en Ajdabiya, et a lieu suite à un accouchement, lequel, en raison de la malnutrition et de la fragilité de la peau qui en découle, entraîne une déchirure partielle ou totale du périnée, et, ce faisant une incontinence à vie pour les femmes touchées, ainsi qu'une douleur insupportable liée à la mise à nu des fibres nerveuses. Souvent rejetées par leurs familles et répudiées par leurs maris en raison de leur "impureté" rituelle permanente, elles finissent ainsi leur vie seules sans bénéficier des prises en charge les plus élémentaires liées aux infections produites par la déchirure. L'espérance de vie après un accouchement ayant entraîné une déchirure est estimé à seulement 4 années.
Les spécialistes de cette maladie présents à Mastranabal ce jour-là ont vivement insisté sur la nécessité de développer des hôpitaux mobiles dans le centre du pays afin de recueillir les victimes de cette maladie.

Posté : sam. juin 25, 2016 5:14 pm
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Manar célèbre la culture corsaire à Raha Snoussen
15 juin 2030

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Etendard de Khalid Hasnou[/center]

Le sultan Manar a assisté mercredi dernier à une série de représentations données en plein-air, pour les habitants de l'île de Raha Snoussen, en mémoire de la longue tradition de corsaires que notre pays a connu. La course, mentionnons le, demeure toujours officiellement en vigueur en Ajdabiya, bien qu'elle ne soit dans les faits plus pratiquée depuis le début du XXème siècle. La maison de Khalid Hasnou a été visitée à cette occasion par le sultan. La bâtisse, construite sur la côte Est de l'île, pointant vers le Barebjal où de nombreuses expéditions étaient menées, est aujourd'hui en fort mauvais état. Les dernières lois de protection du patrimoine national votées par le Haut-Conseil de l'Etat ont vu l'édifice recevoir l'appellation de bâtiment de haut-niveau architectural en vue de sa réfection, et, dans les années qui viendront, de son ouverture au public.

Du XIVème siècle au début du XXème siècle, les corsaires ajdabis, mandatés par les puissances de la région, parcouraient le nord de l'océan barebjalien et la mer de Médie avec dans le but de capturer frégates et marins étrangers, de piller les riches ports numanciens, barebjaliens, tyranciens ou zanyanais, ainsi que les comptoirs almérans qui longeaient la côte ajdabie septentrionale. Sous le prétexte souvent facile du "Jihad", ces marins ont permis pendant plusieurs siècles aux différentes principautés ajdabies, souvent en conflit entre elles, de conserver malgré tout leur indépendance vis-à-vis de l'extérieur. Le tribut qui leur était versé, sous la menace des canons, pour obtenir un droit de passage par le détroit de Tyrance, la rapine et le rapt d'esclaves constituaient bien souvent la principale source de revenus des Ajdabis à cette époque, bien avant le commerce, l'agriculture ou l'artisanat.

L'histoire de Khalid Hasnou n'est pas anodine, et elle est liée étroitement à l'histoire maritime de l'Ajdabiya. Ce personnage charismatique et envoûtant, dont la musique et la poésie ont eu tôt fait de s'emparer, était né en 1847 à Ben Marzad d'une famille d'artisans de la Ville Basse. Enrôlé très jeune sur les frégates d'Ahmed Zenawen, son maître et formateur, il se fait vite un nom parmi la marée de pirates et de renégats qui venaient quémander auprès du sultan de Ben Marzad (à l'époque royaume indépendant de Mastranabal) une mission, même périlleuse, en échange d'un lieu sûr pour leurs richesses. Zenawen fit les belles heures de la course ajdabie, alors que le sultanat de Ben Marzad lui-même commencait de s'endormir sous la pression des milices religieuses. Intraitable, exigeant et autoritaire avec ses hommes, il aurait, selon le registre des prises détenu à la Bibliothèque Nationale de l'Université de Mastranabal, pris 72 frégates, capturé 6000 prisonniers et plusieurs centaines de tonnes de denrées alimentaires ou industrielles, avec une telle maestria qu'on dit que le sultan de Ben Marzad n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait parfois lui présenter de cadeaux, tant le sultanat était déjà à l'époque arriéré et retardé sur les puissances occidentales ou barebjaliennes.

Au nombre de ses exploits, entre 1874 et 1876, il met 27 fois à sac Al-Machir, principal centre de commerce du Barebjal à la fin du XIXème siècle. En 1879, il établit une étape pour ses navires sur l'île de Perejil, au sud du Numancia, qui demeurera intouchée pendant 3 ans, avant d'être détruite en 1882 par les troupes du royaume canoviste. En 1883, un raid sur l'Akélos, dans l'actuelle Tyrance, lui permet de rapporter 400 femmes à Ben Marzad, qu'il offre au harem du sultan, lequel sera agrandi à cet effet. Ses raids se poursuivent jusqu'en 1897, date à laquelle il se retire de la course, laissant sa frégate, Ghazal-Lebhour (Gazelle des mers), aux mains du fils qu'il a eu avec une esclave tyranienne, Hasnou le petit (Hasnou Sghir), lequel poursuit avec autant de fortune que son père les raids sur les côtes médiennes jusqu'en 1917, date à laquelle le Numancia déclare la guerre au sultan de Ben Marzad, fatigué du climat d'insécurité que les successeurs d'Hasnou faisaient régner dans leur ancienne "Mare Nostrum". Expérimentés pour le brigandage et le harcèlement maritime, les corsaires ajdabis n'en étaient pas pour autant prêts à affronter une flotte moderne et considérablement avancée sur eux. En quelques semaines, Ben Marzad est soumise au canon, et le sultan contraint de signer un traité défavorable pour son pays. Les esclaves almérans sont libérés en totalité, la course, les raids et le paiement des tribus doivent s'arrêter sur les rivages de la mer de Médie. Dans la nuit suivant la signature du traité, le sultan est étranglé avec une corde d'amarrage par ses corsaires, pour avoir trahi sa religion et son peuple. Ces derniers reprirent leurs activités de façon anarchique jusqu'à être totalement débordés par les Almérans, dans le courant de l'année 1918.

Manar Ibn Abdelmoumen a longuement loué la mémoire des marins ajdabis, au cours d'un discours érudit, avant d'écouter en compagnie des habitants de Raha Snoussen venus à lui pour cette occasion [url=https://www.youtube.com/watch?v=w7nmfPUQ3Hw]une chanson du cheikh Souleymane Sinissi dédiée à Khalid Hasnou[/url].

Posté : dim. juin 26, 2016 12:18 am
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Paroles druzes
16 juin 2030

[center][img]http://img15.hostingpics.net/pics/896311druzes3.png[/img]
Druzes à Abascane[/center]

Nés d'une dissidence chiite ultra-minoritaire au XVIème siècle, mais propagée massivement parmi les sunnites de l'époque -jusqu'à, selon les historiens ajdabis, constituer 15% de la population ajdabie au XVIIIème siècle-, ils constituent toujours environ un pourcent de la population du sultanat d'Ajdabiya, sans pourtant avoir exercé depuis cinq siècles de fonctions majeures dans l'organisation ou la gestion de la société. Ils sont concentrés principalement au Nord-Ouest, professent un islam chiite marginal et hétérodoxe, volontairement pacifique et dénué de tout dogme littéraliste ou autoritaire, et pourtant, cette communauté a mérité le déplacement de notre sultan ce 16 juin dans la ville d'Absascane, où ils vivent en grand nombre depuis que les nécessités du commerce les y ont poussés. Officiellement, les druzes sont considérés en Ajdabiya sur le même plan que les chiites majoritaires, à 78%, et pourtant forment bien une communauté à part entière, fortement régie et policée par quelques familles (au nombre de trois, plus exactement : les Snassadou, les Imarwi et les Zenassi) qui tiennent toute la hiérarchie cléricale et politique des communautés et les unit par une singulière solidarité. Ils jouissent en outre d'une importante liberté de culte en Ajdabiya, et pour cause, il s'agit, devant les chrétiens et les musulmans sunnites, du courant religieux le plus proche théologiquement de l'Ismaélisme du sultanat (les Druzes, comme les Ajdabis chiites, sont des chiites septimaniens, qui croient en sept Imams, et non duodécimains, comme en Alamut, lesquels croient en douze Imams).

La religion druze est en outre fortement orientée vers un sentiment mystique et une doctrine ésotérique du secret, qu'ils partagent en ce sens avec la confrérie djilalite qui représente la norme religieuse en Ajdabiya. Le refus des lois strictes imposées par la jurisprudence (fiqh) islamique dans certains pays du Barebjal et du Zanyane est une autre proximité entre ces deux communautés religieuses. Les druzes souffrent, malgré tout, en raison de leur mode de vie différent, montagnard et rural, et de patronymes bien différenciés, d'une discrimination masquée, notamment en ce qui concerne l'accès aux postes de fonctionnaires, de militaires, d'officiers de police ou de recensement dans leurs propres mairies, qui sont pour la plupart encore "tenues" par des Ismaéliens de la confrérie. Les zones arides de peuplement druze restent encore, en outre, relativement à l'écart des sursauts que connaît actuellement l'économie ajdabie. Sont encore à ajouter au chapitre des divisions les dissensions qui existent entre les druzes arabes, lesquels se réfèrent davantage aux commandements des familles Snassadou et Zenassi dans leurs actes, et les druzes arménabales, c'est-à-dire autochtones, qui se réfèrent davantage à la famille Imarwi dans leurs actes civils et religieux. La religion druze n'étant pas officiellement et fermement ordonnée par le Coran contrairement à l'Islam dit "classique", les dissensions se font plus facilement jour. En dépit de ces ressemblances, la religion druze n'a pas toujours vécu de beaux jours en Ajdabiya. Elle fut interdite de 1764 à 1924 par le sultanat de Ben Marzad, pour des raisons davantage économiques que religieuses, la communauté druze concentrant à cette époque une quantité phénoménale d'artisans et de commerçants considérés susceptibles, si jamais ils s'unissaient, d'attenter à l'unité et à la sécurité du régime de l'époque. Les initiations de nombreux voyageurs almérans, à partir du milieu du XIXème siècle, notamment poètes symbolistes, ont permis de faire le jour sur une foi cachée, volontiers caricaturée, mais toujours restée droite dans ses fondements et ses convictions. Si certains ont pu dépeindre ces fiers paysans du centre de l'Ajdabiya comme des "faux" ou des "mauvais" musulmans, c'est à coup sûr une oeuvre de mauvaise foi ou d'inculture immense.

Le sultan Manar a assisté ce vendredi à une cérémonie officielle druze dans la mosquée Imazwen Imarwi à Abascane. Il a participé à la prière commune des musulmans et ensuite participé à une après-midi de concertation (hadra) au sein de la communauté druze arménabale d'Abascane, dans la même mosquée, afin de se faire connaître des principaux dignitaires de la ville. Une discussion a ensuite eu lieu avec les représentants abascans de la communauté druze, qui lui a fait part de certains de ses griefs, sous les yeux des témoins, griefs auxquels le sultan a répondu par la promesse d'une amélioration de la condition druze au sein de notre pays. Il a notamment tenu à faire, devant les membres de la communauté, une déclaration allant dans le sens d'une égalisation des rapports entre Druzes et Ismaéliens, que nous retranscrivons ici.

Ouverts sur l'extérieur autant que soucieux de leurs traditions, ces fiers hommes des montagnes constitueraient-ils en fait le secret de l'identité ajdabie ? Les Druzes sont ici les frères des Chiites d'Ajdabiya, et professent indéniablement le même culte que nous, celui dans le Dieu unique des Arabes, avec un clergé aux fonctions et aux structures similaires. Si des inégalités subsistent en dépit de notre cousinage religieux, culturel et linguistique, il est à condamner, mais cela est facilement compréhensible sur une terre telle que la nôtre où les progrès les plus élémentaires de concertation interreligieuse n'ont, malheureusement, pas encore été faits. Nous espérons que les années à venir nous permettront de surmonter ces épreuves.

Manar Ibn Abdelmoumen a en outre annoncé qu'il déposerait prochainement devant le Haut-Conseil de l'Etat une résolution visant à rendre les Druzes égaux aux Ismaéliens en terme de liberté de circuler -les Chiites ayant actuellement une liberté de circuler bien plus grande que les Chrétiens et les Sunnites, que ce soit à l'intérieur du pays ou à l'étranger-.

Posté : mar. juin 28, 2016 11:30 am
par Vliduj Gak
La couronne et l'épée

Démantèlement d'une filière de prostitution clandestine
22 juin 2030

Alertés par les voisins, lesquels se plaignaient depuis plus de 2 mois d'une flot incessant de jeunes mâles dans la grande propriété de Nouri Asmadi, du bruit, des attroupements incessants jusque tard la nuit et de l'atmosphère de débauche qui régnait dans le quartier depuis l'installation, en juillet 2029, de cet ancien professionnel de l'immobilier retiré dans une des propriétés qu'il mettait en vente. La police, intervenant bien tard, a réussi à démanteler la plus importante filière de prostitution recensée en Ajdabiya depuis plus de 20 ans. Près de 70 filles auraient venu leur corps dans cette bâtisse en presque un an. 17 d'entre elles étaient présentes et ont été incarcérés à la prison pour femmes d'Abascane. Elles sont toutes de nationalité ajdabie. Les forces de l'ordre travaillent actuellement à la recherche des cinquante autres femmes impliquées dans ce trafic, mais a mentionné à nos équipes qu'elle n'espérait pas les retrouver en intégralité, mais bien plutôt faire la lumière sur le mode de fonctionnement de ces réseaux encore peu connus dans notre pays. Le responsable de la filière, le dénommé Nouri Asmadi, était absent au moment de l'intervention des forces de l'ordre mais a pu être appréhendé au moment de son retour. Il est actuellement détenu à la prison centrale de Mastranabal, et sera décapité lundi prochain en présence de l'Imam du sultanat, le docteur Ibn Lasmouni, qui a pronondé la peine capitale.

Exposition coranique à Mastranabal
23 juin 2030

La capitale ajdabie présentera ce week-end à ses habitants une importante collection issue des réserves privées du sultan de plus de 350 exemplaires du Coran datant du XIIIème au XVIIIème siècle. L'exposition sera intégralement gratuite pour les citoyens ajdabis, et accessible à un très bas prix de 15 dinars pour les résidents étrangers et touristes. Parmi les multiples exemplaires proposés, c'est le "Coran de sang" du sultan Jalal, du XIVème siècle, qui revêt la plus grande valeur fiduciaire. Il a été rédigé entre 1417 et 1433 par le scribe personnel du sultan, Issoussen Idenaghen, à partir du sang du sultan, d'après la légende, prélevé quotidiennement durant seize années au moyen de saignées, par lesquels le monarque espérait tisser un lien personnel avec le texte sacré des musulmans. La valeur totale de la collection étant inestimable, plus de 1000 agents de l'ordre ont été mobilisés pour les deux jours de l'exposition. Les manuscrits seront par la suite replacés dans la réserve culturelle du sultan Manar, en vue d'une seconde exposition qui aura lieu en décembre de cette année à Ben Marzad, suite à une demande de la confrérie djilalite.