Rencontre Raksasa - Fiémance à Jiyuan
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Siman
[justify][center]Rencontre diplomatique
Empire du Raksasa - Royaume des Fiémançais[/center]
Jiyuan, le 4 octobre 2025. C’est une rencontre que plus personne n’osait espérer. La venue du Premier ministre fiémançais, Edmond de Villefroy, à Jiyuan pour y rencontrer le Premier ministre raksasan, Hirofumi Nakasone. La relation entre Opemont et Jiyuan n’a jamais été un long fleuve tranquille ; elle n’est toujours pas normalisée malgré la rencontre bilatérale à venir. Pour les conseillers diplomatiques du Premier ministre raksasan, il fallait faire un geste envers Opemont afin de ne pas totalement couper les liens entre deux puissances qui ne peuvent plus continuer à s’ignorer mutuellement alors qu’elles représentent deux visions du monde, deux lectures du monde. La politique commerciale étant difficile en l’absence de dialogue et dans un climat d’affrontement diplomatique perpétuel, il ne restait plus que la politique culturelle et universitaire pour maintenir un lien entre des centaines de millions d’hommes et de femmes qui n’auront d’autres choix que de collaborer face à des ennemis communs comme l’Histoire sait en fabriquer. Le lycée raksasan Yasuhito d’Opemont est alors devenu le symbole le plus illustre de la coopération universitaire entre la Fiémance, catholique, et le Raksasa, musulman. Dépassant les clivages historiques, diplomatiques et religieux, le lycée raksasan est aujourd’hui montré en exemple comme le symbole du dialogue et de la tolérance. Plus personne n’ose remettre en cause la décision du Premier ministre raksasan de l’époque, Mme Yuriko Koike, d’implanter le premier lycée du genre à Opemont « la cosmopolite » comme il convient de la désigner. Dernièrement, c’est sur la construction de la prochaine Bibliothèque Extrême Orientale d’Opemont que les deux gouvernements se sont entendus, pour un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars rak au frais de l’Etat raksasan. C’est dire le niveau de coopération et d’acceptation réciproque qui anime les deux Etats dans ce domaine-là. Hélas, ce n’est pas le cas pour la plupart des autres dossiers politiques, commerciaux et sécuritaires. Cette première rencontre dans l’histoire récente des relations bilatérales entre la Fiémance et le Raksasa était l’occasion rêvée pour, enfin, clarifier la position des uns et des autres sur moult thématiques.
Face au passif de cette relation, l’effort sécuritaire avait été démultiplié par les forces de sécurité impériales avant la réception du Premier ministre fiémançais. Il n’y aurait pas pire catastrophe qu’un manquement dans la sécurité de ce déplacement, qui est probablement le plus risqué de toute l’histoire récente des évènements diplomatiques sur le sol raksasan. L’aéroport international Hsu Ier de Jiyuan n’avait donc pas été choisi par les services de sécurité pour autoriser la délégation fiémançaise à atterrir car il était trop vaste, trop fréquenté et impossible à sécuriser totalement. C’est finalement vers l’aéroport militaire officiel du gouvernement raksasan que l’atterrissage aurait lieu. Une exception que peu de dirigeants étrangers ont pu connaitre pendant leur déplacement à Jiyuan tant le lieu est hautement sécurisée, entouré d’un système de protection réputé infranchissable et d’une surveillance militaire à la pointe de la technologie. Là-bas, plus d’une centaine de militaires entouraient la piste d’atterrissage tandis qu’une escorte d’avions de chasse avait pris en charge l’avion officiel de délégation fiémançaise depuis son entrée dans l’espace aérien raksasan après son départ du Mayong. La région était probablement l’une des plus risquées avec le détroit du Fzing, source d’affrontements réguliers. A proximité de Jiyuan, les radars antimissiles étaient eux aussi en état d’alerte, il n’était pas question de laisser un seul groupe terroriste provoquer un incident diplomatique majeur dans l’espace aérien souverain du Raksasa. Il n’y avait finalement pas eu de menaces directes malgré quelques mouvements douteux rapidement pris en charge. L’avion venait d’atterrir et le tapis rouge s’était déplié en quelques secondes jusqu’aux escaliers à l’avant de l’appareil. Une cinquantaine de militaire attendait de chaque côté du long tapis rouge en formant deux lignes distinctes, armes à la main. Le Premier ministre raksasan était venu en personne pour accueillir son homologue fiémançais, même si les deux hommes repartiraient ensuite vers le Palais d’Akasaka, résidence officielle du Premier ministre où se déroulerait la rencontre.
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=594473800pxGeihinkanAkasakaPalaceFront2010.jpg][img]http://img4.hostingpics.net/pics/594473800pxGeihinkanAkasakaPalaceFront2010.jpg[/img][/url][/center]
Après un rapide passage en revue des troupes et l’écoute des deux hymnes nationaux, chacun prit place dans le cortège de 4x4 noirs aux vitres teintés qui lui était réservé. Le trajet avait été complètement sécurisé via un dispositif impressionnant impliquant des centaines de policiers, des hélicoptères et des forces spéciales disséminées tout le long des 14 kilomètres qui séparaient l’aéroport militaire du Palais d’Akasaka. Les grandes avenues étaient fermées dans un seul sens afin de ne pas interrompre totalement la vie quotidienne des habitants de la mégalopole jiyuanaise. Malgré leurs efforts, les services de sécurité n’avaient pas pu empêcher des petits groupes de manifestants antiracistes raksasans de brandir quelques pancartes, plutôt hostiles, à l’égard du cortège officiel fiémançais. Ils se rassuraient en pensant qu’il en serait de même à Opemont… Une fois les grilles du Palais franchie, le cortège ralentit de même au milieu du grand parc qui entourait la résidence. Arrivant devant le perron, une foule rarement aussi importante, de journalistes, de télévisions et de photographes était amassée. Les deux hommes ne pouvaient alors pas déroger à la traditionnelle poignée de mains, ce qui fut le cas dans un crépissement, presque, assourdissant des flashs des photographes et des cris de quelques-uns. A l’intérieur du hall d’entrée, les dossiers nécessaires au bon déroulement de la rencontre furent remis entre les mains de l’ensemble des protagonistes, dans leur langue respective, évidemment. On fit installer les deux dirigeants dans le Salon de la Victoire, orné de fresques rappelant les victoires du Siongving au XVII et XVIII siècle, en pleine période de l’expansion coloniale mondiale. Probablement un signe lancé à l’égard de la diplomatie fiémançaise, souvent accusée de faire le lit du colonialisme mondial via sa politique des comptoirs que certains assimilent à du colonialisme déguisé. On se rappellera alors des évènements de Choogown. Confortablement installé dans des fauteuils traditionnels makarans, la rencontre pouvait commencer.
S.E M. Hirofumi Nakasone
Premier ministre du Raksasa
Monsieur le Premier ministre, bienvenue au Raksasa, bienvenue dans notre capitale.[/justify]
Empire du Raksasa - Royaume des Fiémançais[/center]
Jiyuan, le 4 octobre 2025. C’est une rencontre que plus personne n’osait espérer. La venue du Premier ministre fiémançais, Edmond de Villefroy, à Jiyuan pour y rencontrer le Premier ministre raksasan, Hirofumi Nakasone. La relation entre Opemont et Jiyuan n’a jamais été un long fleuve tranquille ; elle n’est toujours pas normalisée malgré la rencontre bilatérale à venir. Pour les conseillers diplomatiques du Premier ministre raksasan, il fallait faire un geste envers Opemont afin de ne pas totalement couper les liens entre deux puissances qui ne peuvent plus continuer à s’ignorer mutuellement alors qu’elles représentent deux visions du monde, deux lectures du monde. La politique commerciale étant difficile en l’absence de dialogue et dans un climat d’affrontement diplomatique perpétuel, il ne restait plus que la politique culturelle et universitaire pour maintenir un lien entre des centaines de millions d’hommes et de femmes qui n’auront d’autres choix que de collaborer face à des ennemis communs comme l’Histoire sait en fabriquer. Le lycée raksasan Yasuhito d’Opemont est alors devenu le symbole le plus illustre de la coopération universitaire entre la Fiémance, catholique, et le Raksasa, musulman. Dépassant les clivages historiques, diplomatiques et religieux, le lycée raksasan est aujourd’hui montré en exemple comme le symbole du dialogue et de la tolérance. Plus personne n’ose remettre en cause la décision du Premier ministre raksasan de l’époque, Mme Yuriko Koike, d’implanter le premier lycée du genre à Opemont « la cosmopolite » comme il convient de la désigner. Dernièrement, c’est sur la construction de la prochaine Bibliothèque Extrême Orientale d’Opemont que les deux gouvernements se sont entendus, pour un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars rak au frais de l’Etat raksasan. C’est dire le niveau de coopération et d’acceptation réciproque qui anime les deux Etats dans ce domaine-là. Hélas, ce n’est pas le cas pour la plupart des autres dossiers politiques, commerciaux et sécuritaires. Cette première rencontre dans l’histoire récente des relations bilatérales entre la Fiémance et le Raksasa était l’occasion rêvée pour, enfin, clarifier la position des uns et des autres sur moult thématiques.
Face au passif de cette relation, l’effort sécuritaire avait été démultiplié par les forces de sécurité impériales avant la réception du Premier ministre fiémançais. Il n’y aurait pas pire catastrophe qu’un manquement dans la sécurité de ce déplacement, qui est probablement le plus risqué de toute l’histoire récente des évènements diplomatiques sur le sol raksasan. L’aéroport international Hsu Ier de Jiyuan n’avait donc pas été choisi par les services de sécurité pour autoriser la délégation fiémançaise à atterrir car il était trop vaste, trop fréquenté et impossible à sécuriser totalement. C’est finalement vers l’aéroport militaire officiel du gouvernement raksasan que l’atterrissage aurait lieu. Une exception que peu de dirigeants étrangers ont pu connaitre pendant leur déplacement à Jiyuan tant le lieu est hautement sécurisée, entouré d’un système de protection réputé infranchissable et d’une surveillance militaire à la pointe de la technologie. Là-bas, plus d’une centaine de militaires entouraient la piste d’atterrissage tandis qu’une escorte d’avions de chasse avait pris en charge l’avion officiel de délégation fiémançaise depuis son entrée dans l’espace aérien raksasan après son départ du Mayong. La région était probablement l’une des plus risquées avec le détroit du Fzing, source d’affrontements réguliers. A proximité de Jiyuan, les radars antimissiles étaient eux aussi en état d’alerte, il n’était pas question de laisser un seul groupe terroriste provoquer un incident diplomatique majeur dans l’espace aérien souverain du Raksasa. Il n’y avait finalement pas eu de menaces directes malgré quelques mouvements douteux rapidement pris en charge. L’avion venait d’atterrir et le tapis rouge s’était déplié en quelques secondes jusqu’aux escaliers à l’avant de l’appareil. Une cinquantaine de militaire attendait de chaque côté du long tapis rouge en formant deux lignes distinctes, armes à la main. Le Premier ministre raksasan était venu en personne pour accueillir son homologue fiémançais, même si les deux hommes repartiraient ensuite vers le Palais d’Akasaka, résidence officielle du Premier ministre où se déroulerait la rencontre.
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=594473800pxGeihinkanAkasakaPalaceFront2010.jpg][img]http://img4.hostingpics.net/pics/594473800pxGeihinkanAkasakaPalaceFront2010.jpg[/img][/url][/center]
Après un rapide passage en revue des troupes et l’écoute des deux hymnes nationaux, chacun prit place dans le cortège de 4x4 noirs aux vitres teintés qui lui était réservé. Le trajet avait été complètement sécurisé via un dispositif impressionnant impliquant des centaines de policiers, des hélicoptères et des forces spéciales disséminées tout le long des 14 kilomètres qui séparaient l’aéroport militaire du Palais d’Akasaka. Les grandes avenues étaient fermées dans un seul sens afin de ne pas interrompre totalement la vie quotidienne des habitants de la mégalopole jiyuanaise. Malgré leurs efforts, les services de sécurité n’avaient pas pu empêcher des petits groupes de manifestants antiracistes raksasans de brandir quelques pancartes, plutôt hostiles, à l’égard du cortège officiel fiémançais. Ils se rassuraient en pensant qu’il en serait de même à Opemont… Une fois les grilles du Palais franchie, le cortège ralentit de même au milieu du grand parc qui entourait la résidence. Arrivant devant le perron, une foule rarement aussi importante, de journalistes, de télévisions et de photographes était amassée. Les deux hommes ne pouvaient alors pas déroger à la traditionnelle poignée de mains, ce qui fut le cas dans un crépissement, presque, assourdissant des flashs des photographes et des cris de quelques-uns. A l’intérieur du hall d’entrée, les dossiers nécessaires au bon déroulement de la rencontre furent remis entre les mains de l’ensemble des protagonistes, dans leur langue respective, évidemment. On fit installer les deux dirigeants dans le Salon de la Victoire, orné de fresques rappelant les victoires du Siongving au XVII et XVIII siècle, en pleine période de l’expansion coloniale mondiale. Probablement un signe lancé à l’égard de la diplomatie fiémançaise, souvent accusée de faire le lit du colonialisme mondial via sa politique des comptoirs que certains assimilent à du colonialisme déguisé. On se rappellera alors des évènements de Choogown. Confortablement installé dans des fauteuils traditionnels makarans, la rencontre pouvait commencer.
S.E M. Hirofumi Nakasone
Premier ministre du Raksasa
Monsieur le Premier ministre, bienvenue au Raksasa, bienvenue dans notre capitale.[/justify]
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Arios
Depuis quatre jours et pour la première fois de sa vie, le Premier Ministre respirait un air différent des grandes plaines céréalières du nord. Du nord de la Fiémance.
Le monde paraissait une immense fourmilière, il apparaissait dans un gigantisme absolu après ces dizaines d'heures de vol, après la découverte du Jiyuan vu du ciel. Ce n'étaient pas les militaires qui avaient rappelé, en rangs d'oignons, la puissance du Raksasa à l'âme déstabilisée d'Edmond Villefroy, mais bien davantage le protocole en lui-même, les flashs, les manifestants hostiles, les sourires des domestiques en face des deux protagonistes de cette rencontre, que l'on souhaitait pouvoir qualifier de "en haut-lieu".
Aussi, parce-qu'il s'agissait de rencontrer le Raksasa, héraut d'un continent où le libéralisme issu des Lumières s'exerçait encore avec une vigueur toute originelle, même lorsque la soif du Progrès, du Développement humain, la croisade scientiste et le rêve du trans-humain prenait les atours trompeurs de la Révolution sociale, c'était l'habit traditionnel des marchands élevés au statut de rois qu'avait choisi Villefroy, bien sûr, a contrario peut-être des Lepiot et autres, c'était le complet-veston que portait ce jour la Fiémance pour, à défaut de s'assimiler, s'intégrer quelques heures aux modes de pensée du Raksasa.
Et même si Villefroy aurait voulu crier, dans le cas où le vertige n'eût pas été si prononcé, face aux flashs de la presse makarane qu'il était absurde d'adopter de telles postures, de porter de tels costumes et de tels sourires, les mots n'eussent pu dépasser ses lèvres quand lui-même était bloqué aux pieds d'une civilisation dont il n'osait imaginer toute l'immensité humaine et géographique...
"Pourquoi nous habillons-nous à l'Occidentale ? Ce ne sont pas vos us, et je viens vous annoncer que ceux ne sont pas les nôtres. Où le Raksasa trouve-t'il la force de faire survivre à lui seul, ou presque, la civilisation occidentale du marché ?"
Alors il sortit des songes en constatant que l'imprimeur des menus d’apéritif, une fois que les deux hommes furent assis et que les photographes cessèrent leurs assauts une bonne fois pour toute, l'avait affublé d'une particule.
La mer d'incompréhensions entre les deux civilisations, sur lequel le verni des idéologies avait créé de nouvelles embuches, était en réalité un Océan, à l'heure où il appartenait aux politiques d'en discuter.
Edmond Villefroy : Il y en aura forcément une qui sera bonne !
Chaque mot compterait désormais, à condition de faire abstraction des interprètes... Cette rencontre devrait décidément répondre, pour le principal, au pourquoi de sa propre existence, sinon de promettre aux deux imperiums un avenir où ils ne s'entre-choqueraient pas.
Edmond Villefroy : Laissez-moi vous faire offrir, un produit que vous apprécierez à n'en pas douter. Bien qu'il soit davantage question de le conserver, j'imagine, plutôt que de le boire immédiatement.
On apporta une caisse neuve, gravée proprement dans son bois de la date et de la mention de cette rencontre, garnie de 12 bouteilles de vin estampillées de 1788.
Edmond Villefroy : Il y est des choses face auxquelles les meilleurs régimes ne peuvent rien, et que de tous temps on devra à ses prédécesseurs, comme le soin minutieux de la conservation qui me permet aujourd'hui, quand il a été suivi il y a bien longtemps, de faire don au Raksasa de ces quelques litres de vin ; afin qu'ils soient bus aux grandes occasions de l'État, de l'Empire, je l'espère.
Le monde paraissait une immense fourmilière, il apparaissait dans un gigantisme absolu après ces dizaines d'heures de vol, après la découverte du Jiyuan vu du ciel. Ce n'étaient pas les militaires qui avaient rappelé, en rangs d'oignons, la puissance du Raksasa à l'âme déstabilisée d'Edmond Villefroy, mais bien davantage le protocole en lui-même, les flashs, les manifestants hostiles, les sourires des domestiques en face des deux protagonistes de cette rencontre, que l'on souhaitait pouvoir qualifier de "en haut-lieu".
Aussi, parce-qu'il s'agissait de rencontrer le Raksasa, héraut d'un continent où le libéralisme issu des Lumières s'exerçait encore avec une vigueur toute originelle, même lorsque la soif du Progrès, du Développement humain, la croisade scientiste et le rêve du trans-humain prenait les atours trompeurs de la Révolution sociale, c'était l'habit traditionnel des marchands élevés au statut de rois qu'avait choisi Villefroy, bien sûr, a contrario peut-être des Lepiot et autres, c'était le complet-veston que portait ce jour la Fiémance pour, à défaut de s'assimiler, s'intégrer quelques heures aux modes de pensée du Raksasa.
Et même si Villefroy aurait voulu crier, dans le cas où le vertige n'eût pas été si prononcé, face aux flashs de la presse makarane qu'il était absurde d'adopter de telles postures, de porter de tels costumes et de tels sourires, les mots n'eussent pu dépasser ses lèvres quand lui-même était bloqué aux pieds d'une civilisation dont il n'osait imaginer toute l'immensité humaine et géographique...
"Pourquoi nous habillons-nous à l'Occidentale ? Ce ne sont pas vos us, et je viens vous annoncer que ceux ne sont pas les nôtres. Où le Raksasa trouve-t'il la force de faire survivre à lui seul, ou presque, la civilisation occidentale du marché ?"
Alors il sortit des songes en constatant que l'imprimeur des menus d’apéritif, une fois que les deux hommes furent assis et que les photographes cessèrent leurs assauts une bonne fois pour toute, l'avait affublé d'une particule.
La mer d'incompréhensions entre les deux civilisations, sur lequel le verni des idéologies avait créé de nouvelles embuches, était en réalité un Océan, à l'heure où il appartenait aux politiques d'en discuter.
Edmond Villefroy : Il y en aura forcément une qui sera bonne !
Chaque mot compterait désormais, à condition de faire abstraction des interprètes... Cette rencontre devrait décidément répondre, pour le principal, au pourquoi de sa propre existence, sinon de promettre aux deux imperiums un avenir où ils ne s'entre-choqueraient pas.
Edmond Villefroy : Laissez-moi vous faire offrir, un produit que vous apprécierez à n'en pas douter. Bien qu'il soit davantage question de le conserver, j'imagine, plutôt que de le boire immédiatement.
On apporta une caisse neuve, gravée proprement dans son bois de la date et de la mention de cette rencontre, garnie de 12 bouteilles de vin estampillées de 1788.
Edmond Villefroy : Il y est des choses face auxquelles les meilleurs régimes ne peuvent rien, et que de tous temps on devra à ses prédécesseurs, comme le soin minutieux de la conservation qui me permet aujourd'hui, quand il a été suivi il y a bien longtemps, de faire don au Raksasa de ces quelques litres de vin ; afin qu'ils soient bus aux grandes occasions de l'État, de l'Empire, je l'espère.
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Siman
[justify]Malgré ses apparences et son effort vestimentaire pour cette visite dplomatique, le Premier ministre fiémançais n’était pas un aristocrate. Cette erreur, seul l’ambassadeur du Raksasa à Opemont s’en était rendu compte mais il n’avait pas pu agir pour éviter ce léger incident vis-à-vis de la délégation fiémançaise. Il savait qu’il aurait certainement droit à quelques remontrances de la part du ministre des affaires étrangères fiémançais lors de son retour à Opemont pour cette très regrettable erreur. Edmond Villefroy était visiblement suffisamment courtois pour ne pas signaler cette erreur à son hôte raksasan. Ce dernier se contenta de sourire aux propos tenus par son homologue et se leva pour réceptionner, poliment, le présent offert par le Premier ministre fiémançais. Si la particule d’Edmond Villefroy était regrettable, offrir de l’alcool à un musulman sunnite, pratiquant de surcroit, comme Hirofumi Nakasone, était là aussi très regrettable. Comme à son habitude, il ne fit pas le moindre signe de désapprobation et remercia chaleureusement son hôte pour ce présent à la valeur symbolique incontestable devant les photographes officiels du gouvernement. Il ne manquerait pas de placer cette caisse de vin estampillé de 1788 dans les caves du Palais d’Akasaka. Le geste du fiémançais était hautement apprécié par la délégation raksasane, frileuse de ces présents diplomatiques dont on se souvient très longtemps dans un tel contexte.
S.E M. Hirofumi Nakasone
Premier ministre du Raksasa
Avec ce présent, le Raksasa prend possession d’un remarquable témoignage de la culture fiémançaise pour laquelle nous éprouvons un grand respect. Je ne doute pas de l’esprit de conservation qui a animé vos prédécesseurs et qui m’animera moi et mes successeurs jusqu’à l’épuisement de la dernière goutte de la dernière bouteille. Permettez-moi de vous demander quelle est l’appellation de ce vin ?[/justify]
S.E M. Hirofumi Nakasone
Premier ministre du Raksasa
Avec ce présent, le Raksasa prend possession d’un remarquable témoignage de la culture fiémançaise pour laquelle nous éprouvons un grand respect. Je ne doute pas de l’esprit de conservation qui a animé vos prédécesseurs et qui m’animera moi et mes successeurs jusqu’à l’épuisement de la dernière goutte de la dernière bouteille. Permettez-moi de vous demander quelle est l’appellation de ce vin ?[/justify]
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Arios
"Qui va boire ces bouteilles ? Ils boivent probablement de l'alcool à la table de l'Empereur. On ne pouvait pas offrir du fromage, de toute façon. Et on a pas de sabre raksasan à faire encadrer."
Edmond Villefroy : Ce vin provient de coteaux opemontois, aujourd'hui malheureusement recouverts par la cité. Il s'agissait à l'époque des premières organisations plus industrielles de vignobles. Malgré un terroir très probablement non idéal à la vigne, les ans qui ont passé surent sans conteste bonifier ces bouteilles. Qui sont rares de cette époque. C'est donc du Plassy, Plassy-en-Fiémance. Du temps où le nom s'appliquait à une région particulière de quelques vaux, et non à une communauté mondiale. En effet Votre Excellence, je désire me présenter à vous comme ce représentant d'intérêts qui dépassent nos fidélités alméranes, mais englobent ceux de la Cécopie, et des ports associés sur les différents continents. Les manifestants que nous avons dû apercevoir reflètent une erreur d'appréciation des opinions publiques sur la nature de l'État qui vient humblement vous consulter, et bâtir une amitié. Si nous étions une puissance coloniale, la plus grosse de nos colonies se situerait en Alméra.
Edmond Villefroy : Ce vin provient de coteaux opemontois, aujourd'hui malheureusement recouverts par la cité. Il s'agissait à l'époque des premières organisations plus industrielles de vignobles. Malgré un terroir très probablement non idéal à la vigne, les ans qui ont passé surent sans conteste bonifier ces bouteilles. Qui sont rares de cette époque. C'est donc du Plassy, Plassy-en-Fiémance. Du temps où le nom s'appliquait à une région particulière de quelques vaux, et non à une communauté mondiale. En effet Votre Excellence, je désire me présenter à vous comme ce représentant d'intérêts qui dépassent nos fidélités alméranes, mais englobent ceux de la Cécopie, et des ports associés sur les différents continents. Les manifestants que nous avons dû apercevoir reflètent une erreur d'appréciation des opinions publiques sur la nature de l'État qui vient humblement vous consulter, et bâtir une amitié. Si nous étions une puissance coloniale, la plus grosse de nos colonies se situerait en Alméra.
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Siman
[justify]Il écoutait attentivement les explications du fiémançais auxquelles il acquiesça à plusieurs reprises, mimant presque une certaine compréhension.
S.E M. Hirofumi Nakasone : Ces incidents sont regrettables, j’en conviens. Néanmoins, ils expriment le point de vue d’une civilisation sur une autre civilisation selon l’histoire récente que l’on prête à sa connaissance. S’il apparait préférable de modérer nos opinions publiques quant à nos relations futures, ce que nous accepterons de faire sans sourciller, il est nécessaire de mettre en place les instruments utiles à une meilleure compréhension réciproque. La politique étrangère de la Fiémance est ce qu’elle est, le Raksasa n’a pas son mot à dire, et réciproquement. En revanche, si cette politique vient à contredire les intérêts du Raksasa, alors le conflit est inévitable. Nous avons eu, mutuellement, la sagesse de ne plus intervenir frontalement de près ou de loin l’un contre l’autre. Je dirige le Raksasa depuis bientôt deux ans et votre récente nomination à la tête du gouvernement fiémançais fait de nous des hommes neufs, sans passif ni inimitié. J’ai guidé la diplomatie impériale pendant des années et rencontré des diplomates fiémançais au cours de toutes ces années. Le souvenir que j’en ai est mitigé, surtout lorsqu’il s’agissait d’évoquer leur vision de l’homme makaran, mais je suppose que vous êtes déjà informé sur cet aspect-là. Les raksasans qui manifestaient sur votre parcours sont aussi des hommes libres qui s’estiment les égaux des autres hommes. Un discours colonialiste supérieur, un discours qui mêle et entremêlent race et domination n’est plus acceptable. L’abandon de ce discours est, croyez-moi, un préalable indispensable à la construction d’une amitié.[/justify]
S.E M. Hirofumi Nakasone : Ces incidents sont regrettables, j’en conviens. Néanmoins, ils expriment le point de vue d’une civilisation sur une autre civilisation selon l’histoire récente que l’on prête à sa connaissance. S’il apparait préférable de modérer nos opinions publiques quant à nos relations futures, ce que nous accepterons de faire sans sourciller, il est nécessaire de mettre en place les instruments utiles à une meilleure compréhension réciproque. La politique étrangère de la Fiémance est ce qu’elle est, le Raksasa n’a pas son mot à dire, et réciproquement. En revanche, si cette politique vient à contredire les intérêts du Raksasa, alors le conflit est inévitable. Nous avons eu, mutuellement, la sagesse de ne plus intervenir frontalement de près ou de loin l’un contre l’autre. Je dirige le Raksasa depuis bientôt deux ans et votre récente nomination à la tête du gouvernement fiémançais fait de nous des hommes neufs, sans passif ni inimitié. J’ai guidé la diplomatie impériale pendant des années et rencontré des diplomates fiémançais au cours de toutes ces années. Le souvenir que j’en ai est mitigé, surtout lorsqu’il s’agissait d’évoquer leur vision de l’homme makaran, mais je suppose que vous êtes déjà informé sur cet aspect-là. Les raksasans qui manifestaient sur votre parcours sont aussi des hommes libres qui s’estiment les égaux des autres hommes. Un discours colonialiste supérieur, un discours qui mêle et entremêlent race et domination n’est plus acceptable. L’abandon de ce discours est, croyez-moi, un préalable indispensable à la construction d’une amitié.[/justify]
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Arios
Edmond Villefroy : Comme vous le dîtes, toutes les opinions ont voie au chapitre dans une démocratie. Il en est de même en Fiémance qu'au Raksasa. Ne pensez-vous pas qu'il est important d'insister sur ce fait ? Nous sommes des démocraties, les gens votent et donnent leur opinion. Aussi il ne serait jamais question de brimer une opinion, pour des motifs diplomatiques.
Je vous accorde très volontiers qu'il y a des façons de penser qui ne sont plus de notre temps, pour des raisons de bon sens humain, sinon pour des raisons d'intelligence de situation. La précédente administration, et je ne dis pas qu'elle a entièrement disparu car l'efficacité prime toujours sur l'opinion privée dans les carrières de fonctionnaires à l'international et à l'intérieur, a eu son lot de personnages, sinon malfaisants, oserai-je dire malpensants. Il s'agit de l'idéologie libérale qui les accompagnait, car à quelques années d'écarts des changements à la tête de l'État pour l'épuration des rangs de la diplomatie fiémançaise, même si je n'aime pas ce mot, le personnel issu de cette pensée nationaliste et libérale a été remplacé, progressivement, en partie, et continue de l'être.
Aujourd'hui, nous représentons un imperium chorocrate, cela n'aura pas échappé à un homme de votre rang. C'est à dire que toute idéologie de domination raciale est absolument étrangère à ce système, quand bien même un pouvoir centralisé s'exerce sur des territoires variés. Puisque je vous parle autant en tant que représentant de populations zanyanaises comme alméranes, je me dois de vous ré-assurer les motivations du modèle, que vous définissez comme répondant légitimement à sa propre logique, que suit la Fiémance.
Nous travaillons beaucoup à l'émergence d'une élite autochtone dans les territoires qui sont sous la domination d'Opemont. Il s'agit du même combat en Cécopie que dans nos montagnes alméranes.
Le logiciel ancien, et qui a pu jouer peut-être dans certaines épopées comme celle de Choongwon, est absolument brisé car l'idée de classification hiérarchisée des cultures n'est pas compatible avec la chorocratie, qui je vous le répète, a pris une place considérable dans la gestion de nos politiques.
De la même façon, l'affrontement internationalisé de concepts patrimoniaux dressés en autant de nations me paraît dépassé. Le combat n'est plus entre certaines nations luttant contre d'autres pour réaffirmer des droits de domination, ou des droits d'émancipation. Le combat est entre une marchandisation de l’entièreté de l'inerte et du vivant, qu'elle soit dirigiste ou libérale, et reconstitution d'une écosphère intégrant pleinement l'être humain, exprimé en autant de races supérieures qu'il y a de milieux et de traditions de mise en valeur.
Il est bon qu'au sommet de l'affrontement idéologique mondial entre une tradition évolutive issue du Grand Partage, l'homme sujet sur la nature objet, et une nouvelle forme de pensée inspirée d'une réconciliation entre l'humain, le progrès et la coutume ethnozootechnique, il y ait deux fauteuils que nous pouvons occuper en discutant, et en échangeant, pour que nos modèles à défaut de s'affronter partagent et profitent l'un de l'autre.
Mais croyez le bien, dans cette configuration idéologique, la place du racisme biologisant ou culturel n'est pas concevable, et ne peut même se superposer à des considérations de frontières, de délimitations géographiques étatisées.
Je vous accorde très volontiers qu'il y a des façons de penser qui ne sont plus de notre temps, pour des raisons de bon sens humain, sinon pour des raisons d'intelligence de situation. La précédente administration, et je ne dis pas qu'elle a entièrement disparu car l'efficacité prime toujours sur l'opinion privée dans les carrières de fonctionnaires à l'international et à l'intérieur, a eu son lot de personnages, sinon malfaisants, oserai-je dire malpensants. Il s'agit de l'idéologie libérale qui les accompagnait, car à quelques années d'écarts des changements à la tête de l'État pour l'épuration des rangs de la diplomatie fiémançaise, même si je n'aime pas ce mot, le personnel issu de cette pensée nationaliste et libérale a été remplacé, progressivement, en partie, et continue de l'être.
Aujourd'hui, nous représentons un imperium chorocrate, cela n'aura pas échappé à un homme de votre rang. C'est à dire que toute idéologie de domination raciale est absolument étrangère à ce système, quand bien même un pouvoir centralisé s'exerce sur des territoires variés. Puisque je vous parle autant en tant que représentant de populations zanyanaises comme alméranes, je me dois de vous ré-assurer les motivations du modèle, que vous définissez comme répondant légitimement à sa propre logique, que suit la Fiémance.
Nous travaillons beaucoup à l'émergence d'une élite autochtone dans les territoires qui sont sous la domination d'Opemont. Il s'agit du même combat en Cécopie que dans nos montagnes alméranes.
Le logiciel ancien, et qui a pu jouer peut-être dans certaines épopées comme celle de Choongwon, est absolument brisé car l'idée de classification hiérarchisée des cultures n'est pas compatible avec la chorocratie, qui je vous le répète, a pris une place considérable dans la gestion de nos politiques.
De la même façon, l'affrontement internationalisé de concepts patrimoniaux dressés en autant de nations me paraît dépassé. Le combat n'est plus entre certaines nations luttant contre d'autres pour réaffirmer des droits de domination, ou des droits d'émancipation. Le combat est entre une marchandisation de l’entièreté de l'inerte et du vivant, qu'elle soit dirigiste ou libérale, et reconstitution d'une écosphère intégrant pleinement l'être humain, exprimé en autant de races supérieures qu'il y a de milieux et de traditions de mise en valeur.
Il est bon qu'au sommet de l'affrontement idéologique mondial entre une tradition évolutive issue du Grand Partage, l'homme sujet sur la nature objet, et une nouvelle forme de pensée inspirée d'une réconciliation entre l'humain, le progrès et la coutume ethnozootechnique, il y ait deux fauteuils que nous pouvons occuper en discutant, et en échangeant, pour que nos modèles à défaut de s'affronter partagent et profitent l'un de l'autre.
Mais croyez le bien, dans cette configuration idéologique, la place du racisme biologisant ou culturel n'est pas concevable, et ne peut même se superposer à des considérations de frontières, de délimitations géographiques étatisées.
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Siman
[justify]S.E M. Hirofumi Nakasone : La chorocratie, aussi innovante soit elle, s’inspire tout de même de plusieurs siècles d’histoire et de tradition en Fiémance. Si cette idéologie, puisqu’il convient de la nommer ainsi, place chaque individu au même niveau, alors nous l'estimerons à sa juste valeur. Néanmoins, il est curieux de reprocher au libéralisme, économique ou politique, de supporter des régimes politiques qui défendent la domination raciale. C'est antinomique. Le libéralisme, dans sa forme commune, prétend défendre activement des droits et libertés fondamentaux. L’égalité, la liberté des individus est un droit absolu que l’Alméra, dans un passé récent, a proposé au monde comme modèle de société démocratique. Les Etats, en Alméra ou au Makara ont toujours eu la liberté de s’inspirer d’un modèle lointain qui n’était pas le leur, pour le meilleur et pour le pire. Nous avons fait ce choix d'ériger la liberté des individus au rang de première liberté dans notre Constitution, aux côtés de l'égalité. Mettre en cause le libéralisme politique pour justifier un discours colonialiste qui place les étrangers au rang de sous-hommes est une absurdité. Ce discours colonialiste de l'ancien régime fiémançais, aux relents nauséabonds, relève au mieux d’un nationalisme aveugle et exacerbé, au pire du fascisme. Que la classe politique fiémançaise, dominée par l’idéologie chorocrate, repousse ces idées au relent raciste est une bonne chose pour l’équilibre de nos relations mais aussi des relations, souvent tendues, entre l’Occident et l’Orient.
Toutefois, votre questionnement sur le devenir de l'homme au sein d'un espace universel qu'il ne maitrise pas est questionnement partagé. Votre inquiétude à propos de l’environnement est légitime. Vous le savez sans doute mais la Fiémance ne pourra pas toute seule préserver l’équilibre de notre biosphère, le Raksasa non plus. Cette inquiétude revient à bloquer toute sorte de développement économique au profit des plus développés. Nous ne pensons pas que nuire au développement économique de l’Orient soit la meilleure proposition que puisse faire l’Occident dans les temps actuels. S’il existe un droit pour la Fiémance de déconstruire ce que ses pères fondateurs ont construit, il existe aussi un droit pour l’Orient, dont le Raksasa est aujourd’hui le premier représentant, de se développer. La reconstruction de l’écosphère, dans son acceptation la plus large, deviendrait alors une priorité si sa destruction était avérée. Or, nous n’avons pas aujourd’hui les preuves scientifiques et indiscutables que notre écosphère est, ne serait-ce que, menacée. Le choix de la Fiémance est le sien, nous ne le discutons pas.
Cette considération sur la nature nous pousse à croire qu’une politique chorocrate peut effectivement donner lieu à un rapprochement entre nos Etats tant son acceptation des autres cultures est fondamentale. Toutefois, celle-ci ne devrait pas alors avoir une certaine tendance à s’étendre outre mesure mais dans des proportions raisonnables. La politique commerciale de la Fiémance avec ses comptoirs sur tous les continents est une raison de cette crainte : elle était présente sous l’ancien régime, elle est aujourd’hui toujours en vigueur et vient de s’amplifier après l’officialisation des accords du Nankin, votre comptoir au Mayong. Ne croyez pas que ce genre de pratiques ne donne lieu à des craintes quant à vos réelles ambitions ? D’autant plus dans cette région du sud-Makara où les armées sont en permanence en état d’alerte avec désormais l’intrusion d’un protectorat fiémançais dans une zone sous haute tension.[/justify]
Toutefois, votre questionnement sur le devenir de l'homme au sein d'un espace universel qu'il ne maitrise pas est questionnement partagé. Votre inquiétude à propos de l’environnement est légitime. Vous le savez sans doute mais la Fiémance ne pourra pas toute seule préserver l’équilibre de notre biosphère, le Raksasa non plus. Cette inquiétude revient à bloquer toute sorte de développement économique au profit des plus développés. Nous ne pensons pas que nuire au développement économique de l’Orient soit la meilleure proposition que puisse faire l’Occident dans les temps actuels. S’il existe un droit pour la Fiémance de déconstruire ce que ses pères fondateurs ont construit, il existe aussi un droit pour l’Orient, dont le Raksasa est aujourd’hui le premier représentant, de se développer. La reconstruction de l’écosphère, dans son acceptation la plus large, deviendrait alors une priorité si sa destruction était avérée. Or, nous n’avons pas aujourd’hui les preuves scientifiques et indiscutables que notre écosphère est, ne serait-ce que, menacée. Le choix de la Fiémance est le sien, nous ne le discutons pas.
Cette considération sur la nature nous pousse à croire qu’une politique chorocrate peut effectivement donner lieu à un rapprochement entre nos Etats tant son acceptation des autres cultures est fondamentale. Toutefois, celle-ci ne devrait pas alors avoir une certaine tendance à s’étendre outre mesure mais dans des proportions raisonnables. La politique commerciale de la Fiémance avec ses comptoirs sur tous les continents est une raison de cette crainte : elle était présente sous l’ancien régime, elle est aujourd’hui toujours en vigueur et vient de s’amplifier après l’officialisation des accords du Nankin, votre comptoir au Mayong. Ne croyez pas que ce genre de pratiques ne donne lieu à des craintes quant à vos réelles ambitions ? D’autant plus dans cette région du sud-Makara où les armées sont en permanence en état d’alerte avec désormais l’intrusion d’un protectorat fiémançais dans une zone sous haute tension.[/justify]
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Arios
Edmond Villefroy : Je me dois tout d'abord de vous rassurer. Contrairement aux souhaits, peut être mal pensés, de la communauté nankinoise, mayongaise, nous avons refuser le maintien d'un protectorat selon les codes anciens. Le territoire du Nankin est sous l'entier pouvoir économique de la Fiémance, je vous le confirme. Mais celle-ci n'a aucune incidence militaire, aucun droit de passage ni de stationnement, et dépend dans son exclusivité des services de défense de la République du Mayong.
Ainsi, la valeur de ce comptoir est purement économique, il s'agit d'un territoire sur lequel une économie chorocrate peut se développer, au service du commerce et des commerçants de toute la région, notamment des Raksasans.
Mais il ne s'agit pas de possession militaire.
Le Mayong est le seul maître quant à la défense de ce territoire, où un développement autre que celui de la République va être proposé.
Aussi, à tout instant et pensant que son gouvernement économique fiémançais n'est plus avantageux, le Mayong est capable d'y mettre fin.
Pour revenir une dernière fois, je l'espère, sur la question du racisme, laissez-moi vous dire cela.
J'ai évoqué le libéralisme, car les anciennes forces au pouvoir en Fiémance, héritées de la tradition brestangeaise, étaient bourgeoises, libérales, et par ailleurs racistes.
Malheureusement, il ne s'agit pas d'un gros mot.
Le racisme est la sensation, pour une population isolée, d'une supériorité par rapport à d'autres. Elle est un fond de commerce qui justifie une forme de capitalisme de domination.
Ce capitalisme impérialiste est définitivement mort, bien que le poids de l'Histoire invite aujourd'hui à considérer certains territoires ultramarins comme autant d'avantages pour mettre en relation les territoires au service d'intérêts pluriels et internationaux.
Le Raksasa se bat légalement pour faire progresser ses entreprises à l'étranger, au sein d'autres États voulus États-nations. Ses entreprises sont ses idées, et son pouvoir.
Nous avons d'autres idées, et une autre conception du pouvoir ; celles d'une intégration des peuples dans leur milieu, celle d'une force culturelle à mobiliser pour exister sur la scène internationale.
Quelques entreprises raksasanes opérant au sein d'autres États-nations ayant ouverts leurs frontières sont plus efficaces, pour l'économie nationale, que tous les comptoirs du monde où des paysans et des chasseurs-cueilleurs sont aidés à vivre avec leurs traditions, même anciennes.
Au-delà de tout cela, et vous l'avez justement dit, nous avons à partager davantage qu'à opposer. Nous nous entendons sur le principe, plus éternel qu'il n'y paraît, de dialogue respectueux entre les civilisations. Entendons nous également que chacun de nos pays peut offrir à l'autre ; d'abord bien sûr car cela va de nos intérêts économiques, et donc de notre pouvoir. Mais encore car il est important de lier nos deux civilisations, par des nerfs d'échanges qui les empêcheront à l'avenir de souhaiter régler des différents autrement que par le dialogue.
Je serais content, dans certains secteurs de pointe qu'ils relèvent de la pensée ou de la technique, qu'un quelconque savoir-faire fiémançais puisse permettre l'investissement dans votre pays.
Et je serais content, à l'inverse, que des entreprises du Raksasa trouvent leur bonheur dans l'ouverture de certains marchés urbains, de notre espace continental et ultramarin.
La différence de nos deux modèles fait aussi la force de leur co-existence. Ils sont complémentaires, davantage qu'adversaires. Du moins l'effort pour qu'ils le soient me semble abordable.
Ainsi, la valeur de ce comptoir est purement économique, il s'agit d'un territoire sur lequel une économie chorocrate peut se développer, au service du commerce et des commerçants de toute la région, notamment des Raksasans.
Mais il ne s'agit pas de possession militaire.
Le Mayong est le seul maître quant à la défense de ce territoire, où un développement autre que celui de la République va être proposé.
Aussi, à tout instant et pensant que son gouvernement économique fiémançais n'est plus avantageux, le Mayong est capable d'y mettre fin.
Pour revenir une dernière fois, je l'espère, sur la question du racisme, laissez-moi vous dire cela.
J'ai évoqué le libéralisme, car les anciennes forces au pouvoir en Fiémance, héritées de la tradition brestangeaise, étaient bourgeoises, libérales, et par ailleurs racistes.
Malheureusement, il ne s'agit pas d'un gros mot.
Le racisme est la sensation, pour une population isolée, d'une supériorité par rapport à d'autres. Elle est un fond de commerce qui justifie une forme de capitalisme de domination.
Ce capitalisme impérialiste est définitivement mort, bien que le poids de l'Histoire invite aujourd'hui à considérer certains territoires ultramarins comme autant d'avantages pour mettre en relation les territoires au service d'intérêts pluriels et internationaux.
Le Raksasa se bat légalement pour faire progresser ses entreprises à l'étranger, au sein d'autres États voulus États-nations. Ses entreprises sont ses idées, et son pouvoir.
Nous avons d'autres idées, et une autre conception du pouvoir ; celles d'une intégration des peuples dans leur milieu, celle d'une force culturelle à mobiliser pour exister sur la scène internationale.
Quelques entreprises raksasanes opérant au sein d'autres États-nations ayant ouverts leurs frontières sont plus efficaces, pour l'économie nationale, que tous les comptoirs du monde où des paysans et des chasseurs-cueilleurs sont aidés à vivre avec leurs traditions, même anciennes.
Au-delà de tout cela, et vous l'avez justement dit, nous avons à partager davantage qu'à opposer. Nous nous entendons sur le principe, plus éternel qu'il n'y paraît, de dialogue respectueux entre les civilisations. Entendons nous également que chacun de nos pays peut offrir à l'autre ; d'abord bien sûr car cela va de nos intérêts économiques, et donc de notre pouvoir. Mais encore car il est important de lier nos deux civilisations, par des nerfs d'échanges qui les empêcheront à l'avenir de souhaiter régler des différents autrement que par le dialogue.
Je serais content, dans certains secteurs de pointe qu'ils relèvent de la pensée ou de la technique, qu'un quelconque savoir-faire fiémançais puisse permettre l'investissement dans votre pays.
Et je serais content, à l'inverse, que des entreprises du Raksasa trouvent leur bonheur dans l'ouverture de certains marchés urbains, de notre espace continental et ultramarin.
La différence de nos deux modèles fait aussi la force de leur co-existence. Ils sont complémentaires, davantage qu'adversaires. Du moins l'effort pour qu'ils le soient me semble abordable.
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Siman
[justify]S.E M. Hirofumi Nakasone : Bien que le Raksasa accepte le principe d’un comptoir fiémançais au Mayong si ce dernier, en sa qualité d’Etat souverain, l’accepte aussi. Tout ce qui est favorable au commerce et aux échanges retiendra l’attention de mon gouvernement puisque nous vivons du commerce et nous défendons la paix grâce à la multiplication des échanges. Nous avons suscité l’espoir pour une paix mondiale il y a plusieurs années avec la création d’une zone économique mixte avec l’URCM. Cette zone est aujourd’hui un succès total et elle sera très probablement agrandie pour une troisième fois. Nous croyons pleinement au développement du commerce international pour favoriser la paix, soyez en sûr. C’est pourquoi nous acceptons votre comptoir de Nankin, nous vous garantissons notre neutralité diplomatique dans cette affaire si jamais ce territoire venait à être remis en cause par une autre puissance régionale.
Puisque nous discutons du Nankin et que vous vantez les mérites des échanges commerciaux, il serait fort intéressant de mettre en place les conditions indispensables à la création d’une zone d’échange intégrant le Raksasa dans vos activités au Mayong via le Nankin. Un accord sur ce territoire permettrait ensuite d’étudier, avec plus d’assurance, l’hypothèse d’un accord direct entre la Fiémance et le Raksasa, d’ici quelques mois sur cette question des échanges commerciaux.
Nous entendons vos propositions et souhaitons discuter d’une politique de coopération bilatérale sur les cultures agricoles. Nous connaissons votre expertise dans ce domaine et nous souhaiterions profiter de celle-ci pour améliorer notre production agricole nationale. Vous n’êtes pas sans savoir que la croissance démographique offre au Raksasa près de 10 millions de nouveaux citoyens chaque année en moyenne depuis plus de quinze ans. Cette population doit être nourrie et nos besoins en la matière sont colossaux. Nous souhaitons donc demander à la Fiémance son appui pour améliorer notre production agricole et un éventuel partenariat pour permettre l’approvisionnement du Raksasa en denrées alimentaires pour satisfaire notre consommation nationale. Les valeurs humanistes de la chorocratie seront ainsi pleinement mises à l’honneur si la Fiémance fait œuvre de coopération face à ce défi majeur.[/justify]
Puisque nous discutons du Nankin et que vous vantez les mérites des échanges commerciaux, il serait fort intéressant de mettre en place les conditions indispensables à la création d’une zone d’échange intégrant le Raksasa dans vos activités au Mayong via le Nankin. Un accord sur ce territoire permettrait ensuite d’étudier, avec plus d’assurance, l’hypothèse d’un accord direct entre la Fiémance et le Raksasa, d’ici quelques mois sur cette question des échanges commerciaux.
Nous entendons vos propositions et souhaitons discuter d’une politique de coopération bilatérale sur les cultures agricoles. Nous connaissons votre expertise dans ce domaine et nous souhaiterions profiter de celle-ci pour améliorer notre production agricole nationale. Vous n’êtes pas sans savoir que la croissance démographique offre au Raksasa près de 10 millions de nouveaux citoyens chaque année en moyenne depuis plus de quinze ans. Cette population doit être nourrie et nos besoins en la matière sont colossaux. Nous souhaitons donc demander à la Fiémance son appui pour améliorer notre production agricole et un éventuel partenariat pour permettre l’approvisionnement du Raksasa en denrées alimentaires pour satisfaire notre consommation nationale. Les valeurs humanistes de la chorocratie seront ainsi pleinement mises à l’honneur si la Fiémance fait œuvre de coopération face à ce défi majeur.[/justify]
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Arios
Le premier ministre parut très concerné par la demande du Raksasa, ce qui lui effaça vite le regret d'apprendre qu'il faudrait attendre plusieurs mois encore avant d'établir un contrat commercial. Son aile gauche tenterait de le détruire, une fois que le plan de modernisation du Mayong serait connu par la vie politique interne. En frappant une nouvelle fois ici, au Raksasa, offrant son aile protectrice aux ingénieurs agronomes qui pourraient user de leur science dans un autre pays, autrement plus colossal, du Makara, il prendrait même jusqu'à la figure de l'antéchrist. Mais l'amitié du Raksasa, et surtout un commerce avec lui, passerait par cette aide agricole qui défiait tous les principes de la chorocratie.
Edmond Villefroy : En effet, la problématique des nouveaux citoyens à nourrir chaque année est ... gigantesque, au Raksasa. Je ne vous raconte pas toutes les tentatives, tous les débats suscités par cette question, qui se pose avec moindre ampleur, en Fiémance. Mais à partir qu'un enfant nait, il est un être humain, avec des besoins à satisfaire avec la même détermination que pour les autres. C'est un domaine où guérir n'est pas possible, il faut ou prévenir ou assumer.
Aussi, même si la chorocratie n'a rien à voir la-dedans, je serais très content que des ingénieurs fiémançais proposent une réorganisation de la politique agricole du Raksasa. Nous avons un savoir-faire, nous n'en appliquons que certains principes pour des motifs et des choix qui sont propres à une organisation sociale, mais si un autre pays a besoin de ce savoir-faire, quand ses choix sont différents, nous devons lui apporter ; il faut que les nouveaux raksasans aient à manger, soient dans l'aisance, ce qui est aussi la condition d'une natalité raisonnable.
Des ingénieurs agronomes se pencheront sur l'organisation agricole du Raksasa, en prenant en compte ses spécificités, mais sans angélisme sur la question de l'identité. Pour nourrir votre population, il va falloir faire une croix sur un certain nombre d'archaïsmes typiques à certaines agricultures traditionnelles qui se maintiennent en différentes parts de l'empire, probablement. Cela devra donner lieu à des débats, par voie d'ambassades, afin que nos équipes connaissent, outre les objectifs que vous avez clairement énoncé, les limites physiques ou même morales à une politique agricole qui produise assez pour nourrir l'Empire.
Je considère qu'il s'agit là de notre premier partenariat de la journée.
Par ailleurs, la plupart du blé excédentaire fiémançais est déjà vendu, à des clients plus proches, pour ce qui est du territoire métropolitain. Les nouveaux affres qui s'abattent sur le Nihongo condamnent néanmoins nos accords d'approvisionnement agricoles depuis la Cécopie.
Avec ces accords, le Raksasa garantirait également le transit entre la Cécopie et le Nankin, qui paraît indispensable pour établir une économie profitable à tous à partir du comptoir, la voie Nankin-Shish étant opérationnelle, utile et nécessaire à d'autres acteurs, elle ne pourrait se suffire à elle-même en cas de boom nankinois.
Je vous fais transmettre les clauses applicables à un approvisionnement, qui pourrait débuter la semaine prochaine, entre Putambé et vos côtes.
[quote]- patate douce (46%)
- racines d'igname (18%)
- racines de taro (12%)
- racines de manioc (24%)
pour les produits féculents permettant l'alimentation selon l'apport journalier recommandé par l'OMD de 17 millions de personnes,
- morceaux réfrigérés, cochon zanyanais (tonnage >69% de viande) (38%)
- morceaux réfrigérés, buffle séché (tonnage >83% de viande) (34%)
- morceaux réfrigérés, mouton cécopien (tonnage >81% de viande) (28%)
pour les produits carnés et protéinés permettant l'alimentation selon l'apport journalier recommandé par l'OMD de 4,5 millions de personnes.[/quote]
Les paysans cécopiens étant les seuls à profiter de telles exportations, bien entendu.
Pour ce qui est du Nankin, que dans la clairvoyance qui caractérise les bonnes élites makaranes vous permettez, nous comptons y appliquer là-bas des principes agricoles qui varient de beaucoup des modes d'organisation que nous allons aider, par nos ingénieurs, à instituer au Raksasa. A différentes configurations, fort heureusement, différentes solutions. Ainsi les campagnes du Nankin, aussi petites soient-elles, ne pourraient pas devenir un marché aux produits raksasans.
Mais Nankinville, elle, et principalement en toute logique puisque la métropole est lointaine, pourrait être pratiquement exclusivement approvisionnée, en bien des choses, par le Raksasa. Et construite, en bien des points, par des entreprises raksasanes.
Avec le parrainage, sinon la neutralité, de l'Empire, Nankinville va pouvoir intégrer la liste des cités ultramarines bénéficiant des planifications du CIEF, Comité interurbain de l'espace fiémançais. Sur la mer, nous allons pouvoir construire la nouvelle cité.
Il serait bon qu'elle soit un pont entre le Wapong, le Mayong, et le Raksasa. Un abri, à l'ultime extrémité de l'Orient, à des relations pacifiées entre Alméra et Makara.
Mais en attendant, et au-delà de ces principes, des taux de douanes bas doivent être mis en place, dans l'investissement comme dans le retour, afin que chaque nouveau citoyen du Nankinville soit un nouveau consommateur raksasan.
C'est le prix à payer, je crois, pour que les paysans nankinois profitent dans leur sphère d'un ordre naturel des rizières, et illustre les premiers pas d'une chorocratie makarane.
Edmond Villefroy : En effet, la problématique des nouveaux citoyens à nourrir chaque année est ... gigantesque, au Raksasa. Je ne vous raconte pas toutes les tentatives, tous les débats suscités par cette question, qui se pose avec moindre ampleur, en Fiémance. Mais à partir qu'un enfant nait, il est un être humain, avec des besoins à satisfaire avec la même détermination que pour les autres. C'est un domaine où guérir n'est pas possible, il faut ou prévenir ou assumer.
Aussi, même si la chorocratie n'a rien à voir la-dedans, je serais très content que des ingénieurs fiémançais proposent une réorganisation de la politique agricole du Raksasa. Nous avons un savoir-faire, nous n'en appliquons que certains principes pour des motifs et des choix qui sont propres à une organisation sociale, mais si un autre pays a besoin de ce savoir-faire, quand ses choix sont différents, nous devons lui apporter ; il faut que les nouveaux raksasans aient à manger, soient dans l'aisance, ce qui est aussi la condition d'une natalité raisonnable.
Des ingénieurs agronomes se pencheront sur l'organisation agricole du Raksasa, en prenant en compte ses spécificités, mais sans angélisme sur la question de l'identité. Pour nourrir votre population, il va falloir faire une croix sur un certain nombre d'archaïsmes typiques à certaines agricultures traditionnelles qui se maintiennent en différentes parts de l'empire, probablement. Cela devra donner lieu à des débats, par voie d'ambassades, afin que nos équipes connaissent, outre les objectifs que vous avez clairement énoncé, les limites physiques ou même morales à une politique agricole qui produise assez pour nourrir l'Empire.
Je considère qu'il s'agit là de notre premier partenariat de la journée.
Par ailleurs, la plupart du blé excédentaire fiémançais est déjà vendu, à des clients plus proches, pour ce qui est du territoire métropolitain. Les nouveaux affres qui s'abattent sur le Nihongo condamnent néanmoins nos accords d'approvisionnement agricoles depuis la Cécopie.
Avec ces accords, le Raksasa garantirait également le transit entre la Cécopie et le Nankin, qui paraît indispensable pour établir une économie profitable à tous à partir du comptoir, la voie Nankin-Shish étant opérationnelle, utile et nécessaire à d'autres acteurs, elle ne pourrait se suffire à elle-même en cas de boom nankinois.
Je vous fais transmettre les clauses applicables à un approvisionnement, qui pourrait débuter la semaine prochaine, entre Putambé et vos côtes.
[quote]- patate douce (46%)
- racines d'igname (18%)
- racines de taro (12%)
- racines de manioc (24%)
pour les produits féculents permettant l'alimentation selon l'apport journalier recommandé par l'OMD de 17 millions de personnes,
- morceaux réfrigérés, cochon zanyanais (tonnage >69% de viande) (38%)
- morceaux réfrigérés, buffle séché (tonnage >83% de viande) (34%)
- morceaux réfrigérés, mouton cécopien (tonnage >81% de viande) (28%)
pour les produits carnés et protéinés permettant l'alimentation selon l'apport journalier recommandé par l'OMD de 4,5 millions de personnes.[/quote]
Les paysans cécopiens étant les seuls à profiter de telles exportations, bien entendu.
Pour ce qui est du Nankin, que dans la clairvoyance qui caractérise les bonnes élites makaranes vous permettez, nous comptons y appliquer là-bas des principes agricoles qui varient de beaucoup des modes d'organisation que nous allons aider, par nos ingénieurs, à instituer au Raksasa. A différentes configurations, fort heureusement, différentes solutions. Ainsi les campagnes du Nankin, aussi petites soient-elles, ne pourraient pas devenir un marché aux produits raksasans.
Mais Nankinville, elle, et principalement en toute logique puisque la métropole est lointaine, pourrait être pratiquement exclusivement approvisionnée, en bien des choses, par le Raksasa. Et construite, en bien des points, par des entreprises raksasanes.
Avec le parrainage, sinon la neutralité, de l'Empire, Nankinville va pouvoir intégrer la liste des cités ultramarines bénéficiant des planifications du CIEF, Comité interurbain de l'espace fiémançais. Sur la mer, nous allons pouvoir construire la nouvelle cité.
Il serait bon qu'elle soit un pont entre le Wapong, le Mayong, et le Raksasa. Un abri, à l'ultime extrémité de l'Orient, à des relations pacifiées entre Alméra et Makara.
Mais en attendant, et au-delà de ces principes, des taux de douanes bas doivent être mis en place, dans l'investissement comme dans le retour, afin que chaque nouveau citoyen du Nankinville soit un nouveau consommateur raksasan.
C'est le prix à payer, je crois, pour que les paysans nankinois profitent dans leur sphère d'un ordre naturel des rizières, et illustre les premiers pas d'une chorocratie makarane.