HRP : [url=http://www.simpolitique.com/post121487.html#121487]Article du Libéralé[/url] relatant cette petite intervention.
Karina Rawald était en total accord avec son homologue quantarien. Les charognards allaient certainement en profiter pour écrire un article salé mais elle s’y était préparée. À la fin de l’intervention de Ketty Halsen, la vice-présidente ne pouvait qu’ajouter ironiquement :
Karina Rawald : « Me concernant, j’ai toujours eu un faible pour le révolutionnaire. Ce qui m’a souvent causé des ennuis, je vous le concède. »
Après cette petite pique, Karina Rawald continua son chemin tandis que les gardes du corps constituèrent une barrière pour barrer la route aux charognards. La vice-présidente invita sa collègue dans une berline pour la suite et fin de la rencontre, qui allait se dérouler dans la région viticole, plus au sud de la ville. Installées dans la voiture qui commençait à prendre la route, Karina Rawald fit une remarque :
Karina Rawald : « C’est la meilleure réponse que vous puissiez apporter à ces charognards. J’imagine que vous êtres vaccinée contre ces bassesses journalistiques. Comment voyez-vous ce métier et quels rapports entretenez-vous avec ? »
Ketty Haslen sourit à la déclaration son homologue et la suivit jusqu'au berline. Dans la voiture, elle s'assit du côtés droit comme le voulais le protocole sébalde et continua la discussion avec son homologue.
[quote]Ketty Haslen:Il faut souvent resté vague avec les journalistes pourqu'ils puissent s'amuser à écrire leur article comme ils le veulent. Je ne suis pas vaccinée mais je suis habituée. Quand on rentre en politique, ce genre d'article peu valorisant nous touche et nous empêche d'avancer. Mais au final on s'y fait. Je pense tout de même que ce métier est nécessaire. Les électeurs et les citoyens se doivent d'être informés. Peu de pays peuvent jouir d'une liberté de la presse et je pense qu'au lieu de voir la face noir de cette opposition et cet acharnement journalistique, nous devons voir là une preuve que notre modèle fonctionne et que n'importe quel citoyen à le droit d'exprimer son point de vue et ses opinions. Quoiqu'il en soit, mes rapports sont plutôt mitigés. Certains journalistes méritent notre attention tandis que d'autre ne méritent que notre ignorance. Mais vous savez si le journaliste en question est de l'opposition ou favorable à la majorité, les questions et les comportements changent. Et c'est tout naturel. [/quote]
Karina Rawald : « Je suis entièrement en accord avec vous. Je distingue les bons journalistes de ceux qui n’ont aucune déontologie. Le comportement animalier des journalistes que nous avons rencontrés en est un exemple. Ceci dit, le cœur de la démocratie bat aussi dans l’exercice de leur profession. Reste à savoir jusqu’où cette liberté de presse peut s’exercer car au nom de cette même liberté, certains journalistes franchissent certaines limites. Sous prétexte que nous sommes des personnalités politiques – et donc publiques – la frontière entre la sphère privée et la sphère publique ne serait que peu effective ; les deux sphères devraient nécessairement cohabiter. C’est du moins ce qu’ils sous-entendent. Un électeur serait en droit de tout savoir de la personnalité pour laquelle il est susceptible de voter au nom de la transparence… Il est dommage que les journalistes ne fassent pas eux aussi preuve de la même transparence et qu’ils s’adonnent à des rôles particuliers. Je m’amuse toujours de voir, par exemple, que certains journalistes qui m’assassinent dans la presse ou sur les plateaux de télévision entretiennent des rapports cordiaux avec moi en « coulisses ». »
[quote]Ketty Haslen:Je suis tout à fait d'accord avec vous, et bon nombre de journalistes franchissent cette frontière. Par expérience, je peux vous le certifier, mais je pense que vous avez tout autant d'expérience que moi en la matière. Et la transparance journalistique fait grandement débat au Quantar. Certains demandent un transparance au niveau d'information, d'autres demandent le secret afin de conserver d'après la liberté des journalistes...nous sommes dans le débat. Après concernant la vie personnelle, je pense qu'elle se doit de rester de côtés pour un homme ou une femme politique. Du moins les plus personnel [elle s'arrêta quelque instant, regarde la paysage]. Je peux comprendre que nos électeurs demandent à nous connaître un peu mieux et sans doute sur cela que se base la confiance. Mais le confiance ne doit pas franchir la frontière du domaine privé, dans le sens stricte du terme. A cela, j'ai une farouche opposition aux journalistes "people", si vous me permet de m'engager sur ce chemin, et à mon sens leur donner le titre de journalistes serait les considérer. Mais je m'éloigne du sujet. En tout cas, vous avez la chance que vos journaliste vous apprécie en "coulisse" pour ma part se serait tous le contraire [sourire][/quote]
Karina Rawald : « N’ayez crainte, vous prêchez une convaincue, ces torchons « peoples » ne méritent aucune considération effectivement. »
La vice-présidente était amusée que son homologue considère le fait que des journalistes l’appréciaient en coulisses comme une chance. Elle lui répondit :
Karina Rawald : « Je ne sais pas si c’est une chance car cela rend très ambigus les relations que je peux entretenir avec certains journalistes. Ils sont redoutables, ils peuvent vous appâter en vous graissant la patte pour que vous soyez plus confidentiels avec eux, avant que ne vienne le coup de grâce en public. C’est sans doute une des raisons pour laquelle j’aime garder des distances avec les personnalités du milieu médiatique. C’est comme dans le milieu politique : on connait ses ennemis mais on ne connait jamais ses amis. »
C’était l’expérience personnelle qui parlait pour Karina Rawald. La vice-présidente regarda par la vitre du véhicule qui était maintenant au cœur de la Sébaldie rurale et méridionale. La température qui y régnait était propice aux cigales dont le chant groupé se faisait entendre jusqu’à l’intérieur du véhicule. La route était suffisamment proche des marais pour que les passagères puissent les observer.
Karina Rawald : « Nous sommes dans la zone marécageuse du sud de Kavas, ce qui signifie que nous ne sommes guère loin des exploitations viticoles. Cette zone est historiquement intéressante car les gens y venaient de toute la région pour capturer les sangsues destinées à l’hirudothérapie. Des petits centres infirmiers avaient même été construits non loin de là pour que les patients reçoivent sur les parties du corps qui posaient problème des sangsues censées sucer le sang mauvais, impur. Malheureusement, les sangsues sont une espèce en voie de disparition et le gouvernement sébalde a pris des mesures pour informer la population des risques d’une telle thérapie, si elle est mal appliquée. »
[quote]Ketty Haslen:Vous faîtes preuve d'une grande lucidité et sans aucun doute vous êtes clairvoyante. Je comprends l'acharnement des journalistes. Dès que nous voyons clair dans leur jeu et que nous arrivons à jouer avec eux, l'obstination à nous discréditer est tenace.[/quote]
La Ministre quantarienne regarda le paysage. Un paysage qu'elle ne voyait pas souvent, pour ne pas dire jamais, et qui était très différent du Quantar. Les cigales ajoutées beaucoup à cette impression. Cet insecte signifait le sud et essentiellement les régions chaude. Même les régions tempérées du Quantar n'offrait pas ce spectacle et cette vue.
[quote]Ketty Haslen:J'espère que les cigales ne vont pas chanter tout l'été [sourire]. Je vois que c'est un région très propice à la production du vin. Et ce doit être des crues de grande qualité. Je ne suis pas fin connaisseuse du vin mais le paysage joue un rôle à la fois dans sa qualité mais également de sa réputation. Kavas est imméditament assimilé au Vin, c'est indéniable. Une réputation dont vous pouvez être fière. En tout cas, je suis ravie d'apprendre un élément clés des pratiques médicales ancestrales de Sébaldie. Je dois vous dire que la sangsue ne m'inspire pas grande confiance mais leur thérapie, dit-on, n'est pas mauvaise pour la santé. Ais-je raison d'y croire?[/quote]
Karina Rawald : « Non seulement les cigales chantent l’été mais aussi une partie du printemps et de l’automne… De quoi assourdir les habitants locaux, il faut bien l’avouer. **Sourire** Je ne saurais pas me prononcer sur l’efficacité de l’hirudothérapie mais je pense que si cette technique de médecine ancestrale a su traverser toutes les époques, y compris les plus propices au scientisme et à la chimie, et qu’elle ait été même inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité, c’est qu’il existe une certaine efficacité. Celle-ci résiderait dans la salive de sangsues, dont les substances qui la composent permettraient de fluidifier le sang, de dissoudre les caillots et a l’avantage d’être un puissant anti-inflammatoire. Quoiqu’il en soit, les centres d’huridothérapie vous accueilleront volontiers. »
Karina affiche un léger sourire avant de regarder à travers la vitre de la berline. Elle pouvait commencer à voir les champs de vignes à perte de vue ainsi que de nombreux chais destinés à la vinification.
À la descente du véhicule, les deux femmes politiques étaient accueillies par l’aboiement assez agressif d’une petite meute de chiens de garde, attachés par une chaîne à un chenil qui se tenait non loin de là. Un viticulteur se tenait également face au chai, attendant la venue de Karina Rawald et Ketty Haslen. Ce dernier avait accepté la visite de la délégation quantarienne dans son domaine. La vice-présidente de la Sébaldie le présenta à son homologue quantarien.
Karina Rawald : « Je connais assez bien Monsieur Boštjan ; j’ai visité son domaine il y a à peine un an. Il est l’un des viticulteurs les plus renommés de la région et c’est la raison pour laquelle j’ai eu l’idée de nous amener ici. »
Karina Rawald serra chaleureusement la main de Boštjan, manifestant une bien plus grande proximité avec ce concitoyen que dans le centre-ville de Kavas. Il faut dire qu’elle était en terrain conquis puisque le paysan était un adhérant du Mouvement Nationaliste Sébalde. Ce dernier s’adressa à la ministre quantarienne :
Vincenc Boštjan : « Je suis très enchanté de votre visite. Le Quantar est un pays que j’affectionne beaucoup ; j’ai eu la chance d’y aller, plus précisément aux alentours de la ville de Hamburg, à la rencontre d’autres viticulteurs. J’en garde une très bonne expérience que je serais ravi de renouveler dans une autre région viticole du Quantar… »
[quote]Ketty Haslen:Je pense qu'au bout d'un certain l'habitude l'emporte. En tout cas je l'espère pour eux. Concernant l’hirudothérapie, aimant la nouveauté et l'inconnue, je serais ravi d'essayer d'autant plus que j'ai eu vent de son classer au Patrimoine Mondiale et je vous en félicite.[/quote]
Ketty Haslen regarda également à travers la fenêtre. Elle connaissait bien les paysages viticoles du Quantar mais ceux de Sébaldie est tout à fait différent. Une différence qui avait pour principal effet, la grande diversité des vins que pouvait connaître le monde viticole. A la sortie du viticole, la Ministre regarda un peu autour d'elle, essaya non sans mal de s'approcher des chiens pour tenter ne serait-ce qu'une petite caresse, tentative vaine toutefois, et alla saluer tout naturellement le propriétaire.
[quote]Ketty Haslen:C'est un plaisir partagé. Je suis agréablement surprise que vous ayez connaissance les régions viticoles d'Hamburg. Peut être que le vin quantarien n'est pas si inconnue que cela [sourire]. Dans tout les cas, en tant qu'amatrice seulement, je vous propose de visiter les régions du Dann Nord où la production est particulièrement bonne et où la qualité du vin est exceptionnelle. Entre nous, c'est la région qui a fournit les grand crue des rois et empereurs quantariens et qui continue actuellement à honorer des contrats avec les plus grands restaurants gastronomiques du Quantar. J'ose espérer qu'il en sera de même avec Kavas. Dans tout les cas, je tenais à vous dire que votre région est particulièrement belle et agréable au regard. Il doit y faire bon vivre. Depuis quand êtes vous production dans la région Monsieur Boštjan?[/quote]
Vincenc Boštjan : « Je ne me manquerai pas de visiter les régions du Dann Nord. J’aime me renseigner sur les vins de ce monde, sur l’influence des climats, des terres, des végétations et d’autres multiples critères sur le produit. Ces voyages m’ont été permis grâce à la politique d’ouverture du gouvernement sébalde actuel. »
Karina Rawald appréhendait que le paysan militant en fasse trop, de peur à ce que la ministre quantarienne ne croie que ce dernier ait été appelé pour faire de la propagande sébalde auprès de la délégation du Quantar.
Vincenc Boštjan : « J’ai aujourd’hui 56 ans et cela fait bientôt 40 ans que je travaille dans les champs, mes parents étant eux-mêmes agriculteurs. J’ai repris l’exploitation il y a environ quinze ans après que ces derniers soient dans l’incapacité de travailler. Il faut dire qu’à force de travailler dans les champs, le corps est rapidement usé… À la reprise de l’activité, la situation économique était pour le moins catastrophique ; Madame Rawald est là pour en témoigner. Heureusement, grâce au Mouvement Nationaliste Sébalde, la situation s’est sensiblement améliorée… »
Vincenc Boštjan était plus dans son rôle de militant du MNS que dans celui du paysan. Karina Rawald n’aimait guère ce prosélytisme auprès de dirigeants étrangers, même s’il était en faveur de son propre parti. Bataille de communication oblige… La vice-présidente reprit donc la main :
Karina Rawald : « Bon. Je pense que Monsieur Boštjan nous fera le plaisir de faire visiter son exploitation… »
Le viticulteur répondit d’un signe de tête et invita les femmes à le rejoindre dans son champ de vignes. Après plusieurs minutes de marche, ils arrivèrent dans une zone où certaines vignes avaient la particularité d’avoir des grappes de raisin noir aux côtés du raisin blanc. Il invita la ministre quantarienne à goûter aux deux.
Vincenc Boštjan : « Je nous ai amenés ici puisque j’ignore ce que vous préférez entre le raisin noir et le raisin blanc, Madame la ministre. Je réserve généralement ces grappes à la consommation directe du raisin ; les vignes destinées à la vinification sont dans une autre zone. Mais le goût est le même, je vous rassure. En accompagnement des plats ou en desserts, on privilégiera tantôt le raisin blanc, tantôt le raisin noir ; ou même encore tantôt le vin blanc, tantôt le vin rouge. Tout dépend finalement de la gastronomie d’un pays. Peut-être puis-je d’ailleurs vous conseiller quelques produits en accord avec des mets quantariens… »
La Ministre voyait la gêne de Karina Rawald face aux militantisme politique de viticulteur. Toutefois, bien loin du lui déplaire, elle comprenait dans les paroles de Vincenc Boštjan que le Mouvement Nationaliste Sébalde avait fait beaucoup pour son pays et cela bien loin de ce qu'avait donné le Nationalisme quantarien qui avait ammené inégalité, guerre et pauvreté.
Quoiqu'il en soit la Ministre ne put en savoir plus. La vice-présidente décida de couper court la conversation qui commençait à la mettre mal à l'aise. Ketty Haslen tenta toutefois de "détendre" un peu l'atmosphère.
[quote]Ketty Haslen:Je vois que vous êtes un militant convaincu [sourire]. J'ai pour ma part également eut de bon échos de Mouvement Nationaliste Sébalde. Vous ne m'apprenez donc rien mais me confortez sur le sujet. Dans tous les cas votre implication politique est admirable. C'est ce dont nous avons besoins pour faire fonctionner des pays comme les nôtre et cela dans le maximum de partis politique possible. Le débat est beaucoup plus animé, intéressant et méne à de vrais compromis. [/quote]
Pendant ces quelques minutes de marches, la ministre put admirer le paysages. Une grande envie de prendre des photos montée en elle, les vallées avaient tout de photogénique, toutefois elle reprit vite ses esprits. Elle était tout de même en rencontre diplomatique. Elle poursuit donc ce chemin en essayant de ne rien manquer.
[quote]Ketty Haslen: Je suis plutôt amatrice de raisin noir même si le blanc à sa particularité et un goût qui me plait aussi. Je serais ravi de prendre quelques conseils d'accompagnement avec la cusine quantarienne comme avec la cusine sébalde d'ailleurs. En ce qui concerne les mets quantariens, je vais essayer d'entrer dans les généralités. Le problème reste que chaque Länder à ses propres spécialités. Mais nous avons par exemple plusieurs déclinaisons de saucisses tels que le Weißwurst (Land d'Hessen) ou encore la Currywurst (Land de Lyöns), j'apprécie également beaucoup Hasenpfeffer (Land de Nordland-Holstein), un ragoût quantarien de lapin, qui, je crois, accompagné d'un bon vin doit particulièrement être délicieux, le Sauerbraten (Land de Bradenburg) que l'on prépare d'ailleurs avec du vinaigre de vin rouge ou du simplement du vin rouge est également très apprécié au Quantar de façon général et a d'ailleurs sa petite reconnaissance internationale. Du côtés des frômages nous avons l'Allgäuer Emmentaler ou encore Spundekäs, une spécialité hessoise..J'espère ne pas trop vous embêter avec tous ces noms que probablement vous ne connaissez pas [sourire]. [/quote]