Rencontre Alamut - Maok

luc57

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Le Zanyane demeurait depuis trop longtemps un trou noir dans la diplomatie alamienne et le Maok était la possibilité, enfin, de combler ce vide.
A son arrivée au pouvoir, la Sultane Sherazade avait trouvé des finances en bon état, un commerce florissant et surtout des relations diplomatiques très bien entretenues, sur lesquelles l'Alamut pouvait reposer son influence sur la scène internationale. Il y avait de bons alliés sur tous les continents maintenant et un point d'appui au Zanyane serait le bienvenu.

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Le roi du Maok lui-même avait tenu à se rendre à Shariz, et de fait, la Sultane elle-même avait tenu à répondre positivement à la demande du roi de la rencontre personnellement.
Cependant, il convient de maintenir une certaine distance avec les invités et donc ce n'est pas elle qui viendra l'accueillir à l'aéroport, mais sa fille, Esmeralda, âgée de seulement 17 ans, et quelques membres du gouvernement.
Comme à l'habitude, les plus belles rues de Shariz avait été soumise à un protocole très strict : le nombre de personnes y avait été limité, et les plus belles enseignes et décorations étaient sorties.
Les fleurs, guirlandes et drapeaux décoraient toutes les rues de la capitale, et on avait même accordé un jour de "repos" pour les élèves et étudiants, à condition qu'ils soient en train de jouer dans la rue et dans les stades, afin de montrer la vitalité du pays.
Des enchères avaient lieu dans des espèces de petits amphithéâtres joliment sculptés dans la rue, et les commissaires-priseurs montraient à la population les plus belles antiquités.
Spectacles et jeux traditionnels avaient lieu dans les rues adjacentes au boulevard, et de chaque artère résonnaient de nombreuses mélodies et musiques, bien évidemment traditionnelles elles aussi.
Lorsque l'avion du Maok se posa, les Gardiens du Palais firent une haie d'honneur avec les gardes du corps du roi et les hymnes nationaux furent chantés à plein poumons.
On aurait dit que le roi cherchait du regard la Sultane, mais il n'aperçut, au bout du tapis, que la Princesse, une jeune femme au sourire éblouissant.

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Esmeralda, princesse d'Alamut : Votre Majesté, au nom du Sultanat et de son peuple, nous vous adressons nos plus chaleureuses salutations, en espérant que le voyage vous fut agréable. Si vous voulez bien me suivre, ma mère, la Sultane d'Alamut, vous attend avec grande impatience au Palais de Shariz.

La délégation officielle se mit en route, traversant Shariz à allure mesurée afin que le roi puisse bien constater à quel point la ville était somptueuse...
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Récemment rentré d'un voyage littéralement princier, puisqu'il l'avait mené d'abord en Bardaran, pour rencontrer le Prince de Tarnosia en personne, et ensuite au Viertenstein, où il avait passé les fêtes de Noël en compagnie de la communauté maokorienne qui y était établie, avant de participer à la cérémonie d'adoubement de son filleul, le Prince-Héritier du Viertenstein, qui serait bientôt couronné – une occasion où il devrait à nouveau gagner l'Alméra – Ménélok n'avait pu passer que quelques temps au Maok avant de reprendre à nouveau la voie des airs, pour une autre rencontre. Direction une terre de mystère et de légendes, l'Alamut pas si lointaine que cela, mais aux liens dramatiquement pauvres avec le Maok et le Zanyane en général.

De son côté, le pays zanyanais avait déjà pu tisser des liens avec la Tchoconalie, mais Ménélok avait soif de liens avec une institution royale, monarchique. Il avait espéré un temps pouvoir se rapprocher du Royaume d'Andaral, mais celui-ci semblait être en phase végétative. C'était pourquoi il avait suivit avec attention la campagne électorale de Sherazade, et avait été plus que ravis de la voir emporter la victoire. Certes, il ne s'agissait pas de l'instauration d'un Royaume Chrétien, mais bien d'un Sultanat Musulman. Qu'importait, c'était un retour de la monarchie, et, tout aussi important, l'arrivée d'une femme visiblement moins proche du fondamentalisme religieux et plus ouverte aux chrétiens que le gouvernement précédent.

Ce qui expliquait, bien entendu, les contactes diplomatiques engagés avec le Sultanat... qui l'avaient mené jusqu'ici, dans cet avion qui s'immobilisait sur la piste alamienne. Quand l'avion fut immobilisé, il en descendit, accompagné de quelques ministres et conseillers qui étaient là pour l'épauler. Il portait la tenue royale traditionnelle, comprenant la tout aussi traditionnelle cape faite en peau de léopard et bordé d'une crinière de lion. Par contre, comme à son habitude, il avait choisi, plutôt que la lourde couronne d'or transmise par la tradition, de porter une couronne plus délicate en émeraudes et argent, élégant travail moderne de ses artisans, qui lui en avaient fait cadeau pour son couronnement, alliant majesté et légèreté, ce qui transmettait une image moins arrogante... et soulageait considérablement son cou. Il tenait à la main le sceptre royal, en or et travaillé en son sommet en forme de tête de lion, qui faisait partie de l'antique trésor royal maokorien.

Il s'attendait à trouver à son arrivée la Sultane, mais découvrit plutôt une jeune fille, qu'il identifia rapidement, à ses paroles, comme la princesse héritière. Décidément, cela devenait un usage répandu, se dit-il, lui qui avait rencontré peu de temps au par avant la princesse héritière d'Hohenhoff venue représenter son père. Mais il ne pouvait dire que c'était une mauvaise chose, puisque cela permettait justement à ces futures souveraines de se préparer au métier royal. Ce fut avec un sourire franc qu'il lui répondit, ses paroles retransmises très exactement par le traducteur royal qui avait déjà retransmis à son profit les paroles de la princesse.

Sa Majesté Ménélok IV : « Votre Altesse, c'est un honneur et un plaisir pour moi d'être accueillit sur la terre d'Alamut. Mon voyage fut agréable, et je suis honoré de l'accueil qui m'est fait. C'est avec plaisir que je vous suivrai pour rejoindre votre estimée mère, en profitant du trajet pour découvrir un peu de votre pays qui, hélas, en dépit de sa proximité, parait encore très mystérieux vu du Royaume de Maok. »

Et ce fut donc en souriant qu'il se mit en route en compagnie de la princesse, suivit par sa suite. Il était visiblement sincèrement intéressé par ce qu'il découvrait, observant la vie qui lui était présentée dans les rues de la ville. Il avait hâte de rencontrer la Sultane et de pouvoir, espérait-il, poser les bases de l'amitié entre leurs deux Couronnes.
luc57

Message par luc57 »

Esmeralda, entraînée depuis longtemps aux rencontres diplomatiques, remplissait bien son rôle. Elle décrivait au roi Ménélok toutes les rues qu'ils traversaient, elle énumérait quelques petites anecdotes et riait aux plaisanteries, bonnes ou mauvaises, du roi. Une vraie pro.
Cependant, elle n'était pas peu impatiente de rejoindre sa mère, qui savait beaucoup mieux y faire avec les princes et les présidents. Pour une raison qui échappait d'ailleurs à Esmeralda, sa mère s'en sortait toujours très bien avec les hommes.
En tout cas, on arrivait enfin près du Palais, et on s'apprêtait à descendre de la voiture.

Esmeralda, princesse d'Alamut :

J'espère que cette petite visite de la ville ne vous a pas ennuyé. A présent, je vous laisse entre les mains de ma mère, la Sultane d'Alamut. Que le Créateur vous bénisse.

Ménélok salua la princesse, qui s'en alla, entourée de sa garde, vers une aile adjacente à l'allée devant laquelle se tenait le roi du Maok.
Celui-ci attendit quelques secondes et admira les jardins du Palais : des haies merveilleuses, des buissons taillées à la perfection, des fontaines d'où coulaient de l'eau qui paraissait argentée au soleil, des fleurs de toutes les couleurs, toutes les tailles. Quel étonnement eût le roi lorsqu'il vit des animaux : flamands roses, chameaux, dromadaires et même des zèbres en train de brouter tranquillement à quelques mètres de lui.
C'est alors que la Sultane d'Alamut, Sherazade, sortit du Palais et se dirigea vers la délégation du Maok.

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Sherazade, Sultane d'Alamut :

Votre Majesté, messieurs, soyez les bienvenus sur la terre des Milles et Unes Nuits. Je suis ravie que nous puissions enfin ouvrir des relations diplomatiques, fructueuses, je n'en doute pas, entre nos deux pays.
Nous allons vous faire apporter à boire et à manger dans quelques instants. Je propose que nous fassions la rencontre ici-même, sous les portiques du palais, le temps est agréable.

Tous se dirigèrent vers de longs canapés moelleux et prirent place.

Oh ! Et, j'espère que la princesse ne vous a pas importuné ! Vous savez, il peut être intimidant de se retrouver face à un roi lorsqu'on n'a que 17 ans.

Pour commencer notre rencontre, peut-être pourriez-vous nous décrire un peu votre pays en quelques mots ? Son fonctionnement institutionnel, sa ligne idéologique ? Ses alliés et ennemis sur le globe ?
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Loin de s'ennuyer, que du contraire, Ménélok prit plaisir à la compagnie de la Princesse et, via l’interprète, lui transmit de nombreuses questions, heureux d'en apprendre plus sur la ville grâce à elle. Quand elle le laissa, il la rassura sur ce point et la salua aimablement, avant de la laisser aller, souriant. Il fut ainsi laissé seul, et étudia les jardins de la Sultane, constatant qu'ils étaient peuplés des animaux du pays, parfois sauvages, mais domestiqués pour l'occasion, qui tous paissaient paisiblement. Il échangeait quelques mots à ce propos avec un des membres de son escorte, quand arriva la Sultane elle-même, et il se tourna vers elle pour la saluer, la trouvant aussi resplendissante qu'on le lui avait dit. Il accepta volontiers sa proposition, et l'écouta en souriant, avant de répondre avec le même sourire.

Sa Majesté Ménélok IV : « N'ayez nulle craintes, Sultane Sherazade, votre fille ne m'a en rien importuné. Au contraire, ses explications sur votre capitale étaient très intéressantes, et sa compagnie agréable. Je me dois de vous féliciter pour elle, d'ailleurs, car c'est assurément une admirable héritière, surtout pour son âge qui, le plus tard possible je l'espère, saura je pense être à la hauteur de votre relève. Une chance pour l'Alamut, assurément, de voir son trône si bien assuré alors qu'il vient d'être restauré.

Sachez par ailleurs que c'est un plaisir pour moi d'être venu en Alamut et de pouvoir vous rencontrer ainsi face à face. Je serai heureux de répondre à vos questions, mais avant, comme il est d'usage au Maok, je voudrais vous présenter le présent que j'ai apporté pour vous, Majesté. »


Le monarque fit un geste de la main, et quatre de ses Amazones, ainsi que l'on surnommait les guerrières d'élite de l'armée maokorienne, s'avancèrent en portant un long coffre d'ébène magnifiquement sculptés de motifs orientaux – enfin, orientaux pour les maokoriens, locaux en Alamut, sans doute – qu'elles redressèrent puis que l'une d'entre elle ouvrit, révélant un grand miroir, ovale et magnifique, d'un verre parfait délicatement orné, sur le bord du verre, d'une bordure de verre coloré formant un long arc-en-ciel de multiples fois répétés. Le tout possédait un cadre en ivoire rose, un bois rare du Maok, sculpté de belles sirènes chantantes.

Sa Majesté Ménélok IV : « J'espère que ce modeste présent, cadeau des artisans du Maok continental et ultramarin, saura vous plaire, Sultane Sherazade, lui qui pourra se faire, je l'espère, le modeste reflet de votre beauté. »

Tandis que l'on laissait, si elle le voulait, la jeune femme observer son présent, ou qu'on le rangeait et le remettait à ses gens si elle en exprimait le souhait, le monarque maokorien poursuivit avec un de ces sourires lumineux qu'avaient ceux de son peuple.

Sa Majesté Ménélok IV : « Concernant votre question hé bien, elle est vaste ! Le Maok est un vieux royaume, âgé d'un peu plus d'un millénaire si on remonte au premier de mes ancêtres, fort de ses traditions et de son passé. Nos traditions les plus anciennes se sont mêlées au christianisme à l'époque coloniale, où mon royaume devint un Protectorat de la Principauté du Viertenstein, pour former, par un lent et merveilleux mélange, l'identité maokorienne moderne. Aujourd'hui, nous avons nos traditions et nos rites, et une identité tenant à la fois à notre passé et notre identité chrétienne, qui sont deux grands piliers de notre culture.

Au niveau historique, le Maok sort d'une longue période d'isolation politique volontaire, qui débuta avec la chute du Protectorat. Sans rentrer dans tous les détails, c'était l'époque de grandes agitations au Viertenstein, et certains des coloniaux, d’obédience républicaine, en profitèrent pour s'accaparer le pouvoir en proclamant la République de Maok et en faisant tuer le Roi d'alors et les siens. C'était mal connaître le Maok que de croire qu'il accepterait pour autant le joug : le peuple se souleva, et un cousin du précédent Roi fut couronné. Cet homme, qui était mon ancêtre direct, jeta à bas la République, restaura un Royaume souverain et s'isola du monde extérieur pour panser les plaies du Maok et reconstruire son identité.

Aujourd'hui, nous nous ouvrons donc, et largement ! Notre but est de diffuser la paix et la stabilité que nous avons la chance de connaître dans notre continent du Zanyane, si tristement touché par la guerre ces derniers temps, et, plus largement, à notre échelle, au simpomonde en général. Nous sommes chrétiens, avec des populations catholiques, majoritaires, orthodoxes, qui forment une minorité fort et protestantes, minorité faible, mais néanmoins nous ne sommes pas fermés aux peuples d'autres religions, comme le prouve par exemple notre rencontre ! Pour nous la religion ne doit pas être un dogme qui domine la diplomatie, au contraire celle-ci doit être ouverte pour permettre la diffusion de la paix.

Au niveau institutionnel hé bien nous sommes un royaume aux fondements traditionnels. Sur le plan formel, presque tous les pouvoirs émanent... hé bien de moi, même si dit ainsi ça semble horriblement immodeste ! Je suis néanmoins assisté par un gouvernement et un parlement, et l'église possède une grande liberté dans le royaume. Ce n'est pas moi qui lui dicte ses actes, pas plus qu'elle ne me dicte les miens, notre relation est plutôt faites d'aide et de conseils mutuels. En résumé nous sommes un royaume chrétien traditionnel, qui possède néanmoins bel et bien des institutions démocratiques qui permettent au monarque, c'est à dire qui me permettent, de connaître les avis et tendances de mon peuple.

Enfin nos alliés, hé bien, ils sont nombreux ! Nous avons de très nombreux traités et échanges d'ambassades, avec des pays de partout dans le monde ! Je pourrais vous citer par exemple des royaumes traditionnels, comme le Thorval, le Viertenstein, l'Hohenhoff ou encore le Tarnosia, mais aussi des républiques on ne peut plus républicaines, comme l'Aiglantine, l'Endo, la Sébaldie ou encore le Gowa, voir des modèles plus originaux, comme le Wa par exemple ! Des alliés aussi bien plutôt classés capitalistes, comme l'Océania, que plutôt proches du communisme, comme la Tchoconalie, votre voisin. Bref, nous sommes très larges, je ne vous ai cité à chaque fois que quelques uns des plus nombreux exemples, et nous pensons que tous méritent d'être approchés et de devenir des amis, de façon à ce que lorsque nous aurons des différents avec eux, nous puissions utiliser le dialogue et non la force.

Même si certaines nations, sans doute, ne doivent pas nous apprécier, actuellement nous n'avons pas d'ennemis déclarés, et, plaise à Dieu que cela continue, nous ne considérons aucun peuple comme notre ennemi. Les seuls avec qui nous ne pourrions traités seraient des peuples voulant détruire tous les chrétiens ou toute forme de royauté par exemple, et seraient donc incompatibles avec ce que nous sommes, en dehors de cela nous avons de nombreux alliés... parmi lesquels j'espère bientôt vous compter, vous et l'Alamut, car je trouve votre pays très intéressant sur tous les plans ! Ais-je répondu à vos questions, Sultane ? Et de votre côté, voudriez-vous à me présenter l'Alamut, son idéologie et ses alliés et ennemis, tels que vu par vos yeux ? »
luc57

Message par luc57 »

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=586162raniadejordania1.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/586162raniadejordania1.jpg[/img][/url][/center]

Sherazade, Sultane d'Alamut :

Nous vous remercions pour cette présentation, fort nécessaire !

En ce qui concerne l'Alamut, nos racines les plus profondes plongent dans l'Antiquité : Shariz, la ville dans laquelle nous nous trouvons actuellement, s'appelait alors Alamopolis et régentait un empire qui occupait la moitié du Barebjal. C'était un empire très puissant qui contrôlait les mers qui entouraient le continent, avait un commerce extrêmement florissant et une richesse culturelle dont nous avons hérité. Malheureusement, après quelques siècles d'imperium, il s'est effondré, et la période qui s'étend du Ie siècle jusqu'au VIIIe siècle est souvent appelée "l'âge obscur", à la production culturelle très faible et notre nation et même notre continent n'était plus que l'ombre de lui-même.

Les choses changèrent dès la moitié du VIIIe siècle : l'islam arriva et nos ancêtres s'y convertirent massivement. Nous commençâmes alors à renaître de nos cendres, petit à petit, et c'est au début du XIe siècle que mon ancêtre Shilam Al-Magar s'empara du pouvoir et devint le premier sultan d'Alamut : il entama un vaste programme de réformes, s'appuyant sur l'islam et sur l'agriculture, afin de constituer un état fort, centralisé et fonctionnel. La dynastie des Magarcides était ainsi fondée et dura jusqu'en 1923, date à laquelle mon arrière-grand-père fut déposé. Durant ces huit siècles, le Sultanat connut des hauts, des bas, des guerres, des trêves, mais il a constitué un héritage culturel que nous reconnaissons aujourd'hui et dont nous sommes les fiers porteurs.

En 1923, donc, une République fantoche s'installa, à la solde de différentes puissances occidentales qui voulurent exploiter les mines d'Alamut et plus tard son pétrole. Il fallu attendre les années 50 pour qu'elle s'effondre et laisse place à l'Etat Alamien, avec à sa tête le colonel Charaman Ben-Garsiv, alors très jeune -il n'avait que 22 ans si mes souvenirs sont bons- qui régna jusqu'à il y a quelques années. Son règne fut plutôt bénéfique pour l'Alamut, j'ai eu le plaisir de travailler dans ses cabinets lorsque j'ai débuté ma carrière. Le personnage peut être rebutant, sans doute, mais il a sorti des milliers d'Alamiens de la misère et a apporté paix et prospérité dans notre pays. Il fut cependant renversé par les Ayatollahs il y a quatre ans maintenant, qui instaurèrent une République Islamique, qui continua plus ou moins ses œuvres, en revendiquant néanmoins avec beaucoup plus de force notre incontestable héritage islamique chiite. Et comme vous le savez, j'ai remporté les élections présidentielles il y a quelques mois, renversant la République Islamique, que je pense effectivement... inadaptée à notre nation, et nous avons réinstauré le Sultanat, seul régime qui a fait la grandeur de l'Alamut.

A l'heure actuelle, nous tentons de mettre en place une réorganisation administrative et institutionnelle pour garantir à notre pays un système politique stable et solide. Notre diplomatie doit être, sans nous vanter, l'une des plus actives au monde et des plus efficaces : nous faisons en sorte de nous entendre avec tous, et de tisser des liens avec chaque nation. De la Sébaldie à la CESS en passant par le Kaiyuan et l'Aquanox. Cette position nous accorde beaucoup de crédit sur la scène internationale et nous a par exemple permis de nous imposer comme arbitre dans le conflit juvnien. A l'intérieur du pays, notre économie reste assez dirigée par l'Etat, nous reprenons un peu plus en main ce que les gouvernements précédents ont lâché, tout en garantissant à nos concitoyens le droit à la création d'entreprise. L'islam fait partie de notre ADN, et nous devons compter avec lui. Le gouvernement précédent donnait le pouvoir aux Ayatollahs : nous le leur avons retiré pour le concentrer entre les mains du Sultanat. Notre peuple ne doit pas être contraint en matière de foi, mais nous avons le devoir de faire en sorte qu'il ne tombe en aucun cas dans l'individualisme libéral ou la décadence libertaire, et c'est là qu'intervient notre tradition multimillénaire, qui ne peut que détruire toutes les tendances mortifères du monde actuel.
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Ménélok écouta avec une grande attention la présentation faite par la belle Sultane, et retransmise aussi fidèlement que possible par l’interprète. Il devait bien avouer qu'il connaissait peu de choses de l'histoire de l'Alamut, et il fut heureux d'avoir l'occasion de voir les grandes lignes de celles-ci tracées à son profit par Sherazade. Au fond, il ne pouvait regretter qu'une chose dans l'histoire de l'Alamut, à savoir qu'elle ne se soit pas ouvert au message du Christ plutôt qu'à l'Islam. Mais ce regret ne fut qu'intérieur, et ne paru pas sur son visage, qui resta attentif tout au long de l'explication fournie par la souveraine barebjalienne, avant de se fendre d'un large sourire, comme un soleil blanc dans sa face sombre, quand elle eut terminé.

Sa Majesté Ménélok IV : « Hé bien, je vous remercie pour cette présentation, Sultane Sherazade, complète et très intéressante. Je ne peux qu'approuver la forme que vous avez donné à votre pays, autant sur son ouverture diplomatique, assez proche en fait, je pense, de la ligne que j'espère dessiner à terme pour le Maok, permettant d'amener la paix et d'aider à résoudre les conflits extérieurs, quoique, jeune encore, notre diplomatie n'égale sans doute pas encore tout à fait la vôtre, que pour son organisation interne.

Je pense que vous avez raison à la fois de ne pas laisser la religion gouverner, car il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, tout en ne vous coupant pas de vos racines, qui sont, j'ai pu le voir dans votre exposé, aussi riches que profondes. Même si nos fois sont différentes, je trouve beaucoup de bien dans l'organisation de votre Sultanat et, quoique avec modestie, je ne peux que vous en féliciter. »


Cette ouverture avait confirmé chez Ménélok les bonnes dispositions qu'il possédait déjà au départ. L'Alamut, pays déjà très intéressant, lui semblait maintenant, avec son changement de régime, et cette remarquable femme à sa tête, être plus que jamais un partenaire de choix pour développer les relations du Maok avec le Barebjal dont il était si proche. Puisqu'il était l'invité, il ne poussa pas plus loin, laissant Sherazade rebondir de la façon qui lui plairait, soit en poursuivant la discussion, soit en entament les négociations, soit encore, peut-être, d'une autre manière.
luc57

Message par luc57 »

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=586162raniadejordania1.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/586162raniadejordania1.jpg[/img][/url][/center]

Sherazade, Sultane d'Alamut :

Alors je vous propose que nous entrions maintenant dans la vif du sujet, sans plus attendre.

Le premier volet que nous abordons en temps de rencontre est une formalité à vrai dire, ce que nous appelons un TAD (Traité d'Amitié Durable), que nous déclinons comme suit.

[quote]-Signature d'un traité de reconnaissance mutuelle des frontières.
-Le Royaume du Maok ouvrira à ses frais une ambassade au Sultanat d'Alamut.
-Le Sultanat d'Alamut ouvrira à ses frais une ambassade au Royaume du Maok.
-Signature d'un Pacte de Non-Agression (PNA).[/quote]
Alwine

Message par Alwine »

[center][img]http://img110.xooimage.com/files/b/d/0/___d9e04b52285a89...4c1cc8a7-4c776c9.jpg[/img]

Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Visiblement, la belle Sultane d'Alamut était du genre à entrer rapidement dans le vif du sujet, et à traiter elle-même sa diplomatie. Cela ne dérangeait pas spécialement Ménélok, toutefois, qui savait s'adapter à tous les styles, et n'était pas contre un peu de dynamisme. Il l'écouta donc, et sourit quand vint le temps pour lui de répondre.

Sa Majesté Ménélok IV : « Comme vous le dites, Sultane, il s'agit-là d'une formalité, en effet. Ce n'est sans doute pas la façon dont mes diplomates arrangent ce genre se traité d'ordinaire, mais le contenu en est le même, et je serai heureux de l'approuver. Je pense qu'un tel accord est la base de toute relation, après tout, et en venant ici je le considérais déjà signé d'office, lui ou un équivalent ! Nous pouvons donc passez à la suite, je pense. Puisque vous avez l'air d'avoir une organisation précise en tête, je vous laisse l'honneur de dévoiler le volet suivant. »
luc57

Message par luc57 »

[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=586162raniadejordania1.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/586162raniadejordania1.jpg[/img][/url][/center]

Sherazade, Sultane d'Alamut :

Je suis contente que nous puissions débuter sur d'excellentes bases.
En effet, nous avons une organisation précise, assez classique finalement, mais qui permet de mener des rencontres diplomatiques claires et structurées.

Le prochain volet est le volet économique.

Comme vous le savez, l'Alamut est en passe de devenir l'un des premiers fournisseurs de pétrole mondial. Nous serons en haut du podium d'ici quelques années, à n'en pas douter. Nos productions de pétrole et de gaz à bon prix peuvent s'avérer très utiles pour un pays comme le Royaume du Maok, en plein développement économique.

A côté de l'or noir, nous tenons aussi une industrie légère extrêmement performante, avec laquelle nous produisons notamment des composants pour l'industrie automobile, de l'électroménager mais aussi des composants électroniques ; nos ODM commencent à se développer à l'international et sont très prometteuses. Nous développons de même l'industrie pharmaceutique et chimique, et nous pouvons à ce sujet discuter de partenariat niveau Recherche&Développement, afin de conquérir de nouveaux marchés avec des produits de haute qualité.

Sur l'agriculture, enfin, il n'échappera à personne ici que nos pays ne produisent pas les mêmes denrées agricoles et donc, il est possible de les échanger afin de varier les produits sur les étals de nos magasins.
Alwine

Message par Alwine »

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Ménélok écouta attentivement, cette fois encore, son interlocutrice, mais eut une petite grimace en l'entendant parler, pas contrariée, ni déçue, plutôt un peu désolé. Néanmoins ce n'était pas pour lui qu'il l'était, comme il l'expliqua en reprenant la parole.

Sa Majesté Ménélok IV : « Surtout ne le prenez pas en mal, et n'allez pas croire que je n'ai pas la volonté d'échanger avec vous, mais le Maok n'est pas intéressé ni par le pétrole et le gaz, dont nous disposons richement dans notre propre sous-sol et que nous n'exploitons pas par choix – ce n'est donc pas pour en faire venir de l'extérieur – ni par les voitures ou l’électro-ménagé, qui, pour vous avouer la simple vérité, ne sont pas des produits que désirent acquérir mes sujets à l'heure actuelle. Le Maok a en lui le désir de se tourner vers d'autres voies.

Je suis par contre intéressé par la question des industries pharmacologiques, pourriez-vous m'en dire plus ? De quoi est-il question, exactement ? Sans tomber dans le piège de la dépendance aux substances chimiques, le Maok serait heureux d'augmenter la qualité de ses soins dans certains domaines, et si l'Alamut peut proposer certains partenariats dans ce domaine, c'est avec joie que j'en écouterai les propositions, et que les universités du Maok contribueront à cet effort. C'est là l'un des grands points que je souhaite améliorer au cours de mon règne.

Concernant les denrées alimentaires, en effet, il est évident qu'en dépit de leur proximité nos deux pays produisent sans doute des choses très différentes ! Je serai ravis de conclure des accords d'échange de nourriture, et peut-être aussi d'épices et d'alcools spécifiques à nos deux contrées, si cela est possible ? Mon peuple c'est montré curieux de découvrir les produits du reste du monde et le sera sans doute d'autant plus venant d'un pays du Barebjal, ce continent qui pour nous a tout à la fois l'aura du mystère et de la proximité.

Et du côté de l'Alamut, auriez-vous certains besoins, en bois par exemple, ou autres, d'ailleurs ? Si tel est le cas, n'hésitez pas à m'en faire part, quoique je comprendrai aussi aisément que, grâce à tous vos partenaires, vous n'aillez pas ce genre de besoins. »
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