Colloque entre... (Roumalie/Stalagmanque)

Sir_Ulric

Message par Sir_Ulric »

<center>Choc des civilisations (V)

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Mandarins parcourant les lieux, calmement, animant leurs actions avec des discussions.


Le salut présenté par l'étranger était certes maladroit, mais l'intention se voyait, ce qui fit légèrement sourire le gouverneur, avant que celui-ci, entouré par des meurtrières imposantes et des hommes d'armes immobiles, mais vivants, ne progresse vers l'invité, pour tendre, dans un désir de politesse réciproque envers le nouveau venu, sa main, pour exécuter la salutation que jadis pratiquait les hommes d'Occident, qui empoignaient chacun non pas la main, mais l'avant-bras de son alter-ego, et qui servait aussi, selon les souvenirs du vieillard, de conclusion d'accords.


[img]http://img266.imageshack.us/img266/779/gouverneuradafianzy.png[/img]
Excellence Ada Fian-Zy, mandarin de 2e rang et gouverneur municipal de la cité de Yukuni, de la Cour royale, arborant le carré mandarin, représentant un faisan doré, talentueusement cousu et brodé

2e rang Ada Fian-Zy: «Bienvenue, exténué voyageur et respecté émissaire d'outre-mer. Je me nomme Ada Fian-Zy, attitré à la fonction de gouverneur de Yukuni. J'ai été chargé de vous recueillir en ma demeure de fonction, afin de vous y sustenter d'aliments et d’étancher votre soif aride, de liquides aromatisés, chauds comme froids. Je serai la voix qui communiquera avec vous, et la présence chaleureuse qui animera votre soirée ici, jusqu'à votre heure de sommeil, et la relève, au lendemain, par le Mandarin Ryu Mosa-Wu, qui vous fut probablement déjà présenté, en bonne et due forme.

En tant qu'hôte, je me tiendrai à votre disponibilité, et vous assurera sécurité et confort au sein de cet élégant château-fort, qui, pour parfaire vos connaissances, est à la fois un bastion, mais aussi, un véritable complexe palatial.

Il est de grande joie, pour ma part, de faire votre connaissance.

Veuillez me suivre, s'il-vous-plaît, Excellence, et je vous introniserai dans notre forteresse.

Commençons donc...Vous êtes le premier non-roumalien ayant la chance de pénétrer ce bâtiment, qui a été achevé en décembre 1511. Au départ, et c'est toujours le cas, cet endroit était la résidence des gouverneurs successifs et le siège de l'amirauté, qui se situ toujours dans l'aile ouest...
»


La visite se poursuivit, au sein de la superstructure, où il y avait, des œuvres d'art, comme des poteries, des peintures traditionnelles de calligraphie, des meubles de bois stylisés, des bibliothèques invertis de grimoires et de parchemins, recelant d’innombrables écrits immortalisés, mais aussi, moins imprégné dans le décor, des eunuques, en rangs, ou en déplacement, avec quelques gardes, ayant à leur ceinture, l'assemble Daisho, et en leur main, maintenue fermement, une Kwan Dao, correspondant à une hallebarde typique de l'Est du Makara, où à leur hampe, pendait le caractéristique tampon teinté de filasses rouges et foncées.

Qui plus est, tous les officiels, gardes, soldats, fonctionnaires, mêmes les castrats, portaient un chapeau, là, provenant uniquement de la Roumalie. C'était le couvre-chef mandarinal, représentant d'une part l'autorité du porteur, et d'une autre part, le rang de la dignité de celui-ci. Cela, à travers le type de pierre qui surmontait la coiffe. Un autre détail qui était omniprésent et très visible, était la pendante et longue natte tressée, que tous les hommes, sans exception, arboraient...

Le convié était apte à percevoir quelques sonorités, provenant du jardin extérieur, émanant d'instruments de musique confucéenne classique, harmonisant l'atmosphère du reste de l'étage.


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L'une des cours extérieures
Rezzacci

Message par Rezzacci »

Le diplomate stalagmantin parcourait les couloirs, en écoutant attentivement les descriptions du gouverneur. Deux ennuques s'étaient emparés de ses effets personnels, ce qui lui laissait les mains libres pour noter dans son calepin personnel un nombre effroyable de notes sur ce qu'il entendait. Il se demandait si sortir son appareil photographique argentique serait une idée adéquate, mais il se considérait déjà extrêmement chanceux d'être le premier étranger à pénétrer dans ces murs. Les photographies seraient pour un autre jour, alors.
La visite du palais, qui était fort grand, complexe et fourni, dura un certain temps, mais qui ne parut pas s'étendre aux yeux de Boraginacci, si envoûté par ces merveilles qu'il ne voyait pas le temps passer. Ce n'est qu'à un certain moment que son estomac, habituellement réglé aux horaires fixes du réfectoire du service des Archives, se mit à gargouiller, doucement, à la limite de l'audible.
L'heure du dîner approchait, visiblement.


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Myosotis Boraginacci
Votre Excellence, cette visite est un véritable régal pour les yeux et l'esprit. Néanmoins, je n'ai pu m'empêcher de remarquer qu'ici, tous les hommes attachés au palais portent une longue natte tressée. Pour un étranger, ce détail est fort surprenant, ayant plutôt l'habitude des cheveux relativement courts. Est-ce simplement culturel, ou cela revêt-il une signification particulière ?
Sir_Ulric

Message par Sir_Ulric »

<center>Choc des civilisations (VI)

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Quelques mandarins, formellement habillés, venant respectueusement saluer le nouvel arrivant.


Les mandarins qui n'étaient pas trop pressés par le temps, virent brièvement saluer l'émissaire étranger, en lui présentant parfois une gestuelle roumalienne, parfois une concise révérence, mais à travers tout ça, tous remarquaient l'investissement dudit invité, qui semblait déchaîné, quant à des écrits, sous la forme de notes rapidement encrées, via un stylo-plume noir, bien maintenu entre la poigne du plébéien notable, aux allures nobles.

L'ambassadeur italophone prit l'initiative, après qu'il ait été désencombré de ses surplus et de son ample redingote, de soumettre une question au gouverneur, car l'étranger avait, sans nulle doute, remarqué des détails inhabituels. C'est enthousiasme, que l'attitré répondit doucement


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Excellence Ada Fian-Zy, mandarin de 2e rang et gouverneur municipal de la cité de Yukuni, de la Cour royale, arborant le carré mandarin, représentant un faisan doré, talentueusement cousu et brodé

2e rang Ada Fian-Zy: «La chevelure longue et tressée en une natte, Excellence, entretient à la fois un trait culturel immémorial et une signification immortalisée, sans le moindre rapport, néanmoins, avec notre hiérarchie. Si vous m'exposez votre interrogation, c'est à l'évidence, que vous venez d'observer que tous les hommes roumaliens, sans exception, arborent cette coiffure, de longs cheveux nattés à l'arrière et d'une surface frontale rasée, bien présentée à l'avant. Ceci est explicable, en retournant aux fondations de notre pays, au cours d'une ère très différente de nos jours, dans les environs de l'an méconnu -4900. Lors de la période de sédentarisation, qui rompait, peu à peu, avec nos vieux liens de cavaliers nomades, un dirigeant immergea, grandit, s'instruisit et s'illustra en meneur d'hommes. En cette période, il y avait plusieurs clans, partout en ''山多風的土地'', ou Terre des monts venteux. C'était le nom donnés, jadis, aux contrées qui nous entourent...L'homme de renom s'appelait Sheang Ruma-Li, et donna, après une décennie d'ardents combats, et d'innovations militaires, son nom au nouveau pays qu'il avait conquis, après avoir soumis tous les autres clans et assuré sa suprématie sur tous les horizons de ce qui est actuellement la Roumalie métropolitiane. Au fur du temps, le nom clanique ''Sheang'' évolua en Cheng, que vous connaissez bien, j'ose le croire. Ce changement fut caractéristique de la transition du mandarin archaïque, qui laissa sa place, au profit de celui classique, puis, du médiéval ,et enfin, du littéraire, mais bon...Je radote. Revenons à l'unificateur. Son clan possédait une marque distinctive, les différenciant des autres, et vous l'aurez deviné, c'était la natte qui est vu partout ici, à présent. Culturellement, elle est la marque d'appartenance de tous les Roumaliens, à leur origine, et la signification de cette ''coupe'', avec le temps, prit de l'ampleur et de l'importance...Hmm...Elle représente la fierté, l'appartenance originelle et culturelle et elle est une marque de prestige passé. L'importance de celle-ci fut si élevé, qu'elle finit par devenir obligatoire, même si, législativement, ce n'était qu'une officialisation, car dès le temps du Fondateur, les hommes transmettaient déjà la coiffure en question à leurs enfants, comme un héritage. Ceci m'amène à vous avouer que se voir tranché cette marque est considéré comme une infamie. Bien sûr, tous comprennent qu'il y a des gens souffrant d'une anomalie dégénérative, comme la calvitie. Les femmes disposent de davantage de sélections, au niveau des types de coiffures.

Les Makarans, traditionnellement, que ce soit sous la forme d'une natte tressée, d'une queue de cheval attachée ou d'un chignon, ont toujours trouvés d'une grande importance, d'avoir de longs cheveux. Nous, nous ne faisons que perpétuer notre déviation, parmi toutes les autres , qui nous ait caractéristique. C'est enraciné, et la guerre, les maladies et autres motifs, sont adéquats et acceptables, à l'attente d'une repousse ou d'un crâne sans un cheveu. La natte mesure généralement, 60 centimètres de long, même s'il est possible d'en voir des un peu plus allongées...Les nouveau initiés dans le royaume ne sont pas réprimandés, car ils doivent bien se laisser pousser les cheveux...Du moins, pour ceux qui ne possédaient pas la longueur générale.

Or notre coiffe, vous remarquerez que nos bâtiments, aspects, vies, mœurs, vêtements, et autres, sont sans conteste, comme nos aïeux les portaient ou les élevaient.
»


Peu de temps après la longue réponse, le Roumalien, d'une fine écoute, remarqua un discret bruit, qu'il reconnaissait bien; le dialecte de l'estomac transcendait toutes les langues de la planète...C'est tout juste dans ce raisonnement, que le gouverneur, peu après avoir demandé au diplomate, si d'autres curiosités venaient insuffler son esprit, que le vieux fonctionnaire exclama que le dîner allait bientôt être servi, et qu'en tant qu'invité de marque, Myosotis allait occuper une place de choix, près de lui. Il l'invita donc à se diriger vers la salle à manger, où la discussion allait pouvoir continuer son cours, en entendant le repas tant espéré par les tréfonds de l'étranger.

Le décor passa, jusqu'à la pièce fatidique, où le convié se fit guider. Dans cette salle, l'arôme de divers thés s'élevait, s'entrecroisant avec, sur la table, de bois taillé, aux rebords, présentant des reliefs d'un long dragon, dont les têtes s'affichaient à chaque extrémité, et dont son corps, s'allongeait de chaque côté, déjà des castrats, qui allèrent donner une place à chacun des affamés, et servirent premièrement de l'alcool de riz de haute qualité, et finalement, un jus froid, d'un teint légèrement rosé, qui était fait de litchi et de melon d'eau. D'autre part, de la nourriture apparaissait, ce qui pouvait paraître être des épinards, englobant sur un plateau, des pâtes cuites ovales, qui enveloppaient du yak braisé, mélangé avec du riz et des herbes, plus des carottes. Tout juste près de ce festin, un bouillon chaud, dans un court et mince verre de porcelaine, s'affichait ouvertement. Non loin, gisant près des pâtes mentionnées, des sushis, et enfin, en guise d'ustensiles, des baguettes en bois, bien placés, donnaient une apparence harmonieuse à chaque placement.


[img]http://img600.imageshack.us/img600/5050/tabledesinvits.png[/img]
Salle à manger
Rezzacci

Message par Rezzacci »

Myosotis Boraginacci avait sincèrement apprécié le repas. Comme depuis le début de sa journée en Roumalie, il était bluffé et étonné par toutes les merveilles qu'il voyait, et se faisait de plus en plus la remarque que tous les livres, récits, comptes-rendus et documentaires sur le continent Makaran étaient largement en-deçà de la vérité. Et si les yeux d'esthète s'extasiaient devant cette beauté, son coeur de stalagmantin calculait la valeur de la plupart des oeuvres d'Art de la pièce et en concluait que la Roumalie devait bien être l'un des pays les plus riches du monde en valeur ajoutée.
Le repas avait également été tout bonnement divin, mais moins au goût du diplomate qu'il ne se le serait imaginé. Malheureusement, son robute estomac et son palais d'alméran s'étaient habitués à la nourriture riche, grasse et sophistiquée de Stalagmanque, où les viandes s'entrecroisaient avec le poisson sur lits de fruits et légumes, accompagnés de sauces à profusion et de vins millésimés des plus raffinés, il avait été presque choqué de la simplicité de la nourriture saine qui lui était servie.
Cependant, il fit un excellent festin. Les habitudes gastronomiques des pays changent, mais ce ne peut être qu'un mieux, et les maxiliaires réduisaient avec autant d'entrain les délicats mets roumaliens qu'ils ne le faisaient avec les consistants repas stalagmantins.

Le repas dura un certain temps. La digestion aidant, les langues se délièrent et les conversations se firent plus badines. De la condition paysanne dans chaque pays, on dériva rapidement sur le petit-déjeuner et ses variantes culturelles. Un virulent mais calme débat prit place sur la place du thé dans la gastronomie et son rapport face au café et au chocolat, puis on parla des plants de thé puis des fleurs. Après qulques discussions sur l'art floral, on tomba, on ne sait comment, sur l'art du pliage, et la soirée se termina sur l'ancien et sage gouverneur qui, comme retombé en enfance par la volubilité et l'insouciance du diplomate, enseignait à son homologue boréal l'art délicat de faire en chrysanthème à l'aide d'une feuille.

La nuit était tombée depuis longtemps, et, lorsque les prémices d'une douce amitié se nouait entre les deux excellences, les paupières commençaient à papilloter.


<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121026052408414197.jpg][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/10/26/121026052408414197.jpg[/img][/url]</center>

Myosotis Boraginacci
Votre Excellence, je dois vous féliciter pour ce repas divin et cette excellente soirée. Ce fut un réel plaisir que d'être en votre compagnie et celle de vos semblables. Plus qu'une mission pour ma République, je réalise un rêve d'enfant, et je me crois en plein songe, tant tout ce que je suis en train de vivre me paraît trop parfait, irréel et inconcevable. Je voulais vous remercier, car grâce à vous, ce qui n'était qu'une formalité qu'il fallait remplir se transforme en la plus belle des expériences qu'il m'ait été donné de vivre.
Néanmoins, ma constitution m'empêche de veiller trop tard. Je me fais âgé, et le sommeil ne tarde pas à venir faire sentir son lourd poids. Je vous prie donc de bien vouloir m'excuser, mais la Nature m'appelle, et je dois donc me retirer.

Et le diplomate réitéra son maladroit salut roumalien, qu'il ne maîtrisait toujours pas parfaitement - ce qui fit presque sourire le vieux roumalien.
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