[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/41/7/1508054260-palais-du-lehendakari.png[/img]
[cap]Le Palais du Lehendakari, centre du gouvernement txiléen, à Donostia.[/cap][/center] Sommaire :
[justify][center]RÉCIT Préparations de guerre 6 juillet 2034
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/4/1509624717-base-aero-militaire.png[/img]
[cap]La base aéro-militaire d'Urutzalde, dans la province de Pomaroak.[/cap][/center]
Çà et là, des soldats s'affairaient. Partout, on démantelait, on assemblait, on formait les paquetages. Les soldats courraient, certains, les plus novices, trébuchaient, mais le tout s'organisait dans un calme souverain et une ambiance relativement bon enfant. Le bataillon de parachutistes de la base, ainsi que le reste du personnel militaire, se préparait pour quelque chose. Les quelques aéroplanes de la base militaire patientaient sur le tarmac de décollage et toutes les pistes étaient prêtes. On murmurait dans les rangs, çà et là.
Toujours silencieusement, surveillés par leurs supérieurs, les soldats de la base savaient. Cela se murmurait, cela se voyait, cela se sentait. Une étrange excitation régnait chez les « bleus », les jeunes soldats, qui ne connaissaient rien à la guerre et qui n'en avaient vécu que les rares exercices d'entraînement. Bien que la plupart des autres soldats n'avaient jamais vécu un véritable conflit, ils avaient été formés et endurcis par de nombreuses expéditions militaires dans les montagnes de l'Andeak contre « l'ennemi de l'intérieur », les insurrectionnistes quechuas, quand il en existait encore.
Mais l'heure de la nostalgie, ou de l'excitation, était passée pour tous les soldats. Il était l'heure de l'ultime préparation avant que l'on embarque. Les avions de transport attendaient sur la piste tandis que les premiers pilotes décollaient à bord d'avions de chasse pour aller se poser directement sur le porte-avion txiléen, le Txurio Echeberea, où une soixantaine de places attendaient les cinquante aéronefs txiléens qui devaient partir à bord du porte-avion, qui serait le quartier général des opérations du Txile durant le « séjour ».
Après le départ des derniers avions de transport de troupes, la base aéro-militaire était quasiment vide. Seuls restaient les intendants et certains officiers peureux, qui profitaient du départ des plus hauts gradés pour espérer secrètement leur mort, ou du moins, pour les plus patriotes, leur démission. Des soldats, il ne restait que leur couchette, car ils avaient embarquer le principal de leur équipement : l'armement, la nourriture, le tout faisant partie de leur volumineux paquetage militaire qu'ils sont habitués à transporter.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/4/1509651228-base-militaire-1.png[/img]
[cap]La base militaire andéacienne de Zuarralurra, dans le nord du Txile.[/cap][/center]
Ici, dans l'arrière-pays txiléen, là où les soldats standard doivent laisser la place aux soldats de montagne, les préparatifs sont nombreux eux aussi. Les intendants s'affairent, les soldats aussi. Les soldats de montagne, ou Mendiko Batailoiak en euskara, sont la fierté de la base, et ont déjà fini leur paquetage. Ils emportent également avec eux leurs skis, inséparable compagnon qui est aussi leur principal atout.
Comme dans la plupart des bases militaires, on prépare les véhicules. Les soldats, alignés, le paquetage appuyé contre la jambe gauche, attendent avec respect et rigueur l'inspection du chef de brigade. Là aussi, on murmure. Des petits chuchotements, qui, certes quasi-inaudibles, valent tout de même à certains d'écoper de lourdes sanctions physiques. Les visages se crispent à l'idée de quitter le pays, et surtout de quitter les montagnes de l'Andeak qui sont devenus un véritable terrain de jeu pour les soldats de montagne, qui y fréquentent les communauté quechuas et qui affrontent le froid de façon quotidienne.
Mais l'heure n'était pas à l'apitoiement. Les lieutenants faisaient des discours cinglants tandis que le vent empêchait aux soldats des régiments d'en comprendre la moitié. Mais malgré ce problème embarrassant de communication, un vague sentiment de patriotisme semblait transparaître dans ces discours tonitruants. Les soldats étaient incités à aller se battre sur un front lointain, mais pas pour une cause vaine. Des termes tels que la liberté, l'égalité, la souveraineté, l'indépendance des peuples revenaient souvent.
A la fin des divers discours organisés de façon sommaire au travers de la base militaire, les soldats grimpèrent rapidement dans les divers véhicules de transport mis à leur disposition. Embarquant avec un calme et un ordre martial, les soldats, le visage fermé, avançait vers le combat. A bord de leurs divers véhicules de transports motorisés, ils rejoignirent petit-à-petit, véhicules par véhicules, les divers ports navals qui étaient disséminés le long de la côte txiléenne. C'était l'heure de la guerre pour eux.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/4/1509652759-base-navale-1.png[/img]
[cap]La base navale de l'île de Labegaray, en Pomaroak.[/cap][/center]
C'était l'heure, ici aussi. Les préparatifs se déroulaient cependant de façon plus lente dans la petite base navale de l'île de Labegaray, en Pomaroak, car on devait attendre les troupes terrestres et aériennes avant de partir, et la distance à parcourir depuis les différentes bases militaires risquait de ralentir le départ de concert. Mais même ici, les soldats étaient calmes, préparant eux aussi leur paquetage, préparant les différents navires de la flotte txiléenne qui, bien que petite, pouvait se targuer d'être moderne.
C'est ici, dans ce petit port militaire dans le sud du Txile, que le gros de la flotte txiléenne se réunissait déjà : le porte-avion Txurio Echeberea et une quinzaine de navires attendait patiemment dans les eaux du port tandis que cinq sous-marins patientaient un peu plus loin, à l'abri des regards. Les soldats de la marine txiléenne, l'Itsas Indarrak (« Armée de la Mer » en euskara) se préparaient. Les Urpeko Batailoiak, les bataillons sous-marins txiléens, qui faisaient eux aussi la fierté de leur base, défilaient devant l'état-major de la marine txiléenne.
Peu d'entre eux se doutaient que leur « expédition de patrouille » les mènerait à l'autre bout du monde, à plus de cent milles kilomètres de là. Ils pensaient tout simplement avoir affaire à une expédition de routine, avant que leurs lieutenants de brigade ne les informent de la gravité de leur mission. Certains restèrent stupéfaits tandis que les autres, restant de marbre, poursuivirent leur préparation. On commença à murmurer, encore une fois, comme partout ailleurs à cette heure-ci. Il ne s'agissait pas d'une mobilisation générale, mais sans aucun doute d'une opération militaire d'envergure.
Certains eurent le temps de faire leurs adieux, leurs aurevoirs, mais d'autres n'en eurent pas le temps. On embarquait déjà, dans toutes les bases militaires txiléennes, une bonne partie des soldats. Ce n'était pas moins d'une demi-centaine de soldats txiléens qui se mettaient en branle, d'un seul tenant, comme un seul homme qui avance, comme un bras armé. Oui, car cette demi-centaine de soldats euskals, il s'agit du bras armé de la République, de la République Fédérale du Txile, au fin fond de la Dorimarie occidentale.[/justify]
[justify][center]RÉCIT Préparations de guerre 11 juillet 2034
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/6/1509793911-txile-cote-falaise.png[/img]
[cap]Un endroit quelconque le long de la côte txiléenne.[/cap][/center]
Malgré les événements qui arrivaient un peu partout dans le monde, à l'ouest comme à l'est, on avait du mal à croire que la guerre était déclarée et qu'un conflit d'ampleur intercontinentale allait prendre forme au-delà des océans qui entouraient la Dorimarie, et que la jeune République txiléenne allait y prendre part sous la forme d'une intervention militaire musclée. Les familles txiléennes avaient vu partir plusieurs dizaines de milliers de soldats txiléens, jeunes ou vieux, militaire de métier, soldats professionnels qui plus est. Les mères et les femmes, bien qu'on les avait prévenu des années plus tôt du danger du métier de leur homme, ne s'étaient pas réellement préparées.
Dans les foyers, on pleurait, on rassurait, on cajolait les enfants, les femmes se rongeaient les ongles, les maris ayant vu leur femme enrôlée dans l'armée partir aussi. La dure réalité d'une guerre lointaine s'imposait brutalement, arrachant du sein encore chaud de la nation txiléenne bon nombre de jeunes soldats qui, espérons-le, rentreront un jour au pays, mais sans aucun doute brutalisés par la réalité des combats et de la guerre, qui espérons-le encore une fois, ne les changerait pas radicalement, sous peine de voir une armée de morts-vivants revenir sur le sol txiléen, à jamais traumatisés par la violence des combats.
Encore une fois, la défense du Txile se faisait au détriment des familles txiléennes, qui voyait les militaires qui n'étaient pas partis lors de la « première vague » partir pour rejoindre le littoral, là où la défense du territoire s'organisait tant bien que mal. Le ministre de la Défense, Isaak Urberoaga, assurait la supervision de la défense côtière, qui s'assemblait avec l'équipement militaire que les soldats déjà partis avaient laissé dans les casernes, dans les hangars, dans les bases militaires, de la Lurrean Indarrak, de l'Itsas Indarrak ou bien encore de l'Airearen Indarra, qui étaient les trois principales branches de l'armée txiléenne, la Txileko Gudarostea.
Sur un promontoire rocheux comme l'on pouvait en trouver des milliers le long de la côte occidentale du continent dorimarien, une dizaine de soldats s'affairaient autour d'un volumineux engin métallique qui semblait peser plusieurs tonnes. On pouvait observer, émergeant de dessous une longue bâche huileuse un canon en métal gris, qui semblait menacer le ciel de par sa position et sa direction. En effet, cet étrange engin étant d'un modèle obsolète de canon anti-aérien mobile, aussi appelé DCA (« Défense Contre les Aéronefs »).
Les falaises txiléennes étaient l'endroit idéal pour le déploiement d'un lourd réseau de canons d'artillerie et de défense anti-aérienne, ce qui faisait de la côte txiléenne une défense naturelle du pays contre l'extérieur, en plus du fait que l'escarpement naturel des côtes rocheuses en fasse une forteresse terrestre inexpugnable. Les falaises rocheuses issues de milliers d'années de géologisme intensif dans la région par la présence d'une faille de subduction à quelques kilomètres au large de la côte avaient transformé cette zone en une véritable muraille rocheuse que seules les montagnes de l'Andeak pouvaient également en terme de défense naturelle sur le territoire txiléen.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/6/1509797442-navire-txileen.png[/img]
[cap]Deux navires de transport de troupes de la flotte txiléenne en mouvement.[/cap][/center]
Tandis qu'une partie des soldats txiléens jouaient à des jeux de cartes rudimentaires ou s'adonnait à divers autres loisirs pour passer le temps, le lieutenant Esparatz Muñozguren, qui était dans la cabine du capitaine du navire, écoutait ce dernier monologuer sur l'importance de la discipline dans les rangs de l'armée marine txiléenne, ce dont Esparatz n'en avait strictement rien à faire étant donné qu'il était lui-même sous les ordres d'un général qui imposait lui-même la discipline dans les rangs. Fatigué d'écouter le capitaine discourir sur l'intérêt évident de l'ordre pour se préserver du chais, le lieutenant Muñozguren toussota, interrompit le capitaine puis lui dit :
« Je vous remercie, capitaine, pour cet éloquent discours, mais je pense qu'il serait plus sage de le faire directement en face des soldats txiléens, afin de voir leur réaction et d'être à même de la fameuse « discipline virile » dont vous parlez. Je suis également navré de vous interrompre pour parler de sujets autrement plus important : quel va être le plan pour les heures, les jours, les semaines, les mois, voire les années à venir si le conflit s'éternise ? Je sais que vous êtes tout particulièrement patriote et que vous ne vous intéressez pas tellement à de telles sottises de « fainéants », comme vous dites vous même, mais pourriez-vous tout de même me résumer ce que vos supérieurs vous ont communiqué ? »
Le capitaine renâcla. Il n'était pas habitué à ce qu'on le coupe dans ses fabuleux moments de sueur patriotique et philosophique, mais il pardonnait la plupart des erreurs au lieutenant Muñozguren, qui était sans aucun doute un des soldats les plus rigoureux et ordonné qu'il connaisse, bien qu'il ne connaisse pas grand-monde dans les rangs des « troufions » qui composaient la basse caste de l'armée txiléenne. Le capitaine toussota lui aussi, l'air étant décidément trop salé à son goût, puis répondit au lieutenant avec toute la grâce que son grade de capitaine pouvait lui permettre :
« Mon cher Esparatz, tu es un peu trop téméraire à mon goût pour l'instant. Étant donné que tu n'es qu'un lieutenant pour l'instant, et bien que j'espère que tu monteras en grade un jour, tu n'es pas qualifié pour remettre en cause mon autorité à la fois sur le navire et sur mes hommes. Oui, car ces soldats, ce ne sont pas que tes hommes, puisque, la preuve est qu'il existe plusieurs autres lieutenants sur ce bateau, et tu les connais. Donc je te prierais de rester à ta place, comme eux, afin que je puisse diriger tout ce tintamarre constant de la manière la plus rigoureuse et ordonnée possible. Je te prie de bien vouloir quitter cette pièce et de retourner avec les autres soldats, s'il te plaît. »
Furieux, le lieutenant se dirigea à pas lourds vers la porte métallique qui fermait la cabine, l'ouvrit, mais au moment de sortir, il se retourna, regarda le capitaine dans les yeux et lui demanda sincèrement : « Capitaine, vers où allons-nous, dans ce cas, puisque vous ne voulez rien me dire d'autre à ce sujet ? » Ce à quoi le capitaine, répondant avec la même sincérité : « Je ne crains de pouvoir te le dire. Tout ce que je peux te dire, c'est que nous n'effectuons pas un trajet conventionnel et qu'il s'agit d'une manœuvre militaire d'envergure pour notre propre survie, afin de semer des adversaires plus nombreux en nombre que nous dans ces eaux. »[/justify]
[justify][center]RÉCIT Préparations de guerre 14 juillet 2034
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/7/1509877937-anti-aerien-txileen-obsolete.png[/img]
[cap]Une batterie d'anti-aérien obsolète de l'armée txiléenne.[/cap][/center]
Ce n'était pas moins de quatre cents batteries de canons anti-aériens obsolètes que l'état-major txiléen avait fait venir des différentes bases militaires sur le sol txiléen pour les disposer le long de la côte ouest du Txile pour en assurer une défense quasi-imperméable à l'aviation. Tout le long de la côte, sur plus d'une centaine de kilomètres de long, des batteries de canons anti-aériens patientaient, rivés vers le ciel, comme un défi adressé aux ennemis de l'autre côté de l'océan néchinésien. Oui, l'état-major redoutait une forte attaque aérienne, étant donné l'importance de l'aviation de la jeune colonie britonnique du Nechinayoco, qui n'avait pas moins de six cents aéroplanes opérationnels, ce qui représentait une menace majeure pour le sol txiléen.
Mais l'état-major txiléen avait également déployé, pour cette « Ligne de Néchinésie » de nombreuses batteries d'artillerie moderne, au nombre de deux cents le long de la côte. Ces dernières permettrait à l'état-major de s'assurer une défense confortable de l'océan contre l'ennemi, qui ne pourrait pas tenter un débarquement à moins de se voir infliger de très lourdes pertes. En effet, les positions txiléennes en hauteur le long des falaises de la côte txiléenne assurait de surplomber l'océan avec une vue imprenable et une portée redoutable, en plus de fournir une barrière rocheuse naturelle contre un potentiel ennemi qui tenterait de débarquer.
De vieilles positions militaires de la Grande Guerre avaient été réquisitionnées pour l'occasion, offrant une défense parfaite pour transformer la côte txiléenne en une défense inexpugnable qui ne pourrait être prise qu'après la mort de milliers de soldats. L’État txiléen avait également déployé quelques cinquante milliers de soldats le long de la côte, pour assurer le maintien, l'entretien et le maniement des lourds canons de l'artillerie et de l'anti-aérien en assurant également divers postes : celui de tireur embusqué, de franc-tireur, de combattant au sol, d'artilleur, de grenadier, d'obusier...
C'est également une dizaine d'aéroplanes modernes de l'armée txiléenne qui avaient été déployés le long de la côte txiléenne, rapatrié d'urgence de leurs bases militaires de l'arrière-pays, pour assurer une couverture efficace de la côte, bien que leur faible nombre ne soit pas d'une grande aide dans le cadre de la défense systématique de l'intégralité de la façade côtière du Txile. La marine txiléenne, l'Itsas Indarrak, avait disposé, en collaboration avec les autres installations militaires le long de la côte, cinq sous-marins modernes, chargés de couler tout navire battant pavillon ennemi (Commonwealth briton, Vryheid ou Nechinayoco) tout en restant furtifs.
Les bâtiments « de surface », eux, restaient ancrés dans les bases maritimes militaires du Txile, car leur utilité dans la défense restait à étudier, surtout vu leur faible nombre après le départ du gros des troupes à bord des différents navires de la flotte txiléenne, quelques jours plus tôt (le six juillet pour être exact). Dans les villes, bien que l'on pouvait constater de la frénésie des militaires, qui circulaient en un flux continu le long des quais des ports de chaque grande ville pour y organiser la défense, on ne se doutait pas de l'ampleur intercontinentale qu'avait pris le conflit. La plupart pensait juste qu'il s'agissait d'un conflit romancé par la presse, à l'autre bout du monde, dans un autre hémisphère.
Mais le conflit était bien plus présent au Txile qu'on ne le croyait. En dehors des très nombreuses manœuvres militaires défensives et du départ d'une partie des troupes il y a de cela huit jours, le gouvernement multipliait les réunions du Parlement txiléen au siège de ce dernier, et délibérait sur la marche générale à suivre pour les semaines à venir, sous l'égide du Lehendakari Pantxiko Eraul. Ce dernier souhaitait s'attirer la sympathie des partis qui lui étaient opposés pour ne pas se faire poignarder dans le dos une fois que la République txiléenne serait pleinement engagée dans le conflit qui s'annonçait.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/7/1509881044-artillerie-txileenne.png[/img]
[cap]Une batterie d'artillerie moderne automoteur de l'armée txiléenne.[/cap][/center]
Bien que l’État txiléen ne se soit pas militarisé, la guerre était devenue omniprésente dans la société « souterraine » txiléenne ; le commerce illégal en souffrait, au même titre que le commerce légal qui a lieu le long de la côte. Heureusement, l'intérieur des terres n'est pas touché par de telles considérations, puisque les mesures militaires n'y ont aucun réel effet. Cependant, la menace lointaine de la guerre monte : on redoute que l’État txiléen, en réponse aux nombreuses mobilisations militaires et autres manœuvres politico-militaires destinées à militariser les pays ennemis (voir allié, dans le cas de l'Empire luciférien d'Algarbe).
Les usines ne semblaient pas pour autant inquiétés puisqu'après avoir été rassurées par un communiqué du gouvernement, ont repris leur activité normale. Les investisseurs ont également été rassurés par l’État qui a assuré qu'il investirait cette année dans le domaine militaire pour les frais de l'armée, ce qui risquait de faire le bonheur des producteurs d'armement ou des revendeurs. L’État avait également promis aux autres secteurs d'activité que les dépenses de l’État txiléen ne se concentrerait pas sur le domaine militaire, mais également sur la production, la construction et l'approvisionnement.
Pantxiko Eraul, le Lehendakari(HRP : « Premier Secrétaire » en euskara) de la République Fédérale du Txile, était prêt. Il attendait à tout moment que la flotte nechinayoquaine, renforcée avec une partie des effectifs uhmaliens, vienne se heurter au puissant système défensif txiléen. Il savait également que, dans l'Histoire, les systèmes défensifs s'étaient avérés inefficaces durant le XXème siècle, car facilement contournables par des armées rapides et combinant l'aviation à l'infanterie mécanisé La Blitzkrieg allemande mais aussi la technique de guerre rapide décrite par De Gaulle dans Au Fil de l’Épée), ce qui était rendu impossible par la neutralité absolue des nations voisines du Txile.[/justify]
Expéditeur : gouvernement de la République Fédérale du Txile
Destinataire : état-major des armées txiléennes
Objet : déploiement militaire sur le sol txiléen
Classification :CONFIDENTIEL
[quote][center]Ordre à l'état-major[/center]
Suite à la déclaration de guerre officielle de la République Fédérale du Txile à l'encontre de l'empire britonnique (alias Commonwealth briton) et de ses alliés (à cette époque, uniquement le Vryheid), le gouvernement de Pantxiko Eraul ordonne le déploiement d'un lourd système défensif le long de la côte txiléenne visant à protéger cette dernière des velléités belliqueuses des nations pro-britonniques de l'autre côté de l'océan néchinésien (voire au-delà de l'océan déchinésien également) qui se baserait principalement sur les infrastructures des falaises et des récifs côtiers qui sont légions le long de la côte txiléenne.
C'est également dans ce but défensif que deux cents batteries d'artillerie, quatre cents unités de défense anti-aérienne (alias DCA, Défense Contre l'Air) et plus de vingts-cinq milles soldats txiléens seront déployés pour soutenir, renforcer et former le pilier de cette fortification côtière qui s'étendrait tout le long de la côte txiléenne, profitant de la position escarpée de cette dernière pour rendre le débarquement ou l'approche particulièrement difficile, du moins depuis les mers. Ces mesures préventives permettront d'assurer et de maintenir la stabilité interne de la nation txiléenne, notamment en maintenant son trafic maritime qui, bien que faible, est important pour la côte.
Seront réquisitionnés tout le long de la côte les bunkers, abris anti-aériens et autres casemates défensives dans le but de consolider cette ligne temporaire de défense, en offrant un couvert efficace aux troupes txiléennes. Les généraux qui seront déployés le long de la côte auront également le droit de réquisitionner les moyens gouvernementaux locaux, tant qu'il ne s'agit pas d'un élément important et vital, pour le détourner à des fins militaires : les généraux pourront ainsi se servir des retenues d'eau non-vitales (qui ne participent pas à l'approvisionnement d'une grande ville) pour les dynamiter en ultime recours (bien qu'il ne s'agisse que d'un exemple.
L'ordre habituel maintenu chez les soldats txiléens sera poursuivis et aucune modification en devra être appliquée à leur emploi du temps pour que les soldats soient les plus aptes possibles au combat. Les soldats serviront principalement de tireurs, bien qu'une partie d'entre eux servent d'artilleurs, d'obusiers ou à d'autres postes. La consolidation des points de défense le long de la côte permettra, grâce à l'aide des moyens gouvernementaux locaux, de réorganiser la défense côtière pour l'actualiser (la construction des actuelles défenses remontant à la Grande Guerre), pour ainsi actualiser l'équipement local et le remettre au goût du jour.
Bien évidemment, toute l'opération restera confidentielle bien que le tout se déroulera sous la protection du gouvernement qui assurera aux troupes une installation administrative et militaire confortable dans les régions côtières, afin de faciliter l'avancée de l'opération, le tout dans un calme souverain. Nous craignons également l'arrivée prochaine de navires nechinayoquains dans nos eaux limitrophes (dans l'océan néchinésien) étant donné l'implication de ce pays dans la guerre et les récents mouvements de navires dans la mer ventélienne, à la fois sous pavillon britonnique (pour les navires du Nechinayoco) que sous pavillon ventélien (hors Uhmali).[/quote]
(HRP : * Je me permets de préciser pourquoi la date du message est plus vieille qu'elle ne devrait l'être d'après l'horloge. En fait, lorsque le Txile a organisé [url=http://www.simpolitique.com/activites-barneko-jarduerak-t15460.html#p326076]les mouvements de troupe à destination de la côte[/url] le onze juillet 2034, c'était sous l'injonction de ce même ordre militaire que vous avez actuellement sous vos yeux. Donc, à moins qu'un MJ ne me le fasse rectifier, considérez que cette communication a été émise le onze juillet.)[/justify]
Expéditeur : gouvernement de la République Fédérale du Txile
Destinataire :Ikerketa Institutu Zentrala (IIZ) (HRP : institut central de recherche du Txile)
Objet : recherche de la technologie des réacteurs d'avion
Classification :CONFIDENTIEL
[quote][center]Ordre à l'IIZ[/center]
Suite à la rencontre diplomatique ayant eu lieu à Donostia le neuf juillet de l'an de grâce deux milles trente-quatre (09/07/2034) entre la Ministre des Affaires Diplomatiques de la Confédération impériale du Yuhanaca son Excellence Amanacia HOMACT et le Ministre txiléen des Affaires Étrangères Bartolome LANDABARRI, [url=http://www.simpolitique.com/rencontre-diplomatique-entre-yuhanaca-txile-t15491.html#p326152]un accord[/url] a été trouvé acceptant le transfert technologique de la technologie txiléenne de construction de frégates obsolètes (Navire (Frégate) ▮▮) en échange du transfert de la technologie yuhanac de fabrication de réacteurs d'avion(Réacteurs d'avion = Éléments en acier + Coltan).
C'est donc dans le cadre de cet accord bilatéral de transfert technologique que la République Fédérale du Txile accepté d'envoyer sur le sol yuhanac pour coopérer avec les institutions technologiques du Yuhanaca et notamment la HixCorporation, une importante entreprise yuhanac qui semble avoir la main-mise sur l'industrie ferroviaire et semble vouloir étendre son hégémonie sur le domaine de la construction navale. De nôtre côté de la frontière, nous recevrons également plusieurs chercheurs yuhanacs qui assureront pour leur part le transfert de la technologie recherchée, à savoir celle des réacteurs d'avion.
Nous ordonnons donc à l'Ikerketa Institutu Zentrala (l'« Institut de Recherche Central », organisme technologique officiel de l’État) d'être le principal acteur de cette recherche technologique, notamment en envoyant des chercheurs txiléens dans les centres de recherche yuhanacs et en accueillant les chercheurs yuhanacs dans les centres txiléens de recherche, pour ainsi assurer que l'accord technologique soit pleinement respecté. L'IIZ a donc devant lui deux ans (HRP : soit huit mois IRL) pour achever le transfert technologique du côté txiléen et ainsi fournir aux entreprises militaires et civiles du Txile le brevet de fabrication des réacteurs d'avions.
La recherche n'est pas officialisée mais elle n'est pas pour autant confidentielle. Il ne s'agit pas d'une recherche classifiée secret d’État car elle permettra de rassurer les entreprises aéronautiques civiles privées sur l'état de l'organe technologique txiléen, pour les fidéliser en leur vendant le brevet de fabrication. Ainsi, nous gagnerons la confiance du marché privé txiléen mais nous permettrons également à nos entreprises aéronautiques nationales d'acquérir une plus grande autonomie de production, notamment sur les avions multirôles obsolètes que nous produisons déjà à partir de pièces étrangères (Avion de combat multirôle ▮▮).
Ainsi, la technologie de fabrication des réacteurs d'avions deviendrait la première technologie recherchée par les institutions technologiques txiléennes depuis une dizaine d'années, venant s'ajouter à l'[url=http://www.simpolitique.com/choisir-ses-technologies-t14144-30.html#p325162]arsenal de technologies txiléennes[/url]. Nous rappelons que le Txile, engagé dans une guerre importante (qui est le conflit dit « des Containers » ou « du Scorpion ») souhaite faire valoir une image de stoïcisme économique en gardant une économie de paix, mais cela vaut aussi pour l'organisme technologique txiléen, qui doit rester sous une forme se rapprochant de celle de l'« économie de paix ».
Nous incitons cependant l'IIZ à garder le cap technologiquement et à mener les recherches de façon organisée et rigoureuse pour obtenir des résultats probants, sinon les investissements de l’État txiléen dans l'institut se verront compromis et réduits en conséquence. L’État txiléen souhaitera également recevoir des informations récurrentes au sujet de l'avancement de la recherche, pour ainsi assister l'institut dans sa progression (HRP : et aussi pour que je publie ici l'avancement de la recherche pour pouvoir la réclamer d'ici deux ans RP ; d'ailleurs toute date fixée ici est purement RP et n'est pas destinée à la modération).[/quote]
(HRP : * Je considère que la rencontre Yuhanaca-Txile a eu lieu le [url=http://www.simpolitique.com/rencontre-diplomatique-entre-yuhanaca-txile-t15491.html]9 juillet 2034[/url] et donc que l'injonction gouvernementale a été envoyée à l'institut de recherche le soir-même après la rencontre. J'officialiserai le tout au travers d'un traité diplomatique une fois que j'aurais fini la rencontre.)[/justify]
[justify][center]RÉCIT Préparations de guerre 21 août 2034* (HRP : * ce n'est pas la date exacte, il faut supposer que ça se passe en début août)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/46/5/1510947157-navire-aborde.png[/img]
[cap]Une vieux navire marchand comme on peut en trouver le long des côtes algarbiennes.[/cap][/center]
Peu de sang avait coulé lorsqu'une escouade d'élite txiléenne avait accosté très rapidement le navire et coupé toutes les communications du bateau, et à l'exception d'un lieutenant qui avait tenté de se jeter sur une radio de communication, personne n'avait tenté la moindre rébellion pour repousser les txiléens à la mer. En vérité, l'équipage du navire était essentiellement composé de marins alekans qui, non convaincus par les efforts de propagande l’État alekan, avait tout de même pris la mer, empruntant les voies maritimes commerciales encore ouvertes, et s'étaient dirigés dans les eaux internationales au large de l'Aleka.
Bien que stupéfaits, les marins alekans gardaient leur calme et échangeaient quelques brèves phrases avec leurs tortionnaires, qui ne semblaient pas leur vouloir de mal. L'équipage, après avoir vérifié la présence de canots de sauvetage à bord du navire, sembla d'un accord tacite commun, prendre possession du navire. La cale, une fois inspectée, fut vidée : les quelques ressources qui y traînaient serviraient pour soutenir l'immense flotte coalisée. Principalement de la nourriture, mais aussi du matériel de fabrication et d'entretien de navire furent saisis et utilisés par l'escouade, qui transféra le reste du stock sur la frégate moderne qui venait tout juste de rejoindre le paquebot marchand.
Après s'être assuré de l'entière coopération des marins, trop heureux de rester en vie pour tenter quoi que ce soit à l'encontre des soldats txiléens, ces derniers purent se regrouper dans la salle centrale de la cale, où on les garderait captifs pendant les jours à venir. Après s'être assuré d'avoir embarqué le matériel nécessaire à bord du bateau marchand, le nouveau navire, repeint sommairement, s'appelait désormais « Akela ». En dehors de l'anagramme, le nom n'avait aucune signification spéciale, en dehors du nom de code qui caractérisait ces navires, au nombre de quatre, que les troupes d'élite txiléennes avaient abordé et pris.
Les quatre opérations s'étaient déroulées à quelques heures d'intervalle, sans un pli ; quatre vieux navires marchands alekans étaient tombés aux mains de la flotte de guerre txiléenne. Avant que l’État alekan ne s'en rende compte, il faudrait plusieurs mois : les morts et les disparus viendraient troubler le compte-rendu final, à tel point que quatre (vieux) navires marchands ayant disparu ne feront pas de vague. C'était du moins ce que l'état-major txiléen avait supposé lors que les généraux avaient imaginé ce brillant stratagème, dont on avait pourtant vu plusieurs fois la démonstration dans l'Histoire.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/46/5/1510948516-port-algarbien.png[/img]
[cap]Un port de taille intermédiaire, comme on peut en trouver en Algarbe.[/cap][/center]
L'étape la moins discrète était celle de l'arrivée des navires dans les ports ; chacun des quatre navires devait se rendre dans un port différent à chaque fois, où il était mis à terre, à sec, afin de pouvoir le retourner et l'entreposer dans un hangar. Après cela, c'était l'étape la plus chronophage qui commençait : mis sous la pression de l'état-major txiléen, les escouades travaillaient d'arrache-pied autour des navires, s'affairant. On voyant, jour et nuit, des lumières allumées dans les hangars, dans lesquels on faisait entrer des plaques de cuivre, des mètres cubes de liège, le tout avec une grande discrétion.
Les ports choisis étaient idéaux pour ça : discrets, loin des capitales respectives des deux nations dans lesquelles étaient répartis les quatre ports, et sans aucun doute libres de tout espionnage britonnique. Les soldats, convertis en ouvriers pour l'occasion, travaillaient d'arrache-pied, soumis à la course contre la montre imposée par leurs supérieurs ; en quelques jours, les navires purent enfin, après une rénovation nécessaire au bien de la mission, remettre la quille à l'eau. Les quatre navires, après plusieurs jours de rénovation, purent enfin rejoindre la flotte txiléenne, au large de l'Algarbe-du-Sud, pour y remplir sa mission.[/justify]
Le chercheur en physique Plutarko Yurrebaso était fébrile. Selon les techniciens qu'il avait sous ses ordres, la recherche technologique avançait très rapidement, le tout sous la supervision assidue des chercheurs yuhanacs venus de l'autre côté des montagnes andéaciennes pour accomplir leur part du partenariat technologique qui liait les nations txiléenne et yuhanac, tandis que des scientifiques txiléens se rendaient au Yuhanaca pour y faire de même. La coopération technologique avançait donc rapidement, preuve indéniable de la bonne santé de l'organisme technologique central du Txile.
Plutarko n'en était pourtant pas à son premier essai. Il avait déjà par le passé participé, durant ses trente années de labeur au service de la nation, il avait eu l'occasion de superviser de nombreuses opérations technologiques et techniques dans le domaine aéronautique, et dans tous les domaines en général : génie civil, physique, chimie militaire... Il n'avait cependant pas eu l'occasion de réellement s'investir sur un tel projet de transfert technologique depuis une dizaine d'années déjà, et il était heureux de pouvoir reprendre son activité principale de chercheur au service de l’État txiléen.
Les chercheurs yuhanacs avaient heureusement emmenés avec eux divers plans et maquettes, notamment des modèles réduits de réacteurs d'avions, que les techniciens txiléens en aéronautique avaient décortiqués avec méticulosité. Les techniciens txiléens, bien que novices dans le secteur de la recherche et de l'innovation technologique, étaient très réceptifs à de telles considérations ; malgré la difficulté de communication entre certains chercheurs à cause de la barrière linguistique, les chercheurs yuhanacs et les chercheurs txiléens travaillaient relativement harmonieusement, sous la direction de Plutarko.
Plutarko était fier de l'efficacité de son petit groupe restreint de chercheurs binationaux : il estimait déjà que la recherche avait déjà été avancée d'un dixième, ce qui était très signifiant, notamment pour une première dans l'histoire du Txile depuis une dizaine d'années. Il serait ainsi le principal nom qui figurera sur le compte-rendu qui sera transmis au Lehendakari (président txiléen), et il espérait ainsi acquérir des relations sur la scène technologique internationale. Bien qu'il se sentait pousser des ailes, il était conscient qu'il n'en était encore qu'à un dixième, et il en resterait neuf autres à parcourir.
Mais il avait déjà par le passé franchi des obstacles plus importants encore, autant dans sa vie professionnelle de chercheur que dans sa vie personnelle. Il n'était pas effrayé par la demande grandissante du secteur militaire national qui demandait une réhabilitation plus rapide de la recherche technologique militaire dans le domaine national. Plutarko avait déjà été interviewé par plusieurs réseaux de presse, qui lui avaient posé tout un tas de questions peu intéressantes mais dont les réponses seraient irrémédiablement médiatisées, peu importe leur contenu et leur contexte. Plutarko se méfiait de la presse comme de la peste.
Il était un scientifique de renommée au Txile : il ne comptait pas se laisser démonter, ni par les médias, ni par ses subordonnés. C'est pourquoi il s'appliquait à avoir une discipline et une progression irréprochable dans ses rangs, et cela pouvait se voir : les rapports d'avancement du projet étaient récurrents, l'investissement du gouvernement se maintenait, et l’État voyait cette progression fulgurante de bonne augure. Plutarko, bien que n'étant pas un économiste ni un politologue, reconnaissait l'intérêt, autant symbolique que technologique, de cette recherche et du progrès qu'elle entraînerait : elle permettrait à l’État txiléen de tenir ses diverses promesses, mais aussi d'en créer de nouvelles.[/justify]
[justify][center]RÉCIT Préparations de guerre 5 octobre 2034
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/44/6/1509793911-txile-cote-falaise.png[/img]
[cap]Un endroit quelconque le long de la côte txiléenne.[/cap][/center]
L'heure était grave. La République txiléenne, consciente de la présence d'un grand nombre de troupes uhmanéennes le long de la zone économique exclusive txiléenne, avait décidé de renforcer sa défense côtière, déjà renforcée depuis des mois, afin d'en faire un rempart infranchissable. Les astres s'alignaient pour le Txile : en plus d'une forte défense naturelle constituée par le relief côtier très escarpé de la République, le Txile disposait de plusieurs dizaines de milliers de soldats, ainsi que d'un lourd équipement susceptible de faire la différence dans un affrontement entre les troupes sur le terrain.
Mais le Txile avait également un atout majeur : en plus de disposer des ressources matérielles citées précédemment, la République txiléenne possédait l'inestimable assistance des [url=http://www.simpolitique.com/centre-informations-mondial-sur-espace-t14330.html#p307331]satellites amarantins[/url], spécialement réquisitionnés pour l'occasion afin d'assurer une couverture satellite efficace des côtes txiléennes. Bien qu'il s'agisse de satellites basiques (satellites ▮), leur aide était précieuse pour détecter tout mouvement de troupes majeur ou du moins tout mouvement de bâtiment de surface (navires). Le gouvernement du Txile, bien que conscient de sa possible infériorité numérique face aux troupes uhmanéennes (en raison de la largeur du territoire), restait positif quand à l'issue d'un possible débarquement.
Dans les coulisses du pouvoir, bien qu'on remette lourdement en cause l'investissement du pouvoir txiléen dans les affaires du Vieux Monde auquel le Txile n'a jamais appartenu, on critique également l'empire britonnique et ses alliés, de véritables États-satellites contre lesquels la République doit désormais tester ses capacités militaires. Le débarquement d'Algarbe-du-Sud, bien qu'ayant rassuré les élites sur la capacité militaire coercitive txiléenne, avait néanmoins sapé une partie du morale des troupes, qui se trouvaient maintenant dans un état intermédiaire de contentement vis-à-vis du pouvoir.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/48/6/1512223011-militaires-txileens-en-patrouille.png[/img]
[cap]Des militaires txiléens en patrouille.[/cap][/center]
Chez les soldats également, des efforts sont faits pour maintenir et ré-hausser le morale des troupes. Les soldats txiléens en patrouille [url=https://www.youtube.com/watch?v=JsHxacMn44c]chantent des hymnes martiales[/url], et l'armée txiléenne, la Txileko Gudarostea, est mise en état d'alerte. Bien qu'on entretienne encore et toujours les cycles des entraînements, des patrouilles et des périodes de repos (bien que ces derniers soient diminués en raison de la guerre), l'état-major faisait un effort supplémentaire pour appliquer une rigueur nouvelle dans les rangs. Les soldats txiléens se préparaient mentalement à devoir affronter leurs ennemis venus de l'autre côté de la mer néchinésienne.
Nechinayoquains et uhmanéens, les uns comme les autres, étaient devenus d'importants ennemis pour les txiléens. Bien qu'on évitait de stigmatiser ces populations, cela arrivait, pour les branches politisées les plus réactionnaires de l'armée, de facilement caricaturer les soldats des deux nations ennemies qui avait décidé, par opportunisme ou par zèle, de poursuivre la lutte entre le Txile et la Britonnie jusqu'en Néchinésie, et bientôt sur le continent dorimarien. En tout cas, les soldats txiléens étaient très largement tenus au courant par l’État txiléen de la situation précaire du gouvernement impérial d'Uhmali, qui devait faire face à un certain nombre de déconvenues ([url=http://www.simpolitique.com/nouvelles-internationales-t13165-45.html#p327406]1[/url], [url=http://www.simpolitique.com/nouvelles-internationales-t13165-45.html#p327646]2[/url] et [url=http://www.simpolitique.com/nouvelles-internationales-t13165-45.html#p327719]3[/url]).
Les troupes txiléennes étaient regroupées dans une dizaine de centres militaires, parfois déjà présents et entretenus, ou parfois réhabilités à la va-vite par l’État txiléen pour assurer la supervision de la défense des côtes. Ainsi, les troupes txiléennes pourraient parvenir rapidement sur le lieu où le choc entre les troupes britonniques et les troupes txiléennes devra s'effectuer, notamment à l'aide du [url=http://www.simpolitique.com/formulaire-defense-motorisation-des-troupes-t13927-15.html#p325385]grand nombre de places mécanisés légères[/url] assurant une relative avance en terme de mobilité mécanique. L'équipement lourd (artillerie, batteries d'anti-aériens, chars d'assaut) étant automobiles, la question de leur transport était secondaire.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/48/6/1512224109-usine.png[/img]
[cap]Une usine, quelque part dans une vallée ouvrière du centre du Txile.[/cap][/center]
Ici, dans une petite vallée ouvrière de l'intérieur des terres, c'était sur une autre stratégie que l’État misait. Les milliers de tonnes de cuivre de zinc produits annuellement par les mines de l'arrière-pays txiléen assurait une très large auto-suffisance de la République et des txiléens, mais les quantités produites impliquaient également, le plus souvent, que le surplus soit gaspillé en le revendant sur le marché international à un prix très bas pour pouvoir s'assurer de le vendre. Mais les métaux que sont le cuivre et le zinc sont connus pour être l'élément-clé de la fabrication d'un élément qui était devenu très rapidement important durant les périodes de guerre : le laiton.
Grâce à un savant alliage mêlant le cuivre et le zinc, on arrivait à produire facilement de grandes quantités de laiton, qui servait principalement, outre ses usages ménagers et dans le domaine civil, à fabriquer des douilles de balle. En effet, le laiton est le principal alliage utilisé dans l'élaboration des munitions régulières (balles de fusils) de tout diamètre : douze millimètres, quinze, ou deux millimètres, tous types de balles.Bien que l'entrée en guerre de la République txiléenne se soit faite de manière précipitée, l'industrie txiléenne commençait à se préparer pour devenir une machine alternant entre l'état de guerre et l'état de paix.
En effet, avec sa production de laiton (cuivre et zinc), le Txile comptait bien poursuivre l'effort de guerre et en réduire le coût, notamment en produisant les munitions directement sur le sol national. C'était également une aubaine pour élargir la production et l'importance du militaire dans l'économie txiléenne, tout en faisant de grandes économies autant sur l'achat de balles auprès de grossistes que sur le gaspillage des ressources minières en cuivre et en zinc qui chaque année passaient à la trappe par faute d'acquéreur potentiel. C'était également un défi pour le Lehendakari et son programme de « troisième industrialisation » : après le charbon et le pétrole, voilà venue l'industrie moderne.[/justify]
[justify][center]RÉCIT Préparations de guerre 3 novembre 2034
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/47/7/1511723811-metallurgie.png[/img]
[cap]La métallurgie, secteur économique txiléen en [url=http://www.simpolitique.com/presse-txileko-prentsa-t15418-15.html#p327372]plein essor[/url].[/cap][/center]
Ici, dans une des nombreuses vallées ouvrières de la campagne txiléenne, dans la Province de Berri Nafarroa, les usines changeaient rapidement. En effet, face à la demande militaro-industrielle accrue, les usines civiles se tournaient vers des productions plus aptes à l'autonomisation de la production du pays, mais aussi vers des modèles de productivité de guerre. Dans l'industrie de l'armement, les capitaux étaient en ébullition : la production de munitions basiques à base de laiton (alliage lui-même à base de cuivre et de zinc, métaux tous deux présents dans l'arrière-pays txiléen) et à base d'acier (fer raffiné avec de faibles quantités de zinc) s'était mis en place, et les chaudrons tournaient plein régime.
On fondait, on moulait, on remplissait, le tout à la chaîne : l'industrie de la guerre. Chaque obus tiré, chaque balle propulsée étaient autant d'éléments qu'il fallait remplacer et ce, au plus vite. L’État pouvait cependant se targuer d'amortir une partie du prix conséquent de tout ce matériel neuf en produisant lui-même, grâce à la [url=http://www.simpolitique.com/tbke-societe-txileenne-gestion-des-ressources-t15461.html]TBKE[/url], les différents minerais nécessaires à l'élaboration de la plupart des équipements basiques : balles, armatures, fusils, armes blanches... Tout l'équipement du soldat moderne composant la Txileko Gudarostea (l'armée txiléenne), ou presque tout son barda, était fabriqué et renouvelé quasi-intégralement par le complexe militaro-industriel txiléen.
L'avantage de la Province de Berri Nafarroa dans cette guerre était sans précédent : le front, présent à des milliers de kilomètres plus au sud, n'était pas un problème pour la production, qui se faisait comme d'accoutumée dans les principales vallées ouvrières du coin. La province était restée longtemps, depuis la dernière vague d'industrialisation du pays, comme le centre industriel majeur, avec ses pôles métallurgiques, et son port régional, seconde plus grande ville du pays : Vitorio-Erregea, capitale provinciale, avec environ un million d'habitants, dont une bonne moitié travaillait dans le secteur secondaire (secteur de l'industrie lourde).
L'[url=http://www.simpolitique.com/indicateurs-matieres-premieres-t13616.html#p328745]essor du prix de l'acier[/url] raffiné à partir du fer était de bon augure pour l'avenir des vallées ouvrières : outre la demande accrue de l’État txiléen, la production s'intensifiait et la principale société de métallurgie, la société nationale minière txiléenne, la TBKE, comptait bien sur cet essor pour faire du métal txiléen le principal rival de l'acier karmali ou uhmanéen, qui sont les deux principaux concurrents du Txile dans le domaine métallurgique. Mais l’État n'en avait pas fini avec la guerre : il comptait également se servir de ce précieux métal (240$/T) pour servir de support à une vaste industrie guerrière, dont les bases venaient d'être posées avec solidité.
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[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/48/6/1512224109-usine.png[/img]
[cap]Une usine relativement moderne comme on peut en trouver un peu partout.[/cap][/center]
Ici, les préoccupations de l’État étaient autres : il n'avait pas fallu attendre que la nouvelle d'une [url=http://www.simpolitique.com/nouvelles-internationales-t13165-60.html#p328895]attaque terroriste[/url] à coup de gaz aux propriétés encore inconnues pour que l'état-major txiléen décide de vouloir se servir de sa technologie militaire de production de charges chimiques (charge chimique ▮▮▮), certes vieille, mais qui opérerait parfaitement contre des troupes hostiles sur un front plat (comme l'intégralité de la plaine Arrunta, qui traversait le Txile de haut en bas sur une largeur de plusieurs centaines de kilomètres). L’État, face aux extrémités auxquelles étaient arrivés les troupes de l'Union Panocéanique, ne reculerait désormais devant rien pour résister.
Malgré le potentiel soutien de la communauté internationale, escortant les nations belligérantes vers la paix, l'espoir était faible pour que les principaux belligérants, à savoir la Britonnie et l'Empire luciférien s'entendent à ce stade pour arriver à un traité de paix équitable. Aucun des camps n'avait établi une quelconque supériorité, mais l’État espérait secrètement que les pourparlers aboutissent pour ne pas avoir à déployer ses divers atouts pour repousser les troupes uhmanéennes hors du Txile, du moins de l'île de Labegaray, seule position uhmanéenne en Dorimarie pour le moment.
Si un mouvement des troupes uhmanéennes vers le continent n'était pas jugé possible par l'état-major, le doute persistait : étant donné l'ampleur des effectifs impliqués dans le débarquement sur l'île de Labegaray (plusieurs dizaines de milliers), on redoutait également que l'Uhmali, au prix d'un sacrifice financier qui risquait de mettre ce même pays à genoux, ne tente un débarquement-suicide, qui entraînerait de lourdes pertes, dont on accuserait irrémédiablement la République txiléenne, du moins le gouvernement de [url=http://www.simpolitique.com/post327946.html#p327946]Pantxiko Eraul[/url], d'en être le principal responsable, sans remettre en cause l'invasion uhmanéenne.
Mais la paix, bien qu'étant un espoir infime si l'on imaginait qu'un consensus pacifique équitable prenne place, n'en était pas moins possible. Si l’État txiléen déployait des moyens jusqu'alors inutilisés et ce, pour la défense de son propre sol (donc avec une certaine légitimité d'action), la communauté internationale ne s'en alarmerait pas (contrairement aux [url=http://www.simpolitique.com/nouvelles-internationales-t13165-60.html#p328911]exactions[/url] de l'Union Panocéanique sur le sol luciférien) et la République txiléenne pourrait rétablir l'équilibre et la symétrie des forces, ce qui pourrait éventuellement aboutir à un traité de paix équitable, bien loin du procès inégal que l'Uhmali a tenté infructueusement d'imposer au Txile.[/justify]