Encyclopédie d'Hellas

Ramiro de Maeztu

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<center>L'ENSEIGNEMENT AU ROYAUME D'HELLAS - Η ΔΙΔΑΣΚΑΛΊΑ ΣΤΟ ΒΑΣΊΛΕΙΟ ΤΗΣ ΕΛΛΆΔΑΣ</center>




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Le rectorat de l'Université Nationale et Capodistrienne d'Hellas (dème de Magnésie) qui, comme tout les secteurs de l'enseignement dans le pays, est entièrement privée



A l'image du système de santé, entièrement privatisé depuis les médecins généralistes jusqu'aux spécialistes en passant par les urgences, les hôpitaux, les cliniques ou les polycliniques, l'enseignement au Royaume d'Hellas est entièrement privatisé. Il n'existe donc pas de système de sécurité sociale.
Tout établissement scolaire est par conséquent payant dans le pays, même si les tarifs varient beaucoup en fonction des infrastructures, des résultats, de la réputation, du nombre d'élèves ou étudiants...

Le système de l'enseignement au Royaume d'Hellas est divisé en quatre enseignements :
- L'enseignement maternel ("μητρική διδασκαλία" - mitrikí didaskalía), de 3 à 6 ans, qui consiste à éveiller l'enfant et à lui apprendre des rudiments de lecture, d'écriture, de calcul, de reconnaissance des formes, de vie en société...
- L'enseignement primaire ("αρχική διδασκαλία" - archikí didaskalía), de 6 à 12 ans, qui consiste à donner à l'élève les bases nécessaires à la lecture, l'écriture, le calcul, la géométrie, les sciences naturelles, l'histoire et la géographie nationales
- L'enseignement secondaire ("δευτεροβάθμια διδασκαλία" - defterováthmia didaskalía), de 12 à 16 ou 18 ans, qui consiste à donner à l'élève des bases et compléments solides à la lecture, l'écriture, les mathématiques avancées, les sciences naturelles, la chimie, la physique, l'histoire, la géographie et une à deux langues vivantes
- L'enseignement supérieur ("ανώτερη διδασκαλία" - anóteri didaskalía), à partir de 18 ans, qui consiste à perfectionner l'étudiant dans une discipline donnée



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L'intérieur d'une salle de classe à l'école primaire Eleftherios Venizelos de Delphes (dème du Dodécanèse)



Les enseignants et professeurs, quel que soit leur niveau, sont donc considérés comme des travailleurs privés au Royaume d'Hellas, avec tout ce que cela implique dans leur statut et dans la variabilité de leur convention, de leur rémunération... Ce sont des conseils d'administration privés, composés d'actionnaires et d'investisseurs, qui gèrent l'ensemble des établissements scolaires du pays.

L'enseignement est obligatoire jusqu'à 16 ans ou 18 ans dans le pays, selon la filière choisie, et il est très facile de changer de multiples d'orientation au cours de sa scolarité. Le décloisonnement des cursus est total. Il n'existe pas d'enseignement secondaire unique : à la fin de l'école primaire, selon le souhait des parents et les conseils des enseignants, l'enfant est orienté vers une filière classique (trois possibilités : cursus littéraire; cursus scientifique; cursus économique et social) ou technologie (multiples possibilités : sciences et technique de laboratoire; sciences et technique de la gestion; génie mécanique; agronomie...).

L'enseignement supérieur est divisé en universités, écoles spécialisées et grands instituts. Il couvre l'ensemble des champs du savoir, depuis la littérature ou les langues en passant par les mathématiques, l'informatique ou bien encore la kinésithérapie et le journalisme. L'inscription à l'université est souvent très élevée dans le pays, mais le taux de fréquentation de l'enseignement supérieur est de 98% depuis quelques années, un record mondial. L'éducation, capitale aux yeux des Helladiens, peut représenter jusqu'à 50% du budget familial, et les cours particuliers sont nombreux.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/74/b/9/6/400px-uat_philosophy-2d8abbd.jpg.htm][img]http://img74.xooimage.com/files/b/9/6/400px-uat_philosophy-2d8abbd.jpg[/img][/url]
L'entrée du rectorat de l'Université Aristote de Patras (dème de Magnésie), la plus grande et la plus prestigieuse du pays



Au 1er mars 2016, il existait dans le Royaume d'Hellas les universités et institutions supérieures suivantes :
- Université Nationale et Capodistrienne d'Hellas (dème de Magnésie), qui propose des cours en théologie; théologie sociale; philosophie; histoire et archéologie; pédagogie et psychologie; études hispanophones; études anglaises; langue et littérature françaises; études germaniques; langue et littérature italiennes; études slaves; théâtre; musicologie; langues orientales; médecine; odontologie; pharmacie; soin infirmier; droit; économie; sciences politiques et administration; physique; biologie, géologie; chimie; mathématiques; informatique et télécommunications; éducation physique et sciences du sport; communication et médias; histoire des sciences
- Université d'Économie de Delphes (dème du Dodécanèse), qui propose des cours d'économie; gestion d'entreprise; sciences du marché; compatibilité et finance; informatique; statistiques; sciences et technologies de la gestion
- Université d'Agriculture de Patras (dème de Magnésie), qui propose des cours d'économie de l'agriculture et de développement rural; zoologie et aquaculture; sciences et technologies de l'alimentation; agronomie; développement des ressources naturelles et ingénierie agricole.
- Université Panteion des Sciences Sociales et Politiques de Patras (dème de Magnésie), qui propose des cours de théologie sociale; sciences politiques et histoire; sociologie; psychologie; études alméranes et internationales; communication, médias et culture; anthropologie sociale; développement économique et régional; politique sociale; droit
- Université Polytechnique Nationale de Patras (dème de Magnésie), qui propose des cours de musicologie; danse; éducation physique et sciences du sport
- Université Insulaire de La Canée (dème de Magnésie), qui propose dans des campus répartis sur les îles helladienns éparses des cours d'histoire; archéologie; philosophie; études sociales; philologie; économie; psychologie; sociologie; sciences politiques; biologie; chimie; informatique; mathématiques fondamentales et appliquées; médecine.
- Institut Égéen de Rhodes (dème du Dodécanèse), qui propose des cours d'anthropologie sociale et d'histoire; sociologie; développement technologique et communication; géographie; études de l'environnement; sciences de la mer; administration; transport; finance et gestion; mathématiques; statistiques et comptabilité; génie mécanique
- Université Ioannina de Delphes (dème du Dodécanèse), qui propose des cours de philosophie; philologie; histoire et archéologie; médecine; psychologie; ingénierie; génie mécanique; économie; arts plastiques et sciences de l'art; agronomie et sciences de l'alimentation; gestion et nouvelles technologies
- Institut Ionien de Larissa (dème de Phocide), qui propose des cours d'histoire; interprétariat et traduction; musicologie; langues étrangères; sciences de l'archivage et de la bibliothèque; informatique; études orientales; études audiovisuelles
- Université Macédonienne de Kastelli-Kissamos (dème du Dodécanèse), qui propose des cours d'économie; administration; études internationales; comptabilité et finance; informatique appliquée; pédagogie; études slaves et orientales; musicologie; gestion et nouvelles technologies
- Université Méridionale de Nea-Peramos (dème de Phocide), qui propose des cours de pédagogie; génie mécanique; ingénierie; arts visuels et plastiques; télécommunications; études slaves



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Les portes d'entrée en marbre de la Faculté d'Ingénierie de l'Université Aristote de Patras (dème de Magnésie)



- Université Libre de Patras (dème de Magnésie), qui propose des cours de biologie; chimie; géologie; mathématiques; physique; architecture; ingénierie civile; informatique; électronique et électricité; mécanique et aéronautique; médecine; pharmacie; philologie; philosophie; pédagogie; théâtre; administration; commerce
- Université du Péloponnèse de Zefyri (dème de Magnésie), qui propose des cours de philologie; histoire et archéologie; économie; pédagogie; télécommunications; informatique; théâtre; sciences politiques
- Institut d'Économie de Markopoulo-Orepou (dème de Phocide), qui propose des cours d'économie; administration; banque; sciences maritimes; industrie et gestion; statistiques; informatique; systèmes électroniques; tourisme; agronomie et risques agricoles; gestion des systèmes sanitaires
- Institut de Thessalie de Kavros-Kournas (dème de Magnésie), qui propose des cours de langues anciennes; ingénierie; agronomie; médecine; éducation physique et sciences du sport; études vétérinaires; économie
- Institut Démocrite de Patras (dème de Magnésie), qui propose des cours d'ingénierie civile; informatique; sciences de l'environnement; architecture; droit; littérature helladienne; sciences moléculaires et génétique; agronomie et gestion des eaux et forêts
- Université Aristote de Patras (dème de Magnésie), qui propose des cours d'agronomie; odontologie; pédagogie; architecture; ingénierie civile; informatique; génie mécanique; développement rural; aéronautique et aérospatiale; cinématographie; théâtre; musicologie; arts audiovisuels; gestion des eaux et forêts; droit; économie; biologie; chimie; géologie; informatique; mathématiques; physique; études anglaises; études germaniques; études hispanophones; études francophones; études slaves; philologie; philosophie; psychologie; théologie; études vétérinaires; journalisme et médias; éducation physique et sciences du sport
- Université Ouverte de Delphes (dème du Dodécanèse), qui propose des cours à distance dans l'ensemble des matières susnommées



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/72/5/3/3/eap-logo-2d8aff1.jpg.htm][img]http://img72.xooimage.com/files/5/3/3/eap-logo-2d8aff1.jpg[/img][/url]
Le logotype officiel de l'Université Ouverte de Delphes (dème du Dodécanèse), université privée qui est aujourd'hui la seule à proposer des cours à distance



Il existe par ailleurs de nombreux autres instituts plus ou moins importants, dont l'enseignement n'est pas la mission première mais qui dispensent des cours dans diverses disciplines, à l'image de la Fondation Athéna. Le Royaume d'Hellas compte également des organismes étrangers comme l'Institut Saavedra (Numancia), l'Institut Goethe (Quantar)... Notons également que les firmes helladiennes ont toute latitude pour réaliser des cours, formations et concours concernant leurs disciplines.

Aucun diplôme ne vient sanctionner la fin de l'enseignement secondaire : le "δευτεροβάθμιο δίπλωμα" (defterováthmio díploma), jugé coûteux et inefficace, a été supprimé en 1995. Chaque université fixe les conditions d'entrée dans son établissement, généralement par concours ou sur dossier. Il n'existe pas à proprement parler de programme scolaire et universitaire en Hellas, le gouvernement ne fixant que des réquisits minimaux pour chaque grade et discipline. L'esprit de compétition entre les universités, qui cherchent toutes à attirer plus d'investisseurs par des meilleurs résultats, suffit à les pousser à se dépasser et à avoir des niveaux d'exigence plus qu'honorables.



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Le hall du rectorat de l'Université d'Économie de Delphes (dème du Dodécanèse), la plus prestigieuse du pays en matière de sciences économiques</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>L'ART ET LA CULTURE EN HELLAS (1) : LA MYTHOLOGIE - Η ΤΈΧΝΗ ΚΑΙ Η ΚΑΛΛΙΈΡΓΕΙΑ ΣΕ ΕΛΛΆΔΑ (1): Η ΜΥΘΟΛΟΓΊΑ</center>




<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/74/a/e/7/394px-zeus_otrico...o_inv257-2d981c6.jpg.htm][img]http://img74.xooimage.com/files/a/e/7/394px-zeus_otrico...o_inv257-2d981c6.jpg[/img][/url]
Un buste de Zeus, principal dieu de la mythologie helladienne, retrouvé en 1982 dans le fleuve Aliakmon (dème de Magnésie), non loin de la ville de Kavros-Kournas



La mythologie helladienne est un ensemble de mythes organisés qui se sont constitués et ont perduré de la civilisation mycénienne (1500 avant Jésus-Christ) jusqu'à la conquête par l'Empire de Neapolis (actuel Royaume Canoviste de Numancia), en 146 avant Jésus-Christ. Toutefois, la mythologie romaine de cette Empire a permis la survivance de la majeure partie de la cosmogonie et de la théogonie helladiennes avant sa disparition complète avec la christianisation du pays. Forme d'explication du monde, la mythologie nationale regorge d'une multitude de divinités, demi-dieux, héros, monstres, gestes, aventures... à la symbolique forte et au contenu philosophique et artistique important. Toutes les disciplines du savoir humain ont été investies durant l'Antiquité par cette explication légendaire qui a laissé de très nombreuses traces architecturales, sculpturales, paysagères, littéraires...
Thème favori de nombre d'auteurs antiques helladiens (les poètes Hésiode, Plutarque et Homère, les historiens Hérodote ou Diodore, le légiste Isocrate, les philosophes Platon et Anaxagore...), la mythologie helladienne est aussi une source inépuisable d'inspiration pour les auteurs et artistes de toutes les époques.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/69/c/8/d/cecrops-2d989fa.gif.htm][img]http://img69.xooimage.com/files/c/8/d/cecrops-2d989fa.gif[/img][/url]
Une reproduction d'un bas-relief représentant le roi-serpent Cécrops, fondateur légendaire de la ville de Delphes (dème du Dodécanèse)



Plutôt que d'une mythologie helladienne, il serait plus juste de parler de plusieurs récits mythologiques, avec parfois des variantes considérables pour un seul et même événement. La maîtrise du récit mythologique, en tant que récit étiologique (qui explique l'origine du monde et de ceux qui le peuplent), est à la fois une cosmogonie (narration de la création du monde) et une anthropogonie (narration de la création et des tribulations des hommes). Elle a non seulement investi tout l'espace de la création et de la réflexion durant l'Antiquité (et bien après), mais également l'espace physique par ses constructions architecturales ou ses références à des toponymes réels (l'Olympe, par exemple, point culminant du Royaume, dans le Nord du dème de Magnésie, est censée être la demeure des principaux dieux de la mythologie helladienne).
Contrairement aux principes religieux judéo-chrétiens, la mythologie helladienne ne présente pas de dualité entre bien et mal, entre paradis et enfer : il n'existe pas de récompense éternelle ou de damnation jusqu'à la fin des temps. Par ailleurs, ses dieux ne sont pas désincarnés et parfaits mais souffrent de travers humains. Polythéiste, la mythologie nationale attribue une ou plusieurs qualité(s) ainsi que des animaux, végétaux, symboles... à chaque déité.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/70/a/1/d/747px-herakles_ne...re_ca823-2d98b2e.jpg.htm][img]http://img70.xooimage.com/files/a/1/d/747px-herakles_ne...re_ca823-2d98b2e.jpg[/img][/url]
Le demi-dieu Héraclès et le dieu marin primitif Nérée, représentés sur un lécythe (vase à huile) à figures noires



Les dieux du panthéon helladien se divisent en plusieurs catégories selon leur importance ou leur ordre d'apparition :
A) Les dieux primitifs : Chaos, Éros (amour et puissance de conservation), Nyx (la nuit), Erèbe (les ténèbres), Héméra (la lumière terrestre), Thanatos (la mort), Hypnos (le sommeil), Éther (la lumière céleste), Gaïa (la terre), Ouranos (le ciel étoilé), Ouréa (les montagnes), Pontos (les flots), les nymphes, les douze Titans, les trois Cyclopes, les trois Hécatonchires, Tartare, les Érinyes (vengeance), les Géants, Cronos (le temps)...
B) Les dieux olympiens originels : Hestia (le foyer), Déméter (les moissons), Héra (le mariage et la végétation), Hadès (les enfers), Poséidon (les océans) et Zeus (le ciel et la foudre)
C) La deuxième génération des dieux olympiens : Athéna (la guerre, la sagesse et la ruse), Héphaïstos (le travail des métaux), Arès (la guerre), Hébé (la jeunesse et la joie), Ilithye (la fécondité et l'accouchement), Perséphone (les ombres), Hermès (les voleurs, les voyageurs, les commerçants, les messagers, la chance), les Moires, Apollon (la médecine, la beauté, le soleil), Eunomie (l'ordre), Dicé (la justice), Irène (la paix), les neuf muses, Dionysos (le vin, l'ambiguïté, la jonction), Aphrodite (l'amour, la beauté)...
D) Les demi-dieux et les multiples descendants humains des dieux : Héraclès (célèbre pour ses douze travaux), Persée (vainqueur du Minotaure), Hermaphrodite (demi-dieu de l'androgynie), Priape (demi-dieu de la virilité), Hyménée (demi-dieu du mariage)...



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/46/a/9/e/muses-8210a6.jpg.htm][img]http://img46.xooimage.com/files/a/9/e/muses-8210a6.jpg[/img][/url]
Un sarcophage retrouvé dans les ruines de Chalastra (dème de Phocide) représentant les neuf muses, avec de gauche à droite : Calliope (poésie épique et éloquence), Thalie (comédie), Terpsichore (danse), Euterpe (musique), Polymnie (rhétorique et pantomime), Clio (histoire), Erato (poésie, chant lyrique, chant érotique), Uranie (astronomie) et Melpomène (tragédie)




Les analyses littéraires, philologiques, philosophiques, historiques, géographiques, anthropologiques, sociologiques... de la mythologie helladienne ont été nombreuses et sont apparues dès l'Antiquité. Il faut toutefois attendre le XIXe siècle et le romantisme pour que des savants et érudits de diverses spécialités se saisissent à nouveau de son contenu, à l'image de l'orientaliste et philologue schlessois Friedrich Max Müller, de l'anthropologue pelabssien Edward Burnett Tylor ou du philosophe helladien Georgies Karapanos.
Tous les spécialistes de l'Hellas, quel que soit leur champ d'investigation, se fondent essentiellement sur dix types d'écrits primitifs :
A) Les œuvres d'Homère (Iliade, Odyssée, Hymnes)
B) Les œuvres d'Hésiode (Théogonie, Travaux, Catalogue)
C) Des dramaturges classiques (Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane)
D) Des poèmes lyriques de Pindare et de Bacchylide
E) Des mythographies d'Hygin et d'Antonius Liberalis
F) Des écrits des poètes hellénistiques (Apollonios de Rhodes, Callimaque de Cyrène)
G) Des poètes antiques numanciens (Virgile, Ovide, Properce, Stace, Valerius Flaccus)
H) Des poètes helladiens tardifs (Nonnos de Panopolis, Tryphiodore, Quintus de Smyrne)
I) Des "romanciers" tardifs (Parthénios de Nicée, Longus, Apulée, Héliodore)




[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/67/d/0/f/euripide-big-2d98d9c.jpg.htm][img]http://img67.xooimage.com/files/d/0/f/euripide-big-2d98d9c.jpg[/img][/url]
Le plus célèbre des bustes d'Euripide, retrouvé dans la campagne d'Egnatia (dème de Magnésie) en 1822 - Ce tragique, le troisième des grands dramaturges classiques helladiens, a écrit essentiellement sur des thèmes mythologiques : Alceste, Médée, Hippolyte porte-couronne, Andromaque, Hécube, La Folie d'Héraclès, Hélène, Iphigénie à Aulis...</center>
Ramiro de Maeztu

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<center>L'ART ET LA CULTURE EN HELLAS (2) : LA GASTRONOMIE - Η ΤΈΧΝΗ ΚΑΙ Η ΚΑΛΛΙΈΡΓΕΙΑ ΣΕ ΕΛΛΆΔΑ (2): Η ΓΑΣΤΡΟΝΟΜΊΑ</center>




<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/70/4/2/a/loukoumades-2da3427.jpg.htm][img]http://img70.xooimage.com/files/4/2/a/loukoumades-2da3427.jpg[/img][/url]
Des loukoumades, célèbres pâtisseries helladienns en forme de beignets frits avec du miel, du sésame et de la cannelle




Bien qu'il soit possible de manger des spécialités du monde entier ou de la nourriture occidentale classique dans le Royaume d'Hellas, les Helladiens aiment particulièrement consommer et défendre la gastronomie nationale, qui intègre pleinement les principes de la diète méditerranéenne (huile d'olive, acides gras insaturés, poissons, viandes maigres ou rouges, fruits et légumes en abondance, pléthore de blé...) et a grandement influencé les autres gastronomies de la zone de la Mer de Médie, comme la gastronome hyléenne ou numancienne. Le lapin, l'agneau et le bœuf restent les viandes traditionnellement les plus consommées dans le pays, particulièrement dans le dème de Magnésie, tandis que les deux autres dèmes (Dodécanèse et Phocide) sont, toutes proportions gardées, plus influencés par la cuisine occidentale. Outre le blé d'épeautre, ce sont aussi le blé dur et l'orge qui tiennent une place importante dans la cuisine nationale. Le pain, contrairement à certains comme le Numancia ou le Quantar, n'est pas consommé sous forme de baguette mais de galettes mélangées à du fromage et du miel, tandis qu'il en existe de nombreuses variétés, comme le pain au froment.

Parmi les fruits et légumes, l'on retiendra surtout l'utilisation d'aubergines, de choux, de lentilles, de fèves, d'oignons, de pois chiches, le tout souvent agrémenté d'huile d'olive, de vinaigre, de fruits secs, de figues, de noix, de noisettes, de châtaignes, de lupin, de faines grillées... L'élevage des bovins, introduit par la civilisation mycénienne, s'est ensuite perpétué, même si diverses formes de saucisses, des brouets, des côtelettes et des gigots d'agneau, des oiseaux, des lièvres, des oies... font aussi partie des viandes habituelles. Le poisson, historiquement perçu comme "la viande du pauvre", est toutefois fort apprécié : thon blanc, thon rouge, rouget, espadon, perroquet de mer, carpe, poisson-chat, brochet, loup, congre, sardine, anchois, raie... sont monnaie courante dans les marchés ou grandes surfaces et sur les tables des Helladiens. Les fruits de mer ne sont pas en reste avec de la seiche, du poulpe, du calamar, des bulots, des moules, des ormeaux, des palourdes, des pétoncles, des praires, des crabes, des homards, des langoustines, des oursins, des cigales de mer...


[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/71/3/3/8/dancing_woman_kro...0-0613.1-2da34f1.jpg.htm][img]http://img71.xooimage.com/files/3/3/8/dancing_woman_kro...0-0613.1-2da34f1.jpg[/img][/url]
Un kylix, ou vase à boire d'usage courant lors des banquets de l'Antiquité helladienne



Les Helladiens apprécient aussi particulièrement les œufs de poule, de caille ou d'oie, accompagnés de beurre et d'autres produits laitiers. Si l'eau a longtemps été valorisée comme le seul vrai liquide "nourrissant" (le poète Pindare souligne qu'elle fait grandir les plantes et les êtres), le vin a longtemps été perçu comme une boisson raffinée. Vins rouges, rosés ou blancs produits en Hellas sont très prisés des Helladiens, avec des crus de Naxos, Nea-Peramos, du vin doux, du vin cuit... Le Royaume d'Hellas est aussi le premier pays occidental à avoir évoqué les problèmes liés à la goinfrerie et à la gourmandise, préconisant spécifiquement certaines diètes pour les malades, pour les athlètes...

Parmi les plats préparés typiquement helladiens, l'on notera la salade helladienne (faite de tomates, d'olives, de concombre, d'oignon, de fêta, d'huile d'olive et d'origan), le tzatziki (sorte de purée faite de concombre, de yaourt, d'oignon, d'ail, de menthe et de fenouil, à tartiner par exemple sur un pain de pita), le souvlaki (petits morceaux de viande grillés et disposés en brochette, accompagnés de riz pilaf et de pain de pita), le pastitsios (sorte de moussaka où les nouilles remplacent l'aubergine), le dolmades (viande de mouton hachée accompagnée de riz et d'épices), le galaktoboureko (pâtisserie à base de pâte de phyllo garnie d'une crème pâtissière au citron), la graveria de Phocide (fromage à base de lait de brebis), le kefalotyri (fromage à pâte dure légèrement salé), la célèbre moussaka, la fêta (fromage caillé en saumure devenu international)...
Parmi les boissons, l'on retrouve l'ouzo (alcool anisé), le tsipouro (alcool fait à partir de marc de raisin), le metaxa (eau-de-vie de raisin), la retsina (vin résiné fait à partir de résine de pin et de cépage savatianos), le café frappé (café instantané consommé avec des glaçons, à la paille), le café helladien (café en décoction dont la préparation est un véritable rituel...).



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/69/d/9/4/450px-frappedia3-2da35b5.jpg.htm][img]http://img69.xooimage.com/files/d/9/4/450px-frappedia3-2da35b5.jpg[/img][/url]
Un café frappé, boisson typiquement helladienne mais au succès mondial, servi dans un établissement de Stepro (Fédération des Nations Unies de Shawiricie)</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>L'ART ET LA CULTURE EN HELLAS (3) : ABRÉGÉ D'HISTOIRE HELLADIENNE, LA PRÉHISTOIRE - Η ΤΈΧΝΗ ΚΑΙ Η ΚΑΛΛΙΈΡΓΕΙΑ ΣΕ ΕΛΛΆΔΑ (3): ΣΥΝΤΟΜΕΎΣΤΕ ΤΗΣ ΕΛΛΗΝΙΚΉΣ ΙΣΤΟΡΊΑΣ, ΠΡΟΪΣΤΟΡΊΑ</center>




<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/73/4/0/a/593px-maskeagamemnon-2de5e9a.jpg.htm][img]http://img73.xooimage.com/files/4/0/a/593px-maskeagamemnon-2de5e9a.jpg[/img][/url]
Un masque funéraire en feuilles d'or, baptisé "masque d'Agamemnon", racheté au Musée Archéologique du Quantar par le Musée Archéologique National d'Hellas (dème de Magnésie), sur l'île de Corfou : c'est le symbole le plus connu de la civilisation mycénienne




I) L'Hellas préhistorique - Προϊστορική Ελλάδα - Proïstorikí Elláda


1) La civilisation du Dodécanèse - Ο πολιτισμός των Δωδεκανήσων - O politismós ton Dodekaníson (3 200 à 2 000 avant Jésus-Christ)


C'est l'archéologue helladien Chrístos Tsoúntas (1857-1934) qui suggère à la fin du XIXe siècle l'existence d'une civilisation préhistorique d'origine nationale. Cette dernière se serait développée dans la plupart des actuelles îles du Dodécanèse (Psara, Kardamyla, Oinousses, Kampochora, Agia Paraskevi, Ionia, Naxos...), à l'exception notable de l'île d'Hermoupolis, d'où son nom de "civilisation du Dodécanèse". Elle répondrait à l'existence de nombreuses effigies et idoles d'obsidienne et d'ivoire d'origine helladienne, retrouvées en abondance dans ce sous-archipel mais aussi très loin du pays, jusqu'à l'embouchure de certains fleuves quantariens.
Elle est estimée un peu plus ancienne que la civilisation minoenne et se serait développée en trois phases :
- Le Dodécanèse ancien (3 200-2 800 avant Jésus-Christ), également appelé culture de Grotta-Pelos : cette période est déterminée par la découverte de de squelettes retrouvés dans des tombeaux à ciste ayant nettement évolué depuis le néolithique. Cette première sous-civilisation se fonde essentiellement sur l'agriculture et l'élevage de type méditerranéen, mais de nombreux objets manufacturés sont aussi fabriqués sur place. C'est d'ailleurs la première fois dans l'histoire qu'un commerce régulier avec des exportations et des importations se met en place dans la zone.
- Le Dodécanèse moyen (2 800-2 300 avant Jésus-Christ), également appelé culture de Kéros-Syros : période d'apogée de la civilisation du Dodécanèse, elle voit l'enrichissement considérable de l'île de Naxos et le développement d'un urbanisme planifié et pensé. C'est la période de plus intense création des fameuses idoles dites "cycladiques", qui servent souvent d'offrandes funéraires aux côtés de vases de marbre, de bijoux en bronze et en argent, d'objets de toilette... C'est aussi à cette époque qu'un canon semble fixer définitivement l'esthétique des fameuses idoles, qui ne va ensuite plus évoluer du tout.
- Le Dodécanèse moderne (2 300-2 000 avant Jésus-Christ), également appelé culture de Phylakopi : dernière phase de la civilisation du Dodécanèse, elle est très proche de l'âge du bronze moyen tel qu'il va se développer durant la civilisation minoenne. Les tombes à ciste laissent peu à peu la place à des tombeaux taillés à même la roche, tandis que la poterie connaît d'importantes expérimentations parfois révolutionnaires. Les premières fortifications défensives connues en Hellas apparaissent à cet époque, dans un contexte qui reste marchand mais qui est aussi plus troublé, avec l'apparition des ancêtres des barbaresques.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/69/3/8/b/800px-kernos_melo...-2ddcbac-2ddd1c2.jpg.htm][img]http://img69.xooimage.com/files/3/8/b/800px-kernos_melo...-2ddcbac-2ddd1c2.jpg[/img][/url]
Un "kernos" (vase à boire) retrouvé sur l'île de Naxos, appartenant au Dodécanèse moderne et exposé au Musée Archéologique National d'Hellas (dème de Magnésie), sur l'île de Corfou



2) La civilisation minoenne - Ο Μινωικός πολιτισμός - O Minoikós politismós (2 700 à 1 200 avant Jésus-Christ)


Avec un nom inspiré du légendaire roi de l'île de Galaxidi, Minos, la civilisation minoenne a été mise au jour et étudiée pour la première fois par l'archéologue helladien Georgios Kyriákos Panayótou (1851-1941). Elle se développe essentiellement entre 2 700 et 1 200 avant notre ère, sur l'île de Galixidi ainsi que, dans une moindre mesure, dans les archipels de l'Eubée, d'Efpalio et de Polydroso, soit dans un bon tiers sud-orientale de l'actuel Royaume d'Hellas. Cette civilisation brillante et durable se développe dans un contexte climatique très favorable, légèrement plus chaud que l'époque contemporaine, avec un niveau de la mer inférieur d'en moyenne un mètre et une chaîne de montagnes centrale où seul le massif du mont Lakmos est enneigé en permanence. Les plantes indigènes sont abondantes et variées : pois, pois chiches, coings, amandes, caroubes, haricots, carottes, céleris, asperges, choux, thym, sauge, menthe... C'est grâce au principal fleuve navigable de l'île, la Megdovas, que se pratique l'essentiel du commerce avec l'extérieur.

C'est sur le principal site archéologie de l'île, la cité antique de Cnossos, qui était sans nul doute la capitale de la civilisation minoenne, que Georgios Kyriákos Panayótou effectue ses premières fouilles et c'est à partir des découvertes qu'il effectue sur place qu'il offre une première chronologie de la période. Ce découpage chronologique, en fait simpliste et établi par manque d'informations, est corrigé en 1958 par un autre archéologue helladien, Nikólaos Pláton (1909-1992), découvreur du palais de Zakros. Cette chronologie n'a pas été remise en cause depuis la mort de Pláton et s'établit comme suit :
- Le pré-palatial (3 100 à 2 000 avant Jésus-Christ) : cette période marque la fin du néolithique sur l'île de Galaxidi et l'arrivée dans la zone d'une peuplade dite "peuple égéen" (ou "peuple pré-hellénique") dont les caractéristiques générales sont mal connues. C'est en tout cas lui qui, selon toute probabilité, introduit les métaux (et notamment le cuivre) dans la région et favorise le commerce à partir de ports comme Zakros et Palaiokastro, d'îlots comme Mochlos et Pseira... A cette époque, ce n'est pas Cnossos, mais une ville dont il ne reste presque rien et baptisée Malia, qui est la plus grande métropole de la civilisation minoenne. Mais l'arrivée d'importantes cargaisons de bronze, d'étain... déplace considérablement le centre de gravité vers le centre de Galaxidi, au pied des montagnes.
- Le proto-palatial (1 900 à 1 700 avant Jésus-Christ) : c'est à partir de cette période que sont édifiés les premiers vrais palais qui font l'identité même de la civilisation, à l'image des idoles de la civilisation du Dodécanèse. Une véritable culture palatiale se développe donc à l'âge du bronze moyen, culture qui traduit de profonds changements économiques et sociaux : le palais est d'abord un moyen de défense contre des incursions d'envahisseurs orientaux dont on sait peu de choses. S'agit-il des premiers Barebjaliens aperçus par les Helladiens ? Ou de peuples proto-slaves ? Le fait est que ces palais configurent également la disposition des trois plus grandes villes de la civilisation minoenne, à savoir Cnossos, Phaistos et Malia. Ces trois villes se partagent des zones d'influence sur l'île de Galaxidi de façon organisée et sans doute à la suite d'un pacte dont il ne nous reste aucune trace. Le domaine maritime de ces métropoles est alors si étendu et puissance que Georgios Kyriákos Panayótou parle d'une "thalassocratie minoenne". La fin de cette période est marquée par la première destruction des trois grands palais (Cnossos, Phaistos et Malia), dans un contexte encore méconnu : tremblement de terre ? Ou guerre entre cités, dont Cnossos serait ressortie vainqueur ?



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/68/6/3/d/395px-knossos_frise2-2de57b9.jpg.htm][img]http://img68.xooimage.com/files/6/3/d/395px-knossos_frise2-2de57b9.jpg[/img][/url]
Une fresque de Cnossos, capitale de la civilisation minoenne, baptisée par Georgios Kyriákos Panayótou Le Prince aux lys (Ο πρίγκιπας με τα κρίνα - O prínkipas me ta krína), conservée au Musée Archéologique du Dème de Phocide, à Néa-Péramos, sur l'île de Galaxidi



- Le néo-palatial (1 700 à 1 430 avant Jésus-Christ) : après la catastrophe de 1 700 avant Jésus-Christ, une dizaine de nouveaux palais métropolitains sont reconstruits, palais à partir desquels la civilisation minoenne renaît de ses cendres et rayonne puissamment à nouveau. Par ailleurs, l'on estime aujourd'hui qu'une cinquantaine de palais plus modestes, plutôt appelés "villas", sont aussi construits dans des noyaux urbains ou ruraux modestes. Tous ces palais, selon les moyens de leurs bâtisseurs et commanditaires, comportent de nouveaux éléments architecturaux : propylées, colonnades, escaliers, puits de lumière, revêtement en gypse... Vers 1620, l'éruption du volcan de l'Eubée provoque une nouvelle destruction des palais. Mais, contrairement à ce qu'a longtemps voulu la théorie mise au point et défendue par un professeur d'archéologie à Delphes, Myrtos Pyrgou, il semblerait que cette éruption, avec la série de catastrophes naturelles qu'elle a entraînée, n'ait pas été à l'origine de la fin du néo-palatial. La destruction du Palais des Lys ainsi que d'autres ensembles palatiaux (Amnisos, Sitia, Galatas...) est sans doute liée à une catastrophe survenue vers 1450-1430 avant Jésus-Christ. A partir de là, plusieurs théories s'affrontent : cette catastrophe consiste-t-elle un ensemble de tremblements de terre ? En une révolte de la plèbe contre l'aristocratie minoenne ?...
- Le post-palatial (1 430 à 1 200 avant Jésus-Christ) : malgré cette catastrophe, il n'est pas possible de dire que la civilisation minoenne disparaît en 1 430. En revanche, son pouvoir décline très nettement et le foyer de la civilisation, qui va devenir mycénienne, se déplace désormais vers l'Ouest, sur une île longtemps restée sauvage, celle d'Hermoupolis. Désormais, l'actuel dème de Phocide n'est plus qu'une dépendance de ce qui va devenir la plus brillante civilisation de l'Hellas "préhistorique" (période qui, dans l'historiographie helladienne, s'étend bien après l'invention de l'écriture). Des villes comme Pergamos, Tégée ou Lappa sont fondées par le roi de Mycènes, Agamemnon, tandis qu'un lointain descendant du roi Minos, Idoménée, tente une excursion dans les zones orientales de Galaxidi, qu'il soumet au nouvel ordre helladien. L'on date la disparition complète de la civilisation minoenne à 1 100, lorsque les invasions des tribus doriennes, étoliennes, locriennes...


L'apport de la civilisation minoenne à l'Hellas et, in fine, à l'humanité, est absolument essentiel et irremplaçable. La plupart des historiens et archéologues sont encore émerveillés par la façon dont les Minoens passe de la grotte (comme dans les sites de Miamou, Arkalochori, Eileithiya...) à de véritables palais et à la construction d'importants labyrinthes dont la signification (peut-être religieuse) reste encore obscure. L'écriture minoenne n'est pas alphabétique, comme l'actuelle langue grecque, mais hiéroglyphiques : c'est à Myrtos Pyrgou que l'on doit le déchiffrement des 5 500 signes qui composent l'essentiel du langage courant des Minoens. Toutefois, les archéologues estiment que les élites aristocratiques et lettrées de l'époque devaient en maîtriser au moins 15 000. La simplification et la rationalisation de ce système à partir de 1 800 avant Jésus-Christ porte le nom de linéaire A. Peu de documents dans cette nouvelle forme du langage minoen sont conservés, mais l'on sait que le nombre de symboles courants est drastiquement réduit de 5 500 à un peu plus de 1 000.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/70/2/a/c/diskos.von.phaist...pict3372-2de5dff.jpg.htm][img]http://img70.xooimage.com/files/2/a/c/diskos.von.phaist...pict3372-2de5dff.jpg[/img][/url]
Le disque de Phaistos, l'un des premiers "documents" en écriture minoenne hiéroglyphique qui ait été retrouvé dans la ville éponyme, est conservé au Musée Archéologique du dème de Phocide



3) La civilisation mycénienne - Ο Μυκηναϊκός πολιτισμός - O Mykinaïkós politismós (1 550 à 1 100 avant Jésus-Christ)



L'on a l'habitude de désigner par l'étiquette "civilisation mycénienne" une vaste culture d'origine égéenne qui règne sur l'actuel Royaume d'Hellas à la fin de l'âge du bronze, soit de 1 550 à 1 100 avant Jésus-Christ. C'est à partir de 1952 et des études de l'archéologue et anthropologue helladien Stavros Christoforidis que les premières fouilles menées dans ce qui est aujourd'hui le dème du Dodécanèse ont lieu. La civilisation mycénienne, nom qui lui est donné en 1954, a été baptisée ainsi lors de la première campagne d'excavation car la communauté scientifique nationale et internationale pense alors que sa capitale se trouve dans la ville de Mycènes (dont il ne reste que des ruines à l'heure actuelle). Or, à partir des années 1970, suite aux travaux de l'archéologue helladien Lefteris Fafalis, il est clairement établi que cette ville n'est ni la principale cité, ni le lieu d'origine de cette culture. Par commodité et habitude, toutefois, c'est l'expression "civilisation mycénienne" qui est employée.

C'est d'ailleurs Lefteris Fafalis qui en propose, en 1973, un premier découpage chronologique, complexe, souvent décrié et sujet, encore aujourd'hui, à de nombreux débats. Il s'établit comme suit :
- 1550-1500 avant Jésus-Christ : helladique récent I
- 1500–1450 avant Jésus-Christ : helladique récent II A
- 1450–1425 avant Jésus-Christ : helladique récent II B
- 1425–1380 avant Jésus-Christ : helladique récent III A1
- 1380–1300 avant Jésus-Christ : helladique récent III A2
- 1300–1250 avant Jésus-Christ : helladique récent III B1
- 1250–1200 avant Jésus-Christ : helladique récent III B2
- 1200–1125 avant Jésus-Christ : helladique récent III C1
- 1125–1100 avant Jésus-Christ : helladique récent III C2



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/67/f/a/9/800px-mycenae_ruins_dsc06388-2df15a7.jpg.htm][img]http://img67.xooimage.com/files/f/a/9/800px-mycenae_ruins_dsc06388-2df15a7.jpg[/img][/url]
Le premier cercle de tombeaux de la nécropole de Mycènes (dème du Dodécanèse), sur l'île d'Hermoupolis, donne généralement le coup d'envoi de la civilisation mycénienne dans sa première phase, dite "helladique récent I"



C'est principalement sur l'île d'Hermoupolis et sur celle de Naxos que se développe en premier lieu la civilisation mycénienne, bien que sa rapide expansion politique, économique et démographique la laisse en mesure de fonder tout un ensemble de cités et colonies dans d'autres pays actuels (Royaume Canoviste de Numancia, République Confédérale d'Hylè...). Les restes de l'helladique récent I sont relativement maigres et les archéologues et historiens en sont réduits, concernant l'impulsion initiale de cette culture, à de pures conjectures. Cependant, la théorie généralement admise dans les milieux universitaires et scientifiques du monde entier est aujourd'hui l'arrivée de chefs de guerre ("επικεφαλής του πολέμου" - "epikefalís tou polémou") probablement originaires de l'île de Corfou (dème de Magnésie). La culture mycénienne semble avoir été durablement influencée par celle de la civilisation minoenne, qui décline alors que celle-là apparaît avec force, mais elle est aussi le résultat d'un important syncrétisme des cultures primitives qui l'ont précédée sur l'île d'Hermoupolis.

C'est au cours de l'helladique récent III et de l'helladique récent III A1 que se développent les impressionnants ensembles palatiaux, les maisons richement ornées et les tumulus funéraires (dits "tombes à tholos") que les campagnes archéologiques successives ont mis au jour. A la même époque, l'écriture particulière aux Mycéniens, mais largement empruntée aux Minoens, le linéaire B, se développe avec force. Lors de l'helladique récent III B, la croissance démographique et économique de la civilisation mycénienne se poursuit sans trop d'encombres, avec la constructions de palais à Mycènes, Tyrinthe, Pylos... Les tombes à tholos sont particulièrement nombreuses dans ce qui est aujourd'hui la banlieue de Delphes, sur les sites d'Orchomène et de Gla. L'expansion géographique de cette culture est alors maximale et elle impose sa loi, sa langue et ses us et coutumes à l'ensemble de l'archipel helladien.


[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/71/3/7/8/800px-nama_myc-ne...e_au_lys-2df17a6.jpg.htm][img]http://img71.xooimage.com/files/3/7/8/800px-nama_myc-ne...e_au_lys-2df17a6.jpg[/img][/url]
La célèbre fresque de La Dame au lys (Η Κυρία των Κρίνων - I Kyría ton Krínon), retrouvée dans les ruines de Mycènes et conservée au Musée Archéologique National d'Hellas



Il nous est très difficile, même de nos jours, de déterminer avec certitude qui étaient les Mycéniens, d'où ils venaient, quelle était leur ethnie d'origine... Dans son Iliade, le célèbre poète helladien Homère en parle comme des "Achéens", mais ce gentilé recouvre en fait plusieurs réalités au sein même de son épopée. Le linéaire B, s'il est issu du linéaire A des Minoens, apporte de nombreux autres symboles et, autant qu'il nous soit possible de le savoir, une syntaxe avec des particularités fortes et évidentes. L'apport arcadien au sein de cet idiome semble aujourd'hui un fait acquis. Lefteris Fafalis, qui est l'archéologue qui a le plus étudié la civilisation mycénienne, pense qu'il s'agit de descendants des tribus doriques qui déferlent sur l'Hellas méridional à partir du Ier millénaire avant Jésus-Christ. La langue des Mycéniens est, comme celle des Minoens, non indo-européenne, et elle appartient au groupe du proto-grec ce qui, en soi, est certes intéressant mais ne nous en apprend pas beaucoup plus sur leur origine réelle.

Le premier legs de la civilisation mycénienne à l'humanité est aussi le plus évident : son architecture si caractéristique. Les principaux sites mis au jour par des équipes archéologues venues de tout le pays et du monde entier sont des forteresses ou des cités fortifiées qui offrent le premier modèle de l'acropole en Hellas. Dans des villes préhistoriques comme Gla ou Tyrinthe, le relief légèrement bosselé sert à adosser les villes pour mieux les défendre et assurer la domination sur les plaines aux alentours. Les murailles dégagées sont de type "cyclopéen" : les Grecs classiques en attribuent quelques années plus tard la construction aux Cyclopes, ces êtres mythologiques, et l'adjectif est d'ailleurs resté dans le langage courant pour désigner des travaux pharaoniques. Les murs de la ville de Mycènes, par exemple, font cinq mètres d'épaisseur. Plusieurs éléments caractérisent le style architectural mycénien : portes monumentales, passages voûtés à encorbellement, portes dérobées, rampes d'accès...



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/68/e/1/d/800px-mycenae_lio...dsc06382-2df193a.jpg.htm][img]http://img68.xooimage.com/files/e/1/d/800px-mycenae_lio...dsc06382-2df193a.jpg[/img][/url]
La Porte des Lions ("Αναφερθείτε λιοντάρια" - "Anafertheíte liontária") de Mycènes est le symbole le plus connu de l'architecture monumentale mycénienne



La civilisation mycénienne est aussi la première dans l'actuel Royaume d'Hellas à inhumer ses morts sans les incinérer, comme le veut la coutume de la civilisation du Dodécanèse aussi bien que celle de la civilisation minoenne. Les tombes individuelles se caractérisent par leur forme de ciste et les défunts sont enfermés dans leur dernière demeure avec un très riche mobilier et de nombreux objets qu'ils ont eu à utiliser au cours de leur vie. Lefteris Fafalis est l'archéologue qui en a donné la description la plus complète, notamment après la découverte du fameux trésor d'Atrée (également appelé, en référence à la mythologie classique, "tombe d'Agamemnon"), situé dans un tumulus de quarante mètres de hauteur avec une imposante coupole de quinze mètres de largeur.

La plupart des documents en linéaire B que nous ayons conservé de l'époque mycénienne comportent des registres, instructions, mandats... servant à l'administration territoriale ou palatiale. Les plaquettes comportant des inventaires de mobilier, immobilier, récoltes, objets d'usage quotidien... sont particulièrement nombreuses. Il s'agit de documents généralement rudimentaires, provisoires, visant à noter dans l'urgence des ordres ou informations à caractère urgent. Souvent, les archéologues ont dû se contenter de déchiffrer quelques signes sommaires et n'ont jamais pu mettre la main sur des documents de nature scolaire, technique, religieuse, cultuelle, épistolaire, diplomatique, historique, juridique, lexicographique... La connaissance de la civilisation mycénienne en est donc d'autant plus complexe.



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Une alabastre (vase à parfums conçu en albâtre gypseux) retrouvé dans le tombeau d'Agamemnon, à Mycènes, et conservé au Musée Archéologique du Dème du Dodécanèse, dans la ville de Delphes, sur l'île d'Hermoupolis</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>L'ART ET LA CULTURE EN HELLAS (3) : ABRÉGÉ D'HISTOIRE HELLADIENNE, L'ANTIQUITÉ (1/2) - Η ΤΈΧΝΗ ΚΑΙ Η ΚΑΛΛΙΈΡΓΕΙΑ ΣΕ ΕΛΛΆΔΑ (3): ΣΥΝΤΟΜΕΎΣΤΕ ΤΗΣ ΕΛΛΗΝΙΚΉΣ ΙΣΤΟΡΊΑΣ, ΑΡΧΑΙΌΤΗΤΑ (1/2)</center>




<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/75/8/d/a/800px-acropolis-p...ma-night-2e15279.jpg.htm][img]http://img75.xooimage.com/files/8/d/a/800px-acropolis-p...ma-night-2e15279.jpg[/img][/url]
Le célèbre temple du Parthénon, dédié à la déesse Athéna, est le symbole le plus connu du Royaume d'Hellas - Il se trouve sur la colline de l'Acropole, qui domine Hellas (dème de Magnésie), la capitale, sur l'île de Corfou


II) L'Hellas antique - Αρχαία Ελλάδα - Archaía Elláda


1) Les siècles obscurs - Γεωμετρική εποχή - Geometrikí epochí (XIIe au VIIIe siècle avant Jésus-Christ)


L'on doit l'expression de siècles obscurs ("siglos oscuros", en castillan) à l'archéologue numancien Álvaro del Castillo de Rioseco (1867-1942) et a été traduite telle quelle dans la plupart des langues, dont le grec moderne. Elle est popularisée dans un livre qu'il rédige en espagnol, à Hispalis, en 1939, aux côtés d'un ami et collègue archéologue helladien, Hristos Meletoglou, ouvrage intitulé Los Siglos Oscuros de Helas (Les Siècles Obscurs de l'Hellas, en français). Sa publication est suivie une année plus tard par un autre ouvrage, toujours écrit en collaboration, Un estudio profundizado sobre los Siglos Oscuros (Une étude approfondie sur les Siècles Obscurs, en français). Des années 1950 aux années 1980, cette époque apparaît en effet comme l'époque de la chute de la civilisation mycénienne, qu'aucune culture aussi brillante, développée et riche ne vient remplacer. Les hypothèses sont, dès le départ, très nombreuses pour expliquer ce recul : invasions barbares ? Série de catastrophes naturelles, dont des tremblements de terre ?

Toutefois, Hristos Meletoglou réfute la thèse d'un événement brutal et exceptionnel pour expliquer un tel phénomène, contrairement à son confrère hispanique. Il affirme au contraire que cette période de déclin est due à des fragilités et tensions internes ainsi qu'à des failles dans la belle organisation mycénienne, failles décelables dès les siècles d'apogée. Malgré tout, le tableau est apocalyptique : chute démographique; destruction des palais de Mycènes, Pylos ou Tyrinthe; absence de documents écrits pour la période... Pourtant, à partir des années 1990 puis particulièrement dans les années 2000, les archéologues estiment qu'il ne s'agit pas d'une époque de déchéance mais de mutation. C'est la découverte de l'hérôon (bâtiment monumental voué au culte des héros mythologiques) de Lefkandi (dème de Magnésie), sur l'île de Corfou, qui change profondément la perception des "siècles obscurs". Daté du Xe siècle avant Jésus-Christ, il démontre qu'une aristocratie cultivée et fortunée, qui dispose de nombreux moyens, existe dans une époque que l'on pensait pauvre et délaissée : les temples de Kalapodi, Assiros Toumba... Par ailleurs, la ville d'Hellas, qui va jouer un rôle capitale dans l'Antiquité helladienne, développe à la même époque une agriculture et un artisanat inconnus pour l'époque grâce aux apports des Néléides, descendants de Nélée, dernier roi mycénien de Pylos.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/67/f/f/a/heinrich_schliemann-2e1554a.jpg.htm][img]http://img67.xooimage.com/files/f/f/a/heinrich_schliemann-2e1554a.jpg[/img][/url]
Álvaro del Castillo de Rioseco (1867-1942), archéologue numancien, est le premier chercheur à s'intéresser aux "siècles obscurs" et il leur donne d'ailleurs leur nom



2) L'époque archaïque - Αρχαϊκή εποχή - Archaïkí epochí (VIIIe siècle à 480 avant Jésus-Christ)


L'époque archaïque est très mal connue des historiens et des archéologues mais les structures qu'elle met peu à peu en place sont indispensables pour comprendre la configuration générale de l'époque classique, qui nous est nettement plus familière. Les spécialistes de cette période travaillent généralement sur des sources poétiques largement inspirées de la ville à cette période : L'Iliade et L'Odyssée d'Homère ; La Théogonie et Les Travaux et les jours d'Hésiode ; l'histoire d'Hérodote (plus anecdotique, souvent teintée de mythe) et de Thucydide (plus scientifique et systématique); La Constitution d'Hellas, rédigée par Aristote vers 330 avant Jésus-Christ.

L'on considère généralement que l'époque archaïque voit l'apparition de la cité, même si cette notion met beaucoup de temps à se mettre en place dans les archipels helladiens, particulièrement au Nord. Il est d'ailleurs révélateur qu'Homère parle plutôt d'"oikos" (maisonnées réunies autour d'un aristocrate) plutôt que de "polis" (cités). Il semblerait, d'après des restes d'une tablette retrouvée à Melissourgi, dans le Nord de l'île de Rhodes (actuel dème du Dodécanèse), que la toute première cité datât du VIIIe siècle avant Jésus-Christ, même si cette information n'est valide que jusqu'à preuve du contraire. De nombreuses hypothèses, qui ne s'excluent pas nécessairement entre elles, tentent d'expliquer les causes de l'apparition de la cité comme mode de construction sociale et politique. La première de ces raisons est sans doute la place plus importante faite aux dieux au sein de l'organisation administrative, qui s'accompagne d'importants changements dans la perception de la mort et la construction des sépultures.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/69/d/d/5/800px-agrigente_t...herakles-2e46e15.jpg.htm][img]http://img69.xooimage.com/files/d/d/5/800px-agrigente_t...herakles-2e46e15.jpg[/img][/url]
Le temple d'Héraclès, à Xirovouni (dème de Phocide), dans l'archipel de Polydroso, date de l'époque archaïque



Des facteurs démographiques entrent aussi en ligne de compte : même si aucun rapport statistique ne vient bien entendu l'étayer, la population helladienne de l'époque semble avoir été multipliée par sept en l'espace de trois siècles à peine. Les populations nouvelles exaltent leur cité d'origine en créant des mythes autour de leur fondation : les habitants de Mégare, par exemple évoquent le souvenir d'Alcathoos, leur premier roi légendaire. Face à cette montée démographique rapide et aux nouvelles nécessités qu'elle crée, l'isonomie (égalité de tous les citoyens devant la loi) s'impose peu à peu, tandis qu'une nouvelle unité d'infanterie, l'hoplite, est constituée. Ce changement militaire est lui aussi induit par l'isonomie et les nouvelles conceptions éthiques qui régissent les cités naissantes (solidarité, courage, virilité). A titre d'exemple, le bouclier de l'hoplite, nommé "aspis koilé", permet de protéger non seulement son porteur mais également son voisin de gauche sur son flanc droit.

C'est à la même époque que le commerce helladien prend son envol dans la quasi totalité de l'Alméra occidentale et même plus loin. La création de colonies est un fait établi dès le VIIIe siècle, comme le prouve l'histoire de la ville de Sardès (Hylè), de Carthagène (actuelle Cartagena, Numancia) ou de Nikaia (actuelle Märtange, Quantar). Au VIIe siècle, grâce au commerce avec ses colonies, la métropole de Chalcis, aujourd'hui intégrée à la banlieue d'Hellas (actuel dème de Magnésie), sur l'île de Corfou, devient l'une des cités les plus puissantes de l'Hellas archaïque. Cette colonisation met aussi les archipels hellènes en contact avec d'autres civilisations, ce qui provoque d'importants bouleversements dans la culture et les mentalités. Le plus notable de ces changements reste l'apparition de l'alphabet grec dans une version très proche de celui qui est encore utilisé en grec moderne.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/74/7/a/8/800px-selinonte_temple_e2-2e4706e.jpg.htm][img]http://img74.xooimage.com/files/7/a/8/800px-selinonte_temple_e2-2e4706e.jpg[/img][/url]
Les ruines de la colonie de Sélinonte (actuelles ruines de Selinunte, Numancia), fondée par des colons originaires de Megara Hyblaia (actuel dème de Phocide), sur l'île de Galaxidi



L'époque archaïque est l'âge d'or des grands législateurs, qui statuent sur la constitution des plus grandes cités de l'époque ou de celles qui vont devenir des acteurs majeurs de l'histoire helladienne. A Hellas, c'est l'eupatride (le "bien-né") Dracon qui propose un code juridique très dur (d'où l'adjectif "draconien", qui existe dans de nombreuses langues occidentales) fait de lourdes amendes et d'un recours courant à la peine de mort. Mais Solon (640-558 avant Jésus-Christ) est encore plus connu que Dracon puisqu'il est unanimement reconnu comme l'inventeur du principe d'isonomie. A Larissa, future rivale d'Hellas, c'est Lycurgue, ancien prince et régent de la ville, qui met en place les grandes structures qui seront celles de la cité durant une grande partie de l'Antiquité.

Mais l'époque archaïque voit aussi l'apparition de nombreux tyrans, au sens étymologique du terme : il s'agit non pas de dictateurs sanguinaires (sens moderne du mot) mais de personnages dont l'action politique a pu être bénéfique qui n'ont toutefois pas obtenu le pouvoir de manière légale. Les tyrans de cette période s'appuient généralement sur un groupe social lésé par les législations ou les structures en place pour chasser du pouvoir un autre groupe social dominant. Les trois tyrans les plus connus de l'époque archaïque sont Pisistrate, qui règne sur Hellas de 546 à 528 avant Jésus-Christ; Denys l'Ancien, qui règne sur Delphes de 406 à 367 avant Jésus-Christ; et Polycrate, qui domine Samos de 538 à 522 avant Jésus-Christ.



[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/68/0/0/0/475px-kouros_from_thebes-2e4722e.jpg.htm][img]http://img68.xooimage.com/files/0/0/0/475px-kouros_from_thebes-2e4722e.jpg[/img][/url]
Un "kouros" (statue de jeune homme) helladien daté de l'ère archaïque et retrouvé dans la localité de Tetrafylia, sur l'île d'Ionia (actuel dème du Dodécanèse), conservé au Musée Archéologique Nationl d'Hellas



3) L'époque classique - Κλασική εποχή - Klasikí epochí (480 à 323 avant Jésus-Christ)


L'expression "époque classique" correspond, dans l'historiographie helladienne, à cette période de l'Antiquité qui comprend la majeure partie du Ve et du IVe siècle avant Jésus-Christ. Plus précisément, et selon la datation de l'historien helladien Ioannis-Georgios Smalios (1899-1978), l'on en place le début lors de la victoire de la cité d'Hellas contre la flotte barebjalienne à Salamine, en 480 avant Jésus-Christ, à la mort d'Alexandros de Karpenisi, survenue en 323 avant Jésus-Christ. Même si la dénomination "époque classique" est très récente, elle se fonde sur une impression largement partagée par les élites helladiennes de l'époque : il s'agit d'un âge d'or à plus d'un titre.

Même si les cités helladiennes qui éclosent et s'épanouissent à cette période sont nombreuses, les principales sources qui nous soient parvenues restent concentrées autour d'Hellas, actuelle capitale du pays (dème de Magnésie), sur l'île de Corfou, première démocratie au monde et ville de haute culture. L'incroyable essor de la cité commence en 510 avant Jésus-Christ, lorsque les troupes de Larissa (à l'époque appelée Lacédémone) aident les Helladiens à se débarrasser du tyran Hippias, fils de Pisistrate, pour imposer à la tête d'Hellas un roi-fantoche, Isagoras, ami du Lacédémonien Cléomène Ier. Mais le réformateur et législateur Clisthène, qui nourrit une haine farouche contre Lacédémone, obtient l'appui des classes moyennes de la ville, permettant le renversement d'Isagoras et l'instauration d'un système démocratique tout à fait inédit pour l'époque. Les grands principes de la démocratie helladienne voient leurs bases confortées : l'isonomie (égalité de tous les citoyens devant la loi), l'iségorie (égalité de tous pour le temps de parole politique), l'ostracisme (bannissement d'une durée de dix ans prononcé à la suite d'un jugement du peuple à l'encontre d'un citoyen devenu suspect par sa puissance, son ambition)...



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Un centaure combattant un lapithe sur une frise détachée de la façade occidentale du Parthénon, plus célèbre temple antique de la cité d'Hellas, conservé au Musée Archéologique National, dans la capitale





La démocratie helladienne s'épanouit dans les années 460 à 450 avant Jésus-Christ, grâce à l'approfondissement des réformes de Clisthène, notamment dans le domaine administratif et territorial (complexes divisions en dèmes, trittyes, tribus...). Mais cette démocratie, qui ne s'étend qu'aux hommes adultes (excluant ainsi les étrangers - ou métèques - comme les enfants, les femmes...), doit aussi faire face à des ennemis extérieurs, les Barebjaliens, que l'historiographie antique nomme "Mèdes". Une toute première bataille a lieu en pleine Mer Barébjalienne entre Helladiens et Mèdes en 490 avant Jésus-Christ. Cet affrontement, nommé bataille de Ladé, en référence au général helladien qui périra lors des combats, est une lourde défaite qui ouvre les portes de l'Hellas aux Barebjaliens. Mais, rapidement, la victoire change de camp et, en 492 avant Jésus-Christ, les Mèdes sont défaits par 9 000 hoplites helladiens. Après le sacrifice de Léonidas, roi de Larissa, et des hommes dans la gorge des Thermopyles, en 480 avant Jésus-Christ, une immense victoire est remportée lors de la bataille navale de Salamine la même année. La bataille du cap Mycale achève de réduire à néant la flotte barebjalienne.

Cependant, ces victoires, essentiellement assurées par Hellas, accroissent son rayonnement, déjà assuré par sa richesse économique, son prestige militaire et ses réalisations artistiques dans toutes les disciplines (sculpture, architecture, littérature, philosophie, sciences...). Afin de renforcer son hégémonie sur les autres cités du Nord de l'Hellas, elle passe un pacte avec une trentaine d'autres villes : la fameuse Ligue de Délos, qui voit le jour en 478 avant Jésus-Christ et prospère durant une trentaine d'années. Le dynamisme helladien va toutefois attirer des convoitises, même si c'est son impérialisme croissant (la cité impose des tribus matériels et financiers ainsi qu'un soutien politique et militaire indéfectible à ses "alliés") qui va susciter la colère de Larissa. Le système lacédémonien, fondé sur la royauté et sur la dictature des éphores, est moins propice à l'épanouissement économique ou artistique puisqu'il fonde toute sa continuité sur la construction militaire. La rivalité est croissante entre les deux cités, et elle débouche en Guerre d'Hellas.


[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/69/6/d/0/441px-acma_1333_s...decree_1-2e5bfbc.jpg.htm][img]http://img69.xooimage.com/files/6/d/0/441px-acma_1333_s...decree_1-2e5bfbc.jpg[/img][/url]
Cette stèle servant de décret honorifique par lequel Hellas remercie Samos de lui être restée fidèle durant la Guerre Corinthienne est conservée au Musée Archéologique National d'Hellas (dème de Magnésie), sur l'île de Corfou


Par un jeu complexe de rapports de force et d'alliances, trois villes proches d'Hellas (Potidée, Mégare et Corinthe, cette dernière donnant son nom au conflit en préparation) font appel à Larissa face à l'impérialisme croissant de leur voisin. La situation, que l'on pense d'abord régler par la diplomatie et un rituel d'intimidation et de menaces, débouche finalement sur la Guerre Corinthienne, première grande guerre interne dont l'historiographie helladienne contemporaine est un récit précis et détaillé. Ce conflit tourne d'abord à l'avantage d'Hellas, qui remporte une importante victoire sur l'îlot Sphactérie, ruinant la réputation d'invincibilité de Larissa. A la bataille d'Amphipolis, en 422 avant Jésus-Christ, la victoire est remportée par Larissa, mais au prix de lourds sacrifices, et la paix (provisoire) de Nicias est signée en 421 avant Jésus-Christ. Pourtant, avec les nouvelles ambitions expansionnistes du général helladien Alcibiade, la guerre reprend en 414 avant Jésus-Christ avec une offensive lacédémonienne. L'issue de la guerre est longtemps indécise puisqu'après deux lourdes défaites navale, Hellas remporte la victoire des Arginuses, en 406 avant Jésus-Christ. Toutefois, un coup fatal lui est porté à la bataille d'Aigos Potamos, en 405 avant Jésus-Christ. La victoire de Larissa est totale et, dans la défaite, Hellas doit détruire ses murailles et se voit imposer la dictature des Trente Tyrans, amis de Sparte.

Si l'histoire de l'Hellas antique au Ve siècle nous est connue grâce aux récits de Thucydide, c'est Xénophon, dans ses Helléniques, qui nous donne d'importants éléments sur l'histoire, plus troublée, du IVe siècle avant Jésus-Christ. La géostratégie helladienne devient, après la défaite d'Hellas, beaucoup plus complexe car plusieurs cités, comme Corinthe ou Mégare, tentent sans succès d'imposer à leur tour leur hégémonie aux autres cités. Mais un premier tournant a lieu en 390 avant Jésus-Christ, puisqu'Hellas se reconstruit économiquement très rapidement, sans pour autant totalement récupérer sa splendeur passée. Du côté de Larissa, la tentation de reprendre le flambeau de l'ancien rival est grande, notamment chez le général Lysandre, grand stratège lacédémonien. Mais comment faire dans une cité où le commerce est réduit à sa plus simple expression (il est par exemple interdit aux citoyens de posséder du métal précieux) ? Et comment faire dans une cité qui n'autorise à aucun homme libre, pas même à Lysandre, de s'élever au-dessus de tous par son prestige ? Dans le même temps, les Helladiens tentent à nouveau de s'imposer sur les Lacédémoniens en soulevant plusieurs cités voisines contre la domination de Larissa. Le choix est fait de s'allier temporairement aux Mèdes, qui tentent un retour, pour éviter d'avoir à combattre sur tous les fronts, sans qu'aucune hégémonie ne parvienne à s'installer durablement. Pour les contemporains, c'est un grand échec, l'intelligibilité et la clarté étant des valeurs intellectuelles fondamentales de l'Hellas classique. L'historiographie actuelle est nettement plus laudative à l'égard du IVe siècle avant Jésus-Christ : le développement de cités fortes n'empêche jamais la liberté de toutes, ou alors seulement très provisoirement.



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Un buste d'Alcibiade, célèbre général et stratège helladien, artisan de la seconde expansion de la cité et de la reprise de la Guerre Corinthienne</center>
Boriska

Message par Boriska »

<center>L'ART ET LA CULTURE EN HELLAS (3) : ABRÉGÉ D'HISTOIRE HELLADIENNE, L'ANTIQUITÉ (2/2) - Η ΤΈΧΝΗ ΚΑΙ Η ΚΑΛΛΙΈΡΓΕΙΑ ΣΕ ΕΛΛΆΔΑ (3): ΣΥΝΤΟΜΕΎΣΤΕ ΤΗΣ ΕΛΛΗΝΙΚΉΣ ΙΣΤΟΡΊΑΣ, ΑΡΧΑΙΌΤΗΤΑ (2/2)</center>




<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/72/f/f/1/636px-nama_galate-2e5c425.jpg.htm][img]http://img72.xooimage.com/files/f/f/1/636px-nama_galate-2e5c425.jpg[/img][/url]
Une sculpture de guerrier galate blessé, thème récurrent dans l'Hellas hellénistique, datant de 237 avant Jésus-Christ et conservé au Musée Archéologique Régional du Dème de Phocide, à Larissa, sur l'île de Galaxidi


II) L'Hellas antique (2/2) - Αρχαία Ελλάδα (2/2) - Archaía Elláda (2/2)



1) L'Hellas hellénistique (323 à 146 avant Jésus-Christ)

La période hellènistique désigne la transition entre la période glorieuse des Cités Helladiennes et la conquête de la région par l'Empire Néapolitain.

Cette période est relativement méconnue des historiens. Elle se résume surtout autour du glorieux royaume Hyléen d'Alexandre le Grand et de la Reine Cléopâtre, régnant dans le Camouska Helladien.


Roi d'Hylè à 20 ans, maître d'Hellas deux ans plus tard, Alexandre le Grand entreprend lors de son bref règne — 13 ans à peine entre 336 et 323 av. J.-C. — la conquête la plus spectaculaire et la plus rapide de l’Antiquité. Un royaume, de taille somme toute moyenne, associé à quelques cités grecques vient à bout du plus grand empire de l’époque, l'Empire Lochlannien. Le peuple du Lochlann est vaincu en quatre ans (334-330) et trois batailles, celles du Granique, d’Issos et de Gaugamèles. Les trois années suivantes, jusqu'en 327, sont consacrées à la lente et difficile conquête des satrapies de l'Alméra central, puis jusqu'en 325 à assurer la domination hyléenne. C’est ici qu'Alexandre, sous la pression de ses troupes épuisées, doit renoncer à poursuivre son épopée et retourner vers ce qui est devenu le cœur de son empire, la Magnésie (Nord d'Hellas, actuel dème de Magnésie).

Afin d’assurer sur le long terme son pouvoir, il tente d’associer la classe dirigeante de l’ancien Empire lochlannique à l’ossature administrative de son royaume. Il essaie ainsi de créer une monarchie assumant à la fois l’héritage hyléen et helladien d’une part mais aussi l’héritage nordique et, d’une façon plus générale, almérane. La mort brutale du roi, probablement de maladie, à l’âge de 33 ans met fin à cette tentative originale mais vivement contestée par l’entourage hyléen du souverain.

Au cours de sa conquête, Alexandre parseme l’Alméra de garnisons et de colonies militaires ; il fonde de multiples cités sur le modèle helladien. Ce sont autant de creusets dans lesquels se fondent les cultures asiatiques avec celle héritée d’Hellas ou de Delphes, donnant naissance à la civilisation hellénistique.


2) L'Hellas numancienne (146 avant Jésus-Christ à 330 après Jésus-Christ)



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