Departement of state (affaires étrangères)
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Amaski
De : Le nouveau Roi du Dogaba
A : Jack Nikelson, Président des U.S.P.
Sujet : Rencontre
Monsieur le Président,
Je voudrais vous faire part de nos plus sincères remerciements pour reconnaitre notre gouvernement et par dessus tout aussi de nous faire parvenir aussi rapidement de l'aide alimentaire et médicale que notre pays a aussi urgentement besoin. Il est un grand plaisir de constater que l'atruisme et l'esprit de l'aide humanitaire persiste encore dans ce Monde qui est malheureusement peuplé de certaines nations à l'unique volonté d'étendre leur zone d'influence au detriment des peuples les plus faibles. Je ne nommerai bien sûr pas de noms par respect diplomatique mais laissez moi vous demander si vous aviez déjà visiter le Lochlann ou la République du Turrïyvostok?
Au sujet d'une rencontre entre nos deux pays, je peux vous communiquer que ceci est tout à fait possible. Si ceci vous convient, nous pourrions envisager des discussions diplomatiques du 8 au 9 juillet 2011 à Tobleroné étant donné que le Centre de Conférence de Mont Chéri a été endomagés pendant la crise finale du règime de Lutumba.
Cordialement,
Osama Louis Reus
Roi du Dogaba
A : Jack Nikelson, Président des U.S.P.
Sujet : Rencontre
Monsieur le Président,
Je voudrais vous faire part de nos plus sincères remerciements pour reconnaitre notre gouvernement et par dessus tout aussi de nous faire parvenir aussi rapidement de l'aide alimentaire et médicale que notre pays a aussi urgentement besoin. Il est un grand plaisir de constater que l'atruisme et l'esprit de l'aide humanitaire persiste encore dans ce Monde qui est malheureusement peuplé de certaines nations à l'unique volonté d'étendre leur zone d'influence au detriment des peuples les plus faibles. Je ne nommerai bien sûr pas de noms par respect diplomatique mais laissez moi vous demander si vous aviez déjà visiter le Lochlann ou la République du Turrïyvostok?
Au sujet d'une rencontre entre nos deux pays, je peux vous communiquer que ceci est tout à fait possible. Si ceci vous convient, nous pourrions envisager des discussions diplomatiques du 8 au 9 juillet 2011 à Tobleroné étant donné que le Centre de Conférence de Mont Chéri a été endomagés pendant la crise finale du règime de Lutumba.
Cordialement,
Osama Louis Reus
Roi du Dogaba
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kinolas
Message du Ministère des Affaires Etrangères du Grand Duché de Savoia.
Madame, Monsieur,
C'est de manière très officielle que nous souhaitons instituer notre présence sur le sol des Etats Unis de Pelabsa, par l'ouverture d'une représentation diplomatique dans votre capitale.
Nous espèrons que ce premier acte officiel entre nos deux nations pourrait être les prémices d'une collaboration future de qualité.
Dans l'attente de votre réponse.
Son excellente Louis Derioz, Ministre des Affaires Etrangeres, au nom du Grand Duc Nicolas Ier
Madame, Monsieur,
C'est de manière très officielle que nous souhaitons instituer notre présence sur le sol des Etats Unis de Pelabsa, par l'ouverture d'une représentation diplomatique dans votre capitale.
Nous espèrons que ce premier acte officiel entre nos deux nations pourrait être les prémices d'une collaboration future de qualité.
Dans l'attente de votre réponse.
Son excellente Louis Derioz, Ministre des Affaires Etrangeres, au nom du Grand Duc Nicolas Ier
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maxfave
Messages aux Autorités des Etats Unis de Pelabssa :
Nous voulions vous informer que 10 Pelabssiens ont été kidnappé par des membres de la Ligue Islamiste des Serviteur d'Allah sur notre sol. Nous savons qu'ils sont pour le moment en bonne santé. Nous ne connaissons pas leur identités, ni leur lieu de détention, et les ravisseurs ne demande pour le moment rien en échange.
Nous faisons de tout notre possible pour les retrouver, mais votre aides s'annonce très utile, et indispensable.
Cordialement,
Katura Mokone, Ministre des affaires étrangères du Makengo.
Nous voulions vous informer que 10 Pelabssiens ont été kidnappé par des membres de la Ligue Islamiste des Serviteur d'Allah sur notre sol. Nous savons qu'ils sont pour le moment en bonne santé. Nous ne connaissons pas leur identités, ni leur lieu de détention, et les ravisseurs ne demande pour le moment rien en échange.
Nous faisons de tout notre possible pour les retrouver, mais votre aides s'annonce très utile, et indispensable.
Cordialement,
Katura Mokone, Ministre des affaires étrangères du Makengo.
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maxfave
<center>Message de la LISA aux Autorités des USP :
On voit un homme, apeuré qui lit un texte...
[url=http://www.casimages.com/img.php?i=100310110907992035605033.jpg][img]http://nsm03.casimages.com/img/2010/03/10//mini_100310110907992035605033.jpg[/img][/url]
Nous détenons en ce moment même 10 personnes de nationalités Pelabssiennes.
Nous ne voulons pas de rançons, et vous connaitrai nos revendications plus tard.
Et nous... Aidez nous je vous en supplis ! Venez no... Des hommes cagoulés commencent à frapper l'otage. La vidéo s'arrête.</center>
On voit un homme, apeuré qui lit un texte...
[url=http://www.casimages.com/img.php?i=100310110907992035605033.jpg][img]http://nsm03.casimages.com/img/2010/03/10//mini_100310110907992035605033.jpg[/img][/url]
Nous détenons en ce moment même 10 personnes de nationalités Pelabssiennes.
Nous ne voulons pas de rançons, et vous connaitrai nos revendications plus tard.
Et nous... Aidez nous je vous en supplis ! Venez no... Des hommes cagoulés commencent à frapper l'otage. La vidéo s'arrête.</center>
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maxfave
De la République Démocratique et Populaire du Makengo :
Nous vous invitons à assister aux festivités de notre fête Nationale, le 8 août 2011, à Pembala.
Nous serions ravi et honoré de votre présence sur le Sol Makengais en ce jour si important pour notre peuple.
Vous pourrez par la même occasion, envoyer si vous le souhaitez, du matériel ou des hommes pour aider et collaborer avec notre police pour la recherche des 10 otages Pelabssiens.
Dans l'attente de votre réponse,
K.Mokone, Ministre des Affaires étrangère du Makengo.
Nous vous invitons à assister aux festivités de notre fête Nationale, le 8 août 2011, à Pembala.
Nous serions ravi et honoré de votre présence sur le Sol Makengais en ce jour si important pour notre peuple.
Vous pourrez par la même occasion, envoyer si vous le souhaitez, du matériel ou des hommes pour aider et collaborer avec notre police pour la recherche des 10 otages Pelabssiens.
Dans l'attente de votre réponse,
K.Mokone, Ministre des Affaires étrangère du Makengo.
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Ramiro de Maeztu
<center>Yo acuso - J'accuse
Lettre ouverte a Monsieur Jack Nikelson, Président des États-Unis de Pelabssa</center>
Monsieur le Président,
Me permettrez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez toujours fait, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est souillée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?
Vous êtes sortis tant bien que mal de nombreuses accusations, vous avez conquis le pouvoir. Vous apparaissez rayonnant dans l'apothéose de votre nation cocardière et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de votre Union des Démocraties, qui couronnera tous vos efforts de domination, d'hégémonie et d'iniquité. Mais quelle tache de boue sur votre nom - j'allais dire sur votre règne - que cette abominable idéologie ! Une réunion internationale vient, par ordre, d'oser mentir à tous les citoyens du monde, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c'est fini, les États-Unis de Pelabssa ont sur la joue cette souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence qu'un tel crime a pu être commis. Puisqu'elle a osé, j'oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j'ai promis de la dire, si la justice universelle, régulièrement invoquée, ne la faisait pas pleine et entière. Mes nuits seraient hantées par le spectre des innocents qui expient sous votre joug, dans la plus affreuse des tortures, pour n'avoir commis qu'un crime : celui de n'être pas libéral.
Et c'est à vous, Monsieur le Président, que je crierai cette vérité, de toute la force de ma révolte d'honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous ne mesurez pas l'ampleur de votre erreur. Mais à qui donc dénoncerais-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n'est à vous qui coordonnez tous leurs efforts ?
<center>* *
*</center>
La vérité, d'abord, sur la constitution et le triomphe de l'Union des Démocraties.
Des hommes néfastes ont tout mené, ont tout fait, ce sont les présidents de chaque pays membre de cette alliance.
Ils sont le libéralisme tout entier, on ne le comprendra que lorsque la justice universelle aura établi nettement leurs actes et leurs responsabilités. Ils apparaissent comme les esprits les plus fumeux, les plus compliqués, hantés d'intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers abjects, les lettres de menaces, les rendez-vous manqués, les hommes mystérieux qui colportent, la nuit, des preuves accablantes. Ce sont eux qui imaginèrent cette trame diabolique ; ce sont eux qui rêvèrent d'asservir le monde davantage encore, eux que nous nous représentons armés d'une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de leurs adversaires endormis pour projeter sur leur visage un brusque flot de lumière et les surprendre ainsi, dans l'émoi du réveil, pour mieux les convertir de force. Et je n'ai pas à tout dire : qu'on cherchera, on trouvera ! Je déclare simplement que ces présidents, chargés d'ourdir ce complot indigne sont, dans l'ordre des dates et des responsabilités, les premiers coupables de cette machination tournée contre le monde libre.
La vérité était depuis quelques temps déjà portée à la connaissance de quelques hommes politiques et intellectuels, depuis trop souvent paralysés par la peur. Des "fuites" avaient lieu, des missives passaient de main en main, comme il en passe aujourd'hui encore; et les auteurs de ce complot étaient recherchés lorsqu'un a priori se fit peu à peu que cet auteur ne pouvait être qu'un adversaire des démocraties libérales, et un adversaire redoutable : double erreur manifeste qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié cette Union des Démocraties, car un examen raisonné démontre qu'il ne pouvait s'agir que d'un président libéral. On cherchait donc dans le monde, on examinait les régimes prétendument cruels, c'était comme une affaire de famille, un bouc émissaire à surprendre sur le globe pour l'en expulser. Et, sans que je veuille refaire ici une histoire connue en partie, le Président Jack Nikelson entre en scène d'un qu'un premier soupçon tombe sur les forces antilibérales : à partir de ce moment, c'est lui qui a inventé cette haine que les pays antiimpérialistes vouent aux démocraties libérales, l'affaire devient son affaire, il se fait fort de confondre les traîtres, de les amener à des aveux complets. Il y a bien le Président de l'Adélie, Richard Sallinger, dont l'intelligence semble médiocre; il y a bien le Président de la Fédération des Nations Unies de Shawiricie, Steve Finerpapi, qui paraît avoir cédé aux sirènes libérales, et le Président de la République Parlementaire de l'Aîshren, Bavli Karouby, dont la conscience a pu s'accommoder de beaucoup de choses. Mais au fond, il n'y a d'abord que le Président Jack Nikelson, qui les mène tous, qui les hypnotise, car il s'occupe aussi de spiritisme, d'occultisme, il converse avec les esprits. On ne croira jamais les épreuves auxquelles il a voulu soumettre ses malheureux adversaires, les pièges dans lesquels il a voulu les faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une démence torturante.
Ah ! cette Union des Démocraties, elle est un cauchemar pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le Président Jack Nikelson méprise les forces antilibérales, tâche de les réduire au silence. Il court chez Bafetimbi Sakolo, le terrorise, lui dit que s'il parle, son pays est perdu. Pendant ce temps, les malheureuses forces antilibérales s'affairent, hurlent leur innocence. Et l'Union des Démocraties a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle, au milieu du mystère, avec une complication d'expédients farouches, tout cela fondé sur une seule croyance enfantine, ce libéralisme imbécile, qui n'est pas seulement une trahison vulgaire, qui est aussi la plus impudente des escroqueries, car les fameux droits de l'homme défendus se trouvent presque tous sans valeur. Si j'insiste, c'est que l'œuf est ici, d'où va sortir plus tard le vrai crime, l'épouvantable déni de justice dont le monde est malade. Je voudrais faire toucher du doigt comment l'Union des Démocraties a pu être possible, comme elle est née des machinations du Président Jack Nikelson, comme les Présidents Roger Sallinger, Steve Finerpapi et Bavli Karouby ont pu s'y laisser prendre, engager peu à peu leurs responsabilités dans cette erreur qu'ils ont cru devoir imposer plus tard comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n'y a donc de leur part que de l'incurie et de l'inintelligence. Tout au plus les sent-on céder aux préjugés de l'esprit de corps. Ils ont laissé faire la sottise.
Mais voici les forces antilibérales au banc des accusés. La méfiance la plus absolue est exigée. Un traître aurait ouvert la frontière à l'ennemi pour conduire le loup jusqu'au cœur de la bergerie, à Hellington, qu'on ne prendrait pas des mesures de défi et de mystère plus étroites. Les États-Unis de Pelabssa sont frappés de stupeur, on chuchote des faits terribles, de ces trahisons monstrueuses qui indignent l'histoire, et naturellement le monde libéral s'incline. Il n'y a pas de châtiment assez sévère, le libéralisme applaudira à la dégradation publique, il voudra que le prétendu coupable antilibéral reste sur son rocher d'infamie dévoré par les remords. Est-ce donc vrai, les choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre les démocraties en flammes, qu'on a dû constituer soigneusement cette Union ?
Non ! Il n'y a eu derrière que les imaginations romanesques et démentes du Président Jack Nikelson. Tout n'a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. Et il suffit, pour s'en assurer, d'étudier attentivement la constitution de cette Union des Démocraties.
Ah ! le néant de cette Union des Démocraties ! Que le monde antilibéral ait pu être menacé sur de simples rumeurs, c'est un prodige d'iniquité. Je défie les honnêtes gens de les découvrir sans que leur cœur bondisse d'indignation et crie leur révolte, en pensant à l'expiation démesurée qui est exigée des forces antiimpérialistes. Les forces antilibérales s'entendent bien entre elles, crime; elles refusent le monde prétendument libéral, crime; elles osent le dire avec panache aux forces libérales, crime; elles sont laborieuses, curieuses intellectuellement, crime; elles ne se troublent pas, crime, elles se troublent, crime. Et les naïvetés de rédaction du traité de l'Union des Démocraties, les formelles assertions droits-de-l'hommiste dans le vide ! On nous avait parlé de dizaines de monstres antilibéraux, on n'en trouve qu'un seul : celui fantasmé par le Président Jack Nikelson; et nous apprenons même que les Présidents libéraux n'étaient pas d'accord entre eux, qu'un deux, Monsieur Finerpapi, a insulté publiquement la République d'Adélie parce qu'elle se permettait d'être plus tiède sur certains sujets. On parlait aussi de multiples preuves censées accabler les forces antilibérales, le Royaume de Numancia en tête. Nous ignorons encore leurs accusations illusoires, mais il est certain qu'elles doivent déjà s'être évaporées face à la réalité; et il est à remarquer, en outre, que tous ces Présidents appartiennent à une même famille historique. C'est un procès de famille, on est là entre soi et il faut s'en souvenir : l'Union a voulu le "progrès", l'a porté au pinacle et vient encore réduire à néant ceux qui n'en veulent pas.
Donc, il ne resterait que quelques déclarations solennelles d'un certain Don Gregorio López y Olfato sur lesquelles les experts du Département d'État pelabssien ne se seraient pas entendus. On raconte que, dans les arcanes du pouvoir libéral, les fonctionnaires allaient laisser l'affaire sans suite. Et dès lors, comme on comprend l'obstination désespérée avec laquelle, pour justifier la haine envers l'antilibéralisme, on affirme aujourd'hui l'existence d'un pacte secret, accablant, le pacte qu'on voudrait dévoiler, qui légitime tout, que nous devons tous haïr, le bon dieu invisible et inconnaissable. Je le nie, ce pacte, je le nie de toute ma puissance ! Une histoire ridicule, oui, peut-être l'histoire où il est question de chefs d'État antilibéraux, où il est parlé d'un certain Ángel Ier qui devient trop antiimpérialiste, quelque Vladimir Kirov trouvant sans doute que le coup du Makengo est payé trop cher. Mais une histoire intéressant la communauté internationale, qu'on ne saurait narrer sans que la guerre mondiale fût déclarée demain, non, non ! C'est un mensonge; et cela est d'autant plus odieux et cynique que Jack Nikelson et ses complices mentent impunément sans qu'on puisse les en convaincre !
Ils ameutent le monde, ils se cachent derrière sa légitime émotion, ils ferment les bouches en troublant les cœurs, en pervertissant les esprits. Je ne connais pas de plus grand crime inique !
Voilà donc, Monsieur le Président, les faits qui expliquent comment l'Union des Démocraties a pu se constituer; et les preuves morales, la situation de fortune de la République Fédérative Communiste de Rostovie, l'absence de motif, notre continuel cri d'innocence, achèvent de nous montrer, nous, forces antilibérales, comme des victimes des extraordinaires imaginations du Président Jack Nikelson, du milieu libéral où il se trouve, de la chasse aux sales "rouges" qui déshonore notre époque !
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Et nous en arrivons à l’affaire de l’Adélie. En pleine constitution de l’Union des Démocraties, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence des forces antilibérales.
Je ne ferai pas l’historique des doutes, puis de la conviction de nombreux intellectuels et penseurs. Mais, pendant qu’ils fouillaient de leur côté, il se passait des faits graves en République d’Adélie. Le Président Sallinger s’activait et s’évertuait en tant que principal dirigeant libéral du continent alméran. Et c’est à ce titre, dans l’exercice de ses fonctions, que ce dernier eut un jour entre ses mains une lettre-télégramme qui lui était adressée, par une puissance étrangère : le Royaume de Numancia. Son devoir strict était de s’y intéresser et d’y répondre de la manière convenable. La certitude est qu’il n’a jamais agi en dehors de la volonté de son supérieur, le Président Jack Nikelson. Il soumit donc ses "soupçons" à ses supérieurs hiérarchiques, dont Jack Nikelson, qui était à la tête des Etats-Unis de Pelabssa. Les fameuses insultes du Numancia à l’Adélie dont il m’a tant parlées, n’a jamais été que le dossier polémique, j’entends les prétendues insultes proférées par Don Baltasar Márquez y Villalobos ou Don Gregorio López y Olfato. Les recherches durèrent quelques mois, et ce qu’il faut affirmer bien haut, c’est que le Président Sallinger et le Président Nikelson ne mettaient pas en doute la menace représentée par les forces antilibérales. Leur "enquête" avait abouti à cette constatation certaine. Mais l’émoi était grand, car la condamnation fallacieuse du Royaume de Numancia entraînait inévitablement la révision de la doctrine de l’Union des Démocraties ; et c’était ce que le Président Sallinger ne voulait à aucun prix.
Il dut y avoir là une minute psychologique pleine d’angoisse. Remarquez qu’Albert Silverstein, le polémiste adverse, n’était compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la vérité. Il n’osa pas, dans la terreur sans doute de l’opinion publique, certainement aussi dans la crainte de livrer une telle brochette de dirigeants, le Président Sallinger, le Président Nikelson, sans compter le Président Finerpapi. Puis ce ne fut là qu’une minute de combat entre sa conscience et ce qu’il croyait être l’intérêt national. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. Il s’était engagé, il était compromis. Et, depuis lors, sa responsabilité n’a fait que grandir, il a pris à sa charge le crime des autres, il est aussi coupable que les autres, il est plus coupable qu’eux, car il a été le maître de faire justice, et il n’a rien fait. Comprenez-vous cela ! Voici bien longtemps que le Président Nikelson, le Président Sallinger, que le Président Finerpapi savent que les forces antilibérales sont innocentes, et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose ! Et ces gens-là dorment, et ils ont des femmes et des enfants qu’ils aiment !
Le Président Sallinger avait rempli son devoir "d’honnête homme". Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom d’une prétendue "justice". Il les suppliait même, il leur disait combien leurs délais étaient impolitiques devant le terrible orage antilibéral qui s’amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait connue. Ce fut plus tard le langage qu’il tint au Président Nikelson, l’adjurant par souci d’honneur d’avouer la vérité, de ne pas laisser s’aggraver l’affaire, au point de devenir un désastre international. Non ! le crime était commis, l’Union des Démocraties ne pouvait plus avouer son crime. Et le Président Sallinger fut admonesté, on tâcha de le discréditer de plus en plus, jusque dans les journaux shawiriciens, où l’on voulut le faire passer pour homosexuel, criant ainsi haro sur le baudet. Il n’était pas en disgrâce, le Président Nikelson entretenait avec lui une correspondance amicale. Seulement, il est des secrets qu’il ne fait pas bon d’avoir surpris.
A Hispalis, la vérité marchait, iréssistible, et l’on sait de quelle façon l’orage attendu éclata. Don Gregorio López y Olfato dénonça le Président Nikelson comme le véritable auteur de cette machination, au moment où Ángel Ier allait exiger des excuses de la part du Président Sallinger. Et c’est ici qu’Albert Silverstein entre pleinement en scène. Des témoignages le montrent d’abord affolé, prêt au suicide ou à la fuite. Puis, tout d’un coup, il paye d’audace, il étonne le monde par la violence de son attitude. C’est que du secours lui était venu, il avait reçu une lettre anonyme l’avertissant des menées de son adversaire, un homme mystérieux s’était même dérangé de nuit pour lui remettre une pièce compromettante qui devait le sauver. Et je ne puis m’empêcher de retrouver là le Président Nikelson, en reconnaissant les expédients de son imagination fertile. Son œuvre, la culpabilité et la menace des nations antilibérales, était en péril, et il a voulu sûrement défendre son œuvre. La révision de ce constat, mais c’était l’écroulement du roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement abominable a lieu à Hellington ! C’est ce qu’il ne pouvait permettre. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le Président Sallinger et Sa Majesté Sérénissime, celle-ci le visage découvert, celui-là masqué. On les retrouvera prochainement tous deux dans un nouveau débat acharné. Au fond, c’est toujours l’Union des Démocraties qui se défend, qui ne veut pas avouer son crime, dont l’abomination grandit d’heure en heure.
On s’est demandé avec stupeur quels étaient les protecteurs d’Albert Silverstein. C’est d’abord, dans l’ombre, le Président Nikelson qui a tout machiné, qui a tout conduit. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. Puis, c’est le Président Sallinger, c’est le Président Finerpapi qui sont bien obligés de faire illusion, puisqu’ils ne peuvent laisser reconnaître l’innocence du Royaume de Numancia et de ses alliés sans que leurs belles démocraties croulent sous le mépris public. Et le beau résultat de cette situation prodigieuse, c’est que l’honnête homme là-dedans, Don Gregorio López y Olfato, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. Ô justice, quelle affreuse désespérance serre le cœur ! On va jusqu’à dire que c’est lui l’imposteur, qu’il a ourdi une machination avec les principaux dirigeants antilibéraux pour perdre l’Union des Démocraties. Mais, grand Dieu ! pourquoi ? dans quel but ? Donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est un vil antisémite ? Le joli de l’histoire est qu’il ne l’était justement pas. Oui ! nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, un homme à la vie sans tache ! Quand une nation en est là, elle tombe en décomposition.
Voilà donc, Monsieur le Président Nikelson, l’affaire de l’Adélie : un coupable qu’il s’agissait d’innocenter. Depuis trop longtemps, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. J’abrège, car ce n’est ici, en gros, que le résumé de l’histoire dont les brûlantes pages seront un jour écrites tout au long. Et nous avons donc vu le Président Sallinger puis l’intellectuel Albert Silverstein conduire une "enquête" scélérate d’où les coquins sortent transfigurés et les honnêtes gens salis. Puis on a convoqué le conseil de l’Union.
Comment a-t-on pu espérer qu’un conseil de l’Union déferait ce que l’Union avait fait ?
Je ne parle même pas du choix toujours possible de Silverstein. L’idée supérieure de vérité, qui est dans le sang de ces intellectuels, ne suffit-elle pas à affirmer leur pouvoir même d’équité ? Qui dit vérité dit honnêteté. Lorsque le Président Nikelson, le grand chef, a établi publiquement, aux acclamations de la représentation libérale, l’autorité absolue de la chose jugée, vous voulez qu’un conseil de l’Union lui donne un formel démenti ? Hiérarchiquement, cela est impossible. Le Président Nikelson a suggestionné les nations libérales par sa déclaration, et ils ont jugé comme elles doivent aller au feu, sans raisonner. L’opinion préconçue qu’ils ont apportée dans leur concile est évidemment celle-ci : "Les nations antilibérales sont coupables de menaces, d’horreurs, de tyrannies, nous ne pouvons les déclarer innocentes ; or, nous savons que reconnaître l’incurie de Silverstein et de Sallinger, ce serait proclamer l’innocence des forces antiimpérialistes." Rien ne pouvait les faire sortir de là.
Ils ont rendu une sentence inique qui à jamais pèsera sur eux, qui entachera désormais de suspicion tous leurs arrêts. L’Union des Démocratie a pu se constituer inintelligemment, son conseil est forcément criminel. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs antilibéraux ne pouvaient dire le contraire. On nous parle de droits d l’homme, on veut que nous les aimions, que nous les respections. Ah ! certes, oui, les droits de l’homme qui se lèveraient à la première menace, qui défendraient nos terres, ils sont tout le peuple et nous n’avons pour eux que tendresse et respect. Mais il ne s’agit pas d’eux, dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin de justice. Il s’agit du sabre, le maître qu’on nous donnera demain peut-être. Et baiser dévotrement la poignée du sabre, le dieu, non !
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Je l’ai démontré d’autre part : cette affaire était l’affaire du conseil de l’Union, des président libéraux, dénoncés par leurs homologues antiimpérialistes, accablés par la vérité toute nue. Encore une fois, les forces antilibérales ne peuvent revenir innocentes sans que les démocraties soient coupables. Aussi le Président Nikelson, par tous les moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des communications, par des influences, n’a-t-il couvert le Président Sallinger que pour perdre une seconde les nations antilibérales. Ah ! quel coup de balai les dirigeants antilibéraux devraient donner dans cette jésuitière, ainsi que les appelle Sa Majesté Sérénissime elle-même ! Où est-il, le dirigeant démocratique qui osera tout y refondre et tout y renouveler ? Que de gens je connais qui, devant une polémique possible, tremblent d’angoisse, en sachant dans quelles mains est la défense de la vérité ! et quel nid de basses intrigues, de commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où se décide le sort de la justice ! On s’épouvante devant le jour terrible que vient d’y jeter cette Union des Démocraties, ce sacrifice humain d’un malheureux, d’un sale "rouge" ! Ah ! tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des mœurs d’inquisition et de tyrannie, le bon plaisir de quelques haut placés mettant leurs bottes sur le monde libre, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte de menteur et de sacrilège de la raison d’Etat.
Et c’est un crime encore que de s’être appuyé sur la presse immonde, que de s’être laissé défendre par toute la fripouille d’Hellington, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment, dans la défaite du droit et de la simple probité. C’est un crime d’avoir accusé de troubler la paix ceux qui la désirent vraiment, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour cette besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière l’odieux libéralisme, dont le monde libéré mourra s’il n’en est pas guéri. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme cocardier pour des œuvres de haine, et c’est un crime enfin que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’œuvre prochaine de vérité et de justice.
Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnellement voulues, quelle détresse à la voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Je me doute de l’écroulement qui doit avoir lieu dans l’âme de bien des honnêtes gens, et je crois bien qu’ils finiront par éprouver un remords, celui de n’avoir pas agi révolutionnairement le jour de la constitution de l’Union des Démocraties, en lâchant tout le paquet pour tout jeter à bas. Ils ont été les grands hommes honnêtes, les hommes loyaux, ils ont cru que la vérité se suffisait à elle-même, surtout lorsqu’elle leur apparaissait éclatante comme le plein jour. A quoi bon tout bouleverser puisque bientôt le soleil allait luire ? Et c’est de cette sérénité confiante dont ils sont cruellement punis. De même pour Albert Silverstein, qui par un dernier sentiment de haute dignité, n’a pas voulu trahir l’infamie de son gouvernement. Ces scrupules l’honorent d’autant plus que, pendant qu’il restait respectueux de la discipline, ses supérieurs tâchaient de nous couvrir de boue, instruisaient notre dégradation de la façon la plus inattendue et la plus outrageante. Il y a deux victimes, deux braves gens, deux cœurs simples qui ont laissé faire Dieu tandis que le diable agissait. Et l’on a même vu pour Albert Silverstein cette chose ignoble : une nation libérale, après avoir laissé son défenseur charger Don Gregorio López y Olfato, l’empêcher de participer à un débat télévisé, à tout passer sous silence, alors même qu’il aurait pu vraiment s’y expliquer et s’y défendre. Je dis que cela est un crime de plus et que ce crime soulèvera la conscience universelle. Décidément, les pays libéraux se font une singulière idée des droits de l’homme.
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Telle est donc la simple vérité, Monsieur le Président Nikelson, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure. Je me doute bien que vous n’avez sans doute pas tous les pouvoirs dans cette affaire, que vous êtes prisonniers de votre constitution et des intérêts de quelque lobby. Vous n’en avez pas moins un devoir d’homme auquel vous songerez mais que vous ne remplirez sans doute pas. Ce n’est pas d’ailleurs que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisqu’aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.
Mais cette lettre est longue, Monsieur le Président Nikelson, et il est temps de conclure.
Je vous accuse, vous, Président Jack Nikelson, d’avoir été l’ouvrier diabolique d’une Union des Démocraties menteuse, infamante, parfois en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu votre œuvre néfaste depuis trois ans par les machinations et les accusations les plus saugrenues et les plus coupables.
J’accuse le Président Richard Sallinger de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.
J’accuse le Président Steve Finerpapi d’avoir eu la lâcheté de participer à cette entreprise de dégradation des innocents, de s’être rendu coupable de crime de lèse-humanité et de lèse-justice dans un but politique et d’avoir insulté publiquement un de ses amis et coreligionnaires.
J’accuse le Président Bavli Karouby de s’être rendu complice du même crime par sa passion religieuse et son incurie flagrante qui ont fait de l’Union des Démocraties cette arche sainte, inattaquable.
J’accuse les experts du Département d’Etat des Etats-Unis de Pelabssa d’avoir louvoyé, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.
J’accuse la presse libérale d’avoir mené, particulièrement dans Info Shawiricie, The Hellington Post et sur la chaîne ABC, une campagne abominable pour égarer l’opinion et couvrir la faute des dirigeants libéraux.
En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup de la colère de quelque potentat libéral qui punit tous ceux qui osent se dresser contre lui. Et c’est volontairement que je m’expose.
Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance politique. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.
Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit à la vérité. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire devant la justice universelle ! J’attends.
Veuillez agréer, Monsieur le Président Nikelson, l’assurance de mon profond combat.
Don Gregorio López y Olfato
Lettre ouverte a Monsieur Jack Nikelson, Président des États-Unis de Pelabssa</center>
Monsieur le Président,
Me permettrez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez toujours fait, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est souillée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?
Vous êtes sortis tant bien que mal de nombreuses accusations, vous avez conquis le pouvoir. Vous apparaissez rayonnant dans l'apothéose de votre nation cocardière et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de votre Union des Démocraties, qui couronnera tous vos efforts de domination, d'hégémonie et d'iniquité. Mais quelle tache de boue sur votre nom - j'allais dire sur votre règne - que cette abominable idéologie ! Une réunion internationale vient, par ordre, d'oser mentir à tous les citoyens du monde, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c'est fini, les États-Unis de Pelabssa ont sur la joue cette souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence qu'un tel crime a pu être commis. Puisqu'elle a osé, j'oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j'ai promis de la dire, si la justice universelle, régulièrement invoquée, ne la faisait pas pleine et entière. Mes nuits seraient hantées par le spectre des innocents qui expient sous votre joug, dans la plus affreuse des tortures, pour n'avoir commis qu'un crime : celui de n'être pas libéral.
Et c'est à vous, Monsieur le Président, que je crierai cette vérité, de toute la force de ma révolte d'honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous ne mesurez pas l'ampleur de votre erreur. Mais à qui donc dénoncerais-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n'est à vous qui coordonnez tous leurs efforts ?
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La vérité, d'abord, sur la constitution et le triomphe de l'Union des Démocraties.
Des hommes néfastes ont tout mené, ont tout fait, ce sont les présidents de chaque pays membre de cette alliance.
Ils sont le libéralisme tout entier, on ne le comprendra que lorsque la justice universelle aura établi nettement leurs actes et leurs responsabilités. Ils apparaissent comme les esprits les plus fumeux, les plus compliqués, hantés d'intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers abjects, les lettres de menaces, les rendez-vous manqués, les hommes mystérieux qui colportent, la nuit, des preuves accablantes. Ce sont eux qui imaginèrent cette trame diabolique ; ce sont eux qui rêvèrent d'asservir le monde davantage encore, eux que nous nous représentons armés d'une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de leurs adversaires endormis pour projeter sur leur visage un brusque flot de lumière et les surprendre ainsi, dans l'émoi du réveil, pour mieux les convertir de force. Et je n'ai pas à tout dire : qu'on cherchera, on trouvera ! Je déclare simplement que ces présidents, chargés d'ourdir ce complot indigne sont, dans l'ordre des dates et des responsabilités, les premiers coupables de cette machination tournée contre le monde libre.
La vérité était depuis quelques temps déjà portée à la connaissance de quelques hommes politiques et intellectuels, depuis trop souvent paralysés par la peur. Des "fuites" avaient lieu, des missives passaient de main en main, comme il en passe aujourd'hui encore; et les auteurs de ce complot étaient recherchés lorsqu'un a priori se fit peu à peu que cet auteur ne pouvait être qu'un adversaire des démocraties libérales, et un adversaire redoutable : double erreur manifeste qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié cette Union des Démocraties, car un examen raisonné démontre qu'il ne pouvait s'agir que d'un président libéral. On cherchait donc dans le monde, on examinait les régimes prétendument cruels, c'était comme une affaire de famille, un bouc émissaire à surprendre sur le globe pour l'en expulser. Et, sans que je veuille refaire ici une histoire connue en partie, le Président Jack Nikelson entre en scène d'un qu'un premier soupçon tombe sur les forces antilibérales : à partir de ce moment, c'est lui qui a inventé cette haine que les pays antiimpérialistes vouent aux démocraties libérales, l'affaire devient son affaire, il se fait fort de confondre les traîtres, de les amener à des aveux complets. Il y a bien le Président de l'Adélie, Richard Sallinger, dont l'intelligence semble médiocre; il y a bien le Président de la Fédération des Nations Unies de Shawiricie, Steve Finerpapi, qui paraît avoir cédé aux sirènes libérales, et le Président de la République Parlementaire de l'Aîshren, Bavli Karouby, dont la conscience a pu s'accommoder de beaucoup de choses. Mais au fond, il n'y a d'abord que le Président Jack Nikelson, qui les mène tous, qui les hypnotise, car il s'occupe aussi de spiritisme, d'occultisme, il converse avec les esprits. On ne croira jamais les épreuves auxquelles il a voulu soumettre ses malheureux adversaires, les pièges dans lesquels il a voulu les faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une démence torturante.
Ah ! cette Union des Démocraties, elle est un cauchemar pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le Président Jack Nikelson méprise les forces antilibérales, tâche de les réduire au silence. Il court chez Bafetimbi Sakolo, le terrorise, lui dit que s'il parle, son pays est perdu. Pendant ce temps, les malheureuses forces antilibérales s'affairent, hurlent leur innocence. Et l'Union des Démocraties a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle, au milieu du mystère, avec une complication d'expédients farouches, tout cela fondé sur une seule croyance enfantine, ce libéralisme imbécile, qui n'est pas seulement une trahison vulgaire, qui est aussi la plus impudente des escroqueries, car les fameux droits de l'homme défendus se trouvent presque tous sans valeur. Si j'insiste, c'est que l'œuf est ici, d'où va sortir plus tard le vrai crime, l'épouvantable déni de justice dont le monde est malade. Je voudrais faire toucher du doigt comment l'Union des Démocraties a pu être possible, comme elle est née des machinations du Président Jack Nikelson, comme les Présidents Roger Sallinger, Steve Finerpapi et Bavli Karouby ont pu s'y laisser prendre, engager peu à peu leurs responsabilités dans cette erreur qu'ils ont cru devoir imposer plus tard comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n'y a donc de leur part que de l'incurie et de l'inintelligence. Tout au plus les sent-on céder aux préjugés de l'esprit de corps. Ils ont laissé faire la sottise.
Mais voici les forces antilibérales au banc des accusés. La méfiance la plus absolue est exigée. Un traître aurait ouvert la frontière à l'ennemi pour conduire le loup jusqu'au cœur de la bergerie, à Hellington, qu'on ne prendrait pas des mesures de défi et de mystère plus étroites. Les États-Unis de Pelabssa sont frappés de stupeur, on chuchote des faits terribles, de ces trahisons monstrueuses qui indignent l'histoire, et naturellement le monde libéral s'incline. Il n'y a pas de châtiment assez sévère, le libéralisme applaudira à la dégradation publique, il voudra que le prétendu coupable antilibéral reste sur son rocher d'infamie dévoré par les remords. Est-ce donc vrai, les choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre les démocraties en flammes, qu'on a dû constituer soigneusement cette Union ?
Non ! Il n'y a eu derrière que les imaginations romanesques et démentes du Président Jack Nikelson. Tout n'a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. Et il suffit, pour s'en assurer, d'étudier attentivement la constitution de cette Union des Démocraties.
Ah ! le néant de cette Union des Démocraties ! Que le monde antilibéral ait pu être menacé sur de simples rumeurs, c'est un prodige d'iniquité. Je défie les honnêtes gens de les découvrir sans que leur cœur bondisse d'indignation et crie leur révolte, en pensant à l'expiation démesurée qui est exigée des forces antiimpérialistes. Les forces antilibérales s'entendent bien entre elles, crime; elles refusent le monde prétendument libéral, crime; elles osent le dire avec panache aux forces libérales, crime; elles sont laborieuses, curieuses intellectuellement, crime; elles ne se troublent pas, crime, elles se troublent, crime. Et les naïvetés de rédaction du traité de l'Union des Démocraties, les formelles assertions droits-de-l'hommiste dans le vide ! On nous avait parlé de dizaines de monstres antilibéraux, on n'en trouve qu'un seul : celui fantasmé par le Président Jack Nikelson; et nous apprenons même que les Présidents libéraux n'étaient pas d'accord entre eux, qu'un deux, Monsieur Finerpapi, a insulté publiquement la République d'Adélie parce qu'elle se permettait d'être plus tiède sur certains sujets. On parlait aussi de multiples preuves censées accabler les forces antilibérales, le Royaume de Numancia en tête. Nous ignorons encore leurs accusations illusoires, mais il est certain qu'elles doivent déjà s'être évaporées face à la réalité; et il est à remarquer, en outre, que tous ces Présidents appartiennent à une même famille historique. C'est un procès de famille, on est là entre soi et il faut s'en souvenir : l'Union a voulu le "progrès", l'a porté au pinacle et vient encore réduire à néant ceux qui n'en veulent pas.
Donc, il ne resterait que quelques déclarations solennelles d'un certain Don Gregorio López y Olfato sur lesquelles les experts du Département d'État pelabssien ne se seraient pas entendus. On raconte que, dans les arcanes du pouvoir libéral, les fonctionnaires allaient laisser l'affaire sans suite. Et dès lors, comme on comprend l'obstination désespérée avec laquelle, pour justifier la haine envers l'antilibéralisme, on affirme aujourd'hui l'existence d'un pacte secret, accablant, le pacte qu'on voudrait dévoiler, qui légitime tout, que nous devons tous haïr, le bon dieu invisible et inconnaissable. Je le nie, ce pacte, je le nie de toute ma puissance ! Une histoire ridicule, oui, peut-être l'histoire où il est question de chefs d'État antilibéraux, où il est parlé d'un certain Ángel Ier qui devient trop antiimpérialiste, quelque Vladimir Kirov trouvant sans doute que le coup du Makengo est payé trop cher. Mais une histoire intéressant la communauté internationale, qu'on ne saurait narrer sans que la guerre mondiale fût déclarée demain, non, non ! C'est un mensonge; et cela est d'autant plus odieux et cynique que Jack Nikelson et ses complices mentent impunément sans qu'on puisse les en convaincre !
Ils ameutent le monde, ils se cachent derrière sa légitime émotion, ils ferment les bouches en troublant les cœurs, en pervertissant les esprits. Je ne connais pas de plus grand crime inique !
Voilà donc, Monsieur le Président, les faits qui expliquent comment l'Union des Démocraties a pu se constituer; et les preuves morales, la situation de fortune de la République Fédérative Communiste de Rostovie, l'absence de motif, notre continuel cri d'innocence, achèvent de nous montrer, nous, forces antilibérales, comme des victimes des extraordinaires imaginations du Président Jack Nikelson, du milieu libéral où il se trouve, de la chasse aux sales "rouges" qui déshonore notre époque !
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Et nous en arrivons à l’affaire de l’Adélie. En pleine constitution de l’Union des Démocraties, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence des forces antilibérales.
Je ne ferai pas l’historique des doutes, puis de la conviction de nombreux intellectuels et penseurs. Mais, pendant qu’ils fouillaient de leur côté, il se passait des faits graves en République d’Adélie. Le Président Sallinger s’activait et s’évertuait en tant que principal dirigeant libéral du continent alméran. Et c’est à ce titre, dans l’exercice de ses fonctions, que ce dernier eut un jour entre ses mains une lettre-télégramme qui lui était adressée, par une puissance étrangère : le Royaume de Numancia. Son devoir strict était de s’y intéresser et d’y répondre de la manière convenable. La certitude est qu’il n’a jamais agi en dehors de la volonté de son supérieur, le Président Jack Nikelson. Il soumit donc ses "soupçons" à ses supérieurs hiérarchiques, dont Jack Nikelson, qui était à la tête des Etats-Unis de Pelabssa. Les fameuses insultes du Numancia à l’Adélie dont il m’a tant parlées, n’a jamais été que le dossier polémique, j’entends les prétendues insultes proférées par Don Baltasar Márquez y Villalobos ou Don Gregorio López y Olfato. Les recherches durèrent quelques mois, et ce qu’il faut affirmer bien haut, c’est que le Président Sallinger et le Président Nikelson ne mettaient pas en doute la menace représentée par les forces antilibérales. Leur "enquête" avait abouti à cette constatation certaine. Mais l’émoi était grand, car la condamnation fallacieuse du Royaume de Numancia entraînait inévitablement la révision de la doctrine de l’Union des Démocraties ; et c’était ce que le Président Sallinger ne voulait à aucun prix.
Il dut y avoir là une minute psychologique pleine d’angoisse. Remarquez qu’Albert Silverstein, le polémiste adverse, n’était compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la vérité. Il n’osa pas, dans la terreur sans doute de l’opinion publique, certainement aussi dans la crainte de livrer une telle brochette de dirigeants, le Président Sallinger, le Président Nikelson, sans compter le Président Finerpapi. Puis ce ne fut là qu’une minute de combat entre sa conscience et ce qu’il croyait être l’intérêt national. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. Il s’était engagé, il était compromis. Et, depuis lors, sa responsabilité n’a fait que grandir, il a pris à sa charge le crime des autres, il est aussi coupable que les autres, il est plus coupable qu’eux, car il a été le maître de faire justice, et il n’a rien fait. Comprenez-vous cela ! Voici bien longtemps que le Président Nikelson, le Président Sallinger, que le Président Finerpapi savent que les forces antilibérales sont innocentes, et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose ! Et ces gens-là dorment, et ils ont des femmes et des enfants qu’ils aiment !
Le Président Sallinger avait rempli son devoir "d’honnête homme". Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom d’une prétendue "justice". Il les suppliait même, il leur disait combien leurs délais étaient impolitiques devant le terrible orage antilibéral qui s’amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait connue. Ce fut plus tard le langage qu’il tint au Président Nikelson, l’adjurant par souci d’honneur d’avouer la vérité, de ne pas laisser s’aggraver l’affaire, au point de devenir un désastre international. Non ! le crime était commis, l’Union des Démocraties ne pouvait plus avouer son crime. Et le Président Sallinger fut admonesté, on tâcha de le discréditer de plus en plus, jusque dans les journaux shawiriciens, où l’on voulut le faire passer pour homosexuel, criant ainsi haro sur le baudet. Il n’était pas en disgrâce, le Président Nikelson entretenait avec lui une correspondance amicale. Seulement, il est des secrets qu’il ne fait pas bon d’avoir surpris.
A Hispalis, la vérité marchait, iréssistible, et l’on sait de quelle façon l’orage attendu éclata. Don Gregorio López y Olfato dénonça le Président Nikelson comme le véritable auteur de cette machination, au moment où Ángel Ier allait exiger des excuses de la part du Président Sallinger. Et c’est ici qu’Albert Silverstein entre pleinement en scène. Des témoignages le montrent d’abord affolé, prêt au suicide ou à la fuite. Puis, tout d’un coup, il paye d’audace, il étonne le monde par la violence de son attitude. C’est que du secours lui était venu, il avait reçu une lettre anonyme l’avertissant des menées de son adversaire, un homme mystérieux s’était même dérangé de nuit pour lui remettre une pièce compromettante qui devait le sauver. Et je ne puis m’empêcher de retrouver là le Président Nikelson, en reconnaissant les expédients de son imagination fertile. Son œuvre, la culpabilité et la menace des nations antilibérales, était en péril, et il a voulu sûrement défendre son œuvre. La révision de ce constat, mais c’était l’écroulement du roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement abominable a lieu à Hellington ! C’est ce qu’il ne pouvait permettre. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le Président Sallinger et Sa Majesté Sérénissime, celle-ci le visage découvert, celui-là masqué. On les retrouvera prochainement tous deux dans un nouveau débat acharné. Au fond, c’est toujours l’Union des Démocraties qui se défend, qui ne veut pas avouer son crime, dont l’abomination grandit d’heure en heure.
On s’est demandé avec stupeur quels étaient les protecteurs d’Albert Silverstein. C’est d’abord, dans l’ombre, le Président Nikelson qui a tout machiné, qui a tout conduit. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. Puis, c’est le Président Sallinger, c’est le Président Finerpapi qui sont bien obligés de faire illusion, puisqu’ils ne peuvent laisser reconnaître l’innocence du Royaume de Numancia et de ses alliés sans que leurs belles démocraties croulent sous le mépris public. Et le beau résultat de cette situation prodigieuse, c’est que l’honnête homme là-dedans, Don Gregorio López y Olfato, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. Ô justice, quelle affreuse désespérance serre le cœur ! On va jusqu’à dire que c’est lui l’imposteur, qu’il a ourdi une machination avec les principaux dirigeants antilibéraux pour perdre l’Union des Démocraties. Mais, grand Dieu ! pourquoi ? dans quel but ? Donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est un vil antisémite ? Le joli de l’histoire est qu’il ne l’était justement pas. Oui ! nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, un homme à la vie sans tache ! Quand une nation en est là, elle tombe en décomposition.
Voilà donc, Monsieur le Président Nikelson, l’affaire de l’Adélie : un coupable qu’il s’agissait d’innocenter. Depuis trop longtemps, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. J’abrège, car ce n’est ici, en gros, que le résumé de l’histoire dont les brûlantes pages seront un jour écrites tout au long. Et nous avons donc vu le Président Sallinger puis l’intellectuel Albert Silverstein conduire une "enquête" scélérate d’où les coquins sortent transfigurés et les honnêtes gens salis. Puis on a convoqué le conseil de l’Union.
Comment a-t-on pu espérer qu’un conseil de l’Union déferait ce que l’Union avait fait ?
Je ne parle même pas du choix toujours possible de Silverstein. L’idée supérieure de vérité, qui est dans le sang de ces intellectuels, ne suffit-elle pas à affirmer leur pouvoir même d’équité ? Qui dit vérité dit honnêteté. Lorsque le Président Nikelson, le grand chef, a établi publiquement, aux acclamations de la représentation libérale, l’autorité absolue de la chose jugée, vous voulez qu’un conseil de l’Union lui donne un formel démenti ? Hiérarchiquement, cela est impossible. Le Président Nikelson a suggestionné les nations libérales par sa déclaration, et ils ont jugé comme elles doivent aller au feu, sans raisonner. L’opinion préconçue qu’ils ont apportée dans leur concile est évidemment celle-ci : "Les nations antilibérales sont coupables de menaces, d’horreurs, de tyrannies, nous ne pouvons les déclarer innocentes ; or, nous savons que reconnaître l’incurie de Silverstein et de Sallinger, ce serait proclamer l’innocence des forces antiimpérialistes." Rien ne pouvait les faire sortir de là.
Ils ont rendu une sentence inique qui à jamais pèsera sur eux, qui entachera désormais de suspicion tous leurs arrêts. L’Union des Démocratie a pu se constituer inintelligemment, son conseil est forcément criminel. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs antilibéraux ne pouvaient dire le contraire. On nous parle de droits d l’homme, on veut que nous les aimions, que nous les respections. Ah ! certes, oui, les droits de l’homme qui se lèveraient à la première menace, qui défendraient nos terres, ils sont tout le peuple et nous n’avons pour eux que tendresse et respect. Mais il ne s’agit pas d’eux, dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin de justice. Il s’agit du sabre, le maître qu’on nous donnera demain peut-être. Et baiser dévotrement la poignée du sabre, le dieu, non !
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Je l’ai démontré d’autre part : cette affaire était l’affaire du conseil de l’Union, des président libéraux, dénoncés par leurs homologues antiimpérialistes, accablés par la vérité toute nue. Encore une fois, les forces antilibérales ne peuvent revenir innocentes sans que les démocraties soient coupables. Aussi le Président Nikelson, par tous les moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des communications, par des influences, n’a-t-il couvert le Président Sallinger que pour perdre une seconde les nations antilibérales. Ah ! quel coup de balai les dirigeants antilibéraux devraient donner dans cette jésuitière, ainsi que les appelle Sa Majesté Sérénissime elle-même ! Où est-il, le dirigeant démocratique qui osera tout y refondre et tout y renouveler ? Que de gens je connais qui, devant une polémique possible, tremblent d’angoisse, en sachant dans quelles mains est la défense de la vérité ! et quel nid de basses intrigues, de commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où se décide le sort de la justice ! On s’épouvante devant le jour terrible que vient d’y jeter cette Union des Démocraties, ce sacrifice humain d’un malheureux, d’un sale "rouge" ! Ah ! tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des mœurs d’inquisition et de tyrannie, le bon plaisir de quelques haut placés mettant leurs bottes sur le monde libre, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte de menteur et de sacrilège de la raison d’Etat.
Et c’est un crime encore que de s’être appuyé sur la presse immonde, que de s’être laissé défendre par toute la fripouille d’Hellington, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment, dans la défaite du droit et de la simple probité. C’est un crime d’avoir accusé de troubler la paix ceux qui la désirent vraiment, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’impudent complot d’imposer l’erreur devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour cette besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie jusqu’à la faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance, en s’abritant derrière l’odieux libéralisme, dont le monde libéré mourra s’il n’en est pas guéri. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme cocardier pour des œuvres de haine, et c’est un crime enfin que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’œuvre prochaine de vérité et de justice.
Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnellement voulues, quelle détresse à la voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Je me doute de l’écroulement qui doit avoir lieu dans l’âme de bien des honnêtes gens, et je crois bien qu’ils finiront par éprouver un remords, celui de n’avoir pas agi révolutionnairement le jour de la constitution de l’Union des Démocraties, en lâchant tout le paquet pour tout jeter à bas. Ils ont été les grands hommes honnêtes, les hommes loyaux, ils ont cru que la vérité se suffisait à elle-même, surtout lorsqu’elle leur apparaissait éclatante comme le plein jour. A quoi bon tout bouleverser puisque bientôt le soleil allait luire ? Et c’est de cette sérénité confiante dont ils sont cruellement punis. De même pour Albert Silverstein, qui par un dernier sentiment de haute dignité, n’a pas voulu trahir l’infamie de son gouvernement. Ces scrupules l’honorent d’autant plus que, pendant qu’il restait respectueux de la discipline, ses supérieurs tâchaient de nous couvrir de boue, instruisaient notre dégradation de la façon la plus inattendue et la plus outrageante. Il y a deux victimes, deux braves gens, deux cœurs simples qui ont laissé faire Dieu tandis que le diable agissait. Et l’on a même vu pour Albert Silverstein cette chose ignoble : une nation libérale, après avoir laissé son défenseur charger Don Gregorio López y Olfato, l’empêcher de participer à un débat télévisé, à tout passer sous silence, alors même qu’il aurait pu vraiment s’y expliquer et s’y défendre. Je dis que cela est un crime de plus et que ce crime soulèvera la conscience universelle. Décidément, les pays libéraux se font une singulière idée des droits de l’homme.
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Telle est donc la simple vérité, Monsieur le Président Nikelson, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure. Je me doute bien que vous n’avez sans doute pas tous les pouvoirs dans cette affaire, que vous êtes prisonniers de votre constitution et des intérêts de quelque lobby. Vous n’en avez pas moins un devoir d’homme auquel vous songerez mais que vous ne remplirez sans doute pas. Ce n’est pas d’ailleurs que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisqu’aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.
Mais cette lettre est longue, Monsieur le Président Nikelson, et il est temps de conclure.
Je vous accuse, vous, Président Jack Nikelson, d’avoir été l’ouvrier diabolique d’une Union des Démocraties menteuse, infamante, parfois en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu votre œuvre néfaste depuis trois ans par les machinations et les accusations les plus saugrenues et les plus coupables.
J’accuse le Président Richard Sallinger de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.
J’accuse le Président Steve Finerpapi d’avoir eu la lâcheté de participer à cette entreprise de dégradation des innocents, de s’être rendu coupable de crime de lèse-humanité et de lèse-justice dans un but politique et d’avoir insulté publiquement un de ses amis et coreligionnaires.
J’accuse le Président Bavli Karouby de s’être rendu complice du même crime par sa passion religieuse et son incurie flagrante qui ont fait de l’Union des Démocraties cette arche sainte, inattaquable.
J’accuse les experts du Département d’Etat des Etats-Unis de Pelabssa d’avoir louvoyé, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.
J’accuse la presse libérale d’avoir mené, particulièrement dans Info Shawiricie, The Hellington Post et sur la chaîne ABC, une campagne abominable pour égarer l’opinion et couvrir la faute des dirigeants libéraux.
En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup de la colère de quelque potentat libéral qui punit tous ceux qui osent se dresser contre lui. Et c’est volontairement que je m’expose.
Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance politique. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.
Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit à la vérité. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire devant la justice universelle ! J’attends.
Veuillez agréer, Monsieur le Président Nikelson, l’assurance de mon profond combat.
Don Gregorio López y Olfato
-
kinolas
Message du Cabinet Personnel du Grand Duc Nicolas Ier de Savoia.
Monsieur le Président,
Nous sommes restés sans réponse de notre sollicitation, par l'intermédiaire de notre ministère des affaires étrangères, d'un échange d'ambassadeurs. Votre absence de réponse nous amène de manière plus directe à vous solliciter sur ce point.
Sachez en outre que nous souhaitons officiellement intégrer l'Union des Démocraties, et vous sollicitons donc pour préparer notre candidature.
Nous espérons de votre part une réponse.
Cordialement,
Loris de Vitroz, Secrétaire Particulier du Grand Duc Nicolas Ier
Monsieur le Président,
Nous sommes restés sans réponse de notre sollicitation, par l'intermédiaire de notre ministère des affaires étrangères, d'un échange d'ambassadeurs. Votre absence de réponse nous amène de manière plus directe à vous solliciter sur ce point.
Sachez en outre que nous souhaitons officiellement intégrer l'Union des Démocraties, et vous sollicitons donc pour préparer notre candidature.
Nous espérons de votre part une réponse.
Cordialement,
Loris de Vitroz, Secrétaire Particulier du Grand Duc Nicolas Ier
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maxfave
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kinolas
Communiqué du Ministère des Affaires Etrangères de Savoia.
Monsieur le Président,
Malgré l'absence de toute réponse à nos sollicitations, le Grand Duc Nicolas Ier souhaite vous transmettre ses sincères condoléances pour vos ressortissants, lâchement exécutés par la LISA.
Sachez que nous tenons tous nos modestes moyens sont à votre disposition pour participer à vos côtés à l'éradication de ce mouvement.
Louis Derioz, Ministre des Affaires Etrangères.
Monsieur le Président,
Malgré l'absence de toute réponse à nos sollicitations, le Grand Duc Nicolas Ier souhaite vous transmettre ses sincères condoléances pour vos ressortissants, lâchement exécutés par la LISA.
Sachez que nous tenons tous nos modestes moyens sont à votre disposition pour participer à vos côtés à l'éradication de ce mouvement.
Louis Derioz, Ministre des Affaires Etrangères.
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Siman
Message Privé de la République de Palombie
Monsieur le Président des Etats Unis de Pelabssa,
La Palombie est secoué, la Palombie est déstabilisé, la Palombie est sous la menace Communiste, mais la Palombie ne cèdera pas face aux menaces de la Rostovie et de ses sbires. Le soutient des Etats Unis du Pelabssa est une bouffée d'oxygène pour l'ensemble du peuple Palombien qui se retrouve sous la menace du pacte de Novgorod. Je vous le confirme de nouveau, jamais, moi, Jacques de Brant je n'ai orchestré une quelconque série d'attentats sur le sol Logronais. La rivalité entre le Logrono et la Palombie ne doit pas déboucher sur des propos calomnieux, comme d'ailleurs l'attitude du Gouvernement du Numancia qui n'a aucune espèce de preuves qui puissent nous mettre en cause sans les impliqués également dans ces attentats.
J'accepte une rencontre dans les plus bref délais avec vous. Ne laissez pas la Palombie isolé et sous la menace Communiste, c'est tout un peuple de 145 millions d'âmes qui risquent de se retrouver sous un régime Communiste si le Pelabssa n'intervient pas en notre faveur. Une Démocratie libérale du sud alméran est partenaire du Pelabssa, pour le Peuple Palombien, le Pelabssa sera à la hauteur de nos attentes.
Cordialement,
Le Président de la République, Monsieur Jacques de Brant.
Monsieur le Président des Etats Unis de Pelabssa,
La Palombie est secoué, la Palombie est déstabilisé, la Palombie est sous la menace Communiste, mais la Palombie ne cèdera pas face aux menaces de la Rostovie et de ses sbires. Le soutient des Etats Unis du Pelabssa est une bouffée d'oxygène pour l'ensemble du peuple Palombien qui se retrouve sous la menace du pacte de Novgorod. Je vous le confirme de nouveau, jamais, moi, Jacques de Brant je n'ai orchestré une quelconque série d'attentats sur le sol Logronais. La rivalité entre le Logrono et la Palombie ne doit pas déboucher sur des propos calomnieux, comme d'ailleurs l'attitude du Gouvernement du Numancia qui n'a aucune espèce de preuves qui puissent nous mettre en cause sans les impliqués également dans ces attentats.
J'accepte une rencontre dans les plus bref délais avec vous. Ne laissez pas la Palombie isolé et sous la menace Communiste, c'est tout un peuple de 145 millions d'âmes qui risquent de se retrouver sous un régime Communiste si le Pelabssa n'intervient pas en notre faveur. Une Démocratie libérale du sud alméran est partenaire du Pelabssa, pour le Peuple Palombien, le Pelabssa sera à la hauteur de nos attentes.
Cordialement,
Le Président de la République, Monsieur Jacques de Brant.