Visite de Ménélok IV à la Nativité

Zaldora

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[justify]L'entrain, la vivacité et l'ardeur que montra Ménélok IV n'étonna pas Sa Majesté qui après deux heures d'entretien ne s'attendait à rien de moins ! La conversation prit ensuite et, assez soudainement, un sentier plus tortueux car... Annabelle ne s'était pas penchée sur les élections au Wa et ses connaissances sur la question s'arrêtaient aux quelques faits que son Conseil lui avait transmis. Elle marchait sur des œufs mais ne perdit point son assurance, pour autant.

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« Hmmm... Votre action en faveur du parti monarchiste a été très généreuse et vous lui avez permit d'exister au sein du capharnaüm. Vous l'avez, j'imagine, également assainit et libéré de ses relations avec le grand banditisme wapongais ? Étant donné l'instabilité éternelle du pays, la restauration d'une royauté s'imposait. Par la stabilité, la continuité et le visage rassurant qu'incarnera le roi, ses sujets ne peuvent que reprendre espoir. Et si par ailleurs cela signifie combat contre la pauvreté et instauration de principes sains, ils peuvent s'attendre à des lendemains meilleurs. Nous applaudissons déjà un bel accomplissement qui en appelle d'autres. Mais il me semble, et ce n'est pas une critique envers vous mais un constat, que les vainqueurs ont été écartés du gouvernement. Collectivistes ou non, est-ce juste ? Les bases sont fragiles. »[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Le Roi écouta avec attention l'avis royal qu'il avait demandé lui être exposé par Annabelle II. En l'écoutant, il aurait été difficile d'imaginer qu'elle n'avait pas plus que ça suivit la sujet dont il parlait. Il l'écouta avec attention jusqu'au bout, avant de lui répondre.

Sa Majesté Ménélok IV : « J'espère, dans toute la mesure du possible, avoir réussi à rendre les monarchistes plus sains au passage oui, même si je ne puis garantir que tous les liens aient été coupés... aucun des hommes et des femmes que le Maok a directement soutenu, en tous cas, n'entretenait de tels liens, et j'espère qu'ils sauront peser dans la balance pour assainir les dernières traces d'ombre qui subsisteraient. De toute façon, je suis persuadé que s'il en reste des traces la monarchie, une fois installée, saura les faire disparaître.

Pour ce qui est du SSP, hé bien... sont-ils vainqueurs ? Sur papier, oui, sans doute. Mais c'est pour cela notamment que le Maok a du mal à faire confiance à la démocratie : le résultat d'un moment, l'envie d'un jour de citoyens qui, comme c'est le cas ici, peuvent être conduit par des manipulations, des promesses sans lendemain et, pire, la peur des armes, la peur des innombrables troupes armées que le SSP a déployé dans les rues pendant la campagne et surtout les jours avant l'élection, ces résultats donc, sont sensé décider du destin du pays pour des années...

Je ne crois personnellement pas que les votants de districts envahis par l'armée rouge aient eut beaucoup le choix de voter en leur âme et conscience, vu que leurs votes se sont faits sous le regard de soldats qui avaient, quelques jours plutôt, violenté et brutalisé tous les militants politiques qui ne pensaient pas comme eux... dans ces conditions, où est la justice ? Serait-il juste que ceux qui se reposent sur le pouvoir des armes pour maintenir leur pouvoir, qui déclarent vouloir instaurer une république rouge dans le sang, soient au pouvoir ? Au Maok, mes ancêtres ont depuis longtemps tranché cette question...

Néanmoins, au-delà de cela, le Maok n'a rien contre les idées communistes en tant que telles, du moins pas contre certaines. Les idées de l'économie comme nous la voyons, avec ses guildes notamment, n'est pas incompatible avec le collectivisme, il me semble. Nous avons veillé à impulser cela dans l'action des monarchistes, mais la seule réponse du SSP fut d'attaquer Lokfol, leur capitale, où ils ont molestés les partisans royaux, et auraient sans doute fait pire à la famille royale s'ils l'avaient trouvé. Malgré cela, nous avons incité avec succès les monarchistes à tendre la main au SSP au lendemain des élections... ils furent ignorés.

J'ajouterai encore que le SSP a montré ce qu'il pouvait faire au Royaume de Wa pendant qu'il a eu le pouvoir : misère, agitation sociale, dette énorme envers le reste du monde, famine, fuite des citoyens vers d'autres pays... devait-il, soutenu par la violence financée par les états les plus extrémistes du monde communiste, retrouver le pouvoir ? De plus, la coalition qui s'est montée, en plus d'être plus juste, puisqu'elle pose les premières pierres d'une juste réhabilitation royale, réunis plus d'un citoyen sur deux, alors que le SSP n'en fédère qu'un sur trois... de ce fait, je pense que leur légitimité est réelle, même s'il leur faudra être vigilant, non pas tant face au SSP que face à certaines influences étrangères voulant les pousser dans la guerre... »


Ce ne fut qu'en sentant, à nouveau, la sécheresse dans sa gorge, que le Roi de Maok se rendit compte qu'il avait autant parler. Il ne pu s'empêcher d'esquisser une grimace, suivit d'un sourire d'excuse.

Sa Majesté Ménélok IV : « Excusez-moi, Reine Annabelle, je crois que je me suis une fois encore laissé emporté... je crains d'avoir parfois trop de fougue, particulièrement lorsque je discute de manière ouverte et ne me sens pas tenu par les chaînes du protocole. Je vous avouerai aussi que la restauration d'une monarchie de plus dans le monde, arrivée, elle, sans violence aucune, me remplis d'espoir et d'enthousiasme pour toutes les autres républiques du monde, qui pourraient, un jour, être ramenées dans le juste chemin de la monarchie. »
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Son interlocuteur semblait maitriser la campagne législative dans ses moindres détails et il ne lui fallut guère de temps pour faire apparaitre les lacunes de Sa Majesté à ce propos, même si cela n'était pas son intention. Elle découvrait à l'instant la grande molestation organisée par le SSP à l'égard de ses adversaires politiques, y compris les royalistes, ainsi que la main tendue de ceux-ci aux premiers, ignorée. Il fallait embrayer sans transition ou montrer patte blanche.

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« Je ne suis pas moins sceptique vis-à-vis de la démocratie, surtout quand elle est représentative, nationale et otage de la particratie. Je la trouve davantage dynamique, honnête et légitime à l'échelon local, participative et débarrassée des machines de guerre partisanes. Le modèle que nous avons installé dans nos villages et nos cités, en somme. Concernant le royaume de Wa, vous en savez au combien plus, certains des faits que vous me rapportez m'étaient inconnus. Votre point-de-vue se tient. »

La reine continuait à trouver absurde, en général, qu'un camps munit de 49,5% des voix puisse théoriquement se retrouver dans l'opposition si tous ses adversaires se liguaient contre lui. Mais elle n'insista pas et se rangea.[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Le but de Ménélok IV n'était bien entendu certainement pas de mettre en avant une quelconque lacune chez Annabelle II, ni d'ailleurs de lui imposer son point de vue, il s'était simplement contenté de l'exposer, avec passion certes. Il écouta d'ailleurs avec attention la réponse de la Reine, notamment son point de vue sur la diplomatie.

Sa Majesté Ménélok IV : « Je pense que nos visions de la démocratie se rapprochent, en effet. Au Maok, il existe un échelon national dit « démocratique », qui compose la moitié de notre parlement, mais ces élections ne se font pas via l'appareil d'un parti, les candidats étant élus directement, sans adhérer à aucune organisation de ce genre, mais sur leurs seuls mérites et idées. Cela permet d'avoir un échantillon larges de personnes de toutes sortes aptes à me fournir un avis sinon représentatif du moins varié. Néanmoins, au niveau local, où chacun peut participer véritablement, elle est en effet un bien meilleur outil.

Pour ce qui est du Wa, s'il est vrai que je connais sans doute mieux le dossier de ces élections, étant donné que j'ai suivit les événements de prêts via les rapports de mes gens envoyés au Royaume de Wa, je suis néanmoins heureux d'avoir pu avoir votre avis. Soyez certaine que j'en tiendrai compte dans le futur. En tous cas, j'espère que cet espoir royal pourra se concrétiser, et que, si jamais des élections devaient encore avoir lieu sous son sceptre, les bienfaits de la royauté auront été tels que tous ne puissent que la plébisciter. »


Une nouvelle fois, le Roi marqua une pause. Il ne savait pas s'il avait bien fait d'apporter ce sujet sur lequel son hôtesse était visiblement peu renseignée au préalable, mais il ne regrettait pas d'avoir eu l'avis de la jeune femme sur la question. Il bu une nouvelle gorgée d'eau, laissant le soin à Annabelle II de relancer la discussion si elle le voulait sur un sujet qui l'intéresserait peut-être plus, ou sur lequel elle se sentirait plus à l'aise.
Zaldora

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« Bien. Je voudrais maintenant aiguiller nos échanges vers le Saint-Empire. La Couronne impériale, continuateur de l'Empire d'Occident, sombre dans la crise après avoir connu un fabuleux essor jusqu'aux portes de la Superpuissance. Notre entente était bonne, avant de se dégrader au fur et à mesure à cause de désaccords et de différents philosophiques. L'éloignement atteignit son paroxysme lorsque nous refusâmes, avec d'autres monarchies catholiques, de reconnaitre au Saint-Empereur sa qualité de chef temporel de la Chrétienté, ainsi que la supériorité de sa couronne sur les nôtres. Cela engendra d'importantes frictions et força le Saint-Empire à se réformer. Nous lui reprochions de confondre ses devoirs impériaux avec le nationalisme schlessois et d'user de son aura pour étendre le Schlessien dans toutes les directions et en particulier sur des terres nordiques. Encore davantage que cela, nous regrettions qu'il n'incarne plus cette autorité morale respectable de laquelle s'inspirerait la Chrétienté dans son immensité... Comment peut-on, par exemple, respecter une Couronne qui choit ses groupes industriels et bancaires, sans faire grand cas de la condition des plus humbles parmi ses sujets ? Comment y voir un modèle chrétien ? Le Saint Empire ne remplissait pas son rôle, mais avait cela dit des qualités appréciables telles que sa fidélité indéfectible à l'encontre du Saint-Père, sa Foi, et son zèle pour défendre le monde chrétien contre ceux qui aimeraient le voir disparaitre. Nous lui rendons ainsi justice mais ne pouvons excuser le reste. Nous ne sommes pas tendre envers la grande île. Peut-être avez vous, grâce à votre isolement et votre neutralité, une opinion moins négative et plus modérée ? Peut-être voyez-vous ce remue-ménage sous un angle différent ? »[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

À son tour, la Reine s'engagea dans un sujet très différent du précédent : le Saint-Empire. Le Roi l'écouta avec attention, car c'était un sujet sur lequel il avait relativement peu de lumière, comme la plupart de ceux qui prenaient place avant l'ouverture de son Royaume, mais ses conseillers l'avaient bien entendu tenu informé sur le sujet, car il s'agissait après tout d'un sujet qui intéressait forcément un Roi Catholique. Quand Annabelle II fini, en lui demandant son propre avis, il prit quelques instants de réflexion avant de répondre.

Sa Majesté Ménélok IV : « Hé bien, comme vous l'avez dit, l'Empire fit surtout parler de lui, à l'époque contemporaine, alors que le Maok était plongé dans l'isolement. Mes informations furent donc parcellaires, car nous ne suivions la situation que de très loin. D'après certains de nos historiens, on peut considérer que le Maok fut un temps une colonie impériale, car lors des premiers contacts suivants entre le Viertenstein et le Maok, la Principauté faisait encore partie de l'Empire, mais en dehors de ce qui est pour moi un pur sophisme, ma terre n'eut jamais de relation avec la couronne impériale.

Des échos que j'ai pu avoir, je ne peux que dire que je trouve dommage que le Saint-Empire ait fini par se voir non comme le fédérateur de la chrétienté mais comme une puissance territoriale parmi d'autres cherchant le vasselage d'autres nations. Quand mes précepteurs ecclésiastiques me parlaient de ce que devait être le Saint-Empire idéal, ils évoquaient un grand état qui dirigeait les efforts chrétiens, le premier d'entre les Lieutenants du Christ, un exemple de vertu inspirant les autres monarques. Mais l'image que m'en ont retracé mes conseillers fut bien différentes.

De ce que j'ai compris, l'Impératrice se voyait plutôt comme la Capitaine de la Chrétienté, destinée à commander aux restes des chrétiens, et se préoccupant non d'une union spirituelle mais d'une sorte de... d'empire de la chrétienté ? De plus, de ce qu'on m'a rapporté toujours, l'Empire, pourtant doté de bases anciennes et solides, mettait sa noblesse à vendre, et la cour impériale, plutôt que d'être un sain exemple de piété et de sobriété, était un lieu doré, plein de courtisans, où le souverain ne pouvait être atteint que par les puissants et les glorieux du monde.

Au final, je n'ai donc pas eu, depuis mon royaume alors fort isolé, de très bons échos du Trône Impérial, mais cet écho était peut-être déformé... je pense en tous cas qu'il n'est pas bon qu'un monarque cherche, par son orgueil, à faire plier le genou à tous les autres. Il aurait été plus juste, plus digne de la foi, que le Saint-Empire se présente comme une bannière pour rassembler les rois chrétiens, si vraiment elle voulait défendre la chrétienté, plutôt que de vouloir les dominer, que de vouloir étendre son territoire temporelle.

Qu'importait le territoire ? La force du Saint-Empire aurait dû rester son aura morale. Mais, encore une fois, mon point de vue manque de la précision qu'aurait pu avoir un témoin plus direct. Dans tous les cas, le Royaume de Maok n'aurait jamais accepter de plier genou comme un vassal territorial du Saint-Empire, non par fierté, mais par respect envers son peuple. »


Ménélok IV s'interrompit et, suivant sa bonne habitude, but une gorgée d'eau pour éviter de trop assécher sa gorge. Il avait livrer son point de vue avec passion, parfois, avec sincérité, toujours. Il ignorait si la souveraine voulait simplement son avis ou si elle avait plus en tête, mais dans tous les cas, il était résolut, au cours de cette rencontre, à parler avec le cœur, en toute franchise, pour établir, il l'espérait, une seine relation entre les deux monarchies.
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]Le temps s'écoula et les deux monarques discutèrent jusqu'à none. Au dehors, la délégation Maokorienne arrivait et allait incessamment sous peu être conduite vers la Salle du Souper, pièce au sein de laquelle la famille royale prenait ses repas. Avant de quitter le Grand Salon, Annabelle et son invité s'arrêtèrent quelques instants devant la crèche de Noël du Château. Une étable ouverte, à colombages et avec du véritable chaume sur le toit, typique de l'architecture paysanne locale. En bois peint, on y apercevait Marie et Joseph accompagnés d'un âne et d'un bœuf, ainsi que d'une demi douzaine de poules. Parmi les autres personnages figuraient des bergers avec leurs agneaux, un ange et un individu que le roi ne devait pas connaitre, il s'agissait de St Hyacinth, l'Apôtre du Nord, qui vécu au Ve siècle et qui évangélisa les Thorvalois. Une étoile trônait au sommet de la crèche, tandis que la mangeoire restait vide car « l'Enfant Jésus devait naitre. » La reine attira ensuite Ménélok vers un endroit du salon ou se trouvaient les Rois Mages accompagnés de dromadaires que l'on faisaient avancer un peu chaque jour vers l'étable. La reine expliqua qu'installer une crèche était, en ces contrées, une tradition majeure au moment de la Nativité et que l'arbre de Noël n'avait été introduit que récemment, en 1900, à la cour de Thomas IX mais sans jamais se rependre au sein de la société, d’où l'absence de sapin décoré. Elle poursuivit en rappelant que la coutume d'offrir des cadeaux se réalisait davantage à la Saint Nicolas (6 décembre) et à l’Épiphanie (6 janvier), en même temps que l'on mange le gâteau des rois, qu'au 25 décembre.

Arrivant dans la Salle du Souper, le monarque zanyanais retrouva sa délégation, alors que la reine présenta le prince consort Erik à ses invités: un homme grand, ténébreux et barbu. Parfois grossier, il affichait souvent un air revêche et dur. Les seigneurs le craignaient pour la plupart. Le peuple non, devant lequel il se montrait plus affable. On s'assura a ce qu'il fasse de même aujourd'hui et ne reproduise pas la très mauvaise impression laissée près le roi du Perlian. Le Prince salua donc les Maokoriens armé de la plus respectueuse courtoisie, avec un effort supplémentaire au devant de Ménélok IV. On récita le bénédicité et prit place à table. Le repas allait être maigre, comme annoncé : soupe de chou frisé assortis de quelques autres légumes de base, sans lard. Il ne manquait finalement que les enfants royaux qui s'étaient repus vers 12h30 d'un repas plus consistant, dispensés du jeûne du fait de leurs tendres ages.[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

La discussion avec la Reine Très Chrétienne était variée, mais uniformément intéressante, par moment même passionnante, de sorte que Ménélok IV ne s’aperçut qu'à peine du passage du temps, et fut surpris quand finalement vint le moment de mettre fin à l'échange. Quand les deux souverains se levèrent, ils prirent le temps d'aller observer la crèche mise en place, qui ravis le Roi de Maok par son sens du détail, visiblement réalisé avec soin, et par la piété qui se dégageait de l'ensemble. Il fut également ravis par le détail que représentaient les Rois Mages, avancés avec soin chaque jour jusqu'à atteindre leur destination. Cela montrait à ses yeux le grand attachement du Thorval, jusqu'à sa famille royale, aux détails du récit de la naissance du Christ. Visiblement, la crèche n'était pas pour eux qu'un simple élément décoratif qu'on installait sans plus y penser, mais au contraire une chose que l'on considérait avec attention, et où on s'attardait avec un certain soin – bien sûr, il pouvait se tromper, mais telle fut son impression.

Lorsque Annabelle II expliqua la question relative aux sapins de Noël, le monarque maokorien répondit en expliquant la situation de son pays. Si, à l'origine, les colons majoritairement germaniques, et même plus précisément alémaniques, avaient introduit également cette coutume au Maok, elle s'était peu à peu perdue, en grande partie parce que les arbres indigènes du Maok, bien qu'ils soient nombreux et entourés de bien des soins, n'étaient pas vraiment, par contre, pratiques pour faire des arbres de fêtes. Au contraire, leur bois se prêtait bien à la réalisation des crèches et de leurs occupants, ce qui expliquait mieux qu'une particularité culturelle, guère pertinente au Maok où la foi chrétienne, pour être vivace, était relativement récente à l'échelle d'autres nations, le fait que la tradition de la crèche était suivie partout dans le Royaume, cohabitant dans certaines régions, plutôt réduites, avec des arbres décorés.

Après quelques autres mots échangés, notamment sur le volet des cadeaux, le duo royal se rendit dans la Salle du Souper, où les membres-clés de sa délégation attendaient Ménélok IV. Il lui fut également présenté le Prince Consort de Thorval qui, en dépit de son air un peu revêche, fit preuve d'une parfaite courtoisie, que lui rendit bien entendu chacun des membres de la délégation, de même que le Roi lui-même, bien entendu, qui se permit toutefois un grand sourire qui n'était peut-être pas très protocolaire, mais qui traduisait bien son plaisir de rencontrer le Prince Consort. On dit ensuite le bénédicité, puis tous se mirent à table, devant un repas qui se voulait frugal, pour le dernier jour de l'Avent. Néanmoins, il était bon, et semblait assez exotique aux maokoriens, peu habitués à la plupart des légumes proposés, ce qui lui ajoutait un plaisir supplémentaire. Chacun mangea légèrement, mais avec un certain appétit.

La conversation des maokoriens fut polie, tous s'exprimant avec clarté en latin, comme il était de coutume au Maok, particulièrement pour les personnages de haut rang, et se montraient polis, la plupart laissant clairement voir leur plaisir d'être là. La délégation donna brièvement de ses nouvelles au Roi, et l'assura du confort des appartements prévus pour lui, point sur lequel le monarque répondit qu'il n'avait jamais eu aucun doute, puis la conversation se fit plus ordinaire, les maokoriens s’enquérant notamment de savoir si les coutumes étaient les mêmes au Thorval que chez eux pour ce qui concernait la messe de Noël qui, au Maok, durait souvent jusque tard dans la nuit après l'entrée dans la journée de Noël proprement dite, mais suivant aussi, plus généralement, les tendances de la conversation à la table royale.
Zaldora

Message par Zaldora »

[justify]La reine trempait le pain dans sa soupe lorsque Ménélok voulut des précisions sur la messe. Elle répondit que la durée de l'office dépendait de la paroisse, du jour de célébration et de la période liturgique. La messe de la Nativité était évidemment plus longue, célébrée à minuit précise, et d'une durée d'au moins deux heures. Les assiettes se vidèrent rapidement, au bout d'une dizaine de minutes, et on resta devant la table, à discuter de sujets légers jusqu'à 17h50 ou il fallut partir vers l'église de la Trinité à Tolne le bourg pour l'Emmanuel. Celui-ci se situait à moins d'un kilomètre du château et c'est pourquoi on décida, progéniture royale comprise, de s'y rendre à pied par les chemins de campagne, malgré le froid.

L'église de la Trinité était une grande chapelle romane, construite au XIIIe siècle. De nos jours, elle n'avait pas changé, si ce n'est agrandit au fil des siècles. Les invités Maokoriens purent remarquer que la notion de bourg ne revêtait au Thorval pas de connotation demi-urbaine mais désignait plutôt un gros village, éminemment rural, avec une place de marché ou les paysans des alentours pouvaient vendre leur surplus. Les paroissiens de Tolne se montrèrent plus joyeux que surpris de la présence royale dans la mesure ou la reine et ses proches s'y rendaient habituellement pour les fêtes. Les dimanches ordinaires et jours de semaine, ils assistaient à la messe que célébrait le chapelain royal à la chapelle du château. L'intérieur de l'église de la Trinité était doté de beaux meubles liturgiques car on ne croyait pas que la forme s'opposait au fond, les belles églises rendaient gloire à Dieu. La lumière des cierges et le silence donnaient un air mystique à l'espace sacré.

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Beaucoup de ferveur et de dévotion durant la cérémonie, les femmes portaient une mantille sur la tête, toute sans exception. La messe se déroula d'après le rite tridentin et, ne connaissant pas les pratiques de l'Église au Maok, Annabelle espéra que ses invités n'en furent ni surpris ni dépaysés. On patienta ensuite un certain temps dans le bourg, pas très long, au milieu des petits gens, car la Sainte Couronne allait justement être exposée, à la vénération du peuple.

On ré-entra, tous ensemble, et elle était ici, la relique si sacrée, si vénérée et plus importante que tout l'or du Vicaskaran, tout le pétrole du Barebjal. En sa présence, l'assemblée se sentit transportée, plus riche et plus heureuse que n'importe qui sur terre. Comme un seul homme, on tomba en vénération, à genoux.[/justify]
Alwine

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Sa Majesté Ménélok IV, Roi de Maok.[/center]

Après que la question du Roi eut trouvé sa réponse, le repas se poursuivit, puis, une fois terminée, la conversation se prolongea sur un ton et des sujets légers, en attendant l'heure d'aller à la messe. La table royale, loin des prétentions et des dorures que l'on prêtait souvent aux palais almérans dans les histoires maokoriennes, laissa d'ailleurs une très bonne impression aux membres de la délégation du Maok. Une autre chose qui fit impression sur Ménélok IV, lorsque vint le moment de se mettre en route et que, comme le reste de sa délégation, il eut retrouver de quoi se couvrir, qui avec des fourrures, qui avait de lourds mentaux, autant d'objets bien nécessaires aux maokoriens pour résister au froid, même s'ils endurèrent tous la température sans se plaindre le moins du monde puisque c'était pour se rendre à la messe du Seigneur, ce qui lui fit impression donc, ce fut la nombreuse progéniture de la Reine, pour laquelle il lui fit d'ailleurs compliment. Pour le monarque encore sans enfants, voir autant de royales petites têtes réchauffait le cœur.

Mais la délégation n'était pas au bout de ses impressions positives pour autant, puisque, après la marche de moins d'un kilomètre, où ils endurèrent le froid sans protester, ils arrivèrent à l'Église de la Trinité, un édifice qui leur plu par sa forme générale, mais qui leur sembla assez exotique également. S'il y avait bien des églises de style alméran au Maok, puisque la foi y avait été amenée par des almérans, il n'y avait bien entendu aucun édifice aussi ancien que celui-ci. La population du bourg, qui semblait être un gros village, dont les habitants furent joyeux de partager la messe avec le groupe venu du palais royal. Cette simplicité encore une fois – des paysans heureux de voir leur souveraine et ses invités se joindre à eux, plutôt que surpris ou intimidés par cette présence, preuve que celle-ci leur semblait juste et naturelle – ne pu que plaire aux maokoriens, qui découvrirent également avec un ravissement pieux l'intérieur de l'église, respirant la richesse et l'ancienneté tout en restant un cadre pieu, indubitablement sacré.

L’isolationnisme du Maok faisait qu'on y introduisait rarement des réformes quelconque, et quand c'était le cas elles étaient très difficiles à faire prendre, du moins sur des sujets aussi fondamentaux que la foi. La messe y était donc encore souvent dite en latin, selon le rite ancien amené à l'origine, et seule le sermon, pratique bien enracinée, surtout dans les campagnes, se donnait en langue vulgaire, particulièrement quand le curé savait que l'assistance ne comprenait pas le latin. Si en quelques occasions spéciales telle ou telle célébration pouvait se faire en langue vulgaire, la majorité du temps, tel n'était pas le cas, d'autant plus pour les messes données au Palais Royal, dont nombre d'habitants comprenaient la langue sacrée. De fait, la délégation ne fut pas perdue dans la messe, quoiqu'il leur sembla que les usages du Thorval aient quelque chose d'un peu plus formel, d'un peu plus sacré peut-être, mais cela était peut-être dû au caractère tout spécial de cette messe-ci, ou encore au dépaysement qu'ils connaissaient.

Le groupe de maokorien montra d'ailleurs une grande ferveur et une grande piété, et le fait de sentir tout autour d'eux cette même ferveur, plus que tout le reste, permis aux membres du groupe de ne pas être dépaysé, et de pouvoir communier dans toute la paix apportée par le Christ. Ménélok IV ne se montra pas moins pieux que ses concitoyens, au contraire, montrant une ferveur toute spéciale dans la prière alors qu'il était si loin de son peuple, priant avec une faveur toute spéciale pour ses gens, restés au pays, et qui pour la première fois depuis bien longtemps passeraient Noël sans la présence de leur souverain. Il était certain pourtant que tout se passerait bien pour eux, et se sentait unis à son peuple et à ses gens dans la prière commune, dans la célébration, comme il se sentait unis au reste de la chrétienté en cette nuit si spéciale de Noël, où tous les croyants à travers le monde s'unissaient dans la prière pour célébrer la naissance de Jésus Christ, leur Sauveur. C'était là quelque chose qu'il avait toujours ressenti mais qui, aujourd'hui, alors qu'il était séparé de ses gens par de nombreux kilomètres, prenait une valeur toute spéciale.

Quand il fallu sortir, et qu'on annonça que bientôt l'on pourrait contempler la Sainte Couronne, les maokoriens, cette fois, sentirent à peine le froid, soutenus qu'ils étaient par la ferveur religieuse qui s'emparait d'eux à cette annonce. C'est sans orgueil que le Roi et les siens côtoyèrent le petit peuple, le monarque montrant au contraire sa joie à tous, car tous, souverains ou mendiants, étaient égaux devant l'amour du Christ. Et quand on pu rentrer à nouveau, tous tombèrent à genoux, les enfants du Maok à l'unisson avec ceux du Thorval, dans l'adoration de la sainte relique. Tous et toutes étaient unis dans l'adoration de la Couronne, et une fois encore Ménélok IV, peut-être plus qu'aucun de ses gens, fit preuve d'une piété toute spéciale, et tourna ses prières non vers lui-même, mais vers son peuple, espérant transmettre, au travers de son adoration, la ferveur et l'amour des maokoriens, du plus petit au plus grand, de tous ceux qui n'avaient pu venir adorer la Sainte Couronne mais qui, de tout leur cœur, avait prié pour que leur Roi puisse transmettre leur vénération. C'est chargé des prières, de l'amour de tous ces gens, qu'il se prosternait humblement devant la relique de la Passion du Christ, en cette veille de Noël, et priait le Seigneur de leur accordé son amour et sa grâce.

Même si leur Roi était sans doute le plus pieu, le plus profond dans son adoration, tous les membres de la délégation se sentirent eux-mêmes gratifiés d'une chance et d'une grâce unique de pouvoir adorer la sainte relique, et, unis à leurs frères et sœurs dans le Christ du Thorval, adorèrent la Sainte Couronne, aussi longtemps qu'on le leur permis, ne prenant plus garde ni au froid ni à rien d'autres, tout entiers habités par la ferveur de leur foi.
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