[i21] - île Unawi

Sébaldie

Message par Sébaldie »

[center]Maheli Rozael
Vieille fille filante

[img]http://nsm08.casimages.com/img/2015/07/23//15072304463519486813464453.png[/img][/center]
        • [justify]Profitant de la déstabilisation du Che par l’Empire d’Hokkaido, Maheli Rozael avait le choix de venir se réfugier, elle et ses bijoux, sur l’île d’Unawi. Ces joailleries étaient les bébés qu’elle n’avait jamais eus et elle ne donnerait rien au monde pour s’en séparer, pas même le plus beau des maris. Pourtant, c’était bien un mari qu’elle recherchait sur cette île. Elle craignait moins la réplique des autorités chenéennes que la peste levantine.

          À 61 ans, Maheli Rozael avait déjà roulé sa bosse et avant ça, elle roulait sa bille sur la roulette de luxe d’un des casinos les plus prisés du Pays de Che, le Casino Mabi. Simple croupière en 1988, à l’âge de 20 ans, et dotée d’une éthique en apparence irréprochable, elle a toujours refusé les avances de clients – masculins pour la quasi-totalité d’entre eux – qui la désiraient moins pour sa personne que pour son statut et son pouvoir de truquer les jeux. « Les jeux sont faits, rien ne va plus » répétait-elle à l’envi après avoir empoché un billet de 20 Pojnoti sous la table. À défaut d’être la reine du casino dans cette tenue de travail ringarde, elle était la faiseuse de rois et comblait de joie les hommes qui, grâce à elle, remportaient jusqu’à deux cent fois leur mise de départ. Se consolidant une maigre fortune pour financer ses études, elle était celle qui comblait tous les hommes en passant la majeure partie de ses soirées avec eux et ce sans jamais passer par leur lit. Aucune autre femme n’avait une telle force de séduction et mieux, elle incarnait une singularité du point de vue de ces clients espiègles, elle était la seule femme qu’ils avaient rencontré qui leur faisait gagner plus d’argent qu’elle ne leur en faisait perdre. Hélas, en 1991, la dictature sonne le glas de cette romance, en prenant le contrôle des casinos. Maheli perd son travail mais pas la main.

          Elle s’était cultivée une image de vieille fille et personne n’avait jamais pris la peine de vérifier cette réputation. Cela la rendait même respectable auprès d’une clientèle masculine aisée qui continuait à jouir des plaisirs d’avant la dictature, dans des salles de jeux clandestines qui empestaient la fumée de cigares. Maheli incarnait la virginité perpétuelle, la sainte vertu, une qualité extrêmement appréciée dans le milieu de la pègre. On lui confiait tout, elle n’en pipait pas un mot. Mais elle pipait les dés. Douze ans plus tard, à la chute de la dictature, les casinos ouvrirent de nouveau leurs portes au grand public. Maheli, qui avait abandonné ses études de comptabilité pour se concentrer aux jeux de casino, en connaissait tous les rouages. Poker, baccara, black jack… La dame misait sur ses atouts. Atout Pique, elle te pique le pognon. Atout Cœur, elle te fend le cœur. La machine à sous était tellement bien rodée qu’elle avait réussi à cumuler plusieurs centaines de milliers de Pojnoti. Dans le même temps, elle investissait à un autre jeu, celui de l’offre et de la demande. La bourse était comme le casino qu’elle connaissait, une histoire de confiance, de ruse et de chance.

          La bourse lui avait appris à diversifier ses sources de revenus. Rare femme célibataire à détenir un tel capital, elle s’en alla à la conquête de la parfumerie et de la joaillerie, où les hommes gardaient la mainmise. Qui mieux qu’une femme pouvait décrire le parfum idéal, le bijou idéal à offrir à une femme ? Maheli s’était souvent demandé quel cadeau elle aurait aimé recevoir si elle avait trouvé un mari. Mais la Chenéenne avait déjà 45 ans, elle avait « passé son tour ». Au poker, on aurait dit qu’elle se serait couchée. Mais Maheli ne s’était jamais couchée devant un homme, au sens propre comme figuré. Régulièrement, elle dévalisait les boutiques de luxe pour s’offrir les plus bijoux qu’aucun homme ne pouvait lui offrir car peu d’homme étaient aussi fortunés qu’elle. À 61 ans, elle détenait un patrimoine estimé entre 42 et 78 millions de $RAK, la plupart étant des valeurs immobilières – comme les casinos de la côte Est du golfe de Pattayat qu’elle détenait, ce qui rendait son patrimoine aussi volatil. Mais le Pays de Che n’y allait pas de main morte sur les impôts, prélevant 18 % de ses revenus dûment gagnés. Pire, l’invasion de l’Empire d’Hokkaido l’inquiétait au plus haut point, elle qui voyait cet Etat insulaire officiellement social-démocrate comme un Etat socialiste. Les deux allaient de pair pour Maheli Rozael.

          Profitant de l’instabilité administrative de son pays, elle confia ses bébés à la Banque d’Unawi mais le régime fiscal lui exigeait d’avoir un lien avec l’un des autochtones. Ménopausée, elle n’était plus en mesure d’avoir des enfants, si tant est qu’elle ait pu un jour en avoir - personne n’avait pris non plus la peine de vérifier cette réputation. Elle était dans une position inconfortable : elle qui était habituée à recevoir des avances des clients, elle était maintenant dans la situation inverse, celle d’en faire à des hommes. Une dame de son âge réduite à faire des avances à de jeunes hommes à moitié nus sur une île moins vierge qu’elle. Mais elle ne recherchait qu’un amour platonique, un échange de bons procédés, elle ne connaissait de toute évidence que cela. À peine eut-elle le temps de s’approcher d’un village que de violentes crampes intestinales la plièrent en deux. Perte de connaissance. Elle se réveilla dans un lit, visiblement dans la petite clinique de l’île.

              • - « Madame Rozael, m’entendez-vous ? Hochez la tête si vous m’entendez. ».

          Elle hocha la tête.
              • - « Je suis votre médecin. Vous avez eu un malaise vagal. Rien de très inquiétant pour le moment mais nous disposons de peu d’informations. Nous avons besoin de vous [url=http://www.simpolitique.com/post275682.html#p275682]transférer à Stranaberg pour des examens complémentaires[/url] ».

          Elle écouta à moitié le médecin, son regard s’était tourné vers un très jeune autochtone aide-soignant qui nettoyait une flaque de vomi à terre.
              • - « Madame Rozael ? »
                - « Oui, pardon. Avant de partir à Stranaberg, appelez-moi un prêtre ».
                - « Votre état n’est pas aussi préoccupant que cela, Madame. »
                - « J’insiste. »
                - « Soit. »

          Madame Rozael n’était guère pratiquante et encore moins de culture chrétienne, mais comme le rappelle la devise nationale de son pays natal, « une fin juste justifiera tous les moyens ». Aussi, le médecin s’exécuta-t-il. Seul l’aide-soignant était resté. Elle tourna sa tête vers lui et lui demanda de s’approcher.
              • - « J’ai le moyen de te sortir de cette situation. Tu n’auras plus aucune raison de travailler. Mais tu dois m’obéir au doigt et à l’œil, tu me comprends ? »

          Un peu interpellé, l’autochtone hocha la tête en signe d’approbation.
              • - « Bien. Va me chercher mes affaires. »

          L’autochtone obéit, comme promis et amena la veste en tweed de la millionnaire. D’une poche secrète, dans une double couture, elle sortit une minuscule boîte contenant une alliance d'une des maisons de luxe qu'elle possédait et y enfonça le doigt du jeune homme. Peu après, le médecin revint avec le prêtre.
              • - « Madame Rozael, j’ai eu les derniers résultats de votre analyse de sang, nous devons à tout prix vous transférer à Stranaberg, un petit avion vous y attend sur le toit de l’hôpital. » s’inquiéta le médecin.
                - « Avant, docteur, je voudrais demander une faveur au prêtre… » demanda la vieille fille, craignant de ne plus avoir l’occasion de rencontrer un autochtone d’ici là.
                - « Je vous écoute… » répondit le prêtre très calmement.
                - « Mon père… Mariez-nous. »

          Maheli tourna sa tête vers celle du jeune homme, lui adressa un sourire et… pour la première fois de sa vie, prit la main d’un homme tandis que le prêtre et le médecin se regardaient, interloqués. Elle n’oubliera jamais sa première fois. Mon dieu, que c'est bon !


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          HRP : Vous pouvez aussi envoyer vos profils d'évadés fiscaux en remplissant le formulaire [url=http://www.simpolitique.com/unawi-paradis-fiscal-pour-vos-fortunes-t11981.html]à cette adresse[/url].[/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

        • [justify]En réaction à la crise boursière du Makara, les gestionnaires sébaldes de l'île d'Unawi en appellent aux investisseurs et grandes fortunes des pays suivants :
          • Hokkaido
          • Raksasa
          • Endo
          • Mayong
          • Wapong
          Dans un communiqué semi-public, disponible sur les flux d'information des places boursières, les gestionnaires avertissent les traders d'un risque très élevé d'une imminente politique protectionniste et hostile à la finance des pays sus-cités et les invitent à l'évasion fiscale :
          • « La guerre coûte cher, l’instabilité politique prochaine au Makara nuira vos intérêts. Ces Etats vous demanderont bientôt de financer leurs lubies expansionnistes et rendront coupables la "finance" de haute trahison. Avant qu'il en soit trop tard, venez profiter du paysage paradisiaque et du régime fiscal extrêmement avantageux de l'île Unawi, gérée par la République Sébalde, l'un des États les plus pacifiques et neutres au monde ; et défendue militairement par l'Etat ami et libre de Cyrénanie. Ne laissez pas ces États socialistes s’accaparer des fruits de votre labeur et venez vivre dans un territoire libre. »
          [/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

[center]Maurits et ses hommes de main
2 août 2030

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/265400handball.jpg[/img][/center]
        • [justify]Flambant neuve, la nouvelle salle de handball de l’île d’Unawi avait été réaménagée pour atténuer les rayons meurtriers du soleil et lui offrir une meilleure climatisation. Mais surtout, ces travaux d’aménagement lui permettaient d’entrer dans les critères exigés par la Fédération Internationale. La salle avait le nombre de places minimal, la hauteur minimale, la largeur minimale… bref, toute l’infrastructure était minimalement conforme aux exigences de la Fédération. Dans cette salle jouaient depuis deux années, quasi-quotidiennement, des aborigènes de l’ethnie unawie. Les Unawis s’étaient acclimatés au mode de vie « à la sébalde ». En tout cas, les pouvoirs publics avaient tout fait pour les inciter à se convertir à l’occidentalisme. Unawi était maintenant dotée d’infrastructures de qualité pour répondre au moindre besoin de ses aborigènes. Quelques hôtels et villas de luxe avaient été construits sur ce paradis fiscal, toujours en quête d’hommes et de femmes fortunés désireux de quitter leurs pays mais l’essentiel de l’île avait été préservé de cette colonisation sébalde.

          [center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/532820posterunawi.png[/img][/center]

          « Le peuple unawi vaut tout l’or du monde » peut-on encore lire sur ces innombrables pancartes de propagande signées par l’Administration de l’îlot. C’était vrai : gestionnaire d’Unawi, la Sébaldie n’avait jamais recherché à en exploiter ses ressources, même aurifères. Elle avait « juste » soumis la population locale à des mariages blancs et arrangés avec des criminels financiers. Cela dit, les Unawis ne pouvaient pas se contenter d’être des hommes et femmes à marier. L’avantage du peuple unawi, c’est qu’il n’était pas utile de lui forcer la main. La Sébaldie s’imposait comme le colon idéal, qui nourrit, éduque et soigne son peuple, tout en se refusant à les exproprier ou à exploiter leur terre. L’importation à Unawi de la culture sébalde se faisait docilement et tranquillement.

          Maurits Schaberg, président de la Fédération Sébalde de Handball, avait œuvré main dans la main avec le gouvernement pour ouvrir une fédération ici, sur ce minuscule îlot de 9 000 habitants. Le handball était un sport populaire en Sébaldie et l’un des seuls où la république jeekimoise bénéficiait d’une envergure mondiale. Et c’était notamment grâce à lui. Aujourd’hui âgé de 49 ans, Maurits Schaberg a su faire rêver toute une génération de supporters lors de la Coupe du monde de 2017 en Varlovie. À force de persévérance, ce capitaine de la sélection nationale avait emmené son équipe jusqu’en finale, avant de s’incliner malheureusement – et de justesse ! – face au Quantar. Mais l’essentiel était là : Maurits Schaberg avait été l’artisan de l’excellence sébalde dans le handball. S’ensuit une carrière d’entraîneur avant d’être propulsé à la Fédération Sébalde. S’il était aujourd’hui davantage un homme politique qu’un sportif, il ne perdait cependant pas de contact avec ce sport qui l’a aidé à se construire. Après plusieurs de vol, il mit le pied sur le tarmacadam du petit aéroport d’Unawi. Ces autochtones pouvaient constituer une réserve de joueurs intéressante pour la sélection sébalde. Beaucoup plus tolérants et non soumis aux contraintes administratives sébaldes, les joueurs unawis pouvaient s’entraîner toute la journée durant. Si la Fédération unawie était officiellement indépendante, était dans les faits en partie financée par la Fédération sébalde. À l’inverse, les recettes allaient davantage dans les caisses sébaldes que dans les caisses unawies.

          Après avoir été conduit jusqu’à la salle de handball, construite à quelques pas seulement de la fameuse Banque d’Unawi, Maurits Schaberg rencontra son homologue à la tête de la fédération unawie. Un autre Sébalde, bien évidemment. Les joueurs unawis étaient en train de s’entraîner lorsqu’il l’accosta :


          [center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/843673Maurits.png[/img]
          Maurits Schaberg
          Président de la Fédération Sébalde de Handball
          Multiple champion sébalde de handball[/center]

          Maurits Schaberg : « Alors, qu’est-ce que ça donne ? »

          Son interlocuteur n’avait pas remarqué sa présence – pourtant très visible : le champion sébalde mesurait 1m95 ! :

          Gijsbert Wormer : « Ah ! Monsieur Schaberg ! Vous m’avez surpris, je ne vous attendais pas avant une heure… Et bien comme vous le voyez, les quatorze joueurs de la sélection sont ici. Je ne me fais pas d’illusion cependant, le niveau est très bas… »

          Maurits Schaberg : « Ne perdez pas confiance, Gijsbert. La sélection sébalde ne jouait pas tellement mieux lorsque je suis arrivé. Déjà, vous avez réussi à vous mettre d’accord sur quatorze noms, c’est une bonne nouvelle. »

          Gijsbert Wormer : « Oui… Mais Unawi ne compte qu’une soixantaine de joueurs de handball, âgés de 16 à 45 ans. Comme vous me l’avez demandé, j’ai envoyé mes émissaires partir à la recherche des autochtones les plus robustes… mais j’ai fait chou blanc. Ils ont tous refusé leurs avances. »

          Maurits Schaberg : « Ça viendra, ça viendra… Ne les brusquons pas, ce serait contre-productif. Le handball n’est pas encore inscrit dans leur ADN mais nous mettons plusieurs projets en route… À ce propos, vous avez trouvé un prétendant pour cette chère Willemien ? Vous savez que je l’aide à s’installer à Unawi… »

          Willemien Veerman était la meilleure joueuse de handball professionnel de Sébaldie mais aussi et de loin la plus fortunée. La jeune femme cherchait à s’installer à Unawi pour fuir la fiscalité sébalde mais pour ce faire, elle doit ou se marier à un autochtone, ou enfanter de l’un d’eux. Mais déjà mariée, elle n’avait guère d’autre choix que d’être mère :

          Maurits Schaberg : « Je vous rappelle que Willemien ne peut pas mettre sa carrière entre parenthèses pour sa grossesse, ce serait désastreux pour ses performances ! Une mère porteuse portera son enfant. N’importe quelle femme unawie fera l’affaire. La Sébaldie interdit la gestation pour autrui sur son territoire… mais reconnaît les enfants qui en sont issus s’ils ont été conçus à l’étranger... à Unawi par exemple. J’aurais besoin d’un grand gaillard, puissant, viril… Tiens, lui-là-bas. »

          Maurits désigna avec son long doigt le capitaine de l’équipe unawie, trop affairée à essayer de s’emparer du ballon de son adversaire pour remarquer qu’il était au centre des discussions.

          Gijsbert Wormer : « C’est justement lui que j’allais vous proposer ! Son nom est Rawiri Okiara Herewini… »

          Maurits Schaberg : « Si nous le recrutons dans la sélection sébalde, on devra lui donner un nom d’emprunt plus… sébalde. C’est le meilleur du groupe, n’est-ce pas ? »

          Gijsbert Wormer : « C’est même le seul joueur potable de cette équipe ! Vous savez, les Unawis ont une force, qui est également une faiblesse : ils misent totalement sur le collectif, les individualités s’effacent. Par conséquent, aucun leader naturel ne parvient à se détacher… Sauf lui. »

          Maurits Schaberg : « Ah ? Et pour quelle raison ? »

          Gijsbert Wormer : « C’est le plus occidentalisé. Je n’ai pas besoin de faire appel à un traducteur pour parler avec lui. C’est également le seul stratège. Vous n’êtes pas sans savoir que les Unawis sont un peuple forestier et chasseur. Ils sont excellents dans la prise de balles, la précision et l’endurance… mais alors, question stratégie… ! »

          Maurits Schaberg : « Nous verrons tout ça à l’occasion de la prochaine Coupe du monde. Comme je vous l’ai dit, la passion des Unawis pour le handball finira par s’inscrire dans leur ADN. Si ce que vous dites se confirme, l’enfant qui naîtra des gamètes de votre joueur et de ma Willemien sera une force de la nature, un monstre sur le terrain. Nous préparons la génération 2050, Gijsbert, n’est-ce pas formidable ?! »

          Gijsbert Wormer : « Euh… Oui, bien sûr, monsieur Schaberg. La génération 2050. »[/justify]
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