Rencontre Terrile-Fiémance à Terrilville

Umbre

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Le sommet diplomatique de la journée ressemblait sous certains aspects à une réunion de famille entre deux cousins qui ne se sont plus vus depuis des années. Bien que la Fiémance n'ait jamais prit possession de la grande île nord-vicaskarane durant sa glorieuse période coloniale, certains des colons francophones d'Alméra y ont pourtant importé sa culture et sa langue qui sont encore bien vivantes aujourd'hui. Mais si les représentants de la Fiémance et de Terrile savent bien ce qui les rapproche tant, ils n'en oublient pas pour autant les différences majeures qui se sont développées au cours des siècles d'éloignement. Le conseil des nations de Terrile a cependant accepté la rencontre diplomatique, estimant que ces différences ne devraient pas être un obstacle à des accords commerciaux voir même à un partenariat plus poussé.

Pour le représenter, le conseil des nations de Terrile a désigné deux chefs en fonction de leurs compétences. Le premier se nomme Aubin Pestore et appartient à la communauté fiémançaise de Havrefranc. Membre du puissant clan du pygargue, comme l'indique la broche qui ferme son veston et qui représente cet animal en vol, et désigné parmi les représentants de la nation Arrebente au sein du conseil des nations, il est issu d'une illustre famille de commerçants. Le second se nomme Cybard Corrivaud, désigné pour représenter la nation Lucignan au conseil des nations et spécialiste en géopolitique et plus particulièrement sur le continent alméran. Sa boucle d'oreille représentant une tête de cerf marque son appartenant au clan du même nom, l'un des plus importants de sa nation d'origine. Leur mission aujourd'hui sera de parler au nom de la confédération dans son ensemble et de négocier les intérêts de chacun, ainsi leur présence en duo est également un gage que le représentant de la confédération ne négocie pas avant tout pour son propre clan, tribu ou nation.

Les deux hommes attendaient donc avec patience l'avion qui devait amener le ministre fiémançais des affaires étrangères jusqu'à la capitale confédérale. Le comité d'accueil était plutôt restreint en dehors des deux chefs et la sécurité à son minimum, le risque d'un attentat étant nul ou presque... en réalité les quelques miliciens étaient là principalement pour la sécurité des deux chefs et non pour celle de l'ambassadeur de Fiémance. De même, la réception prévue était minimale pour ne pas dire non préparée, car la culture terrilienne n'avait pas pour habitude de considérer l'invité comme un roi ou de lui accorder une quelconque attention particulière. Les hommes traitent d'égal à égal. Tous étaient chaudement vêtu car cette fin de mois de novembre était plutôt fraîche sur la capitale, comme dans le reste de l'île, et le vent soufflait sur la longue piste dégagée.
Arios

Message par Arios »

Gaston Mauyon revenait des Adélaïdes, et avait été malade suite à l'ingestion d'un agneau nourri vraisemblablement aux hormones de croissance. Il avait passé un sale voyage, humide, et sa surcharge pondérale n'arrangeait rien.
Il descendit de l'avion, content d'être à nouveau au contact de l'air libre, frais, qui lui faisait passer ses douleurs. Il allait rencontrer un pays atypique, où, espérait-il, la nourriture serait meilleure.
Mais il était ici pour des échéances plus graves : nouer des relations avec le Terrile, pays au potentiel particulièrement élevé, et avec lequel la Fiémance conservait les liens du sang.
Bien que très peu de liens politiques...


Gaston Mauyon : Merci de m'accueillir sur vos terres. Depuis l'avion, je voyais ces montagnes, ces plaines cultivées : votre territoire est énorme, c'est pitié que nous ne puissions commencer à la seconde à vous apporter les outils pour sa prospérité. Je suis heureux de vous rencontrer.
Umbre

Message par Umbre »

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Les deux chefs du conseil des nations accueillirent avec politesse l'envoyé de Fiémance, passant sous silence la mine malade qu'il arborait à la descente de l'appareil. Sûrement le mal de l'air s'était dit Cybard en le voyant ainsi alors que son homologue prenait la parole.

Aubin Pestore : Nous sommes heureux de vous accueillir sur notre sol ; ce sol qui est, comme vous l'avez visiblement constaté, notre première richesse. Nous aurons largement le temps d'évoquer les possibilités qui s'offrent à nous pour le valoriser d'avantage, et nous vous remercions de le proposer, mais pour cela nous nous rendrons d'abord au centre ville pour nous installer.

Tandis que les trois hommes se dirigeaient vers les automobiles à disposition pour le trajet, les deux chefs en profitèrent pour se présenter à leur invité et lui donner leurs noms et fonctions. L'aéroport de la capitale se trouvait juste en périphérie de celle-ci, et le voyage ne fut pas très long pour rejoindre l'annexe des affaires étrangères. Gaston Mauyon pourra remarquer durant le transport que Terrilville est une ville singulière sur bien des aspects. Ville récente d'architecture moderne, elle a été conçue de manière fonctionnelle et n'est que le rassemblement en un même lieu de différents services, de marchés et bâtiment administratifs, sans aucun quartier d'habitation. Une fois arrivé au bâtiment servant d'annexe pour les affaires étrangères, le ministre fiémançais fut mené dans une grande pièce simplement décorée et fut invité à prendre place autour de la table centrale.

Cybard Corrivaud : Nous avons cru comprendre que votre visite avait pour objectif premier de développer les relations économiques et commerciales entre nos deux nations, bien que nous ayons mandat pour discuter tout autre sujet également. Nos deux pays ont semble-t-il une économie fortement tournée vers l'agriculture et le monde rural en général ce qui devrait nous ouvrir de nombreuses perspectives d'entente. Vous avez sollicité cette rencontre, et nous en sommes honorés, nous sommes donc à votre écoute, souhaitiez-vous développer un point en particulier ?
Arios

Message par Arios »

Gaston Mauyon : Un point en particulier ? Non pas pour le moment. En effet nos pays sont tournés vers l'agriculture, probablement pas dans les mêmes proportions ou sinon pas disons avec le même angle. Justement j'aimerai avoir des nouvelles de votre pays et de ses évolutions dernières. Nous savons qu'il s'agit d'une terre agricole, une terre de traditions, mais la vue de votre ville me l'a bien montré : le Terrile est avant-gardiste, il a mené une politique particulière au sein d'une façon de s'administrer qui lui est propre.
Quels sont les principaux piliers de votre régime et les motivations de son administration, de son idéologie ?
Umbre

Message par Umbre »

Cybard Corrivaud : Il est vrai que nous avons une organisation unique car nous ne disposons pas d'un pouvoir centralisé et il serait difficile de vous l'exposer dans toutes ses nuances en quelques minutes. Le principal pilier de notre régime, si on peut l'appeler ainsi, est le clan matriarcal qui est à la fois la plus petite unité et la principale unité de la confédération. Les niveaux supérieurs de décision ont en réalité un rôle d'arbitre plus qu'un réel rôle de décision, et les chefs comme nous le sommes ne sont pas des chefs au sens courant du terme mais les représentants des clans.

Aubin Pestore : Et le clan est matricentré, c'est donc la mère qui centralise tout ce qui concerne son clan ce qui explique qu'il n'existe pas de pouvoir centralisé ni de ville centralisant tous les services. Nos villes sont simplement un lieu de convergence des différents clans et de leurs activités, elles sont principalement un carrefour des échanges commerciaux. Les clans n'habitent pas les villes, leurs membres s'y rendent pour commercer ou effectuer une tâche autre puis repartent, ce qui fait que l'activité des villes est changeante d'une saison à l'autre, tout comme la démographie qui peut tripler sur un mois et se vider en une semaine. L'union des clans repose sur le compromis, il n'existe pas de gouvernement qui décide et impose. La division sexuelle des rôles au sein de la société a également un rôle important pour comprendre le processus de décision au sein de la confédération, et pour comprendre pourquoi vous négociez avec deux chefs mâles alors que nous venons de vous expliquer que les mères seules décident pour le clan. Notre société respecte les compétences naturelles de chacun et ne fait pas faire à une femme ce qu'un homme est naturellement plus disposé à accomplir, et inversement.

Cybard Corrivaud : Le respect de ces lois naturelles et leur connaissance est l'un des piliers de l'idéologie dominante de notre confédération, une idéologie généralement désignée sous le terme d'eugénisme terrilien. Contrairement à d'autres formes d'eugénisme il ne s'agit pas d'une vision raciale de l'humanité et de la domination d'une race sur les autres, mais simplement le souhait de voir un Homme meilleur génération après génération. Il y aurait encore beaucoup à dire, et nous pouvons répondre à des questions précises si vous en avez d'autre sur des aspects dont vous souhaitez approfondir la connaissance, mais il s'agit là d'un bon résumé de notre organisation politique qui aura répondu à votre question je l'espère.
Arios

Message par Arios »

Gaston Mauyon : Oui, oui, certes, je vois.

Mauyon mettait du sien. Il était satisfait de la vision des villes que lui développait Pestore. La chorocratie repose en effet sur le "pouvoir à la couronne des champs" qui est ainsi imposé aux villes. Il voyait un point de convergence net avec le système en Terrile.
Mais il ne pouvait s’empêcher de penser à la Ménovie, Azude, et autre territoire où l'État relève d'un nœud au cerveau, recherchant plus la limite du bizarre que l'efficacité sur le terrain.
Mais néanmoins les faits parlaient d'eux-mêmes, il y avait très certainement des points communs entre la Fiémance et le Terrile, et l'identité fiémançaise des premiers colons y avait probablement contribué.


Gaston Mauyon : En effet, nos villes également ont une démographie très variables selon la saison. Je dis nos villes par habitude. Il s'agit maintenant surtout des faubourgs d'Opemont, faubourgs de classes moyennes se reposant de plus en plus sur l'heureuse propriété agraire acquise à l'arrière, en campagne.

Il pensait cependant que le seul vocable tribal indiquait clairement l'influence notable des autochtones indiens sur les consciences des premiers colons, plongés dans la nuit du nouveau-monde, forcés de se grouper autour des feux allumés par les clans indigènes, groupés autour des mères chefs.

Gaston Mauyon : Votre modèle s'inspire-t'il et cohabite-t'il encore avec une population autochtone indienne ?
Umbre

Message par Umbre »

Aubin Pestore : Les colons qui ont posé le pied sur Terrile étaient poussés par un fort sentiment de liberté absolue qui n'a pas permit le développement d'un état fort comme il en existait et existe toujours en Alméra. Ils ont découverts au contact des populations autochtones le système matriarcal et l'ont embrassé car il correspondait à leurs aspirations, notre modèle actuel s'inspire donc directement du modèle irinakhois qui existait jadis. Il s'en est cependant en partie éloigné avec la progression des idées eugénistes qui n'existaient pas chez les populations natives de l'île. Ces dernières ont aujourd'hui presque totalement disparues et sont devenues insignifiantes, il n'existe d'ailleurs aucun clan uniquement composé de population irinakhoise. On pourrait dire que le système clanique était plus adapté au développement de notre société sur l'île ce qui explique la disparition du système politique alméran sur Terrile, tandis que les populations alméranes étaient plus adaptées à prospérer au sein de ce système clanique ce qui explique le remplacement naturel des populations autochtones.

Sur cette conclusion logique et froide d'un eugéniste convaincu, son homologue décida de revenir sur un autre sujet de discussion.

Cybard Corrivaud : Je n'ai pas encore étudié la question en profondeur, mais j'ai en partie pris connaissance des changements politiques en Fiémance. Vous avez entrepris un vaste programme de déconstruction des zones urbaines et la valorisation des zones rurales. Pourriez vous nous en dire d'avantage sur cette politique et sur le mouvement ou l'idéologie chorocrate ?
Arios

Message par Arios »

Gaston Mauyon : Notre orientation politique, chorocrate, préconise que les centres urbains sont à l'unique service des zones rurales, afin d'écouler des productions, de produire une technologie de défense afin de sauvegarder la sécurité des campagnes.
Les campagnes sont au cœur de notre régime, car elles ont été pendant 2000 ans au cœur de notre nation.
Beaucoup de "nations" aujourd'hui se définissent d'abord comme des pôles urbains établis en réseaux, pour lesquels travaillent des zones agricoles vidés à terme de toute dynamique sociale ou humaine grâce à la mécanisation et aux technologies nouvelles.
Les gens qui établissent ces schémas n'ont pas conscience d'être la résultante d'une reproduction malheureuse et dopée par un excès alimentaire regrettable des indésirables et surplus du vrai peuple qui se situe au contact de la terre.
La chorocratie dit à demi-mot qu'il n'y a aucune existence valable en dehors des campagnes, lieux naturels organisés par l'Homme qui redonne à la Création la vigueur de sa prime jeunesse par son travail acharné.
Elle dit que l'homme est un animal social auquel la vie urbaine et individualiste n'est qu'un mirage, un greffon ne prenant que sur les vies de vauriens. L'homme n'est sortable ni de son terroir ni de sa communauté.
Et ces constructions idéologiques ne sont pas faîtes ex-nihilo : l'histoire entière de notre pays est celle d'un peuple paysan.
Lorsque le peuple paysan est dépassé par l'engeance urbaine de son surplus, notre pays tombe en décadence.
La "chorocratie" qui signifie le pouvoir accordé à la couronne des champs entourant les pôles urbains veille à ce que chaque personne puisse accéder au support généreux de la Création : terre nourricière, animaux nourriciers, communauté et organisation sociale populaire qui constitue par la fête et le rapport social la seule notion de croissance défendable.
Pour protéger ce cadre de vie qui va à contre-courant des grandes politiques, desquelles de nombreux politiciens mesquins et hommes de pouvoir tirent leur argent, il est nécessaire de ne pas montrer une chorocratie faible : un pays anarchiste qui serait envahi à la première occasion.
La plupart des pays sont actuellement dirigés par des groupes de personnes malades, arguant de leur "nation" respective pour mieux la détruire. Industrialisation massive, tertiarisation et urbanisation massive, dépendance toujours accrue du citoyen à l'État vorace.
Nous devons maintenir une population urbaine et tertiaire, industrielle et innovante, pour protéger le modèle que nous défendons et qui est le seul valable pour la Fiémance et probablement de nombreux peuples. C'est le modèle de l'harmonie entre l'espèce humaine et son environnement, au service de l'espèce humaine.
Nous maintenons donc Opemont, la capitale, et en faisons une ville importante dont la fonction dépasse celle du simple marché aux surplus comme nos autres villes, bourgs ruraux, sont destinés à être et demeurer. A l'exception bien sûr des surfaces littorales industrielles militaires.
Umbre

Message par Umbre »

Cybard Corrivaud : Il semblerait donc que nos deux pays ont en réalité plus de points communs qu'il n'y paraît, plus que nous le pensions avant de vous rencontrer malgré les fortes nuances qui persistent. Vous mettez en avant la fonction industrielle qui reste dévolue aux villes fiémançaises, et en particulier l'industrie de la défense. Ce n'est pas une industrie inexistante sur notre sol, au contraire, mais une industrie secondaire vieillissante qui n'a pas su bénéficier des investissements nécessaires pour rester compétitive. Il nous semble que ce n'est pas le cas de l'industrie de la défense fiémançaise qui est au contraire à la pointe de la technologie, une entreprise moderne adaptée aux conflits modernes. Bien que nos besoins dans ce domaine soient limités, la confédération se doit d'entretenir une armée de défense moderne et capable de répondre à toute menace. Nous serions donc intéressés pour négocier des accords dans le domaine de la défense avec vos entreprises, avec la possibilité de leur accorder une exclusivité concernant les produits disponibles.
Arios

Message par Arios »

Gaston Mauyon : La doctrine de notre principale entreprise d'armement a longtemps été à l'éclatement, celle-ci se poursuit actuellement avec en parallèle le développement de grands centres robotisés. C'est en accord avec notre volonté de voir un minimum de salariés, et abaisser toujours l'importance du salariat dans le revenu et la dépendance des sujets.

En effet nous pouvons conclure à un accord amical au nom de ces liens : vous proposer les tarifs nationaux.
Mais en contrepartie, nous aimerions installer une base permanente militaire sur une de vos côtes, pour un effectif moyen. Umbre en confiant un bail à l'Armée permettrait à la Fiémance d'obtenir un point de contrôle et un avant-poste au Vicaskaran du nord, qui comme vous le savez, est encore un terrain chaud.
Nous serions intéressés pour établir de façon permanente une réserve de 20 000 soldats se renouvelant au fil des mois.
Par ailleurs elle agira en force dissuasive.
Qu'en pensez-vous ?

Contre cette base, les tarifs nationaux pour l'armement. Si vous le désirez, nous faciliterons également l'installation de centres de production d'ArmaVuillermoz, pourquoi pas en collaboration avec vos usines, dans leurs locaux, et avec transfert technologique.
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